‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 613 sur 870 · DELORME — DELPHINE · texte numérisé non relu

DELORME — DELPHINE

chirent Delphes et la rendirent illustre. On venait des pays los plus lointains consulter la Pythie. Crésus offrit ainsi au tomple d'Apollon uno foule d objets précieux. Delphes fut pillée à plusieurs reprises par des Argiens, des Phocéens, des Gaulois, et par Néron. Apollon surtout y était honoré. Né à Délos, d après la légende, il alla à Crissa,

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Le temple de Delphes : Latone, Artémis et Apollon (bas-relief du Louvre).

tua le serpent Python qui gardait l'antique oracle de Pytho, et établit son culte à Delphes. Les jeux « Pythiques » se célébraient près de Delphes. On y voyait aussi un temple de Latone, un temple d'Artémis « Selasphoros », dont la prêtresse tenait l'arc et le flambeau attrioués à la déesse; le tombeau de Pyrrhus, ifils d'Achille; la « Lesché u, que Polygnote avait ornée de peintures. Les « amphictyons » s'y réunissaient. Esope aurait été précipité du haut d'un rocher voisin, près de la fontaine de Castalie.

Les fouilles Laurent, O. Mûller, Le Bas ont révélé l'antique prospérité de Delphes et précisé les connaissances sur la vie religieuse, économique et artistique des Grecs. Une convention franco-grecque de 1887 autorisa et facilita les expropriations, et les fouilles, réservées à la France, prirent plus d'ampleur. En 1891 était mise au jour une inscription portant la notation musicale d'un hymne à Apollon. Déchiffré, établi par T. Reinach, cet hymne servit de spécimen pour la musique grecque dont on n'avait longtemps connu que la théorie. En 1897, Reinach et Bœlmann fiubfiaient un second hymne delphien à Apollon. dCes deux ragments sont des documents précieux pour toute une partie de l'art de l'ancienne Grèce. Le monastère de la Panagia-Kimisis. sur un plateau près de la fontaine do Cast^ie, indiquerait l'emplacement do l'ancien gymnase.

DeLPHIDIUS (Attius Tiro), rhéteur gallo-romain du IV" siècle. Son père était lui-même un rhéteur de Bordeaux. Delphidius acquit très jeune, dans cette ville, une grande réputation. En 358, il plaida devant Julien, alors César, contre le préfet de la Narbonnaise, accusé de concussion. Plus tard, Delphidius ayant embrassé le parti de Procope, révolté contre Valons, n'échappa qu'avec peine au châtiment. Il renonça alors à la politique, et ouvrit avec un grand succès une école d'éloquence. Il mourut prématurément. Devenues chrétiennes, sa veuve et sa fille tombèrent dans le priscillianisme. Sa fille fut déshonorée parPriscille, et sa veuve fut décapitée à Cologne comme hérétique (388).

Delphien, ENNE {dêr-fi-în, en'), personne née à Delphes ou qui habitait cette ville. — Les Delphiens.

— Myth. Surnom d'Apollon, adoré à Delphes.

— Adjectiv. Qui appartient' à Delphes ou à ses habitants : L'oracle delphien.

DelPHIN ou DelphinuS, nom d'une puissante famille gallo-romaine établie à Lyon, et qui donna, dit-on, par la suite, son nom à la province du Dauphiné. — SiGONiusDelptiinus, nommé duc do Lyon par Dagobert. fut lo père de saint Ennkmond, évéquo de Lyon, et do DfciLPHiN, qu'il eut pour successeur dans le gouvernement de Lyon. Très aimés de Clovis H, les deux frères déplurent, sousClotaire, à. Ebroïn, qui accusa Dolphin d'avoir conspiré contre son souverain. Delphin fut condamné à mort, ot le peuple de Lyon lo considéra comme nu martyr. Quant à saint Ennemond, il fut assassiné quoique temps après par l'ordre d'Ebroïn, près de Chalon-sur-Saono.

DELPHINAL, ALE, aux [diV — du lat. dclphinus, dauphin) adj. Hist. Qui appartient aux dauphins du Viennois ou d'Auvergne, ou au Daupliin, fils aîné du roi de Franco.

DELPHINAPTÈRE ou DELPHlNAPTBRUSl>/t'-n(Jis)n.m. N'om scientifique du bélouga, type do la tribu des delphinaptéyi7ié$. V. bei.ouga.

DELPHINAPTÉRINÉS n. m. pi. Tribu de cétacés, famillo des delphinidés, comprenant lo seul goure drtphinaptére, mais a laquollô on soude souvent les moDodoutidés ou narvals. — Un DtXPHiNArTÉiiiNË.

DELPHINE (rfé/') n. f. Chim. Alcaloïde retiré par Mar- (juis des semences du detphiniui7t stapkisagj'ia. C'est un poison très actif employé on médecine, ot qui a pour formule C'IP'AzO'.

Delphine de GlandÈVES (sainte), néo on Provonco en 1283. morte ii Apt en Ui-i». lillo de Sinna, seigneur do Puimichel. Mariée à Elzùar do Sabran, comte d'Arian, dans lo rovaumo do Naples, elle fit vœu, avec son époux, do vivro âaus la coutinonco. Devenue veuve, Delphine vendit tous ses biens pour secourir des familles pauvres. En 1313, elle retourna en Provence, ot décida la roiuo Sancio à prendre l'habit des clarissos. Delphine vivait encore quand son mari fut canonisé. Lo peuple la surnomma la sainte Comtesse. — FtUo lo 2G septembre.

Delphine, roman de M"" do Staël, paru en ÏS03, à Genève. C'est un roman par lettres, dans la manière do la Nouvelle J/éloïsc. C'est aussi un roman à thèse, commo l'indique l'épigraphe : « Un homme doit savoir braver l'opinion, uno femme s'y soumettre. • — Delphine d'Albémar ost uno jouno vouvo, fièro. indépendante, qui. forto dosa conscionco, croit pouvoir suivre la seule impulsion (le son cœur ot dédaigner l'opinion du monde : aussi accumulo-t-ello los légèretés sur los imprudences, naïvouKMit, héroïquement. L'opinion so venge ot la fait cruellement sourtrir : Delphine, désespérée, finit par se tuer (dans un autre dénouement l'auteur la fait mourir de consomption). Los autres principaux pcrsonna^»es sont le fuiblo Léonce do Mondoviilc, estlavo do l'opuiiou ; lo

DELPHINELLE — DELTOUR

sage et prêcheur M. de Lebonsei, l'artificieuse M""' de Vornon, etc. Ce romaD, où M""" de Staël a rais beaucoup d'elle-même, a tout l'intérêt d'une confession intime : il reste une des œuvres marquantes de l'époque.

