DENYS — DÉPAQUETER
ces entrefaites, laissant la réputation d'un tyran soupçonneux et impie, mais d'un habile politique : il avait assuré à Syracuse une situation prépondérante, avait conquis presque toute la Grande-Grèce, et il était même intervenu dans les affaires de la Grèce propre, avait été l'allié de Sparte, et avait reçu d'Athènes le droit de cité. U avait eu une cour brillante, avait affiché des prétentions littéraires et fait de mauvais vers.
Dents II, le Jeune, tyran de Syracuse (milieu du rv« s. av. J.-C.). Il était nls'de Denys I", l'Ancien, à qui il succéda en 36S. D'un caractère faible, il fut corrompu
Sar ses courtisans, et s'occupa surtout de ses plaisirs. laissa d'abord le pouvoir à son beau-frère Dion, puis il l'exila (360), fit vendre ses biens et força la femme de Dion à épouser l'un de ses favoris. Dion résolut de renverser le tyran. Il profita d'une expédition de Denys en Italie pour s'emparer de Syracuse (357), qui lui ouvrit ses portes comme à un libérateur. (V. Dion ae Syracuse.) Denys se retira à Locres, où il se rendit vite odieux. Il réussit à reprendre Syracuse en 346. Ses sujets demandèrent contre lui le secours d'Icétas, roi de Léontium; mais, Icétas ayant voulu, par la même occasion, se rendre maître de la ville, ils s'adressèrent à Corinthe, qui leur envoya Timoléon. Ce général attaqua à la fois Icétas et Denys, les vainquit et rendit la liberté à Syracuse (344). Denys se retira alors à Corinthe avec ses trésors. D'après une tradition, il s'y ruina par son luxe et son goût des plaisirs, et, sur ses vi'eux jours, il y fut maître d'école. Comme son père, il fut un prince ami des lettres; il protégea les savants et les artistes.
Denys, tyran d'Héraclée, sur le Pont-Euxin (seconde moitié du iv' s. av. J.-C). Fils du tyran Cléarque, il prit le pouvoir vers 338, après la mort "de son frère Timothée, et profita de la défaite de Darius pour étendre ses Etats. Denys épousa une nièce de Darius, Amastris, et prit le litre" de " roi « en 305. Adonné à la bonne chère, il devint d'une grosseur prodigieuse. Il tombait souvent dans un sommeil léthargique, dont on ne pouvait le tirer qu'en lui enfonçant des aiguilles dans la chair. Ses deux hls, Zathras et Cléarque, régnèrent après lui.
Denys, Denis ou Diniz, roi de Portugal, surnommé Denis le Libéral, né à Lisbonne en 1261, mort en 1325. Denis est, avec Alphonse Henriquez, la figure la plus remarquable de la dynastie bourguignonne des rois de Portugal. Fils d'Alphonse III, auquel il succéda à dix-sept ans, il s'efforça de développer la vie économique de la nation : il creusa des canaux, construisit des aqueducs, organisa une marine, fonda des écoles et des ateliers. Il tavorisa surtout l'agriculture : il fit défricher les terres incultes, multiplia les villages, affranchit les serfs les plus capables, couvrit les dunes de Leiria de plantations de pins qui permirent plus tard la construction de la puissante flotte portugaise. En 1290, il fonda l'université de Lisbonne, qu'il transféra à Coïmbre en 1308. Il fut secondé dans toutes ces entreprises par sa femme Isabelle ou Elisabeth, fille de Pierre III, roi d'Aragon. La piété du roi Denis ne l'empêcha pas de s'opposer, comme son père et son aïeul, à certaines tendances du clergé, qu'il jugea dangereuses. Par contre, il défendit les Templiers, et les reconstitua sous le nom d'oi-dre du Christ. Ses derniers jours furent attristés par la révolte do son fils Alphonse, et par la guerre civile qui s'ensuivit. (V. Alphonse IV.) H laissa le souvenir d'un roi juste et libéral, et son peuple, reconnaissant, l'avait surnommé le Père de la patrie. On a de lui quelques poésies, publiées à Paris en 1847.
Denys de Milet, historien grec (v* s. av. J.-C). D'après Suidas, il avait composé : une Histoire de Darius, un Cycle mythique, un Cycle historique sur les événements postérieurs au siège de Troie ; des Troiques, etc. Son ouvrage le plus connu était une ffistoire des Perses après Darius {Persica) en cinq livres, dont il reste quelques fragments.
