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DEPOT

DÉPONTILLAGE {ti-llaf [Il mil.]) n. m. Action de dôpontiller^ de polir le verre ou le cristal en le détachant du pont il.

DÉPONTILLER {ti-Ué [Il mW.]) V. a. Détacher une pièce de verrerie du poniil auquel elle a été lixéo, afin de procéder au travail du polissage. (Se dit aussi d'un verre, d'une glace qu'on polit avec le pontil.)

DÉPOPULARISATION {si-on) a. f. Action de dépopulariser. H Perte de la popularité : Un homme d'Etat gui accepte courageusement la dépoplxarisation est sur le chemin de la vertu. (Ch. Nod.)

DÉPOPULARISER (du préf. priv. dé, et do populariser) V. a. Faire perdre sa popularité à : Souvent, c'est un acte louable qui dêpopularise un homme.

Se dépopulariser, v. pr. Perdre sa popularité.

DÉPOPULATEUR, TRICE adj. Qui dépeuple, qui contribue à dépeupler : Les octrois aggravent les effets dépopu- LATECRS de l'enchérissement du prix des vivres. (Lévi.)

DÉPOPULATION [si-on — lat. depopulatio ; du priv. de, etpopulus, peuple) n. f. .'action de dépeupler; résultat de cette action : La dépopulation des campagnes est le résultat d'une mauvaise organisation politique. (B. Const.)

— Encycl. Dépopulatioyi des campagnes. Il ne faut pas confondre la concentration dans les villes des populations rurales avec l'émigration proprement dite. Celle-ci atfaiblit politiquement une nation, celle-là en transforme seulement les caractères : elle fait surtout passer la maind'œuvre des champs dans les ateliers de l'industrie.

La dépopulation rurale se manifeste dans presque tous les pays civilisés; les pays vieux ; France, Suisse, Belgique, Angleterre, Norvège, Hollande, comme les pays neufs : Etats-Unis, Canada, Australie; toutes les races y participent : les Celtes, les Latins, les Anglo-Saxons, comme les Magyars. Aucune institution, aucun régime politique n'en est exempt.

Les causes en sont : la différence des salaires plus élevés dans l'industrie que dans la culture, la monotonie de la vie rurale, l'extension des voies ferrées, la multiplication des grandes entreprises de travaux publics, et l'e.xtension de la grande industrie. On doit citer aussi, à côté de ces causes principales, la disparition des petites industries rurales, ta propagation des machines agricoles perfectionnées et, à côté de celles-ci, l'absence trop complète, à la campagne, d'institutions d'assistance, de secours mutuels et de retraites, le défaut d'instruction agricole (qui multiplierait les bénéfices de l'agriculture), et, plus que tout le reste, l'attrait qu'exercent les villes par les plaisirs et la facilité d'existence qu'elles semblent promettre.

On ne peut changer le sens de ce phénomène, bien que les nations en soient affaiblies, physiquement au moins, car les populations rurales sont toujours plus saines, plus prolifiques que les populations urbames. V. dépeuplement.

DEPORAUS {dé, ra-uss) n. m. Genre d'insectes coléoptères rhynchopliores, famille des curculionidés, tribu des rhyîichitinés, comprenant des charançons très voisins des rhynchites, et dont on connaît quatre espèces qui habitent l'Europe.

— Encycl. Trois deporaus se trouvent en France. Le plus commun est le deporaus betulse, ou rhynchite du bouleau, long de 3 à 4 millimètres, Doir. (Sa femelle attaque les aunes, bouleaux, noisetiers, charmes et hêtres dont elle déchire et roule les feuilles.) Le deporaus Manerrheimi, un peu plus petit, bleu, attaque les bouleaux.

DÉPORT (por' — du préf. priv. dé, et de porter) n. m. Dr. Acte par lequel on se récuse : Le DÉPOET d'un juge, d'un arbitre, il A signifié désistement. Il Sans déport a signifié d'abord Sans ménagement. — Par ext. Sur-le-champ, immédiatement : Condamné à paxjer l'amende sans déport.

— Dr. can. Privilège qu'avait un évèque ou un autre ecclésiastique de percevoir le revenu des bénéfices vacants. V. la partie encycl.

— Econ. rur. Dans différentes contrées de France, Terrain vague, enclos ou non, dans lequel les habitants déchargent les décombres provenant des démolitions et autres. (On donne le même nom à un terrain qui sert de dépôt, c est-à-dire de magasin en plein air pour les matériaux de toute nature.) ii En queltjues régions on dit pàtds.

— Féod. Droit qu'avait un seigneur de jouir du revenu d'un fief, la première année après la mort du possesseur.

— Encycl. Dr. can. Il arrivait parfois qu'un évêque, récemment nommé, était obligé de faire honneur à des engagements onéreux pris par son prédécesseur. Le pape, alors, pour augmenter ses ressources, lui permettait de percevoir, soit pendant une année, soit pendant toute la durée de la vacance, les revenus des bénéfices de son diocèse qui, do droit ou de fait, se trouvaient sans titulaires. C'est ce qu'on appelait le déport : ce n'a jamais été qu'un privilège excei>tionnel, dont les papes et les conciles ont toujours restreint l'extension. Il n'existe plus nulle part.

