V. DEVELOPPEMENT
— n. f. Syn. do subkace développable.
— Encycl. Géom. On démontre aisément que les surfaces developpables, ou simplement les developpables , sont des enveloppes d'un plau variable, ne dépendant que d'un soûl paramètre. Ce sont donc dos surfaces réglées, dont le plan tangent en un point d'une génératrice est le mémo pour tous les points de cette génératrico. Chaslos a montré qu'une surface est développable : 1° lorsque l'anglo de doux génératrices est inliniment petit par rapport à leur plus courte distante; 2" lorsque la plus courte distance de deux génératrices inliniment voisines est infiniment petite par rapport à leur angle. Les surfaces cylindriques répondont au premier cas; les surfaces coniques et celles qui sont engendrées par le mouvement d'une droite assujettie à rester tangente à une ligne à double courbure répondent au second. Cette ligne est la ligne de striction de la surface; on l'appelle aussi Varête de rebrousseinent, parce que la section d'une développable par un plan quelconque présente en général un point de rebroussement sur la ligne de striction.
Une développable peut être définie au moyen de deux directrices, de deux noyaux, d'une directrice et d'un noyau : c'est, dans tous les cas, l'enveloppe des plans tangents communs aux courbes directrices et aux surfaces noyaux; c'est encore l'enveloppe des cônes ayant leurs sommets sur une directrice et passant par une autre directrice ou circonscrits à un noyau.
Certaines developpables se rencontrent dans l'art de l'ingénieur : ce sont celles dont le cône directeur est de révolution ; on les appelle surfaces d'égale pente. V. pente,
HÉLlCOiDIi.
DÉVELOPPANTE [lo-panV) n. f. et adj. Géom. On dit
qn'uiM- ri. 11:1)0 est une développante lorsqu'elle peut être coiisulcrci» comme décrite par lune de ses extrémités d'un fil d'abord enroulé sur une courbe à laquelle il est fixé par son autre extrémité et que l'on déroule de manière qu'il soit toujours tendu. (Il est évident que tous les points du fil tendu décrivent des courbes qui, d'après la définition précédente, sont dos développantes de la courbe sur laquelle il est enroulé.)
— Encycl. Les développantes d'une circonférence sont des courbes transcendantes toutes égales; elles sont utilisées dans la détermination des profils de dents d'un engrenage cylindrique. Les développantes de l'hélice sont des développantes de cercle.
DÉVELOPPATEUR (lo-pa) n. m. Photogr. Corps susceptible de développer l'image latente. (V. développement.) [Un grand nombre de corps réducteurs peuvent être utilisés. Un très petit nombre appartiennent à la chimie minérale ; la plupart, sont des composés organiques appartenant à la série aromatique.]
DÉVELOPPÉE {lo-pé) n. f. Géom. On appelle développée d'une courbe plane l enveloppe de ses normales, ou encore le lieu do ses contres de courbure.
— Encycl. Un arc quelconque de la développée d'une courbe plane est égal à la différence dos rayons do courbure qui aboutissent aux extrémités de l'arc considéré. Il résulte de cotte propriété fondamentale que la développée d'une courbe algébrique plane est une courbe algébrique roctifiable.
La développée d'une circonférence est son centre; colle d'une cycloido est une cycloïde égale; colle d'une épicyclo'ido est une épicycloide semblable.
On ne peut pas étendre directement la définition précédente aux lignes à double courbure; on démontre, en elfot, qu'il n'y a pas do courbe qui soit tangente aux normal(;s principales d'une ligne à double courbure. Par extension, on appelle développée d'une courbe tjnuche une autre courbe dont les tangentes sont toutes normales à la première. Il résulte de cette définition qu'une courbe gauche a une infinité do développées dont lo Hou géométrique est la surface polaire (v. polaire) do la courbe. Los développées d'une courbe gauche sont toutes dos courbes gauchos. Si l'on applique aux courbes planes cotte nouvelle définition, on trouve qu'elles ont aussi une infinité de développées, parmi lesquelles une soulo est piano : c'est celle qui est fournie par la première définition. Los autres sont dos hélices.
DÉVELOPPEMENT ilo-pe-man) n. m. Action do développer, do déployer, de dérouler; son résultat : Z,e développement d'une pièce d'étoffe, d'une tapisserie roulée.
— Croissance dos corps organisés : Le développkmknt d'un bourgeon, d'un germe, il Action d'étendre ; étendue, ampleur : A« développement de l'avant-bras est dû à l'action d'un muscle.
~ Kig. Extension progressive : Le développkmknt(/'i»i(' maladie, d'une passion, d'une industrie, n Exposition détaillée : Le DEVELOPPEMENT d'uu système, d'une doctrine. L'ntrcr dans des développements.
— Algôbr. /férvlt)pi>v7ncnt du hindmr. V. niNÔME (do Newton), il Jh'rr/opfiruirnt de Taylor. V. Taylor. h Développement de Mac-Lnurin. V. Mac-Lahuin.
— Archit. Extension, sur une surfacn plane, des surfaces qui enveloppent un voussoir un touln jiiiire pièce do trait. Il Dessin des plans, des coupes et dos élévations sur toutes lo8 surfaces d'un édifice.
— B.-arts. Ligne largement dévoloppéo : /'){;»r0 fui pr^acnte de beaux développements.
— Photogr. Opération qui a pour but do faire apparaître l'image latente produite lors de l'exposition de la plaque sonsiTilo dans la chambre noire.
— Véloc. Trajet, distance que parcourt un vélocipède pondant un tour complet du jiédalior.
— Encycl. Géom. I)éveloppeinent du cglindrc droit. La section droite se transforme en une droite de mémo longueur ; les génératrices deviennent des porpondiculaircs sur cette droite ; elles conservent leur longueur. On obtient lo diveloppemrnl d'une courbe quelconque à la surface du cylindre eu déterminant le développenu?nt do ses dirt'érents points d'intersection avec les génératrices. (Lo dévoloppcmont do la section piano d un cylindre do révolution trouve son application dans la confection, par les poôliors, des patrons do leurs tuyaux coudés.)
Développement du cône. On le coupe par une sphère ayant son centre au sommet. Cette section se développe suivant un arc de cercle d'égale longueur et d'un rayon égal au rayon de la sphère ; les génératrices so développent suivant des rayons do cet arc de cercle. On obtient le développement d'une courbe située à la surface en développant les points d'intersection avec les génératrices. .
D'une façon générale, étant donnée une courbe sur uno développable quelconque, on en obtieut le développement au moyen des développements de ses intersections avec les génératrices. Il suffit de remarquer que ces génératrices se développent suivant des tangentes à la transformée do l'arèto de rebroussement et que leur longueur, depuis le point do contact jusqu'à l'intersection avec la courbe, se conserve. D'autre part, les angles formés par les tangentes à la courbe et les génératrices aboutissant au point de contact se conservent aussi dans le développement. Cette propriété permet d'obtenir, en môme temps que la transformée d'un point de la courbe, la tangente en ce point à la courbe développée. Enfin, les points d'inflexion de la courbe développée proviennent do ceux de la courbe dans l'espace pour lesquels le plan osculateur est perpendiculaire au plan tangent à la développable. V. vis d'Archimède.
— Biol. Le développement est l'ensemble des phénomènes par lesquels l'élément reproducteur devient l'être adulte animal ou végétal. On emploie couramment le mot développement, non seulement pour la désignation des phénomènes généraux qui conduisent du germe à. l'adulte, mais même pour celle de phénomènes partiels ; on dit : le développement du foie, le développement du roin, etc. V. embryogénie, évolution individuelle, germination, etc.
Le mot u développement » a encore une autre signification en biologie; il sert à exprimer l'accroissement d'une partie du corps par rapportaux autres ; le principe de Lamarck s'exprime en disant que l'usage répété d'un organe détermine le développement de cet organe. V. hypkrtrophie.
Soit dans des cas normaux, quand un organe employé par la larve devient inutile chez l'adulto, soit dans des cas pathologiques ou tératologiquos, quand les conditions de nutrition d'une partie du corps deviennent défavorables, on dit qu'il y a arrêt de développement. V. atrophie.
— Photogr. Quand on se sert du collodion humide et de ses succédanés, l'image latente est développée en plongeant la plaque sensible insoléo dans une solution acide d'azotate d'argent, additionnée d'un corps réducteur, d'un sel ferreux le plus souvent. Ce dernier réduit l'azotate d'argent et l'argent, mis en liberté, se précipite sur les régions impressionnées de la plaque. C'est là le développement physique. Lorsque la plaque sensible renferme assez d'argent pour constituer l'image, il est inutile d'additionner le bain développateur d'azotate d'argent ; ce bain no fait que décomposer le sel d'argent (bromure, iodure ou chlorure) insolé que renferme la couche sensible ; c'est le cas du collodion sec et du gélatino-bromure. Ce modo de développement constitue lo développement chimique.
En présencn du sel d'argent impressionné ot d'un corps réducteur approprié f pyrogallol, nydroquinone, pyrocatéchine, etc.), l'eau du bain est décomposée : l'oxygène oxyde le corps réducteur, l'hydrogène décompose lo sel d'argent, mettant en liberté lo métal qui constitue les noirs do l'image et formant do l'acide brombydriqueiodhydrique ou cblorhydriquo. Ces acides tendant à attaquer l'argent, il est nécessaire de les saturer au fur ot à mesure de leur formation : c'est le rôle de l'alcali. Enfin, lo bain, pour so conserver, doit comporter un corps qui empêche le réducteur do s'oxyder lorsque lo bain no sort pas, un conservateur; on emploie le plus généralement lo sulfite do sodium. V. révélateou.
