DENIS — DENNERY
Denis (le P. Michel), capucin italien, né à Gênes en 1636, mort en 1695, aété le premier bibliographe deson ordre. Son principal ouvrage a pour titre : Bibliotheca scriptorum ordinis jyûnorumS. Francisa capuccinorum {1680).
Denis (Jean-Baptiste), médecin, né à Paris, mort en 1704. Il lut médecin de Louis XIV et pratiqua l'opération de la transfusion du sang. Nous citerons, parmi ses écrits ; Lettres à M. de Montmor touchant deux expériences de la transfusion faite sur deux hommes (1667); Recueil de mémoires et conférences sur les arts et les sciences (1772).
Denis (Louis), géographe français du xvin« siècle, qui a composé de nombreux ouvrages, dont les plus remarquables sont ses Cartes de France (1761, 7 feuilles), représentant ce pays au point de vue commercial, minéralogique, etc.; Empire des Solipses (1764, 41 cartes), curieux atlas du gouvernement des jésuites; etc.
Denis (Jean-Népomucène-Michel-Côme), poète, érudit et jésuite allemand, né à Schë-rding (Bavière) en 1729, mort à Vienne en 1800. Il fut professeur au collège militaire de Marie-Thérèse à Vienne (1759), et conservateur de la bibliothèque impériale (1784). Denis, qui s'appelait lui-même le Barde du Danube, aimait à prendre pour sujets de ses compositions les sujets des bardes Scandinaves. Ses principaux ouvrages en prose sont : Principes de la bibliographie (1774); Fondements de l'histoire de la littérature (1776); Bistoire littéraire (1777-1778); Histoire de l'imprimerie à Vienne jusqu'en 1560 {1182). Parmi ses ouvrages en vers, outre une traduction d'Ossian, nous citerons : Chants du barde Sined{lllZ) ; Carminaquxdam Denisii (1774). Ses Œuvres posthumes ont été publiées à Vienne (1801).
Denis (Louise MiGNOT, femme), nièce de Voltaire, sa compagne et sa confidente, née et morte à Paris (1712- 1790). Elle épousa, en 1738, Denis, et devint veuve en 1744. Pauvre, mais douée de toutes les grâces de l'esprit, de tous les charmes du visage, vive, gaie, légère, elle prit un grand ascendant sur son oncle, après la mort de M"" du Chàtelet. En 1753, elle vint au-devant de Voltaire quittant l'Allemagne, fut arrêtée avec lui à Francfort et fort maltraitée. Elle le suivit à Colmar, à Genève, aux Délices, à Ferney, où elle était la première dame de la cour de Voltaire ; elle régentait les Condorcet, les Ximénès, les Marmontel, les Laharpe, son oncle même ; elle dirigeait et gouvernait, jouait les premiers rôles dans les représentations dramatiques de Ferney. Quand Voltaire était loin d'elle, il lui écrivait de longues épitres, et lui contait sa vie. Quelques-uns ont prétendu que Voltaire fut à l'égard de M"" Denis plus qu'un ami, plus qu'un parent. Ce qui est sûr. c'est qu'elle se montra fort tendre avec quelques amis do son oBcle et, «en particulier, avec son secrétaire Ximénès. De 1768 à 1769, elle fut brouillée avec Voltaire. En 1778, elle accompagna le vieillard à Paris. Elle fut sa légataire universelle. Elle se remaria en 1780 avec Duvivier, commissaire des guerres, plus jeune qu'elle de dix ans et s'attira ainsi les moqueries des " philosophes ». En mourant, elle légua à la Comédie-Française la statue de Voltaire, par Houdon. M"" Denis a donné quelques histoires estimées ; elle a composé une pièce de théâtre : la Coquette punie, comédie en cinq actes et en vers.
Denis (Jean-Ferdinand), littérateur français, né et mort à Paris (i798-1890). Il étudia les langues étrangères, voyagea dans l'Amérique du Sud, en Espagne, en Portugal, fut bibliothécaire au ministère do l'instruction publique (1838), et administrateur de la bibliothèque Sainte- Geneviève (1865-1885). Il a beaucoup contribué â faire connaître la littérature portugaise. On lui doit un grand nombre d'ouvrages sur le Brésil, le Paraguay, etc.
