‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 565 sur 870 · DAVID · texte numérisé non relu

DAVID

les principaux épisodes de la vie de David. Le combat de David avec Goliath et David triomphant ont été représentés par une foule d'artistes. La plus belle œuvre, dans ce genre, est la colossale statue de marbre de Michel- Anc'e, à gauche de !a porte d'entrée du Palais-Vieux, à Florence, commencée en 1501. Santa Maria del Fiore possédait depuis longtemps un bloc énorme de marbre de Carrare, dont plusieurs sculpteurs avaient vainement essayé de se servir. Michel-Ange répondit do tirer déco marbre une ligure sans aucune pièce de rapport. Il faut admirer, dans cette statue, la noblesse de l'attitude, l'énergique élé- Fance de la orme , la science consommée et le fini du travail,

rlutôt que exacte représentation d'un personnage nistori-

que. En 1502, Michel-Ange fut chargé par le gonfalonier Soderini d'exécuter, pour" Florence, une statue'également de David, mais en bronze, qui a disparu depuis. Nous mentionnerons encore une statue de David vainqueur, par Donatello, placée au musée des Offices.

Parmi les peintures, il faut signak-r le David tuant Goliath, tableau à double face, par Daniel de Volterra, eu Louvre. Daniel de Volterra , rapporte Vasari , modela en terre un groupe de David combattant Goliath^ et peignit ensuite sur une ardoise les deux faces opposées de cette composi t i on. Le jeune David, vêtu d'une courte tunique , dont la partie supé-

David tuaDt (.îoUath, d'nprès Daniel de Volterra. {V^ face).

David tuant Goliath, d'après Daniel de Volterra. (2c face).

Heure laisse les épaules à découvert, lève un énorme coutelas sur le géant terrassé entre ses jambes et qu'il a saisi aux cheveux. La coloration est inégale. Mais le dessin est robuste, profondément étudié.

Le Louvre possède encore : David vainqueur de Goliath, par le Guide: un David sacré roi par Sanuipl, de Cl.niide Lorrain ; David jouant de la harpe, tableau du Dominiquin; David accueillant Abiqaïl. par Louis Lichcric ; David vainqueur de Goliath, marbre de Francheville, etc. Au musée de Dresde, nous trouvons des tableaux de D. Feti, de Piazetta, de G. -G. Diamanti et do Al. Turchi, qui représentent David tenant la tête de Goliath. Le même sujet a été traité par Giorgione, par Caravage, par Homanelli, par Pietro délia Vecchia (Vienne), et par Poussin (musée de Madrid).

Le musée de l'Ermitage, à Saint- Pétersbourg, contient le célèbre tableau de Van der \Verf, David et Abisàlg (ou Abii/aîl) , sujet risqué, mais peinture achevée. — En Angleterre, les préraphaélites, notamment D.-G. Rossetti et Rooke, ont consacré l'histoire de David dans quelquesunes de leurs plus belles toiles! — En France, les Salons récents ont vu maintes représentations originales do David : tel le David de Gustave Moreau (1878), d'une si mélancolique et poétique majesté; tel le David vainqueur^ statue, par Antonin Mercié (!892). Le jeune pâtre remet au fourreau l'épée recourbée avec laquelle il a tranché la tôte du géant et pose le pied sur cette tête monstrueuse, gisante sur le sol. Mercié a fondu deux choses : une imitation libre de Donatello, et une étude tellement exacte qu en certaines parties elle pourrait éveiller l'idée d'un moulage pris sur le vif.

David ^BOUCMER de) [le]. Parmi les amulettes les plus célèbres, il faut placer une médaille portant des signes cabalistiques, que les cabalistes appelaient le floucher de David, Kircher et le P. Monlfaucon en ont donné la ligure ; elle passait pour avoir une grande puissance, et pour préserver de toutes sortes de malheurs.

David, tragédie do KIopstock, représentée en 1772. Cette œuvre met en relief les défauts de l'auteur sans ses qualités. Il s'était proposé, en l'écrivant, de ramener par elle ses compatriotes à la Bible conmic à une source do sentiments religieux; mais lapompodustylc,non soutenue par la vigueur des idées, u'ost pas faite pour servir le but do l'autour.

