‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 635 sur 870 · V. PlETi · texte numérisé non relu

V. PlETi

— Dr. can. La déposition est une peine infligée aux ecclésiastiques pour des fautes graves : elle est perpétuelle. Très rarement appliquée aujourd'hui , elle était d'un usage fréquent dans les premiers siècles de l'Eglise. Le prêtre déposé n'était pas rendu à la société civile : il devait faire pénitence dans un monastère. Pour la déposition des évèques, des usages liifférents s'établirent dans chaque pays. La coutume de France est que la mesure doit être prise par le concile provincial, sauf appel au pape. Le Concordat et les lois organiques sont muets sur ce point.

— Polit. La déposition d'un souverain diffère de la déchéance. La déchéance se présente avec le caractère d'une sanction attachée à certains actes du souverain par la loi ou la coutume. La déposition est un renversement du prince, motivé par ses crimes, ses entreprises sur certains privilèges, etc. ; elle a été, le plus souvent, suivie de la mise à mort. Les annales de l'empire d'Orient, de la Turquie, de la Russie, en offrent do nombreux exemples.

DEJ*OSITO (A) [mots lat. signif. par dépôt] loc. adv. A intérêt : Donner, Prendre a deposito. (Vieux.)

DÉPOSITOIRE {to-ar') n. m. Dans quelques localités, Lieu où Ion dépose pendant un certain temps les morts avant de les enterrer.

DÉPOSSÉDER {posé — du préf. priv. dé, et de posséder. Change le second é en è, quand la terminaison commence par une syllabe muette : Je dépossède, il dépossède: excepté au fut. de l'ind. ei au cond. prés. : Je déposséderai. .Vous déposséderions) V. a. Priver de la possession d'une chose : L'Etat ne peut déposséder uti propriétaire que pour cause d'utilité publique. (Troplong.) il Retrancher quelque chose de l'apanage de, enlever quelque chose à : Les chemins de fer n'ont pas dépossédé les fleuves de tous les transports.

DÉPOSSESSION (po-sé'Si) n. f. Action de déposséder; état dune personne dépossédée.

DÉPOSTER {sté — du préf. priv. dé, et de poste) v. a. Forcer à abandonner un poste, une position : Déposter l'ennemi.

DÉPÔT(p(3 — lat. depositu7n ; de deponere, déposer) n. m. Action de déposer, de remettre à quelqu'un ou en quelque endroit : Faire le dépôt d'u}i testament chez un notaire. Il Objet déposé : S'approprier un dépôt, h Fig. Ce que Ton tient d'un autre et (jue Ton possède momentanément : Tout secret confié doit être un dépôt inviolable.

— Lieu où l'on dépose momentanément, ou d'une manière permanente, certains olijets : Les dépôts de cannes et de parapluies établis à l'entrée des théâtres.

— Bot. Extravasation de la sève dans le tissu vasculaire des plantes.

— Ch. de f. Dépôt de machines, Lieu où sont placées les machines avec leurs tenders en attendant qu'on les emploie.

— Comm. Endroit, magasin, succursale, entrepôt, où un commerçant dépose ses marchandises, soit pour les transformer ou les vendre telles quelles, soit pour em- [irunter sur warrant, il Dépôt de bilan, Formalité à. remplir par tout commerçant dès qu'il cesse ses payements.

— Dr. Convention, contrat par lequel on confie un objet, à charge de lo rendre fidèlement : Le dépôt est un contrat essentielletncnt volontaire, n Mandat de dépôt, Ordre du juge d'instruction pour faire incarcérer un prévenu.

— Fin. Caisse des dépôts et consigtiations. Institution financière, qui reçoit les dépôts volontaires et obligatoires.

— Gc5ol. Amas do matériaux dôtritimios, rtîsultant do !a démidation : cônos do dc'joction éditios par los torrents, ûihivions dos cours d'oau, deltas lacustres ou marins, plages do sablo et grôvos do galets formées par la mor, aunes odiliôes par le vont, moraines <les glaciers, sont dos dépôts qui so font sous nos youx. Tous les terrains sédimentairos cjui reposent sur los rochos primitives sont dos dépôts anciens.

