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DECADENCE

Le Débucher (sonnerie de trompe).

fare particulière que l'on sonne lorsque la bête débuche Se débiichei; v. pr. Etre débuché, être chassé hors du bois, en parlant de bêtes fauves, carnassières ou noires. Debucourt (Philibert-Louis), peintre et graveur français, né à Paris en 1755, mort à Belleville en 1832. 11 se nt connaître par des tableaux de genre : les Bouquets ou la fête de la r/rand'maman. Annette et Lubin. la Cruche cassée, la Promenade au Palais-Hoi/al, le Retour de la chasse, etc. Il fut reçu membre de l'Académie de peinture en 1782 et nommé peintre du roi peu de temps après. Vers 1785, il cessa de peindre pour se livrer à des essais de gravure à la manière noire. Ses gravures les plus estimées en ce genre sont : le Menuet de la mariée, la Noce de village, la Fête du grand-papa et le Cheval effrayé par des lions. Il cultiva aussi l'aqua-tinta, et on possède au cabinet de la Bibliothèque nationale deux grands cartons pleins de ses œuvres ; nous mentionnerons seulement l'Intérieur d'une sacristie, d'après David Lecamus, et une suite d'estampes d'après Carie Vernet.

DebUIRE (Louis), chansonnier français, connu sous le pseudonyme de Du Bue, né à Lille en 1814, mort en 1897. 11 a composé un grand nombre de chansons en patois de Lille. Il a écrit aussi des chansons en français, dont la facture est hardie, correcte et bien soutenue. Ses principaux ouvrages sont : les Lilloises, chansons (1857); Notice historique sur les sociétés chorales de Lille (1858); les Pantins de province, satire (1861); Chansons lilloises (1862); Chansons en français (1862) ; la Seconde Epreuve, comédie (1865) ; Nouveau glossaire lillois, pour faire suite aux Chansons en patois de Lille (1867); Buveurs de bière, chant du Nord (1871) ; Français, gardons le drapeau tricolore (1874) ; ffenri IV et le comte de Chambord, dialogue rimé (1874); Epltre en vers aux vieux Lillois sur le progrès (1876); Boutades humoristiques et philosophiques en vers macaroniques

(1886) ; les Chansons du Nord : les Lilloises, la Cigarière

(1887) ; Elles et yious, scènes familières (1888) ; etc.

Beburau (Jean-Baptiste-Gaspard), mime français, né à Weukolin (Bohème) en 1796, mort eu 1840. Il eut une onlance misérable et, pendant plusieur.s années, tit des tours d acrobatie dans des baraques de saltimbanques, S étant rendu à Pans, il entra au petit théâtre des Funambules, joua la pantomime et révéla bientôt, dans les réles de Pierrots enfarinés, un grand talent do mime. Nodier, Janin, Gautier, George Sand vinrent assistera ses représentations, le proclamèrent . le plus grand artislo du temps », et tout Paris courut aux Funambules, pour voir I illustre Pierrot, à la physionomie spirituelle, traduisant les sentiments les plus divers par un clignement d'yeux, par un pli de la bouche, par un IVouceinent de sourcil, par un geste furiif. Un jour, Deburau fit une chute sur la scène, et il en mourut. Jules Janin a écrit sur lui un livre curieux : Deburau, histoire du théâtre à quatre sous (1881). — Son fils, Ch,vrles Deburau, né à Paris en 1829, mort à Bordeaux en 1873, tenta de le remplacer comme mime dans les rûlos de Pierrot, mais il lut loin de l'égaler. Kii 1855, il quitta les Funambules, essaya sans succès déjouer aux Délassements-Comiques, puis se rendit on province et mourut directeur de l'Alcazar de Bordeaux.

Debure (Guillaume-François), libraire et bibliographe, né à Paris en 1731, mort en 17S2. Il ]>iil,lia : Bibliographie instructtvr uu Traité de la connan.'iance des livres rares et singuliers (1763-1768), ouvrage très estimé. —Son cousin, Guir.i.AOME Debure, né ù Paris en 1734, mort on 1820, rédigea les catalogues de ventes célèbres.

DÉBUSCABLE Iskabl') adj. Qui peut Être débusqué : Ennemi 1U:1HJ.SCAULE.

DÉBUSQUEMENT (.îA-c-maiO "■ m. Action do débusquer, résullal de cette action.