Denys, surnommé Chalcous, orateur et poète grec, qui vivait à Athènes au v" siècle avant notre ère. Il ne nous reste rien de ses discours, mais nous possédons quelques fragments de ses poésies élégiaques, réunis dans \qs Poetx lyrici gneci de Bergk.
Denys de Sinope, poète grec, qui vivait à Athènes vers le milieu du iv* av. J.-C. Il appartenait à la comédie moyenne. On possède quelques fragments de ses pièces.
Denys d'Héraclée ou Héracléotès, philosophe grec du m' siècle avant notre ère. Il s'attacha successivement à plusieurs écoles philosophiques, ce qui lui fit donner le surnom de Metatnèménos (Transfuge). C'est ainsi qu'il abandonna la doctrine d'Héraclîde pour suivre celle de Zenon le stoïcien, qu'il délaissa à son tour pour Be faire disciple d'Epicure.
Denys de Tlirace, grammairien grec (fin du ii' s.commencement du i" s. av. J.-C). Suivant Suidas, il était né à Alexandrie, d'une famille thrace. Il fut élève d'Aristarque; professa à Rhodes et à Rome. Il avait composé divers ouvrages de grammaire ou de critique; entre autres, un traité Sur les poètes dithyrambiques, un autre Contre Cratès, un livre Sur lihodes. Nous avons, sous son nom, un Art grammatical en vingt-cinq chapitres.
Denys de IVIitylëne, écrivain grec {commencement du I" s. av. J.-C). Il étudia surtout les vieilles poésies cycliques. D'après Suidas, il avait composé un ouvrage on prose Sur les Argonautes, et un poème, Sur l'expédition de Dionysos.
Denys d'Halicarnasse, historien et rhéteur grec, né à Halicarnasso vers l'an 54. Il enseigna d'abord dans sa ville natale. Il vint à Rome vers l'an 29, et y professa la rhétorique pendant vingt-deux années. Puis il retourna dans sa patrie, où il mourut presque aussitôt (vers l'an 8 av. notre ère). C'est à Rome qu'il composa ses nombreuxouvrages. Le plus considérable est intitulé : Antiquités romaines. Outre cette compilation historique nous possédons, de Denys d'Halicarnasse, d'intéressants opuscules de rhétorique ou de critique littéraire : un Traite de l'arrangement des mots, une Ithêtorique, des Jugementr, sur les anciens orateurs grecs, un Earamen critique de Lysias, Isocraie, ïsée et Dinarque, «ne Lettre à Ammée sur Thucydide, un Examen critique du style de Thucydide, une Dissertation sur l'éloquence de Démosthène; etc.
Denys le Musicien, rhéteur et musicien grec (ii' s. de notre ère). XI était originaire d'Halicarnasse, ot ap-
partenait sans doute à la même famille que son homonyme, l'auteur des Antiquités romaines. U avait approfondi l'histoire de la musique grecque. Son ouvrage capital était une Histoire de la rnusique, en trente-six livres. Il avait écrit encore un commentaire en cinq livres sur tes Théories ?nusicales de Platon, vingt-c^uatre livres sur la Rythmique, douze livres sur V Education musicale, etc.
Denys (.^lius), dit PAtticiste (ii" s. de notre ère). Comme Denys le Musicien, avec qui on le confond souvent, il semble avoir été originaire d'Halicarnasse, et avoir appartenu à la famille de l'auteur des Antiquités romaines. Il vécut surtout à Rome, où il fut célèbre du temps d'Adrien. U avait composé un lexique de la langue attique, dont Photios fai&ait grand cas.
Denys de Milet, rhéteur grec du «• siècle de notre ère. Il acquit une grande réputation par son éloquence, professa àLesbos et à Ephèse, fut le rival de Polémon et d'Héliodore. Il fut attaché par Adrien au musée d'Alexandrie, et reçut du même empereur le gouvernement d'une province. Quelques fragments de ses discours nous ont été conservés par Philostrate.
Denys de Byzance, poète grec, qui vivait dans la seconde moitié du ii" siècle de notre ère. Il avait composé des poésies élégiaques et un ouvrage intitulé : Anaplous Bosporou, dont nous possédons quelques fragments grecs et lies extraits traduits en latin.