— Mar. Di'pôt des cartes et plans. Etablissement situé à Paris et centralisant tout oo qui concerne lus cartes marines, los instructions nautiques, los chronomètres ot los compas. (La bililiutliOquo du dépôt contient plus do cinquante mille volumes. Cet établissement a été fondé on 1720 et rend les plus grands services.)

Dépôt des équipages, Caserne dos marins dans los ports militaires.

— Milit. V. la partie encycl.

— CKnol. Matière solide plus ou moins abondante, qu'abandonnent los vins au ropos : Décanter une bouteille lie lùn satis agiter le di-;pôt.

— Patliol. Accumulation do pus ou d'autres sécrétions morbides.

— Téléer. électr. Mettre une dépêche en dépôt. V. dk- PÊCHK. Il Centre de dépôt. Station ou bureau télégraphique où l'on centralise los dépêches en transit pour los réexpédier dans les directions voulues, il Dépôt arborescent, Particules de charbon qui se déposent sur l'électrode positive d'une pile, quand on place les deux réophores de la pile dans la tlammi^ <i'une bougie.

— SvN. Dépôt, abcès, apostème, apostume, épanchement, infiltration.

— Encycl. Dr. La législation française relative au dépôt so rapproche beaucoup de la législation romaine.

Dans le droit moderne, le dépôt est un contrat par lequel on reçoit la chose d'autrui, à la charge de la garder ot de la restituer en nature (C. civ., art. 1915). Le dépositaire ne peut demander aucun salaire, mais il peut se faire rembourser les dépenses qu'aurait nécessitées la chose déposée. Do même, le déposant ne peut demander au dépositaire les intérêts de la somme déposée ; ce no serait plus en effet un dépôt, mais un prêt. Le dépôt ne peut avoir pour objet que des choses mobilières (art. 1918). L'article 1920 recoimait doux sortes de dépôt : le dépôt volontaire, le dépôt nécessaire. Pour le dépôt voloatairo, il faut le consentement des doux contractants (art. I92i). Il faut encore quo le dépôt soit fait par le propriétaire lui-même, ou do son consentement (art. 1922). Le dépôt volontaire doit être prouvé par écrit. La preuve testmionialo n'est pas admise au-dessus do 150 francs (art. 1923). Aux termes de l'article 1924, quand la somme réclamée excède 150 francs, s'il n'y a pas de preuve par écrit, le dépositaire est cru sur sa parole, pour le fait du dépôt comme pour sa valeur, et même pour le fait de la restitution. Le dépôt nécessaire est celui qui a été forcé par suite de quelque accident, tel quo naufrage, incendie, inondation; le déposant peut prouver le dépôt, à quelque valeur qu'il attei gne, par la preuve testimoniale. Le dépôt dans les hôtelleries est aussi un dépôt nécessaire. La loi du 18 avril 1889 a limité à 1.000 francs la responsabilité des hôteliers pour les espèces monnayées ou los valeurs au porteur non déposées réellement entre leurs mains.

— Admin. Dépôts de mendicité. Les dépôts de mendicité sont, en majorité, dos établissements puolics départementaux où les mendiants sont reçus et soumis au travail, soit qu'ils so présentent d'eux-mêmes, soit qu'ils aient été arrêtés pour cause de mendicité. Les dépôts municipaux ou privés dépendent fréquemment d'un hospice; ils peuvent jouir de la personnalité civile, s'ils sont reconnus par décret. Leur création ost la conséquence do l'interdiction légale do la mendicité (C. pén., art. 274). La plupart constituent le complément d'un système de répression dont ils portent lo caractère coercitif plus ou moins accusé; on etfet, los reclus y sont le plus souvent gardés par mesure de police à la suite d'un emprisonnomont pour mendicité, jusqu'à ce qu'ils aient réuni quelques moyens d'existence. Ces établissements sont placés sous la surveillance do l'Assistance publique. Leur régime intérieur ost dos plus varial)los. Le produit du travail est divisé on deux parts, dont une moitié on général revient au dépôt, l'autre au reclus; sur cotto dernière somme, la plus grosse partie ost prélovée pour former la réserve ou masse remise au reclus avec ses hardcs à sa sortie.

