‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 645 sur 870 · DESESSARTS DESGOFFE · texte numérisé non relu

DESESSARTS DESGOFFE

passion pour le théâtre, il abandonna son étude de procureur, aJla jouer on province, et fut engagé, en 1772, à la Comédie-Française, où il tint avec lo plus grand succès l'emploi des financiers et des rôles à manteau. Cet acteur, plein de naturel, de verve et de finesse, était d'une grosseur extraordinaire.

DesessaRTS (Nicolas-Toussaint Lemotne, dit), littérateur français, né à Coutanees en 1744, mort en 1810. H fut successivement avocat et libraire-éditeur à Paris, et composa des ouvrages, qui, pour la plupart, sont des compilations. Nous citerons, entre autres : les Causes célèbres (1773-1789): Choix de 7iouvelles causes célèbres (1785ns?"!; Essai sur l'hisloire générale des tribunaux anciens et modernes (1778-1784); Procès fameux (1786-1789); Dictionnaire universel de police (1786-1790); etc.

DesESSARTS (Jean-Louis-Charles), médecin français, né à Bragelogne (Aube) en 1729, mort à Paris en 1811. Il fut doyen de la faculté de médecine de 1776 à 1778, et membre de l'Institut. Il s'est fait connaître par do nombreux mémoires, éloges et discours; on lui reproche, malgré sa science, trop ae violence et de parti pris dans les discussions qu'il eut à soutenir dans l'école de Paris, n faut citer de lui : Mémoire sur le croup (1807) ; Discows sur les inhumations précipitées ; A7t}ionce sur les moyens de se prémunir contre les dangers de la petite vérole.

Des EssaRTS (Alfred-Stanislas Langlois, dit), littérateur français, né en 1811 à Paris, mort à Clermont-Ferrand en 1893. Il débuta par des poésies, et fut plusieurs fois couronné aux concours de l'Académie. Attaché, en 1846, à la bibliothèq^ue Sainte-Geneviève, il en devint conservateur. Ecrivain délicat, au style élégant, il a publié des ouvrages en prose ou on vers. Nous nous bornerons à citer, parmi ses poésies : Chants de la jeunesse (1846) ; De laube à la nuit (1883); parmi ses romans : les Deux veuves (1862); le Cha7np de roses (1864); les Masques d'or (^1870); le Boman d'un vieux garçon (1879); Pidcinella (1884); etc.

Des EssaRTS (Emmanuel-Adolphe Langlois, dit), littérateur, fils du précédent, né à Paris en 1839. Sorti de l'Ecole normale supérieure, il professa successivement la rhétorique à Moulins, Orléans, Nancy, Nîmes, et fut nommé professeur de littérature à la faculté de Dijon, puis à la faculté de Clermont. Des Essarts débuta très jeune dans les lettres, en collaborant à un grand nombre de journaux et de revues. Outre ses thèses de doctorat : Du type d'Hercule dans la littérature grecque (1871) et De veterum poetarum tum Grxcix, tum Romx, apud Miltonem imitatione (1871), il a publié : Poésies parisiennes (1862); les Élévations, poésies (1864); Origines de la poésie bjrique en France au xvi* siècle (1873) ; Du génie de Chateaubriand (1876); Poèmes de la Révolution (1879); Pallas Athënc (1887) ; Portraits de 77iaîtres (1888) ; etc.

DÉSESSENCIER izéss-san-si-é) v. a. Retirer l'essence

contenue dans une substance : Désessencier des pétroles.

DÉSESTIMER(:és5)v. a. Cesser d'estimer, retirer l'estime.

DÉSÉTABLIR v. a. Troubler ou détruire l'établissement, ruiner une institution.

DÉSÉTABLISSEMENT {man) n. m. Action de désétablir.

DÉSÉTAMAGE [maj") n. m. Action d'enlever l'étain du fer-blanc et de ses rognures, en traitant le métal par l'acide chlorhydrique qui transforme l'étain en chlorure employé comme mordant dans la teinture. (On procède encore au désétamage en soumettant les rognures à l'action de la soude caustique et de l'oxyde de plomb. L'étain se transforme en stannate de soude, employé dans l'apprêt de la teinture des étoffes. On régénère le métal, eu décomposant le stannate par l'acide carbonique.)

DÉSÉTAMER (du pr. dés, et de étamer) v. a Enlever l'étaïu.

