DENIS
i)t'nier d'argent cna)pain«.'ii.
Denier de Louis le Débonnaire.
Denier parisis.
un double denier (binio), il valut, sous Valérien et Gratien, 4 deniers {quaternio)^ ot, sons Aurélicn, 20 deniers. D'autres réformes monétaires furent faites sous Diocléticn, Constantin le Grand, et le titre dos monnaies d'argent s'abaissa progressivement. Cassiodoro évalue le sou d'or à 6.ÙÛÛ deniers.
Les deniers d'argent avaient été adoptés par les peuples de la Gaule et les Francs, Vers la tin du vi' siècle, apparaissent \es saïgas ou deniers mérovingiens. Pépin le Bref frappe des deniers d'argent presque pur du poids de le'iio à le^ao environ. Charlemagne augmente le poids et élargit le flan : la livre d'argent valait 20 sols, ot le sol 12 deniers. Le lypo du dénier carolingien porte lo nom de Carolus, un grossier profil, et un temple chrétien. Le monnayage des premiers Capétiens diffère peu do celui des Carolingiens. Les rois francs frappent des deniers et des oboles d'argent, conjointement avec les seigneurs ayant droit de frapper monnaie, parmi lesquels l'abbé de Saint-Martin de Tours, dont les produits devaient être pris comme prototype do la monnaie royale tournois. Sous Louis VUI, se montre le denier de billon avec le denier d'argent ; il n'existe plus que deux ateliers monétaires royaux : Paris, qui frappe le denier et l'obole parisis, et Tours, qui frappe le denier et l'obole tournois. Le premier valait un quart de plus que le second dont il différait totalement comme type.
Sous saint Louis, on donna le nom de denier à toute espèce de monnaies, qu'elles fussent d'or ^frappées pour la première fois dans le royaume de France), d'argent ou de billon. Il y avait le denier d'or à l'agnel, le denier d'or à l'écu, le gros tournois ou gros denier d'argent, le gros denier
blanc [denarius grossus). La monnaie de billon comprenait le denier et l'obole pans/s, le denier et l'obole tournois. Sous Jean le Bon, on trouve encore le denier d'or à la fleur de lis. A partir de saint Louis jusqu'à la Révolution française, il faut distinguer le denier de compte, purement fictif, représentant le douzième du sol, et les diverses monnaies effectives auxquelles on conserva le nom do " denier ». La situation se complique encore à partir de Philippe le Bel, le royal faux monnayeur; on distinguo alors la moîtnaîe blanche, en argent presque pur, et la monnaie noire, dans laquelle entre beaucoup de cuivre et quelque pou d'argent. Henri III frappe des deniers tournois, et Henri IV dos doubles tourriois de cuivre rouge.
— Denier de fin ou d'aloi. On exprimait ainsi, aux xvii" et xviii" siècles, la quantité d'argent fin contenue dans un alliage de ce métal. Les monnayeurs ot les orfôvros appelaient aussi le denier de fin denier de loi ou d'aloi {ad leyem). Quand la monnaie n'était pas à 10 deniers de fin {833'»B^333), elle était considérée comme billon. Suivant l'ordonnance de 1640, l'argent d'orfôvrorio devait être à 11 deniers, 12 grains de lin (Sôs^b^, 272); la tolérance en dessus et en dessous, qu'on appelait alors le remède, était de 2 grains (6'"e'',i)54}. Lorsque l'argent était à ce titre, on l'appelait argent de roi ou argent-le-roi .
— Deniers de boîte ou emboîtés. C'était ainsi qu'on appelait les pièces que les jugos-gardos des monnaies prélevaient sur chaque délivrance d'espèces, atln de vérilier si elles étaient au taux légal ot agir eu couséquouco euvers les directeurs des monnaies.
