‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 599 sur 870 · DÉFENDS — DÉFENSE · texte numérisé non relu

DÉFENDS — DÉFENSE

malgré la défense de Dieu, ii Fig. Objet qui tente violemment, qui excite de vifs désirs, surtout parce que certains obstacles empêchent de l'atteindre.

— SyiN. Défendu, prohibé. Ces deux mots diffèrent en ce que prohibé ne se dit guère que des choses qui sont proscrites par une loi humaine : la mendicité n'est point défendue par la morale, mais elle prohibée par la police.

— Anton. Licite, permis, toléré.

Se défendre, v. pr. Etre défendu contre des attaques. Il Résister à une agression, à une attaque. Il Se garantir. se préserver, s© prémunir, i' Se mettre en garde, chercher à écarter de soi. ii Résister par vertu, par pudeur, en parlant d'une femme, il Plaider ou faire plaider sa cause devant des juges, ii Chercher à se justifier, repousser des accusations, des reproches, des critii^ues. il Nier : Se défendre d'avoir fait quelque chose, i! S empêcher, refuser : j-Ve pouvoir se défendre de pleurer. \\ Défendre, interdire à sol-même : Se défendre tes excès.

— Manèg. Se refuser à exécuter les mouvements demandés. Il Jouer des dents ou des pieds, u Se défendre des lèvres. Résister au mors.

— Mar. Se défendre à la lame, en parlant d'une embarcation, S'élever bien à la vague, et embarquer peu de paquets de mer.

— Rem. Quoique défendre ait de l'analogie avec e?»pêcher, il n'appelle pas ne devant le verbe de la proposition complétive qui lui est jointe par que : Jl défendit Qu'aucwn étranger entrât dans la ville. (Volt.)

Quand ce verbe est actif, il ne doit jamais s'employer sans un régime direct; Corneille a donc fait une faute lorsqu'il a dit dans Sertorius :

Et qu'au lieu d'attaquer, il a peine à défendre. De bons écrivains l'ont commise après lui; ainsi, Legouvé a écrit dans son poème du Mérite des femmes : Chacun savait mourir, nul ne savait défendre.

— Syn. Défendre, soutenir, protéger. On défend ce qui est attaqué: on soutient ce qui ne se tient pas debout par sol-même ; on protège ce qui a besoin d'être encouragé, couvert, garanti. On défend une cause; on soutient une entreprise ; on protège les arts, le commerce.

DÉFENDS n. m. Eaux et for.V. défens.

DÉFENDUDE {fan — provenç. defendudo, même sens) n. f. Dr. anc. Mot qui désignait, dans la coutume de Provence, des terrains où le pacage était défendu, quoiqu'ils fussent situés au milieu de fonds qui y étaient sujets.

DÉFENDURE {fan — rad. défendre) n. f. Morceau de bois garni de paille, ou Petite branche qu'on place dans les champs, pour indiquer que les bestiaux ne doivent pas y aller paître.

DÉFENESTRATION [nèss, si-an — du préf. priv. rfe, et de fenêtre, qui s'est écrit fenestre) n.. f. Fam. Action de jeter des personnes par les fenêtres.

Défenestrations de Prague. La première eut lieu en 1418, au commencement de la guerre des Hussites : le peuple jeta par les fenêtres du château de Prague les conseillers de Wenceslas. — La seconde fut le signal de la guerre de Trente ans. Elle fut commise par les protestants de Bohême, irrités de la violation, par Matthias, des lettres de majesté par lesquelles il avait reconnu leurs droits religieux. Conduits par le comte do Thurn, ils envahirent le château de Prague et jetèrent par la fenêtre deux des quatre gouverneurs. Martinitz et Siavata et leur secrétaire Fabricius. Us tombèrent sur un tas de fumier et ne se lireut aucun mal.

DÉFENÊTRER {du préf. priv. rfe, et de fenêtre) v. a. Oter les fenêtres. ^Vx.)

DÉFENS {fan), DÉFENSE (fanss), DÉFENDS OU DÉFEND (fan) [du lat. defenmim, chose défendue] n. m. Eaux et for. iiterdiction faite au propriétaire de bestiaux d'introduire ses animaux dans un bois ou un taillis pour le pacage ; Bois qui est en défens.

DÉFENSABHJTÉ {fan) n. t Eaux et for. Qualité de ce

qui est défensable : La dékensabilité des bois est motivée sur l'âge des arbres.

