‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 555 sur 870 · DARDER · texte numérisé non relu

DARDER

muno, SOS rostos furent exhumés, et des funAraiUos solennelles eurent Hou on son honneur aux frais do l'Klat.

Ce priilat avait coniposô phisiours ouvrages, dont les plus importants sont la traduction dos Œuvres de saint DeJiijs t'Aréopai/ite (I8i5), ot cullo de ['Imitation de Jésus- C/inst (18521; les l'emines de la Bible (1816-1819); Saint Thomas Beclcet (1860). — Son huste, par Guillaume, est au muséo du [.uxeinhour^. Sa statue on niarhro, par Bonassioux, liguro sur sou tombeau, à Notro-Dame do Paris.

DarBY (John Nelson), théologien anglais, ne on 1800 à AVostniinster (Anglotorro), mort en 1882. D'une famille irlandaise, il t^ludia lo droit ot devint avocat. Malgré l'opposition de son pôro, il outra dans le clorgé anglican ; mais il no larda pas à s'en séparer, pour se joindre, en 1832, à des sectaires de Dublin, qui professaient une opinion ecclésiastique schismatique, ù. laquelle sou adhésion lit donner le nom do « darbysnie ». Il voyagea beaucoup en Europe, et il réussit à provoquer, dans ([uelques Eglises protestantes, des discussions et môme des schismes. Il a publié une grande quantité d'ouvrages, ayant tous rapport à l'interprétation do la Bible, et on particulier des prophéties, ou à son système ecclésiastique.

DARBYSME {Oissin') ïï. m. Secte protestante, il On écrit aussi UARUisMt:.

— Encycl. Malgré son nom, lo darbysme a eu pour fondateur, non pas Darby, mais A.-N. Groves, qui, en IS29, avait commencé à réunir autour de lui, à Dublin, des personnes pieuses, lesquelles, sans sortir do l'Eglise anglicane, s'occupaient de mission intérieure. Peu à peu, des préoccupations ecclésiastiques pénétrèrent dans ces conventicules. L'idée du sacerdoce universel y prit une telle importance qu'on en vint à se demander si la succession apostolique, sur laquelle repose l'Eglise anglicane, n'avait

fas subi des interruptions. On ne tarda pas à déclarer que Eglise avait apostasie et que nul homme n'avait le droit de se dire mintstre à l'exclusion d'autres. Le mouvement prit une grande importance, dès que Darby lui donna son adhésion, en 1832. Il eut son centre principal à Plvmoutli. où, vers 1835, il comptait près de quinze cents adhérents, Quelques communautés darbystos se sont fondées à Genève, à Lausanne et dans le midi de la France. Les darbystes professent que l'Eglise a apostasie, qu'il faut répudier les formes, usages et règlements de toute Eglise, contester la validité de tout ministère ecclésiastique, proclamer le sacerdoce universel avec toutes ses conséquences. Dans les assemblées, chacun prend la parole quand l'inspiration du Saint-Esprit l'y pousse. La secte a cessé do progresser.

DARBYSTE n. Celui, colle qui professe le darbysme.

Darc (Jeanne). V. Arc (Jeanne D*).

DARCE n. f. Mar. V. darse.

Darcel (Alfred), archéologue français, no à Rouen en 1818, mort à Paris en 1893. Attaché au musée du Louvre, il devint, en 1871, administrateur de la manufacture des Gobelins, et succéda, en 1885, à Du Sommerard dans la direction du musée de Cluny, qu'il classa méthodiquement. On lui doit, entre autres ouvrages estimés : les Ajts industriels du mo7/en âge et de la lienaissance (1858); les Arts industriels du moyen âge en Allemagne (1863); Guide de l'amateur de faïences et de porcelaines (1864); Notice des faïences pi^intes italiennes, hispano-maurcstjues et françaises, et des terres cuites émaillées du musée de la ReJiaissaiice (1864) : Hecueil de faïences italiennes (1869), avec 100 planches; les Tapisseries décoratives du Garde-Meuble. avec planches (1878-1881); Catalogue de l'exposition rétrospective de l'art français au Trocadéro (1889); d'importantes monographies; etc.

Darcet (Jean), médecin et chimiste français, né à Doazit (Landesl en 1725, mort à Paris en 1801. Montesquieu se l'attacnU comme précepteur de son hls, et l'emmena à Paris, en 1742. En 1762, il fut reçu docteur régent de la faculté de médecine de Paris; en 1774, professeur au Collège de France, et fut le premier qui fit ses cours en français. Directeur do la manufacture de Sèvres, inspecteur général des essais dos monnaies et de la manufacture des Gobolins, U perfectionna les méthodes suivies dans ces établissements. Tous les travaux de Darcet ont eu pour but l'application de la chimie aux arts et à l'industrie : extraction de la gélatine dos os, do la soude du sel marin, fabri<-ation des savons, invention d'un alliage métallique fusible, démonstration avant Lavoisior de l'entière combustibilité du diamant. Lorsque la Révolution éclata, Darcet on adopta chaleureusement les principes. Plus tard, il lit partie du Sénat. Les principaux ouvrages publiés par Darcet sont : Sur l'action d'un feu égal, vioh;nt et continué pendant plusieurs jours, sur un grand nombre de terres, de pierres eî de chaux mélalligues {ilG(i-mi); Mémoire sur le diamant et sur (jucli/ites autres pierres précieuses traitées par le feu (1771); Expériences sur plusieurs diamants et pie7'res précieuses {IITZ); Dissertation sur l'état actuel des Pyrénées, et sur les causes de leur dégradation (me) ; Rapport sur l'électricité dans les maladies nerveuses (1783).