Denys le Périégète, géographe grec, né à Byzance ou en Afrique, qui a vécu aune époque incertaine et fort discutée, assez probablement dans la deuxième moitié du iii« ou au début du iv* siècle de notre ère, et de la vie duquel on ne sait rien. Sa Périéyèsc (ou Description de la terre), en 1.186 vers hexamètres, a été publiée pour la première fois à Ferrare, en 1512.
Denys d*Antiocbe , sophiste grec, dont on place l'existence au v siècle de notre ère. Ilpasse pour l'auteur de cinquante-six lettres, que H. Estienne a publiées dans ses Epitres grecques (1577), et dont l'authenticité est contestée.
Denys le Petit, écrivain ecclésiastique, né en Scythie à la fin du v" siècle, mort vers 540. Il vécut à Rome comme moine dans un couvent. Ecrivant avec une égale facilité le grec et le latin, il traduisit du grec en latin les canons des conciles universellement reçus de son temps. Ce recueil, approuvé à Rome, devint le code officiel de toute l'Eglise d'Occident. Il fit ensuite une collection des Décrétales des papes, depuis saint Sirice jusqu'à saint Anastase II. II s'occupa aussi de chronologie et dressa un nouveau cycle pascal pour remplacer celui qu'avait fait le pape saint Victor. C'est à cette occasion qu'il introduisit l'usage de compter les années depuis la naissance de Jésus-Christ, dont il fixa la date, déterminant ainsi l'ère vulgaire, adoptée par les peuples chrétiens.
Denys le Chartreux ou de Rekel (du lieu de sa naissance), théologien mystique du xv" siècle, né en Belûique vers 1394, mort en 1471. Il entra chez les chartreux do Ruremonde, en 1423, et y vécut quarante-huit ans. Ses ouvrages sont si nombreux qu'il est a peine croyable qu'un seul homme ait pu les composer. On en compte plus de deux cents, dont les principaux sont : la Somme de la foi orthodoxe et les Coinmentaires sur tous les livi-es de l'Ecriture sainte. Denys le Chartreux, surnomme le Docteur extatique, est regarde comme le guide le plus sur dans l'exposition de la théologie mystique.
Denys (Pierre), serrurier belge, né en 1658, mort en 1733. II a exécuté de merveilleux ouvrages en fer forgé. Il a également orné de ferrures aux contours les plus délicats la cathédrale de Meaux et nombre d'autres.
Denzinger (François-Joseph), architecte allemand, né eu 1821 à Liège, Il a édifié la cathédrale de Ratisbonne. l'église des Rois-Mages à Francfort-sur-le-Mein, dont il a reconstruit la cathédrale, détruite en 1867 par un incendie. 11 a encore construit les bains do Kissingen.
DeOBAND, ville de l'Inde anglaise (présid. du Bengale [ Provinces du Nord-Ouest) 22.200 hab.
DÉODACTYLE (du gr. daiô, je divise, et daktulos, doigt) adj. En T. d'ornith., Qui a des doigts divisés.
DÉODAND {dan — du lat. Deo, à Dieu, et dandum, qui doit être donné) n. m. Dr. anc.angl. Confiscation, au profit de l'Eglise ou du roi, de tout objet qui avait causé la mort d'un homme.
DEODATUS(rff*,ïu^s — du lat. J9eo datus, donné, accordé par Dieu ; en franc. Déodat ou Dieudonné), nom que l'on donne quelquefois à des enfants de la naissance desquels on désespérait et qui était cependant ardemment désirée, en sorte qu'elle semble une faveur particulière accordée par la Providence. C'est ainsi que le duc de Bordeaux, qui vint au monde plusieurs mois après l'assassinat de son père, reçut le nom de Dieudoniié. Louis XIV, naissant après vingt-trois ans de stérilité d'Anne d'Autriche, sa mère, avait déjà été ainsi appelé.
DÉODORISATION [si-on) n. f. Action d'enlever l'odeur.
DÉODORISER V. a. Enlever l'odeur ; Déodoriser une
plante.
De offlciis, par Cicéron. 'V. devoirs [Traité des).
DeOGARH {Château de Dieu) y ville de l'Inde (royaume d'Oudeipour [Radjpoutana]), sur les hauteurs des monts Aravalis; 6.800 hao.
Deogarh ou DeOGHAR, ville de l'Inde (Bengale fprov. d.' Iîhai;;aIpourl)ct chef-lieu d'un district dit " Santal Pargaiia'; " ; 8.000 hab. 22 temples dédiés à Siva et fréquentés par dL' nombreux pèlerins.