DESETINA {dé-zé) n. m. Impôt perçu autrefois, en Moldavie, sur les ruches et les porcs engraissés. (En Valachie, cet impôt se nommait dijmarît et rapportait au prince plus de 120.000 francs par an.)

DÉSÉTOOPER v. a. Enlever l'étoupe de : Désétouper un vaisseau.

DÉSEXCOMMUNIER {zékss-co-mu) v. a. Relever d'une excommunication.

DeSÈZE ou De SÈZE (Romain), avocat et magistrat français, né à Bordeaux en 1748, mort à Paris en 1828, appartenait à une famille de robe. Après avoir fait son droit dans sa ville natale, il fut avocat à Bordeaux de 1767 à 1776, et se rendit ensuite à Paris, où son talent oratoire, ses relations avec Target et on plaidoyer remarqué pour une des filles d'Helvélius lui assurèrent une place mar-

?aante au barreau. Lors de affaire du Collier, la reino le choisit pour conseil. En 1789, enfin, il défendit lo baron de Besenval, accusé d'avoir fait tirer sur le peu-

ftle la veille do la prise de a Bastille, et réussit à lo fairo acquitter par une commission instituée au Châtolet. Cet éclatant succès le mit hors de pair, et, lorsqu'on décembre 1792. lo roi Louis XVI fut traduit devant la Convention, il l'adjoignit à ses défenseurs,

Tronchot et Maleshcrbes. Il prononça à cette occasion un lon^ et émouvant discours qui no put sauver son client, mais (^ui émut les juges. Emprisonné en octobre 1793, il fut libéré par le 9-Tnormidor. Son dévouement inébranlable aux Bourbons le détermina à repousser les avances que lui Ht Napoléon. II en fut récompensé, à la Restauration, par le titre de premier président do la Cour de cassation fjanv. 1815), le cordon ae Saint-Michel et la pairie (1815). En 1816, enfin, il remplaçait Ducis à l'Académie française, où il fut reçu par Fontanes.

Desfaucherets (Jean-Louis Brousse), auteur dramatique français, fié et mort à Paris (1742-18081. Membre du directoire do la Seine en 1791, il fut incarcéré comme

suspect en 1793, puis il devint administrateur des hospices, et enfin censeur au ministère de la police. On lui doit quelques pièces, comédies, vaudevilles, livrets dopérascomiques; une seule, Mariage secret, comédie en trois actes et en vers (1786), obtint un grand et légitime succès,

DESFONTAINEA (rf(*, tè-né — de Des fontaines, n.pr.)Q. m. Genre d'arbustes glabres, à feuilles rappelant celles du houx, type de la famille des desfontalnées (qui comprend cet unique genre), ayant pour caractères : fleurs à calice et à corolle hypogynes ; étamînes à filets courts et à anthères à deux loges ; ovaire à une loge. (On cultive en serres froides et dans les orangeries le aesfontainea Mookeri, à fleurs écarlates, originaire du Pérou.)

DeSFONTAINES , auteur dramatique français, né à Caen, vivait au xvn" siècle. Ce fut un écrivain médiocre, à qui l'on doit une quinzaine de tragédies et de tragicomédies on cinq actes.

Desfontaines (Pierre-François Guyot), littérateur français, né à Rouen en 1685, mort en 1745. Il était entré dans l'ordre des jésuites, et avait même, en cette qualiio, professé la rhétorique à Bourges; il quitta son ordre en 1715 et alla à Paris tàter de la profession littéraire. Collaborateur du " Journal des savants ", du " Nouvelliste du Parnasse» et autres recueils, il fut accusé d'un crime honteux, et, condamné aux galères, n'obtint sa mise en liberté que par l'intercession de Voltaire, à qui il s'était adressé. 11 eut l'ingratitude de diriger contre son protecteur, notamment dans ses Obsei'vations sur les écrits modernes (1735), des attaques qui l'irritèrent vivement. Voltaire répliqua par un lioelle : le Préservatif, où il rappelait les malheurs judiciaires de Desfontaines et leur cause; Desfontaines, dans la Voltairotnanie (nzs) et le Médiateur {1139), rendit injures pour injures. Mais Voltaire portait des coups dont il était difficile do se relever, et qui attirèrent sur son adversaire le mépris public. On a de l'abbé Desfontaines : Dictionnaire néologique {n^Q), ouvrage ingénieux; une traduction du Gulliver de Swift (1727); et un grand nombre d'ouvrages anonymes ou pseudonymes, signalés dans lo Dictionnaire des Anonymes de Barbier. L'abbé do La Porto a donné (1757) l'Esprit de l'abbé Desfoiitaines.