Darcet (Joan-Piorre-Josoph), fils du précédent, né en 1777, mort on 1844. Comme son père, il fut un chimiste éminont et autour do nombreuses découvertes industrielles et d'ouvrages scientifiques. On lui doit l'art de tromper l'alliage de cuivre et d'ôtain pour la fabrication dos cymbales; l'invention des pastilles de Vichy; la fabrication do 1 écaille artificielle; dos perfeotionnements à la fabrication industrielle de l'acide sulfuriqiie; dos améliorations dans les divers systèmes do chauttage ; la fabrication de la colio forte obtenue par le traitement des poaux, etc. En 1823, il avait été nommé mombro do l'Académie dos sciences.

DaRCIER (Joseph Lkmairk, dit), chanteur et compositeur lran<:ais, né vers 1820, mort en 1883. Il commença nar jounr la comédie dans les petits théfltres, puis il punlia quelques chansons. Los événements do 1848 virent tommoncor sa réputation. Darcior se faisait applaudir alors dans les concerts populaires et les cafés chantants en faisant entendre soit des chansons politiques, soit des chant rustiques, tels quo le Bataillon de la Moselle, dont il avait écrit la musique, ot le J*ain, do Piorro Dupont. Quelquos-unos de ses chansons étaient empreintes d'un grana sentiment dramatique, comme la S-J' Demi-brigade ; d'autres étaient pleines do couleur ot do crftce, comme les Doublons de ma rcinture, Madeleine, le Chemin du moulin. Toutes les femmes c'est dos troîupeuses, l'Ami Soloil, le

Chevalier Printemps, la Mère Providence, etc. Darcier voulut reparaître ensuite au théâtre, où il eut du succès tians le \ loloiiru.r, les Compagnons du tour de France, les l'oétes de la TreiÙe, le Hoi de la Gaudriole, otc,

DARCINE n. f. Mar. V. darsine.

DARD {dar' — du celtique dared, lance) n. m. Arme do jet ancienne, formée d'une hampe de bois dur et d'une pointe de fer. V. darde. __

— Poétiq. Langue du serpent, qui est tout à fait inof- Dard fraac fonsivo, mais dans

laquelle l'imagination des poètes anciens avait vu un organe fort redoutable. (Les vibrations rapides que l'animal lui imprime l'avaient multipliée à. leurs yeux, et ils prêtent fréquemment trois dards à la gueule du serpent.) Il Aiguillon d'un insecte : Le dard d'une guêpe, n Action pliysique vive, rapide, pénétrante : Les dards d'un soleil orulaîit.

— Fig. Effet profond, vive impression : L'éloquence doit laisser le dard dans le cœur. (Nicole.) 11 Trait acéré-: Les DARDS de la satire, de la rnédisajice.

~ Pop. Elancement, douleur lancinante : Dent gâtée (fui fait souffrir par dards. H Filer comme un dard, Fuir, s en aller rapidement.

— Fig. A triple dard, Très piquant, d'une malignité pénétrante : Plaisanteries k triple dard. (Balz.) Il Langue à triple dard. Méchante langue.

— Arachn. Nom donné à l'extrémité de la queue des scorpions.

— Arboric. Ramification fruitière du poirier ou du pommier, longue de quelques centimètres, et terminée par un œil ou bourgeon. (L'œil terminal produit fleurs et fruits quelquefois au bout d'une année, plus habituellement après deux et trois ans. Les dards sont toujours épargnés au moment de la taille.)

— Archit. Membre ornemental taillé en flèche, qui sépare les oves.

— Arqueb. Mandrin d'acier, poli, tourné et parfaitement dressé, au moyen duquel, dans les manufactures d'armes, on s'assure que l'intérieur des canons de fusil est bien uni et cylindrique, il Nom donné au couvercle des poires à poudre, qui sert à mesurer la poudre nécessaire pour une charge ordinaire.

— Art milit. Pièce métallique, que l'on adapte au bout d'un fourreau de sabre, pour lo renforcer, il Bâii qui porte une pièce d'artifice incendiaire ou destinée à éclairer les travaux de l'ennemi.

— Blas. Dard futé, Dard dont la hampe est d'un émail difi'érent de celui de la pomte. ii Dard empenné. Dard dont les barbes sont d'un émail difl'éroDt do celui de la hampe.

— Bot. Pisiil des fleurs.

— Entom. Pièce principale de l'aiguillon des hyménoptères, tels que l'abeille, la guêpe, l'ichneumon, etc.

— Erpét. Nom vulgaire d'une espèce de couleuvre qui habite la Guyane.

— Géod. Petite pointe servant à fixer le trou oculaire de la visière dans la direction de l'objet.

— Hortic. Nom quo les jardiniers donnent quelquefois aux poils piquants de paT?t7apoUrte.h- 1 ortie, aux tiges des œillets, au pistil rigée vers le chefdes fleurs des arbres à fruits, etc.

— Mar. Nom que l'on donne à un genre particulier de foène ou harpou. n Dard à feu ou Lance à feu. Baguette armée à son extrémité antérieure d'une pointe barbelée, et munie d'artifices ù. sa partie postérieure.

— Techn. Langue do feu pointue et allongée, qui s'étend suivant la direction du bec, dans les opérations au chalumeau, n Eu cordonnerie

Dard (archit.).