— Fin. .\ la Bourse, le mot déport a trois acceptions différentes. Il signifie :

l" L'emprunt, moyennant un loyer d'argent, par un vendeur à terme, de titres qu'il n'a pas en porlefouillo, pour prolonger son opération d'une liquidation sur l'autre ;

3* La somme payée par ce vendeur à découvert au prêteur des titres ;

Z* L'indemnité payée par l'acheteur du privilège de souscription au pair afférent à une action ou une obligation dont les cours dépassent le pair. Voici une société par actions, qui double son capital. Los actions, émises au titre nominal do 500 francs, lont prime sur le marché; on les négocie par exemple k 600 francs. Le porteur d'une action aucienne, ayant le droit de souscrire au pair une action nouvelle, cède son privilège à un tiers, moyennant une indemnité. Cette indemnité prend le nom ûa'dépo/'t.

Le courtage, la fixation du débours par le cours des compensations, les dates et modes de règlement, sont les mêmes que pour lo report, V. RtiPoRT.

DÉPORTATION (si-on — lat. deportatio, même sens) n. f. Dr. Action de déporter; peine afllictive et infamante, consistant en un exil dans un lieu déterminé : La déportation des criminels à Botany Say a valu à l'Angleterre une colonie florissante.

— Encycl. Dr. rom. "V. nELBGATiON.

Deporaus (gr. 3 f.).

— Dr. mod. La déportation est une peine afflictive et infamante, perpétuelle, réservée pour la répression des crimes politiques. Elle consiste à être transporté et à demeurer, à perpétuité, interné, en dehors du territoire continental de la France, dans une colonie pénitentiaire déterminée.

La déportation est de deux espèces : la déportation si7nple (déportation mineure), et la déportation dans une enreintc fortifiée (déportation majeure ou aggravée).

La création de la déportation dans une enceinte fortifiée est due à une loi du 8 juin 1850 ; elle eut pour but de remplacer la peine de mort en matière politique abolie depuis 1S48. — Les lois des 23 mars 1872 et 25 mars 1873, ainsi qu'un décret du 31 mai 1872, forment le dernier état de la législation sur la matière.

Les deux espèces de déportation diffèrent par leur régime : le condamné à la déportation simple jouit d'une certaine liberté ; la déportation dans une enceinte fortifiée restreint davantage la liberté du condamné (décret du 31 mai 1872); les condamnés à la déportation simple peuvent, dès leur arrivée à la colonie pénitentiaire, recevoir une concession provisoire de terrains : les condamnés à la déportation dans une enceinte fortifiée n'en peuvent recevoir qu'après cinq ans d'une conduite irréprochable; les condamnés à la déportation simple ont, do plein droit, l'exercice des droits civils dans le lieu de déportation ; les condamnés à la déportation dans une enceinte fortifiée ne peuvent exercer tout ou partie de leurs droits civils que par suite d'une faveur spéciale accordée, à titre individuel, par le gouvernement.

Il ne faut pas confondre la déportation avec latransportation, à laquelle sont soumis les coudamnés aux travaux

forcés. V. TRANSPORTATION.

DÉPORTEMENT {man — rad. de déporter) n. m. Conduite, et surtout mauvaise conduite. (Ne s'emploie guère qu'au pluriel) : Veiller sur les déportements de quelqu'un.

— En T. de techn.. Excès de dimension donné au moule par le mouleur, pour compenser le retrait q^ue doit subir la matière coulée en se refroidissant ou en séchant.

DÉPORTER ( du préf. dé, et de porter) v. a. Conduire, il Fa-

vorisiT, souieiiir.il Exempter. (Tous ces sens sont vieux.)

Se (iéftoHev, Se réjouir, s'amuser, ii S'abstenir. (Vieux.)

■— Dr. anc. Se désister : Se déporter de ses prétentions.

DÉPORTER (lat. deportare, môme sens) v. a. Appliquer la peine de la déportation à ; Déporter des députés, ii Par ext. et abusiv. Exiler et transporter dans un lieu déterminé : On déporte les récidivistes à la Guyane.

— Fig. Reléguer, écarter, éloigner : Déporter des tahleaitx, des bustes au grenier.

Déporté, ée part. pass. du v. Déporter.

— Substantiv. Condamné déporté.

Se déporter, v. pr. Etre déporté.

DÉPORTUAIRE {tu-èr') n. m. Hist. eccl. Celui quijouissait du déport sur un bénéfice vacant.

DÉPOSABLE adj. Qui peut être mis en dépôt.

DÉPOSANT (zari), ANTE adj. Qui dépose, qui témoigne en justice : Tcmoins déposants. Il Qui fait un dépôt : Les capitalistes déposants de la Banque de France. — Substantiv. : Les déposants.

— Anton. Dépositaire.

DÉPOSE n. f. En T. de constr., Action de déposer, d'enlever ce qui était posé, scellé ou bâti : La dépose d'un tugau. de chambranles. La dépose d'une pierre de taille.