David pénitent, cantate à trois voix seules, chœur et orchestre, écrite par Mozart sur paroles italiennes d'un autour inconnu, fut exécutée au Burglheater, de Vienne, les 13 et 15 mars 1785. C'est une œuvre célèbre du maître.

David, philosophe arménien du v* siècle, surnommé l'Invincible et. par les '«recs, Philothée. Élève du patriarche Lsaac I*' et de Mesrob, il fut envoyé par ses maitres à Edessc, Constanlinoplc, Athènes et Alexandrie, où il continua ses études. On a de lui des Commentaires sur Aristotc, Porphyre, etc., des lioméliea et des Lettres. Soa œavre est peu originale, mais clic est précieuse pour

David vainqueur, d'après A. Mercié,

avoir servi de lien entre la philosophie des Grecs et celle des Arabes.

David (saint), archevêque de Mén,évie et patron du pays de Galles (Angleterrel. mort, d'après les uns, en 544, et 'd'après les autres, en Gui. Fils de Xantus, prince de la Cérésique (Cardiganshire) et de sainte Nun. il fut promu au sacerdoce et se retira dans Tile de Wight. Il fonda un assez grand nombre de monastères, dont le principal était situé dans la vallée de Ross, près de Ménévie. Ses religieux s'appliquaient sans relâche au travail des mains; et même, pour rendre le travail plus méritoire on le rendant plus pénible, ils cultivaient la terre sans employer d'animaux domestiques. David fut appelé, malgré lui, au siège de Ménévie. Cette ville s'appeiapius tard, de son nom, Saint- David. II mourut dans un âge très avancé.— -Fête le l"mars.

David ou DaVITH, nom de six rois de Géorgie, de la dynastie des Ba^ratides : David I" ( 950-980) régna conjointement avec^son neveu Bagrad III (960-1014). — David n, le Réparateur, vainquit à plusieurs reprises les Turcs Seldjoukides et les Arabes (1089-1125). — La reine Thamar, tille de Georges IV, épousa Soslan, qui prit le nom de David m, sous leq^uel il régna de 1193 à i209. — David IV et David V, bis de Georges IV, régnèrent de 1243 à 1272 ; ils étaient sous la domination des Mongols.

David r% roi d'Ecosse, né en 10S4, mort en 1153. Monté sur le trône en 1124, il défendit les droits de Mathildc, fille do Henri !"■ Beauclerc, à la couronne d'Anûleterre, contre son compétiteur Etienne de Blois. Mais il fut viincu par ce dernier à la bf.taille de Coton-Moor ou de l'Etendard. Les chroniqueurs Orderic Vidal et William de Newburg représentent David I'^'' comme le protecteur du clergé; il fonda de nombreux monastères de Tordre de Citeaux et cinq évêchés.

David II, roi d'Ecosse. V. Bruce (David de).

David de Dînant, théologien et philosophe scolastique du xii* siècle. Originaire de Dînant, sur la Meuse, il ne paraît pas avoir enseigné publiquement. II vivait

.MIS 1 intimité du pape Innocent III, qui goûtait son esprit iiil. On peut placer sa mort un peu avant l'an 1209. Son

\ re, intitulé Qaa'erni ou Quaternuli, n'existe plus ; Albert le Grand et saint Thomas d'Aquin en ont conservé quelques extraits. Il y développait, à l'aide d'Aristote, tout en prétendant rester orthodoxe, un système hardi, une sorte de panthéisme, qui annonce par certains détails celui de Michel Servet et, par d'autres, celui de Spinoza. Il passa assez inaperçu bien qu'Albert le Grand parle d'un disciple de David, nommé Baudoin, avec lequel il aurait luimême discuté, et que saint Thomas raconte que plusieurs philosophes de son temps défendaient encore la doctrine de David.

David el-David ou David el-Roï {le VoT/ant),

illuminé juif du xii« siècle, natif d'Amaria (Arabie). Il acquit une grande influence sur les juifs du mont Haphtan, à qui il persuada qii'il était le Messie et qu'il fit révolter contre le roi de Perse (1161). Incarcéré, il s'évada et fut tué par son beau-père.

David, négus d'Abyssinie, mort en 1401. Son règne n'est remarquable que par les deux guerres qu'il eut à soutenir successivement contre les émirs Hakk-Edden et Saad-Eddin. Vainqueur de ce dernier à Zcila, il le fit périr, annexa ses possessions à l'Abyssinie et y transforma les mosquées en églises.

