RÉGNIER
— Syn. Délectable, délicat, délicieux, exquis. Délectable est moins fort que les autres mots; sa terminaison même indique qu'il signifie plutôt ce qui est propre à délecter que ce qui délecte réellement. Ce qui est délicat est fin, n'a rien de commun et plaît aux personnes dont le goût est exercé. Ce qui est délicieux est très agréable au goût et cause un véritable plaisir atout le monde. Exquis renchérit encore sur délicieux; il désigne ce qu'il y a de meilleur, de plus choisi parmi les objets délicieux.
DÉLECTABLEMENT [lék') adv. D'une façon délectable.
DÉLECTATION (lèk', si-on — rad. délecter) n. f. Plaisir qu'on savoure, qu'on goûte avec une sorte de sensualité réfléchie : Boire, Manger avec délectation.
DÉLECTER [lèk' — du lat. delectare, même sens) v. a. Charmer, réjouir : Quand on veut se înorlifier, il faut éviter tout ce qui delkcte les sens.
Se c/é/ecter, v. pr. Prendre beaucoup de plaisir à quelque chose : Se délecter à l'étude, à peindre,
DÉLÉGANT [ghaii), ANTE n. Personne qui délègue ; Le
DÉLÉiJANT et le DÉLÉGDE.
DÉLÉGATAIRE [ter') n. Dr. Celui, celle à qui l'on délègue une chuse, qui est porteur d'une délégation.
DÉLÉGATEUR, TRICE n. Personne qui fait une délégation.
DÉLÉGATION (si-on— rad. ri*?/f'y(/e?') n. f. Commission en vertu do laquelle on agit pour un autre, dans une affaire déterminée : Agir en vertu d'u7ie délégation, il Délégation de pouvoir, de fonctions. Mission donnée à un tiers d'exercer ce pouvoir, ces fonctions : Eii France, te pouvoir souveraiyi, exercé par délégation, n'est que la première des fonctions publiques. (Lamart.)
— Dr. Acte par lequel on transporte une créance à quelqu'un, par lequel un débiteur indique son propre débiteur pour effectuer le payement.
— Admin. Acte par lequel le dépositaire direct d'un pouvoir public transmet l'exercice de tout ou partie de ce pouvoir à un autre fonctionnaire. [Un juge d'instruction peut déléguer un autre juge pour recueillir certains témoignages ou rensoignemonts. Le maire peut déléguer -par arrêté une partie do ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints, et, à défaut do ceux-ci, à des membres du conseil municipal.]
— Ensoign. Délégation cantonale, Réunion des délégués cantonaux. V. dklégck.
— Contrib. Délégation de contribiittons, Acte par lequel un propriétaire délègue à son fermier les cotes foncières des biens qu'il possède dans une même commune.
— Fin. Mandat do virement, donné par un client ù un
agent de change sur un autre agent lorsqu'il a à payer chez le premier et à recevoir chez le second, pour la même liquidation, il Titres auxquels certains droits ont été conférés ou délégués. (Exemple : les délégations de Suez, litres créés en représentation des coupons à toucher, de 1870 à 1894, sur les 176.602 actions souscrites par le vice-roi d'Egypte.) [| Bons do 500 francs, à 5 «■/(,, délivrés sous l'Empire, par la préfecture de la Seine, et par délégation sur les revenus de la ville de Paris, pour payer les entrepreneurs qui les faisaient escompter par le Crédit foncier.
— Hist. Nom donné à des divisions administratives de l'ancien royaume lombard-vénitien et des anciens Etats de l'Eglise, il Nom donné à la représentation locale, en Alsace-Lorraine.
— Encycl. Admin. milit. Délégation de solde. Tout officier, sous-officier ou assimilé, faisant partie d'une armée mobilisée ou d'un corps expéditionnaire, peut déléguer sa solde jusqu'à concurrence de moitié en faveur de sa femme, de ses descendants et ascendants, et jusqu'à concurrence du quart en faveur de tout autre parent ou personne étrangère. Tout sous-officier rengagé ou commissionné peut déléguer en faveur de sa femme, de ses ascendants ou descendants, l'intérêt de sa prime, sa gratification et sa haute paye de rengagement, ainsi que son indemnité de logement. S'il sert dans un corps d'outre-mer, il peut encore déléguer la moitié de sa solde en faveur des mêmes personnes, mais non en faveur de tiers.