DÉBUSQUER Islté — autre forme de débucher) v. a. Chasser d'un |iuste avantageux : VimusaviiR une armée à coups de cuituu.

— Par oxt. Arracher à une situation, à une condition avantageuse ; supplanter : DÉBiisguKR un favori, n Fig. C;ha.ssor, délogl^r : DÉUUSQnE-(.oa la vanité d'une position '/ Elle s'installe dans une autre. (Balz.)

.- Véner. Faire sortir du bois, du tirrrier eu du gîte : DÉuu.sguER le cerf, un lièvre.

— v. n. Pa.sser d'un endroit dans un autre : DiiiiusyuF.n de l'Océan dans la Méditerranée.

— Véner. Quitter le bois, son gîie, son lerner.

ni.

DÉBUSQUER [ské — du préf. priv. rf.', et de busquer) V. a. Teolin. lliminuer ou supprimer le buscago do : Debds- QUER une jupe.

DÉBUT (bu — subst. verbal de débuter) n. m. Jeux. Au jeu do boule, Action d'écarter du but. n Premier coup, à certains jeux, comme au billard, à la boule, au mail, etc. ; Faire un beau début, ii Etre en beau début, En parlant d'une boule, être bien placée pour le joueur qui cherche à l'écarter du but.

— Par ext. Commencement d'une chose ; Le débdt d'une maladie, d'un discours, ii Entrée dans une carrière : Faire son débet dans les lettres, dans la magistrature. Il Premier ouvrage ; Hernani a été le début de Victor Huqo au théâtre.

— Thôâtr. Premiers essais d'un acteur engagé par l'administration d'un théâtre, et jouant devant le public pour être agrée ou rejeté par lui.

— Anton. Clôture, conclusion, consommation, dénouement, tin, retraite, terme.

DÉBUTANT (tmi), ANTEn. Celui, celle qui débute dans le monde, dans une carrière, particulièrement au théâtre': On applaudit parfois les débutants par jalousie contre les premiers sujets.

— Fam. Homme sans expérience, novice.

DÉBUTER (de la partie, dé, marquant l'éloignement, le

point de départ, et de but) v. u. Jeux. Jouer le premier coup au mail, à la boule, au billard ou à tout autre jeu.

— Par ext. Commencer ; Le poème de Lucrèce débute par une invocation à Vénus. (Acad.) il F'aire ses premiers pas dans une carrière : Débuter au barreau, ii Faire sa première apparition, sa première entrée : Débuter dans le monde, ii Faire paraître son premier ouvrage ; Virgile A DÉBUTÉ comme tes autres finissent. (Boissonade.)

— Théâtr. Faire ses débuts : M"' Mars débuta à la Comédie-Fi-ançaise au commencement de 1773.

— v. a. Jeux. Eloigner du but : Débuter une boule.

Se débuter, v. pr. Etre éloigné , chassé du tut : Boule qui ne SE débute pas facilement.

DEÇA (gr. déica, dix), prélixe qui indique le nombre dix, la multiplication par dix, particulièrement dans les unités du système décimal : Un DEC\lilre vaut dix litres.

DEÇÀ (de de, et çà) prép. De ce côté-ci, par opposition à delà, de ce côté-là : Deçà et delA de la rivière, les habitudes et le langage diffèrent beaucoup. (Acad.)

•^ Loc. adv. Deçà, par deçà, en deçà. En avant d'un objet, d'un point déterminé : Les Gascons vont toujours au DELkde la vérité, les Normands restent toujours en deçà.

— Deçà et delà ou Deçà, delà. D'un côté ' et de l'autre : La navette du tisserand va deçX et delà. (Acad.) Il De côté et d'autre : Aller deçà et delà, sans savoir que devenir. (Acad.) — Fig. D'un objet à un autre : L'esprit se plaît à voltiger deçà et delà. (D'Ablanc.) ll Jambe deçà, jambe delà. Une jambe d'un côté, une jambe de l'autre ; à califourchon.

— Loc. prép. : En deçà de. De ce côté-ci de : En deçà de la rivière, ll Fig. En dehors de, pas jusqu'à : Accoutumes votre fille à se réjouir en deçà du péché. (Fén.)

DÉCABÉLONE n. m. Bot. Genre d'asclépiadacées, tribu des stapéliées, habitant l'Afrique. (Les décabélones sont des plantes grasses à fleurs solitaires ou géminées.)