— Véloc. Pour connaître lo développement d'une bicyclette, il suffit do multiplier la circonférence do la roue motrice par lo chiffre qui représente le nombre des dents du grand pignon, et de diviser lo total obtenu par celui qui exprime le nombre des dents du petit pignon. Exemple : uno circonférence do 2", 20 multipliée par 18 (iiombro do dents du grand pignon), puis divisée par 8 (nombre des dents du petit pignon) égale un développement do 4'",î)3. Plus on augmente lo nombre des dents au ç;rand pignon, plus lo développement est considérable ; il est énorme chez quelques machines do course sur piste. Pour lo tourisme, il doit rester voisin de 5 mètres. V. multiplication.
DÉVELOPPER [lo-pé — du préf. priv. dé, et du rad. de envelopper) v. a. Oter do sou enveloppe : Développer un paquet. Il Dérouler : Développer une pièce d'étoffe, un rouleait de tapisserie, n Etendre, allonger, déployer : Développer 50/1 avant-bras. Maison qui développe sa façade sur la rue. Général qui développe les ailes de son armée. Il Faire croître, faire prendre du développement à : La chaleur développe les germes des plantes.
— Par ext. Parcourir : Paquebot qui, dans son année, développe le tour du monde.
— Fig. Accroître, étendre progressivement : DévelopiM-:u .ton intelligence. Développer les germes d'une rnatadie.
Il Faire usage, faire preuve do : Développer toutes les ressources de son talent. Il Découvrir, dévoiler, débrouiller : DÊveloppi-:r un mystère, une affaire embrouillée, il Exposer, présenter, montrer dans le détail : Développer un système, un caractère.
— Algèbr. Développer une fonction, une s^ri'r, Trouver les ditréronts tormos qui y sont implicitement renfermés, ii Développer un calcul, c'est effectuer autant que possible les opérations indiquées, do manière quo chaque résultai partiel sur lequel portera uno des nouvelles opérations formulées soit le plus simple possible.
— Archit. Koproscntor sur un plan les diverses facos d'uQ objet.
DEVELLE — DEVENTER
— B.-arts. Développer une figure. Lui donner uno pose largo, une pantomime pleine d'aisance.
— Géom. V. la partie encycl.
— Méd. Développer le pouls, Lui donner plus do force
— Photogr. Développer un cliché, Effectuer son déve loppemont. V. développement.
— - Techn. Développer les tuyaux. En T. de sapeurspompiers. Les enlever de dessus la bâche, les dérouler du dévidoir et les placer do manière à diminuer les coudes, afin que l'eau puisse arriver à la lance promptement et avec force.
— Télégr. électr. Développer le fil sur le parcow-s d'une ligne télégraphique. Etendre au pied dos poteaux le fil quo l'on doit y fixer avant do faire les soudures de ce fil.
Se développer, v. pr. Etre déployé, déroulé, n S'ctcndro. Il Prendre son accroissement, il IJovonir plus ample et plus fort, en parlant du pouls.
— Fig. S'étendre, progresser : L'âge où la raison se DÉVELOPPE. Il So dérouler, être exposé successivement : Pièce dont l'action ne se développe que lentement.
— Syn. Développer, éclaircir, expliquer. Développer n'est synonyme des doux autres verbes que lorsqu'il signilio éclaircir ou expliquer en donnant tous les détails, en décrivant longuement. Eclaireir. c'est rendre clair, distinct ce qui était obscur, ce qui n'était vu que d'une manière confuse. Expliquer, c'est donner les notions nécessaires pour comprendre, faire connaître le sens des mots, les motifs cachés d'une action qui étonne au premier abord.
— Anton. Envelopper.
— Encycl. Géom. On sait que deux surfaces sont applicables lorsqu'on peut faire correspondre leurs points deux par deux, de façon qu'à un élément de ligne sur l'une corresponde un élément égal en longueur sur l'autre. Développer une surface sur une autre qui lui est applicable, c'est déterminer sur cette autre la courbe qui correspond à une courbe située sur la première. En particulier, développer une développable sur un plan, c'est trouver sur ce plan la courbe correspondant à une courbe située sur la développable.
DÉVELOPPOÏDE {lo-po — de développer, et du gr. eidos, forme) n. f. Géom. Se dit quelquefois de l'enveloppe dos droites qui coupent une courbe donnée sous un angle constant.
DÉVELOUTÉ, ÉE (du préf. priv. dé, et de velouté) adj. Qui a perdu son velouté, au propr. et au fig.
DEVENIR (du lat. devenire, en venir à. — Se conjugue comme venir)v. n. Etre envoie d'être, être fait par un changement ou une transformation ce qu'on n'était pas; passer d'une situation, d'un état à un autre ; De gras, devenir maigre. De riche, devenir pauvi-e. Il Avoir un sort déterminé, une certaine issue : Que sont devrnus ces Césars qui faisaient mouvoir l'univers à /erfr *7rf* .' (Mass.) il Etre par voie de conséquence ou par l'effet des circonstances : Tout ce qui est règle pour le citoyen devient limite pour le prince. (Proudh.)
— Loc. div. : Ne savoir gtte deve7iir. Etre dans une situation extrêmement embarrassante ou pénible. [| iVe savoir ce qu'est devenu quelqu'un, ce qu'est devenue une chose. Ne savoir où ils sont ; les chercher inutilement, il Que devins-je î Que devint-il ! Quel fut mon trouble ou mon saisissement, son trouble ou son saisissement, n Fam. Devenir à rien. Eu parlant des personnes, Maigrir, s'affaiblir extrêmement; en parlant des choses, Diminuer, se réduire considérablement : Mets qui est devenu à rien en cuisant.
Le devenir n. m. Mouvement progressif par lequel les choses se font ou se transforment : un oppose le devenir à l'être. Il Principe du devenir. Principe hégélien, d'après lequel l'absolu se développe par une évolution constante, pour so réaliser et rentrer ensuite de nouveau dans l'absolu.
— Encycl. Philos. C'est avec Heraclite que le principe du rf<?t'('»ir pénètre dans la philosophie européenne. Tout coule, disait-il. Les choses naissent et périssent sans arriver jamais à la plénitude de l'être; elles sont dans un mouvement continuel de génération et de mort, dans un perpétuel devenir. Dans les temps modernes, cette théorie a été le fond do la philosophie hégélienne. Au sommet des choses est une unité suprême, incompréhensible, ineffable, où le fini et l'infini s unissent en se confondant; puis cette unité s'oppose à elle-même, se détermine et commence à devenir; puis, revêtant successivement diverses formes, rentre en elle-même, après uno évolution fatale. Cette évolution do l'idée est l'évolution même du monde. La philosophie de Herbert Spencer est également une forme de la philosophie du devenir. Ernest Renan, dans sa Lettre à M. Berthelot sur les sciences de la nature et les sciences histoj'iques, a cherché si la réalité phénoménale ne présente pas des périodes successives qui correspondent au devenir de l'idée hégélienne. Il conclut que chaque période est un pas vers la Divinité : « Dieu est immanent dans l'enscnible de l'univers, et aussi dans chacun dos êtres qui le composent. Seulement, il no so connaît pas également dans tous. Il so connaît plus daus la plante quo dans le rocher, dans l'animal que dans la plante, daus l'homme quo dans l'animal, dans l'homme intelligent quo dans 1 homme borné, dans l'homme do génie quo dans l'homme intelligent, dans Socrate que dans l'homme do génie, dans lo Bouddha quo dans Socrate. »
Devenish, paroisse d'Irlande (prov. d'Ulstor [comté do Fcrnianagh]), sur le lac Erno ; l.ooo liab. — L'£/f de Dcwnish. dans le lac Erno, possède des ruines intéressantes.
DÉVENTER {van ~ du préf. priv. dé, ot de vent) v. a. Mar. Placer derrière un objet qui inlercopto le vent : DÊvi:ntkr.s('5 voiles, son bateau, il Déventer les voiles, Brasser au vent, pour empêcher (|U0 les voiles no portent.
Deventer, ville des Pavs-Bas (prov. dOvoryssol), sur l'Yssel; 2;i.400 hab. Villoindustrielle : fonderies, fabrique do tapis et de toiUi. Commerce important de bestiaux, do blé, beurre, fromage, nain d'épico. Monuments remarquables : bel hôtel do villo»
Place forte.
Deventer (Hondrick vanV accoucheur hollandais, nA à l,:i llave ou Itîr.l, mort à Voorburg ou 1124. Il rendit d'immenses services à t'obstélrinuo par l'exactitude do ses observations, sa niélhodo précise d'enseignement ot sou précepte fondamental de n'nUervonir que le plus tiird possible dans l'accouchement. 11 a laissé un célèbre Traité à l'usaqe des sages- femmes, paru en doux parties : luno ou 1701, l'autre en 1783, A Loidon, ot traduit daus beaucoup de langues.
catkodralo gothiquo.
DEVERDIK — DÉVIATION
DÉVERDIR (rêr' — du préf. priv. dé. et do verdir) v n Perdre sa couleur verte, en parlaot des étotîes qui sortent do la cuve au pastel, et auxquelles l'air donne, au lieu de leur teinte verte, une nuance bleue.
DÉVERDISSAGE {vér-di-saf) n. m. Techn. Action do deverdir.
Devereux. V. EsSEX (comtes de).
Devergie (Marie-Guillaume-Alphonse), médecin français, né et mort à Paris (1798-1879). Citons parmi ses ouvrages: Médecine léqale, théorique et pratiijiw (1835); Mémoire sur les plaies d'armes à Jeu (1849) ; Traité pratique des maladies de la peau (1854) ; Où finit la raison ? où commence la folie ? (1859).
DÉVERGONDAGE (vèr, daf — rad. dévergonder) n. m. Libertinage effronté, scandaleu.ï. (On a dit autrefois nÉ- VERGOXDE.MENT.) Il Fig. Ecarts extrêmes : DEVEBGoND.ioE a esprit, d imagination.
— Anton. Modération, modestie, retenue, mesure
DÉVERGONDEMENT [vér', man) n. m. Etat dévergondé (Vieux.)
DÉVERGONDER {vér' — du préf. priv. dé, et de l'anc. franc, vergonde, autre forme de vergogne; du lat. verecundia, pudeur) v. a. Jeter dans lo dévergondage, corrompre. (Vx.)