— E.sxYCL. L'âge que doivent présenter les arbres pour

2ue la défensabilité soit déclarée varie suivant la nature a sol et l'essence des plantations, et longtemps on s'en est rapporté à cet égard aux coutumes. Une ordonnance de 1669 chargea les grands maîtres des eaux et forêts de celte déclaration. L'article 67 du Code forestier porte que les usagers ne pourront exercer leurs droits de pâturage et de pacage que dans les cantons déclarés défensables par l'administration forestière, sauf recours au conseil de préfecture. Chaque année, en vertu de l'ordonnance du l« avril 1827, les agents forestiers dressent des procèsverbaux constatant l'état des cantons qui peuvent être livrés au pâturage.

DÉFENSABLE {fan ^ rad. défense) adj. Eaux et for. Se dit de bois suffisamment forts pour être à l'abri des ravages des bestiaux, et où l'on peut par conséquent les mener paître : Les bois sont toujours en défens, tant qu'ils n'ont pas été déclarés défensables. (Baudrillart.)

DÉFENSE (fanss — du bas lat. defensa ; lat. defensio [de defendere, défendre]) n. f. Action de défendre ou de se défendre : Combattre pour ta défense de son pays, w Action de défendre une position militaire : iielfort a fait en iS70 une glorieuse défense, u Résistance à une attaque quelconque : Les Journaux sont plus propres à l'attaque qu'à la DÉFENSE. (De Bonald.)

— Par ext. Moyens qu'on a de se défendre, au prop. et au fig. : La conscience est la défensk de l'âme, comme les armes sont la défbnse du corps. <i Interdiction, prohibition : Défense de fumer, d'afficher.

— Loc. div. : Se mettre en défense, en état de défense, Se préparer â résister, â se défnndre; s'apprêter à repousser une atta(|ue quelconque, il Prendre, Embrasser la défense de. Protéger, prendre parti pour...

— An milit. Place de défense. Place susceptible de soutenir un siège, ii Ligne de défense. Position prolongée dans laquello une armée peut résister aux attaques de 1 ennemi.

fl PI. Fortifications, travaux qui servent â protéger unf place de guerre, à couvrir les soldats qui la défondent : Huiner le$ défensf.s d'une ville, il Défenses accessoires, Obstacles artificiels fjuo l'on ajoute à une fortification pour arrêter l'ennemi, no fût-ce même que pendant un temps très court, sous les feux nourris, plus rapprochés, et par conséquent plus meurtriers du parapet.

— Blas. Dent du sanglier saillante hors de la hure, n Hérisson en défense. Hérisson roulé et qui présente ses aiguillons dressés, ii Licorne e;i défense. Licorne qui baisse la tête et présente sa corne. (Les animaux munis de défenses figurés ordinairement sur les blasons sont les sangliers et les éléphants, et, quand ces défenses sont d'un

émail différent de celui du corps, ils sont dits défendus

de sable, d'azur, etc.)

— Bot. Epines, aiguillons qui couvrent et protègent certaines plantes. (Peu us.)

— Chass. Personnes qui forment un cordon pour empêcher les loups de passer alors qu'on les traque, et les forcer à se jeter dans les filets ou du côté des tireurs.

— Dr. Exposition et développement des faits que l'avocat présente en faveur de l'accusé ou du défendeur, ii Ensemble des moyens de l'accusé ou du défendeur, il Ce qu'on répond par écrit et par ministère d'avoué à la demande de sa partie, ii Conclusions : Les exceptions diffèrent des défenses en ce que les premières sont sur la forme et que les auti'es concernent le fond. (Panckoucke.)

Il Jugement qui défend de passer outre à l'exécution : Signifier défenses et arrêt, il Défenses générales, Lettres de chancellerie ou jugement qu'obtenait un débiteur contre ses créanciers pour faire homologuer le contrat qu'il avait fait avec la plus grande partie d'entre eux, ou pour faire entériner les lettres de répit qui lui avaient été accordées, il Défenses au contraire. Clause que l'on insérait dans un jugement pour dire qu'on laissait la liberté à l'une des parties de répondre par écrit à ce qui avait pu être dit à son préjudice. Il Défenses par atténuation. Exceptions que pouvait autrefois proposer un accusé pour détruire les preuves et moyens que l'accusateur employait contre lui.