Dépôts mortuairrs. Les dépôts mortuaires sont des éta- Missemonts destinés à recevoir gratuitement, sur la demande des familles, ot on attendant les délais ordinaires dos inhumations, les corps des personnes décédées. — Dans sa séance du 18 avril 1887, lo conseil municipal do Paris décida la création, rue Bolivar, d'un dépôt mortuaire municipal, commo il en existait déjà depuis longtemps à l'étranger.

Dépôt léffal. L'article 3 de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse exige, sous peine d'une amende de IG à 300 francs, <luo, au moment do la publication do tout imprimé, il en soit fait, par rimi)rimour, un dépôt de deux exomplairos, destinés aux (ujlloctions nationales. Ce dépôt a lieu : au ministère do l'intériour, pour Paris; à la préfecture ou A la sous-préfocturo, pour los chcfs-lioux d'arrondissement ; à la mairie, pour les autres villes. ~ Sont exceptés do cette disjjosition les bulletins do voto , los circulaires ■commerciales ou industrielles, ainsi quo los ouvrages dits « do villo 11 ou " bilboquots ...

Dépôt de la. préfcrture de police. C'est un lieu do détention ossontiellemont provisoire, où l'on amène tout d'abord les personnes arrêtées dans Paris ou lo département do la Seine. — On compte, cliaquo année, environ soixante jTiillo entrées au dépôt, soit une moyenne do cent soixantocinq arrivants par jour. La détention au dépôt no doit ])as dépasser ot, depuis la loi du 8 décembro 1S97, no dépasso plus, en fait, lo délai de vingt-qualre heures.

— Ch. do f. On donne le nom do dépôt, à uno installation comprenant des bâtiments spéciaux sillonnés do voies ferrées, qui so raccordent par l'intermédiaire des roit'.sti'évilcment aux voies principales. Ces bâtiments sont destinés principalement à remiser les locomotives. — Ils ont égaleinont <m réserve tm nombre plus ou moins considérablo de wagons do diverses catégories pour los besoins du service.

— Douanes. Les marchandisos non déclarées on détail dans lo délai légal, cellns almndonnées par leurs propriétaires, ou arrivées dans un port non ouvert à leur importation, et non réexportées <iatis le délai do quatre mois, ou noD réclamées après la vérillcution, sont con-

stituées on dépôt dans dos magasins dont l'administration a seule la clet, à la dirt'érence des entrepôts réels fermant à doux clefs, dont l'une laissée au commorco. Ces marchandises non réclamées ou non réexportées sont, après un an de dépôt, vendues aux enchères, et le prix déposé à la Caisse des dépôts et consignations, pour être, pendant une année, à la disposition dos propriétaires.

— Fin. Les premières banques qui reçurent dos sommes d'argent en dépôt exigèrent uno rémunération pour la garde. Mais l'idée vint d'employer ces capitaux improductifs, avec l'assentimont des déposants qu'on associa aux bénétices réalisés par leurs capitaux déposés, sous la forme d'un intérêt minime et variable, suivant quo les dépôts sont remboursables à vue, à quelques jours ou mois.

Caisse des dépôts et consig?ialions. V. caissk.

— Mach. à vap. Chaudières. On nomme dépôt, dans une chaudière à vapeur, l'accumulation, qui se produit à l'intérieur, des sels contenus dans l'eau d'alimontation. Ces sels s'incrustent sur los tôles, formant ainsi uno couche calcaire dont la présence est un danger pour la solidité de la chaudière ot la cause d'une dépens© considérable de combustible. V. ÉPURATION des eaux.