Dévergondé, ée part. pass. Extrêmement débauché ou licencieux : Prince dévergondé. Littérature dévergondée. li Qui marque le dévergondage ; Des allures dévergondées. Des propos dévergondés. — Fig. Qui so livre à dos écarts extrêmes : Une imagination dévergondée.
— Substantiv. : Une petite dévergondée.
— Anton. Contenu, mesuré, modéré, modeste, réglé, retenu.
Se dévergonder, v. pr. Perdre toute pudeur, ne mettre aucune retenue à son libertinage.
DÉVERGUER v. a. Mar. V. DÉSENVERGUER.
Deveria (Jacques-Jean-Marie-Ac/iiiie), dessinateur graveur et lithographe français, né à Paris ou 1800 mort en 1857. Elève de Girodet, il eut de brillants débuts, mais, en 1849, il fut nommé conservateur du Cabinet des estampes, et abandonna ses crayons. En 1822, il avait exposé quelques dessins d'une allure charmante; enfermés dans le même cadre, ils représentaient: Descartes. Racine, Corneille et M"' de Séviqné. Il fit aussi une série de costumes, qui reste un document curieux pour l'histoire du goût romantique. Plus tard, il aborda dans de fort belles aquarelles l'art sérieux; citons : Torquato Tasso présenté à Elisabeth d'Autriche; Translation de la sainte case de la Vierge; Périclès chez Aspasie; une Descente de croix: etc. On lui doit aussi les cartons de vitraux intéressants. Les plus importants sont à Versailles. II a enfla traduit en estampes les tableaux do son frère Eugène.
BeveRIA (i'uffène- François -Marie -Joseph), frère du précédent, peintre français, né à Paris en 1805, mort à Pau en 1865. Elève de Girodet, il débuta par un coup d'éclat dans lo groupe romantique. A vingt-deux ans, Deveria peignit la Naissaiice de Benri IV, vaste toile où son pinceau est hardi et plein de fougue. Mais il fut loin de se maintenir plus tard à cette hauteur. Il exposa, en 1838, une Fuite en Egypte, sans grande valeur, et une Bataille de la Marsaille , qui est au musée do Versailles.
En 1844, sa lîésurrection du Christ lui attira d'amères critiques. Le Salon de 1846 vit l'Inauguration de la statue de Henri IV à Paris; mais Henri IV n'inspirait plus l'artiste. La Mort de Jane Seymour, en 1847, offrit comme un souvenir do son talent.
Dix ans plus tard, le peintre p„,à„„ r,.„«>;,
tenta un nouvel effort dans Eugène Devena.
fes Quatre Henri. Une Déception de Christophe Colomb par Ferdinand et Isabelle (1861) fut son adieu à l'art. Dans les plafonds du Louvre, qu'il exécuta lors de la restauration de ce palais ; quelques morceaux sont assez remarquables.
DEyERlA(ThéoduIo),égyptologue français, fils d'Achille Devéria, né et mort à Pans (1831-1871). Après avoir, en 1857, étudié les musées de Londres et de Dublin, on 1858 il accompagna en Egypte Mariette, dont il resta toujours le collaborateur. La maladie n'a point permis à Devéria de donner la mesure entière de son talent. Il a publié un mémoire sur JVoui, la déesse d'or des Egyptiens (1853); la Monument biographique de Balcenkhonsou (1860-1861)- le Papyrus judiciaire de Turin (1864-1868). Son Catalogue des manuscrits égyptiens qui sont conservés au musée du Louvre a été publié après sa mort, en 1872, par son élèvo et ami Pierret. L'ensemble do ses mémoires a été réuni par Maspero, en doux volumes intitulés Mémoires et fraqments Artiste émériio, Deveria a dessiné les planches d'une partie des i>romièrcs œuvres de Mariette.
Deveria (Jean-Gabriel), frère du précédent, né à Paris en 1844, mort au Mont-Doro en 1899. Il fut attaché, en 1860, au ministère des affaires étrangères, et envoyé on Chine comme élève-intorprèto. Il résida vingt ans dans co pays où il s'élova jusqu'au grade do consul général. Rappelé à l'aris, et attaché au ministère dos affaires étrangères pour 1 interprétation do la langue chinoise, il fut nommé professeur de chinois à l'Ecole des langues orientales vivantes on 1889, puis élu membre d© l'Académie dos
Achille Deveria.
inscriptions et belles-lettres en 1897. Il a publié de nombreux ouvrages, dont les principaux : Histoire des relations de la Chine avec l'Annam (1880), la Frontière sino-annamilu (1886), un Mariage impérial chinois (1887) lui valurent, en 1S88, le prix Stanislas Julien, à l'Iustitut.
DevÉRITÉ (Louis -Alexandre), conventionnel, né à Abbeville en 1743, mort en 1818. Il renonça au barreau pour embrasser la profession d'imprimeur, qu'il exerçait lorsque éclata la Révolution. Partisan des idées nouvelles, Devérité fut élu député à la Convention; lors des débats qui précédèrent le jugement de Louis XVI, il protesta contre ce qu'il regardait comme une violation de fa loi. Il fut décrété d'accusation ; mais il trouva dans Paris même un asile sûr, d'où il ne sortit qu'après le 9-Thermidor, pour demander justice. Il fut réintégré dans ses fonctions et, de là, passa au conseil des Anciens. Après le 18-Brumaire, il fut nommé juge à Abbeville. On a de lui une Histoire du comté de Ponthieu et de la ville d'Abbeviltle (1767), et des Essais sur l'histoire générale de la Picai-diellllo).
DÉVERNIR (vér' — du préf. priv. dé, et de vernir) v. a. Oler le vernis de : L'humidité devernit tes meubles.
Se dévernir, v. pr. Perdre son vernis.
Deveron ou Dovern, fleuve côtier d'Ecosse. Il prend sa source dans le comté d'Aberdeon, et se jette dans la mer du Nord à Banfl', après un cours d'environ 100 kilomètres.
Deverra (du lat. verrere, balayer). Antiq. rom. Déesse qui, après la naissance d'un enfant, protégeait la mère contre la malignité de .Sylvain. Pour rappeler au sauvage esprit des bois la présence de l'homme dans la maison, on se livrait à diverses pratiques, parmi lesquelles était le'balayago du seuil de la porte, avec un balai de moissonneur.
DEVERRE {rpr')n. f. Bot. Genre d'ombellifères, tribu des carum, qui croît en Afrique.
DÉVERROUILLER [l'è-rou-ill [Il mil.] — du préf. priv. dé, et de verrou) v. a. Oter, tirer les verrous de : Déverrouiller une porte, n Mettre en liberté : Déverrouiller des prisonniers.
DEVERS (vèr — du préf. de, et de vers) prép. Du côté de : Demeurer devers Montpellier. (Vieilli.) il Vers, sur, en parlant du temps : S'en aller devers la fin du. spectacle. (Encore plus vieilli.)
— Loc. prép. Par de'^ers. Par-devant, en présence do : Se pourvoir par dkvers le juge. (Ne s'emploie guère qu'en style de procédure.) n En la possession do : Retenir des papiers par devers soi. — Par devers soi signifie encore Dans le secret de son cœur.
DÉVERS {vèr'), ERSE [du lat. deversus, tourné vers le bas] adj. Techn. Qui n'est pas d'aplomb, en parlant d'un mur, d'une colonne.
— u. m. Défaut d'aplomb d'un objet quelconque, n Faco gauche : Le dévers d'une pièce de bois, n Crochet avec lequel on manie le fer, dans les grosses forges, il Ecroulement des couches, dans une carrière d'ardoise.
— Ch. de f. Surélèvement que, dans les courbes, on donne au rail extérieur, afin do faciliter le passage des roues dans la courbe et les empêcher de suivre la tangente. c'est-à-dire de dérailler en passant au-dessus du rail extérieur. (Le dévers augmente à mesure que lo rayon do la courbe diminue.)
DÉVERSEMENT {vèr', man) n. m. P. et cliauss. Action de déverser des eaux d'un canal, de les épancher; état des eaux déversées : Le déversement du trop-plein d'un étang.
— Techn. Action de s'incliner, de pencher de côté, de gauchir : Le déversement d'un mur, d'une planche.
DÉVERSER {vér' — du préf. dé, et do verser) v. a. Epancher, faire couler : La Seine déverse ses eaux dans la Manche. Il Par ext. Faire affluer, amener : Chaque train déverse à Paris un nombre considérable de voyageurs.
— Fig. Faire rejaillir : Déverser la honte, le blâme, le mépris sur quelqu un. Il Soulager en communiquant : Déverser dans le cœur d'un ami le trop-plein de sa douleur.
— Techn. Courber, gauchir, incliner : Déverser une pièce de bois, un înitr.
— V. n. S'épancher, se répandre, en parlant du tropplein des eaux.
— Techn. Perdre son aplomb; se gauchir : Mur gm déverse un peu à gauche.
Se déverser, v. pr. So répandre, s'épancher, n Perdre son aplomb; se gauchir.
DÉVERSOIR {vèr' — do déverser) n. m. Endroit par où s'épanche lo trop-plein des eaux d'un canal, d'un cours d'eau, etc. n Vanne qui sert de décharge, en la soulevant.
— Fig. Issue, débouche : La politique est le déversoir d'une foule d'inutiles.
— Ch. de f. Ce qui, pour les grandes compagnies, excède le revenu réservé dans les produits de l'ancien réseau et est déversé sur le nouveau.
— P. et chauss. Ouvrage de pavage posé diagonalement et en ponte sur l'accotement d'une chaussée, pour conduire les eaux dans lo fossé ou lo ruisseau, il Déversoir de fond. Sorte de canal souterrain qui est muni d'un orifice pour l'écoulement des eaux de fond.