— Relig. cath. Denier de saint Pierre. Le denier do saint Pierre fut, dans l'origine, une contribution prclovéo sur leurs sujets par les princes chrétiens, pour être envoyée au pape. Il fut établi pour la première fois en Angleterre par Ina, roi de Wessox, à l'occasion de la fondation d'une école saxonne à Homo. Décrété do nouveau par Otl'a, roi do Murcio, il fut orcanisô définitivement par Ktbolwulf ot par le roi saint Alfred, son fils. Un inip6t d'un penny devait ôtro lové annuellement sur chaquo fou, ot, counne il était perr;u le jour do la fête do saint Pierre, on l'ap-
Ïola en latin dfnarius sancti Pétri (dénier do saint Pierre), lonri VIII lo fit supprimer on 1532 par un acte du Parlement. Rétabli par la reine Marie, u fut aboli détinitivoment sous Elisabeth. Lo denier do saint Pierre avait été aussi établi en Suède parOlaf; il était également recueilli on Ecosse, on Danemark, on Bohême. La Réforme l'a supprimé dans ces difi'érents Etats. En France, Charlemagne ordonna atout propriétaire d'une maison do payer chaquo annéo un denier au trésor pontifical. Cet impôt, appelé romeacot dans lo langage populaire, ne fut jamais perçu d'une façon régulière, et finit par se confondre avec les annales ot les autres contributions levées autrefois par lo saint-siège.
En 181)0, a[)rès l'envahissoment des Etats pontificaux par les Pirimontais, la pensée vint aux catholiciuos l)olg<is de suppléer par dos cotisations volontaires uux revenue»
qui venaient d'être enlevés au papo. Une œuvre fut fondée dans ce dessoin et prit lo nom d'Œuvre du denier de Saint-Pierre. Cet exemple fut rapidement imité par les catholiques des autres nations et, en particulier, par ceux de Franco. Dans chaque diocèse, los évoques ordonnèrent dos quêtes à. époques fixes; dos comités furent fondés et l'œuvre définitivement organisée. Par l'encyclique -SVpe venerabiles fratres, du 5 aodt 187.^>, le pape Pic IX lui donna une sorte do consécration officielle. Los sommes quo la générosité des fidèles verse ainsi spontanément pour subvenir aux frais du gouvernement central do l'Kglise s'élèvent chaque année à plusieurs millions do francs. L'administration pontificale los omploio k solder los dépenses courantes, et lo surplus, s'il y en a un, forme un fonds de réserve destiné à parer aux nécessités imprévues.
— Relig. prêt. Deniers de la libéralité. Les réformés ayant dû continuer, aux termes de l'édit do Nantes, à payer la dîmo, Henri IV, par compensation, leur accorda une somme annuelle. C'étaient les deniers de la libéralité. (Ces deniers, divisés en portions, étaient distribués aux églises, aux pasteurs, aux îicadémies. Payés pendan'l quelques années, quoique toujours mal, ils furent entièrement supprimés vers 1630.)
Deniers communs. On appelait ainsi, chez les anciens réformés de France, les sommes données aux églises, par testament ou autrement, sans spécification d'emploi, et qui étaient, en général, consacrées aux frais d'entretien ou de réparation des immeubles.
— MiUt. Denier de solde. Terme employé autrefois et qui désignait ; le denier de poche, devenu aujourd'hui les ceiitintes de poche; le denier de petit équipement, devenu
\3. prime d'entretien de la masse individuelle, et le denier d'ordinaire, connu maintenant sous lo nom do versement à l'ordinaire.
— Mœurs et coût. Denier à Dieu. V. arrhes.
Denier de César (le). Iconogr. On sait le trait do la vie de Jésus-Christ rapporté par saint Marc. Des pharisiens demandèrent un jour au Sauveur : « Est-il permis de payer le tribut à César, ou de ne pas le payer? » Et Jésus, ayant fait observer que les pièces de monnaie étaient à l'effigie de César, ajouta :
■< Rendez donc à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu, a Cette scène, qu'on intituie encore le Tribut à César, le Christ à la mojinaie, Jésus et les
Pharisiens, a été l i r i (, d p ■>! iiti
souvent retracée
par les artistes, notamment par le Titien {musée do Dresde), le Caravage (musée de Florence), B. Schidonn (musée de Naples). Valentin (musée du Louvre), Bernard Strozzi (musée des Offices), le Calabrèse (musée de Naples . Dom. Campagnola [gravé par Luca Bertelli), Rombrandi (estampe), etc. Rubens a représenté plusieurs fois le Denier à César: un tableau de lui sur ce sujet, qui ornait autrefois le château do Loo, résidence de Guillaume III, prince d'Orange, est regarde comme lo chef-d'œuvre de ce maître. « U semble que Strozzi se soit proposé d'imiter le stylo du Caravage dans la composition du Denier dv César, et celui de Rembrandt dans l'exécution.» Lo musée de Munich possède une répétition do ce tableau.
