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DÉPOURVU

DEPPÉE (dè-pé) n. f. Genre do rubiacées portlandiéos, comprenant sept ou huit espèces qui habilonl lo Mexique.

(Ce sont des arbustes grêles, à fleurs petites et jaunes, dont le fruit est une capsule à deux loges, à déhiscence loculicide, et contenant de nombreuses graines.)

Depping (Georges-Bernard), érudit français, d'origine allemande, né à Munster en 17«4, mort à Paris en 1853. Il fut naturalisé Français en 1827. Ses premiers travaux s'étendirent sur le domaine géographique : la Géographie de la France {l82l), la Suissp (1822), la Grèce (1823), etc. Il publia une Histoire des expéditions maritimes des Normands (1826), et une étude sur les Juifs dans le moyen âge. En 1837, Dejpping avait fait paraître la première édition du fameux Livre des métiers, statuts des corporations parisiennes recueillis sous le règne de saint Louis par le prévôt des marchands Etienne Boileau. Dans son introduction, l'éditeur fait bien ressortir l'importance unique de ce texte pour l'histoire de l'industrie et des conditions sociales en France, au moyen âge. En 1850, parut, dans la Collection des documents inédits de l'histoire de France, le premier volume de la Correspondance administrative sous lerègne de Louis XIV, dont le quatrième volume ne fut imprimé qu'après la mort de l'auteur, par les soins de son fils. Il a écrit des Mémoires, en allemand, sous le titre de Erinnerungen (Souvenirs).

Depping (Guillaume), érudit français, né à Paris en 1829, fils du précédent. Il a été attaché successivement aux bibliothèques : Nationale, de i Arsenal, du Sénat et, enfin, à Sainte-Geneviève. Il a collaboré à de nombreuses revues historiques et littéraires, et publié des recueils de documents importants, relatifs particulièrement au règne de Louis XIV. Il convient de citer le dernier volume do la Correspondance administrative de Louis XIV, dont les premiers volumes avaient été publiés par son père, et toute une série d'études sur l'histoire des mœurs à la cour de Louis XIV, d'après la correspondance allemande de la princesse Palatine. Il est encore l'auteur de l'ouvrage intitulé le Japon (1895), etc.

DÉPRAVANT {van), ANTE adj. Qui déprave, qui est de nature à dépraver : Des leçons dépravantes.

DEPRAVATEUR, TRICE adj. Qui déprave, qui corrompt :

Doctrine. îufluence dépravatrice.

— Substantiv. Personne qui en déprave d'autres : Un

DEPRAVATEUR. Oue DÉPRAVATRICE.

DÉPRAVATION [si-on] n. f. Action de dépraver; état de ce qui est dépravé, corrompu, dénaturé : Dépravation des humeurs, du sang, de l'appétit.

— Fig. Corruption : Dépravation de l'âme, des mœurs,

du siècle, du goût.

DÉPRAVER (lat. depravare; du préf. de, et de prav7(s, perverti) v. a. Altérer, dénaturer : Dépraver le sang, les humeurs, l'estomac, la digestion, l'appétit.

— Fig. Corrompre, pervertir : Dépraver l'esprit, le cœur, le goût, le jugement, les mœitrs.

Dépravé, ée part. pass. du v. Dépraver.

— Substantiv. Personne dépravée, corrompue': Les vieux roués politiques, la pire espèce de dépravés. (E. Sue.)

— Stn. Dépravé, corrompu, pervers, etc. V. corrompu.

— Anton. Honnête, intégre, juste, probe, vertueux. Se dépraver, v. pr. S'altérer, être dénaturé.

— Fig. Se corrompre, se pervertir.

— Syn. Dépraver, corrompre, gâter, etc. V. corrompre.

DÉPRÉGATIF, IVE (lat. deprecativus ; de deprecari, supplier) adj . Qui est en forme de prière, qui sert de prière : Formule déprécative. ii On dit aussi dëprécatoire.

— Encycl. Dans l'Eglise grecque, i absolution sacramentelle est donnée au pénitent qui vient de confesser ses fautes, sous forme déprécative, c'est-à-dire sous forme de prière. Le prêtre dit : n Que Notre-Seigneur Jésus- Christ t'absolve de tes péchés, i» Dans l'JEglise latine, le prêtre prononce d'abord cette première formule, puis il ajoute ensuite, sous forme de sentence : " Et moi, je t'absous de tous tes péchés, n Cette seconde formule, d'après le concile de Trente (sess. XIV, c. 3), constitue la partie essentielle du sacrement.