DEO GRATIAS (mots lat. signif. Grâces soient rendues à l/ieu). mots qui reviennent souvent dans les prières liturgiauos. Ils s emploient familièrement pour faire entendre qu ou est content dune chose.
DEO IGNOTO (mots lat. signif. Au dieu inconnu). Les Athéniens, le peuple le plus éclairé de l'antiquité, admettaient volontiers toutes les croyances et tous les dieux; cette facilité était même poussé'e si loin que, pour ne pas s'exposer à quelque oubli involontaire, ils avaient élevé un temple, avec cette inscription : .4u dieu inconnu. Lorsque, disent les Actes des Apôtres (XVII, 22 et suiv.), lu grand apôtro des Gentils, saint Paul, arriva au milieu d'eux, il s'exprima ainsi devant l'Aréopage : « Athéniens, il
me semble que la puissance divine vous inspire plus qu'à tous les hommes une crainte religieuse ; car, en traversant votre ville et en contemplant les objets do votre i.'ulte, j'ai rencontré un autel avec cette inscription : Au dieu iïiconnu. Ce Dieu que vous adorez sans le connaître, c'est lui que je vous annonce : le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui est dans le monde, le Seigneur du ciel et de la terre, qui n'habite point les temples bâtis par les hommes, et q^ui n'est point honoré par les œuvres des mortels comme s il avait besoin de quelque chose, lui qui donne tout à tous, la vie et la respiration !... » L'apôtre continua longtemps encore, tenant son auditoire sous le charme de sa parole ; à, peine eut-il cessé de parler, qu'une grande agitation se manifesta dans l'assemblée, révélant une impression profonde. Quelques-uns des membres de l'Aréopage se convertirent : entre autres, Denys, qui, plus tard, fut le premier évêque d'Athènes. On cite l'inscription dont il vient d'être parlé tantôt en latin, tantôt en français.
DEO JUVANTE (mots lat. sign. Dieu aidant), locution latine qui a littéralement le même sens en français.
DÉOLS ou BoURG-DIEU, comm. de l'Indre, arrond. et à 1 kil. do Chàteauroux, dont c'est en réalité un faubourg, sur l'Indre ; 2.665 hab. Au moyen âge, un des premiers fiefs du Berry. Au x" siècle, y fut fondée une grande abbaye de l'ordre de Cluny.
Des ruines de son église il reste une très belle tour romane. L'église Saint-Etienne (ix* au xvi" s.) est le sanctuaire du pèlerinage de Notre-Dame de Déols. Dans la crypte, tombeau de saint Ludr'e,leplus ancien monument chrétien du Berry. Des anciennes fortifications on voit encore la Porte de l'Horloge, flanquée de deux tours ronàes et garnie de mâchicoulis.
DÉOMÉNÉE. Myth. gr.
Fille dArcas. Elle avait une statue de bronze à Mantinée. Chapiteau de l'église de Déols.
DE OMNI RE SCIBILI ET QUIBUSDAM ALHS (mots lat. signif. de toutes les choses qu'on peut savoir, et de quelques autres). La première partie de cette parole est du fameux Pic de La Mirandole, qui se faisait fort de tenir tête à tout venant sur tout ce que l'homme peut savoir ; la seconde est uno addition de quelque plaisant. — La devise avec son supplément est passée en proverbe et se dit ironiquement d'un homme qui croit tout savoir.
DÉONTOLOGIE {jî — du gr. déon, ontos, ce qu'il faut faire, et logos, traité) n. f. Science morale qui apprend à connaître les devoirs. 11 Traité sur cette science.
Déontologie ou Science de la morale (Deontology or Science of morality), par Jérémie Bonlham, ouvrage posthume publié à Londres en 1834, deux ans après la mort de l'auteur, et traduit en français la même année par Benjamin Laroche. — Le manuscrit a été revu et mis on ordre par Etienne Dumont (de Genève). L'ouvrage se compose de deux parties, dont la première est une Théorie de la vertu, et la seconde un Traité de la pratique de la vertu. C'est l'exposition originale d'un utilitarisme s'efl'orçant d'être scientifique. « La tâche du moraliste éclairé, dit Bentham, est de démontrer qu'un acte immoral est un faux calcul de l'intérêt persojinel, et que l'homme vicieux fait une estimation erronée des plaisirs et des peines, n Dans ce but, il institue son arithmétique morale. A chaque plaisir et à chaque peine il reconnaît sept caractères : Pson intensité; 2" sa durée; Z° sa certitude ; A" sa proximité; 5° sa fécondité ; 6" sa pureté; 7" son éte7idue. Devant une action à faire, on l'apprécie à ces sept points de vue. Eu d'autres termes, on range sous ces sept catégories les profits et les pertes ; on établit une balance, et l'action est évaluée.
