‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 603 sur 870 · DÉGREVER — DEHAIT · texte numérisé non relu

DÉGREVER — DEHAIT

erreur matérielle (disparition de la matière imposable par ' exemple), ou sur une erreur d'appréciation des répartiteurs ou du contrôleur. Il prend alors le nom de décharge ou réduction. Le dégrèvement général, qui profite à la masse des contribuables, est Tœuvre du Parlement. On peut citer, parmi les dégrèvements consacrés depuis la guerre de 1870-1871 : la suppression de la surtaxe du sel, de l'impôt sur les savons, sur les transports; le dégrèvement de la contribution foncière non bâtie, l'abaissement du prix du port des lettres et des télégrammes, la réduction des droits sur les boissons hygiéniques, sur le pétrole, la suppression de l'impôt sur le papier, etc.

DÉGREVER (du préf. priv. dé, et de grever. — Change le second é en è devant une syllabe muette : Je dégrève. Que tu dégrèves; excepté au fut. et au cond. prés. : Je dégrèverai. Tu dégrèverais) v. a. Supprimer ou diminuer l'impôt, la taxe de : Dégrever une marchandise, il Lever, purger des hypothèques qui grèvent une propriété : Dégrever un immeuble.

— Fig. Décharger, soulager, affranchir, débarrasser, délivrer.

Se dégrever, v. pr. Etre dégrevé.

— Fig. Se délivrer, se décharger.

De Grey, fleuve cûtier de l'Australie occidentale, tributaire de l'océan Indien, parcourant le district aurifère de Pilbarra-Nullagine. Cours : 435 kil. environ.

DÉGRILLER {Il mil. — du préf. priv. dé, et de grille) T. a. Retirer des grilles, faire sortir du couvent : La mort du comte de Verne dégrilla sa femme. (St-Simon.)

DÉGRINGOLADE n. f. Fam. Action de dégringoler; résultat de cette action.

— Fig. Décadence, changement progressif de bien en mal et de mal en pis ; La dégrlngolade d'un financier.

DÉGRINGOLÉE (lé) n. f. Fam. Dégringolade; objets qui dégringolent : Une dégringolée de chèvres. (H. Taine.)

DÉGRINGOLER {origine inconnue) v. n. Rouler précipitamment de haut en bas : Dégrlngoler de l'escalier.

— Fig. Déchoir rapidement.

— Activ. : DÉGRINGOLER l'escalter.

— Argot. Tuer : Dégringoler un pante.

DÉGRISEMENT (man) n. m. Fam. Action de dégriser.

— Fig. Calme qui succède à un état d'exaltation : Le DÉGRISEMENT des passîoHS, de l'en(hoitsias7ne.

DÉGRISER (du préf. priv. dé, et de gris) v. a. Faire passer Tivresse de ; Le sommeil dégrise un homme.

— Fig. Détruire l'illusion, le charme, l'exaltation : Les turpitudes humaities doivent dégriser de l'orgueil. (Boiste.)

Se dégriser, v. pr. Sortir de l'état d'ivresse.

— Fig. Se désillusionner, sortir d'un état d'exaltation. DÉGRONDER (du préf. priv. dé, et de gronder) v. n. Fam.

Cesser de gronder.

DÉGROSSAGE (s/ro-Srt/) n. m. Action de dégrosser un lingot d'or ou d'argent qu on veut faire passer â la filière ; résultat de cette action.

DÉGROSSER {gro-sé — du préf. priv. dé, et de gros) v. a. Amincir les lingots d'or ou d'argent avant de les faire passer à la filière.

Se dégrosser, v. pr. Etre dégrossé.

DÉGROSSIR igro-sir' — du préf. priv. dé, et de gros) v. a. Oter le plus gros de la matière, pour la préparer à recevoir la forme que l'on doit lui donner: Dégrossir wi bloc de marbre.

— Fig. Faire une première ébauche de : Dégrossir un cLCte de arame, un discours, il Rendre moins grossier, moins sauvage, moins ignorant : Dégrossir un écolier, ii Commencer à débrouiller, à éclaircir : Dégrossir une affaire.

— Fr.-maçonn. Dégrossir les viandes, Les découper.

— Techn. Dégrossir une épreuve. Lire la première épreuve d'une feuille d'impression pour en corriger les plus grosses fautes : On dégrossit les épreuves avant de les envoyer à l'auteur. [Peu usité ; on dit : lire en première.] Il Dégrossir les lames. Les faire passer une première fois sous les cylindres du laminoir, après la fonte.

Dégrossi, /e'part. pass. du v. Dégrossir.