DÉPRÉDATION [si-on — rad. déprécatif] n. f. Prière humble et instante, ayant pour but d'apaiser celui à qui on l'adresse: Adresser des déprécations à quelqu'un.

— Rhétor. Figure oratoire qui consiste à implorer celui que l'on veut fléchir ou toucher.

~ Enctcl. Rhétor. En principe, la déprêcation est la figure par laquelle celui qui parle interrompt la suite do son discours et adresse à la divinité une prière afin d'obtenir une protection spéciale ou l'éloignement d'un danger. Comme exemple de déprêcation, on peut citer celles de Polyeucte dans la tragédie du même nom (IV, 3). de Josabeth dans Athnlie (I, 2), de Thésée à la fin de Phèdre.

On doit prendre garde de confondre la déprêcation avec l'imprécation, qui est aussi une invocation à la divinité, mais pour souhaiter, pour demander le mal d'un ennemi.

La déprêcation n'existe pas seulement quand on s'adresse à la diviniK , elle peut aussi s'adresser à un homme dont on implore une faveur. Un des plus beaux exemples de ce genre de déprêcation est, dans l'Iliade, la prière de Priam, à genoux aux pieds dAcbille. On peut rappeler encore le passage de Télêmaque, où Philoctète demande en grâce a Néoptolème de l'emmener avec lui.

Parmi les modèles de déprêcation oratoire, nous citerons celle que Cicéron adresse à César dans son discours Pour Déjotarus.

DÉPRÉGATOïRE [to-ar' ~ du lat. deprecatorium, même sens; adj. Qui a la forme d'une déprêcation.

DÉPRÉGIATEUR, TRICE [si) adj. Qui amoindrit la valeur, qui rabaisse lo mérite; qui est porté à déprécier : Esprit dépréciateur,

— Substantiv. Celui qui déprécie systématiquement.

DÉPRÉCIATION [si-a-si-on) n. f. Action de déprécier; état d'une chose qui a perdu son prix : La dépréciation des assignats ne prouve rien contre la théorie du papiermonnaie. (Lachâtre.)

— Fig. Action de rabaisser : Dépréciation du mérite.

— Encycl. Les dépréciations des choses commerciales portent sur la qualité et sur la valeur on échange do ces choses. Une chose peut avoir subi une dépréciation do finalité ot ne pas subir une dépréciation do valeur, relativement à son prix do revient d'entrée dans l'inventaire du commerçant. Cela dépond du cours ou prix auquel colto chose s'échange dans le moment. D'autre part, une raarcliandisc, sans avoir subi do dépréciation de qualité,

peut avoir subi une dépréciation de valeur, si le prix de vente de cette chose a baissé. C'est ce qui fait de l'établissement de l'inventaire du commerçant une opération très délicate.

DÉPRÉCIER {si-é — lat. depreciare ; du priv. de, et de pretiuni, prix. Prend deux i de suite aux deux premières pers. du plur. de l'iraparf. de l'ind. et du prés, du subj. : Nous dépréciions. Que vous dépréciiez) v. n. Faire baisser, diminuer le prix, la valeur vénale de : L'abondance déprécie les produits, il Estimer au-dessous de son prix : Déprécier une marchandise.

— Fig. Estimer au-dessous de son mérite, ravaler, jeter la défaveur sur : On déprécie les vertus qu'on n'a pas.

Se déprécier, v. pr. Etre déprécié, perdre de son prix. Il Rabaisser son propre mérite, ne pas le faire valoir, il Rabaisser le mérite l'un de l'autre.

— AiNTON. Exalter, magnifier, rehausser, relever.

DÉPRÉDATEUR, TRICE (lat. depra'dator, trix ; de deprspdari, saccader) n. Celui, celle qui commet des déprédations : Les Scythes ont été les déprédateurs de l'Asie. (Volt.) Il Adjectiv. ; Ministre déprédateur.

DÉPRÉDATIF, IVE adj. Qui porte le caractère de la dé-

prédatiuu ; Exactions déprêdatives.

DÉPRÉDATION {si-on — rad. déprédateur) u. f. Pillage fait avec dégât : Le devoir du garde champêtre est de s'op/joser aux DÈPtiÈDATWSsdes panneauteurs. [Toussonel.) ii Consommation excessive, tondant à la complète destruction : Il existe une grande tribu d'oiseaux qui font une prodigieuse déprédation sur les eaux. (Buff.)