D'azur a un dard d'argent po8<5

Dard (marine).

Petit instrument on fer avec manche, à l'aide duquel les cordonniers lissent la semelle du soulier à sa jonction avec l'empoigne.

DARD [dar] a. m. Nom vulgaire d'un poisson du genre cbevesne, la vandoiso {squalius leuciscus). [Dard est un vieux nom lorrain, reproduit par Hcndelet au xvi" siècle, ot qui existe encore au-

jourd'iiui.] V. CHKVAINE.

Dard n. m. Nom donné quelquefois à la constellation du Javelot.

Dnrd

(de cordonner-}.

Dard (Jean), historien français, né à Vondômo on 1585, mort à Paris on 1641. Il entra dans l'ordre des jésuites en 1613. II publia une Histoire du royaume de Japon (1627).

Dard (IIcnri-Joan-Baptisto), jurisconsulte français né à Vienne (Dauphiné) on 1779, mort en 1810. Avocat à la Cour do cassation, il acquit uno certaine notoriété pendant la première Restauration par un écrit intitulé : De la restitution des biens des émigrés conaidérée sous le rapport du droit public, du droit civil et de la politique, etc. (1814). U contribua à faire adopter la loi d'indemnité du 27 avril 1825, par ses Réflexions sur les moyens de faire cesser la différence, qui existe dans l'opiiùon, entre la valeur des biens patrimoniaux et des biens dits « nationaux «. Co jurisconsulte a publié do nombreux ouvrages.

DARDANAIRE (nér' — do Dardanus, sorcier phénicien qui détruisait les récoltes) n. m. Nom quo les Romains donnaient aux spéculateurs qui accaparaient les denrées pour faire hausser les prix.

Dardanelles (détroit dks), bras do mer étroit, séparant l'Europe de l'Asie, l'Europe étant à la rivo droite dans le sons du courant, l'Asie & la rive gaucho ; car cet antique I/ellespont des Grecs, co Bari se/id Boghazi, co Il détroit do la mer Blanche « des Osraanlis. co passage qu'on nommo égaU-mont lo détroit de Gallipoli, on un mot cet étranglomt'iit du fiot marin entre deux continents, doit fttre considéré comme uno sorte do fleuve coulant réoUomoDt d'uu amout, qui est la mer do Murmura, ù uu

aval, qui est l'Archipel ou mer Egée. C'est par lui qu'arrive à la Méditerranée l'excès d'eau s'échappant de la mor Noiro par le Bosphore do Constantinople, puis s'amortissant dans la mor de Marmara, qui fut la Propoutide.

Lon^ d'un peu moins do 70 kiloni., c'est en amont et non loin do Gallipoli qu'il commence, là. où la mer do Marmara, déjà fort rétrécio, s'atténue décidément en un fleuve salé, de courant violent. A droite, la rive européenne est commandée par l'ancienne Chersonèse de Tlirace, aujourd'hui presqu'île do Gallipoli, péninsule de 90 kilom. do longueur, dressant des monts nus entre la mer do Marmara, les Dardanelles ot le golfe de Saros ; ce pédoncule est la clef des Dardanelles, par conséquent de la mer de Marmara, du Bosphore et de Constantinople en venant de la Méditerranée; do vieilles redoutes, des forts restaurés, des ouvrages récents, des batteries, des torpilles immergées défendent le passage, et nombre do forteresses nouvelles sont projetées sur l'une et l'autre côte. Actuellement, sur soizo fortifications principales, il n'y en a que six sur lo rivage d'Asie.

Celui-ci est plus animé, plus varié que lo rivage d'Europe: ses collines se relèvent en arrière jusqu'à i.~70 mètres d'altitude au mont Ida. Le Mendereh se verse dans la mer Egée, à l'embouchure même des Dardanelles.

Le détroit a pour villes principales : à droite, Gallipoli et Kilid-Bahr; à gauche, Kaleh-Soultanieh (ces deux dernières cités portent ensemble le nom de Châteaux des Dardanelles). Large de 1.200 à 3.000 mètres et plus, il est profond de 48 à 130 mètres. V. la carte de la presqu'île des Balkans.

Dardanelles (Châteaux des), nom qu'on donne communément à deux villes situées à 1.800 mètres l'une de l'autre, au plus resserré du détroit des Dardanelles. Ainsi appelées de deux châteaux ou forts défendant lo passage, Kaleh-Soultanieh (ou Tchanak-Kalessi), en Asie, a 7.500 habitants, et Kilid-Bahr, en Europe, à peu près autant.

Dardanie (lat. Dardania), contrée de l'Europe, au S. de la Mœsie supérieure (capit. Scupi, auj. Skopia ou Uskub), district de la Serbie. Réunie de nom à l'empire d'Alexandre, elle forma, sous Constantin, une prélature du diocèse de llUyrie orientale. — Contrée située au N.-O. de l'Asie Mineure. Elle tirait son nom de Dardanus, fils de Jupiter, qui, parti du Péloponèse, vint s'y établir et y fonder une cité, Dardane. Son petit-fils Tros, S. son tour, bâtit Troie, et la région prit ce nom de «■ Troade », que VIliade d'Homère a rendu immortel. — On appelait aussi Dardanie une île de la mer Egée où avait séjourné Dardanus avant de se lixer en Asie Mineure ; cette île prit ensuite le nom de Samothrace et de Leucosia; c'est aujourd'hui l'île turque de Semenderek, auS.-O, du golfe de Saros.

