DESCARTES
pokmes : Ars bene valendi {nss), et De pace ckristiana{nsd); des Aliscellanea posthinna (1792), où se trouvent des fables, des odes, des lettres, etc.
Desbœufs (Antoine), sculpteur et graveur en médailles, né à Paris en 1793, mort eo 1S62. 11 obtint, en lSl-1, le grand prix de Rome dans la section de la gravure en médailles et en pierres fines. On n'a de lui qu'un nombre très limité de médailles, dont quelques portraits exécutés sous la Restauration; entre autres, le Sacre de George IV, roi d'Angleterre, le portrait en camée de Louis XVIII, et un buste de Napoléon III, gravé pour la collection de la Commission des monnaies. Il s'occupa do gravure sur pierres fines avec un certain succès jusqu'en 1830; mais, à partir de cette époque, il se livra presque exclusivement aux travaux de sculpture. Ses principaux ouvrages sont : Jeune pâtre jouant avec un chei^reau (1822); la Madeleine pleurant sur le corps du Christ (1824) ; le Christ annonçant sa mission aiuc hommes (1837), à Notro-Damede-Lorette ; Sainte Anne (1840), à la Madeleine ; Saint Bernard (1840), au musée de Versailles ; l'Histoire et la Science (1842), dans la bibliothèque du Sénat; Pandore (1853); le Plaisir (1S61). Citons également : la Vierge de Sparte, au musée dAgen; Voltaire, au Louvre; etc.
DeSBOIS (Jules), sculpteur français, né à Parçay (Maine-et-Loire) en 1351. Il entra, en 1872, à l'Ecole des beaux-arts, où il devint élève do Cavelier. Il exposa, en 1875, une statue d'Orpfiée ; en 1877, une statue, Othniadès, qui fut acquise par l'Etat. Dix ans plus tard, il donna un projet de fontaine : Acis changé en fleuve, et un groupe. Satyre et Nymphe. Desbois s'est depuis distinguo par des travaux décoratifs, qu'il a exécutés à la manufacture nationale de Sèvres. Au Salon du Champ-de-Mars, il s'est fait remarquer par ses étains artistiques, plats, gourdes et menus objets d'art. Parmi ses œuvres de sculpture, il faut encore citer, au musée du Luxembourg : une Léda en marbre (I89i), et une figure do la Misère, en bois (1893), deux œuvres d'un style très personnel.
DesboiS de Rochefort (Louis), médecin français, né à Paris en 1750, mort en 1786. Il fut médecin de la Charité; sa principale gloire est d'avoir été le maître de Corvisart, qui publia après sa mort son seul ouvrage : Cours élémentaire de matière médicale, suivi d'un précis de l'art de foi^iuler (1789).
Desbordeaux (Plerre-François-Frédéric), médecin français, né et mort à Caen (1763-1821), où il professa la thérapeutique. Il était partisan de la doctrine de Bicbat. Son principal ouvrage, qui eut beaucoup de succès, a pour titre : Nouvelle orthopédie ou Précis sur les difformités que l'on peut prévenir et coi'riger chez les enfants (1805).
Desbordes - VALMORE (Marceline-Félicité-Josèphe Desboedes, dame Valmore, ou), femme de lettres française et célèbre élégiaque, née à Douai en 17Sr., inurlc à Paris en 1859. Peu de créatures au monde subirent une existence aussi rigoureuse que la sienne. Fille d'un peintre en armoiries , elle vit les contre -coups de la Révolution porter la misère au foyer paternel. Envoyée à la Guade- Joupe pour y recueillir un héritage, elle dut en revenir plus pauvre qu'au départ et, ayant perdu sa mère, elle demanda des ressources au théâtre, et par suite se condamna à une vie errante.
Après avoir traversé les phases d'un amour romanesque, suivi d'un cruel abandon, elle épousa, à Bruxelles, en 1817, François-Prosper Lanchantin, dit Vahnore, homme affectueux, honnête, mais dénué d'énergie, sans beaucoup de talent. Epouse accomplie, mère incomparable, M™'^ Desbordes-Valmore continua à subir uno rare persistance d'mfortune : gène matérielle, déceptions, deuils.