— Enctcl. Hydraul. L'écoulement d'un liquide sur un déversoir correspond à l'écoulement des gaz par un orifice, dû non plus cette fois à une différence de pression, mais à une différence do niveau. Le déversoir, en co sens, n est autre chose qu'un orifice dont on aurait enlevé la partie supérieure, ce qui crée une surface libre continue, aussi bien tout le long do la voine liquide que dans le déversoir lui-même.
Lo déversoir type de Bélanger est composé de la manière suivante : TR lo profil longitudinal du fond, sensiblement horizontal; CBFK un barrage, vertical en aval, convenablement arrondi
en amont; soutenue par S a
un autre barrage d'aval, ~ ^-^E ..
la niasse d'eau reste à ...- ^ Z ^
surface libre horizontale
et repose sur une masse ' B
stagnante KJR, station-
nairo ou, on tout cas, à
mouvements lents; T (
SAES' lo profil de niveau ; FK le seuil do bar-
Déversoir type de Belangci
ct^'"' a^- '^'*''' théoriquement arrondi, de sorte que les blets fluides deviennent sensiblement roctilignos et parallèles on EF. Los équations générales montrent que la
pression varie hydroslatiquement suivant EF et S'R tout comme en ST, où le liquide est sensiblement au repos L application du principe de D. Bernoulli fournit aisément la vitesse commune à tous les filets dans la section contractée EF, ainsi quo l'expression du débit.
Les expériences de Bazin confirment suffisamment la théorie : elles sont d'ailleurs très délicates, car la direction et la courbure de veine changent avec la vitesse, et telle forme donnée au déversoir en amont no sied qu'à une vitesse d'écoulement déterminée.
Pour I*s déversions en mince paroi, on peut admettre simple- ni«,..„i, ment que, dans la section cou- D'"™'"' ""miKe paroi, tractée OB, les filets fluides sont parallèles et ont même centre de courbure ; le rapport C = i so nomme coefficient de contraction.
DÉVER'TIR {vèr' - du lat. devertere. détourner) v. n En 1. de dr.. Se détourner à : Dévertir a des actes.
DevÈS (Pierre-Paul), homme politique français, né \ ^T}?," ?" 1*37, mort à Paris en 1899. Avocat à Béziers il lut élu députe de Béziers en 1876. Il entra, en 1881 dans le cabinet Gambetta, où il eut le portefeuille de l'agriculture. Devès quitta le ministère avec Gambetta en 18S2 et revint au pouvoir comme garde des sceaux dans le cabinet puclerc (1882), dans le cabinet Fallières (1883). Il lut élu sénateur on 1886. '
DEVESE n. f. Portion do terre laissée en jachère, qu'on no laboure qu à la fin de mai, afin qu'elle puisse servir do pâturage aux bestiaux pour l'époque du printemps.
DeveSSET, comm. de lArdèche, arrond. et à 64 kil do Tournon, dans la chaîne des Boutières; 1.529 hab.
DÉVEST(ràr) n. m. Dr. anc. Usité dans l'expression vest et devest, pour désigner la clause que l'on appelait aussi dessaisme-saisme. et qui tenait lieu de tradition pour le transfort de la propriété. (On disait que l'aliénateur s'était dcvestu de la propriété et en avait vestu l'acquéreur.)
DÉVESTITURE {vé-sti - du préf. priv. dé. et de investiture) D. t. Depossession : La devkstiture </'i/;ie charge.
DÉVÊTEMENT (man) n. m. Action de dévêtir; état do ce qui est dcvôtu. (Peu usité.)
DÉVÊTIR (du préf. priv. dé, et de vêtir. — Se conjugue comme ce dernier) v. a. Dépouiller de ses vêtements ou d une partie do ses vêtements : Dévêtir un enfant pour le coucher. Dévêtir un enfant trop relu. 11 Déposer, en parlant dun vêtement: Dévêtir son uniforme.
Se dévêtir, v. pr. Se dépouiller de ses vêtements ou d une partie do ses vêtements.
— Fig. So dessaisir : .S'e dévêtir d'un héritage. 11 So défaire, se détacher : Se dévêtir rf'iin sentiment. (Peu us.)
DÉVÊTISSEMENT (ti-se-man) n. m. Action do se dévêtir, de déposer ses vêtements.
— Fig. Renoncement, dépouillement volontaire : Dante préconise les voluptés du dévêtissement. (Proudh.)^
— En T. de dr.. Abandon, dessaisissement : Faire le DÉvETissEMiiNT de SCS biens en faveur de ses enfants.
DÉVEUVER (du préf. priv. dé, et de veuve) v. n. Fam Cesser d'être veuve, se remarier : A moins d'un miracle elle ne dévedvera de sa vie. (Oct. Feuillet.)
DÊv! {déesse) n. f. Nom général de toutes les divinités féminines de l'Inde, surtout sous leur aspect démoniaque a quelque religion qu'elles appartiennent, mais qui, chez les Çivaïtes, s'applique particulièrement à la déesse par excellence, la Çtiktt de Çiva, considérée comme incorporant en elle les formes diverses, bienveillantes et malfaisantes, do Prithivî, Pârvati, Oumà, Gauri, Dourgâ Kâlî Mahà-Kâlî, Tara, etc. ' '
DÉVIATEUR, TRICE adj. Qui produit la déviation : La force DEViATRicE des rayons lumineux, il On dit quelquefois
DÊVIATIF, IVE.
DÉVIATION {si-on — du lat. deviatio, même sens) n. f. Action de dévier, de sortir de sa voie : La déviation des projectiles est due surtout à la résistance de l'air et à la pesanteur.
— Fig. Ecart ; erreur de conduite : L'anarchie de la régence favorisa la DÉVIATION des esprits. (Ch. Nod.)
; — Action de changer la direction d'une rue, d'un chemin, etc. Il En T. d'assurances maritimes, changement de route.
— Astron. Quantité dont une lunette méridienne s'écarte du plan méridien.
— Balist. Ecart des projectiles du plan de tir.
— Chir. Direction vicieuse que prennent certaines parties du corps : Les déviations de la colonne vertébrale.
— Mar. Dérangement cause à bord dans les directions indiquées par l'aiguille aimantée, par suite des influences magnétiques du fer et de l'acier agissant sur elle.
— Méd. Déviation du sang, de la bile. Passage du sang, do la bile, dans des vaisseaux qui no leur sont pas affectés.
— Electr. Méthode de la demi-déviation. ,So dit de la méthode qui permet de calculer la résistance d'une pile en employant la formule :
r = R (2 f -f- G) où G est la résistance du galvanomètre dont on se sert ; p, une résistance qui a fourni un courant déterminé dans le galvanomètre ; R, une résistance supérieure qui a réduit do moitié l'intensité du courant.
— Enctcl. Astron. Pour rendre les observations aussi précises que possible, on emploie des instruments dits nit'nrfiens, ne possédant qu'un seul mouvement de rotation, et I on observe dans le plan méridien. Ainsi, la lunette méridienne est essentiellement une lunette astronomique mobile autour d'un axo horizontal, perpendiculaire au plan du nicridicn et qui doit être encore perpendiculaire à 1 axe optique do la lunette. Quelque solidement établi que soit cet mstrumont, il y a do grandes difficultés d'installation, d'inévitables causes d'erreur, dont il faudra corriger les observations.
L'inclinaison do l'a-xo de rotation sur l'horizon se détermine aisément à l'aide d'un grand niveau à bulle d'air, suspendu aux tourillons de l'axe : l'angle que fait cet axo avec la perpendiculaire au méridien so nomme déviation
asimutale et peut fttre éliminé de la manière suivante : soient x la ilfrinfimi, H la hauicur liu (lùlo, P l'anj^lo dos cercles allant du [lùlo -au /ônitli et à l'étoile, i la distance polaire d'un astre qui passe au lil do la lunette ; on voit aisément que :
sin P
— tang X =
cotg \ cos II — cos P sin II
ou, avec une approximation suflisanto,
P = X (sin H — cotg ^ cos H);
do mémo, pour un deuxième astre,
P' = X {sin H — cotg a' cos H),
.. . {P'-P)sin 4 sin &'
d où X = ^ „ - . ■ ^ .
cos H 5in (i -A)
Si l'on veut réduire les observations en temps, il suffit do remplacer P'-P par T'-T-(/'-() où T',T sont les temps sidéraux du passage des étoiles au méridien, t' ot t les temps de passage au vcrt-lcal do la lunette.
On peut aussi déterminer la déviation en observant deux passages consécutifs d'une môme circumpolaire, intervalle oui devrait être de 12 heures pour un instrument bien réglé ; il suffit d'appliquop la formule précédente dans le cas de A' = — A, avec l'-T = 12 h.; co qui donne immédiatement
2 COS H cotg a"
— Art vétér. On voit quelquefois, bien rarement, pourtant, des muscles déviés; mais ce sont surtout certaines parties du squelette qui sont le siège de déviatioyis, et principalement celles des membres et de leurs extrémités. On voit, cependant, quelquefois l'épine dorsale déviée (chez le cheval bossu). La queue peut aussi être déviée à droite ou à gauche.
Les principales déviations, chez le cheval, sont : les genoux cagneux (portés en dedans), les pieds pa}iards (portés en deliors); le boulet bouleté (porté en avant), saillant plus ou moins, au lieu de faire un angle rentrant.
Certaines déviations, comme le boulelage excessif qui est dû. à une rétraction des tendons fléchisseurs, ont été traitées par la section do ces tendons et par l'application d'un fer avec une tige coudée soutenant le boulet, qui est un véritable appareil orthopédique.