— Dr. crim. Violence autorisée, dans certains cas, pour repousser une agression injuste. (Se dit, dans le langage vulgaire, pour signifier Emploi de moyens extrêmes ou violents justifiés par une injuste agression.) il Légitime défense. V. la partie encycl.

— Hort. Appareil quelconque dont on entoure les jeunes arbres nouvellement plantés pour les mettre à l'abri de toute injure.

— Mamm. Nom donné aux longues canines qui sortent

Défenses (mar.).

Défenstrs : 1. Uéitrpbaiit ; 2. De dinotherîujn ; 3. De morse; 4. De babirousa.

de la bouche de certains animaux, tels que l'éléphant, le sanglier, le morse, etc.

— Manèg. Action du cheval qui se défend.

— Mar. Morceaux de bois, tampons de cordages, ceintures des embarcations ayant pour but de préserver des chocs deux bateaux qui' sont accostés, n Bout-dehors poussé à l'extérieur pour déborder un navire qui tombe sur un autre, ii Défenses sousjnariyies, Service organise dans chaque port de guerre, et chargé de tout ce qui regarde les torpilles.

— Techn. Corde do sûreté â laquelle s'attache le couvreur, ii Latte croisée suspendue par une cordeàune maison à laquelle on travaille, pour indiquer qu'il est défendu de passer auprès, il Feuille de papier collée à l'intérieur d'une reliure.

— Zool. Dent d'un mammifère qui prend une très grande extension , comme chez l'élépliant , ou une moyenne , comme chez le sanglier ou certains cerfs. (Les défenses sont ordinairement les canines de l'une ou l'autre mâchoire. D'une façon générale, les défenses sont toujours plus développées chez les mâles que chez les femelles.)

— Syn. Défense, inhibition, prohibition. Défense appartient au langage ordinaire et exprime la volonté formelle, l'ordre qu'une chose ne soit pas faite. Prohibition et inhibition sont des termes de législation, de palais, d'administration; ils diffèrent en ce que \b. prohibition s'applique uniquement aux actes futurs, tandis que l'inhibition a pour objet d'empêcher la continuation ou le renouvellement d'une chose qui ne doit pas être faite, mais ce dernier mot n'est plus guère usité qu'en physiologie.

— Défense, apologie, justification. V, apologie.

— Anton. Agression, attaque, offense, provocation. — Permission, tolérance, permis, licence.

— Encycl. Dr. La défense devant les tribunaux est l'ensemble des moyens que le défendeur oppose à la demande formée contre lui, pour la faire déclarer mal fondée.

Au civil, la défense peut être présentée par la partie elle-même, ou son avocat, mais toujours avec l'assistance d'un avoué. Devant les cours d'assises et devant les conseils de f»Tiorre. l'assistance d'un défenseur est obligatoire. En matière correctionnelle, cette assistance n'est que facultative. Mais, pour le cas où une poursuite de nature à entraîner la relégation est enga^rée devant un tribunal correctionnel, l'article 11 de la loi du 27 mai 1885 édicté : « Un défenseur sera nommé d'office au prévenu, à peine de nullité. » Au cours do l'instruction préalable en matière de crimi^s ou délits, la défense do l'inculpé a été organisée par la loi du 8 décembre 1897 : cette loi a, dans nue larg^ mesure, permis à l'inculpé de participer, avec lo concours do son conseil, aux actes de rinstruction.

La défense se trouve protégée par une immunité spéciale, que consacre en ces termes l'article 41, § 3, do la

loi du 29 juillet 1881 : " Ne donneront Heu à aucune action en diffamation, injure ou outrages... les discours prononcés ou les écrits produits devant les tribunaux. >• Toutefois, cette règle de l'immunité de la défense comporte quelques restrictions, que déterminent les derniers paragraphes de ce même article 41.

Légitime défense. L'article 328 du Code pénal est ainsi conçu : " Il n'y a ni crime ni délit lorsque l'hûmicide, les blessures et les coups étaient commandés par la nécessité actuelle de la légitime défense de soi-même ou d' autrui. I) L'homme, placé en face d'un péril imminent et considérable, est affranchi du respect qu'il doit à la personne de son agresseur, et la loi lui permet d'user des moyens dont il dispose pour la sauvegarde de sa propre personne. L'homicide, les blessures, les coups, sont les procédés ordinairement employés pour repousser une attaque ; mais on en peut concevoir d'autres, comme la séquestration de l'agresseur : ils seront pareillement justifiés.