David, négus d'Abyssinie, né en 1500, mort vers 1540. II monta sur le trône en 1507, avec son a'ieule Hélène comme régente. Celle-ci implora l'assistance des Portugais contre les musulmans de Sélim I""" qui, après avoir conquis l'Egypte, menaçaient d envahir l'Abyssinie. Le roi de Portugal chargea, en 1520, Roderigo de Lima de contracter une alliance avec les Abyssins. Accueilli avec les plus grands honneurs, il resta six mois à la cour du négus. Mais les secours du Portugal n'arrivèrent qu'après que les musulmans eurent occupé le pays; David dut s'enfuir dans les montagnes. Il y mourut de misère peu de temps après, laissant le trône" à son fils Clodius.

David n Comnène, dernier empereur de Trébizonde. Monté sur le trône en 1458 à la mort de son frère Jean IV, au détriment de son neveu encore enfant, il se montra incapable de lutter contre Mahomet IL Au lieu d'organiser la résistance, il se borna à solliciter l'appui de l'Occident, à nouer avec les Turcomans blancs une inutile alliance, et quand, en 1461, les Turcs parurent devant sa capitale, il capitula sans presque se défendre. Pourvu d'un apanage en Thrace, il éveilla bientôt par ses intrigues les soupçons du sultan ; appelé à Constantinople, sommé de se convertir à l'islam, il refusa courageusement, et fut mis à. mort avec ses sept fils et son neveu entre 1466 et 1472.

David (Gérard), peintre flamand, né à Oudewater (Hollande), vers 14C0, mort à Bruges en 1523. Ce peintre, tombé en oubli, et dont les œuvres étaient confondues avec celles de Memling, n'est connu que depuis les travaux de James Weale, en 1866. Il fut reçu en 1483 dans la corporation de Saint-Luc, et, on 1501, promu à la dignité de doyen. Il fut enterré sous la tour de l'église Notre-Dame dé Bruges. Voici quelques-unes des œuvres qu'on a pu lui restituer avec certitude : à Bruges, VHistoire du juge prévaricateur, en deux panneaux, peintures vigoureuses r-t d'un fini merveilleux; au musée do Rouen, la Généalogie de la Vierge (à l'angle supérieur de gauche est le portrait du peintre) ; à la chapelle du Saint-Sang, à Bruges, Jésus descendu de la crorx; de plus, le /îaptême de Jésus-Christ, à Brugrcs, et enfin, le grand triptyque du palais municipal de Gênes, la Vierge et l'Enfant entre saint Benoit et saint Jérôme, fes divers morceaux sont d'un magnifique coloriste. Gérard David a joué un grand rôle dans l'histoire des primitifs fiamands. On connaît aussi de lui des miniatures.

David de PomiS, médrrin et linguiste juif, né à SpoleK^ en 1525. mort vers 1600. Il exerça son art à Rome et à Venise. Ses principaux ouvrages sont : De senui» afft!ctihus (Venise, 1588), et surtout Germe de David (15871, dictionnaire hébraïque, précieux pour ses savantes remarques.

David TzÙON, rabbin italien, né à Modône vers la fin du xvr siècle. On a de lui, sous le titre de Devar thou ou Vi'rOnm bonum seu Dictîonariolum vocabulorum communium (1606), un dictionnaire hébrou-italien.

D.ivid

iiiOini').