— Balist. Déviation du tir. Les projectiles lancés par les canons et les fusils sont sujets à dévier accidentellement de leur trajectoire normale, par suite de différentes causes, plus nombreuses encore dans le tir des armes portatives que dans celui des bouches à feu. Dans les premières, la déviation a pour cause la construction même des armes. Dans les dernières, ce sont surtout les variations de densité do l'air et d'intensité du vent qui ont de l'influence, ainsi que la différence dans la force impulsive de la poudre qui n'est pas toujours identique à elle-même, outre l'inégalité de poids impossible à éviter complètement d'un projectile à l'autre. Mais, dans les armes portatives, il faut compter avec les tireurs, non seulement en raison des erreurs de visée qu'ils peuvent commettre, comme les pointeurs des pièces d'artillerie, mais aussi et surtout par suite du défaut de stabilité que l'arme a toujours entre leurs mains et des déplacements accidentels qu'ils peuvent ou bien lui imprimer, par exemple en appuyant sur la détente, ou bien Im laisser prendre, en ne la maintenant pas avec assez de fermeté.
— Chir. C'est spécialement à la colonne vertébrale que s'applique le mot do déviation, dans le langage chirurgical usuel. On divise, depuis Galien, cette déformation do la colonne vertébrale en trois genres, qui ont chacun leur nom particulier ; ainsi, on appelle cypiiose la déviation dont la convexité est dirigée en arrière; lordose, celle qui se porto on avant, et scoliose celle qui s'incline latéralement. Ces types peuvent être plus ou moins combinés. La cause do ces déformations, loin d'être unique, dépend d'un certain nombre d'affections absolument différentes, dont les trois principales sont : le rachitisme, la tuberculose des vertèbres ou mal de Pott, et la faiblesse relative de certains groupes de muscles vertébraux. Los déviations de la partie dorsale entraînent des déformations du thorax, et, par suite, le déplacement et la compression des viscères, a'oii une altération générale de la santé. Les déviations portant sur la partie inférieure do la colonne peuvent être une cause do dystocie. Dans certains cas, des appareils do soutien (corsets do cuir moulé garnis de métal) peuvent prévenirou rectifier les déviations. Dans d'autres, des exercices appropriés rétablissent l'équilibre musculaire. Dans les cas de déviations pottiques acquises, on a proposé le redressement forcé sous le chloroforme (Chipault, Calot), que l'on maintient au moyen de sutures vertébrales (Chipault) ou au moyen d'appareils plâtrés immobilisant le tronc. On no peut rien dire sur les résultats éloignés de cotte méthode, toute réconte, mais dont les résultats immédiats sont assez favorable.s.
— Mar. A bord des nouveaux navires, la déviation du compas atteint des valeurs telles qu'on a été amené ù chercher les moyens d'y parer. Nous savons cpie la variation égale la déclinaison magnétique, plus la déviation, en tenant compte des signes. Autrefois, on se servait de tables do déviation prises pour un compas, dit « compas étalon •>, et on était obligé do les modifier (|uand on avait fait un grand chemin en latitude. Kn se servant des formules do Poisson ot d'Archibald Smith, Thomson est arrivé ii construire des compas compensés dans lesquels on peut, quau'l on possède bien les théories magnétiques quo Gasrhard, officier de marine, a mises ù. portée de tous, compenser les déviations do son compas et calculer les coofUcionts do la formule pour les différents caps du navire. On trace alors des courbes do déviation qui donnent, par uno simple mesure, la déviation à un cap quelconque du compas.
La déviation d'une aiguille aimantée, sous l'influoneo d'un courant électrique, donno des renseignements préncux pour la mesure des courants et sert do base à de nombreux appareils (appareils d'ossai, voltmètre, ampèremétro).
— Méd. DMations de l'uti'rus. On distinguo doux cla'Jses do iltUnatioiis do l'utérus, suivant que cet organe est dévii'> tout d'une oièco (version), ou quo le corps est fléchi sur lo col (flexion). La version, comme la flexion, peut avoir lieu on avant(antéllexion,antéverHion). on arrière(rétrofloxion, rétroversion) ou latéralement (latérofloxion, latérovepsion, droite ou gaucho). Ces déviations ont des causes multiples, parmi losquollo^i il faut citer l'imprudence dos accouchées.
DEVIDAGE
DEVILLEZ
qui so lèvent trop tôt après l'acrouchement, c'est-à-dire avant que l'utérus ait repris son vnltinin i-t s;i position normale. Ces déviations, surtout la rétroversion, pcmvent être un obstacle à la conception. Elles sont souvent curables, quand elles sont do date récente.
DÉVIDAGE (daf) n. m. Action de dévider : Le dèvidagk des soies, ii Atclitsr où l'on dévide. [[ Fig. Long discours.
— Arg. iJcvidagp à l'cstorgue, Mensonge ; fausse accusation.
— Enctcl. Le dt'vidage, en co qui concerne la laine ot le colon, ne s'oxôcuto que lorsque cos textiles doivent étro soumis à la teinture. Le dévidage de la soie consiste ù. tirerlasoie des cocons ; c'est une des principales opérations préparatoires de la lilaturo do la soie.
DÉVIDER (du préf. dé, et de vider) v. a. Mettre en échevoau : Dkvidkr du fiU de la soie, de la laine. Il Mettre en peloton : DÈvmEiirfes écheveaux.
— Poétiq. Faire passer entre ses doigts : Dévider son rosaire. (Lamart.)
— Fam. Dire en causant, traiter en bavardant, u Dévider son écheveau. Exposer co qu'on a à dire, u Dévider un écheveau, Débrouiller uno chose difficile.
— Arg. Dévider le Jar, Parler argot.
— V. n. Manèg. Il se dit d'un cheval quand, en marchant sur deux pistes, ses épaules vont trop vite et que la croupe ne suit pas également.
— Arg. Dévider à l'estorgue. Mentir.
Se dévider, v. pr. Etre dévidé, ii Fig. Se dérouler.
DÉVIDEUR, EUSE n. Celui, celle qui dévide, il Adjectiv. : Ouvrier devideur.
— n. m. Techn. V. dévidoir.
— Sapeur-pompier chargé de manœuvrer les dévidoirs des tuyaux d'extinction d'incendie.
DÉVIDOIR n. m. Instrument dont on se sert pour dévider lo lin, la laine ou le coton en bobines.
— Pôch. Sorte de rectangle à claire- voie , muni d'une poignée, et autour duquel sont enroulées les lignes servant à pêcher en mer.
— Techn. Nom donné à différents outils et instruments employés pour le dévidage des textiles, l'arrosage, etc.
Il Engin des sapeurs-pompiers, qui est généralement une oobiue sur laquelle s'enroulent les tuyaux. (Les pompiers de Paris se servent de deux espèces de dévidoirs : le dévidoir à caisse et le dévidoir à bobine. Le dévidoir à caisse contient de petits tuyaux et les agrès nécessaires pour l'utilisation directe de l'eau des bouches d'incendie.
Le dévidoir à bobine ne porte que les gros tuyaux, roulés sur une bobine montée sur un essieu , et les agrès nécessaires à leur emploi. )
— Encycl. Tiss. Lo dévidoir est un appareil très simple,
Dévidoir (péch.).
Dévidoir à. tuyaux (techn.).
compose en principe d'un tambour ou guindrc hexagoua., sur lequel lo fil provenant des bobines s'onroulo pour former un écheveau, ou inversomenl. Le mouvement de rolation est communiqué au guindro au moyen do cônes do friction; un frein permet do l'arrêter, pour ainsi dire iustaulanémont.
Dévidoir ou de PArgata (ordre du), ordre fondé on 13S6 par Louis d'Anjou, pour les chevaliers do sa suite dans ses truorros du royaume do Naplos. (C'était, d'ailleurs, plutôt un signo do ralliement qu'une marque d'honneur.)
DÉVIDOIR n. m. Nom vulgaire d'une coquille du genre arche, l'arclio bistournéo.
Devienne (Cliarles-Joan-Baptisto d'Agneaux), bénédicliri et é< rivain, né à Paris en nSR, mort on 1792. Il fut historiographe do la villo de Bordeaux, sur laquelle il a laissé dos travaux consultés encore aujourd'hui. IjO principal ost son Histoire de la ville de /iordeaux (Bordeaux, 1771), dont le premier volume .soûl a paru. Il va jusqu'il la minorité do Louis XIV. Dovienuo embrassa avec ardeur les principt^s de la Révolution ot so propo.sait d'écriro uno Histoire générale de ta Franco d'après les principes
qui ont opéré la Hévolution ; mais lo prospectus seul et im premier cahier ont paru en 1791.
Devienne (François), virtuose ot compositeur français, né a Joinville (Haute-Marne) on 1759, mort à Charonton en IHO'S. 11 commença à so produire à la scène, ot fit jouer une dizaine d'opéras : le Mariant- clandestin (1790) ; les Précieuses ridicules {nsi) ; Encore des Savoyards (1792); les VisHandines (1792), vrai petit chef-d'œuvre do musique bouffe, dont le succès a persisté jusqu'à nos jours ; les Quiproquos espagnols (1792); liose et Aurèle (1794); Agnès et Félix ou les Deux espiègles (1795); Volécour ou un Tour de page (1797) ; les Comédiens ambulants (1798); te Valet de deux maîtres (1799). 11 eut aussi une part dans le Congrès des 7'ois, opéra de douze compositeurs, représenté en 1794. Devienne, fort habile dans la connaissance et la pratique do tous les instruments à vent, écrivit pour eux une foule de compositions. Professeur de flûte au Conservatoire, il écrivit une Méthode do la flûte. 11 fut atteint de folie et mourut à l'hospice de Charenton.
Devienne (Jeanno-Françoise Thévenin, dame Gëvaddan, plus connue sous lo nom de M"* Sophie), artiste dramatique, née à Lyon en ITiiô, morte en 1841. Elle débuta comme actrice eu Belgique, fut engagée, en 1785, à la Comédie-Française, où elle fut reçue sociétaire (1786), et prit sa retraite en 1813. Elle excella dans les rôles do soubrette, surtout dans les pièces de Marivaux.