— Comm. La délégation (invitation à payer, comme la lettre de crédit) est l'acte par lequel une personne transporte à une autre personne ses droits et actions contre un tiers. Les banquiers délivrent, par exemple, moyennant commission, des délégations sur la caisse de leurs correspondants.
— Mar. Les officiers mariniers et marins (sauf les matelots embarqués à titre correctionnel, les apprentis marins et novices) peuvent faire délégation à une personne quelconque d'une fraction de leur solde, qui varie d'après le montant de cette solde. Les hautes payes d'ancienneté, indemnité de logement, primes de réadmission ou de rengagement, peuvent être déléguées. Des délégations dont le taux est variable peuvent être imposées, après enquête faite par l'autorité maritime, aux mêmes personnes, en faveur de parents nécessiteux. En cas de présomption do perte du bâtiment, les délégations cessent d'être servies un an après la date fixée, par décision ministérielle, comme étant celle des dernières nouvelles.
— Polit. Délégation austro-hongroise. On appelle ainsi la commission parlementaire qui se réunit tous les ans, i-antôt à Vienne, tantôt à Budapest, pour discuter le budget des deux ministères communs de la monarchie : celui des affaires étrangères et celui de la guerre, ainsi que le budget de la Bosnie et de l'Herzégovine. Chaque parlement envoie 60 délégués. Les deux délégations délibèrent isolément; elles ne se réunissent quo si l'accord ne peut s'établir sur un point quelconque. Lorsque les deux délégations sont réunies, toute discussion est interdite; on vote seulement par oui ou non.
DÉLÉGATOIRE [to-ar') adj. Dr. Qui contient une délégation ; Rescrit delégatoire. Commission délêgatoire.
Il Se dit particulièrement des rescrits ou commissions par lesquels le pape commet des juges.
DÉLÉGUER ighé — lat. delegare, même sens. Change le second t? en é devant les syllabes muettes : Je délègue, tu délègues, il délègue : excepté au fut. et au condit. prés. : Je déléguerai. Nous déléguerions) v. a. Députer, commettre, envoyer avec pouvoir d'agir, d'examiner, de juger : DÉLÉGUÉE quelqu'un pour connaître de quelque chose.
Il Transmettre par délégation : Déléguer son autorité, ses pouvoirs, il Par ext.. Confier, remettre le soin de : Les peuples délèguent les choses difficiles aux hommes supérieurs. (Mignet.)
— Dr. Assigner des fonds pour un payement, pour l'acquittement d'une dette : Déléguer une somme. Déléguer un fonds pour le payement d'un créancier, il Déléguer une dette, Charger quelqu'un de la payer, ii Déléguer un fermier, un débiteur, Donner une délégation sur un fermier, sur un débiteur. (Vieux en ce sens.)
Délégué ighé), ée part. pass. du v. Déléguer.
— Dr. Débiteur délégué. Personne chargée par délégation de payer la dette d'une autre porsonue.
Se déléguer, v. pr. Etre délégué. H Se donner un délégué.
DÉLÉGUÉ (ghé), ÉE n. Personne qui a reçu une délégation, qui a commission de quelqu'un, n Nom donné, sous la Commune, à ceux de ses membres improvisés ministres.
— Hist. Cour des délégués, Cour anglaise devant laquelle étaient portés les appels des causes ecclésiastiques et des arrêts rendus par la cour de l'amirauté.
— Encycl. Enseign. Délégués cantonaux. On nomme ainsi les personnes désignées dans chaque canton, pour trois ans, par le conseil départemental de l'instruction publique, et se réunissant au moins uno fois par trimestre au chef-lieu de canton, pour surveiller les écoles primaires publiques et privées du canton au point de vue de Tétat des locaux et du matériel, de l'hygiène et de la tenue des élèves. Leur inspection ne peut, à aucun titre, porter sur l'enseignement. Leurs fonctions sont gratuites.
— Admin. Délégués des colonies. On appelle ainsi les représentants, auprès du gouvernement métropolitain, des colonies qui n'élisent pas de députés.