DELPHINELLE OU DELPHINETTE D. f. Bot. Syn. de

DAUPHINELLK.

DELPHINIDÉS, DELPHINÉS ou DELPHINIENS {dèl', ni'in) n. m. pi. Famille de mammifères cétacés carnivores, groupe des denticètes, comprenant les dauphins et formes voisines réparties dans les tribus des delphinmcs et des delphinaptérinés. — Un delphinidê, delpbinê ou delphinikn.

DELPHINIES {ni) n. f. pi. Antiq. gr. Fêtes que Ton célébrait à Kgine, à Delphes, à Athènes et ailleurs, en l'honneur d'Apollon Delphmios. (Los delphinies, déjà mentionnées par l'hymne homérique à Apollon Pytliien, avaient lieu au printemps, et étaient surtout en honneur dans le monde des marins.)

DELPHINIFOLIÉ, ÉE [dèV — du lat. delpkinhim, dauphinelle, et foliam, feuille) adj. En T. de bot.. Dont les feuilles ressemblent à celles de la dauphinelle.

DELPHININÉS idéV) n. m. pi. Tribu de cétacés, famille des delphinidés, comprenant les formes qui, comme les marsouins et les dauphins, ont de nombreuses dents aux deux mâchoires et les deux ou trois premières vertèbres cervicales soudées. (Les genres de delphininés sont : delphinus ou dauphin, lagenorliynchus, neomeris, phocxna ou înarsouin, grampus, globiceps, orca, pseudorca et tursiops ou souffleur.) — Un delphininé.

DELPHINION {déV, nî-on — du lat. delphinus, dauphin) n. m. Antiq. gr. "Temple d'Apollon De»phinios, à Athènes. Il Nom d'un tribunal athénien qui siégeait près du temple d'Apollon Delphinios. {Devant ce tribunal comparaissaient ceux qui étaient accusés d'un meurtre, mais qui prétendaient l'avoir commis involontairement.)

Delphinios. Myth. gr. Surnom d'Apollon, qui, suivant la légende, avait pris la forme d'un dauphin pour précéder et diriger vers Delphes le vaisseau qui y conduisait une colonie Cretoise. Apollon Delphinios était l'objet d'un culte à Delphes, Egine, Athènes, et dans d'autres villes.

DELPHINITE {dèl' — de Delphinatus, n. lat. du Dauphiné) n. f. Silicate hydraté naturel d'alumine, de fer et de chaux, que l'on rencontre particulièrement dans le Dauphiné. Variété d'épidote. (Cette substance se présente sous des aspectsassezvariés ;elle est, selon les localités, aciculaire, bacillaire, granulaire ou arénacée. Elle forme des sousvariétés : ferrifère, manganésifère, cérifère. On la rencontre aussi dans les Alpes, les Pyrénées, le Tyrol, l'Oural, la Norvège.)

DELPHINIUM (déV, ni-om') n. m. Bot. Nom scientifique du genre dauphinelle, vulgairement a-pi^elé pied-d'alouette. V. dauphinelle.

DELPHINOÏDE (dèl' — du lat- delphis. daunhin, et du

fr. eidos, forme) adj. En T. d'hist. nat., Qui a l'apparence un dauphin.

DELPHINOÏDINE D. f. Alcaloïde C"H"A2*0\ assez semblable à la delphine et retiré de la staphysaigre {deîphinium staphysagria).

DELPHINORHYNQUE {dèV, rink') ou DELPHINORHYN- CHDS {del, kuss) n. m. Genre de mammifères cétacés denticètes, famille des delphinidés, tribu des delphininés, comprenant des formes dont les branches de la mâchoire inférieure sont soudées sur un quart de leur longueur, de manière à former un long bec.

— Encycl. Les delphinorhynques sont des dauphins de taille moyenne et qui ne dépassent pas 3 mètres; on en connaît quelques espèces habitant les régions chaudes de l'Atlantique et l'océan Indien. Ils sont noirs ou pourprés

Delphinorhynqui

en dessus, blancs en dessous, avec les flancs souvent tachés ou rayés. On les subdivise en deux sections : les sténo sont marins: les sodaha habitent les estuaires des fleuves (Rio-Janeiro, rivière de Canton, Gabon).

DELPHINULE OU DELPHINULA (dèl') n. f. Genre de mollusques, type de la famille des delpftinulidés, comprenant des animaux marins à grand pied, à coi(uille en cône on en disque aplati, à vaste ombilic, à bouche orbiculaire avec opercule circulaire et à noyau central.

— Encycl. Les delphinules se reconnaissent à leur coquille solide, nacrée eo dedans, rude et épineuse au dehors; les quelques espèces connues habitent les mers chaudes de l'ancien monde.

L'espèce type est la delphinula laciniata, des mers do Chine.

Delphinule.

DELPHINULIDÉS {dèV) n. m. pi.

Famille de mollusques gastéropodes prosobranches aspidobranches, voisine de celle des trochidos, mais en différant par la bouche exactement circulaire. (Les genres principaux do delphinulidés sont : delphinule, straparollus, serpularia, cirrus, tubina, liotia, crasped'juloma, etc.) — Un delphinulidé.

DELPHIQUE adj. Linguist. Syn. de delphien.

Delphos. ville des Etats-Unis (Ohio [comté d'Allen]); 4.'>jij hab. Industrie métallurgique.

Delphos. Myth. gr. Héros éponymc de Delphos. Il était fils d'Apollon et de Céiéno, fille d'Hvamos. Il fut le père do Pyth is, qui régna sur la région du Parnasse. — Fils de Poséidon et de Slôlantho. Il passe aussi pour avoir donné son nom âDelphes.

DeLPHTNÉ ou DelphynÈS. Myth. gr. Dragon qui gardait l'oracle de Delplies. (On )o confond souvent avec lu serpent Python.) — Monstre à qui Typhon confia la garde do Zouâ vaincu.

Albert Delpit.

Delpit (Albert), littérateur et poète français, né à La Nouvelle-Orléans (Etats-Unis), en 1849, mort à Paris en 1893. Il suivit la carrière des lettres, et devint secrétaire d'Alexandre Dumas. En 1870, il s'engagea dans l'armée et fut décoré pour faits de guerre en 1871. Il a beaucoup écrit. Parmi ses œuvres do poète, nous citerons : l'Invasion (1871); les Dieux qu'on brise (1881); Poésies (1891).