Denis (Jacques-François), professeur et écrivain français, né à Corbfgny (Nièvre) en ISSI, mort à Caen en 1897. Il enseigna dans plusieurs Ivcées. I! publia, en 1856, un mémoire couronné par l'Acaâémie des sciences morales : Histoire des théories et des idées morales dans l'antiquité. Mal noté pour ses idées avancées, il dut prendre un congé en 1857, et alla enseigner à l'université de Turin. De retour en France, il devint professeur de littérature grecque à la faculté des lettres de Caen. On lui doit encore : De sermonis oriffine (thèse); Du rationalisme d'Aristote {thèse); la Philosophie d'Origène (1883) ; la Comédie grecque (1887).
Denis (Monsieur kt Madame), l'une des chansons badines les plus charmantes de Désaugiers, et l'une de celles dont le succès fut le plus grand. C'est là comme une sorte de petite parodie burlesque des amours de Philémon et Baucis, empreinte en même temps d'une grâce vieillotte, parfum du « bon vieux temps ». Désaugiers, dans ce petit poème présenté sous forme de dialogue entre deux vieux époux qui se remémorent leurs jeunes amours, les fait
Earler avec infiniment de discrétion et de malice à la fois. le premier titre de la chanson fut : Souvenirs nocturnes de deux époux du xvii» siècle. Désaugiers l'écrivit sur l'air d'un vieux pont-neuf : u Premier mois de mes amours. »
Jfoderalo
Çuoil vous neme dt-tes rienl Mon a-mî , ce n'est pas
en!Jetai8 sourde-â vos discours. Et voua me parliez toujours
Denis le Flamand. Biogr. V. Cai.vakrt.
Denis-LAGARDE /René-Jean-Marie), marin français, né a Paimpol (C6tes-du-Nord) en 1772, mort en 1849. Il exerça en qualité de capitaine de frégate plusieurs commiindements importants, et se distingua dans une foule de combats heureux contre les Anglais. Sous la Restauration, penis-Lagardo fut nommé capitaine do vaisseau; mais il fut mis prématurément à la retraite (1820).
Denis de La Nativité, marin, cosmographo et carme déchaussé français, dont le nom séculier était Pierre Bertiiklot. né à Honfleur on 1600, mort à Achem en 1638. Après plusieurs voyages à Terre-Neuve, il partit pour les Indes a bord d'un des bâtiments commandés par Augustin do Beaulieu, demeura après l'incondio de ce navire aux
îles de la Sonde, y navigua quelques années et entra, en 1626, au service des Portugais. Ceux-ci, en 1629, en firent le premier pilote d'une flotte destinée à secourir Malacca contre le roi d' Achem, qui assiégeait cette ville. Berthelot rendit encore de grands services aux Portugais ; puis, sous l'influence du carme français Philippe de la Sainte-Trinité, il prit l'habit du carmel en 1634, et porta dès lors en religion le nom de Denis de la A'ativi-té; mais il continua de servir dans la marine, et fut chargé en 1638, en qualité de pilote, de conduire une ambassade portugaise à Achem, où il fut massacré par les indigènes.
Denisart (Jean-Baptiste), jurisconsulte français, né à Iron, près de Guise, en 1713. mort à Paris en 1765. Procureur au Chàtelet de Paris, Denisart a fait le premier un grand recueil de jurisprudence sous forme alphabétique, sous le titre do : Collection de décisions riouveÛes et de notions relatives à la Jurisprudence (1754-1756). Camus et Bayard entreprirent de le compléter; 9 volumes parurent de 1783 à 1790, sous le titre de Nouveau Denisart. Camus ayant du interrompre ce travail, Calenge donna cinq autres volumes, de 1790 à 1808. Mais l'ouvrage resta inacnevé, et
10 tome XIV s'arrête au mot hypothèque.
Denise (mont), montagne volcanique de France (Haute- Loire), haute de 890 métros au-dessus du niveau de la mer, dominant la ville du Puy. Ce volcan a fourni des matériaux pour la construction de nombreux monuments anciens du Puy, et c'est d'une coulée de lave qui en est issue que résultent les célèbres orgues d'Espaly. Dans les brèches boueuses de Denise on a trouvé des débris d'animaux disparus et des ossements humains, affirmant le synchronisme de l'homme avec ces animaux à l'époque des dernières manifestations volcaniques dans le Velay.