DÉONTOLOGIQUE {Jik') adj. Qui appartient à la déontologie.
DÉONTOLOGISME (jissm'— rad. déontologie) n. m. Système de morale, fondé sur la notion du devoir.
DÉOPERCULÉ, ÉE (du préf. dé, et de operculé) adj. Bot. Se dit des mousses dont l opercule ne se sépare pas spontanément de l'urne.
DÉPAGNOTER [gn mil.] (SE) v. pr. Pop. Sortir de son lit.
DÉPAILLAGE {pa-ill-aj [Il mil.] — rad. dépailler) n. m. Enlèvement de la paille qui recouvrait un objet pour la remplacer par de la paille nouvelle : Dépaillage d'une chaise.
DÉPAILLER {pa-ill-é [Il mil.] — du préf. priv. dé, et de paille) V. a. Dégarnir de sa paille : Dépailler u«e chaise. Il Pop. Déménager.
DÉPAISSANCE {pè-sanss — du préf. dé, et de paissance) n. f. Lieu où les bestiaux vont paître : Dépaissancb dans les vallées. Dêpaissance sur les montagnes.
DÉPAISSELAGE {pè-se-laj')D. m. Vitic. Action de dépaissoler.
DÉPAISSELER [pè-se-lé — du préf. priv. dé, et de paisseau) v.a. Dégarnir de paisseaux, c'est-à-dire Enlever les échalas qui soutenaient les pieds de vigne.
DÉPALER v. n. Se dit d'un navire qui tombe sous le vent, ou est entraîné par le courant loin d'une position qu'on désirait conserver.
DÉPALISSAGE [pa-li-saf — rad. dépalisser) n. m. Action de détacher les branches d'un arbre fruitier attachées et fixées en espalier.
DÉPALISSER (li-sé — dn préf. priv. dé, et de palissade) V. a. Rendre libres, détacher les branches d'un arbre fruitier formant espalier.
DÉPÂMER (SE) V. pr. Revenir de pâmoison.
DÉPANNEAUTER (pa-no— du préf. priv. dé, et de^anneau' v. a. Ilortic. Enlever les panneaux qui recouvraient des couches.
DÉPAPE RAS SEMENT {ra-se-man — du préf. priv. dé, et do paperasse) n. m. Action d'emporter des papiers ou paperasses. (Inus.)
DÉPAQUETER {ke-té — du préf. priv. dé, et de paquet. Double lo t devant une syllabe muette : Je dépaquette. Tu dépaquetteras) v. a. Défaire, développer, en parlant de ce qui était en paquet : Dépaquetée des marchandises.
— Mar. Dépaqueter une voile, La dt^pUor, pour l'enverguor. Se dépaqueter, v. pr. Ktre, Ueveuir dépaqueté.
— Anton. Empaqueter.
DÉPARAGEMENT (Je-man — rad. dt'parager) n. m. Dr. anc. Mariage inégal, union dans laquelle il y a disparité entre les époux, quant à la situation ou quant aux biens.
DÉPARAGER [Je — du préf. priv. dt'., et de parage. Prend un e muet ai>rùs le (/ <levant un a ou un o : Nous di'iHtrageons. H dépnra^ea) v. a. Dr. anc. Marier à une personne d'une condition mégalo; mésallier.
Se déparager, v. pr. Se mésallier.
DÉPARALYSER {du préf. priv. dê^ et de paralyser) v.a. Kendre l'actiou aux membres paralysés : Déparalysëb un bra.t.
DÉPARC {park' — du préf. priv. dé, et de parc) n. m, Terme employé dans quol(|ues localités pour indiquer l'ae te par lequel on cesse de parquer les troupeaux de moutons.