Elle avait écrit plusieurs volumes de vers : Elégies et romances (1818); Elégies et poésies nouvelles (1824); les Pleurs (1833); Pauvres fleurs! (1839); Bouquets et prières (1843), et plusieurs romans pour la jeunesse. En outre, sa Correspondance ^ signalée d'abord par Sainte-Beuve /1870), et publiée en grande partie par Benjamin Rivière (1896), est restée le commentaire le plus expressif de ses
Foétiques effusions. Toute simple et modeste qu'avait été existence de Desbordes-Valmore, des hommes tels que "Victor Hugo. Alexandre Dumas, Balzac, A. de Vigny, Béranger, Brizeux, la proclamaient leur parente en esprit et la tenaient pour une âme de leur famille. Des fêtes furent organisées en 1896, pour l'inauguration, à Douai, de sa statue faite par le sculpteur Houssin.
Figure émouvante et sympathique, M™" Desbordes- Valmore, presque sans y songer, sans autre science que sa propre émotion, sans autre moyen que la note naturelle, atteignit maintes fois aux sommets du lyrisme.
Desborough, paroisse d'Angleterre (comté do Bucldnghami; 2.900 liab.
DesbouLMIERS (Jean-Augustin-Julien), écrivain français, né a Paris en 1731, mort en 1771. 11 se fit connaître par des romans, des contes, des pièces, des récits anecdotiques d'un caractère licencieux. Nous nous bornerons à citer do lui : les Soirées du Palais-Iioyal (1762); Ue tout un peu ou les Amusem'nts de la campagne (I7ii6- 1708) ; Mémoire du marquis de Solanges (1766) ; Histoire antcdotîque et raisonnée du Thêàtrc-ftalien (1769) ; Histoirt du théâtre de l Opéra- Comique depuis 1712 (1709) ; la Morale du théâtre (1768) ; etc.
DesBOUTIN (Marcelin-Gilbert), écrivain, peintre et graveur français, né à Cérilly (Allier) on 1823. Il entra dans l'atelier de Couture, et alla achever ses études do pointure en Italie. A son retour, il fit jouer à la Comédie- Française Maurice de Saj:e, dramo en cinq actes et en vers, en collaboration avec Jules Amigues (^1870)t et présenta au même théâtre deux autres drames ; le Cardinal iJubois et Madame Uolarid. Mais c'est surtout comme peintre et comme graveur que Desboulin s'est fait connaître. Parmi ses meilloures expositions aux Salons de peinture, nous rappellerons : le portrait du peintre Leclerc (1876);
Mme Desbordes-Valmore.
celui de l'acteur Dailly, dans le rôle de Mes-Bottes, do l'Assommoir (1878); la Femme au chapeau (1883). Comme graveur, Dosboutin a été l'un des premiers à substituer la pointe sèche à l'oau-forte ; ce procédé lui a permis de faire directement, d'après nature, un grand nombre de portraits de nos contemporains les plus célèbres. Son propre portrait, connu sous le nom de l'Homme à la pipe 1 1879), passe pour le meilleur de tous. Il a publié, en outre, la collection des cinq Fragonards de Grasse, gravés à la pointe sèche.
Desbrosses (Robert), acteur et compositeur français, né à Bonn en 1719, mort à Paris en 1799, entra comme acteur à la Comédie-Italienne en 1743, et fut aussi chargé de composer la musique des ballets et divertissements dansés à ce théâtre. Il y fit représenter quelques opérascomiques : les Sœurs rivales (1762) ; le Bon Seigneur U.1&2], et les Deux cousines (1763). Parmi les ballets dont il écrivit la musique, on peut citer les Arnusement s champêtres [1149); l'Amour piqué par une abeille et guéri par un baiser de Vénus (1753), et Vénus et Adonis (1759).
Desbrosses (Marie), actrice française, fille du précédent, née et morte à Paris (1763-1856), débuta à la Comédie-Italienne dans l'emploi des jeunes amoureuses. Elle resta cinquante-trois ans à ce théâtre, qui devint l'Opéra- Comique. Au cours de cette longue carrière, elle dut naturellement changer d'emploi : elle joua les grandes amoureuses et les duègnes, et devint chef de ce dernier emploi. C'est en cette qualité qu'elle créa, en 1825, le rôle de damo Marguerite dans la Dame blanche de Boieldieu.