DÉPOSER (lat. deponere, supin depositum; du préf. de, et de ponere, poser) v. a. Poser un objet, généralement avec l'intention de le reprendre dans un délai plus ou moins long : Déposer un fardeau, il Fig. : Déposer un baiser sur le front d'un enfant.

— Former en dépôt, laisser précipiter, en parlant d'un liquide tenu eu suspension : Certaines eaux déposent des incrustations sur les objets qu'on y plonge, il En ce sens, s'emploie absolument : Certains vins déposent très longtemps après qu'on lésa décuvés.

— Mettre en dépôt, confier : Déposer des fonds chez un banquier.

— Fig. Renoncer à, à l'usage de : Déposer la couronne, le pouvoir, les armes, n Perdre, ne plus avoir : Déposer sa tristesse, il Destituer, priver de sa place, de ses hautes fonctions : Déposer u?! roi, un ministre, ii Exprimer, faire entendre, produire : Déposer une plainte en police correctionnelle. Il Déposer le inasque. Cesser de feindre, montrer ses véritables sentiments, ii Déposer son cœur. Confier tous ses sentiments.

— Comm. Déposer son bilan, Se déclarer en faillite, en fournissant le détail de l'état de ses affaires.

— Techn. Enlever, démolir ce qui était scellé, bâti, etc. : Déposer un châssis, une serrure.

— V. n. Rendre témoignage, principalement devant la justice : La plupart des téinoins se troublent en déposant.

Il Etre une preuve, un indice, un argument : Le duel est un reste de barbarie qui dépose contre la civilisation. (Boiste.)

— Trivial. Faire ses besoins naturels.

Déposé, ée part. pass. du v. Déposer.

— Admin. et comm. Se dit d'un modèle que l'on soumet à la formalité du dépôt, pour le mettre à 1 abri do la contrefaçon : Modèle déposé.

Se déposer, v. pr. Etre posé pour être laissé, ll Tomber au fond du liquide; être abandonné par le liquide, il Etre laissé, abandonné

DÉPOSEUR n. m. Celui qui dépose, qui enlève une dignité : Les papes, déposeijrs de rois.

DÉPOSITAIRE (/êr' — \a.t. depositarius ; de deposHus, déposé) n. Personne à qui l'on a confié un dépôt. :i Par ext. Personne à qui l'on a confié ce qui appartient à d'autres, (|ui doit en rendre compte ou n'en user qu'en faveur des autres : Etre dépositaire d'un secj-et important. Les dépositaires de l'autorité, il Ce qui contient, ce qui recèle : Le cœur est le dépositaire des nobles sentiments, le caractère en est la sentinelle. (Bougeart.)

— Ilist. eccl. Trésorier» trésorièro d'une communauté roligiouso.

— Anton. Déposant, ante.

DÉPOSITEUR, TRICE n. Personne qui tient un dépôt dn marchandises ; Un dki'OSITEL'R de denrées coloniales (Ce mot, d'ailleurs peu usité, est très irrégulier; sa forme lui donnerait lo sens do déposant, non celui do dépositaire.)

DÉPOSITION {si-on — dn \at. depositus, déposé) n. f. Destitution d'une fonction supérieure : Bien de moins rare, pendant le moyen âge, que les dépositions de souverains. (Lamenn.)

— B.-arts. Déposition de la croix, Nom par lequel on désigne la scène qui représente Joseph d'Arimaihie, Nicodème, etc., descendant le Christ de sa croix.

— Dr. Témoignage fourni en justice : On ne peut condamner un homme sur la déposition d'un seul témoin.

— Dr. can. Acte qui interdit pour toujours à un ecclésiastique les dignités et fonctions attachées à son ordre.

— Syn. Déposition, déchéance.

— Encycl. B.-arts. Iconogr. Le nom de Déposition de croix doit être réser\'é aux compositions oii l'on voit l'homme-Dieu descendu ou déposé de la croix. Les artistes qui ont représenté la Déposition de croix sont très nombreux. Mais il convient de signaler plus particulièrement les tableaux suivants : la Ifé/i..-^./<',n ./,■ ,•,■,,;,■ ,Ui Pérugin,

La Déposition de croix, d'après le Pérugin. [Fragment.)

au palais Pitti (Florence), justement célèbre (ce tableau est d'un coloris très pur et très brillant, d'un sentiment profond et poétique); la Déposition de croix du Corrège, au musée de Parme ; la Déposition de a'oix de Fra Bartolommeo, au palais Pitti, à Florence.

Enfin, il faut citer l'un des chefs-d'œuvre d'Andréa del Sarto, au même Musée. V. Desclinte de croix.

On cite volontiers, en sculpture, la Déposition de o'oix par Canova, comprenant trois figures de grandeur naturelle : le Christ, la Vierge et Madeleine. Canova avait précédemment exécuté, à Possagno, un grand tableau do dix-sept pieds de hauteur, représentant la Déposition de croix, avec l'apparition, dans le ciel, du Père éternel.

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