Desfontaines (René Louicue), botaniste français, né à Tremblay (llle-et-Villaine) en 1750, mort à Paris en 1833. Il entra, en 1783, à l'Académie des sciences, après la publication do son ouvrage sur V Irritabilité des plantes. En 1786, Desfontaines est nommé professeur au Jardin dos plantes, en remplacement de Lemonnier, qui démissionne en sa faveur. On a de lui un grand nombre de publications, parmi lesquelles on doit citer : la Flore atlantique (1798), où il donne la description de plus de trois cents espèces de plantes nouvelles, recueillies pendant un voyage de deux ans dans les pays barbaresques ; Catalogue des plantes du jardin du roi, i8l5~iS'30; Histoire des arbres et arbrisseaux qui peuvent être cultivés en pleine terre sur le sol de la France; etc. Son dernier travail a pour titre : Expériences sur la fécondation artificielle des plantes; il démontre la production artificielle des hybrides.

DesfontAINES-LA VALLÉE (Guillaume-François Fonques-DkShayes, connu sous le nom de), littérateur français, né à Caen en 1733, mort à Paris on 1285. Outre des chansons et des romans, il a fait jouer, lo plus souvent en collaboration, un grand nombre de comédies, de vaudevilles, des farces, des parodies, etc. Parmi ses pièces, nous citerons : Arlequin afficheur [1192); la Chaste Suzanne (1793); le Divorce A793); le Mariage de Scarron (1797); Motisieur Guillaume (1800), un de ses meilleurs vaudevilles ; Voltaire (1802); Sophie Arnoult (1805); Gaspard l'avisé (1812); etc.

DESFONTAINÉSIE n. f. Bot. Syn. de fontanésie.

Desforges {Pierre-Jean-Baptiste Choudard. connu au (htaiif s'Mis le nom de), littérateur français, né et mort à Pans (I7i('.-i80r)). Il était le fils adultérin d'une marchande do faïences et du D"' A. Petit. Elevé au collège Mazarin, puis au collège de Beauvais, où il eut pour maîtres Delille et Thomas, l'autour des Eloges, il reçut une excellente éducation. La mort du D' Petit et la ruine de sa famille l'engagèrent à se tourner vers le théâtre. Ce fut d'abord comme acteur qu'il réussit le mieux. Après avoir joué à la Comédie-Italienne, puis dans une troupe de province, il épousa une actrice et partit avec elle pour Saint-Pétersbourg, où Catherine II faisait le meilleur accueil aux comédiens français. De retour en France, il se remaria, après avoir divorcé d'avec sa première femme et écrivit une vingtaine de comédies ou d'opéras-comiques représentés avec un certain succès, et dont les meilleurs sont : l'Epreuve villageoise, opéra boulfon, musique do Grétry (1783); la Femme jalouse^ comédie en vers (1785i; le Saura ou l'Auberge pleine, comédie (1790); les Maris jaloux, comédie en vers (1798). L'ouvrage le plus curieux de Desforges est une sorte d'autobiographie, intitulée le Poète ou Mémoires d'un homme de lettres (1798), où il raconte les aventures licencieuses de sa jeunesse.

Desforges-M AILLA RD (Paul), poète français, né au Croisic on 1699, mort à Paris en 1772. N'ayant pas réussi dans ses premiers essais littéraires, il adressa, en 1732, au Il Mercure de Franco » des lettres en vers et en prose, signées de M"» Malcrais de La Vigne, et qui excitèrent l'admiration des poètes de l'époque, notamment de Destouchos et de Voltaire. Mais, ayant eu la maladresse do lover le masque, il fut sifflé par ceux qu'il avait trompés. Piron a trouvé dans cet incident le sujet de la Métromajiie. Outre les Poésies de il/"* Malcrais de La Vigne (1735), on lui doit : Œuvres en verset en prose (1759).

