DECLIN
DECLINER
DÉCLIN (du lat. decUnare, décliner) n. m. Etat de tout ce qui s'approche de son terme : VieiUard à son déclin. Le DÉCLIN au jour, de la vie.
Par est. Etat d'un objet qui dépérit, qui perd de sa
force ou de son éclat : Aussitôt que la superstition est en DÉCLIN, l'autorité est en décadence. [E. de Gir.)
— Astron. Déclin de la lune. Période de décroissenaent du disque, éclairé depuis la pleine jusqu'à la nouvelle lune.
— Horiic. Déclin de la sève. Ralentissement dans lo mouvement de la sève, aux approches de l'hiver.
— Syn. Déclin, décadence, déclinement, décours. V. décadence, et DKCLÎNEMENT.
— Anton. Croissance, progrès.
DÉCLIN (pour décline, autre forme de déclic) n. m. Armur. anc. Ressort qui fait abattre le chien sur le bassinet ou sur la capsule, dans les armes à feu. (Vieux).
DÉCLINABIUTÉ n. f. Qualité d'un mot déclinable : La DÉcLiNABiLiTÉ dcs noms.
DÉCLINABLE adj. Qui se décline, qui peut être décliné : Les mots DECLINABLES sont : le jwm, l adjectif et le pronom, H Qui varie pour s'accorder avec un autre mot.
— Anton. Indéclinable.
DÉCLINAISON <nê-zon — rad. décliner) n. f. Astron. Distance d'un astre ou d'un point quelconque du ciel à l'équateur, mesurée par un arc de grand cercle perpendiculaire à l'équateur. il Déclinaison boréale ou négative, Celle qui marque la distance à l'équateur d'un astre, d'un point situé dans l'hémisphère boréal, w Déclinaison australe ou positive. Celle qui marque la distance à l'équateur d'un astre ou d'un point situé dans l'hémisphère austral, ii DécUijaisoii paparente. Celle qui mesure la distance du lieu apparent d'un astre à l'équateur. n Déclinaison réelle. Celle qui mesure la distance du lieu réel d'un astre à l'équateur. il Cercles de déclinaison. V. la partie encycl.
— Electr. Déclinaison magnétique. V. la partie encycl.
— Gnomon. Déclinaison d'un cadran vertical, Angle du plan du cadran avec celui du méridien.
— Gramm. Modification désinentielle des thèmes nominaux suivant les genres, les nombres ou les cas. n Chacune des classes de mots qui se déclinent de la même manière ; La première, la deuxième déclinaison, il Déclinaison parisyllabique, Celle où la désinence s'ajoute au thème sans le modifier, il Déclinaison imparisyllabique. Celle où l'adjonction do la désinence modifie le thème.
— Philos. Déclinaison des atomes, Mouvement oblique des atomes qui, d'après Epicure, leur permet de se rencontrer et de s'agréger pour former des corps.
— Phvsiq. D'eclinaison de l'aiguille aimantée. Angle formé par le méridien magnétique et le méridien astronomique. II Boussole de déclinaison. Boussole qui sert à évaluer cet angle.
— Enctcl. Gramm. Dans les langues à flexion la déclinaison distinguo toujours le cas, et, le plus souvent, le genre et le nombre. On sait que quelques-unes de ces langues possèdent trois genres : le masculin, le féminin et le neutre; et trois nombres : le singulier, le duel et le pluriel. Quant aux cas, leur nombre varie suivant les idiomes.
Le sanscrit, que l'on considère comme le type des langues indo-européennes, présente dans sa déclinaison les trois genres, les trois nombres et huit cas, y compris le vocatif. Le duel n'a que trois cas.
La grammaire sanscrite otï're deux déclinaisons : 1" celle des thèmes terminés par une voyelle ; 2" celle des thèmes terminés par une consonne.
Le grec a trois déclinaisons pour les noms ; il a les trois genres, les trois nombres et ne possède que cinq cas. Il a un article, qui se décline en même temps que le nom. La langue latine n'a que deux nombres, mais elle a les trois genres; elle compte cinq déclinaisons, et elle possède un cas de plus que le grec (l'ablatif). La déclinaison allemande présente les mêmes cas que la déclinaison latine, moins, toutefois, le vocatif et l'ablatif; mais, de plus qu'en latin, l'article y accompagne le substantif et se décline comme lui. L'allemand a aussi les trois genres et deux nombres. La déclinaison tend à disparaître de nos idiomes modernes. Elle n'existe plus en français, en italien et en espagnol, langues dans lesquelles les rapports des noms, au lieu d'être marqués par des désinences, sont exprimés par des
Prépositions et des adverbes. 11 importe, néanmoins, de ire un mot sur les vestiges de la déclinaison, que l'on rencontre dans le français du moyen âge et même dans le français moderne.