DÉCABILLOTTER {Il mil., et 0-té) v. a. Mar. Enlever le cabillot qui réunit deux cordages : Décauillotter (a branche de bouline.

OÉCABOCHER (du préf. priv. dé, et de caboche) v. a. Pop. Désabuser; détacher de son opinion, de sa pensée, de ses illusions : Decabocher quelqu un de ses préjugés.

DÉCABRACHISE (de déca, et du gr. brachiôn, bras) adj. En T. de zool., Se dit des céphalopodes ayant sur la tête dix appendices en forme de bras.

DÉCACANTRE (de déca. et du gr. acanlha, épine) adj. En T. de bot.. Qui porte dix épines.

DËCACÉRE (de déca, et du gr. kéras, coroe) adj. En T. de zool.. Qui a dix cornes ou tentacules.

DÉCACHETABLE adj. Qui peut être décacheté : Paquet

DÉCACHETABLE.

DÉCACHETAGE [taj') n. m. Action do décacheter, ii On dit aussi décachètement.

DÉCACHETÉ n. f. Genre d'arbrisseaux, de la famille des synanthéracées, tribu des adénostyléos, qui croît au Mexique.

DÉCACHÈTEMENT n. m. Tecbn. Syn. de décachetage.

DÉCACHETER (double le t devant une syllabe muette : Je décachette. Tu décachetteras) v. a. Rompre le cachet de : Décacheter une lettre, un paquet.

— Fig. Scruter, sonder : Décacheter un diplomate.

Se décacheter, v. pr. Perdre son cachet ; s'ouvrir, on parlant d'un objet cacheté, ll Etre décacheté : Une lettre i/ui ne vous est point adressée ne peut honnêtement se décacheter.

DÉCACHORDE (kord') ou DÉCACORDE [gr. décakhordun ; de déca, dix, et khordê, cordej u. m. Instrument ancien do l'espèce des harpes simples ou trigones, et qui était monté de dix cordes.

— Encycl. On appelait aussi cet instrument • harpe de David ». Au xviil' siècle, Caron, luthier de la reine, à Versailles, construisit une sorte de théorbe à cinq rangs do doubles cordes, au(^uel il donna le nom de décacorde français. En 1828, le guitariste Carulli lit construire une guitare à dix cordes, qu'il appela aussi décacorde.

DÉCACRYLATE U. m. Cliim. Sel dérivant do l'acido dé-

cacrylique.

OÉCACRYLIQUE (lik') adj. Se dit d'un acide gras qui se trouve <lans l'extrait alcoolique du liège.

DÉCADACTYLE {dak' — de déca. dix, et du gr. daktulos, doigta adj. En T. de zoo!.. Qui a dix doigts. (Se dit du test d'un oursin divisé en dix digitatious.)

DÉCADAIRE ((/('r'i adj. Qui se rapporte aux décades du calendrier républicain ; Fêtes décadaires.

DËCADAIREMENT {dé-re-man) adv. A chaque décade.

(Inus.)

OÉCADARQUE {dark' — de déea, et du gr. arkhos, chef) n.m. Hist.gr. Commandant de dix hommes, dans tes armées grecques. II Membre du gouvernement des Dix, à Athènes. Il Décomvir, ù Rome.

DÉCADE (du gr. dékas, ados, dizaine ; de déka, dix) n. f. Aniiq. gr. Nombre de dix objets, n Groupe de dix hommes, dans l'armée grecque : La décade des Grecs répondait à la DÉCURIE des Latins.

— Aritlim. Dizaine. (Vieux.)

— Bibliogr. Sous la Révolution, Nom de quelques journaux qui paraissaient tous les dix jours.

— Clironol. Période de dix jours : Les mois grecs étaient dansés «n trois décades, ii Se dit particulièrement de la période de dix jours adoptée par la République française (1792), pour remplacer la semaine.

— Littér. Groupe de dix vers : Poème composé de décades. Il Réunion de dix livres, de dix chapitres, etc.