Desfossés (Romain-Joseph), amiral français, né à Goucsnou (Finistère) en 1798, mort à Paris en 1864. Il entra dans la marine en Î807, assista à la prise d' .Alger, prit part à l'expédition contre laVera-Cruz et Saint-Jean d'UUoa, et conclut un traité avec l'iman de Mascate. De 1849 à 1851, il fut ministre do la marine, et il devint sénateur en 1855.

DeSFOURNAUX (Edme-Etienne Borne, comte), général français, né à Vézelay (Yonne) en 1767, mort à Paris en 1849. Tl était sergent à l'époque de la Révolution. Lieutenantcolonel on 1792. il fut envoyé, la même année, à Saint- Doming^ue, où il se distingua. Nommé général en chef, il contraignit les Anglais à évacuer Saint-Domingue en 1797, devint gouverneur de la Guadeloupe, reçut (I80l) le commandement des renforts envoyés par le premier consul en Egypte, et fut pris par les "Anglais. Remis en liberté, il repartit pour TAmériquo et mit fin à la rébellion de

Toussai nt-Louverture. L'indépendance de son caractère le rit tomber, à son retour, dans la disgrâce de Napoléon. Il siégea successivement au Corps législatif (1811), auxChambrcs de 1811, de 1814 et de 1815, et reçut de Louis XVIII le titre de comte.

Desfours de La GeneTIÈRE (Claude-François), un dos derniers jansénistes, né à Lyon vers 1757. mort en 1819. Elève du collège de Juilly, il unit, pendant toute sa vie. à une grande austérité de mœurs une singularité d'opinions plus grande encore. Défenseur passionné de la doctrine et du parti jansénistes, il se fit l'apologiste des convulsionnaires de Lyon, qui imitaient en secret ceux de Paris. Il écrivit de violents pamphlets contre la Révolution, et aussi contre le Concordat. En même temps, il déployait un grand zèle pour la conversion des juifs; il fut même, à l'âge de quarante-cinq ans, sur le point d'épouser, par esprit de prosélytisme, une jeune Israélite. Toml)é dans la misère, abandonné de sa famille, il voulut être administré, à son lit de mort, par un prêtre interdit. Il a publié plusieurs ouvrages étranges, qu'il a presque tous imprimés lui-même, au moyen do presses clandestines établies dans une cave. On peut citer : les Trois états de /'Âowime (1788) ; Notion de l'œuvy-e des convulsions et des secours (1788); Recueil de prédictions (1792); et enfin un poème épique sur la mort de Louis XVI, intitulé la Véritable Grandeur (1814).

DESFOUX {dé-fou — du nom d'un cha- Desfous,

pelier qui on avait la spécialité) n. f. Casquette de forme élevée et bouffante, dite aussi casquette à ponts, à trois ponts, et qui est spéciale aux souteneurs.

DesgabeTS (Robert), bénédictin de la congrégation de Saint-Vannes, né près de Verdun en 1620. mort à Breuil, près de Commercy, en 1678. Esprit ouvert aux sciences aussi bien qu'à la philosophie et aux lettres, il contribua beaucoup à donner à son ordre une impulsion littéraire et scientiHquo. Il fut mêlé aux premières expériences sur la transfusion du sang. Disciple passionné de Descartes, il crut pouvoir appliquer les principes de sa méthode à l'étude dos questions théologiques.

DesgENAIS, personnage de la comédie moderne, sorte do Diogène en habit noir, raisonneur et sentencieux, introduit par Théodore Barrière et Lambert-Thiboust dans les Filles de marbre (Vaudeville, 1S53).

DesgeNETTES (Nicolas-René Dufriche, baron), médecin militaire français, né à Alençon en 1762, mort à Paris en 1837. En 1793, il sert dans l'armée d'Italie, dont il devient médecin en chef, en 1794. Après avoir été deux ans médecin du Val-de-Grâce à Pans, il prend part à l'expédition d'Egypte. Les armées étaient décimées par la peste; pour donner confiance aux soldats, Desgenettes s'inocule à l'aisselle et à l'aine le pus d'un bubon, et, une autre fois, boit dans lo verre même d'un pestiféré le reste d'une potion qu'il lui avait prescrite ; il organise des lazarets, malgré la vive opposition de Bonaparte, qui entendait sacrifier largement à sa gloire la vie de ses soldats. Il suit la campagne de Russie, est fait prisonnier , rendu immédiatement à la liberté par le tsar Alexandre, repris après la défaite de Leipzig et peut enfin revenir à Paris, en 1814.