La langue d'oil posséda, dès sa naissance, une déclinaison parfaitement régulière, à deux cas : cas sujet jnurs [muras], cas régime mur {murum) qui représentait l'accusatif et les autres cas obliques (génitif, datif, ablatif) du latin. Cette déclinaison à deux cas disparut au xiv» siècle, laissant dans la langue moderne maints débris qui nous apparaissent comme autant d'expressions anomales, mais qui trouvent dans l'ancienne langue leur raison historique. Cette déclinaison a trois paradigmes, correspondant aux trois premières déclinaisons latines :
EmODLIER
Kéitime. . H'>sam \ '^°*^-
2» Sujet. . . . Murus — murs.
Régime. . Murum — mur,
3» Sujet. . . . Patior — pâtre.
Régime. . Pattorem — pasteur.
Mûri ~~ mur.
Muros — murs.
PaaloTCS — pasteurs.
Pastores — pasteurs.
On disait au sujet : la rose est belle, li murs est haut, li pâtre est venu; au régime : j'ai vu la rose, le mur, le pasteur {H est le nominattt singulier do l'aniclo, et le l'accusatif).
Cette déclinaison française reposait sur les lois naturelles de la dérivation. Klle formait un état intermédiaire entre le latin, qui est synthétique, et le français moderne, qui est analytique ; mais co système était encore trop compliqué pour les esprits du xiii' siècle, et l'analogie ht réduire à une seule ces trois déclinaisons françaises. On prit comme type la deuxième déclinaison, et on appliqua aux doux autres les règles de celle-ci. Or la caractéristique de cette déclinaison était un s au cas sujet du singulier : mur* (muru4). On dit alors : li pastrea comme on disait li murs. Désormais, on effet, notre déclinaison reposait sur un fait purement artificiel et arbitraire : l'adjonction d'an », au lieu de reposer, comme auparavant, sur les lois naturelles do la dérivation. Ramonée à un tvpc unique au XIII' siècle, constamment violée à la même époque par les lettrés, la déclinaison française disparaît au xiv" siècle, et la distinction d'un cas sujet et d'un cas régime est abandoimée. Le cas régime étant ordinairement plus allongé ot
plus consistant que le sujet, ce fut lui qui l'emporta lorsque cessa la distinction dos cas. Cette adoption du cas régime eut une conséquence curieuse pour la formation des nombres : l's du cas régime [muros) devint, pour la langue française, la marque du pluriel, et l'absence de Vs la marque du singulier. Si l'on avait adopté le cas sujet comme type, 1*5, qui est aujourd'hui la marque du pluriel, fût dovenu la marque du singulier. .
La déclinaison à deux cas étant le caractère distinctif de l'ancien français, cette perte des cas est ce qui a le plus rapidement vieilli la langue antérieure au xiv« siècle et établi entre les deux ères de notre idiome, le vieux franrais et le français moderne, une démarcation profonde. Il resta, cependant, quelques vestiges importants de l'ancienne déclinaison française. Ainsi, il nous est demeure quelques débris du cas sujet dans : fils (fihus),/'onrfsffundus), lacs (laqueus), legs (legatus), lez (iatus), puits (putcus), sœur (soror), aiitecessor (ancêtre), traditor (traître). Dans beaucoup d'autres mots, les deux formes, sujet et régime, ont subsisté parallèlement ; mais, au lieu de rester les deux cas d'un même mot, elles devinrent des mots différents ; tels sont : chantre (cantor), chanteur (cantorem), pâtre (pastor), pasteur (pastorem), siVe (senior), seigneur (seniorem), etc.
— Astron. On appelle cercle de déclinaison ou méridien d'un astre le grand cercle qui passe par cet astre et par les pôles de la sphère céleste, et simplement déclinaison, la distance de l'astre à l'équateur céleste, comptée sur le cercle de déclinaison. La déclinaison se compte de 0" à 90° à partir de l'équateur : elle est positive pour l'hémisphère nord, négative pour l'hémisphère sud. La déclinaison et l'ascension droite sont les deux coordonnées au moyen desquelles on détermine et on reconnaît la position d'un astre dans le ciel. Tous les points situés sur un même parallèle de la sphère céleste ont même déclinaison.
Pour obtenir la déclinaison d'un astre, on se sert de l'équatorial, si l'astre n'est pas dans le plan du méridien ; mais, comme on peut presque toujours attendre qu'il passe dans ce plan, on se borne à évaluer sa distance angulaire au pôle au moyen du cercle mural. La distance du pôle à l'équateur est de 90» ; si la distance polaire de l'astre considéré est égale à H, et moindre que 90", la déclinaison est évidemment boréale et égale à 90» — H. Si, au contraire, la distance polaire de l'astre est supérieure à 90". la décHnaison est australe et égale à péclinaison :
H — on» Ain-îi la recherche de la ^^ ' hgne despotes ;EE'. V- ~ • ' -^'P.^'' ^^ recnercne UL la ^ ^eur; PMP'. cercle déclinaison d un astre est ramenée de déclinaison; AM.déclià celle de sa distance au polo vi- naison de l'astre M. sible pour l'observateur. Au reste,
dans le calcul de la déclinaison, on doit avoir égard à la réfraction, à l'aberration, à la nutation et, de plus, à la parallaxe, s'il s'agit du soleil ou de quelques planètes.