— Milit. Dépôt d'un corps de troupes. C'est une portion de ce corps destinée à demeurer dans la garnison quand lo reste se mobilise, pour assurer l'entretien de la partie mobilisée. L'instruction dos recrues se faisait, autrefois, dans les compagnies de dépôt, et les jeunes soldats ne passaient qu'une fois instruits aux « bataillons do guerre « ; aujourd'hui, l'instruction se fait dans les compagnies actives. Les régiments d'infanterie, en Franco, n'ont plus do compagnies de dépôt (sauf les zouaves, les tirailleurs algériens et les régiments étrangers). 11 n'y a plus, au dépôt, qualifié de portion centrale, que le personnel administratif et le cadre complémentaire du régiment. En cas de mobilisation, le dépôt prendrait l'extension nécessaire pour assurer l'entretien, en personnel et en matériel, des bataillons mobilisés.

Dans la cavalerie et l'artillerie, le dépôt ne se constitue également quo lors de la mobilisation.

Des dépôts de convalescents peuvent être constitués en temps do paix, pour recevoir les hommes sortant de l'hôpital qui ne sont pas en état de reprendre encore leur service. En temps de guerre, il en est également créé sur les lignes de marche et d'évacuation par les soins du directeur des étapes. Sous cette direction, aussi, sont placés les dépôts d'éclopés, créés pour recevoir les hommes laissés en arrière par les corps.

Il est organisé de même des dépôts de chevaux malades.

Quant aux établissements militaires d'études, l'un dos principaux est le dépôt central de l'artillerie, devenu la section technique de l'artillerie.

Le dépôt des fortifications, créé en 1791, a disparu en 1886, et ses attributions ont été réparties entre divers établissements ou services.

Dépôt de la guerre. Son origine remonte à 1688. Il fut créé par Louvois pour recevoir les archives de la guerre. Réorganisé on 1814, le dépôt de la guerre fut chargé de recueillir et conserver les archives historiques, les mémoires militaires, les plans et les cartes, de les faire graver et publier, enfin, de s'occuper de tout ce qui concernait les opérations topographiques. Le corps dos ingénieurs géographes y fut attaché. Enfin, lo dépôt de la guerre a été supprimé en 1887 et remplacé par le service géographique de l'armée, tandis que is. section historique do l'étatmajor do l'armée héritait de ses attributions historiques, dô la bibliothèque et dos archives du département do la guerre.

Dépôt des modèles. Etablissement qui relève du comité technique de l'intendance; il est installé à Paris, dans l'hôtel des Invalides, ot chargé d'établir ot de conserver les modèlos-typos do tous les effets et ustensiles militaires.

Dépôts de recrutement. V. recrutkmknt.

Dépôts de remonte. Créés pour encourager l'élevage national, ces établissements ne datent que do la Restauration : lo premier fut créé à Caen en 1818. Depuis 1882, un nouveau mode do remonte, qui consiste à acheter des poulains de trois ans ot demi et à no los envoyer dans les régiments quo plus tard, a fait établir dos dépôts d'élevage ou de transition.

Dépôts de télégraphie. On nomme ainsi dos établissements du service télégrapliiquo, lequel est rattaché à celui du génio. Il existe un dépôt central à Paris, des dépôts régionaux ot des dépôts règimentatres, plus un dépôt spécial, à Alger, du service optique de l'Algérie et Tunisie.

Dépôts de tranchées. Ce sont dos dépôts do matériel et d'outils établis, au cours d'un siège, dans dos tranchées spécialement crouséos pour des troupes du génio et de l'artillerie. C'est là que so rassemblent los travailleurs et quo se tient l'officior chef d'attaque.

Dos dépôts analogues sont installés par le service de l'artillorio, pour recevoir des munitions, dos fascinagos et los outils nécessaires au service des battorios. On les désigne plutôt sous le nom do dépôts intermédiaires.

