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DEFENSE

DEFERRER

des conceptionnistes ot so proposait ù peu près lo même but, c'est-à-dire ([ue, sous prétexte do défendre les intérêts du roi, les défenseurs do la foi tendaient, en réalité, à s'emparer de la direction des alfairos ot à rétablir lo tri- I)unal do l'inquisition.)

— Ri:m. On omi>loie ni':FKNSiairî en parlant d'uno femme comme en parlant d'un homme.

— Anton. Agresseur, assaillant, oflenseur, provocateur. — Adversaire, antagoniste, ennemi, opposant.

DÉFENSIBLE Ifan — du lat. defensibilis, même sens) adj. Dércudablo. (Vieux.)

DÉFENSIF, IVE {fan — du lat. defensus, part. pass. du V. defendere, défendre) adj. Qui concerne la défense ; qui est propre à la défense : Ligue défensive. La position iniKKNSivE est antipathique au caractère français. (Chateaubr.)

— Fig. Qui so borne à repousser dos attaques : La richesse égoistt'- et stationnaire est l'armée défensive des institutions. (Lamart.)

— Aj7»e(^e/en5ûe, Arme ex'lusivement propre à protéger les combattants contre les coups de l'ennemi. (Se dit pai; opposition à arme offensive.) [Fig. Moyen de protection, do sûreté personnelle : La bouderie est Tarme offensive et DÉFKNSivR des dmes faibles et timides. (M"" d'Arconville.)]

Il Art défensif. Art de la défense des places de guerre.

— n. m. ot adj. Chir. Se dit de certains topiques destinés à garantir la partie sur laquelle on les appique : Apparoil, Bandage dèfensif. Un défensif.

— Anion. Offensif.

DÉFENSIVE ifan) n. f. Attitude de celui qui se borne à so défendre, au pr. et au fig. : Etre, Se tenir sur la défensive.

— Abusiv. Défense : 0« a proportionné les moyeiis de défensive aux ar77ies de ceux qui attaquent. (Fén.)

— Encycl. En guerre, la défensive est un mode do conduite des opérations militaires, qui consiste à attendre et à repousser les attaques de l'ennemi, plutôt qu'à l'attaquer soi-même. La défensive ne peut par elle-même amener do résultats décisifs, et il faut nécessairement qu'à un moment donné l'offensive lui succède.

On distingue la défensive tactique et la défensive stratégique, qui peuvent être respectivement combinées avec une offensive stratégique et une offensive tactique. Celui de deux adversaires dont la mobilisation est la moins prompte pourra se trouver réduit, au début de la campagne, à la défensive stratégique, c'est-à-dire à reculer devant les forces envahissant son territoire : ce qui no l'empochera pas, en prenant l'initiative de l'attaque, quand ces forces seront en vue des siennes, de faire de l'ofifensive tactique. Inversement, l'envaiiisseur. après avoir fait de l'offensive stratégique, pourra, volontairement ou non, être amené à se tenir sur la défensive tactique devant les attaques dirigées contre lui.

La défensive ne doit jamais être ptwsf're, c'est-à-dire limitée à une pure et simple résistance aux attaques de l'ennemi ; elle doit être active, c'est-à-dire consister à préparer soigneusement des positions très fortes et amener l'ennemi à les assaillir, en cédant tout d'abord à ses premières attaques et en reculant peu à peu devant lui, jusqu'à ce qu'il vienne se heurter aux obstacles contre lesquels son effort se brisera.

— Anton. Offensive.

DÉFENSIVEMENT {fan) adv. D'une manière défensive, sur la défensive : Opérer DÉFiiNSlvEMENT-

Defensor, titre sous lequel Hercule était honoré à Rome, principalement par les soldats et les gladiateurs libérés.

DÉFÉQUER {ké — du lat. defwcare ; du préf . priv. de, et de fa'x, frcis, lie. Change le second é du radical en è ouvert, seulement devant une syllabe muette : Je défèque. Qu'ils défèquent; il conserve lé formé au fut. et au cond. prés. : Je déféquerai. Tu déféquerais) v. a. Purger de lie, clarifier, purifier : Déféqder un liquide, un suc. ii Procéder à la défécation des jus sucrés, dans uno fabrique de sucro de betteraves ou do cannes à sucre.

Se déféquer, v. pr. Etre déféqué.

DÉFÉRANT [ran), ANTE ou DÉFÉRENT (rrtJl), ENTE adj. Qiii a de la déférence, de la condescendance : Humeur douce et déférante. (Peu us.)

DÉFÉRENCE {ranss — rad. déférer) n. f. Coi.descondanco respectueuse : La déférence mutuelle rend les hommes sociables. (Boss.) :i Acte de déférence, acte de respect et do condescendance : Toutes les déférences extérieures sont odieuses aux quakers. (Raynal.)

— Syn. Déférence, égard, considération, complaisance. V. coNSinÉUArioN.

— Déférence, condescendance, complaisance. V. complaisance.

— Anton. Dédain, arrogance, insolence.

DÉFÉRENT {ran), ENTE [lat. drfcrcns, qui porte do haut en basj adj. Qui conduit, qui porte dehors.

— Anat. Canal ou Conduit déférent. Canal excréteur des testicules.

— Astron. Cercle déférent ou substantiv. Déférent, Cercle imaginé par les anciens astronomes pour e.xpliquer l'oxcnntricité, le périgée ot l'apogéo dos planètes : Képlef a changé les cercles déférents en ellipses dont le foyer occupe te foqer commun. (Do Lalande.)

— Bot. Canal déférent, Principal organe de la circulation de la sève.

— n. m. Monn. Appellation dos diverses indications administratives portées sur les monnaies; nom ou marque do l'atelier monétaire ; nom ou marque du directeur, du graveur, du graveur général, etc.

— n. f. ou adj. Géom. : Courbe déférente. Une déférente. V. ANALLACMATKitTK.

— Encvcl. Anat. Canal déférent. Ce canal amène les spermalozoïdes du toiiticulo au canal de l'urètre. Il naît do la queue do l'épididymo, remonte lo long do la partie postérieure du cordon spermatique, s'en sépare au delà de l'annoau inguinal dans l'abdomon, descend, en arriére et on dedans, sur les côtés do la vessie, ot so rapproche de la région postérieure infôriouro do cet organe. Los doux canaux déférents, après avoir reçu chacun ïo conduit excréteur de la vésicule séminale du mOmc côté, so réunissent pour former lo canal éjaculateur.

— Astron. Lo déférent d'un astre est lo cercle quo les anciens donnaient pour trajectoire au contre du cercle nommé " épicyclo » quo l'astre était censé décrire eu réa-

lité. La combinaison de deux mouvements uniformes, de vitesses convenables, sur l'épicycle ot le déférent pouvait reproduire à peu près les circonstances du mouvement :i[qiaront du soleil, quo l'on aurait expliqué plus simplemont, quoique d'une manière au fond équivalente, en lui supposant pour orbito un cercle excentrique à la terre, (!t dont le centre en eût été distant précisément d'uno longueur égale à celui do l'épicycle, dans l'autre hypothèse.

DÉFÉRENTIEL, ELLE {ran-si-èl' — rad. déférent) adj. Anat. Artrn^ déféronticlle. Une des artères accompagnant lo canal déférent dans lo cordon spermatique. (Elle nait do l'artère vésicalo supérieure.)

DÉFÉRER (du lat. déferre; de de, hors, vers, et do ferre, porter. — Change le second é du rad. en è ouvert, devant uno syllabe muette : Je défère. Qu'ils défèrent ; excepté au fut", do Tindic. et au cond. prés. : Je déférerai. Tu déférerais) v. a. Donner, décorner, attribuer : Déférer le coînmandement, une dignité, il Accorder par condesccndanco : Jl faut savoir déférer quelque chose à l'impatience des enfants.

— Livrer, dénoncer, accuser : Déférer jm coupable à la justice.

— Dr. Attribuer à une juridiction : Déférer une cause à telle cour, ii Dénoncer à une autorité : Déférer im livre à la cour de Rome, n Déférer le serment à quelqu'un, Lui imposer le serment, dans le cas où ce serment doit suffire pour le faire acquitter.

— v. n. Avoir égard, condescendre : La bienséance notiS oblige à déférer aux usages du monde.

Se déférer, v. pr. Etre déféré.

— Syn. Déférer, conférer. V. conférer.

DÉFERLAGE [fèr'-laj') Q. m. Action de défcrlci'. n Etat d'uno voile déferlée.

DÉFERLANT {fèr-lan), ANTE adj . Qui dcfcrlc : Des vagues DÉFERLANTES.

DÉFERLER {fèr-lé — du préf. priv. dé, et de ferler) v. a. Mar. Larguer un pavillon ferlé ou des voiles ferlées au moyen de rabans.

— V. n. Se développer avec impétuosité et so briser en écume, en parlant des vagues ou de la mer : Les flots déferlent avec furie à Bian'its. t-tv-...».*^ ^

— Substantiv. n. m. : ""S^v^^*^^^^^"'"'^'^'^"^^^^? Le DÈvE-RhER des vagues. ''...v.' \v*^^^HfflÉ^fif^>î^>

Se c/éfeWer^v.pr.'Etre ' •"^^niiiiM «î-ti , -^^

déferlé, en parlant des Voile dêferlée. — Lame déferlante, voiles : Les voiles se déferlent au moment de faire route, il Déferler, en parlant des vagues. {Inus. en ce dernier sens.)

— Anton. Carguer (en parlant des voiles). DEFERMER {fer') V. a. Ouvrir : Défermkr une porte,

1! Ouvrir la porte à : Défermer un chien, il Détacher : Défekmer un bateau. (Peu usité.) Défernié, ée part. pass. du v. Défermer.