Délégués miiîeurs. Ce sont des délégués créés par la loi du 8 juillet 1890 pour assurer la sécurité des ouvriers employés dans les travaux souterrains des mines. Ils sont élus par les ouvriers français travaillant au fond. Ils doivent, deux fois par mois au moins, visiter toutes les galeries de leur circonscription, s'assurer que la sécurité des mineurs est garantie et dresser dans les vingt-quatre heures un rapport, quo les compagnies peuvent contredire, mis à la disposition des ouvriers et dont une expédition est transmise aux préfet et ingénieurs. Leurs visites sont payées par le Trésor comme journées de travail.
— Polit. Délégués sénatoriaux. On nomme ainsi des délégués nommés sans débat par les conseils municipaux pour former, avec les électeurs do droit (députés, conseillers généraux et d'arrondissements), le collège électoral sénatorial. Le nombre en est, avec celui des suppléants, déterminé par le nombre des membres du conseil municipal. Ils sont tenus de prendre part à tous les scrutins, sous peine d'une amende de 50 francs, sauf excuse légitime ; auquel cas, ils sont remplacés par un sup^déant. Ils reçoivent, à titre d'indemnité de déplacement, 2 tr. 50 c. par myriamètre parcouru, tant à l'aller qu'au retour.
DeLEHELLE (Jean-Charles-Alfred), compositeur français, ne Pt inurt à Paris (1826-1893). Il obtint, en IS.'M, lo proniier f;rraud prix de Rome. Il a fait roprésoutor, on 185'.', aux Boutfos-Parisiens, une opérette intitulée : l'Ile d'amour, ouoQ 1873, à l'Athénée, un charmant opéra-comique : Monsieur PolicfiineUe. Mal|^ré ses otlurts, Uolohello ne put dès lors jamais so produire à la scène, en France, et c'est à La Haye qu'il dut faire représenter, on 1883, un opéra qui avait pour litro Don Spavento. Dolohollo, découragé, s'était consacré ù. l'enseignement.
DelémONT (on allom. Delsberg) , ville de Suisse, cant. de Berne, sur la Sorne, près do son conlluoiit avec la Hirs; 3.638 hab. Ch.-l. do bailliage. Collège. Fabrication d'horlogerie. Ancien château.
DELENDA CARTHAGO (mots lat. signif. : // faut détruire Carthat/e), paroles par lesquelles Caton l'Ancien terminait tous ses aiscours, quel qu'on fut lo sujet, et qui s'emploient pour faire allusion à une idée dont on poursuit avec acharaoment la réalisation, â laquelle ou revient toujours : La chute de l'empire français était le delenda CARTHAGO de loits les discours de William Pitt.
DÉLÈNE ou DELENA {dé-lé) n. f. Genre d'arachnides aranéides dipneumones tubitélaires, famille des clubiouidos, tribu des sparassinés, comprenant des araignées à céphalothorax très plat, toujours de grande taille, et dont les quelques espèces connues habitent l'Australie et Madagascar. (L'espèce type est la delena cancerides, grosse araignée brune, très commune en Australie.)
DelenS (Adrien-Jacques), médecin français, né à Paris en 1786, mort en 18-46. Il devint membre de l'Académie do médecine et inspecteur général de l'Université. On lui doit : une traduction de la Médecine pratique de Cullon, et un Dictionnaire universel de thérapeutique et de matière médicale (1838-1846), en collaboration avec Mérat.
DÉLENTER {lan — du préf. priv. dé, et de lente) v. a. Débarrasser des lentes ou œufs de pou : Dêlenter une
chevelure.
DÉLENTOIR {lan-to-ai-') n. m. Peigne à déicater.
DelepierRE (Octave), littérateur belge, né à Bruges en 1804, mort à Londres en 1875. Consul général à Londres, il publia, outre des traductions et des rééditions de livres rares, de nombreux ouvrages, parmi lesquels nous citerons : les Traditions et légendes des Flandres (1834) ; la Belgique illustrée par les sciences, les arts et les lettres (1840); Histoire littéraire des fous (1860) ; la Parodie {ïSll); Supercheries littéraires, pastiches , suppositiuïis d'auteur (1872) : Essai historique et bibliographique sur les rébus (1874) ; Tableau de la littérature du centon chez les anciens et chez les modernes (1875) ; etc.
