DE GUSTIBUS ET COLORIBUS NON EST DISPUTAN
DUM Des goûts et des couleui's il ne faut pas dtsputer)^ proverbe latin qui doit son origine aux scoliastes du moyen ùge, et qui s'est ensuite popularisé sous saforme française. (On le cite pour donner â entendre aue chacun est libre de penser, d'agir, etc., comme il lui plaît.)
DÉGUT {gu) n. m. Huile empvreumatique d'odeur agréable, que l'on fait en distillant î'écorce du bouleau, et avec laquelle on prépare les cuirs de Russie. (Cette huile les rend absolument imperméables.)
DÉGUTTÉ, ÉE (gu-té — du lat. gutfa, goutte) adj. Couvert de gouttes, il Taché comme par des gouttes d'eau.
DeHA, peuple cité par la Bible comme soumis à la suzeraineté de la Perse. (Ce sont probablement les Dai, Dabi ou Dahœ, nation nomade de Perse, dont parlent plusieurs historiens et géographes de l'antiquité.)
DEHAASIE {de-a-zî) n. f. Genre d'arbres, de la famille des lauracées, tribu des persées, comprenant un petit nombre d'espèces qui croissent dans l'Inde et les iles voisines.
Syn. HAASIE.
DÉHACHER (du préf. priv. dé, et de hacher^ v. a. Déchirer, mettre en pièces. (Vx.)
DehaisneS fChrétien-César-Augustei, historien et archéologue français, né à Estaires (Nord) en 1825, mort à Lille en 18?7. Il reçut la prêtrise, s'adonna à l'enseignement, devint archiviste du département du Nord (1871), et vice-recteur de la faculté catholique de Lille (1882- 1888). On doit à cet érudit, qui s'est surtout occupé de l'art flamand: De l'art chrétien en Flandre (1860); Des documents et extraits divers concernaîit l'histoire de l'art dans In Flandre, l'Artois et le Hainaut, et Histoire de l'art dans la Flandre, l Artois et le Hainaut avant le xv" siècle (1886), monument d'érudition, qui lui valut un prix Gobert ; le JVord artistique et monumental (1897).
DEHAIT (hè — du préf. de, et de l'anc. franc, hait, disposition morale) n. m. Fauconn. Maladie spéciale qui atteint les oiseaux de proie dressés pour la cliasse. (C'est une sorte de paralysie de l'aileron, qui les empêche de voler carrément, où, comme l'on dit, de bon gré.)
DEHAITER (ft^-M — rad. dehait) v. a. Rendre malade ; afrtigor, doroutor. (Vx.)
Dehaité, ée part. pass. : Faucon deuaitk, Crécerelle DEHAiTKK, K^ucon, Crécoi'ollo qui no volo pas de bon gré, par suito d'iino attointo do ilùliait.
DÉHALER (du préf. priv. di', et do halcr) v. a. Mar. Halor hors du port, rtdovor au vont à I aido d'ombarcations, do romorquos ou d'amarres, oa parlant d'un naviro tombé on diirive ou ({ui a lito ali'alé sous quclquo côto : DliHALEiî un bâtiment.
— V. n. p]tro déliait^ : Un bâtiment qui déhalk.
Se déha.ler, v. pr. En parlant d'un naviro, Se relever eu faisant de la voilo ou par ses propres moyens.
— Fam. Marcher en traînant son corps avec plus ou moins de difficulté : à'n relevant de maladie, on a peine à SE DiÎHALER. ii Sortir d'embarras, se retirer d'une mauvaise position : Mauvaise affaire dont on aura de la pcme à sE
DÉHALKlt.
DÉHÂLER (du préf. priv. de dé, et de hâler) v. a. Faire disparaître lo halo do : Pommade qui déhâle le teint.
Se déhàler, v. pr. Corriger sur soi l'effet du hâle.
DÉHANCHEMENT {man) n. m. Action do se déhancher ; résultat de cette action, il Manière de marcher molle et abandonnée, ou manière voluptueuse do danser : Certains DÉiiANCiïEMENTS, qui soTit flus d'uue courtisa7ie que d'une femme du inonde (E. Littré.)
DÉHANCHER {du préf. priv. dé, et de hanche) v. a. Démettre, rompre les hanches à : Faute de précautions, on DÉHANCHE quelquefois les très jeunes enfants.
— Fig, Disloquer, détruire la liaison de :
Chacun peut à son gré, sans crainte d'un revers, Dégingander sa prose et déhancher ses vers.
ViENNET-
Déhanché, ée part. pass. du v. Déhancher.
— Art vétér. Cheval déhanché. Cheval chez lequel les hanches sont accidentellement effacées, totalement ou en partie.
— Substantiv. Personne déhanchée.
— Syn. Déhanché, éhanché. Ces doux mots devraient différer entre eux en ce que le premier seul exprimerait la rupture ou la dislocation réelle de la hanche, tandis que l'autre n'en exprimerait que l'apparence résultant d'une démarche mal assurée. Mais, en fait, déhanché se prend dans les deux sons, et éhanché est d'un emploi fort rare.
Se déhancher, v. pr. Se démettre, se rompre les hanches. Il Par ext. Etre peu ferme sur ses hanches, se dandiner avec mollesse et affectation, il Remuer les hanches d'une certaine façon : Datiseitsc habile à se déhancher.
— Fiç. et fam. Affecter do se donner beaucoup de mal pour faire quelque chose, il // h'i/ a pas de quoi se déhancher. Cela no demande que peu de travail.
DÉHARDER (du préf. priv. dé, et do harde, corde) v. a. Véner. Détacher, en parlant des chiens qu'on veut lancer et qui étaient liés quatre à quatre ou six à six, il Débarrasser, en parlant des chiens pris dans leur couple.
Se deharder, v. pr. Etre déhardé. ii Se délier, en parlant des chiens qui étaient couplés.
DÉHARNACHEMENT (man) n. m. Action de déharnacher ; état qui en résulte : Le déharnacuement des chevaux.
DÉHARNACHER (du préf. priv. dé, et de harnacher) v. a. Oter le harnais de : Déharnacher des chevaux.
— Fam. Débarrasser d'un vêtement lourd, d'un accoutrement incommode, il Mettre en désordre les vôtemenis de.
Se déharnacher, v. pr. Etre déharnaché.
— Fam. So débarrasser d'un accoutrement qui gêne. DehÈQUE (Félix-Désiré), helléniste, né à Paris en 1794,
mort en 1870, fut membre libre de l'Académie des inscriptions (1859). Ses principaux ouvrages sont : un Dictionnaire grec-français moderne (1825); les Poésies cupriques d'Andréadis (1837); le texte et la traduction dos Poésies de Christopoulos (1831); etc.
DehÉRAIN (Pierre-Paul), agronome français, né à Paris en 1830, membre de l'Institut, professeur au Muséum d'histoiro naturelle et à l'Ecole d'agriculture de Grignon, auteur de : Chimie et physique horticoles (1854); Recherches sur l'emploi agricole des phosphates {\S60) ; Annuaire scientifique, en collaboration avec Duméril, GuiUemin, etc. (1861-1870); EUments de chimie (1867-1870), on collaboralion avec Tissandier ; Culture du champ d'expériences de la station agronomique de Grignon: f87.'}-fS7S{l^l9); Travaux de la station agronomique de l'Ecole d'agriculture de Gj-igtum (1889) ; les Engrais, les ferments de la terre (1895); les Piaules de grande culture (1897); etc.
DÉHÉRITE n. m. Nom donné à des philosophes arabes
?|ui croient lo mondo éternel : Avicenne et Averrhoès sunt es plus illnsti-es rfes déhérites.
DÉHERNESCHIER {èr'-uèss-chi-é — du préf. priv. dé, et de harnais) v. a. Mar. anc. Déferler : Déhernescuier la voile. DÉHISCENCE [hiss-sanss — du lat. dchiscere, s'ouvrir) n. f. Bot. Action par laquelle un organe clos (antliùro, fruit, sporange, etc.) s'ouvre naturellement et régulièrement, suivant une loi détorminéo par sa structure.
— Encycl. La déhiscence do l'anthère so fait ordinairement par des fentes longitudinales {déhiscence longitudinale) , quoique fois parues poros terminaux {déhiscenceporicide:
solanum), par un couvercle terminal (pyxidanthera), par do petits clapets latéraux (épincvinotto), etc. — La nature de la déhiscence est détorminéo dans chaque cas par la disposition spéciale d'une assise, dite mécanique, dont cha- . - - -
que COllulo épais- JJ'^'an.im ; a DVpInc-vinfltto.-f rui(5 : i. D'IrU ; Bit ot liL'nlfîo sa "■ ^* colchlqu.-; fl. De pavot; 7. Do labnc ; Bit et iignino sa ^ p^ mouron reuire.
membrane suivant certaines bandes inégalement réparties sur les diverses faces. La déhiscence est provoquée par la sôcho-
Dôhtsconco. — Hlamui:
resse de l'air, qui contracte moins fortement les partio" lifïniUôes de la membrane que les parties restées à l'état do cellulose pure (Loclerc du Sablon).
La déhiscence du fruit peut so faire par dos fentes longitudinales (follicule, gousse, sHique); cos fentus, t[ui so forment do haut en bas, découpent dans lo péricarpe des valves ou dos dents (œillet), suivant i[u'ellos s'étendent plus ou moins loin ; quand lo fruit est pluriloculaire, la déhiscence longitudinale est dite loculicuie (lis, iris, tulipe), septicide (colchi(|ue, tabac), suivant quo les fontes sont situées sur la liyno médiane et dorsale des loges, au niveau des cloisons de séparation des loges, sans ou avec rupture de celles-ci contre la paroi du péricarpe. La déhiscence peut encore se faire par une fente transversale Ipyxidc) : mouron rouge, jusquiamo, ou par des trous {déhiscence poricide) : pavot.
DÉHISCENT (/i(ss-5an), ENTE adj. Se dit, en botanique, des organes qui s'ouvrent naturellement le long d'une suture préexistante.
Dehn (Siegfried "Wilhelm), théoricien et musicographo allemand, né à Altona en 1799, mort à Berlin en 1858. Il publia nombre de manuscrits de compositions importantes; entre autres, beaucoup d'œuvres encore inédites do Jean-Sébastien Bach, ainsi que toute une collection de corapositious à quatre, à dix voix de maîtres des xvi» et xvii» siècles, sous ce titre : Sammlung von Musikstiicken ans dem xvi'"" wid xvii'"» Jahrhundert. On lui doit doux traités : Science théorique et pratique de l'harmonie {\^\(\) ; Science du contrepoint, du canon et de la fugue. Le second ne vit le jour qu'après la mort do son auteur. Il était suivi d'analyses de duos, trios, etc., de Marcello, de Palestrina, etc., et d'exemples de canons et de fugues des meilleurs maîtres(l858). Dehn adonné aussi une traduction allemande de la notice de Delmotte sur Roland de Lattre.
DehODENCQ (Edme-Alfred-Alexis), peintre français, né et mort à Paris (1822-1882). Il suivit, à l'Ecole des beauxarts, l'atelier do Léon Cogniet et débuta par des tableaux religieux : sainte Cécile^ en adoration (^1844); le Doute (1845); saint Etienne traîné au supplice (1846). Il lit ensuite plusieurs voyages en Espagne et en Afrique, dont les souvenirs eurent une grande influence sur la suite de son œuvre. Désormais, ce furent les scènes de genre qu'il affectionna. Citons : Course de taureaux en Espagne (1851): Rohémiens et Bohémiennes au retour d'une fête en Andalousie (1853); Concert juif chez un caid marocain (1855); Exécution d'une juive au Maroc; Mariée juive à Tanger (1861); Christophe Colomb arrivant au couvent de la habida, Espagne (1861); une Fête juive au Maroc (1865); la Justice du pacha (1866); Arrestation de Charlotte Corda)/ (1868) ; portrait de Théodore de Banville (1868); l'Adieu du roi Boaodilà Grenade; la Sortie du pacha (1869) ; Fête juive à rang-er (1870); une Matinée d'octobre au Luxembourg (1872); le Conteur marocain, souveiiir de Tanger, qui figura au Salon de 1877 et à l'Exposition universelle de 1878 ; etc. Dehodencq compte parmi les plus originaux orientalistes. Un curieux livre a été écrit sur lui par Gabriel Séailles.
— Son fils Edmond, peintre, né à Cadix (Espagne) en 1862, mort en 1887. Il avait exposé pour la première fois à l'âge de onze ans. Il a exposé aux Salons suivants : Italienne (1876); Deux portraits (1879); Départ pour le /rt6our(1882); portrait de M'^' D. R. ; Guignol (1887). Il a laissé, en outre, un buste fort remarquable de son père.
DÉHONTER (du préf. dé, et de 'honte) v. a. Déshonorer :
Comment! dans un chAtean dont l'antiquité brille. Venir de guet-apens iléhonter une fille!
Tu- Corneille.
Déhonté, ée part. pass. Ehonté, sans honte, sans pudeur : C'est un homme déhonté, une femme tout à fait déhonték.
— Substantiv. : Uti déhonté. Une dehontek. DEHORS {de-or — de de, et hors) adv. Hors du lieu.
ti Mettre, Jeter quelqu'un deho7-s. Le chasser, lui donner son congé, le mettre à la porto.
— Fam. iVe savoir si l'on est dedans ou dehors. A'e pas sai'ojV si quelqu'un est dedans ou dehors. N'être ni dedans ni dehors. V. dedans.
— Mar. En pleine mer, au large, par opposition à la situation des rades, des ports, des côtes ou du naviro luimême. Il Mettre les perroquets dehors, Les établir, ii Toutes les voiles. Toutes voiles dehors. Toutes les voiles déplovérs.
— Fig. Partir, filer avec toute la rapidité possible. luUe/^T toutes voiles dehors. Bannir tout scrupule, toute crainte, toute réserve; ne garder aucun ménagement.
— Comm. Mettre dehors un billet. Le mettre en circulation on le passant à l'ordre do ouelqu'un.
— Loc. adv. : Au dehors, A l extérieur.
— De dehors. De l'extérieur : Venir dk dehors.
— En dehors, A l'extérieur, par l'extérieur : Porte qui s'ouvre en dehors, ii Marcher les pieds en dehors. Marcher les talons rapprochés et les pointes éloignées l'uno de l'autre, n Chorégr. : Etre kn dehors. Avoir les hanches ouvertes, les genoux et les pieds tournés on dehors. — Fig. Etre en dehoiis, tout en dehors, Etre d'une extrême franchise ou d'une grande exubérance, il Mettre en dehors. Manifester : Pur stylo, j'entends la passion, le naturel, l'âme Misiî kn dehors par la parole. (ViUom.) ii Mar. Les bancs d'en dehors, ou du large, par opposition à en dedans, ii Etre en dehors. Etre au dolA : Etre en dehors des jetées.
— Par dehors, Par l'extérieur : Maison belle par dehors.
— Loc. prépos. : Au dehors de, A l'extérieur (prop. ot fig.) : An DiiiHous DE la ville. Au dehors de t'égoïsme.
— En dehors de. Hors do, à l'extérieur do : En dehors D'une ligne. En dehors do bien, tout est mal. (Lacord.)
— l'ar dehors. Par l'extérieur : Passer i'ar dehors.
— Gramm. On ne peut placer un substantif après dehors, sans préposition intermédiaire, quo lorsqu'il est joint ù. dedans, pour marquer une opjiosition, ou lorsque dehors est précédé do la préposition par : Dedans et dehors la maison; par dehors la ville. Ce serait une faute do do dire : Cherchez dehors la maison; il faut dire hors de la maison. Il peut être suivi de la préposition de et d'un substantif, quand il est employé substantivement ou qu'il est précédé do au, kn : Les dehors du camp, au dehors de la chambre, en dehors de ses limites.
— Anton. Dedans.
" n. m. Partie extérieure d'une chose : Le dedans et le DEHORS d'une maison, il L'extérieur : Les bruits du dehors.
il Paysétrangers: Travailleurs venus du itmions. il Avenues, avant-cour, parc ot autres dépendances extérieures d'un chltoau, d'une maison ; Château qui a de beaux dehors.