— Techn. Bloc défermé. Bloc isolé latéralement do la niasse, au moyen de deux tranchées verticales pratiquées dans celle-ci :" l'une à droite, et l'autre à gauche.

Se défermer, v. pr. S'ouvrir. (Peu usité.) Defermon DES ChapeliÈRES (Joseph, comte), homme politique français, né à Maumusson en 1:52, mort à Paris en 1831. Avocat, puis procureur au parlement de Rennes, il fut nommé député aux états généraux do 1789. Député à la Convention en 1792, il vota contre la mort de Louis XVI, prit parti pour les girondins, fut condamné à mort, mais parvint à s'échapper. Il rentra à l'Assemblée après thermidor et fut ensuite membre du conseil dos Cinq-Cents (1797), membre du Tribunal et conseiller d'Etat après le i8-Brumairo; directeur do la dette pubh- (jue, ministre d'Etat, directeur des finances. Il soutint Napoléon, et fut exilé en 1816. Il ne rentra en Franco tpi'on 1822.

DÉFERRAGE {fé-raj') n. m. Tochn. et méiall. Opération ayant pour objet d'enlever les barres de fer qui entourent et consolident un objet ferré. Il Opération à l'aide do laquelle on précipite lo for à l'état do sulfure, en faisant usage de la charrée de soude. (Cette charrée employée en excès accélère la précipitation du sulfure de fer, tout on l'entourant d'uno sorte de gaine qui l'empêche d'être entraîné lorsqu'on fait écouler la liqueur. Celle-ci no contient plus dés lors qu'une faible quantité do chloruré doublo do fer et de manganèse, ce dernier corps prédominant dans la liqueur.)

— Econ. rur. V. déferrement.

De Ferrari (Serafino], compositeur italien, né ot mort à Gènes (1821-1885). Il a fait représenter en Italie, plusieurs ouvrages qui se distinguent pard» lavcrvoetdo lu grâce. Ces ouvrages sont : Don Carlo (1853J [rcmamô et reproduit plus tard sous lo titre do Filippo //]; Pipelè : il Matrimonio per concorso (1858); il Menestrelh (18«l); tl Cadetto di Cuascogria (186-i). On connaît aussi de cet artiste quohiucs jolies mélodies vocales.

DÉFERRE {fèr') n. f. Fers provenant d'un cheval déferré ; vieux fors do cheval : On fait des fers jteufs avro la DÉFERRE. Il Vêtements qu'on a quittés. (Vieux.) !! Pillage : Courir à la nÉFKRRF. il S'est dit tigurémcnt pour Vieux restes ; De vieilles défeures d'amours. (C. d'Orléans.)

DÉFERREMENT (fè-re-man) n. m. Action do démonter, d'onlovi-r les ferrures qui consolidaient un objet quelcon(iue. iOn dit aussi nÉFKiïRAGE.'i il Action d'enlever los vieux fers des pieds d'un cheval. (On avait, au moyen àç^o, riiabitude de déferrer les chevaux quand Us avaient lait une longue marche, alin qu'ils pussent rafraîchir tour corne sur lo sol humide ot garni do paille do lécurio.)

DÉFERRER [fè-ré] V. a. Otor le fer do : DÉFiiRRKU une malle, une roue, un lacet. Il Otcr un for, le^ fors, dos pioda d'une béte de sommo : Déferricr nh cheval, un âne. ii Dans los prisons ot les bagnes, Otor les fers aux prisonniers, aux forçais. ,. , , , ■ a.

— Fig. ot fam. Déconcerter : H se fit une huée qui PIV FERRA Te témoin, (DAblanc.) Il Priver do : Déferrer ^Ht'qu'un d'un œil.

— Déferrer un navire, Apparoillor par gros temps, ou

DÉFERRURE - DÉFIGER

abandonnant les ancres au fond et filant les chaines

ir, tirer le fer. (Vieux.)

pr. Perdre son fer ou ses fers (en par-

par le bout. . , , ,„■

V. n. Dégainer, tirer le fer. (Vieux

Se déferrer,

laat d'un cheval)

— Fig. et fam. Se déconcerter.

DÉFERRORE [fé-rur) n. f. Action de déferrer ou de se déferrer : La défekkure est la cause la plus fréquenle des ttfections de la sole du cheval.

DÉFERTIUSANT, ANTE {fèr, :an) adj. Qui défertilise, qui détruit la fertilité : Des eaux crues et dèfertu-isanths.

DÉFERTIUSATION {fer. si-on) n. f. Action de défertiliser; résultat de cette action : Le déboisement d'un pays est là cause prochaine de sa uEFiiRTinsATiON.

DÉFERTTUSER (fir) V. a. Rendre stérile, détruire la fertilité do : Le déboisement inconsidà-é des 7nontagnes DSFERTiLisE les plaincs. .

Se défertiliser, v. pr. Perdre sa fertilité.

DÉFERVESCENCE [fèr'-vi:ss-sanss — A\i préf. priv. de, et de effervescence) n. f, Chini. Absence ou diminution d'eflervescence. (Peu us.).

DÉFET (/e — du lat. defectus. manque) n. m. Feuilles dépareillées d'un ouvrage qui servent à compléter un livre.

DÉFEDIUAGE (feu-ill-af [Il mil.]) n. m. Action d oter les feuilles des vignes ou d'autres plantes, pour faciliter la maturation du fruit.

DÉFEOILLAISON {feu-ill-é-:on [Il mil.]) n. f. Chute dos feuilles ; époque à laquelle ce phénomène a lieu, il On dit

aussi DEFOLIATION.

DÉFEOILLER {feu-ill-é [Il mil.]) V. a. Enlever les feuilles da : DÉFEOiLLEE les jnûriers, la vigne.

— V. n. Devenir défeuillé.

Défeu(//é, ée part. pass. du V. Défeuiller.

— Bot Qui perd de bonne heure ses feuilles radicales. Se défeuiller, v. pr. Perdre ses feuilles. DÉFEUTRAGE {traf — rad. défeutrer) n. m. Opération

eue l'on fait subir à la laine peignée, et qui a pour objet de la disposer à l'étirage, en détruisant sa tendance a feutrer. DÉFEUTRER (du préf. priv. dé, et de feutre) v. a. Soumettre la laine peignée au défeutreur.

E.ZFEUTREUR n. m- Machine à défeutrer la laine. Deffand (Marie de Vicht-Chasiroxd, marquise dd), née au château de Cliamrond en 1697, d'une famille noble do Bourgogne, morte à Paris en 1780. Elle fut élevée au couvent mondain de la Madeleine de Troisnel (ou Tresnel), à Paris. Déjà, le doute la tourmente ; on lui envoie, pour lî convertir, MassUlon, qu'elle éblouit par les charmes de son esprit, et qui ordonne de lui faire lire un .. catecliisme da cinq sous ... A vingt-deux ans, elle épousa le marquis du Deffand plus âgé qu'elle; leur union fut de peu do durée. Belle instruito, spirituelle, mais sceptique et matérialiste, M°" du Deffand se trouva lancée sans guide dans une vie de plaisirs, devint la maîtresse du Régent, de Delrieu de Fargis. Son mari la chassa.

Un peu plus tard, nous la retrouvons à lacour de Sceaux.

Dans cette brillante société de la duchesse du Maine.

M"' du Deffand rencontre Voltaire. Fontenelle. La Motte.

M"« de Lambert, M"' de Launay, Formant, le président Uéiiault enfin, avec qui elle contracte une liaisonpublique qui durera jusqu'à la mort du président. En 1747, elle se relire aucouventde.Saint- Joseph, mais en entraînant avec elle la meilleure compagttie d'alors, savants, beaux espirits, femmes charmantes ; M»' <iu Chktelet, la duchesse de Grammont, la duchesse de Boufflors, Diderot, Voltaire, Hume, Montesquieu, d'Alembert. En 1750, la mort de du Deffand avait doré un peu la médiocrité de la recluse de Saint-Joseph, qui, dès lors, fut riche d'un revenu de 33.000 livres. En 1753, elle perd la vue. Grâce à son esprit, M"' du Deffand conserva sa royauté devant laquelle tout le monde se courbait, excepté J.-J. Rousseau. Elle prend pour dame de compagnie M"« de l..espinasse, qui la quitte en lui enlevant une partie des habitués do son salon; entre antres, d'Alembert. Malgré tout son esprit, elle est dévorée par l'ennui. M"* du Deffand avait soixante-huit ans, et il y en avait douze qu'elle avait

ficrdu la vue, lorsque Horace Walpole vint à Paris en 1765: a vieille marquise devint tout à coup amoureuse, et les lettres qu'elle écrit à son amant, plus jeune qu'elle de vingt ans, sont pleines de délicatesse, de charme, de docilité à la fois et de passion. D'abord, par crainte du ridicule, Walpolc se montra soc et dur envers elle, mais il finit par concevoir pour elle une amitié sincère et durable.

Il est donc facile de deviner (jnello fut sa vieillesse, vieillesse ennuyée, désolée, profondément triste, et elle ia traîna jusqu à l'âge do quatre-vingt-trois ans.

La Correspondance complète de la marquise du Deffand avec ses amis a été classée et annotée par do Loscure (1865). Il faut y joindre la Correspondance inédite de M" du Deffand, publiée par le mariiuis de Saint-Aulaire (1859). Devenue aveugle, la marquise dictait à son secrétaire Wiart d'intéressantes lettres adressées à Voltaire, t Horace Walpole, à M»" de Clioisenl. L'esprit abonde, les traits piquants se montrent en maints endroits, mais avec OUÏ aussi la sécheresse et l'égoisme. Voltaire était la K'oiro de son salon. Aussi adressait-elle au glorieux vieillard toutes ses cajoleries de femme : mais, dès qu'il meurt, ollo ne trouve ni un regret ni une larme. L'ennui qui la rongeait, et lo mal qu'elle se donnait pour s'en débarrasser, £0 trahissent dans sa Correspondance. Ses lettres sont pleines de curieux portraits et de fines appréciations .sur SOS contemporains, qu'elle juge avec liberté.