— Malversations, gaspillages commis dans une administration : Déprédation des finances.

DÉPRÉDER (lat. depj'sedari; du préf. de, et de pryda, proie. — Change le second é en è devant une syllabo muette : Je déprède. Qu'ils déprèdent ; excepté au tut. do lind. et au cond. prés. : Je dépréderai. Tu dépréderais) v. a. Piller avec dégât : Dépréder les récoltes, il Gaspiller à son profit : Dépréder les fonds publics.

Déprédé, ée part. pass. du v. Dépréder.

— War. anc. Marchandises déprèdées , Marchandises provenant du pillage d'un vaisseau naufragé.

DÉPRENDRE {prandr' — du préf. priv. dé, et de prendre) v. a. Isoler ou dissoudre ce qui était pris, c'est-à-dire collé ou congelé : Deprendre deux feuilles de papier qui s'étaient collées. Il Séparer, empêcher de se battre plus longtemps : Avoir de la peine à déprendre deux dogues, deux boxeurs.

— Fig. Séparer, faire cesser d'être épris : Le meilleiir fruit de la critique est de nous déprendre de nous-mêmes. (H. Taine.)

Se déprendre, v. jiv. Se détacher, se dépêtrer : Oiseau pris à la nlu qui se dépkend.

— Fig. Se détacher, cesser d'être épris : Les richesses ont des liens invisibles dont 7io$ cœurs ne se peuvent déprendre. (Boss.)

DÉPRÉOCCUPER {o-ku — du préf. priv. dé, et de occuper] V. a. Tirer d'une préoccupation : La distraction dépréoccupe l'esprit. (Peu usité.)

Se dépréoccuper, V. pr. Sortir de sa préoccupation.

DÉPRÉPUCÉ, ÉE (.s^ - du préf. priv. dé, et àe prépuce) adj. Circoncis : yu^/DÉPRÉPUcÉ. (Mot employé par Voltaire, mais peu usité. Quant au féminin, qui peut paraître bizarre au premier abord, il est parfaitement naturel, car on peut dire : La gent deprépucée; la race déprépucée.)

— Substantiv. : Un dêprépucé.

DeprÈS ou Des Prés (Josquin), musicien français, né, croit-on, et mort à Condé (Flandre) [1450-152]]. Il fut considéré comme le premier artiste de son temps et 1© plus habile maître qu'ait produit l'ancienne école gallobelge. Il fut premier chantre de la chapelle pontificale, à Rome. On croit que c'est après la mort du pape Sixte IV qu'il se rendit à la cour du duc de Ferrare, Hercule d'Esté^ pour lequel il écrivit la messe intitulée Hercules dux Fer* rari^. 11 fut plus tard premier chantre à la cour de Louis XII, pour lequel il donna de nombreuses compositions, et qui lui accorda un canonicat à la collégiale de Saint-Quentin. Enfin, il devint par la suite doyen de la collégiale de Condé, sa ville natale, où il termina sa vie. On connaît de Deprès trente-deux messes à quatre voix, un Stabat Mater, un De profundis à six voix, des hymnes, des psaumes, quantité de motets, des recueils contenant plus de cent chansons françaises, etc. Ses contemporains le surnommèrent «i le Prince des musiciens ».

DÉPRESSAGE (prè-saj' — rad. dépresser) n. m. Action de rendre des arbres moins pressés, moins rapprochés les uns des autres, en enlevant, en coupant les plus malingres ou les plus jeunes, n Action d'ôter un livre nouvellement relié et qui avait été mis à la presse, il Action de faire disparaître le lustre d'un drap q^ui vient d'être pressé- 11 Action de faire cesser la pression à laquelle un objet, un organe de machine est soumis.

DEPRESSARIA {dé~prè-sa) n. f. Genre d'insectes lépidoptères microlépidoptères, famille des tinéidés, tribu des dépressinés, comprenant plus de cent espèces.

— Encycl. Les deprcssaria sont de petites teignes d'Europe, portant leurs ailes à plat sur le dos, et qui courent rapidement sur les plantes en fieur qui nourriront leurs chenilles. Ce sont des insectes souvent nuisibles dans les potagers, où leurs larves enveloppent de leurs fils soyeux les carottes en fieur, les cumins, etc.