— n. m. Techn. Première partie do l'opération appelée douci, ayant pour objet, dans les fabriques de glaces coulées, de rendre les deux faces d'une glace parfaitement planes et parallèles, en faisant disparaître les aspérités avec du sable quartzeux imbibé constamment d'eau, et en imprimant à la glace un mouvement de va-etvient au moyen d'un outil spécial que l'on appelle ferrasse. Il Presse dont on se servait jadis pour rendre les monnaies plus unies.

Se dégrossir, v. pr. Etre, devenir dégrossi.

— Fig. Se polir, se façonner.

DÉGROSSISSAGE {gro-si-saf) ou DÉGROSSISSEMENT

{f/ro-si-se-man} n. m. Action de dégrossir, do donner la première façon à un ouvrage, à une pièce de bois, à un bloc de pierre ou de marbre, ii Commencement d'étirage au laminoir, qui, succédant au cinglage, donne une forme plus régulière aux pains ou blooms qui proviennent de la loupe. Il Première opéraiîon faite pour réduire en plaques les barres de fer destinées à la fabrication de la tôle mince, et

aui s'opère à l'aide d'un laminoir à cannelures en forme 'ogives, u Premier passage des lames de métaux précieux sous les cylindres du laminoir, dans l'orfèvrerie ou la fabrication des monnaies d'or et d'argent, au sortir de ta liagotière. ti Opération par laquelle on dégrossit à la lime la pièce destinée à fournir une lame de couteau.

DÉGROSSISSEUR [gro-si-seur), EUSE n. Ouvrier, ouvrière qui dégrossit un objet.

DÉGROSSISSEUR [gro-si-seur' — rad. dégrossir) n. m. Cylindre de fonte à cannelures ogivales, dont on se sert pour réduire les pains ou blooms provenant de la loupe on grosses barres, il Sorte de filtre ou appareil formé de plusieurs cases où l'eau que l'on filtre se débarrasse des saletés les plus grossières.

Degtiarew (Etienne), musicien russe, né en 1766, mort en 1813, Il se fit connaître comme compositeur par des chants religieux d'une réelle valeur, entre lesquels on distingne surtout un Pater noater, un Gloria in excelsis, uo Vere aignum et justum. est et son Chant des chérubins. On lui doit aussi sous ce titre : la Délivrance de la Russie en iGlî,*xia grand oratorio dont il écrivit la musique sur UD poèœo du prince E.-D. Gortschakow et dont ie sujet était la guerre coniro l'invasion des Polonais. La plupart des compositions do Degtiarew sont restées en manuscrit.

DEGUÉLIE ighé'li) n. f. Genre d'arbrisseaux sarmenteux, de la famille des légumineuses-papUioûacées, tribu des dalbergiées, comprenant une espèce, qui croît â la Guyane.

DÉGUENILLER {ghe-ni-llé [Il mil.]) v. a. Déchirer, mettre en guenilles : Degueniller ses habits, il Par ext. Ruiner, réduire â la misère : Degueniller un banquier.

— Pop. Maltraiter de paroles.

Déguenillé, ée part. pass. du v. Degueniller.

— îSubstantiv. Personne déguenillée : Je veux qu'on soit nu ou vêtu : je Ji'aime pas les déguenillés. (H. Taine.)

Se degueniller, v. pr. Se mettre en guenilles.

DeguerlE (Jean-Marie-Nicolas), littérateur français, né à Issoudun en 1766, mort à Paris en 1824. Il fut censeur Ju lycée Louis -le-Grand. Outre des poésies gracieuses, on lui doit une ingénieuse satire : Yhloge des perruques, sous le pseudonyme d'ÂKERLio (1799); la Guerre civile, poème librement imité do Pétrone (1799); etc.

DÉGUERPIR {ghèr-pir — du préf. priv. dé, et de l'anc. franc, guerpir, d origine germanique, que l'on trouve dans les vieux auteurs, où il signifie Abandonner, céder quelque chose à quelqu'un, et dans le sens neutre, Quitter, laisser, délaisser) v. a. Dr. Sortir de, abandonner la possession de : DÉGDERPiR une maison, une rente. Héritage dégderpi. Il Par ext. Faire sortir : Déguerpir u?» lapin de son terrier. (Inus.)

— v. n. Sortir, se retirer précipitamment, et souvent contraint et forcé ; Mieux vaut déguerpir de ta vie quand on est jeune, que d'en être chassé par le temps. (Chateaubr.)

DÉGUERPISSEMENT {ghèr'-pi-se-man) n. m. Dr. Abandon de la possession d'un bien : Le déguerpissement d'un héritage, w Action de déguerpir, de se retirer.