Auteur dramatique, il a fait jouor, entre autres pièces :

Robert Pradel n873); les Chevaliers de la police (1876) ; le Fils de Cora/Ze (1880); les Maucroix (1883); le Père de Martial (1883) ; Mademoiselle de Bressier (1887) ; Passionnément (1891). Plusieurs de ces pièces ont été tirées de ses nombreux romans, parmi lesquels on peut nommer : la Sœur de charité (1875); Jeaji Nu-pieds (ISIG) ; la Famille Cavalié{\%lS); le Fils de Coralie{m^)\ la Marquise {IS$2); Solaiïije de Sainte-Croix (1885) ; À/"« de Bressier {188G) ; les Fils du siècle (1886); Disparu (1888); un Monde qui s'en va (1889-1890) ; Belle Madame (1892) ; etc. — Son frère aîné, Edouard Del-pit, né à la Nouvelle-Orléans en 1844, naturalisé Français en 1868, mort à Québec en 1900, fut journaliste, sous-préfet (1873), puis se tourna vers les lettres. On lui doit : les Mosa'iques, poésies (1871); Constantin, drame en vers (1877); les Faiseurs de coups d'État (1878), et un assez grand nombre de romans.

Delrieu (Etienne-Joseph-Bernardl, littérateur et auteur dramatique français, né à Rodez en 1701, mort en 1836. Il a composé des tragédies, dos comédies, des drames, des opéras. Nous citerons notamment doux tragédies, qui eurent du succès: Artaxerce (1808), et Démétrius (1815), et sa comédie, le Jaloux malgré lui (1797).

DelriO ou Del Rio (Martin-Antoine), savantjésuite néerlandais, né à Anvers en 1551, mort à Louvain en 1608. Il remplit, entre autres fonctions, celles de sénateur au conseil de Brabant; puis entra dans l'ordre des jésuites (1580). Il écrivit plusieurs ouvrages, dont le plus curieux est Disquisitionum magicaruryi libri sex (1599), traduit en français par André Duchesne (1611).

Delsarte (Fraoçoi5-Alexandre-Nicolas-Chéri), chanteur et professeur français, né à Solesmes (Nord) en 1811, mort à Paris en 1871. Il débuta à l'Opéra-Comique, joua ensuite le mélodrame, puis s'enrôla dans le saint-simonisme et passa à l'Eglise de l'abbé Châtel. Il ouvrit des cours et donna des concerts historiques, dans lesquels il interpréta les chefs-d'œuvre lyriques du xvii" et du xvni" siècle. Delsarte s'est fait connaître aussi comme compositeur par une messe d'un bon caractère et des mélodies vocales d'un grand style, parmi lesquelles il faut citer le Jugement dernier et les Stances à l'Eternité, qui reflètent la nature mystique de l'auteur. Il a publié encore, sous le titre d'Archives du chant, un recueil des plus beaux morceaux lyriques dos xvii" et xvm« siècles.

DelsbERG. Géogr. V. Dêlémont.

Delta : 1. Majuscule; 2. Mi.

uuscule.

DELTA n. m. Quatrième lettre et troisième consonne de l'alphabet grec : Le delta se prononce comme le D français.

— Par ext. Objet quelconque ayant la forme d'un triangle régulier, comme le delta majuscule.

— Blas. Figure héraldique représentant un triangle évidé, et qui est d'un usage très restreint.

— Éntom. Nom vulgaire d'un papillon de jour, la vanesse gamma, appelée aussi robert-le-diable.

— Géol. et géogr. Espace de terre de forme triangulaire, compris entre les branches principales d'un fleuve oui se divise vers son embouchure en deux ou plusieurs branches : Le DELTA du Nil, du Pô, du Rhône, du Gange.

— Numér. S'emploie dans certaines énumérations avec le sens de quatrième ou quatrièmement. (Dans ce cas, l'énumération a d(i commencer par les noms des lettres grecques alpha, bêta, gamma.)

— Relig. Triangle entouré de rayons, dans lequel on dessine un œil ou les lettres hébraïques qui composent le nom de Jéhovah.

Rem. Quand il désigne la quatrième lettre de 1 alphabet grec, le mot delta reste invariable au pluriel : Delta mystique.

Des DELTA majuscules. Dans

tous les autres sens, il prend la marque du pluriel : Le plus grand des deltas conrius est celui du Gange.

— Encycl. Géol. On donne le nom de delta au dépôt alluvionnaire qui se forme au point où un cours d'eau entre en contact avec une eau calme ; tous les matériaux entraînés par l'eau courante s'accumulent en éventail devant l'embouchure. Il y a. des deltas lacustres, qui sont toujours torrentiels, et des deltas marins. Les deltas lacustres ont l'allure des cônes do déjection ; ils contribuent au comblement progressif des lacs et, partant, à l'accroissement de la vallée d'amont. Leur structure est très régulière : ils présentent toujours à la surface une couche horizontale de galets recouvrant une série de couches très inclinées, alternativement formées de matériaux fins (sables, graviers) et do matériaux grossiers (cailloux), qui correspondent : les premiers, au débit des basses eaux, et les seconds, au débit des crues ; mais, plus le delta s'avance vers le centre du lac, plus l'inclinaison des couches diminue. Les deltas marins se produisent à l'embouchure des fleuves quand la mer n'y est pas lo siège de courants longeant la côte ; les alluvions se déposent alors, comblant peu à pou Testiiaire. Ce phénomène est encore facilite lorsqu'il existe un cordon littoral ; celui-ci exerce le rôle protecteur d'un brise-lames. Mais le delta marin proprement dit se forme on dehors du cordon littoral et après le comblement de lostuairo tout entier. La progression du delta est alors beaucoup plus lento ; mais, avec le temps, les fleuves arri-

vent, rien que par l'accumulation de leurs alluvions, à édifier de nouvelles terres qui font que lo continent gagne progressivement sur la mer. Aux limons, sables, graviers et galets, il faut ajouter, dans les deltas marins, 1 appoint des végétaux charriés pendant les crues ; c'est à la carbonisation de dépôts de ce genre qu'il faut attribuer l'origine de certaines couches do houille et en particulier de celle de Commentry (Allier).

Delta n. m. Constellation boréale, qu'on appelle aussi I'riangi.k boréal.

DELTAÏQUE [ta-ik) adj. Qui appartient à un delta et spL-cialenient au delta du Nil : Les terrains DELTAiQUEs sont '/l'if-'ralement très fertiles.

DELTASPIS {dèi-ta-spiss) a. m. Genre d'insectes coléoptères longicornes, famille des cérambycidés, tribu des cérambycinés, comprenant des formes mexicaines de taille moyenne et voisines des purpuricènes européens. (Le deltaspis est d'un vert métallique opaque, avec la bordure des élytres cuivreux brillant.)