Denise, pièce en trois actes, d'Alexandre Dumas fils, représentée sur le Théâtre-Français, le 19 janvier 1885. — Denise Brissot, fille d'un ancien officier devenu régisseur chez le comte André de Bardannes, a, tout honnête qu'elle soit, fait jadis une faute; elle s'est donnée à Fernand do Thauzette, un ami d'enfance, qui devait l'épouser, et qui, aussitôt après, l'a abandonnée lâchement. André l'aime et elle l'aime; mais, pour sauver la sœur d'André, Marthe, du misérable Fernand qui la demande en mariage, elle va conter elle-même au jeune comte sa chute et de quelle indigne façon s'est conduit son amant. Que va faire André?
11 veut d'abord tuer Fernand. Quel scandale!... Et puis, ce n'est pas là une solution. Après tout, Denise a souflfert, a expié .sa faute, elle vient de se montrer héroïque; nulle autre femme ne mérite davantage son estime et sa confiance. Qu'importent les préjugés du monde? Au moment où elle quitte la maison pour entrer au couvent, André la rappelle, lui tend les bras, et Denise s'y jette avec un grand cri d'amour. Cette pièce est une des plus dramatiques et des plus fortes qu'ait écrites l'auteur. Pour le fond, elle rappelle les Idées de Madame Aubray. Mais Dumas s'y est montré plus liardi encore, et toute son autorité, toute sa puissance, tout son art des préparations et des combinaisons n'ont pas été de trop pour imposer au public une vérité que la morale approuve, mais à laquelle répugnent si fortement nos mœurs.
DenisON, ville des Etats-Unis (Etat du Texas), dans la vallée de la rivière Rouge ; 11.000 hab. Minoteries.
DeniSOT ou DenysOT (Nicolas), poète français, né au Mans en 1515, mort à Pans en 1559. Il s'adonna d'abord quelque temps à la peinture. II vécut dans l'intimité des beaux esprits de son temps et essaya de faire adopter les vers blancs et mesurés. Denizot leva lo plan de Calais alors au pouvoir de l'Angleterre, et, grâce à ses informations, le duc de Guise put s'emparer de cette ville (1558). On a de lui : Cantiques et »oé7s(i545); Cantiques du premier advènemcnt de Jésus-Christ (1553); il signait quelquefois ses vers du nom de comte d'Alsinoys, anagramme de son prénom.
DÉNIVELER (du préf. priv. dé, et do niveler. — Se conjugue comme ce dernier) v. a. Détruire le niveau de : Déniveler une machine, un parc pour le rendre accidenté.
DÉNIVELLATION {vèl'-la-si — rad. déniveler) n. f. Inégalité de terrain. Il Destruction de niveau; abaissement d'un plan d'eau au-dessous d'un niveau précédemment observé dans une chaudière, il Etat d'une machine dans laquelle les lignes principales n'ont plus les positions respectives qu'elles possédaient entre elles, lors du montage de cette machine.
DÉNIVELLEMENT {vè-le-man — rad. déniveler) n. m. Diflférence de niveau se produisant dans des chaudières en communication, ii Défaut d'horizontalité de la ligne d'arbres d'une machine.
DENIZATION {za-si — rad. denizen) n. f. Législ. angl. Lettres qui accordent aux étrangers, en Angleterre, certains droits particuliers.
— Encycl. La denization est la concession, en vertu de lettres patentes, de l'exercice de certains droits, faite en Angleterre aux étrangers qui y fixent leur domicile. A la différence de la naturalisation proprement dite, la denization no rend pas citoyen anglais.
Le denizen ne jouit d'aucun privilège au point de vue du droit public. Avant la loi du 12 mai 1870, beaucoup de déchéances lo frappaient au point de vue civil, mais cette loi a attribué à tout étranger le droit d'acquérir et de transmettre par succession, ce qui supprime pour le denizen les principales incapacités. La Cour de cassation de Paris a décidé que la denization ne suffit pas pour priver un Français de sa nationalité.