David (Jacques-Zoïas), peintre français, né en 1748 à Paris, mort à Bruxelles en 1825. Il entra comme élève dans l'atelier de Boucher, son grand-oncle, qui le confia au peintre Vien. Ce ne fut cju'au cinquième concours pour le prix de Rome, en i~75, qu'il obtint le premier prix. Vien. nommé directeur de l'Académie de France à Rome, emmena son élève. David revint à Paris en 1780. Il peignit le Bétisaire, qui le fit admettre comme agréé à l'Académie royale de peinture. En 1783, parut VAndromaquc pleurant la mort d'Hector (son tableau de réception), vers la fin de 1783, David avait reçu du directeur des bâtiments du roi la commande d'un tableau représentant le Seinnent des Horaces. Cet ouvrage fut exposé au Salon de 1785. David envoya au Salon suivant (1787), la Mort de Socrate. En 1788, il exécuta les Amours de Paris et d'Hélène (Louvre). Le tableau des Licteurs rapporimit à Bruius les corps de ses fils mit de nouveau en relief son énergie sombre. David prit, dès l'origine, l'intérêt le plus vif à la Révolution. II exposa un dessin à la plume (1789), lavé au bistre, représentant le Serment au Jeu de Paume. Il ébaucha ensuite ce dessin en peinture sur une toile de 10 mètres de largeur sur 6"", 65 de hauteur. Cette ébauche, non terminée , se voit au Louvre. Nommé membre de la Convention, il se si^ala par le républicanisme le plus exalté. Sur sa proposition, la Convention supprima l'Académie de Rome. David vota la mort de Louis XV( Tl i.'.i. gnit les Derniers Mo7nents de Michel Lepellelier{dQ Saint-Fargeau), morceau admirable, mais dont le naissant réalisme mettait David en contradiction avec sadoctrine. Son admiration pour Marat lui inspira son chef-d'œuvre ilans le genre réaliste :

Marnt assassiné dans sa baignoire.

David exerça vraiment, sous la Révolution, la dictature des arts. Il organisa plusieurs fêtes nationales , sur des programmes à la fois antiques et enfantins.

Déjà membre du comité d'instruction publique et du comité de sûreté aénerale, David fut nommé à la présidence de la Convention. Il était complètement dévoué à Robespierre. Arrête après le 9 -Thermidor, il fut rendu à la liberté et obtint de rentrer à la Convention. Dès lors, il s'enferma dans son atelier pour exécuter son tableau des Sabines (Louvre). A cette époque, David commença le portrait de Bonaparte : il ne le termina jamais et n'eut que le temps d'ébaucher la tête, fort ressemblante. Après Marengo, David exécuta le portrait équestre de Bonaparte gravissant le Saijit-Bernard. Devenu empereur, Napoléon nomma David son premier peintre, et lui commanda quatre grands tableaux destinés à la décoration de la salle du Trône : le Couronnement, la Distribution des aigles, l'Intronisation de l'empereur à Notre-Dame et l'Entrée de l'empereur à l'Hôtel de Ville. Les deux premiers ont seuls été peints.

Pendant la première année de la Restauration, David vécut retiré, cherchant à se faire oublier. Il n'hésita pas, pendant les Cent-Jours, à signer les Actes additionnels. A la seconde Restauration, il fut condamné à l'exil. Il se fixa à Bruxelles, où il exécuta : l'Amour quittant Psyché ; Télémaque et Eurharis; la Colère d'Achille; Mars désarmé par Vénus et les Grâces; Apelle peignant Campnspe (non terminé) et divers portraits. David mourut à Bruxelles. Sa famille voulut ramener son corps dans la terre natale; le gouvernement des Bourbons refusa de laisser passer le cercueil à la frontière. Ses restes furent inhumés dans l'église de Sainte-Gudule de Bruxelles. Jamais, peut-être, l'influence d'un maître n'a été plus forte que celle que David exerça, pendant plus de trente ans. sur l'école française. La réaction qu'il a inaugurée contre lartdu xviii* siècle était nécessaire. Le talent de David a doux faces : la face doctrinaire, représentée par les Snbines, la face vivante représentée par le Maral, le Lepeltetier et le Sacre. et d'incomparables portraits. Ce qu'il y eut de plus funeste en David, ce fut son école qui a provoqué la révolution romantique de 1820.

— Un petit-fils de l'artiste, Jacques-Louis-Jdi.es David i;i829-i886), élève de Cogniet et Picot, peintre assez distingué, a publié, en 1880, un imporiant ouvrage sur sou grand-père : le Peintre Louis David, souvenirs et documents inédits, avec une suite d'eaux-fortes d'après ses œuvres. Delécluze, ami et élève de David, a publié sur lui un très intéressant ouvrage : Louis David, son école et so7i temps.

David (Louis), harpiste français, né à Paris vers 1765, Atiaché à la musique particulière de Louis XVI, il a publié un certain nombre de compositions pour son instrument ; entre autres, treize sonates, dont quelques-unes avec violon, des airs variés, etc. On connaît aussi de lui des recueils do romances avec accompagnement de harpe.