— Encycl. Phil. gr. Décade pythagoricienne. Pour les pythagoriciens, le nombre est ce qui rend les choses intelligibles, et les éléments des nombres sont aussi les éléments des choses. Les êtres viennent des nombres, et les nombres sortent de l'unité. Si nous partons de l'unité, le nombre nous paraît infini, car l'unité peut indéfiniment s'ajouter. Deux représente à son tour l'infini comme étant le premier signe (jui se présente à nous de la multiplicité ; c'est une sorte d unité secondaire. Trois est la somme de un et de deux, du premier impair et du premier pair; il ne peut se partager et il exprime la limite (avec trois points on a une figure limitée, le triangle) ; il peut donc être considéré comme une nouvelle unité. De mémo que le premier pair et le premier impair composent la triade, de même les deux premiers impairs, un et trois, composent le quaternaire et le premier carré. Enfin, la somme des quatre premiers nombres forme la décade, qui est la grande et décisive unité de la nature.

Décade de Tite-Live (Discours sur la première), par N. Machiavel. — Cette étude, divisée en trois livres, est une des plus appréciées de l'illustre homme d'Etat italien ; elle a servi de modèle à Montesquieu pour son livre intitulé : Grandeur et Décadence des Ilomains. Le sujet est le même, le talent remarquable des deux côtés. Mais Machiavel l'emporte de beaucoup par la profondeur et la justesse de ses aperçus. C'était un homme d'action et d'un savoir pratique, tandis que Montesquieu était un spéculatif. Pour Machiavel, le récit de Tive-Live qu'il commente n'est qu'un prétexte qui lui sert, soit à étudier les faits et à en tirer des rétte.xions judicieuses, soit à les rapprocher de tel ou tel épisode de l'histoire contemporaine. Il s'arrête sur tout ce qui peut lui fournir un enseignement, une application ou un principe. Les objets de comparaison, tant anciens que modernes, jaillissent pour ainsi dire à chaque instant ; des résultats lumineux en sortent naturellement, et une variété inépuisable d'exemples appuie sans cesse l'évidence des raisonnements et la solidité des maximes. On reconnaît partout un esprit habitué à des méditations profondes et une fermeté d'âme exercée par les orages de la liberté. Ainsi que le constate H. Taine, Machiavel n'a étudié l'histoire romaine qu'en vue d'en tirer des maximes de gouvernement.

Décade philosophique, littéraire et politique

(la), revue qui paraissait trois-fois par mois. Fondée par Ginguené, elle parut du 10 floréal an II au 21 septembre 1807. En l'an XIII, elle prit le titre de Bévue philosophique, et finit par se fondre avec le Mercure. On trouve dans ce recueil, rédigé dans un esprit républicain et philosophique, de très bons articles de Say, Amaury Duval, Andrieux, etc. Décades (les) de Tite-Live. Histoire de Rome depuis sa fondationjusqu'à la mort de Drusus, petit-fils d'Auguste en 743. Trente-cinq livres seulement sur cent quarantedeux sont arrivés jusqu'à nous avec des fragments. Les dix premiers livres renferment les quatre cent soixante premières années de Rome. Du vingt et unième au quarante-cinquième, sont rapportés les événements de 534 à 585, depuis la seconde guerre punique jusqu'à la soumission de la Macédoine. On possède, en outre, les sommaires des différentes parties de l'ouvrage, rédigés par Flores. L'ouvrage parut par séries ; giien-es samuites, guerres puniques, etc. La division par décades est postérieure à Tite-Live. Par l'ampleur des narrations, par l'éloquence des discours, par le coloris des récits de batailles, par la dignité soutenue du stylo et des pensées, surtout par la puissance du sentiment romain qui les anime, les Décades sont le plus magnifique monument qui ait été élevé à la gloire de Rome. Le moment où Tite-Live écrivit était d'ailleurs particulièrement favorable, puisque l'histoire antérieure de Rome trouvait son dénouement naturel et son achèvement dans la pacification du monde et l'unité du pouvoir entre les mains d'Auguste. Tite- Live a puisé à toutes les sources anciennes et aussi beaucoup emprunté à Polybe, le plus sûr des historiens. Son œuvre est donc une sorte de bibliothèque, où l'on retrouve tout co qui avait été écrit sur Rome jusqu'alors. Ou peut justement reprocher à Tite-Live trop de (larti pris romain et des tendances trop oxclusivenicnt aristocratiques, mais sa grande faiblesse est d'ignorer la philosophie do l'histoire. En un mot, il n'explique pas le pourquoi de la puissance romaine. Sa conception de Romain ost fière, mais abstraite, et ses Romains ne sont pas assez hommes. Enfin, Tite-Live manque d'expérience pratique : il raconte les batailles en artiste et les négociations on homme da lettres. Il est orateur et rhéteur plus qu'historien. Beaufort, Niehbur, Machiavel, Montesquieu, ont bien senti co nui manouait à Tite-Live, et leurs ouvrages complotent

I œuvre (le l'admirable écrivain latin.