DENIZEN {zèn' — mot angl. qui signif. régnicole) n. ra. Lé;^'isl. augl. Etranger qui a obtenu des lettres de denization. ti On dit aussi dknizon.
Denizlu ou Denizli, ville de la Turquie d'Asie (Anatolio [prov. de Smyrne]) ; 16.920 hab. Tissus de coton. Aux environs, sont les ruines de Laodicée et de Colosses. — Lo district de Denizlu est peuplé de 2U.000 hab.
DENK {dèn'-k') n. m. En Turquie, Ballots do fouilles de tabac, que l'on vend on cet état à des marchands qui les trient et les expédient au loin.
Denk (Jean), théologien allemand, né en Bavière, mort à Bâlo on 1527, embrassa les croyances des anabaptistes, fut expulsé par les protestants de Nuremberg, puis d'Augsbourg pour ses opinions religieuses. Denk prétendait (juo la condamnation des démons n'était pas irrévocable et
qu'il devait arriver un moment où ils pourraient se réhabiliter. Nous citerons parmi ses écrits : Appel, protestation et aveu de Jean Denk (1526).
DENKAn. m. Idiome hongro-finnois, variété de l'ostiak.
Denka, région du bassin du Haut-Nil, limitée au N. par les cours du Nil Blanc et du Bahr-el-Ghazal, qui la sél>arent du Kordofan ; à l'E., par l'Ethiopie; au S. par lo jiays des Chillouks; à l'O., par le pavs des Nouers. Elle doit son nom aux populations qui l'habitent. Elle a été parcourue par l'expédition Marchand, en 1898 et 1899.
DenklingeN, bourg d'Allemagne (Prusse-Rhénane [présid. de Cologne]); 3.950 hab.
DenmaN (lord Thomas), magistrat et homme d'Etat anglais, né à Londres, en 1779, mort à Stoke Albany (comté de Northampton) en 1854. Il se fit une réputation considérable comme avocat et parvint à l'apogée de la renommée après avoir plaidé le fameux procès de la reine Caroline, accusée devant la Chambre des lords d'infidélité conjugale. Denman, membre de la Chambre des communes depuis 1819, fut nommé en 1S2S common seijeant, en IS32 lord chief justice. C'est en cette qualité qu'il présidaaux causes célèbres : de Stockdale (1837-1840), qui souleva la question des privilèges parlementaires des communes; de lord Cardigan (1841), do Moxon (1841), des chartistes (1842), etc. Très actif, il s'occupait, en outre, de la réforme du système pénitentiaire et de l'abolition de l'esclavage.
Denne-BARON (Pierre-Jacques-René), poète, né et mort à Paris (1780-1854). Dépouillé, à vingt ans, par des procès, de l'héritage paternel, il vécut pauvre, s'adonnant à son goût pour les lettres, et sut mettre dans ses vers du charme et de l'originalité. Ses principales œuvres sont : Héro et Léandre, poème (1806); Guirlande à Mnémosyne (1822); la Nymphe Pyréne (1825); Fleurs poétiques (1829). On lui doit, en outre, des traductions estimées en vers ou en prose, des Elégies de Properce, des Odes d'Anacréon; de l'Ane de Lucien, etc. Il fut un collaborateur actif du 11 Dictionnaire de la conversation », de " la France littéraire», etc. — Safemme, M"" Sophie Denne-Baron, a publié ; les Aventures surprenantes de Polichinelle (1840); des romans, des traductions, etc.
Denne-BARON (René-Dioudonné), fonctionnaire et musicien amateur français, fils des précédents, né et mort à Paris (1804-1865). Outre plusieurs airs placés par lui dans quelques pièces ( VeiH- Vert , l'Alcôve , la Tarentule, etc.), il a écrit une Messe à quatre voix et orchestre, des hymnes, cantiques, chœurs, ballades, ainsi que des morceaux pour orcîiestre, pour orgue ou pour piano. Il a écrit une Histoire de l'art musical en France, et a publié une notice intéressante sur Chembini, sa vie, ses travaux et leur influence sur l'art (1862).
DennER (Jean-Christophe), facteur d'instruments de musique allemand, né à Leipzig en 1655, mort à Nuremberg en 1707. Dennfir est l'inventeur de îa clarinette.