Tombé en disgrâce sous la Restauration, il rentre en faveur aux Cent-Jours, et assiste à la défaite de Waterloo. Professeur à la faculté de médecine, il fut destitué en 1822; mais, après 1830, il obtint la place de médecin en chef des Invalides. Malgré l'agitation de sa vie, il a laissé un grand nombre d'opuscules et d'ouvrages, parmi lesquels il faut citer : Tentamen physiologicum de vasis lymphaticis (1789); Analyse du système absorbant ou lymphatique (1792); Histoire médicale de l'armée d'Orient (1802) ; etc.

Desgodets (Antoine), architecte français, né et mort à Paris (1653-1728). En 1674, Colbert l'envoya en Italie, avec mission de faire graver les plus beaux monuments de l'antiquité. Mais, en route, Desgodets fut pris par les Turcs, et demeura seize mois en captivité à Alger. Parvenu enfin à Rome, il dessina avec beaucoup d'exactitude et do savoir les nombreux édifices de l'ancienne cité. Ses dessins furent gravés par Le Clerc, P. et J. Le Pautre, Châtillon, Guérard, Brèbes , Bonnart, de La Boissière, Tournier et Marot. Ce bel ouvrage, les Edifices antiques de Rome, qui coiJta des sommes énormes, parut en 1682. Louis XI V donna à Desgodets les fonctions do contrôleur des bâtiments du roi, et l'Académie lui ouvrit ses portes. En 1718, Desgodets obtint la place de professeur à l'Académio. Il publia, en 1719, un Traité sur les ordres.

Desgoffe (Alexandre), peintre d'histoire et paysagiste français, né et mort à Paris (1805-1882). Elève d'Ingres, il débuta, en 1834. par un Site près d'Arbonne. Plus tard, après un long voyage en Italie qui l'avait jeté dans la grande peinture, il revint exposer à Paris Argus gardant lo. Hercule et le lion de Némév. paysages héroïques à la manière de Poussin. Le Repos et les Joueurs de palet {Salon de 1849) sont deux bonnes toiles. Le Christ aux Oliviers, le Sommeil d'Oreste (1857) marquent le plus beau moment do la carrière du peintre. Mais son talent, depuis lors, alla décroissant.

Desgoffe (Biaise-Alexandre), peintre français, neveu du précédent, né à Paris en 1830. Elève de Flandrin et de Bougueroau; il fit une étude spéciale des bijoux merveilleux, coupes, armes, coffrets, etc., de la Renaissance. On cite Deux coupes d'agate orientale (xvi« et xvii" s.). Vase d'améthyste au xvi* siècle; Vase de cristal de roche (/u xvi« siècle, escarcelle et émaux; Casque circassien, poire^ à poudre orientale, le Casque et le Bouclier de Charles IX (1877); Statue équestre argent et vermeil {\%9,\) ; Vase de Bcnvenuto Celliju (ms) ; Cristal de roche, bibelot, 6i une

DesgeDettes.

Vitt'ine demi-découverte (1899). La plupart des objots pri^cieux qui serviront do modtilo a Dos^'od'o ai)paniomiont aux trésors nationaux français.

Desgranges (lo P. Michel), liiogr. V. DiamANOKS.

Desqraviers (Augustin-Claudo Lrconte, chovalior), écrivain, inS à Paris on 1749, mort on 1822. b^n rôcomponso du dôvoiioniop.t qu'il lui avait montré pondant la Rovolution et l'Kmpiro, lo prince do Oonti l'institua son lô^^atairo univorsol. Aprôs la Restauration, Dosgraviors réclama au roi des sommes duos sur lo domain© de l'Islo-Adam, vendu en 1783 par le prinee de Conti au comto de Provence. Louis Xvlll refusa do payer, et Desgraviors lui intenta un procès, qu'il perdit on cassation. Les pièces de ce procès, qui fit L'rand bruit, ont été publiées sous lo titre do : Affaire de M. le chevalier Deagravicrs contre te roi (1821). On a do lui : l'Art du limier (1784) ; Kssai de vénerie (1810); le Pafftut Chasseur (1810); etc.

Des Grieux (le chovalior), héros du roman de Manon Lescaut, par l'abbé Prévost.