En établissajit la légitime défense, l'auteur d'un acte réprimé par la loi pénale anéantit l'un des éléments nécessaires de toute iniraction — l'élément injuste. Selon l'état des poursuites, le juge d'instruction doit rendre â son profit une ordonnance de non-lieu, le tribunal doit l'acquitter, le jury doit le déclarer non coupable. Il ne peut être davantage condamné à des réparations civiles. La légitime défense doit être soigneusement distinguée des excuses, soit absolutoires, soit atténuantes. V. excuse.

— Art milit. Le mot défense s'applique tant à la défense d'un pays au moyen de places fortes ou d'ouvrages fortifiés quelconques, qu'à la défense do ces places ou de ces ouvrages eux-mêmes, lorsqu'ils sont attaqués par l'ennemi; ou encore à la défense, au cours dune campagne, des positions qu'une armée peut occuper, des points sur lesquels un corps de troupes peut s'établir pour essayer d'arrêter ou de retarder la marche de l'ennemi.

Le système général de défense d'un pays a subi, selon les époques, de nombreuses variations. Celui qui prévaut aujourd hui consiste dans la disposition en une ligne de quelques grandes places très puissantes, qui, sans former un cordon continu, ni barrer entièrement la frontière, laissent entre elles des intervalles qui seront en quelque sorte les points de pénétration obligés des armées d'invasion, ce qui permettra de diriger, sans hésitation, sur ces points les armées de la défense. De plus, les principales voies ferrées ou autres, qui donnent accès dans le pays, sont barrées par des forts d'arrêt, qui, sans pouvoir aosolument arrêter les armées ennemies, sont en mesure de retarder au moins leur mouvement.

Quant à la défense des places elles-mêmes, lorsqu'elles seront l'objet d'un siège, elle différera de ce quelle était autrefois en ce sens que la défense éloignée en sera la partie la plus importante, la défense rapprochée devenant

£resque impossible sous les coups de l'artillerie moderne, es places sont toutes pourvues d'un gouverneur et elles sont réunies par groupes, sous la haute direction du gouverneur de la place pi'incipale, ou chef-lieu du groupe, qui, outre son titre de gouverneur, porte celui de commandant supérieur de la défense.

Défenses accessoires. On comprend sous ce terme une série de dispositifs employés pour augmenter la valeur des fortifications de campagne, en rendant leur accès plus difficile, et en obligeant l'ennemi à rester plus longtemps sous le feu des défenseurs : les abalis, trous-de-loup, chevaux de frise, chausse-lrapes, fougasses, torpilles, etc.

— Mar. La direction des défenses sous-marines dans chaque port de guerre s'occupe de tout ce qui a trait aux torpilles de fond, torpilles portées, torpilles automobiles et torpilleurs ordinaires. Elle se subdivise en défense fixe, chargée spécialement des torpilles fixes, et défense mobile, ayant sous sa surveillance les torpilleurs et leurs engins. Un atelier s'occupe des réparations à faire aux torpilles, et à la tête de l'ensemble se trouve un capitaine de vaisseau directeur.

Défense nationale (gouvernement de la), gouvernement qui se constitua le 4 septembre 1870, à l'Hôtel de ville de Paris, dans la vacance de tous les pouvoirs. — Il fut composé du général Trocliu, président, chargé des pleins pouvoirs militaires pour la défense nationale ; Jules Favre, vice-président ; Jules Ferry, secrétaire ; Pelletan, Garnier-Pagès, Rochefort. Crémieux, Glais-Bizoin» Emmanuel Arago, Gambetta, Jules Simon, Picard. Les portefeuilles furent ainsi répartis : affaires étrangères. Jules Favre ; intérieur. Gambetta : guerre, général Le Flô ; marine, amiral Fourichon ; justice, Crémieux; finances, Picard; instruction publique et cultes, Jules Simon ; travaux publics, Dorian ; agriculture et commerce, Magnin. Etienne Arago fut désigné comme maire de Paris, avec Brisson, Clamageran, Floquet et Hérisson comme adjoints; de Kératry, comme préfet de police.

Accepté par la province , le gouvernement décréta diverses mesures libérales intérieures. Au dehors, il chargea Thiers, qui, quoique député de Paris, était resté en dehors du gouvernement, de conférer avec les chancelleries; Thiers alla à Londres. Saint-Pétersbourg, Vienne et Florence, pendant que, de sa propre initiative, Jules Favre s'entretenait, à Meaux et à Ferrières, avec Bismarck, mais sans succès, des conditions d'une armistice.