Il FortiÛcatioD3 oxtériouros, ouvrages détachés do la place.
DEHAITER — DEICOLE
— Ensemble dos relations, des nfl"airps extérieures d'une maison, d'un ménage, d'une famille : L'hoinme prend soin des affaires du dehors, la femme de celles du dedans.
— Fig, Apparence, extérieur : Apprends à te défier des faux DEHORS d'amitié. \\ Bienséance, décorum : Garder les dehors. Observer les convenances, Sauver les apparences.
-;- Ascét. Le monde, les art'airos temporelles, par opposition àl'àmo, à la conscience : Les objets du imuoiis nous tentent. (Pase.)
— Gymn. Côté sur lequel tourne lo patineur en ayant son corps hors do l'aplomb, il Exorcico quo le patineur fait lorsque, sur un patin, il glisso, le corps poncho du côté opposé à la jambe qu'il lève.
— Manèg. Côté opposé à celui sur lequel lo cheval tourne, n Jambe du dehors, Rêne du dehors, Jambe, Rêne qui sont du côté du mur, par opposition à lajambc, i la rêne qui sont du côté de l'intérieur du manège.
— Syn. Dehors, apparence, extérieur, V. apparence.
— Anton. Dedans, intérieur.
— Encycl. Fortif. On appelle les dehors, en terme de fortification, les dilférents ouvrages qui ne font point partie du co7'ps de place et sont établis en dehors, c'est-à-diro en avant, pour le couvrir et retarder les attaques de l'ennemi qui veut s'en rendre maître. Ainsi, la demi-lune, la tenaille, les places d'armes, la contre-garde sont des rfe//ors.
Les dehors qui couvrent le corps de place sont, à leur tour, flanqués par lui, ou se flanquent mutuellement. L'ensemble doit eu être disposé de telle façon que, tout en étant reliés suffisamment entre eux et au corps do place pour en faciliter la défense, ils soient, cependant, assez distincts de lui et les uns des autres pour que la prise de l'un n'entraîne point la chute de ceux plus en arrière. Pour la même raison, chacun de ces ouvrages doit avoir un certain commandement sur ceux en avant de lui et ôtro commandé par ceux en arrière. L'importance de toutes ces dispositions n'est plus la mémo aujourd'hui qu'autrefois, l'artillerie moderne permettant souvent d'atteindre directement, et de très loin, le corps de place lui-même.
DÉHORTATION {or-ta-si — du lat. dehortari, détourner, dissuader de) n. f. Discours par lequel on exhorte à ne pas faire une chose. (C'est un latinisme qui a été surtout employé par Amyot.)
DÉHORTATOIRE {or-ta-to-ar") a.ù'}. Diplom. Qui exhorte, qui engage à ne pas faire une chose : Instructions déhor-
TATOIRi:S.
DÉHOUILLEMENT (o»-:;;e-maw [/; mil.) — rad. déhouiller) n. m. Action d'enlever toute la houille d'une couche exploitée, en reculant progressivement au fur et à mesure de cet enlèvement, ii On dît aussi dépilage.
DÉHOUILLER (du préf. priv. dé, et de houille) v. a. Min. Attaquer et enlever toute la houille, faire le déhouillement d'une couche, tout en reculant peu à peu.
DÉHOURDER(du préf. priv. dé, et de hourdis)v . a. Constr. Oter le hourdisde : DÈaovRiyBR les lambourdes d'un plancher.
DÉHOUSER (^t^ — du préf. priv. dé, et de houseau) v. a. Oter les houseaux, les bottes : Dehodser u'i chasseur.
— Dépuceler : Déhodser une fille. (Vieux.)
DSHRA, ville de l'Inde anglaise (Provinces du Nord- Ouest [prov. de Mirai]), sur l'Assân oriental, affluent du Gange, au pied des monts de Massourî (Himalaya); 25.685 hab. Cn.-l. du service trigonométri(]ue de l'Inde et du district do Dehra-Donn, peuplé de 16S.000 hab.
DEHWAR idé-ouar') n. m. Dialecte persan. V. Perse.
DÉHYDRACÉTATE (se) n. m. Sel dérivant do l'acide déhydracétiquo.
DÉHYDRAGÉTIQUE {sé-tik') adj. Se dit d'un acide qu'on obtient en faisant agir la pyridine sur le chlorure d'acétyle.
— Encycl. Cet acide, (j"U'0*,chauft"é avec l'acide iodnydrique vers 200 degrés on tube scellé donne de la diméthylpyrone; en faisant agir le brome sur une solution chloroformiquo de l'acide, on obtient i'acide bromodéhydracétique ; ce dernier acide, chaufi'é avec de la potasse à 40° pendant quinze jours, douEio l'acide oxtjdéhijaracétique C'H'O*.
DÉHYDROCHOLÉINATE {ko-lé) n. m. Sel dérivant de l'acide déliydroclioléinique.
DÉHYDROCHOLÉINIQUE {ko-lé-i-nik') adj. Chim. Se dit d'un acide ouo l'on obtient en enlevant quatre atomes d'hydrogène à l'acide choliqiie. (L'acide déhydrocholéinique, fixant trois atomes d'oxygène, se transforme on acide cholaniquo.)
DÉHYDROCHOLALATE {ko'la) n. m. Sel dérivant do l'acide déhydrocholalique.
DÉHYDROCHOLALIQUE [ko-la-Uk') adj. Se dit d'un acide qu'on obtient on traitant l'acide cholalique par uno solution acétique d'acide chromique, et précipitant par un excès d'eau.
DÉHYDROCHOLÉIQUE adj. Chim. V. CHOLÈIQUE.
DÉHYDROCINCHÈNE n. m. Chim. V. ClNCHlÏNE.
DÉHYDROMORPHINE n. f. Chim. V. MORPHINE.
DÉHYDROMUCIQUE adj. Chim. V. MUCIQUE.
DEHYDROQUININE n. m. V. QUININE.
DEii n. m.Clironol. Mois do l'année porsano, répondant ù déceuibro.
DEIGRATIA, formule très usitée autrefois dans le langage religieux, et qui a passé dans la politique et mémo dans le langage vulgaire sous la forme française : Par la grâce de Dieu.
DÉICIDE [sid' — du lat. Deus, Dei, Dieu, otcrdcrc, tuer) adj. Qui est meurtrier do Dieu. (Se dit en parlant des Juifs, A cause do la mort de Jésus-Christ.) n Qui a servi ou concouru à la mort do Jésus-Christ : La lance déicide.
— Ascét. Qui a profané lo sacromont do l'oucharistio : Des chrétiens diïicides.
— n. m. Meurtrier de Dieu : Judas est le plus coupable des DKiciDKS. Il Meurtre do Dieu. (So dit du meurtre do Jésus-Clirist par les Juifs) : Coupable de déicide.
DÉICOLE (du lat. deus, dei, dieu, ot colère, honorer) adj. Qui rend un culte à uno divinité.
— Substantiv. : Les déicolbs ou théistes. DÉICOLE (saint), abbé do Lure, né on TrlnmV vorsWO,
mort eu 625. Moiao du monaslôro do Baugor, ii ftit l'ua
DEICOON
DÉIVIRIT
des douze religieux qui accompagnèrent saint Colomban en France (5S5). Le roi Clotaire II lui confia la direction du couvent de Lure, qu'il gouverna pendant dix ans. Sentant sa fin approcher, il se démit de sa charge en faveur de son filleul, saint Colomban, et se retira dans ua ermitage solitaire où il mourut. — Fôte le 18 janvier.
DÉICOON. Mvth. gr. Fils d'Hêraklès et de Mégare, fille de Créon. — Prince troyen, ami d'Enée. (Il fut tué par Agamemnon.)
DÉIDAMIE. Myth. V. HiPPODAMIE.
SÊIDAMIE. Myth. igr. Fille de Lvcomède, roi de Sc}*ros, inspira la plus vive passion à Achille, que sa mère Tbétis venait d'envoyer dans cette île sous des habits de femme. Déidamie. séduite par lui, mit au monde un fils, Pyrrhos ou Néoptolème. Plus tard, ces secrètes amours furent découvertes, et Lycomède consentit au mariage. Le jour même des noces, Achille q^uittait l'île, qu'il ne devait jamais revoir. C'est sur ce sujet que Stace a composé son poème latin intitulé Achille à Sci/ros. — Sœur de Bellérophon. Elle épousa Evandre, roi de Lycie, et fut la mère de Sarpédon. — Femme de Thestos, roi d'Ktolie.
DÉIDAMIE {mî — n. mythol.) n. f. Genre d'arbrisseaux grimpants, de la famille des passifloracées, comprenant cinq espèces qui croissent à Madagascar.
Deidesheim, petite ville d'Allemagne {Bavière-Rhénane [Palatinat]); 2.800 hab. Fabrique d'armes. Vins réputés. Aux environs, ruines do la chapelle Saint-Michel.
Deidxer (Antoine), médecin français, mort à Marseille en 1746. Il se fit remarquer par son dévouement et son habileté lors de l'épidémie de peste qui sévit, en 1720, à Marseille, et fut professeur à Montpellier, où il écrivit une foule d'ouvrages, curieux mélanges de bonnes observations et d'idées à priori les plus bizarres.
DeidieR (l'abbé), mathématicien français, né à Marseillo en 1696, mort à Paris vers l~46. Il publia sur les mathématiques plusieurs ouvrages, notamment : l'Arithmétique des géomètres {1139) ; la Science des géomètres {1139); Du calcul différentiel et intégral (1740); Du parfait ingénieur français (1742); etc., qui lui valurent une chaire à ï'école d'artillerie de La Fère.
DÉIFICATION {si-07{ — lat. dei/îcntio, même sens) n. f. Apothéose, action par laquelle on déifie, on divinise : La i)EiFiCA.TioN d'Hercule, ii Par exagér.. Action d'exalter, d'élever très haut : La déification de la richesse.
— ENCTCL. V. APOTHÉOSE.
DÉIFIER (du lat. deus, dei, dieu, et facere, faire. — Prend deux i de suite aux deux prem. pers. du pi. de l'imparf. de l'indic. et du prés, du subj. ; Nous déifiions. Que vous déifiiez) V. a. Placer au, nombre des dieux, diviniser ; Les Romains DÉiFiiiRENT la plupart de leurs empereurs, tl Par exagér., Vénérer à l'égal des dieux, honorer d'un respect qui tient du culte, de l'adoration : L'esprit de parti déifie la cause qu'il adopte. (M"' de Staël.) Il Rendre heureux comme un dieu : Le sourired'uJie femme suffit pour DÉIFIER un jeune homme.
Se déifier, v. pr. Se ifaire dieu, s'élever au rang des dieux.
DÉIFIQUE ifik' — lat. dei ficus; de àeus, dei. dieu, et facere, faire) adj. Qui élève à la dignité de dieu : Vertus
DÉIFIQUES.
DÉIFORME (dulat.rfeus, rfei, dieu, et de forme) adj. Qui a une forme divine.
DÉII.E ou DILUS {luss) n. m. Genre d'insectes coléoptères longicornes, famille des cérambycides, tribu des cérambycinés, comprenant une seule espèce circaméditerranéenne. (Lo dilus fugax est d'un vert obscur bronzé, avec la base des antennes et des cuisses rouges; il vit sur les genêts, et ne remonte pas au nord au delà de Lyon.)
DÉILÉON. Myth. gr. Fils de Déimachos, et frère de Phlogios et d'Autolycos. Il accompagna Hêraklès dans son expédition contre les Amazones, puis se joignit aux Argonautes.
DÉILÉPHILE ou DEILEPHILA (dé-i-lé) n. m. Genre d'insectes lépidoptères, typo de la famille des déilépntlidés, comprenant des sphinx à antennes longues, dentelées, terminées» par un petit crochet, à gros yeux saillants, à corselet vaste et bombé, à. ailes inférieures ordinairement roses variées de noir. (On connaît vingt-trois espèces de déiléphiles, réparties sur le globe. Les déiléphiles sont les plus beaux et les plus légers des sphinx; leurs couleurs sont riches et variées.)
DÉILÉPHILIDÉ5 n. m. pi. Famille d'insectes lépidoptères sphingines, comprenant des sphinx à antennes droites, à trompe rarement plus longue que le corps, et dont les chenilles lisses, à tête globuleuse, ordinairement marquées de teintes vives, portent une corne sur le onzième segment. — Un déiléphilidé.
— Enxycl. Les chrysalides des déiléphilidcs sont cylindro-coniques, avec une pointe anale assez prononcée (Girard). Les déiléphilidés comptent près de deux cents espèces, représentées dans presque toutes les régions du globe avec les genres déilephile, c/utrocampe, etc.
DÉILOCHOS. Biogr. V. Déiochos.
DEILOSMA n. m. Bot. Syn. de julienne.
DEILOTHERIUH {dé-i, ié-ri-om") n. m. Paléont. Genre de mammifères artiodactyles pachydermes, famille des anoplothéridés, tribu des dichobuninés, comprenant des formes très voisines des dicbobunes, dont elles diffèrent par les saillies intermédiaires des molaires plus fortes nue les sailhes postérieures. (Les espèces connues sont lossiles dans le» phosphorites du Quercy (tertiaire éocène].)
DÉIUACBOS. Myth. pr. Père d'Autolycos, de Dôîléon et de Phlogios. Il quitta la ïhcssalie avec Hêraklès, qu'il suivit dans son expédition contre les Amazones. Il eut un fils et troU tilles de Glaucia, illle du Scamandre.
Déile (gr. nat.).
Déilephile (réd. de moitié).
DeimOS (dé-i-moss — du gr. deimos, crainte) n. m. Satellite de Mars, découvert par Asaph-Hall, en 1877.
— Encycl. Ce satellite ell'ectue sa révolution sidérale en 1 j. 6 h. 17'52",9. Le demi-grand axe de son orbite, exprimé en unités du demi-diamètre équatorial de la planète est 6,92.
DEINBOLLIE (dïn-bo-lî) n. f. Genre d'arbrisseaux, de la famille des sapindacées, comprenant cinq espèces à feuilles alternes, imparipennées, à grappes axillaires, originaires de la Guinée.
DÉINGLINANT ( nan — du préf. dé, et de inclinant) adj. Il Cadran déinclinant. Gnomon. Cadran solaire qui incline et décline à la fois, il On dit aussi déincliné.
DÉIOCHOS ou DÉILOCHOS, historien grec, natif de l'île de Proconèse. Il vivait antérieurement à Hérodote, au VI* siècle avant notre ère. Il avait écrit une histoire de Cyziquc.
DéION ou DÉIONÉE. Myth. gr. Roi légendaire de Phocide. II était fils d'Eole. 11 eut de sa femme Diomédé plusieurs enfants; entre autres, Céphale et Dia. Il fut tué par Ixion, mari de Dia, qui le jeta dans une fournaise.
— Fils d'Eurytos, roi d'CEchalie. II épousa Pérîgone, lillo du brigand Sinnis, qui avait été d'abord mariée à Thésée.
— Un des fils d'Hêraklès et de Mégare.
DéIONÉ. Myth.gr. Mère deMiletos, qu'elle eutd'ApoUon.
DÉIOPÉE. Myth. gr. Nymphe du cortège de Junon. Elle fut, dapres Virgile, promise à Eole par la déesse, à condition qu'il soulèverait une tempête contre la flotte d'Enée.
DÉIOPÉE (n. mythol.) n. f. Planète télescopique, n» 1S4, découverte en 1878, par Palisa.
DÉIOPITÈS. Myth. gr. Un des fils de Priam. Il fut tué par Ulysse.
DÉIPHOBE. Myth. gr. Fils de Priam et d'Hécube. Il se distingua par sa valeur pendant le siège de Troie, et il aida Paris à tuer Achille. Après la mort de Paris, il épousa Hélène. Celle-ci le trahit, la nuit où Troie fut prise; elle le livra à Ménélas et à Ulysse, qui lui firent subir une horrible mutilation et jetèrent son cadavre sur le bord de la mer. L'histoire de Déiphobe a fourni à Virgile une scène curieuse du voyage d'Enée aux enfers.