DARDANIQUE {nik') adj. Géol. Il Système dardanique. Terrain placé entre la période tertiaire moyenne et la période tertiaire supérieure.

DARDANT ((/(ï»i)iANTE adj. Qui darde, qui est émis avot force : Des rayons dardants.

— n. m. Arg. Amour.

Dardanus, héros éponyme des Dardaniens de Troade et de la ville de Dardanos, sur l'Hellespont. Il était fils de Zeus et d'Electre, fille d'Atlas. D'après la légende la plus accréditée, il était originaire d'Arcadio. Il y avait épousé Chrysé. qui lui apporta en dot le Palladioiî. Il tua son frère Jasos ou Jasion, et quitta le pays. Il séjourna à Samothrace, où il aurait institué et popularisé les célèbres mystères. Il passa ensuite en Troade, où il fut bien accueilli par Teucros, dont il épousa la fille. Il régna plus tard sur la contrée, et donna son nom à la dynastie royale de Troie, même à tout le peuple des Troyens [Dardanidcs). La légende de Dardanus présente, d'ailleurs, de nombreuses variantes. Par exemple, les Romains le faisaient naître en Etrurie.

Dardanus, opéra en cinq actes et un prologue, paroles do Labruère, musique do Hameau, représenté à l'Opéra lo 19 novembre 1739. C'est l'un des plus beaux ouvrages de Rameau. Parmi les morceaux les plus renommés do la partition, i! faut surtout signaler l'ouverture, le duo : Mânes plaintifs, le bel air d'Ipliiso : Arrache de mon cœur le trait qui le déchire; la scène des songes et le rigodon qui est resté fameux jusqu'à nos jours.

Dardanus, opéra en quatre actes, livret do Labruère, arrangé ot réduit par Guillard, musique do Sacchini, représenté à l'Opéra lo 30 novembre 1784. Dardanus no put être joué que six fois. On le réduisit alors on trois actes, et il fut repris ainsi en 1786. La partition est l'une des belles œuvres do Sacchini, qui fut surtout inspiré dans l'air d'Iphise : Cesse, cruel amour, de régner sur mon d»ie; dans celui do Dardanus : Jours heureux, espoir enchanteur, et dans la scène d'Iphise : Il me fuit, il ne 7n'écoute plus.

DARDE n. f. Art milit. Armo de jet, sorte do javelot en usage au moyen âge, dont la hampe était courte et lo for en ^rme de t'euille\>t à deux traucliants. (A la longueur du manche près, il n'y a pas grande différence entre la darde et la demi-pique. La darde, comme javelot, appartient au XIV» siècle. Darde (xvi*»). Au xvi*, on entendait

sous ce nom autant un javelot qu'une demi-pique, et c'est cette dernière acception qui prévalut au xvii' siècle.)

— Mar. Instrument servant à darder une pièce do bois. DARDEL. ELLE {diH') adj. Qui se lance comme uu dard. DARDELLE {dèl') n. f. Polit dard qu'on lançait avec l'ar-

bulète.

DARDEMENT [mati) D. m. Action do dardor, DaRDENNE, localité dos Etats-Unis (Etat do Missouri [comto do Saint-Charles]); 4.200 hab.

DARDER v. a. Lancer comme un dard : Dardkr un javel'it. Il Lancer en ijénéral, en parlant d'une arme do trait, it Frapper d'un dard, ou d'uno nrmo lancée ù In manière des dards : Daroku uno ôd/einr, il Krapnor, piquer avec, en parlant des animaux pourvus de dards.

— Par ext. Diriger vivement et en ligne droite ; Le soleil DAUDiî des flèches de feu. il Elancer, porter raido ot t\xo : L'acacia daui>k ses épines acért*es. tl Faire vibrer : Le serpent DAUDU sa langue.

DARDIERE — DARII

— Pop. Faire éprouver une douleur vive et aiguë : Avoir une dent qui vous darde.

— Fig. Emettre, lancer avec vigueur: Darder des sarcasmes acérés.

— Mar. Darder une pièce de bois, La creuser dans le sens de sa longueur, de ses fibres.

Se darderf v. pr. Lancer, pousser vivement l'un contre l'autre.

— Syn. Darder, lancer. Darder ajoute à l'idée de lancer celle de percer, de pénétrer dans un corps et d"y produire une impression pénible ou funeste. Lancer exprime simplement l'action do jeter en avant avec force.

DARDIERE n. f. Piège Qu'agencent les braconniers dans les taillis fréquentés par les chevreuils. (Il est formé par un jeune soliveau plié en arc et portant un nœud coulant.)

DARDILLE [U mil. — rad. dard) a. f. Arqueb. Petit dard pour l'arbalète, il On disait aussi dardelle.

— Hortic. Queue d'œillet.

DARDILLER {H mil. — rad. darder) v. n. Piquer comme avec un aiguillon.

— Fig. Piquer, oflfenser, attaquer : La langue d'une femme acariâtre dardille com7«e ce^le de la vipi^re. (Boiste.)

— Hortic. Pousser ses dardilles, en parlant des fleurs et particulièrement de l'œillet, ii Syn. ue fleurir.

DARDILLON (//mil.) n. m. Petit dard.

— En ï. de pêch., Languette pointue de l'hameçon.

DARDILLONNER {dill-o-né [Il mil.] — rad. dard) v. a. Piqiifr par des paroles malignes.