DeparCIEUX (Antoine), mathématicien et physicien français, no prés d'Uzès en 1703, mort à Paris en 1768. Il s'occupa d'établir des cadrans solaires et fit des recherches théoriques sur la mécanique et l'emploi de l'eau comme moteur. Nous notons pour mémoire son Traité de trigonométrie rectiligne et spnérique (1741), qui ne contenait cion de bien neuf. Il est l'auteur d intéressants mémoires présentés à l'Académie dos sciences et l'inventeur d'une machine ingénieuse pour l'élévation des eaux. Outre ses recherches sur rhydranlicjuG.Deparcieux, qui avait été admis à l'Académie en 1746, s'occupa jusqu'à sa mort d'une autre question, sur laquelle il publia ses premières recherches sous ce titre : Essai sur tes probabilités de la durée de la vie humaine. Ses tables de mortalité donnent aujourd'hui une valeur beaucoup trop petite à la durée probable de la vie à chaque âge, et les compagnies d'assurance ne les considèrent plus, depuis longtemps, que comme fournissant des limites en deçà desquelles les bénéfices sont certains.
Deparcieux (Antoine), mathématicien français, né dans la commune de Portes (Gard) en 1753, mort à Paris en 1799, neveu du précédent. Il s'adonna avec succès à l'étude des sciences physiques et mathématiques. Il se lît remarquer par son esprit ae méthode et par la clarté avec laquelle il exposait les théories les plus aostraites ; il reçut de la Convention une récomperise do 3.000 francs, et devint, lors de la création des Ecoles centrales, professeur de physique et de chimie à Paris. Il a publié : Traité des annuités ou des rentes à terme (1781); I)issertation sur le moyen d'élever l'eau par la rotation d'une corde verticale sans fin (1782); Dissertation sur les globes aérostatiques (1783).
DÉPAREILLER [ré-gé — du préf. priv. dé, et de pa/rcil) V. a. De deux ou do plusieurs cnoses pareilles en ôter une, et ne pas la remplacer, ou la remplacer par une autre qui n'est pas exactement semblable : Dépareiller un ouvrage en plusieurs volumes, un service à café, une douzaine de sennettes. \\ On disait aussi autrefois désappareiller.
— Fam. Séparer des personnes unies : Dépareiller deuT amants.
Se dépareiller, v. pr. Etre, devenir dépareillé.
— Anton. Appareiller, rapparelller.
DÉPARER (du préf. priv. dé, et do parer)
V. a. Priver de ce qui pare : Déparer wi autel. Il Rendre moins agréable, nuire au bon effet de : Une mise sans goût dépare la plus jolie femme.
— Fig. Oter du prix ou do l'agrément à ; La vanité dépare les plus belles qualités.
— Comm. Déparer des fruits, des légumes. En retirer ce qu'il y avait de plus beau, ce qui donnait belle apparence au tout.
Se déparer, v. pr. Etre, devenir déparé.
DÉPARESSER {rt-sé — du préf. priv. dé, et de paresse) v. a. Chasser la paresse.
DEPARIA {dé) n , f . Genre do fougères-dicksoniées à sores involucrés-indusiés et globuleux, à réceptacles petits, patériformes. (Les frondes sont herbacées pinnatifides. La seuleespôceconnuehabite les îles Sandwich.)
DÉPARIER (du préf. priv. dé, et du rad. de apparier. — Prend deux i de suite aux deux prem. pers. du pi. de l'imparf. de l'indic. et du prés, du snbj. : Nous dépariions. Que vous dépariiez) v. a. Otor l'une des deux choses nui font la paire : Déparier des gants, des bas, des tourterelles, il On dit aussi désapparier.
— Fam. Séparer des pei'sonnos qui étaient unies : Déparier des amants.
Se déparier, v. pr. Etre déparié.
— Anton. Apparier, rapparier.
DÉPARLER (du préf. priv. dé, et de parler) v. n. Cesser de parler. ( Ne s'emploie guère qu'avec la négation) ; L'homme raisonnable se tait souvent, le raisûnticur ne dk- PARLE pas. (Dider.)
— Fam. Parler mal, employer un mot pour un autre : Souvent, une pointe de vin fait dêparler.
DÉPARPAILLÉ, ÉE [pa-ill [Il mll.j) adj. Pop. Négligé, débraillé.
DÉPARQUEMBNT {ke-man — rad. déparquer) n.m. Econ. rur. Action de l'aire sortir des moutons du parc où ils étaient enfermés,
— Milit. Faire sortir du parc le matériel qu'on y avait réuni.
— PÔch. Enlèvement dos huîtres parquées, pour les livrer à la consommation.