DelesCLUZE (Louis-Charles), publiciste et homme politique français, né à Dreux en 1809, mort à Paris en 1871. Il prit une part active à la révolution de 1830, dut quitter la France de 1836 à 1840, et fut nommé, en 1848, commissaire do la République pour le Nord et le Pas-de-Calais. La violence de sa politique antinapoléonienne le tit condamner à la déportation. Il se réfugia à Londres. Sétant rendu secrètement à Paris, il y futarrêté en 1853 et envoyé àCayenne. Gracié en 1859, il fonda, en 1868, le Héveil, qui fut presque aussitôt supprimé, et dut s'enfuir en Belgique. Revenu après le 4 septembre 1870, arrêté à la suite de l'insurrectioa parisienne du 31 octobre, il fut élu représentant de la Seine à l'Assemblée nationale et membre de la Commune (1871). Délégué civil à la guerre, il dirigea la lutte contre l'armée régulière et se fit tuer sur les barricades (25 mai), quand la résistance parut désespérée.
DeLESPINE (Pierre-Jules), architecte, né à Paris on 1756, mort en 1825. d'une famille d'architectes, qui compte Mansard parmi ses ancêtres. De retour à Paris, après avoir voyagé en Italie, il fut chargé de la construction du marché des Blancs -Manteaux, d'une restauration de l'église Saint-Roch, et devint membre de l'Institut, en 1824.
DelessE ( Achille-Ernest-Oscar-Joseph ) , ingénieur français, né à Metz en 1817, mort à Paris en 1881. Il devint membre de l'Académie des sciences (1879). On lui doit, entre autres ouvrages : De l'azote et des ynatières organiques dans l'écorce terrestre (1861) ; Revue de géologie j\S(32- 1875); Recherches sur l'origine des roches (1865); Études sur le 7nétamorphisme des roclies (1858) ; Lithologie des mers de France et des mers principales du globe (1872); etc.
DELESSÉRIE (Jé-sé-rt) D. f. Genre d'algues, de la famille des floridées.
— Encvcl. Le genre delessérie comprend une douzaine d'espèces, dont la fronde cyhndritjuo se divise en rameaux d'aspect foliacé, d'une belle couleur rose, parcourus par une nervure médiane qui, le plus souvent, émet latéralement d'autres nervures obliques et parallèles entre elles.
DELESSÉRIE (lésé), É£ adj. Bot. Qui ressemble ou qui se rapporto à la delessérie.
— n. f. pi. Tribu d'algues, ayant pour type lo genre delessérie. — Une delksserike.
Delessert (Etienne), banquier français, né à Lyon on 1735, mort à Paris on 1816. Il fonda, en 1782, la première compagnie d'assurance contre l'incendie, et créa la première banque d'escompte. Après avoir été emprison[>é sous la Terreur, il s'occupa d'agronomie, introauisit en France S.ooo mérinos, ainsi que des machines agricoles. Il avait fondé doux écoles gratuites pour les enfants.