DenNER (Balthazar), peintre allemand, né à Altona en 1685, mort à Rostock en 1749. Il débuta parle portrait du duc Christian-Auguste, gouverneur de Gottorp, et celui de la princesse sa sœur. Le succès de ces deux miniatures fut très grand. Le jeune peintre dut se rendre à Gottorp pour réunir dans une seule toile tous les membres de la nombreuse famille ducale, et le tableau bizarre qu'il exécuta ne renferme pas moins de vingt et un portraits. En 1712, Frédéric IV, roi de Danemark, voulut aussi avoir son portrait de la main de Denner. Quelque temps après, l'artiste se rendit en Angleterre, où ses œuvres excitèrent l'étonnement plutôt que l'admiration. Vers 1720, il se mit à parcourir l'Allemagne, passa pour la seconde fois en Angleterre, d'où il rapporta le Portrait de femme qu'on voit au Louvre, puis revint à Hambourg. L'artiste refusa les ofifros pressantes de l'impératrice de Russie. C'est de cette époque que datent le portrait du roi de Suède, celui de l'électeur de Cologne, etc. Peu de temps après, Denner fut appelé à la cour de Brunswick, et les égards dont il y fut comblé le décidèrent à accepter l'hospitalité que lui offrait, pour le reste do ses jours, le duc de Brunswick. Malgré sa grande vogue, Denner ne brille ni par lo dessin, ni par la composition, mais il a poussé aux limites extrêmes la traduction littérale de la nature. C'est ce qui a rendu ses portraits si populaires.
Dennery, puis D'Ennery (Adolphe Philippe, dit), auteur dramatique et romancier, né et mort à Paris (1811- 1899). Il collabora d'abord à quelques journaux, puis écrivit des pièces de théâtre. Sans grand talent littéraire, mais possédant à un haut degré l'instinct scénique et l'art de charpenter les pièces, il a^été, presque toujours en collaboration d'ailleurs, un des plus féconds et des plus heureux metteurs en scène de situations dramatiques. Il a présenté, de 1831 à 1887, un nombre considérable de drames, comédies, vaudevilles, féeries, livrets d'opéra. Parmi ses pièces qui ont eu le plus de succès, nous citerons :
Gaspard Hauser (1838); la Grâce de Dieu (1841) ; les Bohémiens de Paris (1843); la Dame de Saint-Tropez et Don César de Bazan {\%AA); le Juif errant, Marie Jeanne, les Compagnons de la mansarde (1845); les Sept péchés capitaux, la Poule aux œufs d'ur (1848); Si j'étais roi (1852) ; la Case de l'oncle Tom, les Sept meiveilles du monde, la Prière des naufragés (18^3) ; te Médecin des enfants (|855) ; Faust, musiqno de Gounod (1856) ; le Savetier de la rue Quincnmpoix {\S59) ; l' Escamoteur (lS60) ; Bo(homago{lSG2) ; l'Aieule (1863) ; les Mystères du vieux Paris (1865) ; les Deux orphelines (1874); le Tour du monde en SO jours (1875); les Enfants du capitaine Grant (1878) ; Michel Strogaff" (ISSO) ; les Mille et une nuits (issi); le Tribut de Zamora, musique do (iuunod (1881); le Cid, musique do Massenet (1885) ; Martyre {\8^1), etc. On lui doit aussi dos romans, entre autres : Martyre {1%%^); les Deux orphelines (1887) ; la Grâce de Dieu (1890); Marie Jeanne (1893); Seule (1896); etc.
Dennery.
DennEWITZ, village d'AHemagnû (Prusso fprov. do Brandebourg]), à la source do la Nutho, aflluont du Hav(^l ; ;U0 hab. Le 6 soptonibro 1813, Noy y fut vaintni par Moruadotte ot lo général prussien liulow, qui reçut le titre do " comte do Dounowitz ». Ney lutta contre des onnomis trois fois supérieurs on uonibro, et sa défaite fut duo surtout à la défection des Saxons, jusquo-là alliés dos Français.