— "Véner. Action do forcer une bfito, que l'on veut courre, à sortir du parc où elle vivait à couvert.
DÉPARQUER [Icé — du préf. priv. dé, et do parc) v. a. Artion do pratiquer lo déparquomont.
Se déparquer, v. pr. Etre déparqué.
DÉPART {par' — du préf. dé, et de partir) n. m. Action de partir : Les voyages se composent uniquement de départs et ^ARRIVÉES. (Do Custine.) Il £'/re sur son départ, Etre prés de partir.
- Point du départ. Lieu d'où une personne, un animal ou uno chosn s'éloit'no pour fciurnir une carrière : Le point UK DÉi'Aur d'un navire, d'un train. La vitesse d'un projectile diminue depuis son point de départ, il Fig. Point où qu<dquo chose commence; premier début : Chaque philosophe
DÉPARAGEMENT — DÉPARTEMENT
prend le point de départ qu'il veut, mais tous le prennent dans la raison. (De Bonald.)
— Post. Ensemble des opérations concernant lo timbrage et le tri dos correspondances, la «onfection des dépêches et leur remise au courrier.
— Techn.
Dans un escalier, Piédestal (ou console re nvorsée) contre lequel bute la rampe, et qui marque lo point de départ.de la monlûo : Il y a des départs en bois, en marbre, en pierre, en fer.
— Turf. Départ régulier. Celui qui a lieu quand tous les chevaux prennent la course ensemble, il Départ irréguliev ou Faux départ, Celui qui a lieu lorsque tous les chevaux ne partent pas ensemble, n Juge du départ. Personne chargée par les commissaires des courses de donner le signal du départ, et qui peut faire recommencer le départ jusqu'à ce qu il soit régulier.
— Véloc. V. la partie encycl.
— Véner. Sonnerie de trompe indiquant le départ pour la chasse.
Départs de rampe : \. En maçonnerie; 2. En fer.
Le Départ (sonnerie de trompe).
— Anton. Arrivée, venue, retour.
— Encycl. Véloc. Les départs de courses sur piste ou sur route sont de deux sortes : le départ arrêté, et le départ lancé. Dans le premier cas, le coureur, en position sur sa machine, et soutenu par le lanceur, attend le signal du départ; au coup de pistolet, il démarre, aidé par le lanceur qui le pousse vigoureusement. Dans lo deuxième cas, le coureur effectue un tour de piste, au cours duquel il prend son élan ; il acquiert ainsi une vitesse plus ou moins considérable, et le départ est chronométré, au moment de son passage au poteau. Le départ lancé n'est pratiqué que pour les trajets extrêmement courts.
Dcpart pour la chasse au faucon, daprôs \\ouwermau.
Départ (scï-ines figurées de). Lo Départ pour la chasse a inspiré de nombreux artistes. Ph. Wouworman compte à lui sou! uno dizaine de toiles sur ce sujet, dont les plus remarquables sont, au Louvre : Départ pour ta chasse au vol ou le Coup de l'é trier ; Départ pour la chasse; au musée de Dresde : Départ pour la chasse au faucon ; Départ pour la chasse ; Départ de la chasse au vol; Départ pour la chasse aux chiens couchants. Ph. Wonwermann a exécuté beaucoup d'autres Départs pour la chasse, parmi lesquels nous citerons : un tableau du musée do Bruxelles; un tableau du musée de Dijon, etc. — Au Louvre, on peut voir le Départ pour la chasse au vol, talleau do Wynants, et un Départ pour la chasse, peint par Frédéric Mon. 1 ron et Adrien Van de Volde. Lo nm d'Amsterdam possède un autre Départ />■ la chasse, exécuté par les doux mémos artistes, mais qui no porte que la signature de Moucheron.