Delessert (Benjamin), industriel, financier et phifrançais, fils du précédent, né à Lyon on 1773, •is en 1847. Il fonaa à Passy la preniièro filature
lanthrupo français, fils du précédent, né à Lyon on 1773, mort ù. Paris en 1847. Il fonaa à Passy la preniièro filature de coton (1801), et créa une usine pour la faljrication du
sucre do betterave, ce qui lui fit donner par Napoléon lo titro de u baron ". Régent de la Banque do Franro, il fut député de Paris. Philantrophe éclairé, il fonda des institutions utiles ; entre autres, la Société d'encouragement pour l'industrie et la Caisse d'épargne. Passionné pour la botanique, il réunit 200 herbiers contenant 80.000 plantes et une ricno hililiothèque botanique. 11 avait aussi formé un très beau musée conchyiiologique. On lui doit divers écrits, entre antres : Des avantages de la Caisse d'épargne (1835); Guide du bonheur (1830); Fondations qu'il serait utile de faire {\%i^). Il avait publié à ses frais deux beaux ouvrages sur ses collections : Icônes selectx plantarum (1820-1846), ût Recueil de coquilles inédites (1842). — Son frère, Fran-
çois-Marie Delessert, né à Paris en 1780, mort en 1868, devint son associe â la maison de banque. Régent do la Banque do France, député do la Soino, puis du Pasde-Calais, il s'occupa dos caisses d'épargne, do salles d'asile, etc., et devint membre libre do 1 Académie dos sciences. — GABnitiL-ABRAUAM-MARGOERiTR Delessert, frère des précédents, né et mort à Paris (1786-1858), entra, en 1834, dans l'administration, et passa bientôt dos préfectures do l'Aude et d'Eure-et-Loir à la préfecture de police (1836). Il occupa ce poste jusqu'en 1848, et y laissa la réputation d'un fonctionnaire zélé et d'un politique modéré. Consoiller d'Etat en 1836 et pair do Franco en 1844, il rentra dans la vie privée en 1848. Il a fait publier pendant son passage au pouvoir une Collection officielle des ordonnances de police de fSSOà /^-f-i(Paris, 1844).— Edouakd- Alexandre-Uenri Delessert, fils du précédent, né et mort à Paris (1828-1898), devint administrateur de diverses sociétés, mais s'occupa surtout de travaux littéraires. Il fonda r n Athenœum français u (1851) et publia divers ouvrages : Voyage aux villes maudites (1853); Six semaines dans l'ile de Sardaigne (1855) ; les Indiens de la baie d'Hudson (1861); etc. — Benjamin Delessert, fils de François- Marie, né et mort à Paris (1817-1868), fut député de la Seine à l'Assemblée législative (1849), et s'occupa d'art, de sciences, de questions financières. On lui doit une belle publication photographique des œuvres de Marc-Antoine Raimondt {1853-1855).
DELESSITE [lé-sif — Aq Delesse, n. pr.) n. f. Silicate hydraté naturel d'alumine, de fer et de magnésie, on écailles vertes, appartenant au genre chlorile. (C'est la terre verte de certains porphyres.)
DÉLESTAGE [lè-staf) n. m. En T. de mar.. Action de délester; déchargement du lest d'un bâtiment.
DÉLESTER [lé-sté — du préf. priv. dé, et do lest) v. a. Oter le lest de : Délester un navire.
— Fam. Alléger de son poids : Délester quelqu'un d'un fardeau, il Dévaliser, ruiner : Il n'est peisonne comme une habile courtisane pour délester un homme.
Se délester, v. pr. Etre, devenir délesté.
DÉLESTEUR (lè-stetiJ-) n. m. Celui qui déleste ; celui qui, dans un port, est chargé de faire délester les bâtiments et de veiller à l'exécution des règlements concernant lo délestage, ii Bateau employé au délestage.
— Adjectiv. : Bateau délesteuR.
Delestre (Jean-Baptiste), peintre, esthéticien, physiognomoniste, homme politique français, né à Lyon en ISûO, mort à Paris en I87i. Il fut élève de Gros, doiit il devint plus tard le biographe. Il a peint un certain nombre de compositions, qui furent remarquées : la Carmélite, le Meurtre des enfants de Clodomir, Jésus faisant appel aux surchargés de travail, le Repentir de Pierre, la Justice, Sapho a Leucade, etc. ; mais Delestre est principalement connu par ses écrits. Dès 1829. il publiait le Tableau synoptique d'un cours sur la philosophie de la peinture, sorte de théorie des passions, à l'usage du peintre. Un second ouvrage : Etudes des passions appliquées aux beaux-arts (1833), complète le premier et constitue un cours de psychologie artistique. En 1866. il donna son œuvre capitale : la Physiognomonie, texte, dessins, gravures (1866). Elu, en 1847, membre du conseil municipal de Paris et du conseil générai de la Seine, Delestre prit une part active à la révolution de 1848. 11 so retira do la vie publique en 1851.
Delestre-POIRSON (Charles-Gaspard Poirson, dit), vaudevilliste et directeur de théâtre, né et mort à Paris (1790-1859). Fils du géographe Poirson, il écrivit des vaudevilles avec Scribe, Mélesville, etc. Devenu, en 1820, administrateur, puis directeur du Gymnase, il dirigea cette scène jusqu'en 1844. Nous citerons parmi ses pièces lo livret du Comte Ory, avec Scribe.