Dennis (John), poète ot critique anglais, né à Londres on 1657, mort on 1731. Il fréquenta les nommes politiques du parti whig et la plupart des littérateurs de Loudres. Trôs pro<ligue, il eut bientôt dépensé sa potito fortune. Il tomba dans la misère, ot, devenu aveugle, il ne vécut que des charités do ses confrères les gens do lettres. Comme auteur dramatique, Dennis est complètomont oublié. Ses Principes de critique {1701); son essai sur lo Caton d'Addisou (1711), et un autre sur le poômo de Pojie : VHnlèvement de la boucle de cheveiij: (Rapsc of the lock], sont ses <ruvros les plus estimées. Popo se vengea de Dennis, qui lavait violemment critiqué, en lui réservant une place d'honneur dans la Dunciade ou Sottisiade. Hargneux, soupçonneux, jaloux, Dennis passa sa vie à se quereller avec tout lo monde.
DENNSTAÏDTIE {dè.n'Sted'-tt) n. f. Genre do fougères dicksoniées, qui comprend vingt-cinq espèces des régions trupicales.
DennT, ville d'Ecosse (comté de Stirling), sur lo Carran, <iui se jette dans le golfe de Forth ; 5.000 hab. Mines de houille et <ie fer, produits chimiques.
DÉNOIRCIR ino-ar-sir — du préf. priv. de, et de noircir) V. a. Enlever la couleur noire à : Dénoircir une peau. Il v. n. Enlever la couleur noire, le halo : Le soleil noircit, l'oinhre dknoircit.
Se dénoircin, v. pr. Etre, devenir dénoirci.
DÉNOMBREMENT (7ion, man — rad. dénombrer fn. m. Compte, recensement de personnes ou do choses : Dénombrement d'une population. Faire le DÉNOMBREHbiNT des fortunes d'un pays. Il Revue, énumération : i'Ecclésiaste, faisant le dénombrement dçs illusions qui travcillent les enfants des hommes, y comprend la sagesse même. (Boss.)
— Admin. Se dit quelquefois pour recensement.
— Dr. féod. Déclaration détaillée que le vassal devait faire des biens qu'il tenait de son seigneur, et de ses obligations envers lui.
— Log. Di^nombrement imparfait. V. la partie encycl.
— Stn. Dénombremeat, catalogue, état, etc. V. catalogue.
— Enctcl. Féod. On appelait aveu et dénombrement la déclaration qu'un vassal était tenu de faire à son seigneur. C'était la description détaillée de tout ce que contenait la propriété du feudataire. Dénombrement et aveu étaient synonymes dans la plupart des cas; cependant, il faut remarquer que l'aveu se rapportait à la reconnaissance générale inscrite au commencement de l'acte, au lieu que le dénombrement se rapportait au détail qui était fait ensuite des dépendances du fief. La foi et 1 hommage suffisaient bien pour conserver la mouvance en général; mais le dénombrement était nécessaire pour fixer la situation et l'étendue des tennres féodales.
L'aveu et le dénombrement étaient dus au seigneur dominant, à toutes les mutations de vassal. Lo vassal n'avait que quarante jours pour les fournir, à compter du jour où il avait été reçu en foi et hommage: mais l'acte de foi et hommage pouvait contenir le dénombrement. Le seigneur dominant pouvait saisir le fief servant, faute de dénombrement. Au début, il n'y avait pas do rédaction d'acte pour le dénombrement; le suzerain se contentait do se rendre sur les lieux. Plus tard, le dénombrement dut être fait par écrit, devant deux notaires ou devant un notaire et deux„témoins. Lo vassal devait signer lo dénombrement ou le faire signer par un fondé de procuration.
Les aveux et dénombrements dus au roi étaient présentés aux baillis et sénéchaux, plus tard aux trésoriers de France, vérifiés par les bureaux des finances et les chambres des comptes, et publiés à l'audience ot au chef-lieu du bailliage.