Beaucoup d'autres artistes ont peint dos Départs pour la chasse; il nous suflira de citer : N. Bortfhom ; K. van Falens (Dresde) ; Jean Miel; Wooton; Carie Vcrnet; Ab. Verboom (Bruxelles); .\brahain Ilondius (Oftlcos) ; Aug. Querfust (Vienne), etc. Une foule do tableaux représentent dos Départs plus ou moins pittoresques; nous nous contenterons do citer: le Départ pour la promenade, tableau d'Albert Cuyp (Louvre); lo Départ do Jacoh pour l'fù/ypte, sujet traité par divers artistes, nutaniment par Sébastien Bourdon, par Bon. Casliglioiio ; lo Hépart des comédiens italiens, de Wattoau ; \o Départ d'une hôtellerie, do Wouworman (Dresde); lo Départ du eourrier, fiiisant i)ondant à un Détour du couP" ricr, do F. Boucher ; lo Départ pour ta course dos chevaux,
de Carlo Vernot; lo Départ pour la ville, do Destouches; lo Départ pour te marché, scène bretonne, par Eugène Dovéria; le Ifé part pour une noce de village, par de Marne (Louvre); \o Départ du ctiré et de sa niécepour la capitale,
g IV H. Bellangé ; lo Départ du conscrit, par Beaume; lo épart pour les champs, par Ad. Roehn; le Départ des missionnaires, par do Couboriin (Salon de 18G9); le Départ de la mariée, charmant petit tableau de genre, de Cli. Baugniet (1869); le Départ des hirondelles, par Compto- Calix, etc. Une mention spéciale est duo au Départ des pécheurs de l'Adriatique, taoloau do Léopold Kobcrt.
Départ des volontaires en 1792 (le), bas-relief de l'arc do triomphe do l'Etoile, est l'un dos ouvrages les
plus remarqua- .--.a». — -
oies de Rude. -^S^ A? l!
Le génie de la guerre, dominant le groupe, tieat de la main droite un glaive, élève le bras gauche et appelle les Français aux armes.
Cette figure, qu'on pourrait prendre pour la personnification de la Marseillaise, est superbe de colère et de fougue : tout son corps se porto en avant par un mouvement violent. Des guerriers, costumés à l'antique, l'accompagnent. Celui qui occupe le milieu du groupe est remarquable par l'énergie de son attitude. Un adolescent nu marche à ses côtés, entraîné par l'ardeur guerrière du vétéran.
DÉPART {par' — subst. verbal de départir) n. m. Action de séparer, de faire les parts : Faire le départ des taxes.
~ Fig. Séparation, distribution : Dieu fera le départ des bons et des méchants.
— En T. de métall.. Opération par laquelle on isole différents métaux et notamment les métaux précieux d'un alliage : Le départ se fait par oxydation, par subliination ou à laids des acides. (On dit mieux auj. affinage.) il Eau de départ, Ancien nom de l'eau régale.
DÉPARTAGER [je — du préf. priv. dé, et de partager. Prend un e muet après le g, devant un a ou un o : Nous départageons. Il départagea) v. a. Dr. Faire cesser le partage en nombre égal d'opinions qui existe entre des juges, des arbitres : Il n'y a jamais lieu, en matière criyninelTe, à DÉPARTAGER lesjuges, l'avis le plus doux étant toujours celui quiprévaut. il Dans le langageordinaire, Faire cesser le partage de : DÉPARTAGER des voix, des suffrages, des opinions.
Se départager, v. pr. Etre départagé.
DÉPARTEMENT {man — rad. départir)Tï. m. Distribution, répartition : Le département des tailles. (Vieux.) il A signifié aussi départ.
— Chacune des localités confiées à l'administration do divers employés, dans une répartition, ii Chacune des administrations particulières dans le gouvernement de l'Etat, ou des branches spéciales dans une administration : Le département de la guerre, des finances. Le département du contentieux dans les chetnins de fer. ii Attributions quelconques : Auoi'r telle occupation dans son département.
— Arcliit. Expression qui désigne la première partie du devis, consistant dans 1 ordonnance des diverses parties qui doivent, par leur ensemble, constituer un édifice, un travail d'art.
— Géogr. Chacune dos grandes divisions actuelles du territoire français : La France est divisée en S6 départe- MKNTS,^/»s le Territoire de lielfort. \\ Plur. La province, par opposition à Paris : Les modes des départements, h Fam. Le département du Das-Dhin , Le derrière, les fesses.
— Éncy< l. Dr. admui. La loi des 22 décembre 1789-8 jan-
Départ des volontaires, d'après Rude.
Départ dos pâchoura do l'Adriatique» d'aprAa Léopold RobQrt.
vior 1790 divisa le territoire dos anciennes provinces françaises on départements, dont la circonscription fut ainsi substituée ù celle dos t/énéralités. La loi du 10 aoiU M^ll règle aujourd'hui l'administration départomontalo. Lo préfet, assisté d'un socréluiro général, est chargé do l'adiui-