— Fils d'Hippolyte d'Amyclée. H purifia Hêraklès du meurtre d'Ipnitos.
DÉIPHOBE (ou la SibyUe de Cumes), fille deGlaukos et d'Hécate. Elle avait été aimée d'Apollon qui, sur sa demande, lui accorda do vivre mille ans. Elle avait sept cents ans, quand Enée arriva en Italie. Le sixième livre de l'Enéide débute par la visite du chef troyen à la sibylle, qui habite un antre effrayant. Le délire prophétique la saisit, et, sous l'empire d'Apollon, elle prédit à Enée les destinées qui l'attendent. Puis elle lui enseigne le moyen de parvenir aux enfers. Cet épisode, l'un des plus beaux et des plus mouvementés du poème, appartient en propre à Virgile, qui n'imite pas ici un modèle grec. Il s'inspire plutôt des traditions romaines. On a souvent rapproché la prophétie do Joad, dans Athalie, de celle de Déiphobe, au sixième livre de l'Enéide.
DÉIPHON n. m. Genre de trilobîtes, famille des chéiruridés, comprenant des formes à région céphalique émettant de chaque côté une longue corne arquée, dirigée en arrière, et dont la base porte un œil. (Chez les déiphons, la région postérieure du corps émet deux longues cornes divergentes, qui contribuent, avec les appendices antérieurs, à donner à ces trilobites un aspect singulier.)
DÉIPHONTÈS ou DÉIPHON. Myth. gr. Roi légendaire d'Argolide. Il était fils de l'Hérâclide Antimachos. Il épousa Hyrnetho, fille de Temenos, qui devint maître d Argos après la conquête dorienno. Temenos fut tué par ses fils, qui l'accusaient de trop favoriser son gendre. Les meurtriers furent expulsés, et Déîphontès devint roi d'Argos. Suivant Pausanias, Keisos, le fils aîné de Temenos, resta maître d'Argos, et Déiphontès s'empara d'Epidaure, où il fut bientôt attaqué par ses beaux-frères. Au milieu de la lutte, Hyrnetho fut tuée par son frère Phalkès. Déiphontès rapporta son corps à Epidaure, où il lui éleva un hêroon. Mais on montrait aussi le tombeau d'Hyrnetho dans un bois sacré nommé Hymethion, et à Argos, où une tribu, comme à Epidaure, portait le nom d'ayrnethia. A ces légendes se rapportait sans doute la tragédie d'Euripide, intitulée Te7nenos.
DÉIPNOPHORES (gr. deipnophoros ; de deipnon, souper, ot pkoroSf porteur) n. f. pi. Antiq. gr. Femmes qui, pendant les déipnophories, portaient des provisions de bouche. Il Jeunes filles chargées de servir le repas sacré à la fête des oschoporics, à Athènes. {Une déipnophore.)
DÉIPNOPHORIES (n — même étymol. qu'à l'art, précéd.) n. f. pi. Antiq. gr. Fêtes athéniennes, instituées par Thésée à son retour de Crète, et pendant lesquelles on célébrait des festins. Il Procession qu'on organisait à Athènes pour aller olfrir un repas à Hersé, Pandrosos et Agiauros.
DÉIPNOSOPHISTE {fisst' — du gr. deipnon. repas, et sophistes, sage) n. m. Antiq. Nom donné aux philosophes ou savants qui dissertaient à table sur des questions de philosophie, de littérature, de science ou d'art.
Déipnosophistes (les), ouvrage d'Athénée. V. banquet Dt:S SOPHISTES.
DÉIPYLÉ ou DéIPHILÉ. Myth. gr. Fille d'Adraste, roi d'Argos et d'Amphitôe. Elle épousa Tydée, et fut la mère de Diomède.
DÉIPYLOS ou DÉIPHILÉ. Myth. gr. Fils de Jason et d'Hypsipyle. — Compagnon de Diomède au siège de Troie.
— Fils do Polymnestor, roi de Thrace et d'Ilione. Il fut égorgé par son père, qui croyait faire périr Polydore, le plus jeune des fils de Priam.
DÉIPYROS. Mytli. gr. Héros grec qui fui tué devant par Héléuos, fils do Priam.
DÉÎR ou DÊR, mot arabe qui signifie counent, et qui entre dans la composition d'un grand nombre de noms géographiques. Parmi les noms de ce genre qu'on rencontre en Egypte, les principaiu sont ;
Diiiplion.
Troif
DÉÎR-EL-ABYAD (le Couvent blanc), appelé du nom do son fondateur, le saint copte Shenoudi, Déir-Amba-Shenoudah. Il est situé dans la province de Sohag, à TO. do la ville de Sohag, et il est occupé encore par une communauté de moines jacobites. Belle basilique à trois nefs, qui date du v" ou du vi" siècle après Jésus-Christ. Il s'élève sur l'emplacement d'une petite ville d'Atrîpé, l'Athribis de la Haute-Egypte, mentionnée souvent dans l'histoire du christianisme égyptien,
DeÎR-EL-AHMAR (le Couvent rouge), appelé aussi Di'îr-Amba-Bishai, d'après le nom du saint copte Bishal, sous linvocation duquel il est placé. Il est situé à 6 kil, au N.-O. du précédent ; la tradition locale attribue la fondation de sa basilique à sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin, mais l'édifice date au plus tôt du v« ou du vi' siècle.
DÉÎR-EL-BAHARÎ (le Couvent septentrional), qui s'élevait sur les ruines du temple à demi souterrain, construit au commencement de la xviii^ dynastie, par les trois premiers Thoutmôsis et par la reine Hâtshopsîtou, dans fangle nord-ouest de la nécropole de Thèbos. II fut abandonné au XVI' siècle, et les derniers débris en ont été enlevés par Naville, de 1893 à 1895, lors des grandes fouilles qui ont dégagé les restes des édifices antiques.
DÉÎR-EL-BAKARAH (le Courent de la poulie), aussi nommé Déir-Sittèh-Manjam-el-Hadrâ {le Couvent de M'"* la Vierge Marie), sur la rive droite du Nil, en face de Samallûùt (prov. de Minièh).
DeîR-EL-KAMAR ou EL-GAMAR, ville de la Turquie d'Asie (Syrie), sur le versant occidental du Liban, ancienne capitale du Liban ; 8.000 hab. (Druses, Maronites et Turcs). Soieries, lainages. Ch.-l. de la province privilégiée du Liban et capitale des Druses.
DÉÎR-EL-MÉDINÈH (le Couvent de la ville), ainsi nommé d'après la ville des Memnonia, de laquelle il dépendait. C'est l'un des couvents qui s'élevèrent, à partir du v" siècle, sur les ruines des temples de la nécropole thébaine. Il fut détruit par les Turcs dans la première moitié du xvi* siècle, en même temps que la ville des Memnonia.
DEIRA n. m. Linguist. Syn. de DonAR.
Deira ou DeiRIE, petit royaume fondé par les Angles dans la Grande-Bretagne, et qui contribua à former le royaume de Northumberïand.
DeirouTouDÉROUT, bourg d'Egypte (Hte-Egypte), près du Nil, sur le bras occidental du Nil, sur le canal de Hahr-Yousscf ; 6.300 hab. On y a construit, en 1801, un canal de dessèchement qui s'étend de ce bourg jusqu'à lamer, près d'Aboukir.
DÉI S IDE MO NIE (ni— du gr. rfeirfem, craindre, et daimôn, démon) n. 1'. Crainte superstitieuse des puissances
invisibles.
DÉISME (dé-issm' — du lat. Deus, Dieu) n. m. Système de ceux qui, rejetant toute révélation, croient seulement à l'existence de Dieu et à la religion naturelle. Il Croyance en Dieu.
— Enctcl. Le mot déisme est un des plus vagues de la langue philosophique. Clarke, contemporain de la période violente du déisme en Angleterre, réunit quatre idées sous ce mot : 1° idée d'un Dieu créateur une fois pour toutes, sans gouvernement providentiel; 2" idée d'un Dieu sans attributs moraux; 3" idée d'un Dieu et d'une providence sans immortalité de l'âme humaine ; 4' idée d'un Dieu créateur, providence dans la vie présente et justicier dans la vie future, mais sans révélation ni surnaturel. Cette quatrième doctrine prend souvent le nom de « théisme ». Il ne faut pas confondre le déisme historique avec le socinianisme et les écoles théologiques congénères; les unitaires anglais lont, en eff'et, combattu avec une ardeur égale à celle des orthodoxes.
-Dès le temps de la Réforme, le déisme, conception plus ou moins antiévangélique de la religion naturelle, opposée au christianisme traditionnel de toutes les Eglises, s'était annoncé dans les écrits des humanistes, dans l'Utopie de Thomas Morus, etc. C'est en Angleterre qu'il se développa au xviii' siècle, pour se répandre, de là, dans le con* tinent. Son père fut Edouard Herbert, lord Cbcrbury (mon en 1648). On peut résumer ainsi les idées qu'il défendit : Il y a un Dieu; nous devons l'honorer; le meilleur culte est la vertu; après cette vie, il y a des sanctions. Le comte de Shaftesbury (mort en 1713) accentua l'hostilité contre le cliristianisme en lui reprochant de recourir à des rémunérations dans la vie future. Toland (mort en 1722) fut encore plus violent contre la Révélation, et so-n déisme ressembla fort à la fois au panthéisme et à l'athéisme. Tindal (mort en 1733) fut surnommé « le grand apôtre du déisme » : la vraie religion, dit-il, est l'exercice de la moralité considérée comme obéissance à Dieu. Les autres principaux représentants du déisme, chacun avec sa nuance particulière, mais tous avec la même ardeur contre le christianisme révélé, furent : Collius, Woolston, Mandeville, Morgan, Chubb, Bolingbroke. L'école perdit sa vogue lors "du " réveil wosleyen u. En Franco, le déisme a été défendu surtout par Voltaire. En Allemagne, il trouva le plus grand nombre do ses adeptes dans l'école wolfionne. Actuellement, lo déisme proprement dit, tel qu'il a été développé au xviii= siècle, n'existe plus guère comme doctrine vivante parmi les philosophes. Il apparaît comme superficiel ; les uns le trouvent trop religieux, et les autres trop étranger au vrai sentiment religieux.
— Anton. Athéisme.
DÉISTE (dé-issf) n. Personne qui professe lo déisme.
— Adjectiv. : Les philosophes déistes.
DÉITÉ(lat. deitas ; de deus. dei, dieu) n. f. Divinité, dieu ou déesse : Les deités terrestres. Les dêités infernales.
— Par ext. Personne ou chose à laquelle on rend une espèce de culte ;
Et l'argent et l'amour, aveugles déités.
A. CaÉNlER.
DeiTERS (Otto Friedrich Karl), médecin allemand, né à Bonn en 1834, mort en 1863, à vingt-neuf ans, sans avoir pu achever son ouvrage sur le système nerveux de l'homme et des mammifères. Il fut complété par Max Schultze, et parut sous ce litre : Untersuchungen ûber Gehim und Riic- Iccnmark der Me.nschen und der èàugetiere (1865).
DÉIVIRIT {ri), TE [du lat. deus, dei, dieu, etvirilis, humain] adj. Théol. Qui est à la fois divin et humain. Il On dit
aussi TUEANDKigUE.
DÉJÀ (do dès, ot jà ; rad. lat. jàm, mômo signif.) adj. Dos ihouro prôsonto, dès li présent :
Lo moment où je parle est déjà loin de mol.
lioil.EAU.
— Dès lors, dès cçi tomps, dès co momont-Ià : Le bj-uit Que fait un inalheur gui nous arrive nous en console déjà. (Bougeart.^ Il Auparavant : Je vous ai gkjK dit ce que je pensais, n Môme comme cola : Gagner du pain en se tuant au travail, c'est nÉj\ beaucoup.
— Gramm. Relativement il la place qu'occupe co mot dans la phrase, il faut remarquer qu'avec les tomps simples d^Jà se place après le verbe : Ilrevient dkjâ.. // finit déjà ; avec les temps composes, i! so met entre rauxillairo ot le participe :ll estuÉjk revenu. Il a déjà /îni. Quelquefois, il so place au commencement de la phrase, surtout dans le style soutenu : \)kj\ frémissait dans son camp l'ennemi confus et déconcerté. (Fléch.)
DÉJALER (du pH'f. priv. dé, et de^aj) v. a. Mar. Enlever le jas d'une ancre ou Kabattro le jas mobile d'une ancre en 1er contro la verge.
DÉJANIRE. Myth. gr. Fille d'Œnée, roi de Calydon. Recherchée, à cause do sa beauté, par un grand nombre de prétendants, elle déclara qu'elle épouserait le plus l'ort d'entre eux, et se donna à Hercule, après sa victoire sur Achéloiîs. Les deux époux so rendaient à Traclune, lorsqu'ils furent arrêtés par le fleuve Evenus. Le centaure Nessus porta Déjaniro sur l'autre rive; mais alors, tenté par sa beauté, il voulut lui faire violence : Héraklès le blessa d'une flèche empoisonnée. Frappé à mort, le centaure dépouilla sa tunique teinte de son sang, et en fit firésent à Déjanire, comme d'un charme qui lui rendrait e cœur de son époux, si jamais celui-ci lui devenait inlidôle. Délaissée plus tard pour lole, lille d'Euryte, Déjanire envoya à Hérakiês la tunique de Nessus. Le héros la revêtit et so sentit aussitôt dévoré do douleurs tellement atroces que, pour s'y soustraire, il se brûla sur le mont Œta. Déjanire se tua de désespoir. Le (ils qu'elle avait eu de lui, Hyllos, fut l'ancêtre des Héraclides. Les aventures de Déjanire ont inspiré à Sophocle ses Trachiniennes ; à Sénèque, son Hercule au mont Œta.
— Iconogr. U Enlèvement de Dé jaJiiren. été représenté par le Guide, dans un tableau quiestauLouvre. Le centaure emporte sur ses épaules l'épouse d'Hercule, et va prendre pied sur la rivedutleuve.
Sur l'autre bord, Hercule lui décoche une flèche.
Les figures formelit un groupe élégant et hardi, la couleur est forte et harmonieuse. Lo même sujet a été traité par R u b e n s , a trois reprises différentes; parLucaGior-
dano (OfJices D'/janire et l'- -cii' hm-' :-■ ■■: . ■■ inie.
[Florence ]) ;
Far P. Véronèse, par Gabbiani, RegnauU, Lagrenée aîné, etc.
Déjanire. drame en quatre actes, en prose rythmée, de Louis Gallet, avec musique de Saint-Saëns, représenté anx Arènes de Béziers le 28 août 1898, et à Paris sur lo théâtre de l'Odéon le il novembre suivant. La pièce, inspirée des Trachniiennes do Sophocle et qui montre les amours de Déjanire et d'Hercule et la mort de celui-ci, a été faite pour un immense théâtre à ciel ouvert, ot en vue d'un colossal déploiement de mise en scène, avec adjonction de ballets et de chœurs. La représentation de Béziers fut un spectacle grandiose, mais à l'Odéon il a fallu ramener l'ouvrage à des proportions plus modestes.
Déjanire n. f. Planète tèloscopique, Q" 157, découverte en 1815, par BorroUy.
DÉJANIRE (n. mylliol.) n. f. Genre de gentianées-chironiées. (Ce sont des herbes à cymes terminales ou axillairos, originaires du Brésil.)
DÉJANIRE ou DEJANIRA {dé—n. mythol.) n. f. Paléont. Genre do mollusques gastéropodes cténubrancbos, famille des néritidés, comprenant dos coquilles subglobuleusos, i spires peu nombreuses, à dernier tour très grand. (L'espèce type du genre est dans lo crétacé lacustre d'Kuropo.)
DÉJARRER ija-re — du préf. priv. dé, et do jarre) v. a. Débarrasser une polleterie dos poils longs 6t durs ou jarres pour no laisser ^uo le duvet.
DÉJAUGEMENT {j6-je-man — rad. dêjaugcr) n. m. Mar. DimiiMiiiun (lu tirant d'eau.