— Ce nom est devenu un terme générique pour désigner un jeune homme spirituel, frivole, amoureux, vivant d'expédients et passant sa vie dans des plaisirs pou délicats. En général, on compare ù Des Grionx un amoureux aveuglé au point do ne pas voir l'indignité de sa maîtresse, et capable pour elle de toutes sortes de sacrifices. V. Manon Lescaut.

DeSGROUAIS, grammairien français, né à Magny, près de Paris, en 1703, mort eu 17GG. Il fut professeur au collège de Toulouse, ot publia les Oasconismes corrigés (1796), ouvrage souvent réédité.

DÉSHABILITATION {dé-za, si-on) n. f. Dr. Action do déshabiliter: La dkshabilitation d'uii condamné. (Pou us.)

DÉSHABILITER {dé-za) V. a. Dr. Déclarer incapable, inhabile : La loi dkshabilite certains condamnés. (Peu us.)

DÉSHABILLER [dé-za, et II mil.) v. a. Dépouiller de ses habits, de ses vêtements: Déshabiller un enfant.

— Par exagér. Décolleter, laisser à découvert certaines parties du corps : Beaucoup de toilettes de soirée déshabillent la femme.

— Fig. Mettre à nu, montrer sans déguisement : Déshabiller un hypocrite.

— Mar. Déshabiller un mât, une vergue, Les dégréer en ne laissant que les pièces d'attache.

— Substantiv. n. m. Action de se déshabiller ; état d'une personne déshabillée : Sui-prendre quelqu'un à son dêshauill(-:r.

— Loc. PROV. : Déshabiller saint Pierre pour habiller saint Paul, Faire une dette pour en acquitter une autre ; se tirer dune difficulté en s'en créant une nouvelle.

Déshabillé, ée part. pass. du v. Déshabiller.

— Substantiv. au masc. Vêlement de chambre, habillement plus simple qu'on porte lorsqu'on est chez soi : /7?i petit DÉSHABILLÉ pour faire le ynatin mes exercices. (Mol.)

— Archéol. Cotiret ou nécessaire de toilette. (Cette expression ancienne s'employait aussi pour les sachets de parfumerie à mettre dans ces nécessaires, et encore pour une sorte de robe do chambre portée par les femmes au xvii« siècle.)

— Loc. prép. : Dans le déshabillé, En déshabillé, Quand on est incomplètement ou négligemment habillé, et au lîg., A nu, dans 1 intimité, sans apprêt, au naturel : Chateaubriand, DANS LE DÉSHABILLÉ, fait terriblement bon marché de son parti et de ses amis. iSlo-Beuve.)

Se déshabiller, v. pr. So dépouiller de ses habits ; changer do vêtements.

— Prov. : Il ne faut pas se déshabiller avant de se coucher, Il ne faut pas se dépouiller de son bien avant sa mort.

DÉSHABILLEUR [dé-za, et II mil.) n. m. Organe des minoteries à cylindre, qui enlève l'écorce du grain et le germe, ii On l'appelle aussi désagrêgateur.

DÉSHABITER (dé-za)v. a. Ne plus habiter : Déshabiter une ville, une 7naison. (Peu usité.)

DÉSHABITUDE {dé-za) n. f. Perte d'une habitude : La DÉsiiABiiuDE du travail. (Peu usité).

DÉSHABITUER (dé-za) v. a. Défaire d'une habitude : Déshabituer un enfant de mentir.

Se déshabituer, v. pr. Se défaire d'une habitude, perdre une bahitudo.

DÉSHARMONIE [dé-zar, ni) n. f. Défaut d'harmonie, désarcord, rliscurdance ; La désharmonie dans les opinions engc/idre i/ui'lqiwfjis les guerres civiles. (Inus.)

DÉSHARMONIEUSEMENT ((/(/- ;rtr')adv. Sans harmonie.

DÉSHARMONIEUX {dé-zar', ni-eu), EUSEadj. Qui n'est pas harmuiiicux. (Inu.s.)

DÉSHARMONIQUE (dé-zar', nifc') adj. Qui manque d'harmonie ; (|ui no s'Iiarinoniso pas. (Inus.)

DÉSHARMONISATION (dé-zar', si-on) n. f. Action do trontiler riiarinuEiii', do désharmonisor.