— Logiq. Dénombrement imparfait. On donne ce nom au paralogisme qui consiste à conclure une proposition générale d'un trop petit nombre d'expériences, ou d'expériences trop légères. « Les fausses inductions, disent les logiciens do Port-Royal, par lesquelles on tire des
firopositions générales do quelques expériences particulèros, sont une des plus communes sources <Ies faux raisonnements des hommes. Il ne lour faut que trois ou quatre exemples pour en former uno maxime ou un lieu commun, ot pour s'en servir ensuite do principe pour décider toutes cnosos. » Doscartes pose comme la quatrième do ses règles : « Faire partout des dénombrements si entiers, et des revues si générales, quo jo fusse assuré do no rien omettre. »
DÉNOMBRER {non) v. a. Chercher lo nombre, faire le coni[)t(i do : DÉNOMBRKR une armée, une flotte. Se dénombrer, v. pr. Etre dénombré.
DÉNOMINATEUR (du lat. denominare, dénommer) n. m. Aritbni. Cidui des deux termes d'une fraction qui indiijuo on combien de parties l'unité a été divisée : Le dénominateur est placé sous te numérateur. Chercher le plus petit DÉNOMINATEUR cotumun de plusieurs fractions.
DÉNOMINATIF, IVEflat. denominatitms ; de denominare, dénommer) ailj. Qui sort à nommer : Terme dénominatif. Expression [>I':nominative.
— Substatitiv. au masc. : Un dénominatif.
DÉNOMINATION [si-on — rad. dénommer) n. f. Désignalion par un terme d'une personne ou d'une chose : Donner à une chose une dénomination convenable.
DÉNOMMEMENT («o-me-man) n. m. Action do dénommer, d'énoncer.
DÉNOMMER {no-mé — du préf. (/(.'. et do nommer) v. a. Indiquer, désigner par un nom ou par son nom : Dknommicr un nouvrau minéral. Dénommer une personne dans un acte.
Se dénommer, v. pr. Etre dénommé.
Denon (Dominique-Vivant, baron), homme politique ot artiste français, né à Cbalon-sur Saôno on 1747, mort b. Paris en 1885. Diplomate, artiste ot surtout courtisan, Uenon out uno existoruse trèn acoidentéo. Ami du pointro
Boucher, du comte de Gaylus, do d'Agincourt, û contracta dans leur fréquentation un goût dos plus vifs pour les beaux-arts, s'oxerça dans la gravure ù. l'eau-forto, fut chargé du soin de la collection de pierres gravées quo M"" de Pompadour avait laissée au roi, puis nommé
fentilhomme ordinaire do la chambre et secrétaire d'amassado à Saint-Pétersbourg. Il passa ensuite au service du comto de Vorgennes, ministre des atïairos étrangères, fut envoyé en mission on Suisse, visita Voltairo à Ferney, ot accompagna à Naples ï'amliassadeur de France, le comte do Clermont d'Amboise. Do son séjour en Iiaiio, il rapporta les nombreuses illustrations dont est orné le Voyage pittoresque de Naples et de Sicile, ouvrage intéressant, commencé par labbé do Saint-Non, et il fut reçu à l'Académie des beaux-arts on 1787. Sauvé de l'échafaud par David, il fut un de ceux que Bonaparte emmena avec lui en Egypte, comme savants attachés à
I expédition; il en rapporta son grand ouvrage : Expédition d'Egypte, où tout est de lui, textes et dessins, et qui eut un succès prodigieux. Napoléon le nomma directeur général des musées. Destitué lors de la Restauration, il avait entrepris une Histoire de l'art, qu'il no put achever. Son œuvre comme graveur est considérable : i! no compte pas moins de trois cent vingt-cinq planches; mais ce sont, pour la plupart, de simples morceaux d'amateur, exécutés avec verve et facilité. Ses meilleures gravures sont des pastiches de Rembrandt. Un des pavillons du Louvre porte son nom.
DÉNONCER {sé~ lat. denuniiare ; ii\x préf. de, et de nunfiare, annoncer. Prend une céddle sous le c devant a et o : Je dénonçai. Nous dénonçons] v. a. Faire savoir, déclarer, proclamer : Dénoncer la guerre, une suspension d'armes.
— Signaler, déclarer, déférer à la justice ou à l'autorité : Dénoncer un crime, un criminel. Dénoncer un camarade au proviseur.
— Fig. Dénoter, indiquer, marquer, trahir : Notre phys ionojnie nous DÉ^oiACE malgré nous. (M"" de Gir.)