— Magnét. On a longtemps cru que l'axe d une aiguille aimantée, librement suspendue, coïncidait avec le méridien géographique du lieu occupé par l'aiguille. Cependant, quelques navigateurs du xv* siècle, notamment S. Cabot et Christophe Colomb, reconnurent nettement que l'axe de l'aiguille et le méridien du lieu forment un angle ; et c'est à cet angle qu'on a donné le nom de déclinaison magnétique, ou simplement déclinaison. Alors, le plan vertical
Déclinaison : lignes dVsale déclinaison au lorjanvier J896. (Ann. du But. des long. [1899]. )i
qui passe par les pôles de l'aiguille s'appelle méridien magnétique. On peut donc encore dire que la déclinaison est l'angle que le méridien magnétique fait avec le méridien géographique.
La déclinaison magnétique se mesure à l'aide des boussoles de déclinaison. (V. boussole.) Les lignes joignant les points do la terre ayant la même déclinaison magnétique sont appelées lignes isogones. Elles ont été figurées pour la première fois sur des cartes dressées par Barlow et Duporrey, vers 1825. Les lignes isogones aboutissent à deux points que l'on appelle pôles magnétiques ; en ces points, l'inclinaison est de 90*>. Parmi les lignes isogones, il en existe une de déclinaison nulle : elle traverse lo Brésil dans sa partie orientale, puis l'Amérique du Nord et coupe l'ancien continent du cap Nord au golfe Persique ; cotte ligne passait par Paris en 16G3. Elle divise le globe en deux parties : dans l'une la déclinaison est occidentale; dans l'autre elle est orientale. Toutes ces lignes isogones sont essentiellement variables. D'ailleurs, Ta déclinaison présente encore des variations, tantôt périodiques, tantôt irrégulières. Les variations régulières sont diurnes, anyxueïlea et séculaires. Les variations séculaires sont les moyennes des variations annuelles, et celles-ci les moyennes dos variations diurnes.
Variations diurnes de la déclinaison, découvertes par
Graham en 1722. Ces variations, qui sont très faibles, ne peuvent s'observer que sur de longues aiguilles, et avec des instruments très sensibles.
Variations ajviuelles de la déclinaison, découvertes en 1786, par Cassini. De l'équinoxe du printemps au solstice d'été, c'est-à-dire pendant les mois d'avril, do mai. de juin et de juillet, l'extrémité nord de l'aiguille aimantée marche vers l'est ; pendant le reste de l'année, elle marche vers l'ouest. L'amplitude ne dépasse pas 15' à 18'.
.Voici les lois énoncées par le P. Secchi (t. XLIV des « .\nnales de chimie et de physique n, 3* série), auxquelles paraissent soumises les variations de la déclinaison :
l" Les variations diurnes de la déclinaison sont, en chaque lieu, en rapport avec la position du soleil ; 2° le pôle de l'aiguille qui est tourné du côté du parallèle que décrit le soleil fait chaque jour une double excursion : quatre à cinq heures avant midi, ce pôle occupe sa position extrême vers l'ouest ; de là, il marche vers l'est avec une vitesse croissante, qui atteint son maximum à peu près au momenoù le soleil traverse le méridien magnétique. Il retourne alors vers l'ouest pendant une heure ou doux, s'arrête, et revient à l'est jusqu'au coucher du soleil ; 3" pendant la nuit, quand lo soleil passe au méridien inférieur, la même oscillation se répète, mais beaucoup moins prononcée ; ■i*» les heures correspondant aux amplitudes limites avancent généralement en été et retardent en hiver ; .S» les amplitudes sont à peu près proportionnelles aux arcs parcourus par le soleil. En dehors de ses variations régulières et prévues, l'aiguille de déclinaison subit fréquemment des déviations accidentelles, dont certaines se lient évidemment à des phénomènes d'aurores boréales, de tremblements de terre et d'éruptions volcaniques. Dans tous les cas, l'amplitude de la variation est moindre que 1°, et l'aiguille revient spontanément à sa position quand cesse la cause qui l'a agitée.
— BiBLiOGB. : Annuaii'e de l'observatoire de Montsouris. (Tableau des variations annuelles [18831.)