DÉLÉTÈRE (du lat. delere, supin deletum, détruire) adj. Qui attaque la santé, la vie dans leurs principes : Plantes DÉLÉTÈRES. Sucs DÉLÉTÈRES. Emanations délétères.
— Fig. Qui cause la corruption, le mal moral ; Il faut fuir avec soin les exemples délétères des méchants.
— Chim. So dit plus particulièrement d'un gaz ou mélange do gaz susceptible de produire une intoxication.
— Anton. Resplrable, vital, salubre.
Delettes, comm. du Pas-de-Calais, arrond. et à n kil. de Saint-Omer, sur la Lys ; 946 hab. Vieux château d'Upen.
Deleuze (Jean-Philippe-François), naturaliste français, adepte du magnétisme animal, né à Sisteron en 1753, mort en 1835. Aide-naturaliste au Muséum, dont il devint bibliothécaire en 1828, il s'adonna â l'étiido du magnétisme animai, et publia divers ouvrages sur ce sujet. Dans un autre ordre d'idées, nous citerons do lui . Eudoxe, Entretiens sur l'étude des sciences, des lettres et de la philosophie (1810); Histoire et description du Muséum d'histoire naturelle (1823); etc.
DeleyrE (Alexandre), littérateur français, né près do Bordeaux, on 1726, mort en 1797. D'abord jésuite, il adopta ensuite les idées les plus hardies des philosophes, et collabora à V Encyclopédie. I*artisan enthousiaste do la Révolution, il fut député de la Gironde â la Convention, où il vota la mort du roi, puis devint membre du conseil des Anciens (1795) et de 1 Institut. Ses principaux ouvrages sont : Analyse de la philosophie de Bacon (1755); le Génie de Montesquieu (1758) ; Esprit de Saint-Evremond (1761); etc.
DeLFICO (Molchior), historien et homme d'Etat italien, né à Ter.muj en 1744, mort à Naples en 1835. Il s'adonna à l étude do l'économie politique. Emprisonné on 1798 pour ses idées libérales, il recouvra la liberté, lors de l'invasion des Français. En 1806, lo roi Joseph Napoléon lo fil ministre do l'intérieur. La Restauration lui donna en échange la présidenro do la Commission générale dos archives.
Delfino, famille vénitienne qui remonte au ix» siècle: PiKRHic Delfino, doge de Venise en 1356, mort on 1361, eut a soutenir contre Louis do Hongrie uno guerre terrible, que la révolte des villes d'illyrie et do Dalmatie rendit désastreuse. Il dut si^nor le traité de Zara (1358), qui enlevait ù la répiiblique 1 Illyrie ot la Dalmatio, et mourut do douleur. — Pierre Delnno, camaldulo, né â Venise on 1444, mort en 1525. Elu général do son ordre en 1480, il lutta contre un projet d'union ot de réforme qui l'obligeait à so démettre de ses dignités. Condanmé par Léon X
Faïence de Delft.
DELEHELLE — DELHI
on 1513, il ne so soumît qu'on 1515 et conserva jusqu'à sa mort le titre honorifique do général. — Joseph Delfino, capitaine général de la République en 1654, se distingua au combat des Dardanelles contre les Turcs. — Jérôme Delfino, provéditeur général do la République. Conquérant do l'Albanie et do la Bosnie sur les Turcs, de 1654 à 1659, il assista, en 1714, à la ruine complète do la puissance vénitienne en Grèce. — Jean Delfino, poète, né àVeuise en 1617, mort à Udino en 1699. Il fut patriarche d'Aquilée et cardinal en 1667. On a de lui quatre tragédies : Cléopdlre, Lucrèce, Crésus et Médor, publiées délinilivoment on 1733, à Padoue, par Comino, sous le titre : le Tragédie di Giovanni Delfino , senatore vcneziaJio.
Delfino (Frédéric), médecin et astronome italien, né à Padoue en 1477, mort en 1547. Il exerça son art à Venise, puis à Padoue, où 1 professa l'anatomie. On a do lui des traités, dont deux : De fluxu et refluxu agux maris et De motu octave spherx, ont été publiés à Venise (1559).
Delft, ville du royaume des Pays-Bas (Hollande mérid.), arr. de Rotterdam, à 9 kil. seulement de La Haye, dans une campa- -.
gne où les moulins ^}i^
à vent tournent
Ëartout; 28.385 h.