DELTOCARPE {dèl' — de delta, et du gr. karpos, fruit) adj. En T. de bot.. Qui a des fruits triangulaires ou en forme de delta majuscule.

— n. m. Syn. de myagre.

DELTOCHILE {dèl', kil') OU DELTOCHILUS {dèV, ki-luss) n. m. Genre d'insectes coléoptères longicornes, famille des cérambycidés, tribu des prioninés, comprenant une espèce du Cap, voisine des œgosomes. (Le deltochilus, d'un fauve testacé clair, est allongé et étroit, avec les élytres minces et presque membraneux.)

DELTOCHILE {dèl, kil') ou DELTOCHILUM {dèV, ki-lom') n. m. Genre d'insectes coléoptères lamellicornes, famille des scarabéidés, tribu des coprinés, comprenant des bousiers de l'Amérique du Sud, voisins des canthons. (Les deltochiles sont de taille grande ou moyenne, noirs ou métalliques; on en connaît vingt-trois espèces.)

DELTOCLlTA(rf(^/") n. m. Genre d'arachnides aranéides (lipneumones , famille des thomisidés , comprenant des formes propres au Brésil et au Pérou. (Les deltoclita appartiennent à la tribu des platyarachninés; ce sont des araignées plates, massives, de petite taille, blanches ou jaunes, qui ressemblent à de petits thomisus.)

DELTOCYATHUS {dèV, si-a-tuss) n. m. Genre d'anthozoaires madréporaires, famille des turbinoHdés, comprenant des polypiers courts, coniques et libres, dont on connaît quelques espèces vivant en diverses mers ou fossiles dans le miocène.

DELTODE {dèi) ou DELTODUS {dèV, duss) n. m. Genre de poissons plagiostomes, famille des cochliodontidés, comprenant des sf^uales. (Les deltodes sont fossiles dans le calcaire carbonitère de l'Amérique du Nord, do l'Angleterre et de la Belgique. On en connaît une quinzaine d espèces, do'U le type est le deltodus Uevis.)

DELTOÏDE {dèl' — du gr. delta, et eidos, forme) adj. Oui a la forme triangulaire de la lettre grecque delat [a] : Figure deltoïde.

— Bot. Se dit des feuilles qui sont triangulaires, ce qui arrive chez quelques arroches, chinopodes, etc.

— n. m. et adj. Anat. Muscle deltoïde ou simplem. Deltoide, Muscle épais en forme de delta renversé, qui recouvre l'articulation de l'épaule.

— Encycl. Anat. Très en relief cliez l'homme bien musclé, le deltoïde constitue ce qu'on appelle le moignon de l'épaule. Par sa base supérieure il s'insère, à la ceinture scapulaire : au tiers externe de la clavicule et à l'acromion que continue l'épine de l'omoplate. Par son sommet inférieur, tendineux, il vient s'attacher sur la face externe de l'humérus en déterminant l'empreinte deltoidienne. — Le deltoïde est un muscle important; c'est lui qui élève le bras et l'écarté du tronc. Sa paralysie entraîne l'impotence du membre.

DELTOÏDES {deV — même étymol. qu'à l'art, précéd.) n. m. pi. Groupe d'insectes lépidoptères, comprenant des formes grêles et allongées, à grandes ailes, intermédiaires entre les noctuelles et les phalènes, et se rattachant au sous-ordre des noctuines. — Un deltoïde.

— Encycl. On a donné aux deltoïdes leur nom à cause de leur façon de rassembler leurs ailes au repos, eu faisant toucher les bords inférieurs à l'abdomen, de manière à former un triangle. La taille de ces papillons est ordinairement petite, leur coloration grise ou blanchâtre ; leurs mœurs sont surtout nocturnes. Leurs chenilles vivent à découvert sur les plantes ou les arbres, et se chrysalident, soit entre lés feuilles, soit en terre, toujours dans un cocon filé. Répandus dans toutes les régions du globe, surtout dans l'hémisphère nord, les deltoïdes se divisent en quelciues familles : hypénidés, platydidés, henninidés.

DELTOÏDIEN, ENNE {dèl, di-in, en) adj. Qui a rapport au muscle deltoïde : Insertio)is deltoïdiennes.

DELTOMONADE {dèl'), ou DELTOMONAS {dèV, nass) n. m. Genre de protozoaires flagellâtes, famille des amphimonadidés, comprenant des animalcules de forme instable, ordinairement trigones, flxés par un prolongement très fin de leur extrémité postérieure, et possédant deux fiageilums d'inégale longueur. (L'espèce type, lo dendromonas ci/clopum, est commune dans les eaux douces de France, sur la carapace des petits crustacés du genre cyclope.)

DELTOPTYCHIUS {dèl', ki-uss) n. m. Genre do poissons plagiostomes, famille des cochliodontidés, comprenant des squales à dent postérieure de la mâchoire inférieure en triangle allongé, arquée, rétrécie et obliquement tronquéo en avant. (Les deltoptychius, dont on connaît en tout cinq espèces, sont fossiles dans le calcaire carbonifère de l'Irlande et de l'Amérique du Nord.)

DELTOTON {dèl' — rad. delta) n. m. Triangle formé par plusieurs étoiles auprès de la constellation d'Andromède.

DeltoUR (Nicolas-Félix), professeur et écrivain, né ù. Paris en 1822. Sorti do l'Ecole normale, il professa la rhétorique à Paris, où il devint inspecteur d'académie (1874), et fut ensuite chef du cabinet du ministre de l'instruction publique (1875), enfin inspecteur général (I87G-1890). Outre dos articles et des éditions de livres classiques, on

, muscle deltoîile.

lui doit, ontro autres ouvrages : tes Ennemis de Hacinc au xviii" siècle (1859); Littérature française, prijicipes de composition et de style (1875); ffîsfoire de la littérature grecque (1881); Histoire de la littérature romniHe (1889); etc.

Deltuf (Paul), littôratoup français, n6 et mort à Paris (1825-1871). Il a collaboré à divers journaux ot rovuos. et publié des ouvrages qui se rocotamandent par do bonnes qualités do stylo : Idylles antiques (1851); Co7ites roma- 7iesques (1852); Bécits dramatiques (185»j ; les Pigeons de la Bourse i^XSSiy, Aventures parisieîines (iS^Q) \ les Petits malheurs d une jeune /ewme (1860) ; Jacqueline Vojsen (1861) ; la Femme incomprise (1863) ; la Cojntesse de Silva (1864) ; Tragédies du foyer (1857) ; Essai sur les œuvres et la doctrine de Machiavel ( 1866) ; Théodoric, roi des Ostrogoths et d'Italie (1869); etc.