JDaRDILLT, comm. du Rhône, arrond. et à S kilora. do Lyon, sur un contrefort du Mont d'Or; 1.108 bab. Carrières de pierres. — Patrie de J.-B. Vianney, le curé d'Ars.

Dardistan, pays des Dardis ou Dardons, dans les immenses montagnes, les sauvages vallées au N.-O. do l'Inde, au versant S. du Pamir, sur de torrentueux affluents de rindus et du Caboul. C'est une expression ethnographique, plutôt que politique. Les Dardis sont inconiestablement aryens, par leur origine comme par leur langue.

Dardjiling. Géogr. V. DarjieliiNG.

dare-dare ou DARE DARE (onomat.) interj. Imitation du bruit que fait un objet qui roule ; Dare, dark, DARR, t'oi7à un homme çhî vient en cabriolet. (Dider.)

— Adverbial. Promptement, en toute hâte : Ecrire, Partir DARE DARE.

DARÉE {ré) n. f. Genre de fougères de l'Australie, réuni au genre asplénîe.

Dar-EX-ALEM (expression arabe qui signifie maison de la science, dar-el-ilm), nom de l'université du Maroc, dont le siège est à Fez. (Cette université, qui fut autrefois très florissante, et qui comptait de nombreux étudiants, est aujourd'hui bien déchue de son ancienne splendeur; c'est à la Dar-el-Alem de Fez qu'Averrhoès commenta Aristote et que Ibn-Khaldoun écrivit sa Chronique.)

DaR-EL-BEÏDA ou Casa-BLANCA, ville et port du Maroc (sur l'océan Atlantique); environ 1.500 hab. Par ce port surtout se fait l'exportation de maïs, de dourah et de laines.

Dar-EL-BEY. Géogr.. V. Enfidaville.

Dar-EL-MAHZEN fde l'arabe dâr-el-maklisen, maison du gouvernement ; palais), palais du sultan du Maroc.

Daremberg (Charles-Victor), médecin et érudit français, né à Dijon en 1817, mort au Mesnil-le-Roi (Seine-et- Oise) en 1872. Attaché d abord aux laboratoires du Muséum, il devint ensuite biblioihécaire de l'Académie de médecine {1846). puis de la Mazarine (1849). Il fut chargé, en 1864, de professer, au Collège de France, un cours sur la littérature et l'histoire des sciences médicales ; et il fut nommé, en 1871, professeur d'histoire de la médecine à la Faculté de Paris. Dans ce domaine, il a laissé de nombreux ouvrages originaux , mémoires ou traductions : Œuvres choisies d'Hippocrate. traduites en français (1843- 1855) ; Œuvres d'Oribase, texte grec, traduction française et notes (1853-1862) ; Œuvres anatomiques, physiologiques et médicales de Galien (1854 et suiv.); Traité sur la qymnaS' tique, de Philostrate, texte grec et traduction française (1858); Œuvres médicales, de Rufusd'Ephèse (1865); la Médecine, histoire et doctrine (1865); la Médecine dans Homère (1865) ; Recherches sur l'état de la médecine durant la période primitive de l'histoire des Indous (1867); Etat de la médecine entre Homère et Hippocrate (1869); Histoire des sciences médicales (1870) ; Cours sur l'histoire de la médecine et de la chirurgie {IS12). Dans les dernières années de sa vie, Daremberg s'était occupé do composer un dictionnaire des antiquités; il fit appel aux hommes les plus compétents et s'adjoignit pour collaborateur Saglio. C'est à ce moment qu'il fut enlevé à la science et à ses amis. Saglio a continué le Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments.

DarÈS le Phrygien, Troyen auquel on attribua plus tard une chronique do la guerre do Troie. Dans VIliade, Darès est un prêtre d'Hcphaistos, qui fut tué par Diomédc. D'après les Alexandrins, c'était un Phrygien qui trahit Hector et fut tué par Ulysse. Enfin, un Darès figure parmi les compagnons d'Enée, qu'il suivit en Sicile et en Italie, Il se distingua aux funérailles d'Hector, fut battu en Sicile dans le combat du costo par lo vieil En telle, qu'il avait délié, et périt en Italie sous les coups de Turnus. D'après Antipatros d'Acanthe, Ptolémée Chentios, vers la fin du I" siècle de notre ère, attribuait à Darès le Phrygien une épopée sur la guerre do Troie, antérieure à Homëro. Vers la fin du v* siècle, un auteur latin inconnu composa une Historia de excidio Trojs^, donnée pour une adaptation latine de l'œuvre de Darès, et précédée d'une lettre apocryphe de Cornélius Nepos à Salluste. C'est une sorte de roman historique, dont on ne peut dire s'il est la traduction d'un original grec. Cet ouvrage eut beaucoup de vogue au moyen âge, et a été utilisé par Benoît de Sainte-More pour son poème do Troie.

DAR-ES-8AZ.AM, capitale do l'Afrique orientale allemande, i l'emhouchuro du fleuve côtier de Dar-esSalani ; 10.000 bab. Ville cédée par le sultan do Zanzibar à la Société allemande de l'Afrique orientale, en 1885. Un des meilleors ports du littoral do l'Afrique orientale.

Dareste i Gabriel - Madeleine - Camille ), naturali ste français, né et mort & Paris (1822-1899). Docteur en méde-

cine fl847), il professa l'histoire natnrelle en province, puis devint directeur du laboratoire à l'Ecole des hautes études à Paris et président de la Sociéré d'anthropologie. Son principal ouvrage, Becherches sur la p^'oduction artificielle des jnonstruosités ou Essais de tératogénie expérimentale {ïsn), lui valut le grand prix de physiologie à l'Académie des sciences.