DÉCLINANT {nan), ANTE adj. Qui décline, qui s'affaiblit : Jly a trois sortes d'époques : les époques ascendantes, les époques d'apogée, les époques déclinantiîS. (Ch. Dolffus.) Il Incliné, en parlant d'un terrain. (Vieux.)
— Gnomon. Cadran déclinant. Cadran qui ne regarde point directement un des points cardinaux, ou dont le plan coupe obliquement le plan du méridien, i) Plan déclinant, Tout plan, vertical ou non, qui fait un angle avec le premier plan vertical ou méridien.
DÉCLINATEUR (rad. décliner) n. m. Gnomon. Instrument de gnomonique, par le moyen dunuel on détermine la déclinaison, l'inclinaison et même la réclinaison du plan d'un cadran.
— Géod. Syn. de déclinatoire.
DÉCLINATIF, IVE adj. Qui se décline, qui appartient à la partie ûéclinable des mots : Les syllabes déclinatives.
DÉCLINATION (si-on — lat. déclinât io ; de declinare, décliner) n. f. Pente. (Vieux.)
— Fig. Déclin, décadence, il Détour.
DÉGLINATOIRE (/o-ar') adj. Procéd. Qui a pour but de
décliner une juridiction ; Exceptions déclinatoires.
-- d. m. Contestation sur la compétence d'un tribunal. Il Par ext. Détour pris pour éviter quelque chose : Des gens féconds en déclinatoibes.
— Géod. Boussole de forme particulière, dont on se sert pour orienter les pians.
— Encycl. Procéd. On entend spécialement par rf(fc/rna- (oi're l'acte par lequel l'autorité administrative conteste la compétence des tribunaux ordinaires. Il est le préliminaire du conflit, et tend à assurer l'observation du principe et la séparation des pouvoirs. (V. conflit.) C'est au préfet qu'il appartient d'introduire le déclinatoire, en envoyant au procureur de la République un mémoire que ce magistrat doit communiquer au tribunal de son siège. Le ministère public conserve, d'ailleurs, toute liberté pour conclure soit pour, soit contre la compétence du tribunal. Aucun délai n'est imposé aux juges pour statuer sur la question soulevée. Dans la pratique, ils prennent d'urgence leur décision. Le procureur de la République a cinq jours pour envover au préfet l'expédition du jugement et ses propres conclusions. Si le déclinatoire est rejeté, dans la quinzaine de cet envoi pour tout délai, le préfet du département, s'il estime qu'il y ait lieu, peut élever le conflit (ordonn. du 1" juin 1828).
— Géod. Le déclinatoire est un instrument qui sert à orienter un angle ou un plan et à déterminer l'inclinaison ou la déclinaison des plans sur lesquels on veut tracer des cadrans solaires; il se compose d'une aiguilleaimantée placée dans une boîte rectangulaire un peu longue, dont les grands côtés, parallèles à la direction 00 du
limbe, servent de règles pour DécUnatoire (géod.).
tracer l'orientation de 1 angle
ou du plan. A chaque extrémité de la boîte se trouve un limbe qui porte la même division de 0° à 35^ à droite et à gauche du diamètre 00.
Le déclinatoire est placé sur une planchette en station, de façon qu'on puisse lui donner une position parallèle à celle qu'il occupait à la station précédente. Pour tracer la direction du méridien magnétique, on fait tourner le déclinatoire jusqu'à ce que l'aiguille vienne coïncider avec lo diamètre 00 du limbe; on trace alors une droite avec l'un des grands côtés de la boîte comme règle, et cette ligne est la direction cherchée; en une autre station, on placera le déclinatoire contre la ligne tracée et on fera tourner la planchette jusqu'à ce que l'aiguille reprenne la direction 00; la planchette est alors orientée. Le déclinatoire joint à la planchette permet d'opérer plus vite ; d'autre part, les erreurs commises ne se transmettent pas do prociie en proche, comme avec la planchette seule; car, dans ce dernier cas, on est forcé de se décliner en s'appuyant sur les tracés obtenus précédemment.
DÉCLINEMENT (man) n. m. Action de décliner.
— Syn. Déclin, déclinement. Déclin exprime la décadence; déclinement, l'acheminement vers la décadence.
DÉCLINER (du lat. declinare, même sens) v. n. S'écarter, dans un sens ou dans un autre, d'un point fixe, d'une direction déterminée : Plusieurs causes peuvent faire décm- NEK vers le sud ou vers l'est un courant d'air. (Raynal.)
11 Ponchor, ôtro incliné : D'un côté, la Savoie dkct.ine d'une Simule pente rtijiuie sur les l'iches plaines du Piémont, vers Turin. (Lamari.) ii Tondre vers sa lin, vers lo but do sa course, ôtre sur son dôclin : Vieillard qui déclink. Le jour
DKCLINK.
— Fig. S'alTaiblir : Les foixes déclinent avec l'âge. Il So transfonnor, dt^<<6nôror ; Economie (^ui déclink en aimrice.