DÉNIER (ni'é ~~ du lat. denegare, môme sens) v. a. Nier, ne pas reconnaître : Denikk une dette, un dépôt, il Refuser, ne pas accorder : Dénier la justice.
Se dénier, v. pr. Etre nié, ou refusé.
— Anton. Avouer, reconnaître, confesser, accorder, allouer, concéder, donner, etc.
DeNIÈRE (Pierre), industriel français, né ot mort à Paris (1775-1806). Ouvrier mécanicien, il parvint, on 1801. à créer un atelier pour la fabrication dos bronzes d'art, qui prit un grand dèvoloppomcnt, ot sos produits renommés lui valurent de nombreuses récompenses.
DeniFLE (Frédéric-Honri-Suso), historien autrichien, né ù. Imst (Tyrol) on 18i4, entra dans l'ordre des dominicains. Professeur de théologie à Gratz (1870), il devint archiviste du Vatican à Rome (1880). C'est un savant d'une érudition étendue; son principal ouvrage est le Chartularium fTnivei-sitalis Parisiensis, publié on collaboration avec Châtelain (1889). Parmi ses autres ouvrages, il faut citer : Geschichte der universitdten im niittelalter {IS'&^). Donifle est fondateur, avec le P. Ehrle, do Archiv fur litteratur und kirchengeschichte des jnittelalter.'i.
DÉNIGRANT (gran), ANTE adj. Qui dénigre; qui aime à dénigrer ; La médiocrité est DiiNiGKANTE.
DÉNIGREMENT {man) n. m. Action do dénigrer, de déprécier la valeur morale d'un homme ou d'une œuvre ; Tout éloge mesuré est considéré comme un niÎNiGREMiiNT.
DÉNIGRER (lat. dcnigrare, noircir; du préf. dé, ot do niger, noir) v. a. Déprécier, rabaisser lo talent, le mérite, le caractère, la valeur do : DiiNitiRUR un artiste, les œutwes d'un auteur, un homme de bien.
Se dénigrer, v. pr. Etre dénigré, ii Se déprécier mutuellement, dire du mal l'un do l'autre.
— Syn. Dénigrer, Uécrédltor, décrier, etc. V. DKcni-;-
DITKR.
— Anton. Exalter, louer, préconiser, prôner, vanter. DÉNIGREUR, EUSE U. Personne qui dénigre, qui se
pliiii. il <léuigrer : La race des uiiNiciKKUKS vivra autant que celli' des envieux.
DENINA(Giacomo Maria Carlo), hislorion, né ARovelIo (Piémont) ou 17J1, mort ou ISU. Entré duus loa ordrus
et professeur à Pignerol et à Turin, il s'attira l'inimitié dos jésuites. Exilé à Verceil en 1777, il fut pensionné do nouveau, grâce à son ami Costa d'Arignan, archovôquo de Turin. Recommandé à Frédéric II, il alla, vers 1782, vivre à Berlin, où il entra à l'Académie dos sciences. Présenté à Napoléon on 180-i, à Mayence, il fut nommé bibliothécaire impérial à Paris. On a de lui : Délie revoluzioni d'Jtalia libri A'^/V (1709-1770), traduit en français par Jardin (^1770) ; Hevolusioni délia Gcrmania (180-1) ; Essai sur Frédéric II (1788); la Jîussiada, éloge de Pierre le Grand (1790); la Prusse littéraire sous Frédéric II (1791), où il a inséré sa biographie; la Clef des ianj/iios (1804), dédiée à. Napoléon; etc.
DENIS {ni) D'OR n. m. Nom d'un instrument do musique, sorte d'orchestriou, inventé, vers le milieu du xvm» siècle, par un savant bohémien, nommé Prosper Diviss.