DÉJAUOER (jà'jt' — du nréf. priv. dé, ot de jauger. PrtMiil un e muet après le g aevant un a ou un o : Nous déjaufjt'uus. Je déjaugeai) v. n. Mar. N'être plus dans ses lignes d'eau, soit par suite de l'ealèvemeat du poids, soit après un échouago.
DejaURC (Jcan-Elio Bkdenc), auteur dramatique, né à Paris en 1761, mort en 1709. U a donné un certain nombre dopéras-comiquos, qui durent surtout leur succès aux compositeurs. Nous citerons : Lodoiska (1791), do Kreutzer ; la Dot de Suzette (1708), do Boioldieu ; Montano et Stéphanie (1799), de Berton ; etc.
Déjazet (Pauline-Virginie), actrice française, née et morte i Paris (1797-1875). Elle débutai cinq ans au théâtre dos Capucines, puis joua au théâtre dos Jeunes-Elèves, aux Variétés, en province (I8l7-l«2l), au Gymnase, où oUft prit lo goût du travestissement masculin, et continua la série de ses brillantes créations. On la vit ensuite aux Nouveautés, au Pnlais-Uoyal, aux Variétés, â la Oalté, au théâtro Déjazot, dont son flls Eugène eut la
Virginie Déjazet.
direction. Déjazet, toujours applaudie, toujours fêtée, cl qui n'avait pas connu une éclipse dans sa longue carrière. cessa de jouer pendant quelques années, puis reparut dans une roprt'sentation organisée à son bonôtice (1874), et joua encore quelquefois au Vaudeville. Déjazet fut une grande comédit'iine dans un petit genre. Kilo était un mélange de finesse et d'entrain, de grâce etde bonne humeur, de malice et d'esprit, de franchise et d'ironie, le tout largement relové du vieux sel gaulois. Elle avait créé un genre bien à elle, absolument original ; et, longtemps, on a joué les Déjazet, comme on joue les Dugazon et les Falcon. Parmi les innombrables pièces qu'elle a créées, nous nous bornerons à citer :
les Ecoliers en vacances, la Petite Lampe merveilleuse, la Lof/e du portier, Bonaparte à Brienne , Vert-Vert. Sophie Arnould, Frétillon, les Premières armes de Riclielieu, Gentil Bernard, le Marquis de Lauzun, la Marquise de Prétintaille, la Comtesse du Tonneau, la Douairière de Brionne, Monsieur Garât, les Prés Saint-Gervais, etc.
DÉJAZET (Eugène), compositeur français, fils de la précédente, né en 1820, mort à Paris en 1880. Il commença à se faire connaître par des airs qu'il écrivait pour des vaudevilles que jouait sa mère. En 1852, il donna un opéracomique, intitulé : un Mariage en l'air. En 1859, il prit la direction du petit théâtre des Folies-Nouvelles, dont il changea le nom pour lui donner celui de « théâtre Déjazet », et c'est là qu'il fit représenter les opérettes : Fanchette (1860); Doubledeux {\%&ï) : la Rosière de quarante ans (1862) ; l'Argent et l'Amour (1863) ; la Nuit de la mi-careme (1864) ; Monsieur de Belle-Isle (iSGô) ; la Te7itation d'Antoine {IS65) ; les Sept baisers de Buckingham (1866). — Une sœur de cet artiste, Hekminie Déjazet, a fait jouer aussi sur ce théâtre, en 1859, une opérette en un acte, intitulée : le Diable rose.
Déjazet (théâtre). Ce théâtre, situé à Paris boulevard du Temple, s'ouvrit en 1859, sous la direction d'Eugène Déjazet, qui, malgré quelques bonnes pièces où jouait sa mère, dut abandonner, en 1869, une entreprise ruineuse. Ses successeurs ne furent pas plus heureux ; de 1876 à 1880, Ballaude dirigea ce théâtre, qu'il appela Troisième Théâtre-Français. Il reprit ensuite le nom de a théâtre Déjazet », fut refait et agrandi en 1882. et, depuis, sous les directions Campisiano, Boscher, Calvin, Lemonnieret Koll, on y a joué le vaudeville, la comédie et le drame.
Dejean (Jean-François-Aimé, comte), général français, ingénieur ordinaire du roi, né à Casteinaudary en 1749, mort à Paris en 1824. Dès les premières guerres de la Révolution, il servit sous Duraouriez. ensuite sous Pichegru, en 1793 ; par sa conduite et son habileté, il passa général de brigade, puis général de division. Après le 18-Brumaire, il fut charge d'organiser la république Ligurienne. Il fut ministre de la guerre de 1802 à 1809. Sous la première Restauration, il fut nommé pair de France. Pendant les Cent-Jours, il fut grand chancelier de la Légion d'honneur. Sous le ministère Gouvion-Saint-Cyr. il fut rétabli dans les emplois dont la deuxième Restauration l'avait dépouillé, chargé de la direction générale des subsistances et rappelé â la Chambre des pairs en 1819.
Dejean (Pierre -François -Marie -Auguste, comte ^. général français, né â Amiens en 1780, mort en 1845, fils du précédent. Général do brigade à trente ans, général de division en 1813, il fut exilé par les Bourbons do 1815 à 1819, puis rentra en France et fut élevé à la pairie, â la mort de son père. Dejean fit l'expédition d'Anvers. On a de lui plusieurs ouvrages d'histoire naturelle.
DÉJECTEUR ijèk') n. m. Appareil créé pour empêcher les incrustations dans les chaudières â vapeur par la concentration des matières calcaires on suspension dans l'eau de la chaudière. (Théoriquement, cet appareil est parfait; mais, en pratique, les résultats sont â peu près nuls. On a presque renoncé à son emploi, en procédant chimiquement â l'épuration des eaux d'alimentation des chaudières.)
DÉJECTION {jè-ksi — lat. dejectio ; de de, hors, etjacere, jeter) n. f. Pathol. Evacuation des matières fécales : Faciliter la déjbction, les déjections, ii Déjections ahincs. Les matières elles-mêmes.
— Fig. Chose que l'on rejette comme nuisible : Les crimes sont la maladie endémique de tout corps social; les pnsomiiera en sont les déjections; les prisons en sont l'exutoire. (Mer. Christophe.)
— Astrol. Déjection ou Chute d'une planète. Signe du zodiaque opposé â celui où la planète avait le plus d'influence.
— Géol. Cône de déjection. V. cône,
DÉJETER (du préf. dé, et do jeter. — So conjugue comme jeter) v. a. Déformer une chose de manière qu'elle se porte plus d'un côté que do l'autre : L'humidité dkjktte les bois.
Déjeté, ée part. pass. Contourné, dévié, en parlant do certaines parties du corps : Taille déjetée.
— Fig. Corrompu, dénaturé.
— Pop. Laid, mal fait, en parlant d'une personne, w N'être pas déjelé. Etre bien fait, avoir bonne tournure.
Se aéjeter, v. pr. Se courber, so gauchir, u So développer irrégulièrement, en parlant des arbres, il En parlant do certames parties du corps, So contourner, s'écarter do sa direction naturelle.
DÉJETTEMENT (j-V-Ze-man) n. m. Action do co qui se déjetie ; résultat de cette action : Le dicjkttiîment du bois.
DÉJEUNER (du préf. prîv. dé, et de jcilHer; proprom. cesser déjeuner) v. n. Prendre le repas du matin ; Déjeuner de bon appétit.
— Fig. Le Désordre déjeune avec l'AbondancCt dîne avec la Pauvreté, soupe avec la Misère et va se coucher avec la Mort. (Franklin.)
— Déjeuner de, Manger pour son déjounor : Dbjkuni:» n'un pâté. Il Déjeuner avec, Déjeuner en compagnie de ; DAjbumbr avbc un ami.
DÉJÀ — DE,IOTARUS
DÉJEUNER [né] ou DÉJEUNÉ (ce dernier de moins en moins usité) [même étymol. qu'à l'art, précéd.] n. m. Nom qui désigne : l" Le promier repas que Von prend le matin au lever : BéJRuny.n composé de chocolat et de pain beurré; 2" Le repas du milieu du jour : Manger trois plats à son DÉJKONER ; 2" Les mets que l'on mango en déjeunant : Un DEJEDNivR froid. Servir le di':ji;unkr. h Déjeuner à la fourchette. Repas du matin où l'on mange de la viande et où l'on boit du vin, par opposition aux déjeuners où l'on no nrend que du café, du thé ou du chocolat. — Pop. Duel. Il Déjeuner-dîner on Déjeuner dlnatoire. Grand déjeuner qui se fait plus tard dans la journée que les déjeuners ordinaires, et qui tient lieu de dîner.
— Fam. Se dit pour désigner un objet sans portée, sans importance, sans durée ; le déjeuner étant, en général, le moindre des repas de la journée, ii C'est un déjeuner de soleil. Se dit soit d'une étoffe dont la couleur est peu solide, et que le soleil fanera en très peu de tomps, soit d'un visage dont la grâce passera vite, soit d'un objet quelconque ayant peu de durée, n // n'y en a pas pour un déjeuner. Se dit en parlant d'un bien qui peut être aisément dissipé en peu de temps, d'un objet qui no saurait ofirir une longue durée ou une longue résistance, u Déjeuner de perroquet, Biscuit trempé dans du vin.
— Chass. Sonnerie de trompe pour annoncer le déjeuner.
Le Déjeuner (sonnerie de trompe).
— Mobil. Petit plateau garni de tasses, d'un sucrier, etc. : Un DÊJEtjNER de vermeil. (On appelle aussi déjeuner une tasse seule munie de sa soucoupe et dans laquelle on sort le déjeuner du matin : Un déjeuner de porcelaine.)
Déjeuner de jambon (le), un des chefs-d'œuvre de David Teniers. — Dans l'intérieur d'un cabaret flamand, des personnages sont réunis. Les uns boivent, les autres fument et causent; d'autres, enfin, servent, dansent. Le clair-obscur a beaucoup de transparence: le coloris est léger, harmonieux. Les accessoires sont bien exécutés.
Déjeuner (le), tableau de Manet (1869). — Le déjeuner est sur sa fin : on est au moment de prendre le café, qu'une servante apporte dans une cafetière. Ce tableau est un des plus importants qui soient sortis du pinceau impressionniste de Manet. Les figures manquent de distinction et de style, mais l'exécution a une certaine puissance.
Déjeuner du modèle (le\ tableau d'Edouard Dantan (18S1). — Pendant que l'artiste nettoie ses pinceaux, le modèle déjeune ; une belle fille vêtue à l'antique, c'està-dire peu vêtue. Son couvert est mis sur une table de style. A regarder la lèvre moqueuse de la jeune femme, on voit qu'elle se soucie moins de sa faim que de l'histoire racontée dans le journal qu'elle tient à la main. Autour d'eux, c'est le piquant désordre d'un intérieur d'artiste.
DÉJEUNEUR, EUSE n. Personne qui déjeune.
DÉJOCÈS, roi des Mèdes (environ 710 à 657 av. J.-C.V Il n'est guère connu que par le récit d'Hérodote. Il fonda la puissance des Mèdes et la dynastie à laquelle appartenaient Cyaxare et Astyage. Les Modes avaient secoué le joug des Assyriens, sans constituer un véritable Etat; chaque tribu vivait à part, ce qui entretenait le désordre. Déjocès se rendit populaire en gouvernant bien sa tribu : il finit par réunir tous les Mèdes sous son autorité. Il bâtit Ecbatane, fit de sages lois, civilisa un peuple presque sauvage; et, après environ cinquante-trois ans d'un règne heureux, laissa l'empire à son fils Phraorte. — Ctésicas do Cnide et d'autres historiens ne connaissent pas Déjocès. Ils disent que l'empire mède fut fondé par Arbace, vainqueur de Ninive et de Babylone. Cependant lo nom do Déjocès figure sur des textes contemporains do Sargon. Ce nom était peut-être celui d'un successeur d' Arbace.
DÉJOINDRE (jou-indr — du préf. priv. dé, et de joindre. Se conjugue comme ce dernier) v. a. Séparer, isoler, en parlant d'objets qui étaient joints : Déjoindre les mains. Le .loleil déjoint les planches.
Déioint (jou-in), ointe part. pass. du v. Déjoindro.
— Fig. Déjoint de ou d*avec, Séparé de : Saint Augustin ne souff^re pas d'être déjoikt d'avec les autres docteurs anciens. (Calvin.) [Vieux.]
Se aéjoindre, v. pr. Etre, devenir déjoint.
— SvN. Déjolndre, disjoindre. Déjoindre marque une séparation plus complète ; disjoindre no marque qu'un commencement do séparation.
DejOTARUS, roi de Galatie, né vers 115, mort vers 40 av. J.-C. Il fut forcé do prendre parti dans les troubles qui marquèrent, à Rome, la fin do la république. Il avait secondé Lucullus, puis Pompée, dans la guerre contre Mithridate, ot reçu du sénat le titre d'oallié ot ami du peuple romain ». C'est alors que, de simple tétrarque, il fut créé roi par le sénat. Dans la guerre civile, il avait soutenu Pompée. Pour l'on punir, César lui enleva l'Arménie ; mais ils so réconcilièrent. Accusé parson petit-fils Castor, et Pliilippe, son médecin, d'avoir MonnuiudcDejotarua. voulu faire périr César, il fut défendu par Cicéron, qui prononça son beau discours Pro regc Dejotaro. Après le meurtre de César, il donna dos secours à Brutus et mourut pou après la bataille do Philippos.
Dejotarus (pour) \Pro rege Dejotaro], discours prononcé par Cicéron on 108 do Rome. — Après avoir fait du roi un éloijo mérité, il rappelle à César sa clémence, puis démontre l'absurdité de 1 accusation, enfin assure César de la reconnaissance et do la lidélilé de Dejotarus. Le dictateur, s'il ne rendit pas entièromeni sa faveur uu roi, lui laissa, du moins, la liberié ot sos Euits.
Dejotarus ii, fils du précédent. Son père, d'après Plularqno, aurait fait Périr tous sos autres enfants pour permettre à co fils de un succéder. Mais lo fait est invraisemblable. On ne sait rien do Dejotarus II, sinon que lo sénat lui donna le titre do <> roi o.
DÉJOUER — DELAFORGE
DÉJOUER (du prof. priv. dé, et de jouer. — Se conjugue comme jouer) v. a. Faire manquer le jeu de quelqu'un, et, par ext., Faire échouer un projet, un dessin, une intrio;ue : Dbjouer des complots, des calcids. Il y a beaucoup de choses qu'il faut déjouer en ne les remni-quaiit pas. (Prince do Ligne. ) Il Déjouer quelqu'un. Empêcher l'effet nuisible, préjuaiciable, qu'il se propose de produire par ses discours, par ses actions, par ses démarches ; le dépister : Dkjoder un espion, la police. (M"" de Staël a employé ce mot au sens de Railler, tourner en ridicule.)
— V. n. Jeu. Aux échecs et aux dames, m i Retirer une pièce qu'on vient d'avancer, |]]j | pour jouer autrement, il N'être pas à son jeu, jouermal : Le joueur distrait déjoue.
— Mar. En parlant d'un pavillon.
Flotter au gré du vent.
Se déjouer, v. pr. Etre déjoué, ii Déjouer les complots les uns dos autres.
DÉJOUB {du préf. dé, et de jour) n. m. Vide qui existe entre les jantes d'une roue de voiture.
DÉJOUTEMENT {mati — du prof, dé, Déjoutement.
et de ajouter) n. m. En T. de charpent.. Coupe niaise que l'on exécute sur les faces de deux pièces de bois qui se contre-butent et forment un angle aigu, en s'assemblant dans une même mortaise.
DejOUX (Claude), sculpteur français, né à Vadans (Jura) en 1732, mort à Paris en 1S16. Sou Saiul Sébastien mourant {lll 9), le Ht admettre à l'Académie et lui valut la commande de la statue de Catinat {11S3). Dejoux exposa, quatre ans après, son groupe d'Ajax enlevmit Cassandre. La République le chargea, plus "tard, d'une ïieno7n7née, qui devait couronner le dôme du Panthéon. Le modèle de cette figure n'a jamais été coulé en bronze. Quelques années après, il reçut la commande d'une statue équestre du général Desaix. Dejoux lit un modèle remarquable, mais une injustice dont l'artiste fut victime entrava l'exécution du projet. Son modèle ayant été fondu à son insu, il blâma vivement cet étrange procédé, puis se retira dans son village, au milieu des siens; il y fonda plusieurs institutions de bienfaisance. Dejoux était membre de l'Institut.