Desbrosses (Jean-Alfred), peintre français, né à Paris en 1835. Il débuta au Salon de 1861 par les Porteuses d'herbe. Jusqu'en 1872, Desbrosses traita de préférence des scènes champêtres. On peut citer de lui en ce genre : la Paysanne au rouet (1863); la Brouille (1865); la Belle Bougeaudc (1866); la Maison au lierre (1867); le Secret du moissonneur; Moissonneurs aurepos (1868). Après, il se consacra plus spécialement au paysage, et peignit le plus souvent des sites empruntés aux pays de montagnes. Un certain nombre des tableaux qu'il a exposés figurent dans les musées de province; nous citerons : la Côte du Tartaret, le soir (1879); Dans les montagnes (1880); les Gorges du Chaix (1881); le Lac Chambon (18S1); Monistrol d'Allier (1882); le \at de Pralognan (\SS3); le Val d'illers (1885). Mentionnons encore : la Montée du Petit-Saint- Bernard (1882); Mont-Dore; les Fo7ids de la Limagne (1887); Pasde-la-Cère ; le Plateau de Badaillac (1888); etc.
Desca (Edmond), statuaire français, né à Vic-en-Bigorre (Hautes-Pyrénées) en 1855. Il attira sur lui l'attention par une œuvre vigoureuse ; le Chasseur d'aigles, qui, exposé en 1880, reparut en bronze au Salon de 1885, et qui orne aujourd'hui le parc des Buttes-Chaumont. En 1883, Desca exposa une autre statue : VOuragan, et, deux ans après, le groupe de soldats gaulois On veille!; un autre groupe, aussi remarquable, mais d'un genre opposé, qui figurait au mémo Salon : Paix et Fécondité. On peut encore citer pour leur grâce et leur élégance d'autres œuvres do Desca, telles que : Brimborion; le Matador; l'Inquisiteur; Bevanche, et sa Fontaine monumentale de Tarbes (1896).
DesgauS (François), poète français, né à Aix (Provence) au xv!" siècle, qui écrivit dans le goût de Ronsard. Sun style fourmille de néologismes, de locutions surannées, ot il est d'une prolixie insupportable. On a de lui la Lydiade, poème en sept chants (^1602), suivi de quelques petits poèmes.
DESCAMISADOS {dèss, doss) n. m. pi. Mot espagnol qui signifie sans chemise, et qui fut appliqué, par mépris, aux libéraux espagnols qui firent la révolution de 1820. — Un
DESCAMISADO.
— Encycl. Ferdinand VII régnait d'une manière absolue en Espagne, où il avait été rétabli sur le trône après la chute de Napoléon- Le but des descamisados était d'obtenir de lui le rétablissement de la constitution libérale de 1812 ; ils y parvinrent, et le roi fut obligé, non seulement de prêter serment à cette constitution, mais aussi doréunir les Certes. Cependant, le terrain gagné par les libéraux fut rapidement perdu. Des dissensions éclatèrent parmi eux et des influences étrangères intervinrent pour réprimer un mouvement que les souverains d'Europe tenaient pour dangereux. C'est la France qui fut chargée de rétablir Ferdinand VII dans son pouvoir absolu ; l'expédition du duc d'Angoulêrae, dont Chateaubriand avait été le principal promoteur, arrêta et détruisit le mouvement libéral en Espagne. Les descamisados furent ensuite traqués partout par Ferdinand VII et son gouvernement.
Descamps (Jean-Baptiste), peintre français, né à Dunkerque en 1706, mort à Rouen en 1791. Il étudia sous Coypel, son oncle maternel, et sous Largillière, travailla pour les tableaux du Sacre de Louis XV, retraça les circonstances du voyage de co prince au Havre dans uno suite de dessins qui ont été gravés par Lebas, ouvrit à Rouen une école de dessin et obtint la formation d'une école gratuite, dont il fut le directeur. Sou principal titre à la célébrité est une V7e des peintres flamands, allemands et /io//anrfa)s( 1753-1863) de stylo incorrect, mais contenant d'intéressants détails.