DELTURE {dèl' — do delta, et du gr. oura, queue) adj. En T. do zool., qui a la queue triangulaire.

DELUBRUM [dé, brotn' — mot lat. formé du préf. de, et de lubrum, bassin) n. m. Antiq. Nom que les Romains donnaient à la place qui entourait l'autel dos sacrifices devant la façade d un temple, et où se trouvaient des bassins de différentes grandeurs, destinés soit à se laver les mains, soit à laver les cadavres, il Temple pourvu de ces derniers bassins; temple en général.

DeluG (Jean-André), physicien et naturaliste suisse, né îi Genève en 1727, mort à Windsor, près de Londres, en 1817. Admis à la Société royale do Londres, Deluc fut nommé lecteur de la reioe, emploi qu'il conser\'a quarante-quatre ans. Son premier travail important, par ordre de date, est intitulé : Hecherches sur les modifications de l'atmosphère (1772). Divers travaux do lui sur la météorologie se trouvent disséminés dans les Philosophical transactions, de 1771 à 1792. Il y a dans ses œuvres, contrairement à l'esprit général de l'époque, une forte empreinte religieuse. Kn 1778-1780, Deluc publia ses /.e^^resp/fj/siV/ues et morales sur l'histoire de la Ten'e, qui traitent surtout de l'origine récente des continents actuels. Parmi les ouvrages de Deluc, nous citerons : Nouvelles idées sur la météorologie (1786) ; Lettres à Blumenbach sur l'histoire physique de la terre (i798); P/'écis de la philosophie de Bacon (1803); Introduction à la physique teiTestre par les fluides expansibles (1^03) ; Abrégé des principes et des faits concernant la cosmologie et la géologie (1803); Traité élémentaire sur le fluide électro-galvanique (1804) ; etc.

DELUCIE [si] n. f. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, comprenant une seule espèce, qui croit sur les montagnes du Mexique.

DÉLUGE [luf — du lat. diluvium, même sens; tiré de diluere, laver, noyer) n. m. Inondation générale dont Dieu, selon la Genèse, couvrit la surface de la terre, pour détruire le genre humain : Le déluge de Noé. il En ce sens, on dit aussi le déluge universkl.

— Par anal. Inondation, cataclysme considérable, dont la terre a été le théâtre ■. Le déluge de Deucalion. Les Américains parlent d'un déluge arrivé autrefois dans leur pays.

— Par exagér. Pluie abondante et torrentielle : Fleuves gonflés des déluges de l'hiver. (Chateaubr.) il Grande quantité de liquide versé : Un déluge de pleurs,

— Par ext. Quantité, nombre considérable, abondance extrême : Un déluge de pierres, de paroles, d'épigrammes.

Que le courroux du ciel, allumé par mes vœux, Fasse pleuvoir sur elle un dêiuge de feux.

Corneille.

— Fam. Epoque très reculée : Cela date du déluge. Cela remonte au déluge.

— Allus. littér. :

Avocat, ah ! passons au déluge, Fragment de \ ers des Plaideurs de Racine (acte III, se. m). Dans l'application, ces mots sont une manière polio et ironique on môme temps de faire entendre à queluu'un qu il remonte beaucoup trop haut dans lo récit d'un événement.

— Après moi le déluge I V. après.

— Encycl. 1" liécit biblique. Le récit du déluge est contenu dans la Genèse (chap- VI, il — IX). En voici, d'après le texte hébreu, le résumé et les traits principaux. Dieu dit à Noé : n La tin de toute chair est venue devant moi, car la terre est remplie de violence devant ma face... Fais-toi une arche de bois do cyprès; tu y disposeras des compartiments et tu l'enduiras de bitume par dedans et par dehors... « Noé obéit, et, sur un nouvel ordre de Dieu, prit avec lui sa femme, ses trois (ils et ses trois belleshlles, sept couples do tous les animaux purs vivant sur la terre, quadrupèdes, reptiles et oiseaux, et doux couples de tous les animaux impurs ; puis, après s'ôtro muni do « toute nourriture qui se mange », il entra dans l'arclio, où Dieu l'enferma. « Toutes les sources du grand ahîmo ot les écluses du ciel furent ouvertes. Et il plut sur la terre quarante jours et quarante nuits... Les eaux monteront ot couvriront toutes les montagnes élevées qui sont sous le ciel... Et tout ôtro vivant, homme on animal, fut exterminé... Les eaux dominèrent sur la terre durant cent cinquante jours... Alors, Dieu se souvint de Noé et... lit souftlor un vent sur la terre. » Los «aux baissèrent pou à peu pendant une autre période do cent cinquante jours. Enfin, l'arche » se reposa sur les montagnes de l'Ararat n. Après avoir attendu quarante jours, Noé, à la suite d'essais faits avec un corbeau ot uno colombe, rït sortir de l'arche sa famille et los animaux qui étaient enfermés avec lui. A peine établi sur la terre sèche, lo patriarche offrit un holocauste. Dieu promit a do no plus frapper à l'avenir toute vie «, bénit Noé et ses fils, ot conclut avec eux une alliance dont il leur montra lo signe dans l'arc-en-ciel.

2» Interprétations diverses. Les rationalistes n'acceptent

Îias plus 10 récit biblique sur le déluge que les autres aits miraculeux. Quant aux autres exogèics ils en trouvent la contirmation dans les traditions des grandes races de l'humanité, dans les livres sacrés des Hindous et dos Iraniens, dans les légendes grecques d'Ogygès et dv Di.-ucalion, dans les eddas des Scandinaves, k-s sagas des Lithuaniens, les tablettes trouvées à Ninivo ot traduites par G. Smith, les fragments do Bérose, etc. Mais ils interprètent lo texte de la Bible de diverses manières.

Ainsi les anciens commentateurs pensaient que lo déluge avait été universel dans lo sens le plus large du mot ; mais la plupart dos commentateurs modernes lent observer que, aux yeux de Noô et do Moïse, la « Icrro outièro »

n'était que la partie du monde alors habitée; et c'est à quoi ils restreignent l'universalité du déluge mosaïque. Lo géologue allemand Suess localise lo déluge dans le cours inférieur du Tigre et de l'Euphrato.

Quant à l'hypothèse émise par Cuvier, de Quatrefages et quelques autres savants, et (jui tend à dire que plusieurs branches de l'humanité primitive, coninio les Mongols et les Ethiopiens, auraient ôchapiié au déluge, î'Egliso ne l'a point condamnée, mais les théologiens lui témoignent peu de faveur.