— Dr. anc. Déguerpissement volontaire, Celui qui, étant accepté par le vendeur, ne se trouvait soumis à aucune formalité particulière, n Déguerpissement forcé, Celui qui n'était point accepté et qui se faisait par acte au gretfe du tribunal, avec notification et assignation au bailleur.

— Dr. féod. Abandon d'un fief par un vassal à son seigneur suzerain, n Action d'un serf qui, ne pouvant supporter les charges qui lui étaient imposées, abandonnait sa métairie.

— Encycl. Dr. Le déguerpissement est l'acte par lequel le détenteur d'un immeuble grevé d'une rente ou d'une charge foncière déclare, pour s'exonérer de ses obligations, se désister de la propriété et de la possession de cet immeuble.

Dans l'ancien droit, le déguerpissement était souvent confondu avec le délaissement. Il existe, cependant, entre ces deux actes, des ditférences notables. L'objet du déguerpissement était de se dégager de la rente ou redevance foncière assise sur le fonds. Le délaissement n'a lieu, comme autrefois, que pour les hypothèques. Le déguerpissement se faisait à celui qui avait été autrefois propriétaire de l'immeuble et ne I avait cédé qu'à la charge de la rente foncière: on remettait les choses dans l'état où elles étaient avant le contrat ; au contraire, le délaissement se fait au simple créancier. Celui qui faisait le déguerpissement abandonnait la propriété ; celui qui fait le délaissemont n'abandonne que la possession ; ce n'est que par l'adjudication qu'il perd la propriété. Enfin, par le déguerpissement, le propriétaire rentrait dans sa chose et la gardait; au contraire, le délaissement ne donne au créancier en faveur de qui il est fait que le droit de vendre l'héritage ; il lui est défendu de le garder.

Le déguerpissement constituant une véritable aliénation, il faut pour déguerpir être capable d'aliéner. Le déguerpissement n'est donc permis qu'aux personnes majeures et maîtresses de leurs droits. Ainsi : !*• les gens de mainmorte ne peuvent pas être admis au déguerpissement, s'ils n'ont rempli toutes les formalités sans lesquelles toute aliénation leur est interdite ; 2" ni le mineur ni son tuteur ne peuvent déguerpir qu'en vertu de l'autorisation du conseil de famille, homologuée en justice ; 3" une femme mariée ne peut déguerpir sans le consentement de son mari. Le preneur doit, en outre, avant de déguerpir, remplir tous ses engagements envers le bailleur; sinon, son déguerpissement est considéré comme nul.

La loi ni les coutumes n'ayant point indiqué de règles à suivre pour le déguerpissement, il peut avoir lieu soit en justice, soit par acte notarié, soit par un simple acte sous seing privé.

DÉGUERPISSEUR {ghèr'-pi-seur') n. m. Dr. Celui qui fait abandon d'un bien.

DegUERRY (l'abbé Gaspard), prêtre et prédicateur français, né à Lyon en 1797, fusillé comme otage de la Commune en 1871. Il fut professeur en divers séminaires et aumônier dans la garde royale (1827). Il se livra ensuite à la prédication et obtint de grands succès à Lyon et à Paris. Il fut curé de Saint-Eustache (1845) et de la Madeleine (1849). En 1861, il refusa l'évêché de Marseille, et, en 186S, prépara le Prince impérial à sa première communion. Un monument, dû au statuaire Oliva, lui a été élevé dans les sous-sols de l'église de la Madeleine. L'abbé Deguerry a laissé plusieurs recueils de Sermons (1867-1870) et l'Histoire de l'Aytcien et du JS'ouveau Testament (1846).

DEGUET {ghè) n. m. Boisson que les nègres fout avec le riz fermenté dans l'eau.

DÉGUEULADE (gheu) ou DÉGUEULETTE {gheu-lèf) n. f. Pop. et tnv. Action de vomir, il Choses vomies.

DÉGUEULAS (qheu-lass) adj.Triv. Dégoûtant, répugnant.

DÉGUEULÉE (gheu-lé) n. f. Triv. Ce qui est rendu à chaque etfort pour dégueuler : Rendre tout son dîner en trois dégueulees.

— Fig. Injures, invectives.

DÉGUEULEMENT {gheu, man) n. m. Triv. Action de dégueuler.

— Techn. Barbe qu'on fait de chaque côté des arêtiers et des contre-fiches, pour qu'ils tiennent dans l'arête du poinçon.

DÉGUEULER {gheu — du préf. priv. dé, et de gueule) v. a. Tnv. Vomir : Dkgueuler son dîner.

— Fig. Vomir des injures.

— Charpent. Pratiquer sur un poinçon l'opération du JéL'ueulement.

DÉGUEULEUX {gheu-leû — rad. dégueuler) n. m. Archit. Gros masques de pierre ou de plomb dont on orne les cascades, et qui vomissent l'eau dans uu bassin. (Vieux.)