— Astron. S'approcher do l'horizon, après avoir dApassô lo méridien, ou parlant dos astres, il S'éloigner do i'équatour, avoir sa déclinaison au nord ou au suii de ré((uateur : Le soleil décline, entre les tropiques, tantôt au nord, tantôt an sud.
— Géod. Décliner la planchette. Disposer la planchotto de telle fai;on que les lignes tracées sur le i)apior soient parallèles aux projections liorizontalos dos lignes correspondantes du terrain, il Décliner la planchette sur une direction, La disposer de telle fa(.*on que la ligne do la minute correspondant à la direction soit parallèle ùcotto direction.
— Physiq. S'écarter du nord vrai, ou parlant de l'aiguille aimantée : La boussole décline de quelques degrés variables vers l'ouest.
— V. a. Enoncer tous les cas de : Décliner un «u6fi(art(i/ latin.
— Par ext. Décliner son nom, sa qualité. Dire son nom, faire connaître qui l'on est.
— Dr. Refuser d'admettre, de reconnaître ; repousser: DÉCLINER wie juridiction, la compétence d'un tribunal. Il Se dit aussi dans le langage ordinaire : Dkclinicr toute responsabilité. Il Décliner toute compétence, So déclarer iucoml>étent, incapable.
— Gramra. Faire varier dans sa désinence, pour marquer l'accord avec un autre mot, un nom, un prouom, un adjectif.
Décliné, ée part. pass. du v. Décliner.
— Hist. nat. Se dit, par opposition à ascc7idant, des organes qui se dirigent en bas et en dehors, et particulièrement dos étamines et des pistils, comme dans la capucine, la fraxinelle, le marronnier d'Inde, etc. : Organes DKCLiNKS. Fleurs DÉCLINÉES. Nageoircs déclinées.
Se décliner, v. pr. Etre décliné ou déclinable, en parlant d'un mot. Il Etre repoussé, évité, refusé : Charge qui ne
peut SE DÉCLINER.
— Anton. Monter, progresser, se relever. DÉCLXNOMÉTRE (de déclinaison, et mètre) n. m. Phys.
Boussulo destinée à la mesure de la déclinaison magnétique.
— Encycl. Le déclinomètre, imaginé par Gauss pour la mesure de la déclinaison absolue, se compose d'un aimant suspendu, sans torsion et dans des conditions exceptionnelles de sensibilité. Au moyen d'une lunette, on observe la projection d'une échelle dans un miroir qui est disposé perpendiculairement à l'aimant. On procède ensuite à dos opérations de moyennes pour obtenir la direction vraie de l'aimant, qui n'est jamais en repos.
DÉCLINQUER {ké — du préf. priv. dé, et de clin) v. a. Mar. Dépouiller de son bordage, en parlant d'une embarcation à clin : Déclinquer uu canot. Syn. de disloquer.
Déclinqué, ée part. pass. du v. Déclinquer.
— Pop. Dont les membres sont comme disloqués : Cheval déclinqué.
DÉCLIQUER {ké — du préf. priv. dé, et du rad. de cliquet) v. a. Mécan. Faire partir subitement lo déclic soutenant un mouton pour le battage des pieux.
— Artiil. Au moyen âge. Faire jouer une machine de guerre, en agissant sur le déclic dont elle était pourvue.
Il Après l'invention de l'artillerie à poudre. Décharger un canon : Ceux du (>"esnoï/ décliquèrent canons et bombardes, qui jetaient grands carreaux. (Froissart.)
DÉCLIQUETAGE {ke-taj) n. m. Mécan. Action do décliqueter : Une roue à rochet est le type des organes de dkcli-
QUETAGE.
DÉCUQUETER {ke-té — du préf. priv. dé, et de cliquet) V. a. Dégager lo cliquet d'une montre, d'une pendule, des dents do la roue appelée rocket.
— Anton. Encliqueter.
DÉCLIQUETIS (ti — rad. décliqueter) n. m. Mécanisme au moyen duquel on interrompt à volonté la solidarité existant entre deux organes. Syn. de déclic.
DÉCLIVE (lat. decUds, môme sens) adj. Qui va en pente, incliné : La partie déclive d'une toiture.
— n. f. Tecbn. Ponte, inclinaison : Des chaussées en déclive.
— Clur. Partie basse d'une plaie ou d'un foyer purulent. DÉCLIVER (rad. déclive) V. n. Etre incliné; s'incliner. DÉCLIVITÉ (du lat. declivis, incltné) n. f. Inclinaison,
état d'un objet incliné, penché : La déclivité d'un terrain.
— Par ext. Terrain incliné : Grimper les déclivités abruptes d'une montagne. (Th. Gaut.)