Descamps (Jean -Baptiste -Marc -Antoine), peintre français, fils du précédent, né et mort àRouen (1742-1836), où il fut conservateur du musée de 1809 à 1832. On lui doit ; Notice historique sur Descamps (1807) ; Notice biographique J.-J. Lebarbier, peintre d'histoire (i826) ; etc.
pESGARS ou D'ESCARS, ou Des Gars (Jean-François DE PÊRUSSE, duc), général français, né aux Cars (Haute- Vienne) en 1747, mort à Paris en 1822. Il servit d'aijord dans la marine, puis passa dans l'armée do terro et fut nommé colonel en 1774, maréchal do camp eu 1783. Lors de la Révolution, il émigra, fut chargé par le comte do Provence de missions diplomatiques en Suède (1791), servit pendant quelque temps dans l'armée prussienne, et obtint, on 1805, l'autorisation de rentrer en Franco. A la Restauration, il devint général, pair do France et premier maître d'hôtel du roi. — Son fils, Amédée-François- Rkgis, général français, né à Chambéry en 1790, mort à Cannes en 18G8, fut nommé colonel sous la première Restauration, succéda, en 1822, à son père comme pair de Franco et fit la campagne d'Espagne (18221, où sa conduite à la jirise du Trocadéro lui valut le graao do lieutenant
féuéral et le titre do <■ duc >•. 11 commandait une division ans l'arraée qui prit Alger. Après la révolution de J uillet,
il donna sa démission et suivit Charles X à Holyrood et à Frohsdorf. Il revint en France, en 1840,
Descartes (René), philosophe français, né à La Haye (Touraine) en 1596, mort à Stockholm en 1650. Auteur du Discours de la méthode, des Méditations métaphysiques, du Traité de l'homme, du traité des Passions, de la Géométrie, du traité Du monde,... et le vrai fondateur de la philosophie moderne. Descartes a lui-même appris à ses lecteurs que, <■ mécontent des docteurs et des livres », il avait résolu de ne plus chercher la vérité qu' « en lui-même et dans le grand livre du monde ».
Descartes ne fut pas un expérimentateur. Les phénomènes auxquels il appliquait son attention étaient les plus ordinaires et les plus familiers : le mouvement des corps qui tombent, celui de la bille qui en choque une autre, l'écoulement de l'eau dos fontaines, l'ascension des vapeurs dans l'air, etc. Tout jeune, sa famille l'avait obligé à faire des armes, en gentilhomme qu'il était. " Il ne put, dit un de ses biographes, mouvoir ainsi son bras sans se rendre compte des mouvements » , et il composa un traité de l'escrime. Durant les années qu'il passa dans la société parisienne, il se plut surtout à la musique : il fit un Abrégé de musique, fondé, comme la plupart de ses autres travaux, sur les mathématiques.
Pour pénétrer si profondément dans les faits les plus usuels; pour trouver, à vingt-trois ans, une idée comme celle de l'application de l'algèbre à la géométrie, il fallait avoir uno singulière puissance d'abstraction. Qu'il s'agît des phénomènes de lame ou de ceux du monde, il allait jusqu'à ce qu'il trouvât des idées simples et évidentes. " Il y a deux moyens, dit- il, pour s'élever à la connaissance de la vérité sans craindre de se tromper : l'intuition et la déduction. L'intuition n'est pas le témoignage variable des sens, ni lo jugement trompeur de l'imagination, mais la conception d'un esprit attentif, si distincte et si claire qu'il ne lui reste aucun doute sur ce qu'il comprend. » D'autre part, il il est un grand nombre de choses qui, sans être évidentes par elles-mêmes, portent cependant le caractère de la certitude, pourvu qu'elles soient déduites de principes vrais et incontestés par un mouvement continu et ininterrompu de la pensée avec une intuition distincte de chaque chose " .
Ces quelques conceptions : Il ne faut affirmer que ce qui est tellement évident qu'on n'ait aucune occasion do le mettre en doute ; — toutes les idées claires sont vraies ; — la vérité est une même chose avec l'être; — les idées claires s'entre-suivent et on peut remonter du connu à l'inconnu, du simple au composé, » de telle sorte que, si on garde toujours l ordre qu'il faut entre les vérités, il ne peut y on avoir de si éloignées auxquelles enfin on ne parvienne, ni de si cachées qu'on ne découvre - , voilà les fondements de la vraie méthode et des deux sciences que Descartes va édifier :
science de l'étendue, science do la pensée.