Entre temps, l'imminence de l'investissement de Paris, effectué le 17 septembre, déterminait le gouvernement à envoyer à Tours une délégation composée de Crémieux, Glais-Bizoin, l'amiral Fourichon, et que Gambetta alla rejoindre après avoir quitté Paris, le 7 octobre, à bord du ballon Y Armaïul- Barbes.

A Paris, le gouvernement, après l'échec de l'entrevue de Ferrières, ajourne les élections, et s'efforce do contenir les chefs du parti avancé qui, sous couleur d'élections municipales et de franchises communales, rêvaient de se substituer au gouvernement lui-même (affaires des 26 sept., 5 oct-, 8 oct.. 31 oct.). Les chefs de la Commune envahirent l'Hôtel de Ville, y tinrent prisonniers les membres du gouvernement et tentèrent de s'emparer du pouvoir. Par suite de circonstances diverses, l'Hôtel de Ville fut évacué, et les membres du gouvernement délivrés. Pour couper court au reproche de n'avoir point fait confirmer ses pouvoirs par le suffrage universel, le gouvernement se décida à se faire plébisciter et à soumettre les municipalités à l'élection. Le 3 novembre. 557.000 électeurs contre 62.000 confirmèrent les membres du gouvernement dans leurs fonctions. Les 5, 6, 7. l'élection des maires et adjoints eut lieu. Jules Ferry fut simplement délégué â

IHotol do Ville, pour remplacer lo maire do Paris et lo pi'ofot do la Seine.

Cependant, après l'insurreotiondu 31 octobre, Bismarck, (jui, dans des négociations avec Tliiors, avait aceopté un armistice avec ravitaillement en vuo dos élections générales, no voulut plus souscrire au ravi taillomont.il exigeait, de plus, comme sûreté contre Paris, la roniiso d'un fort.

A l'unanimité, le gouvernomout repoussa cet armistice, et la lutte reprit, soméo d'escarmouches, do rencontres, do sorties, do balaillos {Champigny, Epinay, l'Hay, Buzenval), à la suite dosquolles le commandomènt de 1 armée fut retiré à Trochu et confié au général Vinoy. Paris bombardé, affamé, au fait dos insuccès dos armées do province, se résigna, après trois mois do résistance, à capituler. Un armistice fut signé, lo 28 janvier.

Pondant tout ce temps, on province, au milieu de l'agitation de certains départements, Gambetta, à. la fois ministre do l'intérieur ot do la guerre, où il avait délégué de Freycinet, imprimait à la résistance uno impulsion vigoureuse. Doux concentrations do troupes s'opéraient : dans les Vosges, sous lo général Cambriels ; près d'Orléans, sous lo nom d'armée do la Loire, commandée par lo général d'Aurello de Paladines, avec la marclie sur Pans pour objectif, ot la victoire de Coulmiors pour début. Mais la jonction de l'armée de Von dorTannetdos forces du prince Frédéric-Charles venant de Metz ht échouer le [dan. Il fallut se replier sur Orléans, puis l'évacuer ot se reformer derrière la Loire, pendant que le général Chanzy constituait uno armée sur Le Mans et la Sarthe, que Faidherbe tenait tête dans le Nord à l'euvahissour, et que, dans l'Est, Garibaidi, les généraux Cremer, Bourbakî et Clinchant faisaient successivement d'heureuses diversions.

Menacée par l'onnemi, la délégation quitta Tours, le 9 décembre, pour aller s'installer à Bordeaux. Mais la désorganisation de l'armée et de l'administration intérieure neutralisèrent ses efforts. L'armistice du 28 janvier ne mit pas fin à ces difficultés intérieures. Gambetta, se trouvant en opposition avec le gouvernement de Paris, donna sa démission et fut remplacé à Tlntériour par Arago. Lo 19 février, l'Assemblée élue le 8 se réunissait à Bordeaux, et, dès l'ouverture de la séance, Jules Favre déposait les pouvoirs du gouvernement de la Défense nationale entre les mains dos représentants du pays.