— Œnol. Dépôt des vins. On distinguo deux sortes do dépôts des vins : les dépôts en futailles, ot los dépôts eu bouteilles. Los premiers constituent particulièrement los lies; (juant aux seconds, variables de couleur, do forme et do densité suivant la couleur, los crus et los années qui ont produit los vins, ils sont, les uns gras ou bourbeux, d'autres plus ou moins adhérents aux parois dos bouteilles ; il en est do tellement légers quo lo moindre mouvement los mêle avec la liqueur. Quant aux dépôts spéciaux aux vins blancs, ot (|u'on a appelés dépôts -pierres, parce qu'ils ressemblent à du sablo très fin, ils sont dus uniquement à la formation do tarlratos do cliaux insolubles, inhérents à la nature mémo dos climats qui ont fourni lo raisin, mais n'offrant aucun danger d'altération pour los vins qui les tiennent en suspension. Tous les dépôts des vins contiennent du tartre. La seule manière de séparer los vins on bontoillo do leurs dépôts ost do los transvaser avec soin avant de los présenter sur la table ou avant do les transportor d'un endroit à un autro. Lo transvasement le plus naturel consiste à verser, avec précaution, lo vin dans uno houtoillo pronre. Toutefois, il est d'usage do sorvir los vins fins sans les transvaser, mais en employant de petits paniers spéciaux qui maintionnent les bo'uteilh's presque horizontales, ol, de ce fait, évitent ta dispersion du dépôt dans lo vin. Il faut éviter d'ailleurs de filtrer les vins pour en séparer lo dépôt : leur passage i\ travers le papier les fatigue et les aU'aiblil.

— Techn. Dépôt» métalliques. L'o|iération consistant A faire adhérer uno mioco coucho niéiulliquo sur un objet

DEPOTAGE — DEPOUILLE

quelconque so rattache en général à l'Ôlectrométallisation ou galvanoplastie. V. co mot.

A cette branche do la technologie se rattache uno autro opération qui, dans l'industrie, a acquis uno grande importance, celle qui consiste à colorer ôlectrochimiquemont la surface do certains corps. Cette opération s appelle métallochromie. V. ce mot.

— Tramw. Les compagnies do tramways, d'omnibus ot autres voitures publiques, construisent dos dépôts pour le remisage do leur matériel roulant ot des machines locomotives qu'elles emploient. A ces dépôts sont, la plupart du temps, joints des ateliers de réparation.

DÉPOTAGE {taf — rad. dépoter-) n. m. Techn. Opération du raffinage du sucre, qui consiste à vider, dans un appareil spécial appelé "bac à sucre», les caisses, sacs ouuarriques qui ont amené lo sucre à la fabrique, afin de séparer les parties altérées. (On dit aussi dépotemknt.)u Mesurago des bouteilles avec de l'eau, à laide d'une sorte d'éprouvette graduée on centilitres.

— Jardin. Action do dépoter des plantes contenues dans des pots ou dos caisses.

DÉPOTÂT (ta) n. m. Nom donné, au moyen âge, à des iuiirniiors à rlioval attachés à l'armée byzantine.

DÉPOTAYER {té-ié) v. a. En Normandie, Vendre du cidro au pot.

— n. m. Débit de cidre au pot.

— Adjectiv. : Escalier dêpotater. A Rouen, Escalier do cave, ainsi appelé parce que la boisson n'y passe que dépotée, par opposition au grand escalier par lequel on fait passer les barriques.

DÉPOTEMENT [man] n. m. Techn. Action do dépoter un liquide, il Jaugeage des vins ou eaux-de-vie par les agents de la régie, il Syn. de dépotage dans les opérations préliminaires du raffinage du sucre, et en terme de jardinage.

— Admin. 2'ables de dépolement. Tables dont on se sert, dans la régie, pour évaluer la quantité de liquide tiré d'une futaille. Il On dit aussi échelle pithometrique.

DÉPOTER (du préf. priv. dé, et de pot) v. a. Retirer d'un pot pour mettre dans un autre : Dépoter des /leurs, il Retirer un liquide (vin, bière, liqueur) d'un vaso (tonneau, bouteille, etc.) pour le mettre dans un autre vase.

