V. FABRIQUE
2' Cultes protestants. L'organisation des cultes protestants a été réglée par un décret du 26 mars 1852, modifié par une loi du 1" août 1879 et un décret du 12 mars 1880, en ce qui concerne l'Eglise de la confession d'Augsbourg. Tout groupe de protestants, pour lequel l'Etat rétribue un pasteur, constitue une paroisse ou commune ecclésias tique. Chaque paroisse a un co7iseïl presbytéral, composé de sept ou de quatre membres élus parmi les chefs de famille et présidés par un pasteur. Un groupe de paroisses forme une circonscription consistoriale, à la tête de laquelle est un consistoire composé de tous les pasteurs de la circonscription et de délégués des conseils presbytéraux. Il y a deux facultés de théologie et deux séminaires (à Paris et à Moiitauban) pour l'instruction des élèves ecclésiastiques. Les pasteurs sont nommés par les consistoires, avec l'approbation du gouvernement.
3» Culte israétite. L'organisation du culte Israélite est réglée par les décrets des 17 mars et 11 décembre 1808, la loi du 8 avril 1831, l'ordonnance du 25 mai 1844 et le décret du 29 août 1862. Le territoire est divisé en circonscriptions, dont chacune comprend toutes les synagogues de la commune siège du consistoire. Il y a un consistoire central pour toute la France. Les membres des consistoires et les rabbins sont élus par les docteurs de la communauté. La hiérarchie des rabbins est ainsi constituée : un rabbin par synagogue, uu grand rabbin par consistoire, un grand rabbin de France.
4° Culte musulman. Le culte musulman est régi par le décret du 26 août-7 septembre 1881. Le gouvernement nomme les muftis ou docteurs de la loi; les ministres inférieurs tels que imams, bac/is-hazzabs, jnouderres sont désignés par les préfets.
b" Dispositions communes à tous les cultes reconnus. Les ministres de chacun des cultes reconnus sont justiciables des tribunaux ordinaires pour les cri^ies et délits de droit commun ; s'ils sont déclarés coupables de viol ou d'attentat à la pudeur, ils encourent une peine supérieure d'un degré à celle qui frapperait les laïques en pareil cas. Ils ne peuvent être ni conseillers municipaux, ni adjoints, ni maires; ils sont dispensés de l'obligation de siéger parmi les jurés. Les ministres en fonctions ne sont pas astreints au service militaire; mais les élèves ecclésiastiques font un an de service dans l'armée active et, en cas do mobilisation, doivent être versés dans le service do santé. Enfin, les ministres des cultes reconnus reçoivent un traitement de l'Etat, qui est inscrit au budget des cultes.
— Les cultes non reconnus. Ils ne reçoivent aucune allocation de l'Etat; mais, d'autre part, ils jouissent d'une indépendance absolue sous le régime du droit commun. On remarque, parmi ceux qui sont actuellement pratiqués en France: la Société évangélique de France, les Eglises indépendantes des Alpes-Maritimes, l'Eglise évangélique méthodiste de France, les Eglises baptistes, les frères moraves et les memnonites. LEg:lise anglicane, l'Eglise libre d'Ecosse, l'Eglise congrégationaliste possèdent également, en France, des chapelles et des communautés. Le rit grec-uni et l'Eglise orthodoxe russe aussi célèbrent publiquement leur culte à Paris,
III. Hist. et pliil. Liberté des cultes. V. conscience (liberté de).
Culte des héros (Du), par Thomas Carlyle. «< L'histoire universelle, l'histoire de ce que l'homme a accompli dans le monde, c'est, au fond, l'histoire des grands hommes qui ont travaillé ici-bas. Ils ont été les conducteurs des liommes, ces grands hommes... Toutes les choses que nous voyons accomplies dans le monde sont proprement le résultat matériel extérieur, la réalisation pratique et l'incarnation des pensées qui habitèrent dans les grands hommes envoyés dans le monde, l'âme de l'histoire du monde entier: on peut justement l'admettre, ce serait leur histoire. » Telle est l'idée fondamentale de l'ouvrage de Th. Carlyle, qui donne, entre autres biographies de héros: celle d'Odin, lo héros considéré comme divinité; de Mahomet, lo héros propiiète; de Dante et de Shalcspeare, les héros poètes; de Luther, le héros sacerdotal ; des héros écrivains, tels que Rousseau ; des héros considérés comme rois, tels que Crumwell, Napoléon, etc. Cette thèse de la souveraine influence des grands hommes sur l'histoire des nations et de l'efficacité du culte des héros sur l'éducation et l'action humaines, indiquée, avant Carlyle, par Chateaubriand, a été, après lui, reprise et développée particulièrement par Emerson et IS'ietzsche.
CULTELLAIRE {tt-l'-lèv') adj. En T. d'hist. nat., Qui a la forme d'un couteau.
CULTELLATION {tel'-la-si-on — du lat. cultellus, petit couteau) n. f. En T. d'arpent., Chaînage opéré sur un terrain très on pente, et qui se fait à l'aide d une fiche plombée qu'on laisse tomber do l'extrémité do la chaîne tendue horizontalement.
CULTELLE {l('l') OU CULTELLUS [tèl-lnss) n. m. Genre de mollusques lamellibranches siphoniens, famille des solénidés, comprenant des formes à coquille longue, plate, étroite, arrondie à ses extrémités, ix siphons réunis à la
Culte lie.
base avec des tentacules disposés en cercle. (Les cultelles habitent les mers chaudes de l'ancien monde, ou sont fossiles dans les terrains tertiaires. Le cultellus lacteus, do l'Inde méridiouale, est le type du genre.)
CULTISME {tissm' — du lat. cuUus, cultivé) n. m. Recherche, aflectation particulière que l'on trouve dans les œuvres de quelques écrivains espagnols. Il On dit aussi cdlïokismk.
et GONGORISMK.
— Encycl. Le chef du cuUisme ou gongorisme fut le poète Gongora, écrivain d'un talent remarquable, mais (jue gâta 1 affectation particulière de style à laquelle il a donné son nom, ot qui consiste en métaphores extravagantes, en constructions tourmentées, en inversions bizarres, en allusions d'une obscurité souvent impénétrable. Cette aberration a longtemps sévi en Espagne, en Italie, en France même, où Saint-Amand, Chapelain, Malherbe lui-même en ont donné des exemples.
CULTISTE {tisst') n.m. Littérateur espagnol, de l'école de Gongora.
CULTI'VABLE adj. Qu'on peut cultiver : Terrain, Sol
CULTlVABLi:.
CULTIVATEUR, TRICE adj. Qui se livre à la culture des terres : Le-i peuples ccltivateurs. Il Qui sert â la culture : Le soc cultivateur.
— n. m. Petite charrue à une roue, qu'on fait traîner par un seul cheval, entre les rangées des plantes que l'on veut sarcler et biner, il Appareil à plusieurs socs mû par la vapeur, pour labourer superficiellement et façonner la terre. iiNom donné à un grand nombre d'autres instruments, destinés à suppléer le cultivateur dans certains travaux.
CULTIVATEUR n. m. Celui qui cultive, qui s'adonne à la culture des terres : Un bon cultivateur.
— Cultivateurs latins. Nom que donnent les Américains à des Européens qui sont allés aux Etats-Unis pour y fonder des exploitations agricoles.
— Syn. Cultivateur, agriculteur, agronome, laboureur.