Da'VID (Pierre-Laurent-Jean-Baptiste-Etienne), poèto français, né à Falaise en 1772, mort à Paris en 1846. Il fut nommé, sous l'Empire, consul général à Smyrne, où, par sa lermcté, il empêcha 2.000 Grecs d'être massacrés parles Turcs. De retour à Falaise, il y fonda une Académie. On lui doit, entre autres ouvrages, deux poèmes : VAlcrandréide ou la Grèce vengée (1827-1829); la Bataille d'iéna (1808).

David (Charles-Louis-Jules), helléniste et administrateur, fils du peintre Louis David, né et mort à Paris (1783-1854). Il fut nommé, en 1810. sous-préfet de l'arrondissement de Stade (département des Bouches-de-l'Elbe), qu'il administra jusqu'en 1814. En 1815, il accompagna à Brux<dles son père, exilé comme régicide. En 1816, il se rendit on Grèce, où il se maria. Il professa successivement à Chio ()8I6) et à Smvrne (1818-1820). II revint alors (>n France, oii il pul)lia un Parallèle synoptique des langues grecques ancienyie et moderne (1820) et une Méthode pour étudier la langue grecque moderne (1821). De 1831 à 1840, il professa la littérature grecque à la faculté dos lettres do Paris.

David d'Angers.

David d'Angers (Piorro-.Ican), sculpteur français, ne ù. Aiigorscii I7ss, mort ù Paris ou 185G. Klùvo do rKcolo i-ontralo d'AiifJcrrs, il so rendit ù Paris ou 1808, entra dans lutidior do Uolaiid ot obtint lo prix do Romo eu 1811, aveclaMort d' h' /nim mondas. Sos envois do la villa Mùdicis soutconçus dans un siyloôlôgantotcorroct. KontrôilParis, il dtSbuta par la statue de Condé (coup d'honneur do Versailles); lo monument do /ioHchamp, ù.Sainl-Kloront ; celui du général Foy, au Pùro-Lacliaiso. La Jeune (h-ecque aa tombeau de Maixo liotzaris, ù. Athènes, marque le culto du sculpteur pour lo nu, dont il so séparo à regret. Los statues du roi Jii'né, k Aix, do Fénelon, à Cambrai, datent do 1822 et 182:i. A partir de 1S;10, les ouvrages do David se mnUipliont avec une ra pidito prodigieuse. Il exécute dans l'ospaco de dix-huit années près do 10 statues, 75 basreliefs, 120 bustes, 38 statuettes, 30 médaillons de proportions colossalos et 500 portraits modelés dans des médaillons do moyenne grandeur. Nous ne pouvons que rappeler au hasard les statues ^.'Armand Carrel à Saint-Maudé, de Cnvier, de Talma, d\igénéi'al Gobert, de Gouvion-tSaint-Cyr à Paris, {VAmbroise Paré à Laval, de Cheverus à Mayenne, de Biquet à Béziers, de Jean Bart à Dunkerque, etc. ; \c fronton du Panthéon à Paris, les bustes de (Jœthe, de Bentham, do Chateaubriand, de Lamartine, de Victor Huffo, œuvres sagement con(;ues et exécutées avec uno ^^rande intensité de vie. Il fut nommé membre de l'Institut et professeur à l'Ecole des beaux-arts, en 1S26. Mais c'est peut-dtre par ses médaillons que le sculpteur trionjpbera de l'oubli. Ses cinq cents eftigles, modelées en cire sur des pierres d'ardoise et fondues en bronze, constituent le plus curieux musée, où se trouvent réunies les illustrations do la première moitié du xix' siècle : te général Bonaparte, Ney, Daoid (lo peintre), Gros, Gérard, Girodo.t, Carteltier, Itossini, Auber, Paganini, Gustave Planche, Théophile Gautier, Delphine Oay, Alfred de Vigny, Ballanche, Madame Itécamier, etc. Entre temps, David sculptait son Philopœmen, œuvre savante et douloureuse, dans laquelle il revenait aux traditions do l'art pur. La révolution de 184S lança David dans la politique active. Il tit partie de la commission chargée par le gouvernement provisoire des réformes â apporter à l'organisation de l'Académie de France et de l'Ecole des beauxarts, et il fut nommé membre de l'Assemblée constituante. Il parut inquiétant au pouvoir issu du Deux-Décembre et reçut l'ordre do partir pour l'exil. Il se réfugia en Belgique et, après un court séjour à Bruxelles, se mit en route pour la Grèce. Les fatigues de ce voyage, le climat et sans doute aussi les tristesses de l'exil, altérèrent sa santé. Il repartit et alla débarquer à Nice. Ses amis obtinrent sa rentrée en France. Mais il ne tarda pas à mourir.