DÉCADENASSER (iin-si') v. a. Enlever lo cadenas do :

Dix AnENASsKK une parte, une malle.

Se décadenasser, v. pr. Etre decadonassé.

DÉCADENCE (danss — du bas lat. deeadentia, do decadere, déchoir ; rad. cadere, tomber! n. f. Commencemciu do dégradation, de ruine, de destruction ; état de co qui tond à sa ruine : Aller, 7'omlier en décadence.

— Fig. Perte progressive de pouvoir, d'énergie, do prospérité : La décadence d'un empire, de la santé.

— Absol. Décadence des lettres : La décadence est ta faute des lecteurs, autant et plus que celle des écrivains.

II Epoque littéraire qui correspond aux derniers siècles de l'empire romain : Les poètes de la décadence.

— Systènio, théorie, école des décadents.

— Encycl. L'état normal d'un peuple qui progresse est caractérisé par l'union hnrnionieuso et proportionnée d'éléments d'ordre distinct : conditions physiques, éfoiioiniques, intellectuelles et morales. L'un de ces éléments vient-il à manquer, se déveloiipe-t-il au ceniraire d une façon excessive, il y a alors décadence, décadence

DÉCADENT — DECAMÉRON

grossière ou raffinée, mais, en tout cas, adaptation imparfaite d'une nation (ou d'un individu) à son milieu, arrêt dans son progrès, infériorité dans la lutte pour l'existence, obstacle à sa conservation.

Les théories sur les causes de décadence ont été dictées souvent par l'esprit de propagande, par la passion politique, quelquefois par une observation insuffisante de la complexité fuyante des phénomènes sociaux. Pour Bossuet, la décadence d'un peuple lient à l'affaiblissement, chezlui, de la relig;ion ; pour Montesquieu, à la défectuosité des institutions politiques; pour d'autres, à une question de race et de climat ; pour d'autres, enfin, tel que Vico, tout peuple est un être vivant, qui naît, grandit et meurt. Il paraît aussi faux de vouloir assigner une cause unique à la civilisation qu'à la décadence; ni l'une ni l'autre ne se produit au hasard : les influences qui s'exercent dans les deux sens sont infiniment variées et multiples.

— Syn. Décadence, déclin, décours. La dt'cadence est l'état d'une chose qui tombe ou qui, par la rapidité avec laquelle elle descend, semble menacée d'une chute prochaine. Le déclin est simplement l'état d'une chose qui s'abaisse, qui suit une pente, qui s'affaiblit à vue d'ceiJ. Décours est un terme astronomique.

— Décadence, chute, renversement, etc. V. chute.

— Anton. Progrés.

Décadence et chute de Pempire romain, par

Gibbon. — L'idée de raconter la décadence de l'empire romain vint à Gibbon en 1764, à Rome, tandis qu'il rêvait, assis au milieu des ruines du Capitole, en entendant des moines déchaussés chanter vêpres dans l'église de l'Ara Cœli, sur l'emplacement du temple de Jupiter. Le tome I" parut en 1776. En 1787, l'auteur donnait la fin do cet immense ouvrage qui commence aux Antonins et ne se termine qu'au XïV" siècle avec la période tribunitienne et la tentative classique de Rienzi.

Une foule d'études épisodiques sont rattachées à ce sujet déjà si vaste. L'idéal politique de Gibbon est l'empiro romain. Tout ce qui porte atteinte à l'unité et à la puissance de l'empire lui est antipathique ; aussi parle-t-il du christianisme, que, d'ailleurs, il détestait et comprenait mal, avec la plus injuste rigueur. La composition laisse parfois à désirer, dans cet ensemble toufi'u. Le style est souvent plus oratoire qu'historique. Mais l'admiraolo fécondité des vues, l'immense accumulation de faits au milieu desquels l'auteur se joue^ font de son œuvre le plus bel ouvrage historique de l'Angleterre. Le succès en fut éclatant. "Traduit aussitôt en plusieurs langues, il l'a été en français d'abord par Leclercq de Sept-Chênes, qui, dit-on, prêta son nom à Louis XVI au moins pour les quatorze premiers chapitres (1777-1795), puis par M"" Guizot, avec des notes sur le christianisme par Guizot (1828-1829J.