DÉSHARMONISATIVITÉ (dé-zar' — rad. désharmoniscr) n. f. Faculté do détruire ou inclination à détruire l'harmonio pour établir la diversité par les contraires, dans lo système do Fourii^r.

DÉSHARMONISER (dé-zar') V. a. Déranger, troubler l'hainioiiio do : Dicshakmoniser tes partis.

DÉSHASHÈU, village d'Kgypto, sur la rive gaucho du Ralir-Yousouf (prov. de Bém'Souef). Dans la montagne voisine était uno dos nécropolos do la grande ville voisine Iléracléopolis, où Flinders Potrio a découvert, en 1897, dos tombes do la v» et de la vi" dynastie.

DeshauteraYES ( Michel -Ango- André Lk Roux, dii|, oriciiralisic^ fran<;ais, né à Conflans-Sainto-Honorino, près de Pontoiso, on 1724, mort à Ruoil en 1795. Etienne Fourmont, son oncle, lui apprit à la foi.s l'hébreu, l'arabe, le syriaque et lo chinois. Kn 1745, il fut attaché ù. la bibl)othéi|UO du roi, en qualité d'interprète : on 1752, il fut nommé professeur d'arabo au Collège do France : il oceupa rotto chaire pendant trente-deux ans. C'est lui qui dirigoft l'ifnpression du fameux ouvrage <iu P. Mailla, intitulé : //intuiro gihiéralc de la Chine, ot qui l'annota.

DeshAYCS fOérard-Paul), naturaliste français, né à Nancy on 1795, mort ù Boran (Oise) on 1875. 11 sadonna

DESGRANGES — DESIIYDROGÉNATION

à l'étude des coquilles fossiles et devint professeur administrateur du Muséum, ù Paris. Outre do nombreux mémoires, on a do lui : Dusrription des roquillagcs fossiles des enviro7is de Paj-is {\H2\~lKV.>); Traifi\ vhhneniaire. de conchyliologie (1834-1858); Il'fitoirc naturelle des mollustiucs de l'Algérie (1845) ; IJcscriplion des ayiimaux sans vertèbres découverts dans le bassin de Paris (1857-186:)) ; Conchyliologie de l'ile de la liéunion (18G3) ; etc. Il a continué Y Histoire des mollusques terrestres et fluviatHes Je Férussac (1838-1851), et publié les Mollusques décTits et figurés d'après la classification de (ieorgcs Cuvicr.

Deshayes fProsperDidier), compositeur français. On ignore la dato ue sa naissance, et celle do sa mort. Deshayes so fit connaître d"al)ord par doux oratorios exécutés au Concert spirituel : les Mnchabées, on 1780, et le Sacrifice de Jephté, en 1786. Puis il fit représenter les ouvrages suivants: le Faux Serment \\1%&) ; l' Auteur à. lajnode {ilSG); le Paysan à prétention (1787); Berthe et Pépin (1787); ^é lia on le Mari à deux femmes (1791); Mélite ou le Pouvoir de la nature (1792) ; Bella ou la Femme à deux maris ; le Petit Orphée {lld^) ; le Mariage patriotique (1193) ; la Fin du Jour [1193); Don Carlos (1800); Èenri de Bavière {\&03) ; etc. On doit encore à cet artiste trois cantates, exécutées à la Société académique des enfants d'Apollon : Achille seul dajis sa tente, Diane et la Chute de Phaéton.

Deshayes (Jean-Baptiste-François), acteur français, né et mort à Paris (1818-1870). Il joua successivement à la Gaîté, à rOdéon, de nouveau à la Gaîté, aux Variétés, à la Porte-Saint-Martin, etc. Il a créé un grand nombre de rôles dansdes drames. Excellent comédien, chaleureux, sympathique, les rôles mi.xtes, où le comique s'unit au dramatique, lui convenaient particulièrement.

Deshayes (Léon-Paul), acteur français, né et mort à Paris (1833-1891). Cet artiste de talent a joué sur la plupart des théâtres de Paris et a remporté surtout des succès dans le drame. Il a créé un grand nombre do rôles, notamment dans l'Officier de fortune, l'Ami des femmes. Don Quichotte, Patrie, l'Assojnmoir, les Enfants du capitaine Grant, etc. En 1888, il se fit directeur de tournées, puis devint régisseur général du Chàtelet.