Dareste de La Chavanne (Antoine-Elisabeth- Cléophas). historien français, né à Paris en 1820, mort à Lucenay-lès-Aix (Nièvre) en 1882. Après avoir enseigné l'histoire dans les lycées, il fat appelé à une chaire de la ifaculté des lettres ae Grenoble, puis fut nommé recteur d'académie à Nancy, et, en 1873, à Lyon. Son œuvre principale est son Histoire de France depuis ses origines jusqu'à nos /our5 (1865-1873), qui a reçu deux fois le grand prix Gobert de l'Académie française.

Dareste de La Chavanne (Rodolphe-Madeleine-

Cléophas), jurisconsulte et érudit, né à Paris on 1824, frère du précédent. Il devint conseiller à la Cour de cassation en 1877, et fut élu membre de l'Académie des sciences morales en 1878. Nous citerons, parmi ses écrits : Essai sur François Uotman (1850) ; De la propriété en Algérie (1852), et Etudes sur les origines du contentieux administratif en France (ïS'âb); la Justice administrative en France ou Traité du contentieux de l'administration (1862 et 1898); Du prêt à la grosse chez les Athéniens (1867); le Traité des lois de Théophraste (1870) ; traduction des Plaidoyers civils de Démosthène (1875), et des Plaidoyers politiques é.Q Démosthône (1879); les Anciennes lois de l'Islande (1881); rOrganisafio7i judiciaire (\Sè3) ; Testament d'Epictète (1883) ; la Transcription des ventes en droit hellénique (1884); Code rabbtnigue Eben /^uerer (1884); Inscriptions hypothécaires en Grèce (1885); Mémoire sur les anciens monuments du droit de la Hojiqrie (1885); la Loi de Gortyne (1886) ; Hecherches sur quelques problèmes d'histoire (1887) ; Recued des inscriptions juridiques grecques (1891-18'J8) ; les Plaidoyers d'Isée (1898).

Daret (Pierre), dessinateur et graveur, né et mort à Paris (1604-1678). Daret est un styliste appliqué. Il prélude à cette belle régularité des grands burinistes du x vu* siècle, mais il est loin d'avoir leur souplesse et leur couleur. Ses tailles sont sèches et dures. U a comme un archaïsme académique. Daret a beaucoup gravé d'après Vouet, Jacques Blancnard, Le Sueur, Sarrasin, Stella, et aussi d'après le Guide, Titien, Van Dyck, Caravage, etc. La partie la plus précieuse de son œuvre est l'iconographie : portraits de Louis XIII, de Charles I", de Gaston d Orléans, de Cinq- Mars, des poètes Adam Blllaut, Théophile de Viaud ; François Maynard ^t Scarron, de Françoise do Chantai, du prince et de la princesse de Condé, do Tristan l'Hermite, etc. Il a aussi illustré plusieurs ouvrages, notamment le livre si curieux la Doctrine des mœurs, composé par MalleviUe pour l'éducation de Louis XIV, et qui contient du roi enfant, ainsi que de divers personnages, des portraits fort intéressants.

Dar-FERTTT, contrée du Soudan central, au S- du Darfour, dans la langue duquel elle porte le nom de Djénakhêra. Elle s'étend au N. du 8" degré de latitude N., entre le 22* et le 24' de^ré de longitude E., un peu dans la zone d'influence française et beaucoup dans la zone d'influence anglaise; elle occupe le faîte entre les bassins du Nil par le Bahr-el-GhazaI au N., du Congo par l'Oubangui au S., du Tchad, par le Chari à 10. Pays de cultures, de savanes, de 500 à 800 mètres d'altitude, habité par des nègres de la nation des Sandé ou Niam-Niam.

DarfieLD, ville d'Angleterre {comté d'York [West- Ridingjl, sur la Dearne ; 25.000 hab.

DaRFO, bourg d'Italie (Lombardio [prov. de Brescia]), sur rOglio. dans le val Camonica ; 2.300 hab. Fonderie, fabrique d'instruments aratoires, filature de soie.

Darfour, ancienne province du Soudan égyptien, limitée au N. par le désert libyque, àl'O. parle Oùadaï et le Dar-Hounga,au S. parle Dar-Fertit,à l'E. parle Kordofan. Capit. El-Fàcber.

ha. superficie du Darfour est approximativement de 220.000 kilom.carr. C'est un pays saharien, dominé par le massif des monts Marrali, qui séparent le bassin du Nil de celui du Tchad. Il est sablonneux, et les pluies y sont rares. D'après Nachtigal, en dehors du voisinage des cours d'eau, le paysage a le caractère des steppes. Ce voyageur estime, néanmoins, à environ 4 millions d'habitants la population du Darfour, composée de Fors de race noire, de Berbères et d'Arabes. L agriculture, l'industrie et le commerce sont des plus rudimentaires. Le marchand d'esclaves Ziber commença la conquête du Darfour, qui fut accomplie par le gouvernement égyptien en 1874. Gordon eut à y réprimer, en 1877, une révolte de Soliman, fils de Ziber. Le mahdi s'en empara en 1883, et cette province n'a pas encore fait retour à l'Egypte. Néanmoins, par la convention franco-anglaise du 14 juin 1898, complétée par la déclaration additionnelle du 21 mars 1899, » ce qui était, en 1882, la province du Darfour », est reconnu appartenir à la zone d'influence britannique dans le bassin du Nil.