— Techn. Dépoter les bouteilles. En mesurer la capacité. Il Dans les rafliueries. Verser le sucre dans lo bac à sucre

pour éliminer les matières impures.

— V. n. Pyrotechn. Se dit d unefusée qui lance les artifices contenus dans le pot avant que toute la composition fusante soit brûlée.

— Anton. Empoter.

DÉPOTOIR [to-ar) n. m. Usines spéciales, destinées à recevoir les matières fécales qu'on retire des fosses d'aisances. Il Vaste réservoir creusé dans le sol, où l'on vide les barils de pétrole lorsqu'ils arrivent des lieux de production. Il Vase destiné à mesurer les liquides. Ij Lieu où l'on jauge les vins et eaux-de-vie.

— Enctcl. Dans les dépotoirs, on fait subir aux matières fécales des traitements dans lo but d'en extraire tous los produits quo certaines industries utilisent, le reste étant transformé on engrais. V. poudrktte, vidange.

DÉPOUDRER (du préf. priv. dé, et de poudi'e) v. a. Enlever la poussière de : Dépoudrer un habit, un meuble. Il Enlever la poudre à clioveiuc de : Dépoddrkr une perruque. Il Dépoudrer quelqu'un, Enlever, secouer la poussière des habits d'une personne ou la poudre qu'elle avait sur la figure ou dans les cheveux.

Se dépoudrer, v. pr. Etre dépoudré, perdre la poudro ou la poussière dont on était rouvert. Il Oter la poudro ([u'on a sur le visage ou sur les cheveux. Il S'ôter la poudro ou la poussière l'un à l'autre.

DÉPOUILLE [puu-ili [Il mll-l — subst. verbal de dépouiller) n. f. Peau que rejetlont certains animaux à l'époque do la mue : La di-;pouillk d'un serpent, d'un insecte, ii Peau enlevée à un animal : Hercule se revêtit de la uÉPotjiLLE du lion de Némée.

— Par anal. Vêtements qu'une personne aôtésde dessus son corps, ii Dans certaines provinces, Vôloraeut complet : Acheter une dépouille neuve.

— Par. ext. Ce quo laisse un mourant : La dépouillk d'un relii/ieux appartenait à l'abbé, n Aubaine résultant do la mort do quelqu'un, ii Butin fait sur l'onnomi. n Co qui ost pris, ravi, extorqué j>ar dos moyens violents ou illicites : Le plagiaii^e s'enrichit des dépouilles d'autrui.

— Fig. Objet emprunté, do provenance étrangère : Les langues aramérnnes se sont enrichies des dÉpol'Illes étrangères. {Rouan. )

— Poétiq. Produits dos champs récoltés ou détachés des plantes : La nÉPociLLK(/c« champs, des arbres, des vergers.

Il Corps d'une personne morte, considéré commo lo vêtement de son àmo ; Accompagner la DÉPOUILX.K mortelle d'un ami jusqu'à sa dernière demeure.

— Agric. Action do récolter los produits d'un champ, les fruits uuu arbre, etc. : Terre qui sera louée après la dépouille.

— Autiq. rom. Dépouilles animes. Armes d'un chef tué dans lo combat par le chef do l'armée onnomio.

— Dr. can. Droit de dépouille, Droit sur coriains objets mobiliers ayant appartenu à un ccclésiustiquo décédé.

— Grav.' (irarer ou Tailler en dépouille. C'est, sur la planche gravée, creuser moins profondément los parties qui doivent constituer lo bas de la gravure.

— Scuipt. Un modèle ost ou n'est pas de dépouille, suivant qu'on peut, ou non, lo moulor on bloc.

— Tochn. Nom quo les fondeurs «lonnont A Tensomblo dos pièces d'un modèlo qui sert ù obtenir dans lo sable lo moule pour la couléo du métal, il Nom quo los oorroyours donnent aux parties d'un cuir qui corrospondont à la t/'to et au ventre do l'animal : la dépoimllk est employée par les cordonniers pour faire les premières semelles. (Malepoyro.)