Dans son effort pour se dégager de ce qui est incertain ou inutile, il rencontre deux réalités dont sa pensée no peut s'abstiraire : c'est cette pensée même et l'étendue. ''y'
Chacune do ces idées est Descartes,
claire. On a beau douter de
tout: il suffit de réfléchir sur son doute pour voir clairement que douter c'est penser, et que penser c'est exister. Or la pensée est distincte de l'étendue : étendue ot pensée sont irréductibles l'une à l'autre.
Prenons l'étendue; il aj'paraît clairement qu'elle est mobile : « Donnez-moi de l'étendue et du mouvement, et je vous construirai le monde. » De là les deux sciences par excellence ; lagéométrieet la mécanique, unifiéeset simplifiées encore par l'application des signes algébriques, les plus distincts et les plus clairs de tous. Ainsi, en dehors de la pensée, rien n'échappe au mécanisme, et ce mécanisme est le même partout : <» Les règles des mécaniques sont les mêmes que celles de la nature. »
Ces règles, quelles sont-elles? Descartes a entendu les trouver par la seule analyse de ses idées. Sa déduction lui a fait affirmer uno multitude de lois secondaires, que l'expérience a depuis démontrées fausses. Le temps n'a cependant fait que consolider les principes fondamentaux de ce philosophe : la même quantité de mouvement persiste dans le monde, — la nature adopte partout les voies les plus simples...
Ces principes, où donc Descartes les a-t-il puisés? Ecoutons-le ; " Je fis voir quelles étaient les lois de la nature et, sans appuyer mes raisons sur aucun autre principe que sur les perfections infinies de Dieu, je tâchai à démontrer toutes celles dont on ait pu avoir quelque doute et à faire voir qu'elles sont telles, qu'encore que Dieu aurait créé plusieurs mondes, il n'y en aurait aucun où elles manquassent d'être observées. » Mais ce Dieu, qui le • démontre? Nous voyons clairement que c'est une imperfection que do douter. Or qu'est-co qu'imperfection, sinon privation de perfection ? Nous avons donc l'idée d'une perfection dont nous sommes dénués. Comme l'idée claire et distincte ne fait qu'un avec la réalité, la perfection est donc réalité. Autrement dit, Dieu existe, puisque la perfection implique nécessairement l'existence. Ce Dieu parfait a dû faire tout par les voies simples, car faire beaucoup avec peu est distinctement une marque de supériorité. Do là les grandes lois du mouvement, ou de la nature.
La science de l'homme et de la vie se règle par des principes puisés dans ces conceptions fondamentales. Tout est mécanisme dans les corps, tout est pensée dans les esprits. Lapassion.qui joueun tel rôle dans la vie humaine, est un phénomène double; nous pouvons nous en rendre maîtres d'abord parle mécanisme, que la médecine connaît et dirige, puis par la pensée, dont dispose notre attention aux idées claires et distinctes que nous choisissons, auxquelles nous nous attachons comme nous le voulons. Par là, chacun de nous est maître doses passions, de ses dispositions, de ses habitudes. Telle est la morale do Des- (îartes. lOIle touche au stoïcisme, mais elle s'en- sépare et le dépasse infiniment par cette idée chrétienne, moderne
ot française, qu'il faut faire servir la science à l'amélioration do l'huinanitô. V. cartksianismk.
— KiULiOGR. ; Œtwres complètes (Paris, 1824-1826); Œuvres philosophiques (Paris, 1835),
Descartes (portrait de), par Kranz Hais [musée du Louvre). Le célôbro philosopho ost représenté la tôto découverte, vue do trois quarts. Il porto un mautoau noir, un j;rand col blanc rabattu et tient un chapeau à la maiu. Lo Louvre possède un autre portrait do Dost'-artos, jioint par Sébastien Bourdon. Le philosopho ost vu prosijuo do face, la této nuo, le corps enveloppé d"uu mautoau noir, la main droite posée sur une espèce d'appui en pierre, la
fauche tenant un chapeau. A. Pajou a sculpté une statue e liescartes, et Brun, un busto qui est à Vorsaillos. Dans la décoration du palier du grand amphithéâtre do la nouvelle Sorbonue, Chartran a groupé, eu un panneau intéressant. Descartes avec Pascal et le Père Mersenne.