DÉJUC ijuk' — subst. verbal de la forme dialectale rf(*juquer pour déjucher) n. m. Nom, dans les campagnes, de l'heure matinale à laquelle, chaque jour, les poules quittent les juchoirs ou perchoirs des poulaillers.
DÉJUCHER (du préf. priv. dé, et de jucher) v. n. En parlant des poules. Quitter le juchoir : Les poules ont DÉJDCHB. II Fam. Se lever, quitter le lit.
— V. a. Faire quitter le juchoir à : Déjucher des poules. Il Fam. Déjucher, Faire déjucher quelqu'un. Lui faire abandonner une retraite, lo chasser d un poste.
DÉJUDAÏSER (du préf. priv. dé, et de judaïsme) v. a. Faire cesser d'appartenir au culte juif.
DÉJUGER (je — du préf. dé, et de juger. Prend un c après le g devant a et o : JVous déjugeons. Je déjugeai) v. a. Revenir sur ce qui avait été jugé, prendre une décision opposée à celle que l'on avait déjà prise : Déjuger son propre arrêt.
Se déjuger, v. pr. Annuler par un jugement, par une décision contraire, ce que l'on avait soi-même jugé, décidé antérieurement.
DE JURE. Diplora. V. DE FACTO.
Dekalb, bourg des Etats-Unis (Illinois); 3.500 hab. — Etat du Mississipi ; 3.400 hab. — Etat de la Caroline du Sud ; 8.650 hab. — Etat de Virginie ; 3.000 hab.
Deken (Agathe), femme de lettres hollandaise, née près d'Amsterdam en 1741, morte à La Haye en 1804. Elle entra, en 1777. comme demoiselle de compagnie, chez Elisabeth Wolff, née Bekker. Elles se lièrent d'une étroite amitié et, depui-; lors, elles vécurent et travaillèrent ensemble. Parmi les productions de ces deux femmes, qu'on regarde comme les créatrices du roman hollandais, nous citerons : Sara Burgerhart (1782), et Histoire de Guillaume Levend (1784), où l'on trouve d'excellents tableaux de mœurs; Lettres d'Abraham Blankaert (1767); Chansons populaires (1781) ; Fables (1784) ; etc.
Derhan ou Dekkan. Géogr. V. Dkccax.
Dekkan-CHABAZPOUR. île de l'Inde anglaise, dans le golfe de Bengale, vis-à-vis de l'embouchure du Gange ; plus de 200.000 hab.
DEKKELÉ n. m. Plante indienne, graminée, désignée aussi sous le nom de maïs noir.
Dekker (Edouard Douwes\ écrivain hollandais, né à Amsterdam en ï820, mort à Niederingelheira en 1887. Après avoir occupé un emploi à Java, il revint en Hollande (1858), et écrivit alors des romans : Max Havelaar J1860), sous le pseudonyme de Multatcli; Minnebrieven (1861), etc., ainsi que des pièces do théâtre, dont l'une, l'Ecole des princes (1878), eut un grand succès.
DELÀ prép. Plus loin que, de l'autre coté de : Delà la rivière. Delà les monts. (Vieilli.)
— Loc. adv. Au delà, par delii, en delà. Plus loin, immédiatement après, pour lo lieu ou le temps : L'homme atteint queiquefuin cent ans, mais ne va guère au delà, n Plus encore ; Cela vaut cent francs et au dei.X.
— Deçà et delà, ou deçà, delà. V. dkçX. w Jambe derà, jambe delà. V. deçX.
— Loc. prépos. l'ar delà, de delà, au delà de. Plus loin oue, au prop. et au fig. : Habiter par delà les monts.
Venir i>b delà les monts. Aller au delà des monts. Au DELÀ DES intentions, des espérances.
L'au-deik n. m. L'autre monde, la vie future : La crainte de lad-delà.
— Anton. Deçà.
DELA, chef d'une colonie grecque qui serait venu occuper l'Irlande, d'après la légende.
DeLABARRE (Christophe-François), médecin français, né à Lisieux en 1787, mort en 1862, connu par son habileté dans l'art dentaire. Il a laissé : Dissertation sur l'histoire des dents ( 1806) ; Traité de la partie mécanique de l'art du chirurgien dentiste (1820). — Son fils, Antoink- François - Adolimïe , parait s'être servi lo premier do l'aBosibésie par l'étber on odontologie.
Henri Delaborda
De La Bêche (sir Henry Thomas), géologue anglais, né près do Londres en 1796, mort en lSô5. 11 fut directeur général de la description géologique du Royaume-Uni, directeur du musée de géologie pratique et do l'Ecole royale des mines et fut anobli en 1848. Il a publié de nombreux ouvrages et mémoires sur la science géologique. On cite son Manuel de géologie et sa Méthode d'observation géologique, qui est son meilleur ouvrage.
DelabORDE (Louis-Jules, comte ), jurisconsulte et écrivain français, né à Paris en 1806, mort près de Lausanne (Suisse) en 1889. Avocat au conseil d'Etat, puis conseiller à la Gourde cassation, il appartenait à une famille catholique et passa au protestantisme. Il s'occupa beaucoup d'œuvres de propagande, et publia des études sur les grandes ligures de la Réforme. On peut citer, entre autres : Gaspard de CoUgmj, amiral de France (1879-1882) ; Charlotte de Bourbon, princesse d'Orange (1887); Henri de Coligny, seigneur de Chastillon (1887); puis, en fait d'ouvrages do jurisprudence : Traité des avaries sur marchandises (1838), et Liberté religieuse (1840).
DeLABORDE (vicomte, puis comte Henri), peintre et critique d'art, secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts, né à Rennes en 1811, mort à Paris en 18v>9. Elève de Delaroche, on cite de lui quelques toiles à Dijon, à Raismes, à Amiens et à Versailles. Il a aussi peint la chapelle des fonts à Sainte- Clotilde à Paris. Entré dans l'administration de la Bibliothèque nationale en 1855, il y remplit les fonctions de conservateur du cabinet des estampes, de 1855 à 1885.
Outre les notices et discours qu'il a composés comme secrétaire perpétuel, le comte Delaborde a donné de nombreux et remarqués articles à la " Revue des Deux Mondes ». Il a publié en volumes :
Ingres, sa vie, ses travaux, sa doctrine (IS70); Lettres et pensées d'Hippolyte Flandrin (1865); Etudes sur les beaurarts (1864); l' Académie des beaux-arts (1891); etc. — Son (ils, H. -François Delaborde, né à Versailles en 1854, archiviste aux Archives nationales, a écrit plusieurs études archéologiques : Chartes de Terre sainte pi'ovenant de l'abbaye de Notre-Dame-de-Josaphat (1880); Etude sur la chronique en prose de Guillaume le Breton (1881); un Episode des rapports d'Alexandre VI avec Charles VIII (1887). Delaborde a entrepris l'édition des œuvres de Rigord et de Guillaume Le Breton, historiens de Philippe Auguste (lS8e-lSS6).
DÉLABREMENT [man) n. m. Etat d'une chose délabrée : Le délabrement d'une maison, il Etat de dépérissement, et. fig., Atfaiblissement des forces morales ou intellectuelles ; Le DÉLABREMKNT de l'esprit accompagne en général le DELABREMENT du COrpS.
DÉLABRER (de prcf. dé, et du lat. Jainherare, mettre en lambeaux) v. a. Déchirer, mettre en lambeaux : A force de tendre et de détendre cette tapisserie, on /'a toute délabrée. Il Détériorer, mettre en mauvais état : Délabrer une machine, des meubles. \\ Par ext. Affaiblir, ruiner: Les veilles délabrent la santé. Le jeu délabre les plus belles fortunes.
— Fig. Ruiner les forces morales ou intellectuelles de : Les excès délabrent l'esprit et le cœur, ii Réduire en piteux état par des attaques : Délabrer une réputation.
Se délROrer, v. pr. Devenir, être délabré.
DÉLACER [sé. — Le c prend une cédille devant a et o : T^ous délaçons. Je délaçai) v. a. Relâcher ou retirer le lacet de : Délacer un corset, des bottines, ii Par ext. Délacer le vêtement de : Délacer une femme évanouie.
— Délacer une voile. Mar. Retirer le petit cordage qui servait à lacer momentanément une portion de voile supplémentaire et à l'attacher à une voile basse.
Se délacer, v. pr. Etre, devenir délacé, il Défaire le lacet, les lacets de son vêtement.
DelacouR (Aifred-Charlemagne Lartigue, dit), médecin et vaudevilliste français, né à Bordeaux en 1815, mort à Paris en 1883. Il abandonna l'exercice de la médecine, pour écrire, le plus souvent en collaboration avec Labiche, Siraudin, Thiboust, etc., de joyeux vaudevilles, des comédies et des livrets d'opéras-comiques, et des drames. Parmi ses pièces qui ont eu le plus de succès, nous citerons: l'Hospitalité d'une grisette{l%-il) ; uneBiviêre datts le dos (1853) ; Célimare le bien-aimé (1853) ; et la Cagnotte, avec Labiche; le Procès Veawadieux (iZTô); les Dominos roses (1876); le Phoque (1878), avec Hennequin; le Courrier de Lyon, drame, avec Siraudin ; la Veuve du Malabar (lS72); Jeanne, Jeannette et Jeanneton (1877) ; Fatniitza (1879), opéras-comiques, etc.
Delacroix de Contact (Charles), homme politique
français, né à Givry (Marne) on 1741 , mort à Bordeaux en 1805. Il fut élu, en 1793, député de la Marne à la Convention, siégea à la Montagne et vota la mort de Louis XVI. Devenu ministre des relations extérieures sous le Directoire (1795), il fut nommé, en 1797, ministre de la République à la Hâve. Le Consulat en fit un préfet, d'abord à Marseille (1800), puis à Bordeaux. H fut le père d'Eugène Delacroix.
Delacroix (Jacques-Vincent), avocat et publiciste, né à Paris en 1743, mort à Versailles en 1832. Avocat, il plaida avec éclat des causes retentissantes; il combattit par la parole et la plume la torture et la procédure secrète. Lorsque la Révolution éclata. DelacroLx fit un cours de droit ;public ; mais, accusé de royalisme, il quitta sa chaire. Lors du procès de Louis XVI,* il se prononça, dans les journaux, contre la compétence de la Convention pour juçer lo roi, et fut traduit devant le tribunal révolutionnaire, qui l'acquitta. Delacroix entra dans la magistrature. Parmi ses écrits, on cite : Mémoires d'un Américain (1770) ; Béjlexiuns philosophiques sur l'origine de la civilisation et sur les moyens de remédier à quelques-uns des abus qu'elle entraîne (1781-1783); Jiéflcxions morales sur les délits publics et privés (1807); l'Instituteur français (1809).
Delacroix (Ferdinand-Victor-i?ui7^ne), peintre français, né à. Saint-Maurice (Seine) en 1799, mort à Pans on 1863. A dix-huit ans, il entra à latelier de Guérin, mais
Eugène Delacroix.
il était rebelle à l'enseignement académique. Géricault exerça sur lui une profonde influence. Le premier tableau do Delacroix : Dante et Virgile traversant le lac qid entoure la ville infernale de Dite (1822), fit scandale. (V. barque du Dante.) Le Massacre de Scio (1824), le Christ au jardin des Oliviers, Marino Faliero, Milton aveugle dictant le « Paradis perdu », V Apparition de Méphistophélès à Faust, Justinien composant ses lois, la Mort de Sardanapale ; le firent acclamer chef de l'école coloriste.
Il prit part au mouvement romantique avec la Liberté sur les barricades ; l'Assassinat de l'évêque de Liège, le Cardinal de Richelieu dans sa chapelle du Palais-lîoyal (détruit en 1848), Cromwell daris le château de Windsor, Baphaël dans son atelier. Delacroix partit pour le Maroc d'où il rapporta, en 1834 : les Femmes d'Alger (houvre), la Rue de Méquinez; etc. Nouveaux succès au Salon de 1835, avec un Christ eti croix, le Piisonnier de Chillon, Ir.s NatcJiez, etc. Delacroixfutcliargé, en 1836, de peindre le salon du roi à la Chambre des députés.
Delacroix peignit pour l'exposition de 1837 la Bataille de rrii7/e6our^ (Versailles). Au Salon de 1838 parurent la iWi^rfife (Lille), les Convulsionnaires de Tanger, la Dernière Scène de Don Juan; au Salon de 1839, Cléopdtre, Hamlet et les fossoyeurs; au .Salon de 1840, la Justice de Trajan (Rouen); au Salon de 1841, la Prise de Constantinople par les croisés (Louvre) ; la Noce juive dans le Maroc (Louvre) ; etc.
En 1845, il commença les peintures de la bibliothèque du palais du Luxembourg, représentant les héros, les poètes et les philosophes les plus célèbres de l'antiquité, saas cesser de tenir une grande place aux Salons de 1845, 1846, 1847. A la bibliothèque de la Chambre des députés, il peignit l'origine et la chute de la civilisation antique : Orphée enseignant aux Grers 1rs arts de la paix, et Attila foulant aux pieds de son cheval l'Italie conquise et ses monuments. Le gouvernement de 1848lechargeade peindre lo plafond de la galerie d'Apollon, au Louvre. Delacroix y représenta Apollon vainqueur du serpent Python. Jusqu'en 1853 il continua à produire de nombreuses toiles. A cette dernière date, Delacroix peignit dans le Salon de la Paix, à l'Hôtel do ville de Paris, un grand plafond circulaire représentant la Paix venant consoler les hommes; huitcaissons représentant Vénus, Bacchus, Ma/-s, Mercure, la Muse, Neptune, Minerve. Cérès, et onze dessus de porte et de fenêtre représentant les Travaux d'Hercule.
A l'Exposition universelle de 1855, il donna comme œuvres nouvelles une Chasse aux lions et les Deux Foscari. L'Académie l'élut enfin à la place de Delaroche. Il exposa encore Ovide chez les Scythes, saint Sébastie7i, le Christ au tombeau (1859). Deux ans après, il terminait à Saint-Sulpico les peintures murales de la chapelle des Saints-Anges, représentant Héliodore chassé du temple, la Lutte de Jacob et de l'ange, et Saint Michel terrassant le démon (plafond). Musicien dilettante, Delacroix savait être écrivain à ses heures; causeur étincelant, tantôt mélancolique, tantôt sardonique, il était à volonté profond ou spirituel.
Dessin fier et accusé, modelé souple et puissant, peinture grasse, ferme et solide, telles sont les qualités qui caractérisent l'exécution du peintre ; mais celles qui priment et qui font de Delacroix un maître égal aux plus illustres sont la vie, la passion, la puissance dramatique.
Son œuvre a été décrit par Alfred Robaut et Chesneau ; sa correspondance a été publiée par Ph. Burty; sa biographie écrite par Moreau, Véron, Rosenberg, Ch. Blanc, etc.; sa bibliographie par Maurice Tourneux; enHn, son Journal a paru par les soins de Paul Fiat. Un monument, dû au ciseau de Dalou, lui a été érigé dans le jardin du Luxembourg.
Delacroix (Hugues-Charles-Alphonse), architecte et archéologue français, né à Dôle (Jura) en 1807, mort à Besançon en 1878. C'est à lui qu'on doit la découverte des mines de sel gemme du Doubs. Il a publié plusieurs écrits, notamment: Alesia (1856); Note incomplète sur Alaise (1861); la Question d'Alaise et d'Alise (1S63); etc.
Delacroix (Auguste), peintre et aquarelliste français, né et mort à Boulogne-sur-Mer (1809-1868). On lui doit : Plage et port de Boulogne, le Port de Saint- Valéry, la Marée basse au Portel, le Lendemain du naufrage, la Maison du pécheur, la Prière, la Tempête, le Départ pour la pèche, et le Retour, tableaux d'un sentiment très juste.