Dargaud (Jean-Marie), littérateur et historien français, né en 1800 à Paray-le-Monial (SaÔne-et-Loiro), mort à Paris en 1866. On lui doit des ouvrages, écrits en un style qui rappelle la manière de Lamartine, dont il était Tami. Les principaux sont : Histoire de Marie Sinart (1850V. la /' amille (\s^3); Histoire de la liberté religieuse en France et de ses fondateurs (1859), son ouvrage capital; Histoire de Jane Gray (1862) ; etc.

Dargent (Yan, en français Jean), dessinateur et peintre français, né à Saint-Servais, près de Landerncau (Finistère) en 1824, mort à Paris en 1899. Artiste fertile et d'une imagination très souple, Yan Darg;ent se plaît aux évocations fantastiques. Parmi les publications

?|ui ont dû leur vogue à ses poétiques créations, rappelons a Vie des fleurs, d'Eugène Noël; les Contes bleus, de Laboulayo ; le Pierrot, d'Alfred Assolant ; le Robinson suisse : les Vrais Robinsons, do V. Chauvin ; l'Espace céleste, de Liais; l'Histoire d'une bâche, do Fabre ; l'Arithmétique du grand-papa, l'Esprit des oiseaux, les Chasses de l'Amérique du Nord, l'Air, le Désert, de Magnin ; la Révolution, i\c Thiers, et ces savantes récréations de Henri Berthoud ; le Monde, des insectes, les Hôtes du logis, l'Homme drpuis cinq mille ans. Yan Dargent a décoré de peiniurcs murales la cathédrale de Quimper, l'église de Ploudalmezeau, etc.

Dargenville (Antoine-Joseph Dézallier), naturaliste français. V. Dézallïer.

DargilaN, belle grotte du département de la Lozère, ainsi nommée du hameau de Dargilan, s'ouvrant sur le Causse-Noir, à 5 kilom. de Meyrueis. Découverte en 1880, elle fut explorée par Martel, en 1888.

DargnIES, comm. de la Somme, arrond. et à 27 kilom. d'Abbcville, sur le plateau du Vimeu, non loin de la Bresle ; 1.258 hab. Fonderie de cuivre; briqueteries,

DargomijSKY (Alexandre SERGuiÉvncH), compositeur russe, né en 1813 dans un village du gouvernement de Toula, mort à Saint-Pétersbourg en 1869. Il mit eu musique sur texte français, qu'il fit ensuite traduire en russe, le livret de la Esmeralaa, que Victor Hugo avait écrit pour M"' Louise Bertin. Dargomijsky avait écrit une sorte de cantate-ballet intitulée le Triomphe de Bacchus, et composa une centaine de romances. Il voulut reparaître au théâtre avec un sujet national. Il puisa dans le vaste répertoire de Pouschkine, y trouva la Roussalka (lOndine) et la mit en musique. Cette légende inspira le compositeur de la façon la plus heureuse, et /a floi/ssa/A-fl, représentée en 1856 à Saint-Pétersbourg, rendit aussitôt son nom populaire. C'est alors que, circonvenu par quelques jeunes musiciens tels que Moussorgsky , Balakirew et César Cui, qui rêvaient une réforme de l'opéra, Dargomijsky eut la malencontreuse idée de se poser en une sorte de chef d'école. 11 écrivit un nouvel ouvrage, le Convive de Pierre, qu'il conçut dans une forme sèche et sans grâce, à l'aide d'un récitatif continu et obstiné, qui enlevait à la musique toute sa saveur et tout son élan. Il mourut avant d'avoir terminé sa partition, qui fut achevée par César Cui et Rimsky-Korsakow, mais n'obtint qu'un succès d'estime. Le nom de Dargomijsky n'en reste pas moins cher au public russe, grâce ix sa. Roussalka, qui est un des modèles de l'opéra national.

DARI n. m. Nom vulgaire du grand millet, dit aussi sorgho des Indes.

DARIABADIT {di) n. m. Sorte de coton provenant des Indes.

DARIANGE (ayij') n.m. Arbre indéterminé des îles Philippines, dont le suc, utilisé comme parfum, a une odeur ambre.

DARIB {rib')n. m. Ancienne mesure de capacité usitée en Egypte, et valant un peu plus de 221 ou 321 litres, selon les localités.

Dariel (défilé de) [autref. Caucasise pylx], défilé de la cliaîoe du Caucase, situé à l'E. du mont'Kazbek, près de la source du Tereck, faisant communiquer l'Europe avec l'Asie, Vladicaucase avec Tiflis.

Darœn ou Uraba (golfe de), golfe de la mer des Antilles, sur la côte septentrionale de la Nouvelle- Grenade. L'isthme de Panama est quelquefois appelé isthme de Darien.

Darien, région orientale de l'isthme de Panama, pédoncule par lequel l'Amérique centrale s'ajuste â l'Amérique du Sud, sous le 9* degré de latitude N. Le Darien lève ses monts boisés entre l'Atlantique au N. et à l'E., le Pacifique au S. et à l'O., et spécialement entre le golfe de Darien, continué par le golfe d'Uraba au S. (Atlantique) et le golfe de Panama (Pacifique). Grandes forêts, montagnes moyennes, fort peu d'habitants, climat très pluvieux, très humide, température lourde; ce sont les caractéristiques de ce pays péninsulaire, l'un de ceux où l'on a projeté de faire passer le canal d'entre deux océans à travers l'Amérique isthmique. Les habitants sont des aborigènes caraïbes, avec quelques Européens. Lieu principal Yavisa, bourg de l.ooo habitants.