Descartes (Catherine), nièce du célèbre philosopho, née et morte ù Renues (1634-1706). Elle se lia avec M"" do Scudéry ot les beaux esprits du temps, et pulilia, entre autres écrits : l'Ombre de Descaries et la Jlelation sur la mort de Descartes. Ce dernier ouvrage est mêlé de prose et de vers qui ne manqueDt pas de délicatesse, de naturel ot d'élégance.
Descaves (Lucien), littérateur et journaliste, né à Paris on 1861, est lils d'un graveur. Ecrivain naturaliste, à l'observation aiguë, amère et triste, il a collaboré à divers journaux ot publié des ouvrages dont plusieurs ont attiré l'attention. On lui doit : le Calvaire d'Èéloïse Fadaiou {ISS2) ; une Vieille Rate (1833); /a Tef^ne (1885), étude sur le monde des graveurs; la Caseiniey misères du sabre (18S7), scènes d'une brutale sincérité, prises sur le vif pendant son service militaire, qu'U termina comme sergent-major; Sous-o^s (1889), scènes du même genre, qui lui attirèrent des poursuites en cour d'assises, sous Imculpation d'injures à l'armée et d'outrages aux bonnes mœurs, ot qui furent suivies d'un acquittement (1890J; les Emmurés U^d A) y roman sur les aveugles; En villégiature (1896); Soupes llS9B). On lui doit aussi des pièces naturalistes : la Pelote (1888), avec Bonnetain; les Chapons {li90), avec Darien ; la Cage (1898). En 1887, Descaves a signé avec Margueritte, Bonnetain, etc., un manifeste contre Zola, à l'occasion de son roman la Terre.
DescelierS (Pierre), géographe et prêtre français du XVI" siècle, né à Dieppe vers 1500. Ce curé d'Arqués, qui était très versé dans les mathématiques et la géographie, passe pour le créateur de l'hydrographie française. Le premier, il professa cette science à Dieppe. On connaît de lui deux magnifiques portulans, très intéressants pour l'histoire de la cartographie française et de la géographie au XVI" siècle. On dit que l'abbé Desceliers aurait reconnu le premier l'absolue nécessité de la rondeur de la terre et de l'existence d'antipodes, et aurait basé sur cette vérité ses principes d'hydrographie. 11 aurait encore, sur la demande du duc François de Guise, dressé une carte de toutes les forêts de France.
DESCELLEMENT {dé-sè le-man) n. m. Action de desceller ; état de ce qui est descellé.
DESCELLER {dé-sé-lé — du préf. priv. dé, et de sceller) V. a. Briser le sceau, le cachet de : Desceller U7i acte, un diplôme,
— Enlever de son scellement : Desceller une grille.
— Techn. Desceller une glace, La dégrossir jusqu'à ce qu'elle soit exactement plane.
Se desceller, v. pr. Etre, devenir descellé.
DESCEMÉITE (déss-mé^j B. f. Inflammation de la capsule interne do la cornée ou membrane de Descemct. Il On dit mieux descemétite.
DeSCEMET (Jean), médecin français, né à Paris en 1732, mort en 1810. Il est surtout connu par sa découverte do la membrane interne de la cornée, qui porte actuellement son nom. Demours lui en contesta vivement, mais injustement, la priorité. Il a laissé : Réponse à M. Demours sur la lame cartilagineuse de lacornée (1771).
DESCENDANCE {dé-san-danss — rad. descendre) u. f. Filiation, postérité, ensemble des descendants : Prouver sa DESCENDANCE. Avotr une nombreuse descendance.
— Série des espèces qui, dans la théorie de l'évolution, ont conduit par variations successives à une espèce actuelle.
— Par ext. Dérivation, transmission successive ; La
DESCKNDANCE dcs Viots.