DeffÉS (Pierre-Louis), compositeur français, né à Toulouse on 1819, mort à Toulouse en 1900. H fut élève au Con.servatoire do Pans, et obtint le premier grand prix do Homo en 1817. Iioffes fit ses débuts de compositeur en dt>DDanl â l'Opéra-Cumiqne. en 1850, un petit acte, t'Anneou d'argent, et, deux ans après, la Clef des champs.

Mme du Deffand.

Entre les deux, il avait fait exécuter, en 1857, à l^ghse Notre-Dame, une messe solennelle, d'un grand ellet. Deffès fit représenter toute une série d'ouvrages, de lacture distinguée, dont voici les principaux : Broskovano (1858); les Petits Violons du roi ',1859); le Café du i-oi (1861); les Bourguii/nonnes (1862); Passé minuit (1864); la Boite a surprise (1865); les Croqueuses de pommes {ItHi) ; Petit bonhomme vit encore (1868); 'es iVoces de Fernande (1878). Deffès a aussi composé plusieurs chœurs sur des paroles languedociennes, dont l'un, la Toulousaine, est devenu populaire. Nommé, en 1S83, directeur du conservatoire de Toulouse, où il a su renouveler l'enseignement, il a fait représenter au théâtre du Capitole de cette ville, en 189S, un drame lyrique en quatre actes : Jessica, dont le sujet était tiré du Marchand de Venise, de Shakspcare.

DEFFIANCE idé-fi-anss) a. f. Dr. féod. Défi, provocation : Faire DEFFIANCE ;)nr lettre ou message, il Pillage exerce après un défi.

DEFFORGIE n. f. Bot. Syn. de forgésie.

DÉFI (lat. diffidalio: de diffidere. se défier) n. m. Provocation au combat : Envoyer un DEFI par un héraut. Il En chevalerie, on disait Défi d'armes.

Par ext. Provocation en général t Porter à quelqu im

un DÉFI aux échecs. Il Mettre quelqu'un au défi, de. Lui déclarer qu'on regarde comme impossible qu'il fasse la chose dont il est question : Mettre ad défi de soulever un poids, de prouver une assertion.

— Se porter défi ou un défi. Se valoir à pou près : \ os raisons SE portent défi; elles sont aussi mauvaises les unes que les autres.

— Encïci,. Dr. féod. Le droit de guerre était, au moyen âge, un privilège des nobles ; mais, pour qu'une guerre privée s'ouvrît légalement, il fallait que les actes d hostilité fussent précédés d'un défi, déclaré par lettres ou par un héraut. Le défi ne pouvait avoir lieu, entre suzerain et vassal, qu'après que le suzerain avait sommé son feudataire do comparaître devant sa cour, et l'avait lait condamner, soit présent, soit par défaut. La coutume voulait qu'un certain temps s'écoulât entre le défi et l'ouverture des voies de fait. Dans le cérémonial régulier, le roi d'armes du souverain devait se présenter devant l'autre souverain, sa dalmatique armoriée, ou drap rf'or, pliée sur lo bras, et il no la mettait que quand le royal auditeur lui en avait donné la licence. Alors, seulement, le roi d'armes parlait officiellemeut. Les défis et les sommations, quand il s'açissait de moindres personnages, étaient portés par des hérauts d'armes ou des trompettes. Dans le dort personnel, lo provocateur faisait jeter un gant d'armes, ou un gantelet devant le provoqué, et celui-ci faisait relever lo gant par ses commettants, s'il acceptait l'ajournement. Les chevaliers errants, quand ils ouvraient un pas d'armes, envoyaient porter leur défi par un écuyer, ordinairement accompagné de ménestrels et autres musiciens ou meneurs de bruits. Mais, pour que le défi fût valable, il fallait que le messager fiit admis à parler, que la partie défiée répondît, et qu'aucune opposition ne fût présentée dans les délais prévus. L'esprit procédurier et méticuleux des xiv et xv siècles multiplia ces formalités, dont on ressuscita les pratiques jusqu au milieu du xvi* siècle. L'usage des défis subsista, en Europe, longtemps après la chute de la chevalerie. François I", attaqué dans son honneur par Charles-Quint, l'appela publiquement en champ clos. Ce défi était imité de celui que Richard Cœur de Lion avait porté à Philippe Auguste, et de celui qu'Edouard 111, disputant la couronne de France à Philippe de Valois, avait adressé à son adversaire. Ces trois provocations n'eurent pas do suite. Un autre défi, plus récent et peut-être plus sincère, est celui que Henri IV adressa au duc de Mayenne et qui fut aussi sans résultat. Enfin, le dernier défi public qu'on eût autorisé en France a été celui de Chabot de Jarnac contre La Châtcigneraie. Les défis disparaissent pratiquement avec le XVI' siècle, car, depuis des années, on ne prenait plus la peine de s'assigner pour livrer bataille.

DÉFIANCE (fi-anss — lat. diffidentia; de diffidere, se défier) n. f. Défaut habituel de confiance, crainte d'être t.'ompé : La defianxe est fille du malheur, ii Action de se défier : Ecarte: d'injustes défiances. (J.-J. Ronss.)

— Défiance de soi. Manque de confiance en ses propres forces, en sa vertu, en son mérite. (Se dit en bonne et en mauvaise part) : La défiance de soi-même est une espèce de sagesse. (Christine do Suède.) La défiance de soi paralt/sa Louis XllI.

— pROV. : Défiance est mère de sûreté, Il ne faut pas être trop confiant, si l'on ne veut pas être trompé, il On dit plutôt MÉFIANCE, dans ce cas.

— Syn. Défiance, méfiance. Quand on a de la méfiance, on ne se fie pas du tout ; quand on a de la défiance, oa ne se Me qu'avec précaution. L'homme méfiant croit qu'il sera trompé; l'homme défiant craint de l'être.

— Anton. Assurance, confiance, sécurité.

DÉFIANCE, ville des Etats-Unis (Ohio), sur le Maumee,

près de son confluent avec la rivière Blanchard ; 8.600 hab. Ch.-I. du comté de son nom. Fort bâti par le général Voyne, en 1794.

DÉFIANCER {an-sé — du préf. priv. dé, et de fiancer. Le c prend une cédille devant les voyelles A et o : Nous définnçâmes. Nous défiançons) v. a. Rompre les fiançailles de : DÉFIANCER des jeunes qcns.

Se défiancer, v. pr. Rompre ses fiançailles, ii Etre déliancé.

DÉFIANT [fi-an), ANTE adj. Soupçonneux, qui craint continuellement d'être trompé : L'Iiomme qui a beaucoup souffert a d'ordinaire l'esprit défiant. 11 Inspiré par la défiance : Des paroles défiantes. Des regards défiants.

— Anton. Communicatit, confiant, crédule, expansif, sûr et assuré, tranquille.

DÉFIBRAGE {bi-aj') a. t. Action de défibrer.

— Techn. Opération qui consiste à transformer le bois en pite à papier, c'est-à-dire à séparer les fibres individuelles du bois, tout on leur laissant une longueur suffisante pour permettre lo feutrage, n Dans les sucreries coloniales, Action de défibrer la canne à sucre, afin do faciliter la sortie tlil jus.

DÉFIBRER (du préf. priv. dé, et do fibre) v. a. Procéder au fiétibrage.

DÉFIBREUR n. m. ou DÉFIBREUSE n. f. Papet. Machine destinée à produire lo défibrage du bois.

— Encycl. Lo défibreur so compose généralement d une

Déûbreur.

meule en grès, calée sur un arbre horizontal faisant près do deux cents tours à la minute. Un bâti en fonte supporte l'ensemble, en même temps qu'il entoure en partie la meule. Dans ce bâti sont ménagés circulairement des compartiments en fonte, dans lesquels se placent les bûches de bois à défibrer. Ces bûches sont pressées sur la meule au moyen de pistous dont les tiges, enferme de crémaillères, engrènent

avec des roues dentées mues par une chaîne sans lin. Le défibreur le plus employé, et dont le dispositif est celui énoncé ci-dessus, est dû à l'Allemand Vœlter.

DÉFIBREUR n. m. Dans les papeteries, Ouvrier chargé do la conduite des machines à défibrer le bois.

DÉFIBRINATION (si-'.)i) n. f. Action de défibrinor; état do ce qui est privé de fibrine.

DÉFIBRINERi;du préf. priv. rft', et de/î6n'ne)v. a. Priver de fibrine : l'ne nourriture peu substantielle déhbrinb le sang.

Se défîbriner, v. pr. Etre privé de fibrine.

DÉFICELER [se-lé — du préf priv. *■", et de ficelle. Double la lettre ( devant une syllabe muette : Je déficelle. Je déficellerai] v. a. Oter la ficelle de : Déficeler un paquet.

Se déficeler, v. pr. Etre, devenir déficelé.

DÉFICHAGE [ehaj') a. m. Action do déficher. Il On dit

aussi DÉCHALASSEMENT.

DÉFICHER (du préf. priv. dé, et de fiche) v. a. Enlever, arracher une fiche. Il Enlever les échalas de : Déficher les v/qnes.

Se déficher, v. pr. Etre défiche.

