C-H. MlLLEVOYE
— Personnes qui critiquent : Réduire la critique an silence.
— Fig. Moyens indirects do faire ressortir quelque chose à reprendre : Les 7nœui-s de certains peuples sauvages sojit U7ie critique amèrede nos habitudes civilisées.
— Dr. Discussion des moyens de la partie adverse; ensemble des moyens qu'on leur oppose.
— Philol. Critique verbale ou Critique des textes, Science qui a pour but de restituer les textes anciens.
— Philos. Criticisme ou système philosophique de Kant.
— Anton. Apologie, approbation, félicitation et congratulation, flatterie, louange, préconisation.
— Prov. littér. :
La critique est aisée, et l'art est difficile. Vers do Destouches. V. art.
— Encycl. Philos. Critique générale. Les disciples de Kant appellent critique générale la méthode philosophique qu'ils veulent substituer au dogmatisme métaphysique. Elle a pour objet de tracer les bornes du savoir et de rassembler en une synthèse unique les éléments qui restent après cette enquête. Elle commence par ranalvse des données de la représentation, considérées dans la plus haute généralité possible, c'est-à-dire des catégories. A l'analyse des catégories se rattache celle des lois qui en dépendent formellement, puis celle des définitions, axiomes, etc., qui servent de fondements aux diverses sciences. En un sens, la critique générale embrasse toutes les sciences, y compris celles qui sont le mieux et le plus définitivement constituées, puisqu'elle discute leurs principes. En un autre sens, elle est le recueil des sciences dont la constitution n'est pas achevée et où la divergence des doctrines humaines dénote encore uu certain degré d'incertitude. Renouvier divise la critique générale en trois sections qui se rapportent : la première, aux objets généraux des sciences logiques ; la seconde, aux principes et aux méthodes des sciences physiques; la troisème, aux principes et aux applications des sciences morales. Auaessus dos trois sections se place la critique dans sa plus grande universalité : lois et conditions premières de la connaissance, nature de la science, hypothèses suprêmes.
— Relig. Critique biblique. La critique, ou exégèse biblique, est l'étude scientifique du texte de la Bible. On peut la considérer chez les catholiques ot chez les protestants. Chez les rationalistes, elle ne présente pas de caractères particuliers, la Bible étant étudiée et interprétée par eux comme tous les autres ouvrages de l'antiquité.
1" Critique biblique chez les catholiques. D'après la doctrine catholique. Dieu a inspiré les auteurs de la Bible, c'est-à-dire que, les poussant à écrire, il les a préservés de toute erreur et leur a révélé surnalurellement les vérités et les faits qu'ils no pouvaient connaître par les moyens naturels. L'Eglise, gardienne de la Kévélation, est l'interprète infaillible des Livres saints, et a seule autorité pour fixer leur canon; c'est elle qui prononce délînitivement sur leur sens, au point do vue du dogme et de la morale. Toutefois, Dieu n'a pas dicté aux écrivains inspirés tous les mots du texte; leur œuvre carde ainsi quelque chose d'eux-mêmes ; elle porto l'empreinte de leur éducation, do leur temps, do leur caractère, de leur style, et elle est sujette à quelques-unes des imperfections et  toutes les vicissitudes qui atteignent les ouvrages dos hommes. 11 y a donc dans la Bible, comme en Jésus-Christ et comme dans l'Eglise, un aspect divin et un aspect humain. Do là, pour le critique catliolique, une double méthode. S'agit-il d'un doute sur la doctrine en matière do foi ou de morale? Il en demande avant tout la solution à la tradition et à l'autorité do l'Eglise. Faut-il restituer lo texte altéré, l'éclairer par voie de comparaison, étudier l'authenticité d'un passage, ot aussi répondre aux objections des rationalistes"? Il peut ot doit faire appel à tous les secours que lui fournissent les sciences humaines, telles que la philolou'ie, l'histoire, l'astronomie, la géologie, etc. Co sont, on ctlet, les deux méthodes qu'ont pratiquées les interprètes catholiques de tous les temps, ceux-ci accoi"dant davantage à la première, ceux-là à la seconde, suivant le but qu'ils so proposaient, ou les goûts et les besoins do leur temps, ou même simplement leurs préférences personnelles, qu'aucune décision no gêne sur ce sujet, les premiers usant plus volontiers do t'autorité do la tradition, mémo en dehors des questions doctrinales; les seconds, plus hardis, inclinant davantage vers l'étude scieutifique du texte. Les deux écoles vivent toujours, et, comme elles répondent à doux tendances opposées do l'inlelligonco humaine; elles dureront sans doute autant qu'elle. L'Eglise n'en condamne aucune, quoique toutes deux puissent avoir leurs excès; elle so contente do recommander la tolérance à l'uno. et la prudence à l'autre.
2" Critique biblique chez les protestants. Luther, suivi par Calvin et les autres réformateurs, érigea en axiomes ces doux assertions : 1" la Bible inspirée renferme la parole do Dieu, source unique de la foi; «• lo chrétien, instruit intérieurement par lo Christ, lit lui mémo la vraie doctrine dans la Bible, sans avoir aucunement besoin d'être guidé ni par lo pape ni par les conciles, ni par la tradition. Do ces deux principes, nui exaltaient lun l'autorité do la Bible, l'autre celle du libre examen, est sorti, dans lo protestantisme, un double courant, qui lésa plus particulièromout favorisés ot même développés l'un après