— Encycl. L'idée biologique de descendance est née avec le transformisme. Elle ne pouvait, naturellement, coexister avec la théorie de la création do chaque espèce actuelle sous sa forme actuelle. Lorsque le transformisme a soulevé la question de la formation des espèces actuelles
f)ar modification d'espèces antérieures, on s'est natureloment demandé s'il serait possible, soit au moyen de documents paléontologiques, soit au moyen de documents embryologiques, do reconstituer une série ascendante do formes ayant vécu qui permît do remonter progressivement d'une espèce actuelle jusqu'à l'apparition même de la vie. C'est à cette série ascendante (lue l'on a donné le nom assez impropre do descendance de l'espèce considérée. Darwin, par exemple, a consacré un do sos ouvrages à l'étude de la descendance de l'homme.
L'idée do descendance a modiriô de fond en comble les classilications adoptées en histoire naturelle. Au lieu do rapprocher les êtres pour des raisons do ressemblance extérieure, ou a essayé do les rapprocher par des caractères do parenté, par la probabilité do Toxistenco d'un ancêtre commun à ces êtros, à une époque plus ou moins rapprochée do l'histoire du monde.
Ij embryologie a remédié do la manière la plus hourouso à l'insuftlsanco que présentent les documents paléontologiques. Le naturaliste français Serres a lo premier romarfjué que l'embryologie est la répétition do l'anatomic comparée, que u la sério animalo n'ost qu'une longue chaîne d'embryons, jalonnée d'espace en espace ot arrivant onlin â Phomme «. Plus récemment, Fritz MuUor a expliqué le môme principe sous la forme suivante : « Dans son développement embryogéniquo, chaque individu doit revêtir successivement les formes mômes par lesquelles a passé son espèce pour arriver à son état dértnitif. » La descnnilance d un individu ost donc inscrite dans son embryologie, et l'on conçoit, par conséquent, qtio l'étude do l'ombryologio doive être la base d'une classillcatioa naturelle fondée sur la parenté.
Descendance de l'homme (la) [1871], important ouvrage de Charles Darwin , dans lequel l'illustre naturaliste a développé son principe de la sélection naturelle lot établi un principe sei.;ondaire moins important, celui do la sélection sexuelle. — De tous les livres do Darwin, c'est celui qui a été le plus attaqué, mais il l'a été généralement avec passion ot sans discernement. On a prêté, en particulier, à l'auteur des thèses qu'il n'avait jamais soutenues, et c'est do là qu'est sortie la légoudo, reçue dans le grand public, quo Darwin fait doscoudro l'homme du
singO. V. DARWINISME.
DESCENDANT {dè-san-dan), ANTE adj. Qui descend, qui so dirige vers le bas : Chemin descendant.
— Anat. Parties descendantes, Parties des muscles, dos fibres qui se dirigent vers le bas du corps, il Aorte descendante. Partie de l'aorte qui commence au sommet de sa courbure.
— Arithm. Progression descendante, Celle dont les termes vont en décroissant.
— Art milit. Garde descendante. Celle qui, ayant fini son service et étant relevée par une autre, se retire do son poste.
— Astron. Signes descendants. Signes du zodiaque par lesquels passe le soleil depuis lo solstice d'été jusqu'au solstice d hiver, ii Nœud descendant, Point où une planète coupe l'écliptique en se dirigeant du N. au S. : Le nœdd descendant de l'orbite de Vénus.
— Bot. Caudex descendant. Tige qui croît vers le sol. I! Collet descendant, Celui qui prend son développement
en s'enfonçant dans le sol. ii Poils descendants. Ceux qui sont tournés vers la base de l'organe qui les porte.
— Ch. de f. Trains descendants. Ceux qui s éloignent de la gare principale, ii Voie descendante, Voie que suit, dans sa marche, le train descendant.
— Généal. Ligne descendante. Succession des individus issus d'un mémo auteur.
— Mar. Marée descendante. Reflux, mouvement de lamerqui se retire.
rr^JJ Jjji
Gamme descendante.
Mus. Gamme descendante. Suite do sons de la gamme parcourus du son le plus aigu au son le plus grave.
— n. Personne qui est issue d'un individu ou d'une race : Un descendant des croisés.
— Par ext. Individu qui procède d'un ou de plusieurs autres, qui lient d'eux ses qualités ou ses défauts : L'homme est le seul être gui, dans l'ordre intellectuel, compte des ancêtres et des descendants. (L. Grandeau.)