Plusieurs ont identifié le déluge mosaïque avec les inondations violentes qui furent uno des dernières révolutions physiques do notre globo. Beaucoup d'autres soutieunent (|uô cette identification n'est pas possible, le déluge s'étant produit, d'après lo texte, par des moyens qui n'indiquent aucun grand bouleversement naturel.

— Géol. De grands savants ont vu jadis, dans certains faits scientifiques, la confirmation du récit biblique du déluge. Aujourd'hui la plupart des géologues pensent ([u'un déluge vraiment universel était naturellement impossible à l'époque quaternaire, le relief du sol n'ayant pas été sensiblement modifié depuis, et qu'il n'existe d'ailleurs d'un tel cataclysme aucune trace matérielle.

— Bibliogr. : l'abbé Vigouroux, la Bible et les découvertes jyiodernes en Palestine, en Egypte et en Assyrie (Paris, 1877); Lenormant, les Origines de l'histoire (t. 1"', Paris, 1880).

Déluge (représentations divbrses du). Parmi les principales, il faut citer le Déluge, fresque de Michel- Ange, dans la chapelle Sixtino (Rome). 11 y a beaucoup de mouvement et d horreur dans cette composition; mais les figures sont trop petites pour la hauteur où elles sont placées. — Le Déluge universel, fresque de Raphaël, dans les loges du Vatican.

Passavant croit reconnaître dans cetto composition la manière de Jules Romain. — Le Déluge, tableau de Poussin (musée du Louvre). Ce chef-d'œuvre fait partie d'une suite de quatre compositions que Poussin peignit, pour lo duc de Richelieu, et dans lesquelles, sous prétexte de représenter les Sai- S071S , il a retracé quatre épisodes de l'histoire sainte. Le tableau du Déluge universel, qu'on intitule encore l'Biver, et qu'il peignit à soixante-dix ans, est le plus beau de cette série. — Le Déluge, tableau d'Antoine Carrache, au musée du Louvre. La composition n'a plus ici cet air de grandeur qui distingue la toile de Poussin. Il a fait partie de la collection de Mazarin. Il en existe au musée de Berlin une répétition, qui est attribuée au Dominiquin. — Une scène du Déluge, tableau de Girodet, au musée du Louvre (isiû). Ce tableau, longtemps célèbre, fut jugé par le jury comme » une des plus belles productions do l'école française «. Aujourd'hui, les critiques sont plus sévères pour cette toile. — Un épisode du Déluge, tableau de Gustave Doré. Cette composition est ingénieuse et dramatique; mais les négligences et les lourdeurs de l'exécution nuisent à l'effet. — Le déluge a été traité encore par Véronèse (Louvre), par John Martin (1835), par Kaulbach, dans une série de tableaux à la nouvelle pinacothèque de Munich; par Schnorr(raéme musée), par lo Titien, par Franz Floris, par Turner, etc.

Deluns-MONTAUO (Pierre), homme politique français, né à Allemans-du-Dropt (Lot-et-Garonne) en 1845. Il était avocat à Marmande et fut élu député en 1881 et 1885. En 1888, il fut nommé ministre des travaux publics dans le cabinet présidé par Floquot. Réélu en ISsg, il échoua en 1893, et fut ministre plénipotentiaire ot directeur des archives au ministère des attaires étrangères,

DÉLURER (du préf. priv. dé, et de leurre) v. a. Déniaiser, dégourdir, dépouiller de sa simplicité : Il n'est rien cotnine les filles pour dklureb les garçons.

Se délurer, v. pr. Devenir déluré, se dégourdir.

DÉLUSOIRE (co-ar' — du la.t. de lusiis, trompé) adj. Propre à tromper, i induire on erreur : Argument uelusoirk.

De LusôE (Charles), flftiisto français, né à Paris en 1731, mort eu 1780. I! donna, en 1759, un petit opéracomique, intitulé l'Atnant statue. Il a publié, outre une méthode dite l'Art de la flûte traversièr'e, six sonates, ainsi que des duos et divertissements pour doux flûtes. On lui «loit aussi un Becueil de romances historiques, tendres et burlesques, tant anciennes que modernes (1768). Do Lusse construisit des flûtes et hautliois d'excellente qualité.

DÉLUSTRER {stré — du préf. priv. dé, et do lustrer) v. a. Oter le lustre et lo polî do : Délustreh un drap, une étoffe. Il Fig. Détruire l'éclat de : Ceux gui ne sentent pas en eux la force de .s'illustrer veulent tout d^xustrer. (L. /euillot.)

Se déhistrer, v. pr. Perdre son lustre, son éclat, au propre et au ligure.

DÉLUTAGE {taf — rad. déluter) n. m. Action d'ôter lo lut: résultat de cette action : Le dklutagk d'une cornue. Il Action d'onlover lo coke do la cornue après la distillation de la houille dans la fabrication du gaz.

DÉLUTER (du préf. priv. dé, et do luter) v. a. Oter lo lut do : Dkluter un vase, il Enlever le coko des cornues à gaz après ('puisement do la houille.

Se délutepf v. pr. Perdre son lut.

DÉLUTEUR (rad. déluter) n. m. Ouvrier chargé do l'opération du délutago.

DelUZ, cnmm. du Doubs, arrond. et à 13 kilom. do Baunie-les-Damos, sur lo Doubs ot le canal du Uhûne au Rhin; 1.025 liab. Ch. de f. P.-L.-M. Aux environs, ruines d'un château et do la chapello do Notre-Dame d'Aigromont.

Delvau (Alfred), littérateur français, né et mort & Paris (1825-1807). Il collabora ù do nombreux journaux. Delvau avait fait uno étude particulière dos mœurs à Paris ot il aimait :1 on révéler los existences bizarres, les types curieux, les déviations du langage. En 1801, il publia 'dans " lo Figaro ", avec Alphonse Duehosno, sous le pseudouymo collectif do Junius, uno sério d'articles qui furent

DELTUF -- DELYANNIS

réunis sous lo titre de Lettres de Junius (1862). On doit à cet écrivain do talent des ouvrages très divers, notamment : Histoire de la révolution de Février (1850) ; les Murailles révolutionnaires (1851); Mémoires d'un vieux sou (1859); les Dessous de Paris (1860); Histoire anecdotigue des cafés et cabarets de Paris (1861); les Cythères parisiennes (186-1); Histoire anecdotique des barrières de Paris (1865); Dictionnaire de la langue verte (1867); etc.