DelacuisiNE (Elisabeth -François), magistrat et érudit français, né à Chalon-sur-Saône en 1795, mortàDijoa en 1874. Il entra dans la magistrature en 1818, et prit sa retraite comme président de Chambre honoraire en 1865. Delacuisine a publié un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels : De V administration de la justice criminelle en France depuis la réforme de la législation (1841) ; Traité du pouvoir judiciaire dans la direction des débats criminels (1843). Coniino historien, il a écrit : le Parlement de Bourgogne, depuis son origine jusqu'à sa c/tu^e (1857), et plusieurs autres travaux d'histoire locale.
Delafond (Mamert-Onésime), médecin vétérinaire français, né à Saint-.Vmand (Nièvre) en 1805, mort en 1861. Il fut professeur, puis directeur de l'école d'Alfort (1860), et membre de l'Académie de médecine. On a de lui des ouvrages remar(]uables, notamment : De la morve chez les solipèdes (1837); Traité de thérapeutique générale vétérinaire {X^Zi-MW), avec Andral; Traité sur la police sanitaire des animaux domestiques (1838); Traité sur les maladies du sang des bêtes bovines (1848); etc.
Delaforge (Louis), médecin et philosophe français du xvii" siècle. Il fut l'ami de Descartes et un do ses plus chauds partisans. On lui doit un commentaire sur le traité de Descartes : De homine. Mais son ouvrage le plus estimé est intitulé : Traité de l'âme humaine, de ses facultés, de ses fonctions et de son union avec le corps, d'après les principes de Descartes (1664). Delaforge a expliqué les rapports de l'âme et du corps, sur lesquels Descartes ne se prononce point. Delaforge réduit à deux causes celles qui président à l'union de l'âme et du corps : la volonté divine et la volonté humaine.
DelafoSSE (Gabriel), minéralogiste français, né ù. S&ini-Quonun en 1796, mort à Paris on 1878. 11 occupa uno chairo do minéralogie à la faculté dos sciences do Paris et ù. l'Kcole normale, ot fut nommé, eu 18f»7, membre do l'Acudôniio dos sciences. Dolafosse s'est attaché d'une façon toute particulière à, l'étude do la cristallograpliio. 11 a montré, lo promior, los relations qui existent eutro le sous du pouvoir rotatoiro dos substances minérales et lo sens de 1 orientation des facettes liémiédriquos (|ui los nioditient. Ou a do lui, sur cette partie do la science, plusioiirs miMUOirc'S.
DELAFOSSITE (de Delafosse, n. pr.) n. f. AUiminato naturel do may;nésie ; variété cuprifère de spincUo.
Delage (Marie-Yves), zoologiste français, né à Avignon (Vaucluso) on 1854. Il fut nommé, en 1883, professeur à la faculté dos sciences de Caon, et, on 1886, remplaça Milno-Kdwards à la Faculté do Paris. Outre uno série de monographies, dans les archives de zoologie oxpérimentalo et générale, on doit à Delage : De l'uri(/ine des éléments fifjurés du sang) thèse do médecine); l'Evolution de la sacculine (1884); l Anatomie des cyntkiadées (1889); etc.
DelagOA (baib), baie do l'Afritiuo orientale, sur l'océan Indien. V. Loukenço-Marques {baie de).
DÉLAI {le — subst. verbal de délayer, pour dihu/ei') n. m- Temps accordé pour faire une chose, ou à l'expiration du" quel on sera tenu de faire cotte chose : Demander, Obtenir un DÉLAI, un DÉLAI de huit Jours, il Retardement, remise : Le DÉLAI, même fondé, dans le commencement des grandes araires, est toujours dangereux. (Gard, de Retz.)
— Dr. Temps reconnu nécessaire et accordé par la loi, le juge ou les parties, pour accomplir une obligation, produire un acte, comparaître devant le juge : Dklai d'appel. Bref DÉLAI. Il Délai de grâce, Délai que le juge accorde au débiteur, n Délai de repentir, Espace légal de temps laissé entre la disparition d'un soldat absent et le terme de rigueur fixé par la loi.
— Encycl. Dr. L'inobservation des délais a pour sanction la déchéance ou la nullité, quelquefois même des dommages-intérêts ou le rejet de la taxe, lorsqu'il s"agit d'un acte tardivement signifié. Les délais se comptent quelquefois d'heure à heure, ot ordinairement par jours, par mois et par années. Le point de départ [dies a quo) n'est pas compris dans lo délai, à moins que le législateur n'en ait disposé autrement. Il est franc lorsqu'il ne comprend aucun des jours termes; si le dernier jour est un jour férié, le délai est prorogé au lendemain. Aux termes du § 2 de l'article 1033 du Code de procédure civile, modifié par la loi des 3 mai-3 juin 1862, le délai général fixé pour les ajournements, citations, sommations et autres actes à personne ou domicile est augmenté d'un jour à raison de cinq myriamètres de distance. Dans les cas qui requièrent célérité, le président du tribunal peut autoriser le demandeur, par ordonnance sur requête, à assigner à bref délai.
Délai de grâce. C'est celui que le juge, en considération de la position du débiteur, peut, dans certains cas, accorder pour l'exécution de l'obligation, ou pour le payement. Il doit être prononcé par le jugement môme qui statue sur la contestation. L'article 124 du Code de procédure civile refuse ce bénéfice au débiteur dont les biens sont vendus par un autre créancier, s'il est en état de faillite, de contumace, ou s'il s'est constitué prisonnier, ou enfin lor.squ'il a, par son lait, diminué les sûretés de son créancier.
Délais de la justice divine (Des), dialogue de Plutarque. — On cause d'Epicure et de ses objections contre la Providence. Puis l'on discute l'objection principale de ce philosophe, tirée de la lenteur que met souvent la justice divine à frapper les coupables. Plutarquo démontre que cette lenteur est conforme à la raison. 11 conclut que 1 homme doit imiter la sagesse divine.
DÉLAIEMENT a. m. Linguist. V. délatkmi-:nt.
DÉLAINAGE {lè-naj') n. m. Opération ayant pour but d'enlever la laine des peaux do mouton après l'écorcha^o do ranimai tué, afin d'utiliser sé}>arèmeut la laine et lo cuir,
— Encycl. Le délainage s'opère lo plus souvent mécaniquement, au moyen d'un appareil composé de deux cylindres, dont l'un, recouvert de caoutchouc, reçoit la peau à délainer ; ce cylindre tourne à proximité d'un second cylindre dont la surface est munie de lames liélicoïdales qui coupent au ras du cuir la toison ot l'étaient.
DELAINE n. m. Variété de mousseline de laine.
DÉLAINER {lé-7ié — du préf. priv. dé, et do laine) v. a. Arboric. Enlever la laine qui a servi à fixer une grelfo en écusson sur lo sujet.
— Tochn. Procéder au délainago.
Se délainer, v. pr. Etre délainé, perdre sa laine.
DELAIR(Paul), littérateur, poète et auteur dramatique français, né à Montereau-faut-Vonno (Seine-et-Marne) en 1842, mort à Paris en 1894. D'abord comptable, il entra à l'administration des beaux-arts, fut commissaire dos expositions, ot enfin conservateur du musée de sculpture duTrocadôro. Comme poète, on cite de lui : les Nuits et Ifs Réveils (1870); les Contes d'à présent (1881); laVtc cliiméri(fue(ïS9l)\ Chansons épiques (1897). Comme autour dramatique, on lui doit, outre dos à-propos, des pièces en vers ou en prose : Oarin, drame envers, joué à la Comédie-Française on 1880; l'Aîné {iSiZ); les Itois en exi7(l884); //etène (isn); la Mégère apprivoisée 1^1891). Il a publié aussi quelques romans.
DELAIRÉE (lè-ré) n. f. Genre do plantes, famillo des composées hélianthées-séuôcionées , dont l'espèce type habite le Mexique; on l'appollo vulgairement heuuk d'ltii.
DÉLAIS n. m. Dr. anc. Syn. do délaissement.
DÉLAISSEMENT {lè-se-man) n. m. Action do délaisser, d'abandonner ; résultat do cette action.
— Kig. Abandon, renoncement : Le délaissement des vieux préjugés est un pas vers les idées sames. (Salvandy.)
Il Manque d'appui, de secours, d'assistanco : Partout le DELAISSEMENT ues femmes tient à l'état de la société et non aux institutions. (St-Marc Gif.)
— Dr. et comm. Abandon que l'on fait d'un bien ou d'un droit. Il Délaissement par hypothèque. Abandon que fait un tiers détenteur d'un immeuble hypothéqué, pour so libérer des poursuites d'un créancier envers lequel il n'est pas porsonnellemont obligé.
— Dr. marit. Acte d'un assuré qui abandonne à l'assureur la chose assurée, en réclamant do colui-ci, ot par uvanco, lo payement do ses droits.
— Encycl. Dr. Lorsque l'acquéreur d'un immeuble veut s'affranchir des dettes hypothécaires ou privilégiées qui affectent cet immeuble, deux voies lui sont ouvertes : il peut ou purger, ou délaisser sans réserve. S'il se refuse à. payer, à purgor ou à délaisser, chaque créancier hyjiothécuire iiout faire vendre l'immeuble après commandemont au débiteur originaire et sommation au tiers détenteur. Lo tiers détenteur peut s'opposer à la vonto s'il existe d'autres immeubles hypothéqués à la mémo dette dont il puisse requérir la discussioji. Ce privilège cesse si le créancier a un privilège ou une hypothèque spéciale sur l'imnieuljlo.
Tout tiers détenteur qui n'est pas personnellement obligé, comme celui qui s'est porté caution par exemple, peut faire le délaissetnent.
Le délaissement n'est qu'un simple abandon de la détention matérielle de l'immeuble. Après adjudication do l'immeuble et i)ayement des créanciers, l'excédent libre du prix devra profiter à l'acquéreur qui a délaissé l'immeuble.
— Dr. marit. En droit maritime, le délaisseinent no peut, avoir lieu que quand les risques de mer ont été connus. Il a pour effet de transporter à l'assureur, qu'il l'accepte, ou non, la propriété des objets assurés ou de ce qu'il en reste, de lo subroger entièrement aux droits do l'assuré, ot, en même temps, de l'obliger à payer à co dernier le montant intégral do son assurance.
Ce principe est restreint aux conditions énumérées par la loi : 1" prise du navire; 2» naufrage, c'est-à-dire perte totale du navire par submersion ; 3° bris du navire ; i° innavigabilité par fortune de mer, c'est-à-dire l'impossibilité où so trouvent le navire de continuer sa route et le capitaine d'en affréter un autre pour continuer le trajet ; 5*» arrêt de puissance (embargo) ; 6" perte ou détérioration des ij^ois quarts des objets assurés; 7" cas où il s'est écoulé un temps déterminé sans que l'assui'é ait l'eça des nouvelles du navire (C. comm., art. 373 et 374).
DÉLAISSER (lè'Sé — du préf. dé, et de laisser) v. a. Abandonner, quitter : Délaisser un travail, n Abandonner, laisser sans aucun secours : Vous rne délaissez, mon Dieu, mais Je ne vous délaisserai poijit. (Bourdal.)
— En T. de dr., Renoncer à une chose dont on était en possession : Délaisser un héritage, il Ne pas continuer, renoncer à : Délaisser des poursuites.
— Substantiv. n. m. Action de délaisser, it Abandon, état de délaissement : La saison des chaleurs augmente le délaisser de lu cité. (Chateaubr.)
Délaissé, ée part. pass. du v. Délaisser.
— Substantiv. Personne délaissée par les hommes ou par le sort : La nature refuse à ces délaissés Jusqu'aux facultés les plus vulgaires. (Passy.)
Se délaisser, v. pr. Etre délaissé, abandonné : Unea-uvre e}i bonne voie ne doit pas se délaisser, il S'abandonner, se laisser les uns les autres sans assistance : Les hommes, même par intérêt, ne devraient Jamais se délaisser.
— Syn. Délaisser, laisser. Laisser marque une séparalion pure et simple ; délaisser ajoute à cette idée celle d'un abandon total qui ne permet plus à la personne d'attendre des secours ou des consolations d'aucun côté.
— Abandonner, quitter, renoncer. V. abandonner.
Delaistre (François-Nicolas), sculpteur français, né et mort à Paris (1746-1832). Prix de Rome en 1772, il fut agréé à l'Académie, mais ne devint pas académicien. Ses œuvres les plus importantes sont : Phocion, au musée do Bordeaux; uno Vierge, à l'église Saint-Nicolasdos-Champs; te Roi Joseph, à Versailles; des bas-reliefs au Panthéon ; etc.
^Delaistre (Louis-Jean-Désirô), graveur français, né et mort à Paris (1800-1871). On cite de lui : Hercule combattant le fleuve Achêloùs, d'après le groupe célèbre de Bosio ; le Naufrage de la Méduse, d'après Géncault; Raphaël et la Fornarina, d'après A Devéria; etc.
DÉLAITAGE {lè-taj') ou DÉLAITEMENT {lè~tt'-man) irad. délaiter] n. m. Opération ayant pour objet d'extrairo du beurre les parties fluides qui sont restées dans la masse. Il Résultat de cotte opération.
DÉLAITER {le — du préf. priv. dé. et de tait) v. a. Débarrasser du petit-lait : Délaiter le beurre. Se délaiter, v. pr. Etre, devenir délaité.
DÉLAITEUSE {It'-teuz') n. f. Machine employée, dans la méthode danoise, pour éliminer lo peiit-Iail i-otenu entre les globules do beurre. (La dêlaiteusr. importée du Danemark par Piltor, permet d'épurer le beurre* LM-auuIé pur la haratte, et do lo mettre en mottes sans recourir au malaxage à la main.)
DelALAIN, famille d'imprimeurs et libraires parisiens : NïCOLAS-AUfiUSTIN, lo
premier de la famillo fut reçu libraire en 1764. — Son fils, Jacquios-Adgdstk (1774-1832), acquit, en 1808, le fonds d'imprimerio et de librairie des Harbou. — Il eut pour successeur son fils Augustk-Hknri- JuLES (1810-1877), qui fut un des promoteurs du Cercle do la librairie ot do l'imprimerie, et président do la Chambre DL-laiuusc.
dos imprimeurs. On lui doit,
ontro autres écrits ; Législation de la propriété littéraire et artistique (1858); Législation française et belge de la propriété artistique et littéraire (1854); Recueil des conventions conclues par ta France pour la reconnaissance des droits de propriété littéraire et artistique (1866); Historique de la propriété des brevets d'imprimeur (1869); etc. — A sa mort, la maison passa ontro les mains do ses (Ils : Henri-Marie, né on 18J8, et Paul-Adolphe, né on 1840. Ils entreprirent l'improssion du Churtularium wtiversitatis Parisiensis, dont l'édition est duo au P. Deniûo ot à K. Châtelain. On doit encore ù Paul Dolalain : VDwentaire des marques d'iniprimeui'.i et de libraires composant la collection du Cercle de la librairie (1888), et, en collaboration avec Lyon-Caon, les Lois françaises et étrangères sur Iti propriété littéraire et artistique (l8y0).
DelaLANDE (Piorro-Antoino), naturaliste et explorateur lian<;nis. uAh Vorsûi!los ou 1787, mort en 1823. Do
DELAFOSSE — DELANDINÊ
ces voyages, surtout du dernier, pendant lequel il visita le pays des Hottontots, la Cafrorio ; il rapporta une iramonsÔ quantité de minéraux. On a de lui : Précis d'un voyage cntî'epris au Cap do Ronne-Fspérarice (1822).
DelamaLLE (Gaspard-Gilbert), avocat au parlement, né à Paris en 1752, mort on 1834. Ruiné sous la Révolution, la réorganisation dos tribunaux lui permit de rétablir sa fortune, lldnvint bâtonnier de l'ordre des avocats (1806), conseiller de l'Université on 1808, conseiller d'Etat en 1811, et, sous Charles X, inspecteur général des écoles de droit. On a de lui : Plaidoyers choisis et a-uvres diverses (1827); un Essai d'institutions oratoires (1816 et 1822).