— Encycl. Trav. publ. et ch. de f. On appelle déclivité l'inclinaison que lo profil en long dune route, d'une ligne de chemin do for, présente dans uu sons ou dans l'antre. Lorsque la déclivité permet de gagner un point plus élevé
3ue celui marquant l'origine du départ, ello prend lo nom e rampe. Si, au contraire, elle so dirige en sens inverse, c'est-à-dire d'un point élevé vers un autre point situé en contre-bas du premier, on l'appelle pente.
On calcule le maximum do déclivité à donner à une route, pour la rendre carrossable, au moyen do la formule algébrique : P = ~ ; quand il s'agit d'une rampe,
P représente lo poids que l'on peut traîner sur un palier, c'ost-à-diro un espace Horizontal; Iv est le coeniciont do frottement; x est la déclivité que l'on doi.t donner à la route pour traîner lo poids P. Il est facile de déterminer cette inconnue. S'il s'agit do calculer la ponte à donner ù
K 4-x la route, la formule ci-dessus devient : P = "T .
K S'il s'agit d'un chemin de for, la formule pratique pour la détermination de la déclivité (rampe) à. donner à la voie
ost :— = ^^— r'. Dans cotte formule, -j- représente la
déclivité à donner à, la voie ; c, lo travail disponible dans l'unité de temps; P, lo poids do la locomotivii ; V, la vîtosso uniforme que doit posséder lo train sur la déclivité, et onfln, r', lo coefflciont do résistance qui correspondu cotte vitesse.
DÉCLOCHER (du préf. priv. dé, et do cloche) v. a. Enlever les cloches q-ii couvraient et abritaient dos plantes ; DÈ- OLocMER des melons.
DÉCLINOMÈTRE — DÉCOLLEMENT
DÉCLOÎTRCR (du préf. priv. rf(?, otde cloître) v. a. Retirer du <loitro : La Jtévulution décloîtra les religieuses.
Se décioîtrer, v. pr. Sortir du cloître, renoncer à la vio religieuse.
DÉCLORE (du préf. priv. dé, et do clore. — So conjugue comme clore, et est usité aux mômes temps) v. a. Oter la clôture do : Déclore un chantier, un parc.
— Par oxt. Ouvrir : Fleur qui déclôt son calice.
— Pôch. Déclore une bnurdiguc, Oter les roseaux qui huui'liaiont l'entréo dos filets.
— - .\nton. Clore.
DÉCLÔTURE n. f. Action do décloro : La déclôtdre d'un jtirdin. il Clôture ouverte, brisée.
— Anton. Clôture.
DÉCLOUER (du préf. priv. dé, et do clou) v. a. Retirer, désemparer les clous de : Déclouer une planche, une tapisserie, une serrure,
— Pop. Dégager du mont-de-piété : Déclouer son matelas. II Rendre la liberté à quelqu'un.
Se déclouer, v. pr. Etre décloué, ii Se désemparer, so disjoindre, en parlant d'un objet assemblé avec des clous : Malle qui s'est oÉCLonÉE.
— Anton. Clouer.
DÉCOAGULATION {si-on) n. f. Action de dôcoagulor ou de se décoagulor; résultat do cette action : Un peu moins, un peu plus de chaleur produisent la coagulation ou la dêcoagulation des substances oléagineuses.
— Anton. Coagulation.
DÉCOAGULER {du préf. priv. dé, et de coaguler) v. a. Ramener à l'état liquide, en parlant d'un corps coagulé.
Se décoaguler, v. pr. Revenir à l'état liquide, en parlant d'un corps coagulé.
— Anton. Coaguler.
DÉCOCHEMENT (ma») n. m. Action de décocher : Le DKCocHEMENT d'u7ie (lèche. 11 Fig. Emission malicieuse : Le DÉCOCHEMENT d'un trait satirique.
DÉCOCHER (du préf. priv. dé, et de coche, entaille) v. a. Tissag. Gradation suivant laquelle la levée successive des fils de chaîne s'opère alternativement â droite et à gauche pour chaque insertion de duite, dans le but de produire exactement les contours du dessin, n On donne le môme nom aux petits gradins qui déterminent ces contours sur la mise eu carte.
— Arqueb. Lancer avec uu arc ou un appareil analogue : Décocher une flèche. H Fig. Lancer, émettre, dire, avec quelque intention maligne ou sournoise ; Décocher des épigrammes. Décocher une œillade, un sourire. Il Fig. fam. Décocher un compliment. Lancer un compliment à l'improviste, d'une façon inattendue ou hors de propos.
— V. n. Fauconn. Fondre comme un trait sur le gibier, en parlant de l'oiseau de proie.
Se décocher, v. pr. Etre décoché, ii Lancer l'un contre l'autre.