DÉPRESSER (prè-sé — du préf. priv. dé, et do pi^esser} V. a. Oter, tirer de la presse : Déprusser un livre. Il Détruire le lustre donné par la presse : Dépresser du drap., Il Dégager de la pression, rendre moins pressé, il Couper un certain nombre d'arbres pour donner plus d'air et de lumière aux autres.

Se dépresser, v. pr. Etre retiré de la presse, ii Etra délustrô.

DÉPRESSICAUDE {prè-si-/c6d — du lat. dep7'essus, écrasé, et cauda, queue) adj. En T. de zool.. Qui a la queue aplatie,

DÉPRESSICOLLE {prè-si — du lat. depi-essus, écrasé, et coltnin, cou) adj. En T. de zool., Qui a lo col ou le corselet aplati.

DEPRESSICORNE (prè-si— du lat. depressus, écrasé, ot cornu, corne) ni{]. En T. de zool.. Dont les cornes sont, déprimées, ii Dont les antennes sont aplaties.

DÉPRESSIF (prè-sif), IVE [du lat. deprimere, supin deim-ssitm, t'ci-asé] aiij. Qui ilôprimo, qui cause uu eut'uiu-eineiU : Les Oassiiis des fleuves ont élé formés pai' des actiuns

DKl'ItKSSlVES.

— Fig. Qui abat : Passion déprkssive.

DÉPRESSIMÈTRE {prè-si — du lat. dcpvessus, écrasé, et du gr. mètroii, niosure) n. m. Sorte do lùlom&tro à dôprossiun, servant à mesurer les distancos ou pays accidontô. (Il est constitué par une lunette munie d'un niveau ot permettant d'obtenir la distance qui soparo le point visé du point d'observation, à l'aide de la résolution d'un trian^dc.)

DÉPRESSINÉS {prè-si) n. m. pi. Tribu d'insectes coléoptères, famille dos tinéidos, comprenant do nombreux genres. — Un dkprkssiné.

DÉPRESSIOMÈTRE {prè-si — do di'prrssion, et du pr. vuHron, mcsuroi n. m. Astron. Petit appareil destiné à faire oonnaUro la dépression do l'borizon, on donnant l'angle dos rayons visuels menés dans un môme plan azimutal aux deux points opposés de l'horizon, angle dont la moitié représente la dépression do l'horizon.

DÉPRESSION {pré-si — lat. depressio; do deprimere, déprimer) n. ï. Abaissement produit par la pression; enfoncemont ou aplatissement naturel ou accidentel : On appelle vallée une dépression du sol. (L. Figuier.) il Diminution, on parlant des cours des marcnés ; La dépression d'une valeur,

— Fig. Abaissement, humiliation : Craignez de tomber dans cet état de dépression où l'on est contraint de revêtir la livrée de la misère. (Balz.) Il Diminution, abaissement des facultés de l'âme : La perfection des arts jnécnnigues peut s'allier à une grande déprkssion morale et intellectuelle. (Renan.) il Blâme, dépréciation, mépris : Parler d'une personne sans louange et sans dépression. (J.-J. Rousss.}

— Astron. et géod. Dépression de l'horizon^ Angle formé par le plan de 1 horizon rationnel avec celui de l'horizon sensible.

— Cbir. Opération de la cataracte, consistant à abaisser !e cristallin, devenu opaque, dans la partie inférieure du corps vitré. (On dit plus ordinairement abaissement.) il Fracture du crâne, dans laquelle les portions d'os brisés se sont enfoncées de manière à comprimer le cerveau.

— Météor. Centre de dépression. Dans une région à basse pression barométrique, c'est le point ou la pres^ou est minimum.

— Pathoi. Diminution des forces, affaissement.

— Physiq. Affaissement qui se produit à la surface d'un liquide placé dans un tube qu'il ne mouille pas : La dépression de la colonne barométrique.

— Anton. Elévation, exhaussement, soulèvement.

— Avance, bossage, éminence, proéminence, saillie.

— Encycl. Géod. Imaginons un plan contenant la verticale OC du lieu. Soit MO = h la hauteur d'une station O au-dessus du niveau NMT de la mer, OH est l'horizon rationnel, OT l'horizon sensible, et l'anele HOT = a la dépression. R étant le rayon terrestre, oiï a CM = CT = R, et CO = R + h. Or le triangle CTO, dans lequel OCT est aussi égal à a, donne :

CT = CO cos a, ou R=(R + /0 cos a;

En substituant dans cette équation, à la place do cos «, sa valeur :

DEPRESSIF

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