DÉCADENT {datt), ENTE adj. Qui' est en décadence.

DÉCADENTS {dan) n. m. pi. Artistes ou littérateurs qui se complaisent dans les raffinements plus ou moins morbides de la sensibilité et du style, et qui tirent leur gloire de sa n perversion n. — Un décadent.

— Encycl. Ce qui agrée par-dessus tout au décadent, ce sont les produits des civilisations déclinantes, que plusieurs siècles de culture ont corrompues, les œuvres faisandées et viciées, qui présagent la dissolution finale d'une société tombée en décrépitude. Il a en horreur le simple, le naturel, le sain. Il n'aime que le factice et le compliqué. On peut donner le nom de « décadents » â tous ceux qui, do parti pris, font de l'art une virtuosité subtile. Le premier théoricien de la décadence fut Baudelaire. La plupart de nos écrivains, en cette fin de siècle, ont plus ou moins subi la contagion du a décadisme u. Il faut citer, entre autres, les Concourt et Maurice Barrés.

Le mot sert encore à désigner particulièrement une école poétique dont les deux principaux maîtres furent Stéphane Mallarmé et Verlaine. -Cette école a parmi ses représentants quelques mystificateurs et maints «jeunes ■> d'âme naive, mais aussi plusieurs poètes de talent, qui ont réagi, non sans succès, contre la raideur mécanique et la sèche rectitude du Parnasse. On les nomma d'abord décadents, et même, par ironie, on affubla les plus avancés d'entre eux de Tépithète de déliquescents. Le nom de symbolistes, qu'on leur applique maintenant de préférence, convient beaucoup mieux, si vague qu'il soit, à caractériser leur manière. V. symboliste.

DÉCADENTISME (rfan-ïessm') n. m. Qualité de décadent; caractère, manière d'être de ce qui se rapporte aux décadents.

DÉCADÈRE {dèr') adj. Qui se rapporte aux décades du calendrier républicain : Fêtes décadaires.

DÉCADI (de déca, et du !at. dics, jour) n. m. Jour cliômé, qui était le dixième et le dernier jour de la décade, dans le calendrier républicain.

DÉCADISER V. n. Fêter le décadi. (S'est dit pondant la Révolution.)

Se décadiser, y. pr. Pendant la Révolution, S'endimancher.

DÉCADISME n. m. Littér. V. décadent, ot dêcadestisme.

DÉCAÈDRE (de déca, et du gr. édra, face) adj. Géom. Qui a dix faces : Solide décaèdrk.

— n. m. Solide qui a dix faces.

DCCAEN (Charles-Mathieu-Isidore, comte), général français, né à CrcuUy, près do Caon, en 1769, mort à Ermont près do Montmorency on 1832. Engagé en 1787, dans l'artillerie de marine, adjudant-major on 1792, chef de bataillon (1795), et général de brigade à l'armée du Rliin. général de division (1800), il se distingua, de 1804 à 181 1, comme gouverneur général des établissements fran(;ais dans rinde. A son retour, Decaen commanda l'armée do Catalogne. Ayant fait sa soumission au roi, il fut fait chevalier de Saint-Louis et grand cordon do la Légion d'honneur. Au retour do l'île d'Elbe, il renouvela ses protestations de fidélité à la duchesse d'Angoulémo, mais il re^ut ensuite le général Clausel. Après les Cont-Jours, il fut emprisonné pendant quinze mois, puis relâché, mais mis en disponibilité jusqu'à la révolution de Juillet.

DÉCAFIDE fdo (Z^ca, et du lat. /ï««m, fendu) adj. En T. do bot.. Qui est divisé on dix lanières égalant au moins la moitié de la longueur totale de l'orgaati divisé : Calice, Corolle IttCAt'iDH.

DÉGAGÉ (je), ÉE adj. Mis hors do cago : Oiseau dûcaoû.

— Pop. Sorti do prison.

Décagone.

DÉCAGONAL, ALE, AUX adj. Qui Se rapporte au décagone, qui tient du décagone; qui a dix angles : Figure DÉCAGONALE. it Qui a pouT base, UH décagone ; Prisme dé-

CAGONAL.