DÉGUEULIS {gheu-U) D. m. Triv. Matières dégueulees, vomies.

DÉGUIGNONNER {ghi-gno-né [gn mil,] — du préf. priv. dé, et de guignon) v. a. Fam. Faire cesser le guignon de : // suffit dune pièce pour dégcignonner un théâtre. (Se dit lirincipalement au jeu.)

Se aéguignonner, v. pr. Cesser d'avoir du guignon ; se soustraire au guignon.

DÉGUISABLE {ghi) adj. Qui peut être déguisé : Le setitiment de l'amour n'est pas deguis.\ble.

DÉGUISEMENT {ghi-ze-man) n. m. Ce qui sert à se déguiser : Déguisement qui rend méconnaissable, n Etat d'une personne déguisée.

— Fig. Fausse apparence ; dissimulation ; artifice auquel on a recours pour cacher la vérité : Les hommes droits et simples agissent sans déguisement. (Fén.)

DÉGUISER (ghi-zé — du préf. dé, et de gttise) v. a. Travestir de façon à rendre méconnaissable : Déguiser un homme en femme. Une fausse barbe déguise bien un homme.

— Changer pour cacher : Déguiser son nom, son état. Il Dénaturer pour se rendre méconnaissable : Déguiser

sa voix, sa démarche.

— Fig. Cacher sous des apparences trompeuses : Déguiser l'orgueil sous des dehors modestes, ii Dénaturer par des changements ou des réticences : Le mal ne vient pas des vérités qu'on publie, mais des vérités qu'on déguise. (De Custine.) n Déguiser son jeu. Donner le change sur ses projets, sur ses intentions, n Déguiser sa cocarde, Atfecter des opinions politiques différentes de celles qu'on a.

— Déguiser les mets, les viandes. Les assaisonner, les apprêter de telle sorte qu'on les reconnaisse difficilement.

Déguisé, ée part. pass. du v. Déguiser.

— Subslantiv. Masque de carnaval : Au mardi gras, il y a plus de curieux que de déguisés.

— Allus. hist. : La parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée. V. parole.

Se déguiser, v. pr. Etre caché, déguisé, n Prendre un tléguisement, se travestir, cherchera se rendre méconnaissable. ;i Se montrer autre que l'on n'est réellement, ti Chercher à n'être pas connu ou pénétré, ii Cacher, déguiser à soi-même.

— SvN. Déguiser, travestir. On se déguise dès qu'on se montre aux autres sous une apparence qui empêche qu'on soit reconnu ; un masque sur la figure, une barbe postiche, suffisent pour opérer le déguisement. Travestir suppose nécessairement que l'on met d'autres vêtements que ceux que l'on porte d ordinaire, vêtements qui trompent non seulement sur la personne, mais encore sur sa condition : uu bourgeois se t7'avestit en soldat, une femme de qualité se travestit en paysanne. Au figuré, un plagiaire déguise ses emprunts, c'est-à-dire qu'il donne comme siens des passages empruntés à d'autres : Scarron a. travesti l'Enéide, c'est-à-dire qu'il l'a imitée en la rendant ridicule.

— Déguiser, cacher, celer, etc. V. cacher.

DÉGUISEUR {ijhi-zeur'), EUSE n. Celui, celle qui déguise, au propre et au figuré. (Vieux.)

DÉGUSTATEUR, TRICE {sta) n. Personne qui vérifie et constate par la dégustation la qualité des boissons : Des dégustateurs experts.

— Fig. Appréciateur : Le Français est le dégustateur intellectuel de toutes les productions de la pensée dans le monde. (Lamart.)

— Adjectiv. Qui déguste : Un commissaire dégustateur. DÉGUSTATION {sta-si) n. f. Action d'apprécier par le

sens du goût les qualités sapides d'une substance quelconque : La langue joue ttn grand rôle daris le mécanisme de la dégustation. (Brill.-Sav.j

— Fig. Appréciation : La dégustation d'un auteur. (Ste-Beuve.) il Action de savourer avec une sorte de sensualité morale : La dégustation d'im mystère! cela ressemble à la primeur d'un esclandre. (V. Hugo.)

DEGUSTER {sté — lat. degustare ; de gustus, goût) v. a. Goûter avec attention, en parlant des liquides dont on veut apprécier la qualité : Déguster du vin, de l'eau-de-vie. tl Savourer : Déguster son café, une liqueur.

— Fig. Apprécier : Déguster une œuvre d'art, n Savourer avec une sorte de sensualité morale ; Déguster tous les chaiines d'une existence indépendante.

Se déguster, v. pr. Etre dégusté.

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