DESCENDERIE [dé-san, ri — rad. descendre) n. f. Galerie de mine qui suit la pente de la couche à exploiter, ii Puits incliné par lequel les mineurs descendent pour gagner leurs postes respectifs aux divers étages de la mine. (On dit aussi descente.)
DESCENDRE [dé-sandr' — lat. descendere; du préf. priv. de, et de ascendere, monter) v. n. Aller du haut vers le bas : Descendre d'une montagne, d'un arbre. Descendre de bicyclette. Il Baisser, prendre un niveau moins élevé : Le the^rmométre descend. La marée descend, h Etre disposé en pente : Chemin qui descend. Il Avoir sa direction du haut en bas : Cheveux gui DKSCEUDEtiT jusqu'aux reins.
Il Aborder au rivage, débarquer : Descendre à terre.
Il Arriver dans un endroit et s'y établir pour y séjourner : Descendre chez des parents, â l'hôtel, il Faire irruption, entrer en pays ennemi : Napoléon rêva de descendre en Angleterre.
— Fig. Déchoir de son rang, perdre de son élévation, de sa noblesse, de sa dignité, il S'abaisser par condescendance; consentir avec bonté : Descendre jw.îçu a la familiarité avec ses inférieurs. \\ S'humilier, s'avilir, consentir humblement : Descendre aux expédients. Descendre 7«5qu'au mensonge, il Prêter une attention minutieuse ou bienveillante : Descendre aux plus petits détails.
— - Particulièrem. Tirer son origine, être issu : Descendre d'une famille illuslre. n Provenir, émaner : Rien ne peut mettre à l'abri des coups qui descendent du trône. (Chateaubr.)
— Fig. Descendre en soi-même, dans sa conscience, au fond de son cœur. S'examiner soi-même, sonder son propre cœur. Il Descendre au tombeau, dans la tombe, dans la fosse, au cercueil{ou autre expression équivalente), Mourir.
il Descendre du trône. Cesser de régner.
— Dr. Faire une descente, se transporter on un lieu en vertu d'un mandat.
— Mar. Tourner du N. au S. n Descendre en latitude, se rapprocher de l'équateur.
— Mus. Passer de l'aigu au grave.
— Turf. Descendre à la cote. Se dit d'un ehoval lorsque la cote à laquelle il est offert par les donneurs devient de plus en plus forte; par exemple, si, après avoir été offert à égalité, il tombe à doux, trois, quatre ou plus contre un.
— V. a. Mettre plus bas, porter d'un lieu haut dans un lieu plus bas : Descendre une pièce de vin à la cave.
— Amener dans un endroit, pour permettre d'y mettre pied à terre : Point tenninus oit un train descend tous tes votjafjeurs.
— Suivre, parcourir do haut on bas : Descendre un escalier, une colline, il Suivre le cours do : Descendre la rivière.
— Fig. Suivre en déclinant, être entraîné sur la pente do : La vie est une montagne qu'il faut gravir debout et descendre assis. (M"" de Lespmasso.)
— Fam. Abattre, jeter mort à terro : Descendre un homme d un coup de fusil.
— Art milit. Descendre la garde. Descendre la ti^anchée. Quitter son poste, Quitter la tranchée pour céder la place à. d'autres, il Pop. Descendre la garde. Mourir.
— Mar. Descendre un navire. Terme do pilote signifiant faire sortir un navire d'un flouvo ou d'un bras do mer.
— Mus. Descendre la ganwie. Passer dos notes les plus aigués de la gamme aux notes los plus graves, il Descendre les cordes d'un ijtstrument, Los relâcher pour leur donner un son plus grave.
— Descendre un cliché, Expression d'atolior qui signifie : Afl'aiblir un clinlié trop intense. V. akfaiki.isnkment.
— Anton. Elever et s'élever, exhausser, hausser, lever, monter, rehausser, relover.
— yVi.ms. insT. : Ne pouvant s'élever jusqu'à moi, Ils m'ont ialt descendre Jusqu'A eux, Insi-rintion satiriipie quo l'on trouva placardée sur lo piédestal do lu colonne