DÉCAGONE (de déca, %i du gr. gônia, angle) n. m. Géom. Polygone qui a dix angles et, par conséquent, dix côtés : L'n DÉCAGONE régulier est un décagone qui a ses anijlcs éijaux et ses côtés égaux, il Adjectiv. Qui a dix angles : Uji bassin décagone.

— Fortif. Ouvrage composé do dix bastions.

— Encycl. On peut inscrire, avec la règle et le compas, un décagone régulier dans un cercle donné. Soit AB le côté cherché du décagone régulier inscriptible dans le cercle de rayon OA : l'anglo AOB sera de 36"; la somme des angles OAB, OBA sera donc 180" — 360 ou 144"; ces angles étant égaux chacun d'eux vaudra 72". Ainsi les angles OAB, OBA seront doubles de AOB. Si l'on mène la bissectrice BC de l'angle OBA, les triangles OCB, CBA seront visiblement isocèles, c'està-dire que OC, CB et BA seront trois lignes égales.

La bissectrice BC partageant le côté OA du triangle OBA en parties proportionnelles aux côtés adjacents OB, BA, on aura donc AB CA AB R — AB OB'CO^^rT" AB • Ainsi, le côté du décagone régulier est la plus grande partie du rayon divisé en mo\'enne et extrême raison.

On construira ce côté en menant un rayon OD perpendiculaire à OA, décrivant une circonférence sur OD comme diamètre, joignant AO' et rabattant la distance AE en AB.

La construction donne aisément la valeur algébrique du côté ; on trouve :

AB = 5 (/g - 1).

L'apothème du décagone régulier est :

Décagone.

et, par suite, sa surface S

DÉCAGONE n. m. Nom d'un poisson du genre aspidophore.

DÉCAGRAMME (de déca, et gramme) n. m. Métrol. Mesure do poids qui vaut 10 grammes. V. métrique [système).

DÉCAGYNE {Jin' — de déca, et du gr. guné, femelle) adj. En T. de bot.. Qui a dix pistils ou organes femelles : Les fleurs, les plantes décagynes.

DÉCAGYNIE (ji-ni — rad. décngyne) n. f. Bot. Ordre d.i la dixième classe du système do Linné, comprenant les genres dont les fleurs ont dix pistils ou organes femelles.

DÉCAGYNIQUE iji-nik') adj. En T. de bot., Qui appartient à la décagynie.

DÉCAILLER [ka-ill-é — du préf. priv. dé, et de caillé) v. a. Ramener à l'état liquide, en parlant d'un objet caillé ; DÉ- CAILLER du lait.

Se décailler, v. pr. Etre ramené à l'état liquide.

DecaiSNE (Henri), peintre belge, né à Bruxelles en 1799, mort en 1852. Il re^ut à Paris les leçons de Girodet et de Gros. Cet artiste a d'abord exécuté un grand nombre de tableaux d'histoire et de genre, qui se recommandent par la correction du dessin et par la vérité du coloris, plutôt que par l'originalité {Milton aveugle dictant le Paradis perdu tt ses filles ; Adieux d'Anne de Bolen à sa fille Elisabeth, etc.). Mais, une fois ressaisi dans son pays par les influences nationales, il no suivit plus que la voie de ce qu'on peut appeler le romantisme flamand. Sa page capitale, dans ce genre, est la grande toile des Belges illustres (musée de Bruxelles).

DeCAISNE (Joseph), botaniste, frère du précédent, né à Bruxelles en 1807, mort à Paris en 1882. Attaché au Jardin des plantes de Paris en 1824, aide-naturaliste huit ans plus tard, il fut nommé professeur de statistique agricole au Collège do France, eu 1833, et enfin, en 1850, professeur de culture au Muséum. Decaisne a publié un grand nombre de mémoires et d'articles ; en particulier, son Jardin fruitier du Jiluséu7n donne la description de toutes les espèces cultivées dans cet établissement. II était membre de l'Académie des sciences, depuis 1847.

DECAISNÉE (ké-sjié — do Decaisne, bot.) n. f. Arbrisseau à feuilles alternes, à fleurs en grappes terminales, de la famille des berbéridacées, tribu des lardizabalées, originaire de l'Himalaya. Syn. de cnémidie et de I'Res-

COTTlE.

DÉCAISSAGE (/lè-saf) n. m. Action de décaisser des plantes, des arbustes, etc., pour les planter en pleine terre.

DÉCAISSEMENT n. m. Hortic. Syn. do décaissage.