— Encycl. Cet instrument se jouait comme l'orgue. Cri prétend que Georges Lambeck, ôvétiuo de Bruck, possédait, en 1790, le dernier instrument de ce genre construit par l'inventeur. On ignore ce qu'est devenu, depuis^ lors, ce dernier dénis d'or.
Denis (saint), martyr et premier évoque de Paris. Accompagné du prêtre Rusticus et du diacre Eleutherius, saint Denis (en lat. Dionysius) fut envoyé par le pape dans la petite bourgade do Lutèco, encore confinée dans une îlo de la Seine. Il y prêcha l'évangile et fut martyrisé avec ses deux compagnons, non sur la colline de Montmartre, mais au village de Catulliacus (auj. Saint-: Denis) : c'est là que s'éleva son tombeau, au-dessus duquel fut construite une basilique. Sous Clotairell, vers 625, Dagobert, alors seulement roi d'Austrasio, fonda, en l'honneur du saint, non loin de la basilique, lo célèbre monastère où furent enterrés les rois de Franco, et, on 626, il fit enlever du tombeau les reliques de saint Denis pour los transporter dans l'éçlise abbatiale.
La date de la mission et do la mort do saint Denis a été de tout temps controversée dans l'Eglise de France. D'après Tillemont, Launoi et nombre de critiques, saint Denis aurait été envoyé en Gaule au m* siècle et serait mort sous le règne do l'empereur Dèce. Cette opinion, qui s'appuie sur les témoignages de Grégoire de Tours et de Sulpice-Sèvère, est adoptée par les boUandistes {Acta sanctoruin [Vie des saints], 9 octobre), qui la déclarent " de beaucoup la plus vraisemblable et presque certaine ». Une seconde opinion fait remonter la mission de saint Denis jusqu'au pontificat du pape saint Clément, au i'^ siècle. Beaucoup, même, sur la foi de l'abbé Hilduin, qui écrivait au ix« siècle (835), identifient le premier évèquo de Paris avec saint Denis l'Aréopa^iLe, qui, après avoir été évêque d'Athènes, se serait rendu à Rome, puis à Paris, où il aurait subi le martyre. Le bréviaire romain appuie cette tradition de son autorité.
Les Actes du martyre de saint Denis n'ont aucune valeur historique. La" légende populaire, qui représente le martvr se relevant après sa mort pour porter sa tête, tire probablement son origine de quelque ancienne pierre tombale où, comme cela est arrivé fréquemment pour les martyrs décapités, le saint était figuré tenant sa tête entre ses mams. Ses reliques auraient été, d'après plu-
Le martyre de saint Denis, d'après Boniiat (I'l;! :
sieurs auteurs allemands, soustraites au ix" siècle et transportées à Ratisbonne. Cette assertion n'a jamais été admise par l'Kglise do Paris, qui s'est toujours crue en possession des restes do son apôtre. D'après les boUandistes, la question demeurerait pendante. Lo Marit/re rfe saint Denis, pointure do Bonnat (1888), figure au Panthéon. — Féto lo 9 octobre.
Denis (basilique et cuapitrk de Saint-). V. Saint-
Dkms.
Denis, v. à Dknys los noms dos divers porsonnagos
qui no se trouvent pas ici.
Denis ou Denys (Nicolas), colonisateur flrançais du xvii* siècle, né à Tours. Il obtint la concession d'une partie do l'Acadio ot du Canada, ot se rendit ou Amérique, en 1632, avec le titro de « gouvorneur lieutenant général du roi ». Il y fonda d'importants éiahlissemenls, mais no parvint jamais à vaincre les obstacles qui l'empêchaient do mener à bien sos entreprises. Sous !o litre de : Descrip' tien géographique et historique des côtes de VAmériguo septentrionale, avec r/iistoire naturelle de ce pays (1678), on lui doit un intéressant ouvrage sur lo Canada.
Denis ou Denys (Jean), musicien ot facteur d'in-
strunioius français, vivait A Paris dans lapromièro moititl du xvii" siècle. On lo cite conimo un des facteurs d'épinottos los plus habiles qu'il y oùt alors en Franco, Denis u publié uu livre relatif à cet iustrumout (iG&o).