Delamarche (Charles-François), géographe français, né à Paris en 1740, mort en 1S17. Il améliora los ouvrages destinés à l'enseignement de la géographie et composa différents ouvrages, dont le meilleur est un Traité de la sphère et de l'usage des gltibcs célestes et terrestres (1790). — Son fils, FÉLIX Delamarche, a fait paraître un Atlas de la géographie aricieiine, du moyen âge et moderne (1829).
Delamare (Nicolas), jurisconsulte français, né en 1639, mort à Paris en 1723. 11 joua un rôle important dans les affaires de la révocation de l'édit de Nantes, puis comme inspecteur général de la librairie. A la demande du président de Lamoignon, il entreprit son grand ouvrage sur la police de Paris : Traité de la police, où l'oji trouve l'histoire de son établisseyîient, les fonctions et les préi'Ogatives de ses magistrats, toutes les lois et tous les règlements qui ta concernent, œuvre magistrale. Delamare se ruina à cette publication. Elle fut continuée par Leclerc du Brillet. En 1788, la bibliothèque du roi acquit les documents que Delamare avait réunis pour la composition de son ouvrage.
Delamarre (Louis-Gervais), agronome français, né à Mello (Oise) en 1766, mort à Paris en 1827. D'abord procureur au Châtelet, il se livra à l'agronomie. Il a publié : Traité de la ci'lture des pins (1826), et Historique de la créalion d'une richesse millionnaire par la culture des pins (1826).
DeuvMARRE (Théodore-Casimir), journaliste et député français, né à Dancourt (Seine-Inférieure) en 1797, mort à Paris en 1870. Devenu banquier, il fut nommé régent de la Banque de France en 1821. En 1844, Delamarre acheta « la Patrie », journal qui se vendit près de deux millions, vingt ans après. En 1848, Delamarre rendit, au moyen de « Ta Patrie u, d'importants services au princeprésident. 11 fut, en 1852, député de la Somme.
DelambRE (Jean-Baptiste-Joseph), astronome, né à Amiens en 1749, mort à Paris en 1822. Il n'avait pas moins de trente-six ans lorsqu'il commença à étudier l'astronomie sous Lalande, qui se plaisait à dire, plus tard, que Delambre était son meilleur ouvrage. Ses taoles d'Uranus lui valurent, en 1790, le prix de l'Académie. En 1792, il fut élu à l'unanimité membre de l'Académie, après avoir présenté ses tables des satellites de Jupiter et celles do Saturne. Il fut chargé avec Méchain, par l'Assemblée constituante, de mesurer l'arc du méridien compris entre Dunkerquo et Barcelone; cette opération ne put être terminée qu'en 1799. Membre de l'Institut dès sa première organisation, en 1795, il en devint secrétaire perpétuel en 1803. Nommé, sous le gouvernement consulaire, inspecteur général dos études, en 1807, il obtint, au Collègede France, la chaire d'astronomie, laissée vacante par la mort do Lalande. En 1815, admis à la retraite, Delambre employa ses dernières années à écrire l'hîstoire de la science.
Delambre possédait une vaste Delambre.
érudition, lisant toutes los langues.
Sa probité scientifique, selon la belle expression de Cuvior, n'avait d'égale que sa modestie. Parmi ses ouvrages, citons : Tables de Jupiter et de Saturne (1789); Rase du système métrique décimal ou Mesure de iarc du méridien compris entre Dunkerque et Barcelone , exécutée en 1792 et années suivantes, par Méchain et Delambre, rédigée par Delambre (1806, 1807 et ISIO). [Cet ouvrage fait partie des " Mémoires « de l'Institut]; 7'ables astronomiques, publiées par le Bureau des longitudes de France ; Tables du Soleil; Tables de Jupiter et de Satunte; 7'ables elliptiques des satellites de Jupiter (1806-1807); Rapport historique sur les proqrès des sciences mathématiques, depuis l'an i7S9, lu au conseil d'Etat on 1808 (1810). [Cet ouvrage fait partie des <• Mémoires >• de l'Institut. Il a été fait du rapport de Delambre uno édition usuelle]; Abrégé d'astronomir ou Leçons élémentaires d'astronomie théorique et pratique (ï>i\i): Traité complet d'astronomie théorique et pratique (1814); Histoire de l'astronomie ; Astronomie ancienne (1817) ; Astronomie du moyen âge (1819); Astronomie moderne (1821). [Delambre mourut avant d'avoir pu terminer à son gré la publication do ce dernier ouvrage, laissant le manuscrit complet de deux autres volumes comprenant l'Astronomie du xviu" siècle et la Figure de la terre.]
DÉLAMPOURDAGE {lan, daj' — rad. délampourder) n. m. Artioii d'utor les iampourdos dos laines.
DÉLAMPOURDER [lan — du préf. priv. dé, et do lampourde) v. a. Enlever les lampourdes, sortes do graines i|ui s'accrochent ù la laine on suint.
DelandinE (Antoine-François), littérateur français, né à Lyon en 1756, mort en 1820. Avocat au parlement, il publia de savantes dissertations qui lui valurent lo titre de « membre correspondant do l'Académie des inscriptions ». Kn 1788, parut son Histoire des assemblées nationales en France, qui lo (it nommer membre do la Constituante. Dolandine y défendit les idées monarchiques. Emprisonné pendant la"Torrour, il fut délivré par le 9-ïhermidor, ot nommé alors professeur de législation ù l'Ecole centrale (1795), puis. 00 1803, bibliothécaire à Lyon, Outre uuo foule d'articles, Dolandine a écrit : Uibliothèque historique et raisonnée des historiens de Lyon ( 1787 ) ; Tableau des prisons de Lyon (1797); Mélanges bibliographiques et littéraires (1816), ot 1 édition qu'il donna (1804-1805) du Dictionnaire historigue de Chaudon. — Son flls aîné, François- ELfioNORB-MADKLBiNB-RoMANET Dolandlne, entra dans la magistrature et publia, en isî4. un volume du Cata-
DELANGLE — DELAULNE
logue de la bibliothèque de Lyon. — Uu autre de ses fils, JÉROMK Delandine, né à Lyon en 1787, fut nommé par Louis XVIII commissaire du roi dans les départements du Midi (1815), combattit auprès du duc d'Angoulême, et reçut, par ordonnance royale, le nom de Saint-Esprit, en récompense des services rendus par lui à ce prince, fait
Î)risonnier au Pont-Saint-Esprit. On lui doit : les Fastes de a France, le Cycle des jours chrétiens; etc.
DeLANGLE (Claude-Alphonse), magistrat et ministre français, né à Varzy (Nièvre) en 1797, mort à Paris en 1869. Avocat général près la Cour de cassation, il fut appelé, en IS47, au siège de procureur général près la cour royale de Paris. Il était aussi député de l'arrondissement de Cosne. En 1850, il rentra à la Cour de cassation. Au coup d'Etat du 2 décembre, il fut un dos premiers dans la commission consultative qui entoura le prince-président. Il fut nommé premier président de la cour d"appel de Paris, et sénateur. En iSôS, nommé ministre de l'intérieur, eu remplacement du général Espinasse, il changea, l'année suivante, son portefeuille coutre celui de la justice. En 1863, il était nommé premier vice-président du Sénat, puis, en 1865, il remplaça Dupin aine au parquet de la Cour de cassation.
Delannoy (Edmond-Léopold-Emile), acteur français, né à Arras en 1817, mort à Paris en 1888. Il entra, en 1848, au Vaudeville, à Paris, où il resta attaché presque sans interruption jusqu'en 1882, et où il créa avec verve et finesse un grand nombre de rôles comiques. Il fut ensuite attaché à la Gaîié et à la Renaissance. On lui doit des vaudevilles et de nombreuses chansonnettes.
]3eI*AN0 (Amasa), voyageur américain, né à Duxburg (Massachusetts) en 1763, mort en 1817. 11 partit en 1790 pour la Chine, puis il suivit le capitaine Mac Luer dans fa Papouasie et la Malaisie, et explora les côtes de l'Inde. 11 exécuta ensuite, d'abord de 1799 à 1802, puis de 1805 à 1807, deux importants voyages autour du monde et en publia le récit sous le titre de Relation de voyages autour du monde dans les deux hémisphères, etc. (1817).
DELANOUITE (de Delanoue, n. pr.) n. f. Substance minérale, appartenant au genre argile; variété de smectite.
ÎDelapALME (Emile), magistrat et écrivain français, né à Paris en 1793, mort en iStiS. Il débuta en 1815, comme substitut à Chartres, et devint conseiller a la Cour de cassation en 1S47. Il s'occupa beaucoup d'instruction populaire et publia, pour l'enseignement primaire, un certain nombre de livres qui ont paru sous le titre général de Bibliothèque de l'instituteur et des écoles primaires (1829- 1831). 11 a laissé aussi un Dictionnaire de l'agriculture. Pendant quinze ans, il a dirigé l'asile Fénelou, consacré à l'éducation des enfants abaudonnés.
DelaplaNCHE (Eugène), sculpteur français, né à Belleville, près Paris, en 1836, mort à Paris' en 1891. 11 débuta auSaloudelseï et remporta le grand pris de Rome en 1864.
Delaplanche, d'Italie, envoya l'Enfant monté sur une tortue et Pecoraro. De retour à Paris, il exécuta son Eve avant le péché. Ses qualités de grâce, de noblesse et de style, se manifestèrent avec un succès croissant dans sa Sainte Agnès (1873), son Education maternelle (1875), son Harmonie (1877J, etc. A l'Exposition universelle de 1878 et au Salon de la même année, il donnait l'Afrique, en bronze doré ; la Musique, marbre (qui valait à l'auteur la médaille d'honneur du Salon); enfin, la Xttnje au lys, pure et fière création (Luxembourg). En 1884, paraissait le marbre de l'Aurore (Luxembourg) ; dans les années suivantes, une Circé, une Danse, une statue d'Auôer, pour le foyer de l'Opéra; etc.
Delaporte (Michel), vaudevilliste, né et mort à Paris (1802-1872). D'abord peintre et caricaturiste, il fit jouer, seul ou en collaboration, un grand nombre do pièces légères; entre autres : le Masque de t'é^/ours (1859); le Pied de mouton (1860); tes Trois fils de Cadet Èoussel (1860J: Monsieur et Madame Denis (1862) ; Une femme qui bat son gendre (1864); etc.
Delaporte (Louis-Marie-Joseph), marin et explorateur français, né en 1842. Il participa, de 1866 à 1868, à l'expédition du Mékong, dirigée successivement par Doudart de Lagrée et par Francis Garnier. Delaporte fut chargé d'explorer le Cambodge et d'en étudier les monuments. 11 rapporta de ce voyage une série de pièces et de moulages qui ont été déposés au château de Compiègne, où ils forment le Musée khmer ou cambodgien, et il en a publié le commentaire dans son Voyage au Cambodge (1880). Depuis, Delaporte est retourné dans le môme pays et y a complété les résultats de sa première mission.
DelaRBRE (Antoine), naturaliste français, né à Clermoni en 1724. mort en 1807, 11 fonda dans sa ville natale un jardin botanique et fit des cours publics. Il parcourut l'Auvergne pour en étudier les plantes et les terrains, et publia notamment : Essais zooujgiques ou Histoire naturelle des animaux sauvages quadrupèdes et des oiseaux indightes (1797); Flore d'Auvergne (1797).
DELARBRÉE n. m. Genre d'ombellifères, tribu des araïiêes, voisines des myodocarpus, habitant la Nouvelle-Calédonie. (Les delarbréessontd'éléf^ants arbustes à feuilles alternes, à fleurs en grappes ramifiées; les fruits renferment une olco-résino aromatique.)
DÉLARDEMENT [man — rad. délarder) n. m. Enlèvement du lard qui recouvre la viande de porc, il Opération qui consiste à enlever une des arôtes d'une pièce de bois équarrie. ii Coupage oblique du dessous d'une marche d'escalier en pierre, n AmincisiiemcDt oblique d'une pierre au aïoycD de la bouchardo.
DÉLARDER ^du préf. priv. dé, et de lard) v. a. Dépouiller de son lard, de sa graisse, eu parlant d'un cochon. — Ârchit. Diminuer d'une partie du lit, en parlant d'une
Delaplanche.
Paul Delaroche.
pierre, il Couper obliquement par-dessous, en parlant d'une marche d'escalier, il Amincir en piquant avec le marteau, en parlant d'une pierre.
— Art culiu. Oter le lard, les lardons de : Délarder des mauviettes, un fricandeau.
— Charpent. Equarrir, amener à la forme d'un prisme rectangulaire : Délarder wte pièce de l/ois.
Delaroche (Hippolyte-Pau^), peintre français, né et mort à Paris (1797-1856). Il travailla d'abord sous la direction de Wattelel. 11 entra ensuite dans l'atelier de Gros et débuta au Salon de 1822 avec Joas sauvé par Josabeth et un Christ descendu de la croix. Flatté des éloges accordés au Joas par Géricault, Delaroche lui demanda des leçons. L'Exposition de 1827 consacra sa réputation naissante. 11 y envoya une toile à sensation : la Mort d'Elisabeth. Un autre tableau exposé par Delaroche à ce même Salon de 1827, la Mort du pi-ésident Duranti, est, en revanche, un de ses plus solides morceaux. Survint la révolution de 1830, et avec elle le triomphe de la bourgeoisie et de ses théories esthétiques. Personne plus que Delaroche ne devait réussir dans ce milieu. Il exposa au Salon de 1831 : Cromwell ouvrant le cercueil de Charles /" (Nîmes); les Enfants d'Edouard (Louvre) ; Mazarin mourayit et -liichelieu remontant le Bhône (Louvre); plusieurs portraits et dessins au pastel.
Cette année même, il entrait à l'Académie.
En 1834, il exposa sa Mort de Jane Gray, un de ses meilleurs tableaux pour la disposition des personnages, une Sainte Amélie et un Galilée. Invité par le gouvernement à se charger de la décoration de l'église de la Madeleine, il alla en Italie faire les études nécessaires. De retour à Paris, Delaroche se vit déposséder par l'administration des beaux-arts d'une partie du grand travail qui lui avait été commandé; cette part fut confiée à Ziegler. Profondément blessé, il renonça à toute l'entreprise. Il avait déjà exécuté six esquisses en 1835, relatives à la vie de la Madeleine. Au Salon de 1835, parut son chef-d'œuvre : l'Assassi7ïat du duc de Guise (Chantilly). Le Strafford conduit au supplice et le Charles /" insulté par les soldats de Cromwell, qui parurent au .Salon de 1837, obtinrent un moindre succès. La Sainte Cécile, exposée à ce même Salon de 1837, fut critiquée. Paul Delaroche cessa, dès lors, de paraître aux Salons et ne prit aucune part à l'Exposition universelle de 1855. 11 se consacra, de 1837 à 1841, à Y Hémicycle du Palais des beaux-arts, représentant VAsseinblée des ai'tistes les plus célèbres du moyen âge et des temps modernes.
Les portraits que Delaroche peignit sont peut-être ses meilleurs titres à la maîtrise; il saisit le trait qui doit fixer leur ressemblance morale.
Pendant la dernière partie de sa carrière, Delaroche montra une véritable prédilection pour les sujets religieux. Ses principaux ouvrages, en ce genre, sont : la Fille d'Hérodiade, le Repas de la Sainte Famille ou la Vierge au lézard; le Christ en Gethsémanie, le Christ en croix, la Vierge au pied de la croix (1853); Moïse exposé sur le Nil; une Martyre du temps de Dioctétien, œuvre très poétique ; etc. 11 faut enrîu citer, parmi ses dernières compositions, les Girondins, petit tableau que quelques critiques regardent comme la perle de Delaroche.
La postérité devait rabattre beaucoup de sa réputation de peintre. La conception éclectique de l'art, telle que se l'était formée Delaroche, devait produire un de ces succès momentanés, dont le lendemain n'était pas assuré. Des objections surgirent, aussitôt que Delaroche fut mort. Elles subsistent, non seulement contre lui, mais contre Delavigne, contre Scribe, contre Cousin, contre tous les représentants de l'époque du juste milieu. Delaroche n'en est pas moins une des incarnations les plus vivantes de l'art compatible avec les goûts du grand public fram^ais, à une certaine date de notre histoire; il n'en laisse pas moins une œuvre documentaire, intéressante, dans l'histoire du XIX' siècle français, et éminemment représentative.