DÉCAISSER [kè-sé) v. a. Comm. Tirer d'une caisse : l'ÉcAissuR des marchandises, n Tirer de la caisse où se niettfiit les valeurs.

~ Hortic. Enlever de sa caisse, en parlant d'une plante, d'un arbuste qu'on veut transplanter en pleine terro.

Se décaisser, v. pr. Etre décaissé.

— Anton. Encaisser.

DÉCALÂBRER v. n. Détacher do la muraille des ardoisières, avec uno barre de fer, les blocs qui n'ont pas une solidité suffisante et menacent do tomber.

DÉCALAGE {laf) n. m. Action de décaler, d'ôtcr les cales qui étaient placées sous un palier, entre les joues d'un coussinet. 11 Enlèvement, au moyen d'une presse hydraulique ou d'un chauffage partiel, d'une roue calée sur

un arbre. 11 Jeu d'un collier d'excentrique ou d'un autre organe calé sur un arbre ou un axe.

DÉCALCAGE ou DÉCALQUAGE n. m. Syn. de di-:calque.

DÉCALCOMANIE {nî — de décalquer, et manie) n. f. Procédé qui permet do transporter sur des matières diverses des images peintes, dont les empreintes restent adhérentes sur ces matières ou objets.

— Encycl. Pour la préparation des dessins destinés à la décalcomanie, on enduit une feuille de papier d'un mélange d'alun, d'alumine et de gomme adragante, puis, sur cette couverture, on dessine, peint ou imprime les figures à transporter. En applifjuant la partie préparée sur 1 objet qui doit retenir le sujet à reproduire, on humecte avec un peu d'eau le papier sur la face opposée au dessin. En linéiques instants, l'image se détache et se fixe sur l'objet, et on enlève le papier.

DÉCALENGÉ [lan-gé], ÉE [du vx mot calenge, demande en justice, accusation, prise de corps] adj. Dr. anc. Qui n'est point accusé ni arrêté. 11 Qui n'est point saisi : Biens

DÈCALENGÉS.

DÉCALÉPIDE n. f. Genre d'arbrisseaux volubiles, de la famille des asclépiadées, tribu des péri])locées, comprenant plusieurs espèces qui croissent dans l'Inde.

DÉCALER (du préf. priv. dé, et do caler) v. a. Oter, enlever les cales de : Dkcaler un meuble, une table. Se décaler, v. pr. Etre, devenir décalé.

DÉCALITRE (de déca. et litre) n. m. Mesure de capacité qui vaut 10 litres. V. métrique {systèjne).

DÉCALOBÉ, ÉE (de déca, et lobe) adj. En T. de bot.. Qui a le limbe partagé en dix lobes ou divisions arrondies.

DÉCALOGUE {logh' — du gr. déka, dix, et logos, discours, parole) n. m. Théol. Code sacré renfermant les dix commandements de Dieu donnés à Moïse sur le Sinaï : Les tables, les préceptes du dkcai.ogue.

— Encycl. V. commandement.

DECALOTTER {lo-té) v. a. Oter la calotte de : Décalotter un enfant de chœur. Il Oter le dessus de : Décalotter un dôme.

Se décalotter, v. pr. Etre décalotté. 11 Oter sa calotte.

DÉCALQUE [kalk' — subst. verbal de décalquer) n. m. Action de décalquer ; opération par laquelle on retrace sur la planche le calque d'un dessin que l'on veut graver. Il On dit aussi décalcage, et décalquage.

— Encycl. Le décalque a pour but de reproduire sur une feuille de papier, sur une toile, sur un panneau, un dessin quelconque. Il suffit d'interposer, entre le dessin original et la feuille, la toile ou le panneau, un papier spécial appelé papier à décalquer, obtenu en imprégnant uno feuille de papier ordinaire d'un mélange de graisse de porc, de plomuagine et do térébenthine. Il ne reste plus qu'à repasser les traits du dessin avec une pointe à tracer. La substance onctueuse dont est recouverte la feuille do papier à décalquer se dépose alors sur la planche destinée à recevoir la reproduction du dessin.

DÉCALQUER (ké — du préf. priv. dé, et do calque) v. a. Reporter le calque d'un dessin sur du papier, sur une toile ou sur un panneau.

DÉCALVANT {van), AMTE [du lat. dccalvare, tondre, rendre chauve] adj. En T. de méd., Qui rend chauve.

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