DecOCK (Nicolas-Joseph), ecclésiastique belge, né à Tubise (Brabant) en 1800, mort en 1851. Nommé curé primaire de Houtain, il fut, en 1830, élu par le district do Nivelles membre suppléant du congrès national. Lors de la création do l'université catholique, en 1835, Decock y devint professeur de philosophie et vice-recteur; mais, en 1848, l'autorité ecclésiastique le retira de l'université catholique et lui confia l'administration du doyenné de Wawre. Parmi les divers ouvrages qu'il a publiés, tant on latin qu'en français, figure un Jraité de philosophie morale très estimé.
DÉCOCONNAGE {ko-naj') n. m. Action de décoconner.
DÉCOCONNER {ko-né — du préf. priv. dé, et de cocoji) V. n. Détacher les cocons des bruyères ou autres objets sur lesquels le ver à soie les avait filés : Il faut savoir DÉCOCONNER en temps utile.
Se décoconner, v. pr. Etre décoconné.
DÉCOCTÉ (du lat. decoetus, cuit) n. m. Pharm. Produit d'une décoction,
— Encycl. Les décodés ont perdu beaucoup do leur importance en pharmacie depuis les progrès delà chimie, qui permettent do préparer dos produits mieux définis. Citons pour mémoire le célèbre décodé blanc de SydeJiham, appelé aussi apozème de mie de pain composé, apozème blanc, hydrulé de gonvjie et de cortie de cerf calcinée, qui figure au Codex, et le décocté d'écorces de racines de grenadier (60 gr. pour un demi-litre de décocté réduit), employé comme ténifuge.
DÉCOCTION {ksi-on — lat. decoctio; do decoouere, supin deroctum, faire cuire) n. f. Action de faire bouillir une sul)stance dans un liquide : Une tisane préparée par décoction, n Liquide obtenu par cette opération : i/we décoction de pavot. (Dans ce dernier sens, on dit aussi décocté,
DÉCOCTUM.)
— Encycl. La décoction consiste à soumettre les corps, pendant un certain temps, à l'action d'un liquide bouillant. Elle s'opère, par conséquent, à dos températures variables avec la nature du liquide: à 1 00" avec l'eau, à 78° avec l'alcool, à 3G'> avec l'éthor, etc. Ello a pour objet do dissoudre les substances insolubles à froid et qui no so dissolvent ou ne s'hydratent que par un contact prolongé avec le liquide bouillant, et no sont pas altérées par la chaleur (mucilages, gélatine). Si ces substances sont volatiles, la décoction doit être opérée en vase clos. La décoction s'emploie quand lo principe utile no peut être extrait ni par macération, ni par simple infusion. En vase clos, elle devient le prélude de la distillation.
DÉCOCTUM n. m. Pharm. V, décoction.
DÉCOGNOIR {gno-ar' [gn mil.]) n. m.
Typogr. Coin do buis, qui sert ù. serrer ot ù"dessorrer les formes.
— Pop. Nez.
DÉCOIFFEMENT (ko-a-fe-man) n. m.
Action do décoirtor.
DÉCOIFFER [ko-a-fé — du nréf. pHv.
dé, ot do coiffci) v. a. Oter ou défaire la coiffure do : DbcoiKEEU une mariée, il Déranger la coilfuro do : /''cmmeque le vent a diîcoipfék.
— Par anal. Enlever ce qui surmonte, ce qui est appelé coiffe : DiîcoM-FKU une fusée, il Oior l'onvoloppo oui entoure un bouohon ; déboucher : Décoiffer une bouteille.
Dâcognolr : i. En bolB ; a. En for.
— Fig. Débarrasser d'une idée fixe ou d'une passion.
— Mar. Décoiffer un navire, Le faire tourner do manière à mettre lo vont dans les voiles.
Se décoiffer, V. pr. Otor, défaire ou déranger sa coiffure. il Oter ou déranger la coiffure l'un de l'autre.
pÉCOINCEMENT {kou-in-se-man) n. m. Action do décoincer ou de so décoincer; résultat do cotte action : Le décoincement des rails.
DÉCOINCER {kûu-in-sé — du préf. priv. dé, et do coin. Lo c prend une cédille devant a et o : ^e décoinçai. Nous décoinçâmes) v. a. Enlever les coins de : Décoincer des rails, une pièce calée.
Se décoincer, v. pr. Etre, ou devenir décoincé, perdre ses coins.
DÉCOLÉRER (du préf. priv. dé, et de colère. — Prend un accent grave sur l'avant-dernier e devant une syllabe muette : Il décolère; excepté au fut. de l'ind. et au condit. prés., où l'on dit : Je décolérerai. Tu décolérerais) v. n. Calmer sa propre colère, cesser d'être en colère : Il y a des gens qui ne décolèrent pas.
DÉCOLLAGE {ko-laf) n. m. Action do décoller; résultat de cette action : Le décollage des papiers de tenture provient presque toujours de l'humidité.