DÉFICIENT isi-aii), ENTE [du lat. deficiens. part. prés, duv deficere. manquer] adj. Arithm. Se dit d'un nombre dont les parties aliquotes, ajoutées ensemble, font uno somme moindre que le nombre lui-même : S est un nombre DÉFICIENT, SOS parties aliquotes I . S et 4 ne faisant que 7. 0 n'est pas DÉFICIENT, car I, S et 3 font 6. (Peu usité.)

— Géom. Hyperbole déficiente. V. défectif.

— n. m. : lin déficient.

DÉFICIT (sif — mot lat. qui signifie il manque) n. m. Ce qui manque pour balancer un compte, pour faire face a une dépense engagée, il PI. Des déficits.

— Admin. Manquant constaté par l'administration des douanes dans le nombre des objets déclarés.

— Comm. Objet qui manque dans un inventaire, il Déficit de caisse. Somme qui ne se trouve pas dans la caisse, bien que le livre des recettes et des dépenses en fasse ressortir la réalité.

— Fin. Excédent des dépenses .sur les recettes publiques.

— Hist. Monsieur et madame Déficit, Surnom donné, sous la Révolution, à Louis XVI et à Marie-Antoinette.

DÉFIER (rad. défi. — Prend deux i de suite aux deux prem pers du pi. de l'imparf de l'ind. et du prés, du subj. : Nous défiions. Que vous défiiez) v. a. Provoquer au conibat : Autrefois, un prince qui déclarait la guerre envoyait défier son ennemi par un héraut, il Provoquer à une lutte quelconque ■ DÉFIER quelqu'un à la marche, au billard. Il Déclarer incapable, mettre au défi : Défier quelqu'un défaire quelque chose. .

. Fig. Soutenir la eomparaison ou I épreuve de : La vérité DÉFIE l'investigation. (E. Scberer.) Il Braver, affronter : L'homme en place doit défier la médisance, braver la calomnie. (De Bonald.) a. ■..•

— Mar. Se prémunir contre quelt|ue chose, altainlu l'effet: Défiez l'embardée! Défiez l'aulofée! Il Défier la terre. En embarcation. Ne pas s'en approcher en tirant des bordées â la voile, il Défier du vent. Veiller à ne pas ralinguer. ,. , ■

iPROv. : Il ne faut jamais défier un fou. Il ne laut jamais mettre au défi do faire une chose extravagante quelqu'un qu'on sait assez téméraire pour l'entreprendre.

Se défier, v. pr. Avoir de la défiance, soupçonner qu on sera trompé, il Douter, avoir peu de confiance ou peu d'estime : Le silence est le parti le plus sûr pour celui qui se défie de lui-même. (La Rochef.) il Se douter : Je ne me SERAIS jamais défié que vous dussiez m'abandonner ainsi. (Peu usité.) n Se provoquer l'un l'autre, se porter un défi l'un à l'autre.

— Rem. Défier, danslo sens de provoquer, faire un défi, veut la préposition k : Défier quelqu'un À boire, n Dans le sens do déclarer impossible, il faut dire : Je le défie de faire cela.

— Se défier, dans le sens de se provoquer, veut a avec un nom : ils SE sont défiés au combat, n Dans le sens do avoir peu de confiance dans, il prend de avec un nom : Je ME DÉFIE de cet homme. — Il prend encore de dans le sens de se douter : Ilconimence à se défier du contraire. (Pasc.j — En ce sens, il se construit avec que devant un verbe : (Ju'il est difficile, quand on peut tout, de se défier Qu'on peut aussi tout entreprendre! {Uass.) Il Em'p\oyé dans lo sens de mettre au défi, co verbe veut que la personne défiée figure en complément direct. Ne dites donc pas : Je LEOR DÉFIE ; mais : Je les défie d'en faire autant.

11 Quand se défier que signifie craindre que, il prend ne avant lo verbe régi : On doit se défier Qu'ils ne i.ieiiiien(. Au contraire, quand se défier que est employé avec la négative, ne so supprime devant le verbe régi : Je ne me serais jamais défié que vous dussiez me manquer.

DÉFIEUR n. m. Celui qui défie. (Vieux.)

DÉFIGER ( je — du préf. priv. dé. et de figer. Prend un e après le g devant a et o : // défigea. Nous défigeons) v.&. Ramener à l'état liquide, en parlant do co qui est figé : DÉFIGER de l'huile. .

— Fig. et fam. Rendre moins froid, moins emprunt* : DÉFIGER un quaker.

Se défiger, v. pr. Etre, devenir défigé.

DÉFIGURANT {ran), ANTE adj. Qui dofiguro : Cicali'ice

Dlh'l'.lKANli:.

DÉFIGURATION {si-on) n. f. Action do dOtigurcr; état do co »nii osi (tt'liyurô.

DÉFIGUREMENT (man) n. m. Klat de co qui ost doligui'ô. (l*ou usito.)

DÉFIGURER {du prôf. priv. tlé, ot do figurer) v. a. Altérer la tiguro do : [/ne nouvelle coupe de barbe suffit à uiïki- GORiiR un homme.

— Par ext. Rondro laid, difforme : Les qualilés qui font ia beauté d'un sccc DibFiGORERAiiiNT l'auti'e. (Roussol.)

— Fig. Altéror, dénaturer : Défigurkr le lanijarje par la tnanic du iiéolotjisme. (Aead.) ii Donner uno idée fausso do : Souvent une traduction DKFiGDRii l'idée première.

Se défigurer, v. pr. So gâtor le visage, so rendre laid. Il Devenir laid.

DÉFILADE n. f. Mar. Action do défiler : la dki'ILAdiî de la flutte. il Feu de défiladf. Feu de vaisseaux qui tirent ù. mesure qu'ils délilonr.

— Fam. Série de morts successives ot fréquentes : Chaque hiver amène une uèviuave.

DÉFILAGE {hf — rad. défiler) n. m. Tcchu. Action d'ôtt-r les lils.

— Papot. Opération qui a pour but do diviser le chitlon, préalablement trié, délissé, lessivé et rincé, on tibrilU^s, comme do la charpie, sans les briser, il Quantité de chitl'ons soumise à l'action de la pile défileuse.

— Encycl. Papet. L'opération du défilage s'exécute à l'aide d'un appareil appelé pile défileusc ou simplement défilcuse, et qui se compose d'un cylindre portant sur sa périphérie des lames métallifiues qui, dans le mouvement de rotation imprimé au cylindre, passent devant d'autres lames fixes garnissant le fond dune cuve. Les chiffons s'écrasent entre les lames, et les fibres individuelles se séparent pour no plus former qu'une pàto filamenteuse.

DÉFILATEUR u. m. Art milit. Instrument dout les officiers du génie se servent pour défiler exactement sur le terrain les boyaux de tranchée.

— Encycl. V. défilement.

DÉFILÉ frad. défiler) n. m. Passage étroit entre deux hauteurs : Les Thei'inopyles étaient un défilé ou passade du mont Œta, entre la Thessalie et la Phocide, qui n'avait que vingt-ci7iq pieds de lai-yeur. (RoUin.) il Par ext. Passa^'e étroit quelconque. Il Fig. i" Situation embarrassante : On les fait passer par un défilé bien étroit, Je veux dire entre la vie et leur arqent. (Montesq.) Il 2" Série d'objets qui se succèdent : Le raout, cette froide revue du luxe, ce défile d'amours -propres en grand costume. {B3i\z.)

— Milit. Passage étroit quelconque qui oblige une armée ou une colonne de troupes à restreindre son front ; par conséquent, à s'allonger et à ralentir sa marche. (Les rues d'un village, un pont, etc., constituent des défilés. Aussi leur existence doit-elle être constatée à. l'avance par la cavalerie chargée de l'exploration, afin qu'on puisse prendre en temps opportun les dispositions de marche qui sont nécessaires). Il Défilé de troupes. Manœuvre qui consiste à faire passer, dans un certain ordre, tous les éléments d'une troupe devant une autorité militaire quelconf|ue.

— Techn. Pâte à papier telle qu'elle sort des piles défilouses, et qu'on appelle aussi effilochée ou demi-pàte.

— Syn. Défilé, col, détroit, etc. V. coL.

— Encycl. Milit. Lo défilé, qui s'exécute généralement à la suite d'une revue ou inspection, a pour but de permettre à celui qui l'a passée de jeter un coup d'œil d'ensemble sur les éléments qu'il vient d'examiner en détail et de les voir en mouvement après les avoir étudiés dans l'état d'immobilité.

Le défilé est souvent exécuté pour rendre les honneurs à certains personnages : il diffère suivant leur rang. Dans certains cas, tous les officiers saluent de Tépée ; dans d'autres, les officiers supérieurs seuls saluent, les autres devant se contenter de fi.xer les yeux sur la personne devant laquelle on défile.

Les troupes défilent aussi devant un condamné dans des conditions particulières. V. exixution.

11 existait jadis un défilé dit administratif, qui consistait à faire passer tous les hommes d'un corps de troupes un ù un devant lo fonctionnaire de lintendauco qui passait uno revuo d'effectif, afin do lui permettre de les compter.

DÉFILEMENT {man) n. m. Action do défiler, en parlant d'un corps de troupes, il Opération qui a pour but de donner aux crêtes d'un ouvrage fortifié uno hauteur et un tracé tels que l'intérieur de l'ouvrage se trouve soustrait, soit auxvues seulement, soit aux vues et aux coups de l'ennemi.