Doué de pensée à un degré supérieur, David d'Angers est â la fois novateur, psychologue et moraliste. C'est à la lueur d'un esprit sévère qu'il conçoit ses ouvrages, toujours anxieux de l'enseignement élevé qui doit découler de sa sculpture.

— BiQLiOGR. L œuvre de David d'Angers a été lithographie par Eugène Marc, son élève, en 152 planches (Paris, 185G). Ses médaillons ont été photographiés par son lils, RoBKRT David, et édités au nombre de 477, avec une introduction par Edmond About (Paris, 1867). V. David d'Angers, sa vie, son œm^re et ses contemporains, par Henry JÙuin (Paris, 1877), et David d'Angers et ses relations littéraires, par le môme (Paris, 1890); Nouvelles et dernières lettres de David d'Angers, par le même (Paris, 181) i).

David (Giovanni), chanteur italien, fils du ténor italien Giacomo David, né à Naplcs en 1790, mort, croit-on, à Saint-Pétersbourg, vers iSôO. Il a joui, en Italie, d'une renommée éclatante, justiiiéo par un talent réel. Il débuta ù Brcscia eu 1810, se montra ensuite à Venise, puis à la Scala do Milan. Rossini faisait grand cas de son talent, puisqu'il a écrit pour lui à Naplos Otello (1816), liicciardo e Zoraide (1818), Ermione (1819), la Donna del Lagu (1819), et enfin Zc/mim (1822). David so Ht entendre dans les grandes villes do l'Europe. Ayant perdu sa voix, il accepta les fonctions de régisseur à l'Opéra italien do Saint-Pétersbourg.

David (Maxime), peintre miniaturiste français, né à Chàlons-sur-Marno en 1798, mort à Paris en 1870. Il avait d'abord prati([ué la miniature on amateur. Son succès dans cet art lui tit abandonner la magistrature pour aller :ï Paris. Il fut bientôt A la mode. Citons parmi ses meilleurs morceaux les portraits de : la Heine Amélie, lo lioi Louis- Philippe, lo î}uc de Nemours. Y Amiral Hosamel, lo Prince Nap'déon, les trois portraits iX' Abd-el-Kader, etc. Parmi les dernières œuvres qu'il a exposées, figure lo portrait du général Bosquet (I8r»ti), le Miroir, l'Ecrin et la lyre (18G7).

David (Jean-Baptiste), historien et philologue belge, né à Lierre on 1801, niort à Louvain en i8(ïC. Clianoino de Tégliso métropolitaine do Malines et professeur à l'université do liOuvain, il prit uno jiart active au mouvement flamand on Belgique. Ses principaux ouvrages sont : VfJisloirc de saint Mbert, évéquc de Liège (1841) ; Histoire nationale (1842-1855); la Maladie des saluants, poèmo en six chants; la Bible rimée de Van Manrlant (1858); Œuvres mystiques de Van Itusshruc {ISlii); etc.

David (Félicien), compositeur français, né à. Cadenot (Vauclnse)on 18 10, mort à Saînt-Gormain-on-Laye on 187t). Orphelin, lo jouno Félicien fut élevé par une sœur aiiiéo qui lo fit entrer, ù huit ans, comme onfant de chœur, à la maîtrise do l'église Saint-Sauveur, ù. Aix. Plus tard, gagné par los idées roligiouses dos saiut-simonions, David composa dos hymnes, qui furent publiés pour l'usago do la communauté ot qui renfermaient des pages remarquables. Après lo procès dos saint-simonions quelques-uns résolurent do so rendre en Orient pour y pr(>cdier la nouvelle religion. Parmi eux so trouvait Félicien David. Do Paris ils se dirigèrenl sur Constantinoplo, juiis ils se rendirent on Egypte, où David seul retira quel(|ue fruit de son si-jour en ce pays, par lus chants orientaux qu'il recueillit.

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