Devienne (Adrien-Marie), magistrat français, né et mort à Lyon (1802-1884). Il débuta dans la magistrature à Lyon, en 1825. Envoyé, en 1843, à la Chambre des députés par lo département du Rhône, il siégea au centre ministériel et fit partie de la Chambre jusqu'eu 1848. Après la révolution du 24 février. Devienne refusa de servir la République et donna sa démission de président du tribunal do Lyon. Mais, en 1852, il fut nommé procureur général à Lyorï, et, en 1858, premier prési<lent de la cour impériale de Paris. Deux ans après. Devienne devint sénateur. Après la mort do Troplong, Devienne fut appelé à lui succéder comme premier président de la Cour de cassation. Lorsque survint la révolution du 4 septembre 1870, Devienne, par suite de révélations résultant des papiers et correspondances de la famille impériale découverts aux Tuileries, se trouva compromis dans des négociations avec Marguerite Bellanger, maîtresse de Napoléon III, tendant à la faire éloigner de Paris à prix d'argent. Il fut donc déféré à la chambre de discipline de la Cour do cassation, mais il put prouver qu'il avait été le mandataire de l'impératrice et qu'il n'avait agi que pour éviter la rupture entre les époux. Devienne reprit à la Cour de cassation ses fonctions, qu'il conserva jusqu'à la limite d'âge.
DÉVIER (lat. deviare; du préf. priv. de, et de via, voie) — Prend deux i de suite aux deux prem. pers. pi. de l'irap. de l'ind. et du subj. prés. : yous déviioris. Que vous déviies) v. n. Se détourner, être détourné de sa route, de sa direction : DÉVIER de son chemin. Colonne vertébrale qui dévie.
— Fig. S'écarter : Dévier des sentiers de la vertu.
— V. a. Faire sortir de sa direction : Cne attitude vicieuse peut, à la longue, dévier la colonne vertébrale.
Dévie, ée part. pass. du v. Dévier.
— Bot. Feuille déviée. Celle dont la face supérieure n'est [)as tournée vers le ciel.
Se dévier, v. pr. Etre, devenir dévié ; perdre sa direction.
DÉVIERGER {vi-er'-jé — du préf. priv. dé, et de vio'ge) v. a. Dépuoeler.
DÉVIGOGNER {gn mil.) v. a. Mar. Gauchir, déformer. Se dévigOêf^GP, v. pr. Etre, devenir dévigogné : Les bois employés trop verts se dévigognext infailliblement.
DeviKOTA ou DÉVIPATNAM, ville de l'Inde anglaise iprésid. de Madras [dislri.-t de Madoura]), à l'embouchure du fleuve côtior Verachalagor dans le détroit de Palk ; 8.450 hab. Port. Prise par les Anglais en 1749, et par les Français on 1758.
DeviLLE, cnmm. des Ardennes. arr. et à 12 kilom. de Mézières, sur la Meuse; 1.325 hab. {Devillois, oises.) Ch. de f. Est. Ardoisières, fonderies, ferronneries.
DeviLLE (Antoine) [le chevalier], ingénieur militaire français, né â. Toulon en 1596, mort on 1G57. Il servit en Savoie, puis revint en Franco, prit part à la prise ou au siège de plusieurs places : Landrocies (1637), He.sdin (1639), etc., et fut chargé de fortifier des villes cédées i la Franco. Son principal ouvrage ost intitulé : les Fortifications d'Antoine Devillc (1629).
DeVILLE (Jean-Achillo), archéologue, né A Paris en 1789, mort on 1875. Il fut receveur des contributions directes, puis devint directeur du musée de Rouen. On lui doit, entre autres ouvrages : Histoire du Château-Oaillard 1 1829) ; Tombeaux de lacathédrale de Rouen (ïS3S) ; Histoire du ch'iteau d'Arqués (1839) ; Fssai sur l'exil d'Ovide (1859) ; Histoire de l'art de la verrerie dans l'antiquité (1874), avec planclies on couleur, ouvrage fort remarquable ot d'une belle exécution typographique.
DEVILLEA (lé) OU DÉVILLÉE n. m. Genre do petites herbes, de la famille des podostémacéos, tribu dos enpodostémonées. f|ui croissent sur les pierres presque submergées des Ili'uves du Brésil. Syn. do carauatk.
DÉVILLE-LÈS-ROUEN, comm. do Soino-Inférieuro, arr. et :l 3 kilom. do Rouen, sur lo Cailly, affluent do la Seine, qui V fait mouvoir de nombreuses usines; 5.653 hab. (Devillois, 'oises.) Filature et tissage de coton ; imnrossions sur indiennes; fabriques do produits chimiques, oriquolories. C'est, en réalité, uu faubourg do Rouen.
DeviLLENEUVE (Jean-Esprit-Mario-Piorro-Lomoiuel. iurisconsulte français, né en 1790, mort en 1S59. Il a publié un Ihclionnairr du contentieux commercial (1839J, on collaboration avec Massé.
Devillez (Adolpho-Barthélomy), savant bolgo, né à Bouillon eu 1816, mort ou 1891 A Mons, où il fut professeur, puis directeur do l'Ecole des mines. On lui doit, entre autres ouvrages estimés ; 7%'oric gtUtérate des machines à vapeur {lf^G2) ; Mécanique considérée comme science naturelle (ISG^); Flémrnts de constructions ciri/t'« (1869) ; Considérations sur les doctrines socialistes et sur l'association internationale des travailleurs (XBlî) ; Ventilation des mines (1875) ; Traité élémentaire de la chaleur au point de vue de son emploi comme force motrice (l8Sl-l88ï).
DEVILLIEN — DEVISME DE VALGAY
DEVXLUEN, ENNE {li-in, en' — de Deville, n. de lieu) adj. Mot créé par DumoDt pour désigner la partie inférieure de l'étage cambrien des Ardeunes. (Il y comprend les ardoises violettes de Fumay, les ardoises aimaniiléres de Deville, les ardoises de Rimogne et le quartzite de Monthermé.)
— n. m. : Le devillien.
DEVILLINE (de Deville, n. pr.) n. f. Sous-sulfate hydraté naturel de cuivre, qu'on trouve daDS le Coruouailles. Variété gypsil'ère de langite.
Devillt (Louis-Théodore), peintre et dessinateur français, né à Metz en 1818, mort à Nancy en 1886. Il fut, à Paris, élève de Paul Delarocbe. Le peintre verrier Maréchal l'attacha à son établissement do Metz, pour dessiner des cartons de vitraux : il y resta vingt-huit ans. En 186-1, Devilly fut nommé directeur de lEcoie de dessin de Metz; en 187*1, il opta,pour la France et s'établit à Nancy, où il fut nommé conservateur du musée, ensuite directeur de l'Ecole régionale des beaux-arts (1882). Devilly produisit plusieurs tableaux qui lui valurent quatre récompenses aux Salons; nous citerons : le Rappel, aquarelle (1840); le Cosaque il^bl); le Marabout âe Siai-Brahim {lSb9) ; Dénouement de la journée de Solférino (1861) ; Mazeppa (1S70) ; les Blessés de Gravelotte {ISIA) ; Amphitrite ; Bacchante endormie (1875): Schtitteurs dans les Vosges (iS76j; Estafette arabe; Entrée d'un café maure; Mort du sergent Blandan au combat de Béni-Mered (1882).
DeviL'S Gâte, canon ou détilé des montagnes Rocheuses, sur le territoire du W'yoming (Etats-Unis).
DEVIN, devineresse {7-èss — du lat. divinus , divin. On employait autrefois le féminin devine) n. Personne qui découvre les choses cachées et prédit l'avenir : JVe croyez pas aux sorciers et aux devins, car ce sont des fripons. (Cormen.)
— Adjoctiv. : Les croassements de l'oiseau devin.
— Fam. Je ne suis pas devin. Je ne puis savoir ce qu'on ne m'a pas dit, comprendre ce qui est inintelligible, il II ne faut pas aller au devin pour en être instruit, C'est ce que tout le monde sait.
— Syn. Devin, prophète. Le devin découvre ou annonce ce qui est caché, soit dans l'avenir, soit dans le passé ou dans le présent. Le prophète annonce seulement l'avenir. Outre cela, le caractère du prophète est sacré, il tient de la divinité sa puissance de connaître l'avenir; le devin ne doit cette puissance qu'à un art magique, ou même quelquefois à sa perspicacité ; ce n'est qu'en parlant des païens qu'on peut attacher un caractère religieux à la personne des devins.
Devin du village (le), pastorale en un acte, paroles et musique de Jean-Jacques Rousseau, représentée sur le théâtre de iOpéra le 1" mars 1753. après avoir été jouée d'abord à la cour le 18 octobre 1752. Cette œuvre emprunta son succès beaucoup plus â la renommée de l'auteur qu'au mente intrinsèque de la musique. Le sujet du poème est une bergerie fade, sans caractères tracés et sans émotions dramatiques. Les mélodies ont im cachet de simplicité et de gaucherie qui dénote à la fois une complète inexpérience dans l'art d'écrire la musique et en même temps un instinct de l'expression des sentiments à l'aide des sons. L'harmonie est pauvre, boiteuse et incorrecte.
DEVIN n. m. Entom. Nom de plusieurs espèces d'insectes orthoptères.
— Erpét. Serpent devin ou substantiv. Devin, Nom vulgaire du boa constrictor.
DEVINABLE adj. Qu'on peut deviner, qui est facile à deviner : Enigme aisément devinable.
DEVINAILLE (na-ill [Il mil.]) n. f. Fam. Art ou profession du devin. (Vieux.) [Devinaille est encore usité dans quelques provinces : il ne signifie plus Art de la divination, mais Action de deviner, avec un sons légèrement péjoratif; il est alors à peu près synonvrae ao devinette. Ce mot désigne aussi l'objet même que l'on propose â deviner.]
DEVINEMENT {mail) n. m. Action de deviner.