— Encycl. Fortif. Ce problème ne peut être résolu que jusqu'à concurrence d'une hauteur déterminée au-dessus du sol ou terre-plein de l'ouvrage. Ou adopte généralement 2 mètres comme la hauteur à partir do laquelle on cesserait d'être déiilé. Elle suffit pour que les hommes et les chevaux soient invisibles à l'ennemi. D'autre part, on admet gônéraloment I^.TjO, comme hauteur à laquelle peuvent s'élever, au-dessus du terrain environnant l'ouvrage et occupé par l'ennemi, l'œil do celui-ci ou lo point de départ do ses coups. Il faut donc, pour assurer le défilement, imaginer un plan passant à 2 mètres au-dessus <lu terro-ploin et à 1"»,50 au-dessus des points les plus élevés du terrain environnant, puis élever partout les crétrs couvrantes, do l'ouvrage jusqu'au contact do co plan. Souvent, on ost amené, pour résoudre ce problème, à. inultiplior les crêtes ot à disposer sur certains terro-picins des traverses, parados, cavaliers, ot autres masses couvrantes.

Il arrive aussi qu'on obtient par le tracé, c'est-à-dire par la direction donnée aux crêtes, co qu'on no pouvait réaliser que bien plus difficilement par la hauteur do la. masse couvrante. C'est à ce procédé qu'on a surtout recours dans lo cas des travaux d'approcho, boyaux do tranchées, sapes, etc., établis au cours d'un siège, et dout lo profil no peut être modifié à volonté. C'est par lo truc, c'est-à-diro par lo dispositif en zig-zag bien connu, (ju'un parvient à défiler l'intérieur de ces tranchées.

Dans les ouvrages do fortification passagère, il faut recourir à des procédés rapides pour on assurer lo délilcment et déterminer sur lo terrain mémo ce qu'on appelle le plan do site, c'ost-à-diro un plan parallèle au plan de défilement, mais situé à l"',.'')0 au-dessous do lui, et, par conséquont, rasant lo terrain dangereux. On détermine C(5 plan an moyen d'instruments nommés défilateurs, qui permettent do marquer l'intorsoction du pian do site avec

DKFIGURAM — DEFLECTEUR

dos porches ou jalons plantés sur le tracé des futures crêtes de l'ouvrage. En relovant ces points do 1"',50, ou a lo plan do délileinont, ainsi quo la hauteur jusqu'à laquelle on doit élever les crêtes pour assurer lo défilement de l'ouvrage.

Il est bien entendu que lo défilement no mot à l'abri (|ue des coups do plein fouet, et non pas à l'abri du tir plongeant.

DÉFILER {du préf. priv. dé, ot do fil)v. a. Otor lo fil qui (Milile : Defilku un collier, des perles, il Défiler son chape- Irf, Faire glisser les grains entre les doigts, en récitant <les prières.

— Fig. et fam. Dire sans s'arrêter tout co qu'on a à cœur de dire.

— Fort, et art milit. Défiler un ouvrage de fortification. V. DÉFILEMENT. Il Défiler des troupes. Les établir dans uno situation qui les mette à l'abri dos coups d'enfilade do l'ennemi.

— - 'ïcchn. Défiler les chandelles. Les enlever des broches, lorsqu'elles sont finies, n Défiler les chiff'ons, Les diviser, pour en faire de la pâte à paiùer.

Se défiler, v. pr. Etre, devenir défilé.

— Fam. : Le chapelet se défile, Toutes ces personnes meurent successivement.

— Art milit. Se mettre à l'abri do l'onfilado : Se défiler des batteries ennemies. \\ Pop. S'enfuir.

DÉFILER (du préf. dé. et de file) v. n. Marclier, se présenter à la suite les uns des autres : l^émoijis qui défilent. liegarder défiler un cortège.

— Art milit. Marcher en colonnes, par rangs, par files, en parlant des soldats ; Armée qui défile, il Défiler la parade. Défiler après la parade. — Pop. Mourir.

— Par anal. Quitter, abandonner la place les uns après les autres, n Fig. Disparaître, n Fam. Mourir l'un après l'autre : Notre Académie défile ; j'attends mon heure. (Volt.)

— Faire défiler les embarcations, Les faire passer à poupe do l'amiral.

— n. m. Action do défiler, eu parlant dès troupes : Assister au défiler, il On écrit plutôt défilé.

DÉFILEUR n. m. Péch. Nom quo l'on donne aux bâtimonts de pêche pour la morue, qui sont pres(|ue continuellement sous voiles et préparent leur pèche à bord.

— Papet. Syn. de défileuse et de pile dêfileuse.

DÉFILEUSE n. f. Première pile d'une fabrique de papier dans laquelle on jette les chiffons destinés à faire du papier pour les défiler. V. défilage.

— Adjectiv. : Pile dêfileuse.

DÉFILOCHAGE {rhaf) n. m. Parties qui se détachent de la laine ou de la soie en forme de tiloches lors des préparations qu'on leur fait subir pour la filature : Déchets de Uiine et defilochages. "V". filocues,

DÉFILOCHER (du préf. priv. dé, et de filocke) v. a. Détacher k'S filoches.

De finibus bonoriim et malorum, ouvrage philosophique de Cicéron. V. fins des riens et des maux.

DÉFINIR (lat. defînire; de finis, fin, terme) v. a. Donner la définition de : On définit le triangle une figure qui a trois côtés et trois angles. Il Fixer, déterminer, préciser, indiquer : Définir le temps oit telle chose se fera, le lieu dans lequel telle chose est arrivée, Définir un mot, En déterminer la signification. Il Définir une personne, Déterminer quel est son caractère, quelles sont ses qualités.

— Dr. can. Décider d'une manière ofrioioUo dans les questions de doctrine ; Les conciles définissent les dogines.

Défini, ie part. pass. du v. Définir.

— Gramm. Se dit d'un mot employé dans un sens particulier et déterminé, ii Article dé fini, 'Cchii (|ui ne s'emploie qu'avec un nom qui désigne un objet individuellement déterminé : Le, la, les sont des articles définis; un, une, des sont des articles indéfinis. Il Passé défini. Temps qui exprime une action faite dans un temps déterminé et complètement écoulé, comme : Je le vis hier, ii Mode défini. Modo dans lequel sont déterminées les circonstances de temps, de personne et do nomlire : L'indicatif est un mode DÉFINI, l'infinitif un mode indéfini.

— Bot. Se dit d'un œil dont la végétation s'arrête définitivement à partir d'un certain moment, il Se dit aussi des étamincs quand leur nombre no dépasse pas douze et se montre constant dans uno espèce donnée, w Inflorexcence définie. Celle qui a lieu lorsque la tige so termine par une fleur qui porto à la base do son pédicello deux bractées opposées.

— Miner. Proportions définies. Celles qui, dans les substances naturelles, offrent di-s rapports simples, d'un atonio à un, à doux, à trois, etc.

— Substantiv. au masc. Objet défini, déterminé par uno tlofinition : Vous vouiez que je substitue la définition à la place (lu défini. (Pasc.) il Co qui est défini, précisé, déterminé : Le DÉFINI et /'indéfini.

" Anton. Indéfini, vague, indistinct.

Se définir, v. pr. Etre défini, il Expliquer sa propre nature, son propre caractère.

DÉFINISSABLE {ni-sabV) adj. Qui est susceptible d'être défini.

— Anton, indéfinissable.

DÉFINISSEUR [ni-seur) n. m. Celui qui définit, qui aime à donner des définitions : I^cke est un grand définisseer et un mauvais logicien. (Napol. 1".)

DÉFINITEUR (bas lat. definilor; do definitus, part. pass. du V. drfinire, définir) n. m. Celui qui, dans quelques ordres religieux, a reçu mission do participer d'une certaine manière à l'administration des afi'airos do l'ordre.

— Encycl. La plupart des constitutions monastiques ordonnent la tenue régulière, à des époques fixes, do chapitres ou assemblées chari^'éos de pourvoir aux besoins ot aux intérêts do l'ordre. Les délégués, que chaque couvent élit pour lo représenter à ces assomblôcs, sont appelés, chez les franciscains et dans d'autres ordres, définileurs. Uy a deux sortes do cliapitros : les chapitres généraux et los chapitres particuliers. Il y a do mémo dos défiuitcurs généraux ot dos définiteurs particuliers. Pondant la tenue des chapitres, rautorité ost remise entre les mains des définiteurs; dans plusieurs ordres même, co sont eux qui choisissent los supérieurs des différents couvents.

DÉFINITIF, IVE (lat. dcfinitivus; du priv. de, ot de finis, lin) adj. Qui tormiuo uno chose, qui no permet plus

de modification ultérieure : y?(?(j'/''/nc?i( définitif. liicnn'cst définitif sur la terre. (B. Const.)

— Dr. Jugement (/('/('"/(/, Ju|^einent qui statue sur le fond,

— n. m. Ce qui est délinitit : Le DÊFiNiriF ne se laisse voir qu'aux morts. (V. Hugo.)

— Anton. Provisoire, provisionnel.

DÉFINITION (.9î-on — lat. definitio; de defmirc, définir) u. f. Enonciation dos qualités propres d'un objet, qui lo font connaître on lo distinguant de tout autro objet : La définition est souvent utie opération fort difficile.

— Dr. can. Décision officielle en matière do doctrine : Les DÉFINITIONS dos conciles font autorité dans l'i'Jglise.

— Log. Définition nominale, ou de nom, ou de mot, Colle qui explique la signification propre d'un mot. n Définition de chose, ou définition réelle, Enuméralion qu'on fait des attributs distinctifs d'une chose pour faire connaître sa nature, n Définition universelle, ou adéquate, Collo qui convient à tout ce qui est contenu dans l'cspèco définie. Il Définition particulière. Définition dont lo caractère ost do no convenir qu'à la chose définie.

— Khétor. Lieu commun par lequel les rhéteurs odtendent l'explication courte et claire d'une chose.

— Hist. ecclés. Syn. do DÉFiNiroinK.