Il Cliangoment quéprotivo l'acier lors do la trompe : Plus la DKPOOiLLK est blanche, plus lacier est dur, (P. Dosoi*moaux.) [On dit aussi ukcouvkutk.]

— Encycl. /h^pouilles opnnes. Lorsqu'un ti^néral romitiu avait tué un général onnomi et l'avait dépouillé de ses armes, il consacrait co trophée dans lo (emplo de .lupitor Kérétrien, on souvenir do l'olfrando faite par Kemulus lorsqu'il oui tué do sa main Acron, roi des l écinions. Cet exploit, qui était aux youx dos Uomains lo plus brillaui de tous, no so représenta que doux fois après Kounilus : Cornohus Cossus remporta los dépouilles opimcs suf

DÉPOUILLEMENT — DEPRESSICORNE

Tolumnius, roi des Véiens, et Claudius Marcellus sur Viridomar, chef des Gaulois. Sous l'empire, il n'est plus fait mention de dépouilles opîmes.

— Dr. can. Droit de dépouilles. D'après les anciens canons, les clercs avaient le droit de subvenir à leur entretien au moyen des biens ecclésiastiques ; mais il leur était interdit de thésauriser, et le surplus de leurs revenus devait retourner à l'Eglise. Ce principe donna bientôt naissance à un abus. Dès le v* siècle, il arriva que des prêtres, à la mort de leur évêque, se crurent le droit de s'emparer de tous ses meubles, les considérant comme la propriété do l'Eglise. Cet exemple se généralisa. Vers le vi" et lo vil* siècle, ce fut une coutume universellement établie que, dès qu'un ecclésiastique mourait, tous les objets qu'il laissait appartenaient de droit à ceux do ses confrères qui parvenaient à s'en emparer. C'est ce qu'on appela le d}'oit de dépouille. Exercé d'abord par les clercs inférieurs à l'égard des prélats, il fut, dans la suite, revendiqué par les évèques à l'égard de leurs prêtres, et enlin par les princes à l'égard de tous les clercs de leurs Etats. Cet usage ne fut aboli qu'au xiv« siècle. Quelques vestiges en demeurèrent même en France jusqu'à la Révolution. Ainsi, à Paris, chaque archidiacre avait droit de prendre un meuble, à .son choix sur la succession des curés décédés dans son archidiaconé.

DÉPOUILLEMENT {poii-îll-e-man {llmW.}) n. m. Techn. Action de dépouiller, d'écorcher; état de ce qui est dépouillé, écorché : Le dêpouillemknt d'unmouton.

— Action de dépouiller une personne de ses biens; état d'une personne dépouillée de ses biens, pauvreté.

— Fig. Renoncement : // est plus grand dajis ce dêpouil- Leme:^t de sa grandeur. (Fléch.)

— Particulièrem. Examen d'un bordereau, d'un inventaire, d'un dossier, d'une correspondance ou d'un scrutin, pour en faire le relevé ou en constater l'exactitude : Faire le DÉPOUILLEMENT d'un compte.

— Politiq. Action de compter les voix, les suffrages, dans une assemblée délibérative.

— Séricic. Action d'un ver à soie qui se dégage de son enveloppe.

DÉPOUILLER {pou~ill-é [Il mil.] — lat. despoli are ; an préf. de, et de spolium, dépouille) v. a. Ecorcher, ôter la peau de : Dépouiller un lapin, une anguille, il Dénuder, ôter la peau et même une partie des chairs de : Chirurgien g«i DÉPOUILLE une jambe jusqu'à l'os.

— Dépouiller une voile avariée, Enlever la partie mauvaise pour la réparer.

— Par ext. Arracher, voler les vêtements, l'argent de : Voleurs qui dépouillent un voyageur, il Réduire à la misère : L'impôt achève de dépouiller le pauvre.

— Poétiq. Priver de ce qui parait, couvraitou chargeait: L'hiver DÊPOviL.L.'B les champs.