DEVINER rad. devin) v. a. Découvrir ou prédire par sortilège : Les sorciers se flattent de deviner l'avenir, ii Par ext. Juger, interpréter, parvenir à connaître par conjecture : Quand les pères ne savent pas ce qu'ont leurs filles, les 7néres le devinent. (Balz.) n Trouver le mot de : Deviner ujie énigme^ un logogriphe, une charade. Il Pénétrer la pensée, les intentions, les projets de : On aime bien à deviner les autres, mais on n'aime pas à êtri-; devink. (La Rochef.) Il Apprécier le mérite caché de : Le mérite d'un gouvernement est de devinicr les hommes. (Th. Gaut.) ii Reconnaître sous un déguisement : Devlner guelr/u'un sous le masque.
— Loc. div. Se laisser deviner. Laisser pénétrer ses desseins ou sa pensée : Diplomate gui se laisse deviner.
Il Etre pénétré, compris malgré quelque obscurité ou quelçiue détour : Quoi de plus permis, de plus irai, qu'un demi-mensonge qui se laisse devinkr? (A. de Musset.)
Il Je vous le laisse à deviner. Vous n'aurez aucune peine à deviner ce que je n'ajoute pas. il Je vous le donne à deviner. Se dit en parlant d'une chose dont on suppose que celui à qui l'on parle ne se douterait jamais, ii Deviner les fêtes quand elles sont venues, Dire des choses que tout le monde sait, annoncer des nouvelles qui sont déjà publiques.
Se devinepf v. pr. Etre deviné, ii So pressentir, se pénétrer, se comprendre l'un l'autre ; Les coquins se devinent. (Duclos.)
— Allus. littêr. : Devine si tu peux, et choisis si tu l'oses, Vers de Corneille dans sa tragédie d'Èi'raclius, acte IV, scène v. Le tyran Phocas veut faire mourir un jeune homme qui a droit à la couronne et qu'il croyait avoir fait périr déjà. Mais il a été longtemps absent et ne sait plus le distinguer de son propre hls. Seule la nourrice qui les a élevés connaît le secret, et c'est elle qui dit ;
Drviru si tu peux, et choisis si tu l'oses! L'un de» deux est ton ftU; l'autre est ton empereur. Ce vers fameux est passé en proverbe, et, bien qu'on le rappelle presque toujours sous une forme plaisante, il exprime avec une grande énergie l'embarras qu'on éprouve quelquefois à se décider entre deux choses, deux résolutions ou deux personnes, qui attirent également. DEVINERESSE n. f. Linguist. V. devin.
DEVINETTE {net") n. f. Ce que l'on donne à deviner; jeu où l'on donne à deviner.
DEVINEUR, EUSE n. Personne qui devine ou qui a la prétention do deviner; devin, devineresse, n Personne qui jugo par voie de conjecture : Un beau, Un plaisant devi-
NEDR. Il Personne qui explique, qui sait expliquer les énigmes, les logogriphes, etc. : Pas un rébus n'échappe a certains devineurs.
DÉVIOSCOPE (sA:o;î'— de déviation, et du gr. skopein, voirj n. m. Physiq. Appareil pour vérifier les l'ois de Foucault sur les oscillations du pendule.
DÉVIRAGE {raf) n. m. Mar. Action de dévirer : Le dévirage du cabestan, il Tour, courbure que l'on fait prendre à une pièce de construction pour qu'elle ait la forme voulue. (On dit aussi devirance.)
— Charpent. Etat dune pièce de bois dont les divers peints d'une même face ne se trouvent pas situés dans le même plan.
— Techn. Desserrement d'une vis sous l'influence des chocs provoqués par le travail de la machine dont elle fait partie.
DÉVIRER (du préf. priv. dé, et de virer) v. a. Tourner en sens contraire : Dévirer un cabestan, i: Dévirer un cordage. Le faire tourner sur son axe dans le sens opposé à son commettage. u En T. de charp.. Donner, par la taille, dos renflements à une pièce de bois , de manière que tous les points d'une même face ne se trouvent pas dans un même plan.
— V. n. Se disait autrefois pour dériver : Un câble qui dévire sur le cabestan.
DÉVIRGINER OU DÉVIRGINI- SER {Ji — du lat. devirginare, môme sens) v. a. Oter la virginité.
DÉVIRGINEUR OU DÉVIRGINI- SEUR iji) n. m. Celui qui ôte la virginité. (Se prend quelquefois adjectivement.)
DÉVIRILISER (du préf. priv. dé, et de viril) v. a. Amollir, énerver, elï'éminer ; Dêviriliser les caractères. (Peu us.)
Se dêviriliser, v. pr. S'énerver, s'etféminer.
De viris (mots lat.). abréviation du titre d'un ouvrage élémentaire de Lhomond, De viins illustribus urbis liom^ [Des hommes illustres de Rome] : Le De viris.
— n. m. Le volume lui-même :
Acheter un De viris.
— Banq. Ensemble des effets de commerce payables sur une même place. (Ainsi, dans le classement du portefeuille des " eti'ets à recevoir » d'un banquier, on place les effets par devises, ceux sur Londres, sur Amsterdam, etc. On dit la devise Amsterdam, la devise Vienne, la DEVISE Berlin, etc.)
— Navig. Nom propre d'un bateau : Les règlements sur k navigation rendent la devise obligatoire; elle est ordinairement peinte sur l'arrière du bateau.
— Sculpt. Ornement en bas-relief, composé de figures et accompagné d'une inscription explicative.
— Encycl. Art héraldique. L'origine des devises est extrêmement ancienne et, sans doute, antérieure aux armoiries régulièrement figurées; elle doit être recherchée et dans les cris de guerre et dans des jeux de mots ayant pour base le nom des propriétaires. En principe, la devise héraldique est une courte sentence écrite sur une banderolle ou listel placé sous l'écu. Elle diffère du cri de guerre en ce que celui-ci se place au-dessus du cimier de l'écu. On entendait au début, par a devise », la figure même servant d'emblème ; ainsi, l'aigle d'Allemagne était la do-
DÉVIROLAGE {laj') n. m. Action (François I« , ,
de déviroler les pièces frappées, de les sertir de la virole qui maintenait le flan, n On dit
aussi DÉVIROLEMENT.
DÉVIROLER (du préf. priv. dé. et do virole) v. a. Après la frappe des flans, les retirer do la virole.
Se déviroler, v. pr. Etre dévirolé, sortir de la virole, en parlant des flans frappés, ce qui se produit automatiquement.
DÉVIRURE OU DÉRIVURE n. f. Nom donné à la coupe de l'ardoise et au filet do plâtre que l'on fait sur le pignon d'un bâtiment, à l'extrémité d'un comble, ii On donne encore ce nom à une coupe longitudinale de l'ardoise, comme celle que l'on pratique le long d'un châssis à tabatière, etc.
DEVIS (vi — subst. verbal de deviser) u. m. Action de deviser. (Vieux.)
— Dr. Devis et marché. Acte par lequel on règle la forme, le poids, la mesure, la quantité, la quotité et le prix d'un ouvrage, et les obligations respectives de celui qui fait faire le travail et de celui qui l'entreprend.
— Techn. Description, état détaillé de toutes les parties nécessaires à la construction d'un bâtiment, d'un chemin de fer, etc., à l'établissement d'un ouvrage quelconque, avec l'estimation des dépenses.
— Encycl. Techn. En T. do construction, le devis est la description détaillée d'un projet de construction de bâtiment, de chemin de fer ou de machine. On y explique la forme et les dimensions de chacune des parties, la manière dont elles doivent être exécutées, la nature et les qualités des matériaux qui doivent y être employés, et enfin l'évaluation des dépenses présumées. Un devis complet se subdivise en : devis justificatif, qui démontre l'utilité do la construction à établir, son but, les bénéfices que l'intérêt particulier ou général peut en tirer; devis descriptif, contenant le détaildes différentes espèces d'ouvrages à faire, la manière do les exécuter et les qualités des matériaux, etc.; devis estimatif, renfermant le prix de chaque ouvrage et la totalité de la dépense.
— D'une façon générale, on entend, par « devis », l'état des dépenses nécessaires pour exécuter un travail. Le devis descriptif comporte le plan et les détails du travail à exécuter. Le devis estimatif tra.ïiG du prix des travaux.
— Dr. admin. Le devis qui accompagne le cahier des charges des travaux forme la base du centrait. Les devis doivent être approuvés par les ministres pour les travaux de l'Etat, par les préfets pour les travaux départementaux et communaux.
DÉVISAGER (je — du préf. dé, et de visage. Prend un e après le g devant les voyelles a et o : // dévisaqea. Nous dévisageons) v. a. Déchirer le visage de : // ne faut pas jouer avec les chats, souvent ils vous dévisagent.
— Fig. Maltraiter do paroles.
— Fam. Dévisager quelqu'un, Le regarder au visage avec une attention et une persistance déplacées : L'habitude (A,' DEVISAGER les gens marque une détestable éducation.
Se dévisager, v.pr. Se déchirer mutuellement le visage : Si on ne les eût retenues, ces deux femmes se seraient dévisagées.
— Pop. Se regarder l'un l'autre avec attention au visage.
DEVISE (subst. verbal de deviser) n. f. Figure emblématique, avec une courte sentence qui l'explique : Les paroles d'u7ie devise.
— Par cxt. Sorte do sentence, qui indique les goûts, les habitudes, les qualités do quelqu'un : Goûter un peu de tout est l'ingénieuse devise au sage. {Christ, de Suède.)
" Par anal. Petite sentence en vors ou en prose, dont on enveloppe certains bonbons et certains jouets : Devises de bonbons. Devises de mirlitons, ii Bonbon onvôloppè dans uno do ces devises.
— Art héraldique. V. la partie encycL
Devisea : 1. De France avant 1789; 2. De la l" République (I"901 ; J. De ville (Paris Fluctuai 7iec^7ner(jitur [Il flotte et ne sombre pas]); 4- De province (Normandie); 5. De rt " ' 6- De famille noble (Montmorency : Aplanôs, Sans errer).
Devise de corporation.