— Encycl. Log. La définition est l'explication de la nature d'uno chose parVénonciation de ses principaux attributs. Les scolastiques disaient : c'est une proposition dont l'attribut développe toute la compréhension du sujet. Uno définition doit être courte, sous peine do so confondre avec une description ou une démonstration et de perdre les trois quarts do son utilité. Elle doit être claire, ce qui ne signifie pas qu'elle puisse toujours êtro comprise à première vue par ceux qui n'ont pas les premiers éléments d'une science, car la brièveté exige l'emploi des termes techniques. Surtout, elle doit êtro réciproque : uno proposition est réciproque, quand l'attribut ot le sujet peuvent être intervertis sans qu'elle cesse d'être vraie. Par exemple : l'homme est un animal raisonnable. Réciproquement, tout animal raisonnable est homme. Enfin, la définition doit être adéquate, c'est-à-dire qu'elle doit convenir à tout le défini et rien qu'au défini.

La définition se fait par le genre prochain et la différence spécifique. En effet, définir, c'est classer une chose inconnue dans un genre connu, et c'est, en même temps, distinguer cette chose de toutes les autres contenues dans le même genre ; on appelle différence spécifique celle qui sert à distinguer l'espèce du genre ou des autres espèces du genre, et genre prochain celui dans lequel rentre immédiatement l'espèce.

La Logique de Port-Royal distinguait los définitions de choses, ayant les caractères que nous venons d'indiquer, et los définitions de mots, <]ui expriment ce qu'on entend par un mot et qui sont arbitraires et exemptes d'erreur (car on ])eut donner à un mot un sens quelconque). Cette distinction n'a pas de valeur; ce qu'on appelle définition de mot est une simple dénoinination et non pas une vraie définition.

Il faut distinguer les définitions mathématiquest qui sont construites à priori par l'esprit, et les définitions empiriques, qui sont formées à l'aide do l'expérience. Dans les sciences mathématiques, les définitions sont au début, et l'on en tire tout le contenu par déduction. Dans les scienoes de la nature, elles sont à la fin, car elles résument les résultats des recherches.

DÉFINITIVE n. f. Situation définitive, dernier état. (N'est usité que dans la locut. adv. En définitive, Après tout, décidément : En définitive, un peu vaut mieux que rien.) Il En T. de procéd.. Par jugement définitif : Gagner son procès en définitive. [On a dit aussi en définitif.]

DÉFINITIVEMENT adv. D'une maniôro définitive : Juger DÉFINITIVEMENT, il Eu définitive: On ne sait jamais dêFINI- TivKMHNT à quoi s'en tenir.

— Anton. Provisoirement, provisionnellement.

DÉFINITOIRE {to-ar') n. m. Lieu oii s'assemblent les définiteurs, où so règlent les afi'airos d'un ordre religieux ou d'une province du mémo ordre. ,i Assemblée do ces of.iciers. (On dit aussi définition.!

DÉFLAGRANT {gran),AîiTi: adj. Qui a la proprié'.é do dcfi;igrer : Des matières défl.\.gr.\ntes.

DÉFLAGRATEUR [rad. déflagrer) n. m. Pliysiq. Appar.'U (•lectru-ina;jiutique, propre à mettre lo fou à des

niaticres explu:!>n'os.

DÉFLAGRATION [si-on — rad. déflagrer) n. f. Combustion très active d'un corps, avec tlammo ou étincelles : La DÉFi..\GRATioN du Salpêtre, du phosphore.

— Ensemble des phénomènes ignés qui précèdent réruption d'un volcan.

— Fig. Action violente, qui se propage avec rapidité : La DÉFLAGRATION dcs passîons.

— Encycl. Chim. La combustion so produit do différentes manières : lentement, sans grande production de chaleur ni è^o lumière, ou bien simplement avec chaleur, ou bien, comme dans l'infiammation, en produisant do la clialour et de la lumière. Lorsque lo dégagement de chaleur ost tellement vif quo des parcelles de la matière en combustion sont lancées do tous les cêtés avec accompagnement de petites détonations et do lumière, comme dans fa réaction qui so produit lorsque l'on jette du sodium ou du potassium dans do l'eau, il y a déflagration.

DÉFLAGEŒR (lat. deflaqrarc, brûler en jetant beaucoup d'éclat) v. n. S'onllamnicr avec explosion ot fracas : Cne étincelle suffit à faire déflagrer une poudrière.

DÉFLÉCHIR (du lat. defleclerc, même sons) v. n. Changer de direction: s écarter de sa direction naturelle : Hai/ons

qui DÉFLÉCHISSENT.

V. a. Changer la direction do : Defléciiir une verge.

— Fig. Détourner, dévier : Ils .^e laissent défléchir ;)ar mille obstacles qui les détournent du vrai but. (J.-J. Rouss..'

— En T. d'obstétr.. Opérer la détlcxion. Défléchi, ie part. pass. du v. Défiéclur.

— Bot. Syn. do recourue, ée. (So dit des tigos qui, uprès s'être élevées à uno certaine liauteur, décrivent un arc ot retombent vers la terre.)

Se défléchir, v. pr. So redrosser, en parlant de la têio du fœtus lléchie sur la poitrine.

DÉFLECTEUR {flèk' — du lat. deftcctcre, suniu deflectum, (lêllécliir) n. m. Mar. Appareil servant ù détonninor la déviation dos compas dos navires pour régler leur compensation.

DÉFLEGMATION — DEFRAYER

DÉFLEGMATION OU DÉPHLEGMATION {flèg'-ina-si) n. f. Distill. Action de détleûmer : La déflegmation de l'alcool.

— Encycl. La dé/legniation est une nouvelle distillation à laquelle on soumet l'alcool de premier jet, dans le but d'en séparer les parties les plus aqueuses, parties qui distillent en premier. Ou donne à ce produit secondaire le nom de fleg7ne [ou phlegme). La déflegraation diffère de la rectification en ce qu elle fournit deux produits ; le liquide resté dans la cucurbite de l'alambic, qui est le produit principal, la cause de la défiegmation, et le liquide distillé (flegme).

DÉriXGMER ou DÉPHIXGMER [fl'h/ — du préf. priv. dé, et de flegme) v. a. Dêpouilier l'alcool de premier jet do sa partie aqueuse.

DÉFLEURAISON n. f. Bot. Syn. de défloraison.

DÉFLEURIR (du préf. priv. dé, et de fieuriv) v. a. Détruire ou enlever les fleurs de : La gelée et le vent dë- FLBORissENT les arbres fruitiers.

— Par ext. Otcr le velouté ou la fleur de certains fruits : On DKFLKURiT Ics pntncs en les louchant trop.

— Fig. Enlever le charme, la fraîcheur, la candeur : Ce fun'este positif qui défleurit l'imagination et tue le génie. (Ch. Nod.)

— V. n. Perdre ses fleurs : Certaines plantes fleurissent et DÉFLECRissENT rapidement.

Se défleurir, v. pr. Perdre ses fleurs.

— Fig. Perdre son charme, son attrait.

DÉFLEXION [flè-ksi — lat. deflexio; de deflectere, déflôchir) n. f. Physiq. anc- Action par laquelle un corps se détourne de son chemin, par l'efl'et d'une cause étrangère et accidentelle : La déflexion de la lumièi^e.

— Obstétr. Temps de l'accouchement où la tète du fœtus, d'abord fléchie sur la poitrine, se redresse, puis se fléchit en arrière pour se dégager.

DÉFLORAISON {rc-zon — \a.i. defloratio: du priv. de. et do /7os, fïoris, fleur) n. f. Chute ou flétrissure uaturollo des fleurs, li Epoque à laquelle ce phénomène a lieu.

DÉFLORANT (rav), ANTE adj. Qui déflore, qui ôte le ckarme do la candeur : Il y a des hommes dont les éloges viémessont déflorants. (M""* E. de Gir.)

DÉFLORATEUR n. m. Celui qui déflore une fille.

— adj. Fig. Qui déflore, qui détruit les charmes : L'esprit DKFLORATiiUR de Louis XVIJI. (Balz.)

DÉFLORATION (si-on) n. f. Physiol. Action de déflorer imo fille.

— Fig. Perte de la candeur pudique : Toute situation honteuse, tout état indécent dont une fille est obligée de rougir intérieurement, est une vraie défloration. (Butf.)

— Encycl. Physiol. Normalement, la défloration est, chez la femme, le" fait du premier rapprochement sexuel. Elle consiste essentiellement dans la rupture, ordinairement sanglante, de la membrane hymen, ou au moins dans la dilatation de son orifice. Ce signe n'est pourtant pas, loin de là, un témoin Irrécusable de la perte de la virginité proprement dite. D'une part, l'hymen i>eut avoir résisté au rapprochement viril, et on a vu des femmes enceintes chez qui cette membrane subsistait dans son intégrité. D'autre part, l'hymen peut être rompu autrement que par l'organe viril. Les signes accessoires de la défloration i flétrissure des grandes lèvres, leur bâillement laissant apercevoir les petites lèvres, etc., ont encore moins de valeur. V. viol, virginité.

DÉFLOREMENT(ni(ïn)n. m. Action de déflorer; résultat de cett« action.

— Féod. Droit de déflorement. Droit qu'avait le seigneur, d'après certains auteurs que d'autres combattent, de déflorer les nouvelles mariées roturières, et qui fut converti en prestation pécuniaire, au xiv* siècle.

— BiBLiOGR. : Louis Veuillot, Le' droit du seigneur.

DÉFLORER [du préf. priv. dé, et du lat. flos, floris, fleur) v. a. Faire perdre la virginité de : Déflorer une fille. t Par exagér. Faire perdre la candeur pudique.

— Fig. Enlever la fraîcheur, la candeur, le charme primitif à : La publicité DÉfLORE ^e* choses du cteur. (Lamart.)