Delvaux (Laurent), sculpteur flamand, né à Gand en 1095, mort à Nivelles en 1778. Il séjourna longtemps à Rome (1727-1733) ot fut un des artistes distingués de son temps ; il jouit de la faveur de Charles VI, de Marie- Thorôse, de Benoît Xlll, du duc Charles do Lorraine, etc. Parmi ses œuvres , nous citerons sa statue colossale d'Hercule, au vieux palais de Bruxelles, et ses chaires de Saint- Bavon, do Gand et de l'église du chapitre de Nivelles.

DELVAUXINE {del'-vâ) ou DELVAUXÈNE (del'-vô) n. f. Phosphate hydraté naturel do fer. Variété de dufrénite.

Delvigne (Henri-Gustave), inventeur français, né à Hambourg en 1799, mort à Toulon en 1876. Il s'occupa du perfectionnement des armes à feu. On lui doit la carabine » Delvigne ", à balle forcée au moyen d'une chambre, des carabines rayées, des canons doubles rotatifs de fer forgé à rubans, des mousquetons de cavalerie, des obusiers do campagne , des balles cylindro- coniques, des ballesobus, etc. ; enfin un canoii porte-amarre do sauvetage.

Delvin, localité d'Irlande (prov. de Loinsler [comté de Westmeathjj; 2,450 hab.

Delvingourt (Claude-Etienne), jurisconsulte fran-

Le Déluge universel, d'après Poussin.

çais, né à Reims en 1762, mort à Paris en 1831. Il fut chargé d'un cours de code civil ù. la Faculté de Paris, et devint doyen de cette faculté en ISIO. A la révolution de 1830, il dut quitter l'Ecole do droit et le conseil de l'instruciion publique. Ses ouvrages sont : Distitutes du droit civil frajiçais (1808); Jwis romani elementa (1812); Cours de Code civil (1824); Institutes du droit commercial (ISIO).

Delvino (en turc Delonia), ville de la Turquie d'Europe (Albanie), à 70 kilomètres de Janiua, près de la mer Ionienne; 7.500 hab. Elle s'élève au milieu d'une plaine fertile. Récolte ot commerce d'huile et autres produits agricoles. — Le sandjack de Delvino est un pays montagneux, boisé. Beaux pâturages. Elève de bétail.

DelwardE ou Delewarde (Michel), historien belge, né et mort à Moos (1050-I72i). Il entra dans la con-

frégation de l'Oratoire (I6fi8) et devint prévôt des maisons e 1 ordre en pays wallon. Il a publié uno Histoire générale du Hainaut (Mods, 1718).

Delwig (Antoine Antouowitch, baron), poète lyrique russe, no à Moscou en 1798, mort à Saint-Pétersbourg en 1831. Il composa des idylles, des chants populaires, des romances, dos sonnets. Ou a de lui un recueil de Poésies (1832) ; les Fleurs du Nord, qui parurent sous forme d'almanach, de 1825 à 1830, et des œuvres poétiques posthumes publiées par son ami Pouschkine.

DelyanniS (Théodore , homme d'Etat grec, né en 1826 •X Kalavryta. Il commença à jouer un rôle important ù l'Assemblée constituante qui se réunit après la chuto du roi Othon, en 1862. Ministre des affaires étrangères, ministre plénipotentiaire à Paris, il retourna prendre le portefeuiilo des affaires étrangères dans lo cabinet Irimis. En 1876 ot 1877, il fut ministre do l'intérieur dans les cabinets Deligeorgis et Coumoundouros, puis ministre do l'iiistructioa publique dans lo cabinet do l'amiral Canaris. Après lo traité de San-Stefano, Delyannis, qui était redevenu ministre des affaires étrangères (Ï878). fit envahir laThessalio par l'armée grecque, et no consentit àévacuorcotte province que sur la promesse de l'Angloterro qu'elle défendrait, au congrès do Berlin, la cause dos Grecs do Turquie. Les années suivantes virent la lutto do Delyannis et do Tricoupis, les doux rivaux qui se disputaient le pouvoir. En 1SS5, ù la suite do la révolution roumélioto, Delvannis étant président du conseil, la Grèce adressa aux" puissances uno note dans laquelle elle demandait H entrer eu possossion des territoires qui lui avaient été promis A Berlin. L'urinée fut mobilisée, et une guerre entre la Turquie et la Grèce semblait inévitable, lorsque les puissances, la Franco exceptée, couUaiguircnt la

DclyauuU.

DELY-IBRAHIM — DEMANGE

Grèce à s'arrêter. Delyannis démissionna. La (juestion gréco-turque amena la chute définitive de Delyannis. C'est ce ministre, en effet, qui fit la guerre de 1897, dont l'issue malheureuse eut pour conséquence son remplacement par Zaïmis. Aux élections de 1899, Delyannis fut élu dans sa ville natale; mais son parti fut complètement battu.

Dely-IBRAHIM, comm. d'Algérie, arr. et à il kilom. d'Alger; 1.003 hab. Contre vinicole.

DelzONS (Alexis-Joseph), général français, né à Aurillac en 1775, tué en Russie en 1812. Volontaire en 1791, il se distingua en Italie et rit la campagne d'Egypte. A vingt-trois ans, il était chef de la 4* demi-briçade. De 1805 à 1809, Delzons seconda Marmont en Dalmatie ; général de division, il organisa les provinces illyriennes (I810- 1811), fit la campagne de Russie, et fut frappé d'une balle dans la tète, à la prise de Maloïaroslawitz (1812).

DÉMACADAMISER (du préf. priv. dé, et de macadamiser) V. a. Oter le macadam.

Se démacâda.miser, v. pr. Se dit d'une route, d'une chaussée, quand le macadam qui la recouvrait commence â s'user.

DemaghY (Jacques-François), chimiste français, né et mort à Paris (1728-1803). Il fut un des adversaires de Lavoisier et de la réforme chimique. Outre des traductions, des poésies, etc., on lui doit, entre autres ouvrages : Instituts de chimie (1766); Economie rustique (1769): l'Art du distillateur des eaux-fortes (1775); l'Art du distillateur liquoriste (1775); l'Art du vinaigrier (1780); etc.

DÉMACLAGE {klaj') n. m. Action de démacler; résultat de celte action .Le démaclage du verre.

DÉMACLER (du préf. dé, et de macler) v. a. Remuer dans le creuset, en se servant d'une barre de fer, le verre fondu : Démacler le verre.

Se démacler, v. pr. Etre dêmaclé.

DÉMAÇONNAGE {$o-naj') n. m. Action de démaçonner; résultat de cette action.

DÉMAÇONNER (so-né) v. a. Défaire la maçonnerie de : DÈMAçoNNER uH pan de mur.