DÉCOLLATION {ko-la-si) n. f. Action de trancher le cou : La décollation de saiyit Denis.
— Chir. Séparation de la tête du fœtus d'avec le tronc, dans un accouchement artificiel. V. détroncation.
— Hortic. Séparation spontanée ou accidentelle dos greffes ou des jeunes bourgeons.
■ — Litnrg. Décollation de saint Jean- Baptiste, Fôto que l'Eglise catholique célèbre eu souvenir du martyre de ce saint.
— Peint. La Décollation, Tableau représentant le mart;yre de saint Jean-Baptiste, il Décollation de sainte Catherine, de saint Christophe, de saint Paul, de saint Placide, etc. On désigne quelquefois ainsi les tableaux représentant lo martyre des saints qui viennent d'être nommés. (Nous donnons, au nom même des martyrs, la description de celles de ces peintures qui ont le plus do valeur^
— Encycl. Iconogr. Décollation de saint Jean-Baptiste. Cotte scène a été souvent retracée par les artistes. Elle figure dans les diverses suites de tableaux, de bas-reliefs et d'estampes, relatifs à la vie du Précurseur. (V. Jean- Baptiste [saint].) La scène de la décollation a été représentée isolément par Taddeo Gaddi (Louvre) ; par Daniel de Volterra (Turin); par Andréa del Sarto (galerie antique et moderne à Florence) : par Vasari (San-Giovann i, à Florence) ; par Cosimo Gamberucci (Sainte-Marie-dos-Anges, à Florence) ; par Piètre Dandini (San-Giovannino dei Cavalieri, à Florence) ; par le chevalier Massimo Stanzioni (Madrid); par Luca Cambiaso (Sainte-Marie-des-Angos, à Gênes) ; par .\lbert Diirer (gravure sur bois qui a été copiée par Jacob Binck); par Erasme Quellyn ; par Jérôme Franck (Dresde); par J.-B. Franck (Bruxelles); par Rubens ; par G. Dov ; par G. Lallemand; par F. Krause (Dijon); par J.-B. -M. Pierre (Louvre); par A. Glaize (i868), etc.
Dans la plupart de ces compositions, la scène se passe, conformément au texte évangélique, dans l'intérieur même de la prison, et c'est Salomé elle-même qui reçoit la tête dans le bassin. C'est à tort que queh|ues iconographes,
Décollation de saint Jeau, li'aprês Ai
l'iorence).
décrivant les tableaux consacrés à se sujet, désignent Hèrodiado comme recevant des mains mémos du bourreau lo chef de saint Jean ; lorsque le bourreau figure dans la composition, la femme à (|ui il remet cette tête no peut être que Salomé. Un chef-d'œuvre do Bernardine Luiui, que possède le Louvre ot qui a été attribué à L. do Vmci, nous montre la fille d'Horodiade, richement vêtue, tenant le bassin où le bourreau, dom ou no voit que le bras, dépose la tête du Précurseur. Ch. Amberger, dans un tableau du musée du Belvédère où il se rapproche du stylo de Léonard, a donné une expression tlo douce tristesse à la jeune princesse, par opposition à l'énergie brutale du bourreau. — Plusieurs artistes modernes, notamment Henner et Gustave Moreau, so sont attachés à la représentation spéciale d'Hérodiado ou do Salomé. — Citons encore les tableaux du Guorchin (Louvre); do P. Maroscalco, do Carlo Dolci, de Rubens (Dresde): de B. Luini (Madrid).
DecollatURA, comm. d'Italio (Calabro [prov. do Catanzaro' I ; 5.240 hab.
DÉCOLLEMENT(Ao-/e-m«n)n.m. Action do décoller, état qui en résulte : Le décollement du papier.
— Chir. Séparation anormale de tissus naturellement adhérents.
— Mar. Raccourcissement du tenon d'un mût.
— Techn. Entaille pratiquée par le charpentier, du cfttô de l'épauloment, pour déguiser la mortaise.
— Encycl. Chir. Le terme décollement s'appHquo â un certain nombre do lésions chirurgicales différentes. Los décollements primitifs do la peau s'observent dans les plaies par arrachement, notamment du cuir chevelu. Los décollomonts primitifs du squelette no portent que sur dos points non ossifiés, et sur les cartilages épiphysairos ; ils constituent, dans lo premier ûgo, une classe très fréquente do fractures.
Lo décollomont périoste s'obsorvo primitivement dans les points oii l'os est sous-cutané; la face interne du tibia ot la Vûi\te crânienne eu sont lo lieu d'élection. Du sang est interposé entre l'os ot lo périoste, et, si lu résorption ne s'opère pas. Il survient uu abcès, dont la guérisou oat d'autant plus lente quo l'os subjaoent est nécrosé. Il no so termine qu'après l'élimination du séquestre osseux.