Darien (colonie dk), fondée par un Ecossais nommé Paterson, qui, vers 1680, visitant le nouveau monde, s'enflamma aux récits que des flibustiers lui firent du pays de Darien. Après avoir visité l'isthme de Panama et contrôlé une partie de leurs dires, Paterson conçut le projet d'y fonder une puissante colonie, et proposa son plan sans succès à différents gouvernements. Enfin, en juin 1695, le parlement écossais accorda et le roi ratifia une charte autorisant une compagnie commerciale à établir des colonies et à construire des forts, en Afrique et dans le nouveau monde, avec le consentement des indigènes, et dans des lieux non occupés par d'autres nations européennes. Cette compagnie, malgré la Jalousie de la compagnie des Indes orientales, fit partir, le 26 juillet 1698, du port deLeith,une expédition très bien organisée, qui fonda, à environ 80 kilom. au N. du golfe de Darien, dans la A''o?"'e//e-(.'o/*/rfon/e (ils appelèrent ainsi le pays) le Nouveau- Saint- André. Mais, malgré leur énergie, les colons, jalousés par les compagnies anglaise et hollandaise des Indes, et abandonnés aux seules ressources du pays, décimés par la maladie et les misères, ne purent se maintenir longtemps ; au bout de six semaines il leur fallut capituler et abandonner le territoire qu'ils avaient voulu coloniser. Quelques-uns d'entre eux, seuls, par suite du mauvais état de leurs navires, purent rentrer en Ecosse.

Paterson essaya alors de fonder une nouvelle compagnie, à la constitution de laquelle aurait contribué l'Angleterre ; mais il échoua, malgré l'appui du roi Guillaume I".

Darien, ville des Etats-Unis (Géorgie), sur le fleuve côtier Altamaha ; 4.500 bab. Port de commerce.

DariÈS (Louis de La Motte, seigneur de), agitateur, mort en 1585. Il était consul de Marseille, et en profita pour soulever le peuple en faveur de la Ligue, dont il était partisan. Le duc d'Angouiême (^Henri, bâtard do Henri II), gouverneur de Provence, le fit saisir et pendre, ainsi que ses complices de rébellion.

DariÈS (Joach. -George), philosophe allem. V. Darjès.

DarIGRAND (Jean-Baptiste), jurisconsulte français, mort en 1771. Avocat au parlement de Paris, il dirigea une série do pamphlets contre les traitants et los abus du système des fermes. Le plus intéressant de ces écrits est son Anti financier ou Relevé de quelques-unes des malversations dont se rendent généralement coupatdes les fermiers généraux (1763). Ce pamphlet le fit jeter à la Bastille.

DARII, mot scolastique qui, dans des vers mnémotechniques, désignait un syllogisme de la première figure dont la majeure est générale afiirmativc (AJ, la mineure et la conclusion particulières affirmatives (1,1)*

' DarimON (Louis-Alfred), pnbliciste et homme politiauo français, né à Lille en 1819. Il dobuta par qiiolques i''tvia<'s arcliooloyifiues, puis, en 1848, devint secrétaire do Prondhoû. Kédactour en chef du « Peuple» en 1850, rédacteur de n la Presse u, où il traitait les ijuestions écononiiiiues et budgétaires dès 1853, il fut, on 1857, élu député do la 1' circonscription do la Seine. Réélu en 1863, il devint le chef du tiers-parti.accopta les avances de l'Empire, auquel il avait fait naguère une vivo opposition, et parut à la cour vêtu des culottes courtes de cérémonie, qui défrayèrent longtemps la presse satirique. Il ne so représenta pas en 1869. Il a consacré ses loisirs à publier une série do volumes anecdotiques sur lo second Empire.

DARIN n. m. Toilo de chanvre commune, fabriquée autrefois en Champagne.

DARINIPHYTE a. m. Groupe de plantes, dont les fruits secs s'ouvrent spontanément.

DARIOLE n. f. Sorte do flan fait de farine, de beurre, d'œufs et de lait : Dariole an café, au rhtwi. n Nom générique dos pâtisseries que l'on prépare et que l'on vend sur la voie publique à Paris ; L'industrie modeste de la DAKiOLE est la source de petites fortunes. (P. Vincard.)

DARIOLET. ETTE {le, lèi' — de Darîolette, confidente de l'infante Elisenne, dans VAmadis de Gaule [le masc. est peu usité]) n. Entremetteur, entremetteuse ;

Donc, la mf'me vertu. le dressant au poulet, De vertueux qu'il fut, le rend dariotel.

Reonier.

OARIOLEUR, EUSE n. et adj. Celui, celle qui fait et vend des darioles : Les pâtissiers darioleurs étaient, en i856, au nombre de f38 à Paris. (P. Vinçard.)

DARIQUE {rik' — gr. dareikos, du nom de Darius) n. f. Métro!. Monnaie perse, frappée par l'un des Darius.

— Enctcl. Les dariques étaient d'or pur. Elles avaient pour type : au droit, un homme barbu, la tête ornée d'une couronne radiale, un carâuois plein de èches sur le dos, un genou en terre, tenan t d'une main un arc, et de l'autre un javelot ou un poignard.

Le revers de la pièce est

DARIMON

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