Delarue (Jacques-Etienne), industriel français, né en Normandie, dans la première moitié du xviii* siècle. Il fit venir du coton des colonies et fut le créateur de la fabrication des toiles de coton, tant à Rouen que dans le pays de Caux. Il fut maire do Rouen, de 1728 à 1731.
Delarue (l'abbé Gervais), ecclésiastique et érudit français, né à Caen en 1751, mort on 1835. Professeur à luniversité de Caen au moment de la Révolution, il émigra en 1793, et se rendit à Londres, où il put avoir communication des archives do la Tour et se livrer à des recherches sur l'histoire et la littérature du moyen âge français. Son principal ouvrage : Essais historiques sur les bardes, les jongleurs et les trouvères normaiids et anglonormands (1834) est une revendication des titres de la poésie du nord delà France, que Raynouard se refusait à reconnaître.
De la Hue (Warren), industriel et savant anglais, né à Gucrnesey en 1815, mort à Londres en 1889. Fabricant de papier, il inventa des machines pour l'impression en couleurs, et pour le pliage des enveloppes. 11 s'occupa aussi d'astronomie et de photographie céleste, et publia : Recherches sur la physique solaire. On lui doit une pile qui porte son nom.
DÉLASSANT {la-san), ANTE adj. Qui délasse : Rien de plut DÉLASSANT qu'un bain tiède après une longue marche.
DÉLASSEMENT {la-se-man) n. m. Ce qui délasse le corps ou l'esprit : Le travail ne peut être un délassement que pour les personnes qui peuvent se dispenser de travailler pour vivre. (L. Pinol.)
Délassements-Comiques (théâtre dks). théâtre de Paris. — La première salle (pii porta co nom fut construite boulevard du Temple en 1785. et brûlée en 1787. On la reconstruisit peu après et on y joua d'abord la pantomime, puis la comédie et l'opéra-comique. Sous dos directions diverses, elle prit successivement le nom do Théâtre lyri-comiquo (1800), de Variétés-Amusantes (1803), de Délassements-Comiques (180-1), de Nouveaux-Troubadours (1805), ferma ses portes en 1807, et fut démolie peu après.
Un nouveau théâtre des Délassements-Comiques, construit en 1841 sur le même boulevard, eut pour principaux directeurs Laloue, qui donna surtout des féeries, et Sari, qui donna des revues et des pièces à femmes. Après la démolition du boulevard du Temple, la troupe des Délassements s installa dans une salle de la rue de Provence, puis Faubourg-Saint-Martin, et se dispersa. Un troisième théâtre des Délassements-Comiques, construit en 1866, boulevard du Prince-Eugène (aujourd'hui boulevard Voltaire), joua le vaudeville et l'opérette, et fut incendié en 1871. L'année suivante, le théâtre des Nouveautés du Faubourg-Saint- Martiu reçut le nom de Délassements-Comiques; il cessa d'exister vers la lin de 1877.
DÉLASSER ila-sé — du préf. priv. dé, et de lus) v. a. Oter la lassitude à ; Le repos délasse le corps, ii Fi";. Détendre, en parlant de l'esprit, de l'âme : Les simplicités nous délassent des grandes spéculations. (Vauven.)
Se délciSSer, v. pr. Prendre du relâche, se reposer de ses fatigues : L'esprit SE délasse /jnr ^a variété. (Diderot.)
— Anton. Fatiguer, lasser.
DELASTRIA [dé, stri) n. m. Genre de champignons de la famille des lycoperdacées. (Le delastria rosea est abondant dans le Poitou, d'octobre â février; on le rencontre dans les bois sableux.)
DÉLATEUR, TRICE (lat. delator, trtx; de déferre, supin delalum, rapporter) n. Personne qui dénonce, qui iait métier de dénoncer ; Un délateur secret est plus dangereux qu'un délateur pi(6/ic.
— adj. Qui dénonce, qui trahit le coupable :Sanp' délateur.
— Stn. Accusateur, dénonciateur. V. accusateur.
— Encycl. Hist. V. délation.
DÉLATEUR (môme étymol. qu'à l'art, précéd.) n. m. Pièce adaptée à certaines serrures de sûreté pour indiquer si l'on a fait quelque tentative pour les ouvrir avec des fausses clefs ou pour les forcer : Serrure à délateur.
DÉLATION [si-on — rad. délateur) n. f. Dénonciation intéressée, accusation qui a quelque chose de honteux: Les tyrans ont toujours encouragé la délation.
— En T. de dr., Action de déférer : La délation du serment.
— Encycx,. La délation s'entend spécialement de la dénonciation secrète s'appliquant aux crimes politiques.
A Rome, les délateurs étaient encouragés ; la loi voulait que l'on donnât au délateur le quart des biens du condamné. Plus tard, Théodore fit une loi par laquelle il condamnait à mort tout délateur qui l'était pour la troisième iois,quoiquesesdélatiûns n'eussent pas été jugées fausses.
Le Code pénal de 1810 consacra la délation, on fit une obligation légale, mais en en changeant le nom. Les dispositions qui y avaient trait (art. 103 à i07) étaient inscrites sous la rubrique : w De la révélation et do la non-révélation des crimes qui compromettent la sûreté intérieure ou extérieure de l'Etat. » Des peines, variables selon la gravité des cas (réclusion ou-t)ien emprisonnement et amende), étaient édictées, «pour le seul fait de la non-révélation », contre « toutes personnes qui, ayant eu connaissance de complots formés ou de crimes projetés contre la sûreté intérieure ou extérieure do l'Etat, n'auraient pas fait la déclaration de ces complots ou crimes, ou n'auraient pas révélé au gouvernement ou aux autorités administratives ou de police judiciaire les circonstances qui en seraient venues à leur connaissance, le tout dans les vingt-quatra heures ayant suivi ladite connaissance •>.
Les articles 103 â 107 du Code pénal ont été abrogés par la loi du 18 avril 1832. On lit dans le rapport fait à cette occasion par Dumon â la Chambre des députés ; « Nous avons écarté les peines de la non-révélation, qui donnaient à un devoir de patriotisme le caractère d'une obligation de police. »
Delatite, comté agricole et minier d'Australie (Victoria), peuplé de 20.000 hab. Ch.-l. Benalla.
DÉLATTER [la-té — du préf. priv. dé, et de lutter) v. a. Oter les lattes d'un toit, d'un plafond.
Se délatter, v. pr. Etre délatté, perdre ses lattes.
Delattre (le P. Alfred-Louis), archéologue français, né à Déville-lès-Rouen (Seine-Inférieure) en 1850. Prêtre de la Société des missionnaires d'Alger, il devint chapelain de Saint-Louis à Carthage et conservateur du musée d'archéologie, qu'il y a fondé. Ses fouilles dans l'enceinte et les nécropoles de cette ville ont donné des résultats du plus haut intérêt pour l'archéologie punique. Parmi ses nombreux écrits, nous citerons : Carthage et la Tunisie au point de vue archéoldgique (1883) ; Inscriptions de Carthage (1884-1885); Souvenirs de la croisade de samt Louis trouvés à Carthage (1888); les Tombeaux puniques de Carthage (i890); Souvenirs de l'ancienne église d'Afrique (1893)\; le Mur à amphores de la colline Saint- Louis, à Carthage (1895); Carthage; la Nécropole punique de la colline de Saiiit-Louis (1896); etc.
DelatYN, bourg d'Austro-Hongrie (Galicie), au pied des Karpathes, au confluent de la Baliska et du Pruth; '-'.900 hab. Salines, sources minérales. Ch.-l. du district du même nom, peuplé de 39.500 hab.
Delaudun (Pierre), sieur d'Aigaliers, poète et critique français, né â Uzès en 1575, mort en 1629, au château d'Aigaliers. Après un séjour à Paris, il devint, vers 1605, juge temporel de l'évêque d'Uzès. Il a publié, dans un recueil intitulé : la Diane, poème, mélanges, etc. (1596); des petites pièces de vers composées d'un quatrain et d'un tercet, auxquelles il donna le nom de demi-sonnets. On lui doit aussi deux tragédies : le Martyre de saint 5eliastie7i et Hûï'ace {Id96), et l'Art poétique français {\.b9S); etc.
Delaulne (Etienne), dessinateur et graveur français, né à Orléans vers 1518 ou 1519. Il habitait Strasbourg, et vivait encore en 1585. Il dessina et grava, sous Henri II, pour la Monnaie de Paris, d'où l'on peut conclure qu'il fut également orfèvre. Il a produit un nombre considérable de pièces, la plupart de petites dimensions et exécutées d'après ses propres dessins. Elles se distinguent par la facilité d'invention, l'élégance, l'extrême légèreté du burin. 11 a gravé, cependant, plusieurs pièces de grandes dimensions, parmi lesquelles : le Serpent d'airain, d'après Jean Cousin; ta Léda, d'après Michel-Ange; l'Enlèvement d'Hippodamie, d'après le Rosso. On lui doit aussi des planches gravées d'après ses dessins : l'Histoire de ('.Ancien Testament, eu soixante petites feuilles ; les Douze mois
Delaunay (Louis-Arsène).
(/(■ l'année; etc. Sos estampes sont ordinairement sipnéos :Stephanus F. ; d'aulros porieat uu S uu los leltros S. V.
Delaunay (Charles-Kugèno), mathnmaticion français, v\6 à Liisi^'iiy (Aulto) on 181(3, mort ù. Cliorl>uiirg on 1872. l'Uovo do l'Keolo polytOL'huiiiuo, puis ini^ùniour dos niinos, il occupa une chaire do mécaniqno à ! Kcolr polytiu-liiiiqno ot à la facultû dos scioncos do Paris, pnis l'ut iioumiù nionibro de l'Institut (1855), et du Uuroau dos lon^itudns. Kn 1870, Il succéda à Lovorrier coramo diroctour do l'Obsorvatoiro. 11 so noya à Cherbourg, dans uuo jjronionado en mer, la barque qui lo portait ayant chaviri^. Il a i)ubliô un certain nombre de mémoires, entre autres : Sur une nouvelle théorie analytique du mouvement de la lune (IS-IG); un Mémoire sur le calcul des variations ; une Théorie des marées, ot d'excellents ouvrages élémentaires. Dans les dernières années do sa vie, il s'était occupé do la théorie de la lune. Los derniers écrits qu'il rit paraître sont : lialentisspmont de la rotation de la terre (1866); les Saisons (18G8); Rapport sar les progrès de l'astronomie (1867).
Delaunay d* Angers (Joseph) , homme politique fram.-ais. né ù. Angers en 1752, mort à Paris en 1794. Avocat à Angers, il lut élu suppléant aux états généraux, et n'accepta pas. Commissaire du roi prés le tribunal du district d Angers, il représenta le département do Maineot-Loire à la Législative et à la Convention. Il demanda la translation des cendres de Beaurepaire au Panthéon. Il siégea à la Montagne, vota la mort de Louis XVI, demanda le mariage des prêtres, et combattit les girondins. Accusé do favoriser les agiotages de la Compagnie des Indes, il fut traduit au tribunal révolutionnaire avec Danton, Kabre d'Eglantine, etc., avec lesquels il fut guillotiné.
Delaunay (Louis-Arsène), acteur français, né à Paris en 1826. Elève de Prévost au Conservatoire, il débuta à rOdéon en 1816, fut engagé à la Comédie-Française en 1848, et devint sociétaire en 1850. Joignant à beaucoup de grâce, de naturel et do chaleur une impeccable diction, Delaunay se montra le jeune premier lo plus accompli de Paris, et excella dans lancion comme dans le nouveau répertoire. Il créa à ce (liéâtre un grand nombre de rôles jusqu'en 1887, époque où il prit sa retraite.
11 fut nommé, en 1877, professeur do déclamation dramatique au Conservatoire. — Son flls, Louis Delaunay, abandonna la peinture pour le théâtre, débuta à rOdéon en 1890, joua au Théâtre- Français de Bordeaux, puis au Gymnase à Paris, et entra, en 1896, comme pensionnaire, à la Comédie-Française. — Sa femme, qui est en m^me temps sa cousine, KoSe Delaunay, née en 1857, a obtenu en 1881 un premier prix au Conservatoire. Elle débuta en 1882 à rOpéra-Comique, et obtint de vifs succès, comme chanteuse légère, à Paris, en province et à l'étranger.
Delaunay (Jules-£'/ie), peintre français, né à Nantes en 1828, mort à Paris en 1891, élève do Lamothe ot de H. Flandrin. Il remporta le prix do Kome en 1856. De retour en Franco, il a exposé des œuvres remarquables par l'élévation du stylo et la science du dessin. Rappelons ; le Serment de Brutus, Mort de la nymphe Hespérie, la Communion des apôtres, Vt'/îus, et deux aquarelles représentant un Spahi et la Tempête, la Peste à Rome, son
œuvre capitalo, elle Secret de .
l'amour; Mort de Nessus, le Calvaire, Diane, David triomphant, belle figure d'un modelé savant ; Ixion précipité dans les Enfers, morceau d'une grande vigueur ; etc.
Citons encore les peintures qu'il a exécutées dans la chapoUo des Dames de la Visitation Sainte-Marie, à Nantes; douze tiç;ures personnifiant les ministères, au conseil d'Etat ; les quatre grands prophètes, à l'église Saiiit-François-Xavior ; etc. Quatre tableaux do Dolaunay sont au musée du Luxoml)ourg : la Peste à Rome, la Com.munion des apôtres, Diane, et la Mère de l'artisto. En 1879, l'Institut l'appelait à remplacer Alexandre Ilesso. Vors lo mômt temps, il exposait dos illustrations à l'aouarollo dos Faldes de La Fontaine. Artiste d'inspiration aélicato ot élevée, original ot subtil dans sos formes, exquis dans lo portrait, précis ot gras à la fuis dans sa touche, il eût peut-être donné toute sa mesure dans son Attila et sainte Geneviève du Panthéon, si la mort ne l'eût arrêté. [Ce tableau à été achevé par Coursolle-Dumont.] On lui doit encore, comme travaux décoratifs, la peinture du Parnasse, au foyer du nouvel Opéra, les voussures do la salle des assemblées générales au conseil d'Etat, une Assomption, haie ot Kzéchiel, dans la chapelle de la Vierge, à l'égliso do la Trinité, et la décoration do l'oscalior du nouvel Hôtel do ville do Paris.
Delaunay (Fordînand-Hippolyto\ littérateur français, né ù Funtcna^ (Calvadus) on 1838, mort â Paris on 1890. 11 a collabore à divers journaux ot a publié dos ouvrages qui attestent une remarquable érudition, notamment : Du panthéisme et du spiritualisme danv leurs rapports avec les sciences phi/sir/ucs et naturelles (1859); Tempérament phifsique et moral de la femme (1862); Philon d'Alexandrie (1867), ouvrage couronné par l'Académie française; Sur les origines du christianisjnc (1872); Mornes el aibi/lles dans l'antiquité judéo-grecque (^1871), également couronné par l'Académie ; Antiquités de Sanxay (i883)otc. ;
DelaUNAY-DESLANDES (Pierre), né A Vorgoncoy (Mainlin) on 1721'', mort on IK03. Diroclour de Sainl-Oobain, il apjiorta drs améliorations et dus siniplillcalions ù. ta faljni-ation des glacos on accommodant los fourneaux au cdiaulfago par la houille, on supprimant lo suufllago ot on étrondant lo procédé du coulage.
DELAYAGE (vaf) n. m. Action do délaver une couleur on y ajoutant do l'eau pour l'atténuer.
DÉLAVER (du préf. dé, et do laver) v. a. Enlever ou atl'aiblir avec do l eau une couleur olonduo sur du papier : DiÔLAVKU une aquarelle, il Mouiller, détremper : Terrain
ic aquar UKUAVi": par la pluie.
Certaines lectures okl.wknt le cœur.
Elle Delaunay.