DÉMADE, orateur d'Athènes, né vers 38-*, mort vers Tan 320 avant notre ère. Il était fils de Demeas. un pêcheur ou un batelier, exerça d'abord le métier de son père, et ne reçut aucune éducation. Puis il se mêla de politique, et devint un des premiers orateurs de son temps. Il n apparaît dans l'histoire que vers le temps de la bataille de Chéronée (338). Fait prisonnier par Philippe, il sut gagner ce prince, et devint son homme d'atfaires. Philippe le renvoya en Attiqus pour négocier la paix et le rachat des prisonniers. Dèmade resta toujours à Athènes l'un des chef du parti macédonien. Après le sac de Thèbes en 335, Alexandre exigea qu'on lui livrât huit des principaux orateurs athéniens ; Démade partit pour la Béotie avec une forte rançon, et il obtint leur grâce. En reconnaissance, les Athéniens lui élevèrent une statue sur l'Agora. Dans les années suivantes, Démade remplit d'importantes fonctions financières, et fut élu stratège. A la suite d'une reddition de comptes, il fut exilé quelque temps. Compromis dans l'aflaire d'Harpale , il fut condamné pour corruption. Après la mort d'Alexandre, quand Athènes fut menacée par Antipatros et Crateros, il fit voter par le peuple la mort de Démosthène et des autres orateurs qui s'étaient enfuis. Mais, convaincu de trahison par les Macédoniens, il fut arrêté et mis à mort avec son fils. Homme d'Etat sans scrupules et vénal, il avait une éloquence âpre et rude, qui abondait en traits et en saillies. IJ n'a rien écrit.

DÉMAGNÉTISATION (gn mil., et si-on) n. f. Action de démagnétiser; résultat de cette action :Xa démagnétisation d'un somnambule.

DÉMAGNÉTISER (gn mil. — du préf. priv. dé, et de magnétiser) v. a. Débarrasser du fluide magnétique, tirer de l'état de somnambulisme magnétique.

DÉMAGNÉTISEUR (gn mil.) n. m. Celui qui démagnétise : Le magnétiseur fait lui-même l'office de démagnétiseur.

DÉMAGOGIE (Jî — gr. dêmagâgia, même sens) n. f. Polit. Abus, excès de la domination populaire : La démagogie est l'hypocrisie du progrès. (Proudn.) Il Excitation des passions populaires; menées auxquelles on doit d'exercer sur le peuple une grande autorité. V. démagogue.

DÉBiIAGOGXQUE {jik') adj. Qui appartient à la démagogie : Des opinions, JJes principes démagogiques.

DÉBSAGOGISER (ji) v. n. Faire de la démagogie.

DÉHAGOGISME(.;mm') n. m. Opinions, conduite de ceux qui poussent à la démagogie.

DÉMAGOGUE (^Of/A' — gr. démagôgos ; ûe rfémoj, peuple, et a^ein, conduire) n. m. Chef d'une faction populaire; homme qui fait de la démagogie. Il Adjectiv. : Un orateur démagogue.

— Enctcl. Le démagogue est, d'après l'étymologie grecque du moi, le " conducteur du peuple ». Parfois, il arrive que, pour accomplir cette tâche difficile, pour faire accepter sa direction, il flatte ceux q^u'il veut conduire, surexcite leurs instincts, au lieu d'éclairer leur raison. De là le sens défavorable du mot démagogie. Chez les Grecs, le mot démagogue désignait primitivement les chefs du parti populaire. Mais, déjà, lo mot avait pris le sens défavorable qu'il a conservé dans les langues modernes, ha démagogie peut être cléricale ou socialiste, réactionnaire ou révolutionnaire; elle peut avoir tout autre caractère; elle consiste toujours dans le déchaînement des passions bonnes ou mauvaises, quelquefois bonnes et mauvaises en même temps, s'cxerçant sans direction, ni contrôle. La démagogie est la négation de la démocratie. Ce n'est pas. en effet, lo peujile maître de lui, se dirigeant lui-mémo, mais, au contraire, le peuple abdiquant devant des impulsions aveugles et contradictoires, en attendant qu'il demande l'ordre et lo calme à la tyrannie.

DÉMAZGRIR {mè-grir — du préf. prîv. dé, el de maigrir) V. n. Devenir moins maigre ; Il n'est pas engraissé, mais

il A DÉMAIGRI. i' EST DÉMAIGRI. il h'EST Çue DÉMAIGRI.

— V. a. Rondre moins maigre.

Se démâi^it, v. pr. Se rendre moins maigre.

— Anton. : Maigrir, déffralBser.

DÉMAIGRIR [mè-grir' — du préf. dé, et de maigre) v. a. Techu. Amincir, retrancher une partie de : Dêmaigrir une pierre, ujie pièce de bois.

DÉMAIGRISSEMENT (mé-pTi-se-man) n. m.Techn. Action de dèmaigrir; résultat de cette action : Le dèmaigrisse- MENT d'une pièce de bois. Il Partie démaigrie dune pierre ou d'une pièce de bois.

DÉMAILLER (ma-ill-é [Il mil.] — du préf. priv. dé, et de maille) v. a. Défaire les mailles do : Démailler un filet, un bas.

— Mar. Démailler une ckame, La séparer de l'ancre à laquelle elle était fixée, en séparer les bouts, n Démailler une bonnette, La délacer de la voile quand elle est maillée dessus (vieille marine).

Se démailler, v. pr. Se défaire, en parlant d'un ouvrage fait de mailles.

DÉMAILLONNER {ina-ill-o '7ié [Il mil.] — du préf. priv. dé, et de tnaillon) v. a. Vitic. Dans l'Orléanais, Détacher les sarments de l'échalas après la vendange.

— Mar. et techn. Syn. de démailler.

DÉMAILLOTER Ima-ill [Il mil.] — du préf. priv. dé, et

de maillot) v. a. Oter du maillot : Démailloter un enfant. Se démailloter, v. pr. Etre démailloté. ii Défaire son maillot.

— Anton. Emmailloter.

DEMAIN (min — du lat. de, du, et mane, matin) adv. de temps. Au jour qui doit suivre immédiatement celui où l'on est :

Aujourd'hui, un œuf &, la main

Vaut mieux que deux poulets demain.

Des Accords.

— Par ext. Bientôt, à une époque à venir, très rapprochée de celle où l'on est : On triomphe des mauvaises habitudes plus aisément aujourd'hui que dkmain. (Confucius.)

— Substantiv. n. m. Jour qui suit celui où l'on est : Hier était laid, aujourd'hui n'est pas beau, mais dkmain... et ta vie se passe. (Lévis.)

— EUiptiq. A demain, A revoir demain ; remettons cela à demain.

— Jusqu'à demain, Très longtemps: Ilbavarderait jusqu'à

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