Icole polytechnique (200 étudiants); école de fonctionnaires coloniaux.
Nombreuses industries, parmi lesquelles celle de la faïence, redevenue prospère après avoir presque disparu. Superbe hôtel de ville, restauré en 1838. Vieille église, avec les tombeaux de l'amiral Tromp et du savant Leuwenhoek église neuve avec beau monument de Guillaume le Taciturne et tombeau du philo- T,.
sophe Giotius, né à Delft.
Delft (vue de), tableau de Van der Meer (musée de La Haye). — La vue est prise des bords du canal qui met Delft en comm U n ication avec La Haye; surl'eau, d'une transparence merveilleuse, se balancent quelques embarcations. Au fond, se dressent des habitations dominées par deux ou trois clochers pointus. Cette peinture est un des chefs-d'œuvre de Jean Van der Meer ou Vermeer. de Delft. — Le mémo peintre a exécuté d'autres Vues de Delft, représentant lîour la plupart un intérieur de béguinage, une ruelle ou simplement la façade d'une maison.
Delftshaven, bourg des Pays-Bas (prov. de la Hollande mérid.), près de Rotterdam [dont il fait partie en réalité], sur la Meuse ; 10.000 hab. Comme son nom le dit, c'est le n port de Delft ».
Delfzijl, ville des Pays-Bas (prov. de Gronîngue), sur l'estuaire de l'Ems (golfe de DoUart); 6.700 hab.
DelgADO (cap), probablement le Prasitm. promontorium des anciens, cap portugais de la cote orientale d'Afrique, à l'entrée nord-ouest du canal do Mozambique.
DelhasSE (Félix-Joseph), littérateur belgo, né à Spa en 1809, mort à Bruxelles on 1898. 11 joua un rôle important dans lo parti libéral, fonda des journaux avancés, devint la providence des proscrits, et publia notamment : l'Annuaire dramatique (1839-1847); les Bords de l'Amblève (^1853), avec Thoré; les Ecrivains, hommes politiques de la Belgique (1857); l'Opéra, de Bruxelles (1877) ; etc.
Delhemeh, roman d'aventures arabe, plus connu sous le nom do Siret-el-Modjahidin (Vie des héros). — Ce roman épique, qui jouit d'une immense voguo chez les musulmans de Syrie ot d'Egypte, no comprend pas moins do cinqnante-cinq volumes, c'est-à-diro qu'il a ù peu près la même otouduo que le Roman d'Antar. C'est le récit des aventures d'une princesse nommée Doulhimma (par abréviation Delhemeh), et dont lo véritable nom est Fatime; elle était la sœur de l'émir Mazloum Ibn-el-Sahsah; après uno guerre malheureuse, elle devint l'esclave d'un cheik arabe, Haris. Ses deux fils, Abd-el-Wahhab et Abou- Mohammed-el-Battal no tardent pas à devenir les principaux personnages du roman, dont l'action so passe à l'époque du calife Haroun-al-Kaschid; autour du récit
Srincipal viennent se groffor une série d'épisodes seconairos et de digressions, qui on rendent la lecture aussi pénible que colle des Mille et une J\uits.
Delhi, ville do l'Indo anglaise (Territoires du Nord- Ouost [vico-gouvernomont du Pendjab]), sur la Jumna;
103. ùoo hab. Ses maisons, pour la plupart en briques, s'étagent sur des collines escarpées, lo long de rues étroites; des murailles bastionnéos los entourent. Delhi, reliée par lo chemin do for ù Calcutta, à Bombay <'t ù Lahoro, est un entrepôt commercial de preniior ordre. Kilo importo des céréales, do la soie, du coton, do l'indigo; ollo exporte du tabac, du sucro ; ollo fabrique des orfèvreries renomm,^,os. — La province a uno population do 4.500.000 hah. La ville actuoMe de Delhi no date que do 1631 ; ollo fut élevée par Schah-Diohan, au N. des ruines do l'ancienne ville. Celle-ci, dont l'origine est inconnue, fUt très tlorissanto ot très populeuse ; siège do l'empire hindou jus-
Hétel de y'ûle de Delft.
DELHOMME