— Fig. Priver, déposséder : L'illusion de la renommée nous DÉPOUILLE du bon sens. (Chateaubr.) Il Dégager, isoler, soustraire à : Croyez-moi, madame, dépouillez les choses des grands mots dont vous les enveloppez. (N. Lemercier.)

Il Abjurer, renoncer à : Dépouiller son orgueil.

— Particulièrem. Faire l'examen détaillé de : Dépouiller un dossier, un compte, sa correspondance.

— B.-arts. Dépouiller le inouïe. S'en détacher complètement sans qu'aucune des parties soitretenuo par les creux de la pièce qu'on a coulée dans le moule, ou sur laquelle le moule a été coulé.

— Grav. Dépouiller les traits. C'est, sur la planche gravée, diminuer la profondeur des traits qui se trouvent dans la partie inférieure de la gravure.

— Politiq. Compter les voix, les suffrages exprimés par : Dépouiller les votes, le scrutin.

— Prov. : Dépouiller le vieil homme, Se dépouiller du vieil homme, Expression de l'Ecriture saiute qui signillo Se défaire des inclioationsde la nature corrompue.

Dépouillé, ée part. pass. du v. Dépouiller.

— Jeux. lioi dépouillé. Jeu où l'on ôte pièce à pièce les vêtements de celui qu'on a fait roi. li Fig. Jouer au roi dépouillé. Se dit quand plusieurs personnes s'attachent à quelqu'un pour le ruiner.

— Substantiv. Personne dépouillée -.Presque tous les dépouillés aspirent à devenir spoliateurs.

— Syn. Dépouillé, dénué, dépourvu, etc. V. dénué.

Se dépouiller, v. pr. Etre dépouillé, écorché. ii Perdre sa peau : Les sey'pentssE DÊPOViLï.EViT tous les ans.

— Par ext. Se dévêtir : Se dépouiller de son manteau. Il Se priver volontairement de : Se dépouiller de sa fortune en faveur de ses enfants.

— Poétiq. Perdre ses feuilles, sa verdure.

— Fig. Renoncer, se soustraire à : Se dépouiller d'une passion, d'un préjugé.

— Techn. Se dit : 1° d'un ver à soie qui se dégage de son enveloppe; 2" du vin qui dépose; 3° de l'acier, quand, lors de la trempe, les parties oxydées par le feu se détachent et tombent. (Dans ce dernier sens, on dit aussi se découvrir.)

— Prov. : n ne faut pas se dépouiller avant de se coucher, Il ne faut pas se dessaisir do son bien avant do mourir.

DÉPOUILLEUR {pou-ill [Il mil.]) n. m. Celui qui dépouille. (Vieux.)

DÉPOURPRAGE {praj') n. m. Action do dépourprer.

DÉPOURPRER {dn préf. priv. dé, et do pourpre) v. a. Diminuer, au moyen de lavages alcalins ou acides, la couleur trop vive que possède une étoffe sortant du bain do teinture. :i Enk-vcr, affaiblir la couleur pourpre.

DÉPOURRISSAGE fpou-ri-saj') ou DÉPOURRISSEMENT (pou-ri-se-man) [du préf. priv. dé, et de pourrir] n. m. Action do faire disparaître on les enlevant les parties tachées ou pourries d'un fruit.

DÉPOURVOIR (vo-ar' — du préf. priv. dé, et de poun^oir. Se conjugue comme ce dernier) v. a. Priver, dépouiller, dégarnir : V>kr'o\JH\om une citadelle de munitions. (Peu us.)

Se dépourvoir, v. pr. Se dépouiller, se priver : Se dépourvoir de tout pour ses enfants. (Pou usité.)

Dépourvu, ue part. pass. du v. Dépourvoir.

— Syn. Dépourvu, dénué, dépouillé, etc. V. dénué.

— Anton. Aasortf, garni, muni, nanti, doué.

— Loc. adv. Au dépourvu, Sans être pourvu des choses nécessaires, sans être préparé, prévenu : Etre pris au

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