Sedéflorer.v.pr.Détruire sa virginité, il Perdre safleur: L'anthère se déflore en émettant son pollen.

— Fig. Perdre sa fraîcheur, sa pureté.

DÉFLUER (lat. defluerc; de de, marquant origine, et de f?'Aere, couler) v. n. Couler en bas, découler. (luus.)

— En T. d'astron., Se dit d'une planète qui, après avoir passé en conjonction d'une autre planète, commence à s'en éloigner.

DÉFLUXION {ksi-on) n. f. Action de déflucr, de couler de haut en bas. (Inus.)

— Pathol. anc. Catarrhe. It On dit aujourd'hui fluxion, dans le langage ordinaire.

DÉFOLIATION {si) n. f. Bot. Chute des feuilles. V. dé-

FECILLAISON.

DÉFONÇAGE (saf) n. m. Agric. Action do défoncer un terrain au moyen do la charrue défonceuse, dans le but de ramener à la surface du sol les parties non fatiguées encore par la culture; résultat de cette action, il On dit aussi défonck, et dkfoncemknt.

— Tcchn. Opération qui, dans le corroyage, consiste à ramollir le cuir dans l'eau, puis à lo frapper fortement, soit avec lo talon d'un gros soulier appelé <i escarpin d(! boutique ';,soitavec une masse de bois nommée « bigorne ».

— ïonncil. Action d'enlever des fonds d'une futaille, d'un tonneau.

— EscYCL. Agric. Le défonçage ou défoncement n'est souvent opéré que par exception, pour préparer le sol à recevoir des plantes dont les racines ont oesoin de pénétrer profondément, dans le cas de culturesarbustives(vignes,arbrt's fruitiers, pépinières) ou do cultures de plantes herbacées à racine très pivotante : luzerne, chicorée à café, etc. D'autres fois, il consiste simplement en un laljour un peu \AvA profond qu'à l'ordinaire, qu'on renouvelle chaque anoée, jusqu'à augmenter suffisamment l'épaisseur de la couche arable. Il a toujours pour conséquence un assainissement et une amélioration notable des propriétés physiques do la terre, parce que lo sous-sol divisé est rendu, en mfimo temps que plus pénétrable aux racines, plus perméable à l'eau.

Lo défonrjagc est exécuté tantôt & bras, avec la bêche ou la pioche et la pelle, tantôt au moyen d'uno seule

charrue appelée défonceuse. (V. ce mot.) Le défoncement à bras est plus parfait, mais plus coûteux ; il s'impose quand l'opération présente dos difficultés particulières (terres trop caillouteuses, trop dures, trop humides, etc.). Quelquefois, on combine les deux méthodes; une charrue retourne le sol, et des ouvriers suivent derrière, ameublissant le fond de la raie de labour. Il y a intérêt à mélanger la terre du sol à celle du sous-sol, quand celle-ci peut apporter à l'autre des éléments chimiques qui lui font défaut. Il arrive même qu'on substitue la seconde à la première; très fréquemment, lo sous-sol doit être simplement ameuDli et laisse en place. Dans les premiers cas, une forte fumure, parfois un chaulage, sont indispensables-

La profondeur du labour de défonçage varie de 0'",'10 à 1 mètre, suivant les circonstances et l'objet qu'on se propose. L'époque la plus favorable pour l'exécuter est à la fin de l'automne, un peu avant l'hiver.

DÉFONCE n. f. Agric. V. défonçage.

DÉFONCEMENT {man) n. m. Action de défoncer; état de ce qui est défoncé : Le défoncement d'un tonneau.

— En T. d'agric, Syn. do défonçage.

DÉFONCER {se — du préf. priv. dé, et de fond. Le c prend une cédille devant un a ou un o : Aous défonçons, il défonça) v. a. Oter le fond do : Défoncer un baril, »» chapeau, il Dégrader, ctfondrer : Les phdes défoncent les chemins, il Briser, enfoncer : Poids qui défonce un parquet. Il Par ext. Culbuter, en parlant d'une troupe.

— Agric. Fouiller à deux ou trois pieds de profondeur, ôter les pierres, les gravois, et mettre du fumier ou de la terre nouvollo : Défoncer un champ, un pré. ii Faire un labour profond.

— Mar. Défoncer une voile, La déchirer au fond, vers le centre, en parlant du vent.

— Techn. Défoncer un cuir, Lo ramollir avec de l'eau, puis le frapper fortement avec le talon d'un gros soulier ou avec une masse de bois, n On dit aussi fouler.

Se défoncer, v. pr. Etre défoncé; perdre son fond. il Se crever, en parlant d'un navire. Il Se dégrader, s'effondrer.

DÉFONCEUSE {seuz') n. f. Agric. Charrue de forme spéciale, qu'on emploie pour opérer les défoncements. il On dit aussi charrue fodilledse, charrue sous-soleuse.

— Teclin. Machine pour exécuter mécaniquement, dans le bois, dos évidements à bords verticaux ou moulurés.

(Elle agit au moyen d'une mèche à cuiller, que des mécanismes spéciaux permettent de promener à la surface de la pièce de bois.)

— Encycl. Agric. Il existe deux types principaux de défonceusos : P les machines avec lesquelles l'opération est exécutée d'un seul coup. [Elles se composent, en général, do deux charrues (coutre, soc, versoir), placées l'une à la suite de l'autre. La première retourne le sol et la seconde fouille, ameublit ou retourne le sous-sol]; 2° les machines moins puissantes, avec lesquelles on divise ou retourne simplement la terre du sous-sol, tandis qu'une charrue ordinaire, qui les précède pendant le travail, retourne la couche arable. [Ces dernières sont ou bien des charrues ordinaires pourvues de versoirs spéciaux, soit des fouiUeuses dont les dents divisent et ameublissent le sous-sol sans le retourner.]

DÉFORESTATION {rè-sta-si) n. f. Action de détruire les

forêts.

DeforgeS (Philippe-Auguste Pittaud, dit), autour dramatique français, né à Paris en 1805, mort à Saint- Gratien en 1881. Il a écrit, le plus souvent en collaboration, un grand nombre de vaudevilles pleins de verve et de gaieté, des livrets d'opéras-comiques et des drames. Nous citerons, entre autres : Henri iV en famille (1828); Vert-Vert (1832); Sophie Arnould (1832); le Père LathuUle (1836); Frascati (1838); Lekain à Draguignan (1839); le Forgeron de Saint-Patrick (IS^O) ; une Nuit au sérail {\SA\); une Aventure de Scaramouche (1841); Jean Bart (1850); la Balte des Moulins (1852) ; le Bijou perdu (1855) ; etc.

DÉFORIS (Jean-Pierre, dom), moine bénédictin de la con^^régation de Saint-RIaur, né à Montbrison en 1732, guillotiné par ordre du tribunal révolutionnaire en 1794. Il publia plusieurs ouvrages pour la défense de la religion et do l'état monastique; mais il est surtout connu par l'édition des Œuvres de Bossrœt (1772-1790), qu'il fit paraître ;ivcc la collaboration du libraire Lamy.

DÉFORMABLE adj. Qui peut so déformer ou être modifié dans sa lorme.

DÉFORMATEUR, TRICE adj. Qui déforme ou corrompt.

— Sulistaniiv. : Que de prétendus RÉFORMATEURS qui ne sont que des déformateurs!

DÉFORMATION [si — rad. déformer) n. f. Altération do la forme normale : Déformation de la taille.

— (léom. V. DÉFOttMER (Slî).

— Encycl. Môd. Plusieurs causos peuvent amener la déformation d'un organe ou d'uno partie du corps : l'atrophie ou l'hypertrophie des muscles, des os. lo rachitisme et l'ostéonialacio, les tumeurs, les contractures, les rétractions cicatricielles, les luxations et les fractures. L(>s déformations delà colonne vertébrale prennent le nom do déviations.

DÉFORMEMENT [man] n. m. Action do déformer ; état do ce qui est déformé.

DÉFORMER (du préf. priv. dé, et de former) v. a. Altérer la forme de : Le corset déforme la taille des femmes.

— Fig. Changer en mal, en laid ; Déformer le goût. Se déformer} v. pr. Perdre sa forme naturelle ou habituelle.

— Gcom. On dit qu'une figure géométrique se déforme lorsqu'elle se moditie d'une façon continue, ce qu'on exprime analytiquement en supposant que les paramètres des équations de la courbe ou do la surface dépendent d'une variable.

DÉFORMEUR (du préf. priv. dé, et de forme) n. m. Ouvrier cordonnier qui retire les chaussures de la forme et leur donne la dernière façon avant de les livrer au commerce.

DÈFORMITÉ n. f. Syn. anc de difformité.

DÉFORTIFIER (du préf. priv. dé, et de fortifier) v. a. Déniulir les lurtiilcations de : Défortifier u«e /jfact'.

Se défortifier, v. pr. Etre déforlifié.

DÉFORTUNE (du préf. priv. dé. et de fortune) n. f. Mauvaise fortune succédant à un état de prospérité. (Ce vieux mot ne forme pas double emploi avec infortune, car on peut naître dans l'infortune.)

DÉFORTUNÉ, ÉE adj. Qui est tombé dans la défortune. (Vieux.)

DÉFOUETTER (fou-è-té — du préf. priv. dé, et do fouet) V. a. Oter la ticelle dont on se sert, dans la reliure, pour serrer un livre et en marquer les nerfs.

DÉFOUIR (du préf. priv. dé, et de enfoui}-) v. a. Tirer de terre, en parlant d'un objet enfoui : Défouir un trésor.

DÉFOUL ifoul') n. m. Dans le pays d'Avranches, Verger planté de pommiers.

DÉFOURNAGE n. m. Techn. Syn. de défournement.