DESHAYESIA (dé-za-ié) n. f. Paléont. Genre de mollusques gastéropodes cténobranches, famille des naticidés, comprenant des coquilles subglobuleuses, épaisses, à spire courte, abouche semi-circulaire. (L'espèce type du genre est la desha)jesia Parisiensis du tertiaire parisien [éocène et miocène inférieur].)

Deshays (Jean-Baptiste), peintre français, surnommé l9 Romain, né à Rouen en 1729, mort à Paris en 1765. Il reçut des leçons de son père, puis de Restout, et composa sa Femme de Putiphar, qui annonçait un véritable peintre. Le grand prix de peinture, qu'il obtint en I75i, le mit en relation avec Vanloo, sous la direction duquel il travailla trois ans. C'est à cette époque qu'il composa Loth et ses filles, Psyché évanouie et Céphale enlevé par l'Aurore. De retour à Paris, après un séjour à Rome, il épousa la fille de Boucher et entra à l'Académie en 1758. Doué d'une imagination vive, ardente, passionnée, il a traduit spontanément dans quelques esquisses splendides les inspirations qui lui sont venues. Fiévreuses, tourmentées, inhabiles, ces compositions révèlent du génie, plutôt oue du talent. Le musée de Rouen possède de lui : la Flagellation de saint André et le Martyre du même saint. Le musée de Montpellier possède son morceau de réception à l'Académie : \ énus jetant des ficui's sur le corps d'Hector, esquisse vaillante et magistrale. Citons encore : Jupiter et Antiope ; l'Etude; le Comte de Comminges ; la Charité romaine ou la Piété filiale, et surtout saint Benoît ynnurant , le chefd'œuvre de Deshays, composition d'une vérité et d'une expression justement admirées.

désherber {dé-zèr') v. a. Oter les mauvaises herbes de, sarcler.

DÉSHÉRENCE {dé-zé-ranss — rad. déshéritei-) n. f. Absence d'héritiers naturels : Succession eti déshérence.

— Encycl. Une succession est en déshérence lorsqu'il est constant que le défunt n'a laissé pour la recueillir ni héritier testamentaire, ni parents connus au degré successible, et qu'en outre l'envoi en possession n'est réclamé par aucun héritier irrégulior, c'ost-à-diro ni par un enfant naturel, ni parle conjoint survivant du défunt. Dans ces conditions, aux termes do l'article 723 du Code civil, la succession est dévolue ù. l'Etat.

L'administration dos domaines, après avoir fait apposer les scellés et fait procéder à un inventaire pour établir la consistance de l'actif mobilier, doit demander l'onvoi en possession au tribunal civil du lieu où la succession s'est ouverte. Les héritiers qui, A l'origine, ne so sont pas révélés, peuvent par la suite exercer utilement, pendant trente ans, leur action en pétition d'héréilité contre l'administration dos domaines. Le droit attribué à l'Etat peut s'exfrcer également sur la succession d'un étranger décédé en Franco sans héritiers réguliers ni irréguTiers.

DÉSHÉRITEMENT {dé-zé, man) n. m. Action do déshériter ; son résultat : Le ufiSHÉEiTEMENT d'un fils ingrat.

DÉSHÉRITER {dé-z>') v. a. Priver do sa part d'héritage : Menacer ttn parent de le dkshiîriter.

— Fig. Priver, frustrer : Les grandes villes absorbent toutes les forces et déshéritent /es campagnes.

— Syn. Déshériter, exhéréder. Déshériter, c'est simplemont priver quoiqu'un de l'héritage auquel il avait droit d(* s'attendre; Vexliéréder, c'est déclarer par un acte formel la volonté do l'exclure de cet héritage. Do plus, déshériter est du langage ordinaire, et exhéréder osi un torrao de législation qui ne s'emploie guère qu'en parlant des anciens.

Déshérite, ée part. pass. du v. Déshériter.

— Suî)stantiv. Personne dépourvue do dons naturels ou do certains biens que les autres possèdent : L'intimité est si rare entre ces pauvres déshbritrs d'ajnour qu'on appelle les rois de la terre! (Alex. Dum.)

DÉ3HEURER (dé-zeu — du préf. priv. dés, ot de heure) V. a. Trouhlor dans la régularité do ses occupations, déranger dans SOS habitudes réglées ;

Les Hv o\\ïllow dùsheurent tout lo monde.

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