— Blbliogr. ; Enquête parlementaire sur les actes du gouvernement de la Défense nationale ; Jules Favre, Oouvernement de la Défense nationale (Paris, 1876) ; Jules Simon, Souvenirs du 4-Septembre, le gouvernement de la Défense nationale (Tours); Crémieux, le Gouvernemeul de la Défense nationale (Tours) ; Glais-Bizoin, Dictature de cinq mois {Paris, 1873); de Freycinet, ta Guerre en province pendant le siège de Paris (Paris, 1872); Clamagcran, Cinq mois à l'Hôtel de Ville; Etienne Arago, l'Hôtel de Ville au 4-Septembre et pendant le siège (Paris); Steenackers et Le Goff, Histoire du gouvernement de la Défense natioiiale ^Paris, 1884).

Défense et illustration de la langue française,

ouvrage en deux livres, de Joachim Du Bellay (Paris, 1549), (jui est le manifeste de l'école de Ronsard ou de la Pléiade, réagissant contre l'école de Marot. — Cette réforme se résume en deux points principaux : enrichir la poésie par l'introduction des genres usités chez les anciens, enrichir la langue par l'infusion des mots ot des imagos empruntés à langue grecque ot à la langue latine. L'Italie moderne était admise, avec rantiiiuité,aux honneurs de l'imitation.

Le héraut de la Pléiade commence par dire comment il entend l'imitation des anciens. Il faut prendre exemple sur les Romains qui, dit-il, imitaient les meilleurs auteurs grecs, non pas en grec, mais en latin, les dévorant et les convertissant " en sang et en nourriture ». Ce serait mal imiter les Latins que de les imiter dans leur langue; transcrire, compiler, recueillir un nom, un vers, une sentence, c'est édifier 'sur des ruines. Du Bellay proclame ensuite la nécessité du travail ot de l'art. Il conseille l'abandon des poèmes à forme fixe de l'ancienne littérature française. Il les remplace par les genres antiques : épopée, comédie, tragédie, ode, satire, élégie, épigramme, odes, églogues... Pour la versification. Du Bellay no faisait que reprendre les préceptes suivis par ses devanciers.

Par quels procédés veutdl enrichir la langue? L'usage de mots nouveaux est permis, mais avec mesure : on empruntera avec prudence des mots aux Grecs et aux Latins, et on formera des mots composés et des mots dérivés a par provignement •> . Du Bellay veut qu'on revienne au.x vieux mots de la langue française ; il propose, en outre, de puiser dans le vocabulaire technique ot dans les dialectes provinciaux. Eu résumé, il propose do s'approprier la substance et les formes des littératures antiques; les classiques du xvii* siècle justifieront cette imitation par la rossoinblance des œuvres antiques avec la nature.

DÉFENSEUR {fan — lat. defensor ; do defendere, défendre) n. m. Celui qui défond, protège, soutient, par ses actes ou par ses discours, des personnes, des choses, des doctrines : Le dkfknskur d'un enfant, d'une ville, d'une cause.

— Dr. Avocat chargé do défendre un accusé. Il En Algérie, Officier ministériel qui joue lo rôle d'avoué et d'avocat. Il Défenseur officieu.r, Num que l'on donnait aux avocats pondant la Révolution et (ju'on donne aujourd'hui au défenseur d'un accusé devant un conseil do guerre.

Il Défenseur d'office, Avocat nommé d'oflico pour défendre un accusé qui n'a pas choisi do défenseur.

— Hist. onicier de l'Eglise et do l'ompiro, qui était chargé de veiller au bien public, do protéger les pauvres et les malheureux et do défendre les intérêts des églises ot des monastères, il Défenseurs de la cité (drfensores civitatis), Magistrats créés en 3G1 par Valentinien, pour protéger les habitants do la cité contre les vexations dos gouverneurs, des notables et dos percepteurs d'impôts ot, au besoin, on référer à romporcur. (Il était élu par les habitants do la cité ot clioisi, non parmi les curialos, mais parmi les autres notables, pour cinq ans d'abord, plus tard pour deux. Là où il n'y avait pas do magistrats municipaux, lo defensor avait la juridii-tion civile jusqu'au taux do ôO sous d'or, ot d(5puis Justinien de 300. Au V ou au vr siècle, on lui attribua aussi la juridiction criminello inférieure dos duumriri.) \\ Défenseur de la foi, Titro accordé par la cour do Homo à Henri VIII, au sujet d'un livre qu il publia, dans les premiers temps de son régne, pour la défenso de la foi catholique. (On a donne lo même titre aux membres d'uno société religieuse ot politique cspagnolo, qui était sortie, on 1825, dos rangs

Page 1