DÉFOURNE n m. Diminution que produit l'équarrissage sur une l'ièct- de boib eu grume, un tronc d'arbre.

DÉFOURNEMENT {maji) n. m. Action de retirer du four : Le DKiouKNiiMEiNT rfu pain, des briques, du coke.

DÉFOURNER(du préf. priv. dé, et de fonrn, anc. forme de FuuKl V. a. Teclin. Tirer hors du four : Défourner de la chaux, des porcelaines.

— Jeu. A l'ancien jeu de billard, Faire revenir la bille dans la passe par l'endroit opposé à celui où elle avait d'abord passé.

— Anton. Enfourner.

DÉFOURNEUR (rad. défourner) n. m. Ouvrier qui, après la cuisson parfaite, fait tomber le coke hors du four. Il Appareil à l'aide duquel on opère le défournage ou défournement du coke, en renversant et faisant basculer la grille du four.

DÉFOURNIR (du préf. priv. dé, et de fourjiir) v. a. Dégarnir. (Peu usité.)

Défourni, te part. pass. du v. Défournir.

— n. m. Mar. Vide, défaut de matière qui altère les dimensions voulues dune pièce de construction.

— Techn. Ce qui reste aux angles des bois qui ne sont pas équarris à vive arête.

DÉFOURRER (fou-ré — du préf. priv. dé, et de fourrer) V. a. Oter la fourrure de : Défodrrer un manteau.

— Agric. Faire sortir le grain de l'épi en battant les gerbes au fléau.

— Mar. Enlever la garniture d'un cordage appelée '1 fourrure «.

— Techn. Dans les ateliers de batteurs d'or. Enlever les fourreaux qui enveloppent les cauchers, pendant l'opération du battage.

DÉFOURRURE (/bu-ntr' — rad. défourrer) n. f. Nom donné aux gerbes qui, après avoir été battues au fléau, ont été livrées aux moutons, afin qu'ils recherchent les épis dans lesquels il peut être resté quelques grains.

DÉFRAI [frè) n. m. Action de défrayer, de payer les frais occasionnés : Le défrai de Pierre le Grand coûtait iJUO cens par Jour. (St-Sim.)

DÉFRAÎCHIR {frc~ du priv. dé. et de frais) v. a. Faire perdre la fraîcheur de : Déi^raÎchir une robe, un chapeau,

— Fig. Faire perdre la candeur à : Défraîchir une jeune âme.

Se défraîchir, v. pr. Perdre sa fraîcheur.

— Fig. Perdre sa candeur.

DEFRANCIA(rf^, si — de Defranc, n. pr.) n. m. Genre de liryuzoaires cyclostomates, famille des fascigéridés, comprenant des polypiers simples, fossiles dans les terrains jurassiques, il En tant que genre de mollusques, defrancia est synonyme de clathrurella (pleurotomidés).

DÉFRANCISATION {si-za-si) n. f. Action de défranciscr ou do se défranciscr ; résultat de cette action.

DÉFRANCISER (5i-ct' — du préf. priv. dé, eiàe franciser) V. a. Faire j)erdrc le titro de citoyen français à : La naturalisation à rétra7n/er DÉVRA'^cisk nos coinpatrioies. wliépouiller des liabitudes ou des sentiments de Français : Le séjoïir à l'étranger défrancise.

Se défrcinciser, v. pr. Devenir défrancisé.

DÉFRAUDATION [frô-da-si — du préf. priv. dé, et du lat. fnnis, fuidis, fraude) n. f. Action de dépouiller par lYaudo. (Mot employé par Frédéric II, roi de Prusse.)

DÉFRAYEMENT ( /"ré- 7>mH ) Action de défrayer. (Vx.) Il On dit mieux défrai.

DÉFRAYER {frè-ié — du préf. priv. dé, et de frais, dépense : Je défraye ou défraie, tu défrayes ou défraies, il défraye ou défraie, nous défrayons, vous défrayez, ils défrayent ou défilaient. Je défrayais. 7wus défrayions. Je défrayai, nous défrayâmes. Je défrayerai ou défraierai, 7ious défrayerons ou défraierons. Je défrayerais ou défraierais, nous défrayerions ou défraierions. Défraye ou défraie, défrayons, défrayez. Que je défraye, que nous défrayions. Que je défrayasse, que 7wus défi-ayassioiis. Défrayant. Défrayé, ée) V. a. Payer la dépense de : Le roi de Pologne avait sept cent mille écus par aîi, et la Lithuanie le défrayait. (V. Hugo.)

— Fig. Fournir le repas, l'entretien :

Je veux qii'îi mon souper celle-ci (la tortue) me défraye.

La Fontaine-

ï'ne deyni- douzaine de lieux communs défrayent le monde depuis la création. (Th. Gant.) il Défrayer la compagnie, Lui donner matière à rire. \\ Défrayer la conversation, ^ i^VQuéiVo

la principale part, ot aussi, En faire lo sujet, il Défrayer la chroni'iue, Faire parler do soi.

Se défrayer, v. nr. Payer ses frais : N'avoir pas de quoi SR DKhitAYi-R à /vjfj/f-'/. Il S'indoinuisor do sus frais : Kk i)t:i-'RAYi-:K de ses proj)res mains.

DÉrRAYEUR(/V<*-ftN(r'),EUSEn. Celui, coUo qui tlôfrayo, qui paye la dopciiso d'un autre. (Pou usité.)

Defrcgger (Kran(;ois dk), pointro autrichien, nd en 1835 à Stronaoli, dans lo Tyrol oriental. Aprùs avoir gardé los troupeaux, il ôtmlia la pointure à Innsbruck, puis ù Paris, outra dans l'atolier do Piloty, ù Munich, ot so consacra ù la pointure dos scènes populaires tyroliennes. 11 a 6f;aU)mont OXC0II6 dans la peinture d'histoiro; son beau tableau : t'Arrirre-Oan, i^pisodo du soulôvoment tyroheii do 18i)'.> contre Naj)oIéon ot la Havidro (1874), en co moment ù la Kalorio impériale do Vienne, est connu par un<' multitude de reproductions. Maigre l'éclat do son colons ot une remarquable mise eu scène, ses sujets bistoriiiues sontconsidorôs comme manquant un peu de force ; lo genre populaire est son véritable terrain. Dcfregger fut anobli on 1ss:î, et nommé professeur à l'académie do Munich.

DEFRÉMERY (Cliarlos), oriontalisto français, né à Cambrai (Nord) on 1822, mort à Saint-Valery-en-Caux on ISS'j. IL était membre do l'Académie des inscriptions ot bcHoslettrcs, membre du conseil do la Société asiatique ot professeur de langue ot do littérature arabes au Collège de France. Outre de nombreux articles, qui ont été réunis sous lo titre do Mémoires d'histoire orientale (1854-1802', on lui doit dos traductions d'ouvrages persans ot arabes . Histoire des sultans fihourides, de Mirkhond (1844) ; histoire des Samaiiides, du mémo (1845); Histoire des khans mofjols du l'urkestan et de la Transoxiane, de Khondémir (1852); Gulistan ou le Parterre des roses, do Sadi (1858); etc. Il a publié le texte persan de l'Histoire des sitltaJïs du Kharezm, do Mirkhond (1843), ot J'ragments de géographes et d'historiens arabes et persans inMits (1849).

DÉFRICHABLE adj. Qui peut être défriché : Terre hû-

FRICHABLE.

— Anton. Indéfrichable.

DÉFRICHAGE n. m. Agric. Syu. do défrichement.

DÉFRICHE n. f. OU DÉFRICHÉ n. m. Terrain défrich.-.

DÉFRICHEMENT [man) n. m. Action de défricher; résultat de cette action : Le défrichement des landes. \\ Terrain défriché : Défrichement qui est en plein rapport.

— Fig. Premier travail, débrouillement : 2'oute civilisation commence par un pénible défrichement.

— Encycl. Eaux et for. Le défrichement des terrains boisés est toujours aléatoire, car la forêt est le modo d'exploitation tout indiiiué dos terres trop pauvres, fortement sableuses ou calcaires, éloignées des habitations, et, d'autre part, les terres boisées profondes et fertiles, à proximité des exploitations agricoles, ont été mises en culture depuis longtemps. D'ailleurs, l'autorisation do défrichement ne peut être accordée par l'administration que pour les bois dont le maintien n'est pas d'intérêt public.

Le défrichement de landes suflîsamment profondes et saines, qui dépondent d'une exploitation déjà existante, est une opération avantageuse, quand on l'exécute dans de bonnes conditions. Les meilleures landes à défricher, lorsqu'elles sont de nature granitique, sont celles où croissent simultanément la fougère, l'ajonc et la bruyère. Quand on ne rencontre que des bruyères, c'est l'indice d'un sol peu profond et d'un sous-sol à peu près imperméable : il n'y a rien à tenter, sinon le boisement ou lo reboisement.

Généralement, on défriche une lando en deux labours successifs, exécutés de l'automne au printemps. Au premier labour, on retourne sur une épaisseur do quelques centimètres la couche superticielle et la végétation qu elle supporte. Cette couche étant séchée, on la divise à la herse, puis on laboiiro profondément.

Les landes granititjues sont pauvres en acide phosphoriquo et en chaux, mais elles sont riches do débris végétaux et elles renferment, par conséquent, beaucoup d'azoto organique inassimilable. Aussi, un peu avant l'oxécution du premier labour, est-il excellent d'épandro des phosphates (non pas des superphosphates qui augmenteraiont l'acidité naturelle du sol). Postérieurement, on pratique un chaulago ; la chaux neutraUse cotto acidité et détermino la nitrification de l'azote organique. V. cuaulage, nitrifi-

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