— Dr. Faire connaître, signifier par voie légale : HésoycEB. une saisie. Dénoncer une opposition.
Se dénoncer, v. pr. Etre dénoncé, n Dénoncer, déclarer ses propres actes, ii Se faire connaître, se manifester.
II Dévoiler les actes l'un de l'autre.
— Syn. Dénoncer, annoncer. V. annoncer.
DÉNONCIATEUR, TRICE [si-a] n. Celui, celle qui dénonce, qui pratique la délation : Se faire dénonciateur. Souve7it, /(.'Dénonciateur égare la justice. (Guizoï.)
— Admin. A Jersey, Nom de deux officiers de justice, subordonnés au vicomte, et exerçant à peu près les mêmes fonctions, ii Commis dénonciateurs, Fonctionnaires nommés par les dénonciateurs et exerçant les fonctions de dénonciateurs auprès des tribunaux inférieurs créés à Jersey en 1852.
— Hist. rom. Nom que l'on donnait, sons les empereurs, à des magistrats subalternes qui faisaient connaître à la justice Tes crimes et les délits commis dans lour ressort : Il y avait deux dénonciateurs dans chaque quartier de Home.
— adj. Qui dénonce, qui trahit : Lettre dénonciatrice.
— Syn. Dénonciateur, accusateur, délateur. V. accusateur.
DÉNONCIATir, IVE {si) adj. Qui dénonce. (Vieux.)
DÉNONCIATION {si-a-si — lat. denuntiatio; de denimtiare, dénoncer) n. f. Action de dénoncer, de déclarer, do publier, de faire connaître : Dénonciation de guerre.
— Délation, action de révéler à la justice, à l'autorité : La DÉNONCIATION est raretnent honorable.
— Dr. Déclaration, signification oxtrajndiciaire : Dénonciation d'une saisie. Dénonciation dune opposition.
Il Dénonciation de nouvel œuvre. Acte par lequel on déclare s'opposer à la continuation do travaux ou œuvres quelconques, dont on a lieu de craindre queh)uo dommage.
Il Dénonciation de protêt. Acte oxtrajudiciaire, par lequel on signifie aux tireurs et aux endosseurs d'un effet de commerce quo le porteur a fait dresser un protêt, pour cuiisiater lo défaut de payement ou d'acceptation de reirot. Il Dénonciation officielle. Déclaration faite par un officier public des délits parvenus ù sa connaissance pendant l'exercice dt-sos fonctions, il Dénonciation calomnieuse, Fausse accusation portée par uu citoyen contre un ou plusieurs autres citoyens.
— Dr. intern. Acte par lequel un gouvernement annonce à la puissance avec laquelle il a conclu uno convention ou un traité qu'il n'entend pas proroger ledit traité après son expiration.
— Hist. Bouche de dénonciation. Sorte de coffret placé, à Venise, dans la gueule d'un lion de bronze, ot dans lequel on déposait les dénonciations, les avis secrets qu'on voulait faire narvonir au gouvernement, n Dénonciation civique. Dans la législation do l'an IV de la République française. Déclaration adressée au juge do paix par lo citoyen qui avait été témoin d'un attentat contre la liberté, la vie on la propriété d'un individu, ou contre la sûreté publique.
— Encycl. Dr. pén. Dénonciation calomnieuse. Lorsque, do mauvaise foi, pour servir non les intér/^ls de la justice, mais ceux do la naine, uno personne dénonce aux autorités compétentes un do ses concitoyens comme auteur de faits répréhensibles, sachant (luo'ia dénonciation est fausse, il y a dénonciation calomnieuse. Le fait est, en cos termes, prévu et puni par l'article 373 du Code pénal: «Quiconque aura fait par écrit une dénonciation calomnteuso contre un ou plusieurs individus, aux ol'Uciors do justice ou do police administrative ou judiciaire, sera puni d'un empriNoiinemont d'un mois ù un an ot d'une amondo do 100 ù :i.(»oo francs. »
Pour quo le délit existe, il faut : 1" qu'il y ait ou dénonciation par écrit; 2* quo les faits imputés soient faux; Z" ({110 cos faits soient assez graves pour exposer la nor- Monno dénoncée À uno réprosuiou, tout au moins aami-