(Bouchers av. 1189.)
vise du Saint-Empire, tout comme les lettres S. P. Q. R. {Senatus populusque romanus) étaient la devise du peuple romain. Souvent, aussi, c'était un véritable rébus portant en lui-même sa sentence, ou bien une véritable exhortation se confondant avec îe cri : Aut Cxsar, aui nihil (<- Ou César ou rien » — devise de César Borgia) ; ou bien encore un symbole faisant allusion à un événement in^ortant, comme la devise de Philibert-Emmanuel de Savoie : Spoliatis arma supersunt (A qui est dépouillé, il reste les armes), après qu'on l'eut dépouillé d'une partie de ses biens.
Quand la devise comporte une figure et une inscription, la première en est le corps, et la seconde Vâmc. Ainsi, un écu chargé d'une tour avec la devise : Turris mea Deus {Ma. lour, c'est Dieu), etc., ou bien la salamandre de François I"" avec les mots : A'utrisco et extinguo fJe nourris et j'éteins). Ainsi disait-on que lo labarum de Constantin portait la croix de Sainte-Hélène avec les mots : In hoc signo vinces (Par co signe tu vaincras), etc. Mais il y avait des règles pour es ligures mêmes : celle de l'homme ne devait jamais être représentée, Il parce que c'eût été comparer l'homme avec soi-même, que prendre un corps humain comme similitude » . Les corps de devises rentren t dans la catégorie des tenants ou supports des armoiries, ainsi les salamandres de François I". Deux grands ouvrages du xvr siècle, celui de Paul Jove et celui de Claude Paradin, sont consacrés aux devises de guerre et d'amour. Les devises accompagnent presque toujours les armoiries des Etats, des provinces, des villes, des rois, des familles nobles, des corporations, etc.
— Par ext., on disait : Etre à la devise de quelqu'un, pour Etre à son service, comme si l'on eiîl porté livrée à ses armes.
DEVISÉE {:é) n. f. Conversation, entretien familier, devis. (Peu usité.)
DEVISER (du lat. pop. divisare, tiré de dividere, diviser; V. n. Diviser, u Arranger, disposer, il Exposer en détail. (Tous ces sens sont vieux.)
— Converser, s'entretenir familièrement : Devisez beaucoup, lie vous qtœrellez jamais. (Raspail.)
Devisme (Louis -François), armurier français, né à Paris eu 180G, mort à Argenteuil en 1873. Il s'est fait connaître par les perfectionnements qu'il a apportés à la carabine et aux revolvers, et par l'invention de fusils et de pistolets à coups multiples et à balles forcées; ses balles explosibles pour la chasse du lion et la pêche de la baleine ont rendu de signalés services.
Bevisme de Valgay (Anne-Pierre-Jacques), musicien et administrateur français, né à Paris en 17-15, mort à Caudebec en 1819. Il publia un Abrégé des règles de la composition et de l'accompagnement {\l'ôl). Il obtint, en 1777, la direction de l'Opéra; mais, accusé de faux, il fut destitué. Il écrivit les livrets de deux opéras -comiques,
Devise Af maison de commerce.
(Maison Larousse.)
représentés au théâtre Montansier : la Double Récompense et Eugénie et Ltnval. — La femme de cet artiste, nco à Lyon on MôâtJeanne-J/ipimhjte Moinom», fut une pianiste fort distingruée. Kilo tVrivit la musique d'un opéra on un acte : J'ru.vitrle eu la ( enilurf, qui lut roprùsontù à l'Opéra l'cndant la direction de sou mari.
DÉVISSAGE {vi-siij') n. m. Action do diWissor : Le dkvis- SAtiK (l'une serrure. Il On dit queUiuet'. I)Évissi-:mI';nt.
DÉVISSER (vi-st' — du prt'T. priv. dr, ot do viiser) V. a. Délaire, d6tacnor,on parlant d'uu objet retenu par des vis : Dkvissbr «ne serrure, il Retirer, séparer, en parlant d'uu objet vissé : Dkvisskr le bouchon d'argent d'un flacon.
— Pop. 5e faire dévisser le coco, Se faire luor, guillotiner.
— Arg. Dévisser son billard. Mourir.
Se rfév/sser, v. pr. Etre, devenir dévissé ; pouvoir Ôtro dé\ Isso.
DE VISU loo. adv. V. VISU (de).
DÉVITRIFIABLE adj. Qui peut être dévitrifié sous l'action prolon^'i'c do la chaleur, en parlant du verre à l'état du fusion piteuse.
DÉVITRIFICATION {si-on) n. f. Action de dévitrifier; résultat de cette action.
— Kncycl. Le verre se dévitritio quand on le maintient pendant longtemps à l'état de fusion pâteuse. Alors, il perd peu â peu sa transparence, devient opaque, prend Paspect de la porcelaine, et semble composé d'une agglomération do cristaux aig:uillés, qui changent complètement sa structure intérieure. 11 subit cette transformation en conservant la forme qu'on lui a donnée. Le verre auisi modifié est appelé porcelaine de liéaumur, du nom du savant qui en a fait le premier une étude attentive.
DÉVITRIFIER (du préf. priv. dé, et do vitrifler) v. a. Détruiro l'ciat de vitrification de : Dévitrifier du verre.
Se dévitrifier, v. pr. Etre dévitrifié, en parlant du >'erre.
DeviZES, ville d'Angleterre (comté de Wilts), sur le canal Avon-Kennet ; G.420 bah. Fabrique d'instruments aratoires, de tissus de soie et de draps.
DÉVOIEMENT ou DÉVOÎMENT {?nan — rad. déxmyer) n. m. Mêd. Flux du ventre, diarrhée : Le dévotement a lieu quand l'acidité prédomine dans la digestion duodénale. (Raspail.)
— Archit. Ecart, inclinaison d'un tuyau de cheminée ou de descente.
— Mar. Position de certains couples, dans laquelle le plan des branches n'est pas perpendiculaire à la quille.
DÉVOILEMENT {man — rad. dévoiler) n. m. Action d'ôter le voile; résultat de cette action. (Peu usité.)
— Fig. Action de faire connaître, d'expliquer, d'éclaircir : Le dévoilement des figures du Vieux Testament ne s'est fait fju'à la venue du Messie.
DÉVOILER (du préf. priv. dé, et de voiler) v. a. Hausser, lever, ôter le voile de : Dévoiler une femme, une statue.
— Par ext. Montrer, laisser voir : La natu7'e, pendant la nuit, DÉVOILE de secrètes beautés.
— Relever do ses vœux une religieuse, une personne qui a pris le voile : La liévolution dévoila, toutes les nonïies.
— Fig. Découvrir, révéler, expliquer, faire connaître : DÉVOILER un mystère, un secret, U7ie intrigue.
Se dévoiler, v. pr. Paraître sans voile, ôter, relever son voile : Daus certains ordres, il est défendu aux religieuses de SE DÉVOILER uu parloir.
— Fig. Etre connu, découvert, il Se découvrir, se trahir; faire connaître sa ]>ens(''e.
— Syn. Dévoiler, déceler, découvrir, révéler. V. déceler.
DeVOILLE (Augustin), écrivain et poète français, né à Saint-Loup-sur-Senrouse (Haute-Saône) en 1807. Il était ecclésiastique, et consacra ses loisirs à la composition de poésies et de romans moraux. Il publia plus do trente de ces ouvrages, qui, destinés pour la plupart à l'adolescence, se recommandent, sinon par leur valeur littéraire, du moins par l'honnêteté des sentiments et des intentions.
DEVOIR (du lat. dehere, même sens : Je dois, tu dois, il doit, nous devons, vous devez, ils doivent. Je devais, nous devions. Je dus, nous dûmes. Je devrai, nous devrons. Je devrais, nous devrions. Dois, devons, devez. Que je doive, que nous devions. Que je dusse, que nous dmsions. Devant. hih due) v. a. Etre tenu légalement ou en conscience de payer une somme d'argent, de rendre ou do donner une chose appréciable on argent : Devoir dix mille francs, deux boisseaux de blé, trois journées de travail. Il N'avoir pas acquitté !e prix do : Devoir ses habits.
— Etre tenu do donner, d'accorder; être obligé par les convenances, la loi ou la conscience : Un fils doit le respect à son père.
— Etre redevable, avoir obligation de : Les lois que nous DEVONS aux Itomains. Devoir la rie à quelqu'un.
— Loc. div. : Devoir du retour. Devoir quelque arçcnt en sus, après avoir fait un échange, il Fig. Rester l'obligé.
il En devoir-à quelqu'un, Avoir été offensé par lui, et lui réserver un châtiment, il Devoir plus d'argent qu'on n'est gros. Devoir à Dieu et à diable, Devoir au tiers et au nuart, Devoir de tous côtés. Devoir beaucoup, avoir de nombreux créanciers. Il N'en devoir guère. N'en devoir rien, Ne pas f^lre inférieur : J'ai vu l'es beautés de la Seine, ses bords n'en doivent rien à cetLT de la Loire. (M™* do Sév.) il ^Ve .s en devoir guère. Se dit de deux personnes qui ont d'aussi grands défauts l'une quo l'autre, ou qui ont eu ég.ilement des torts à l'égard l'une do l'autre, il Devoir tribut, Etre soumis, ne pouvoir échapper :
Uue Tcmme toujours doit tribut à la mode.
lïOlLEAU.
— pRov. ; Qui doit a tort, La loi est toujours contre le débiteur, il Qui a terme no doit rien, On ne peut ^tre obligé do paver avant le terme éehu. il Quand on doit, Il faut payer ou agréer, Si l'on no peut donner do l'argent à son créancier, il faut au moins lui donner de bonnes paroles.
Il Qui nous doit noua demande. Se dit lorstiu'on a sujet do so plaindre do la pt^rsonno ni^nio qui .se plaint. Il Fais ce que dois, advienne que pourra, 11 faut faire son duvoir, sans s'inquiéter do co cpii en puiina résulter.
— v. auxil. l'Jmployé avec nn verbo a l'inlliiitif, devoir forme souvent avec lui un véritable temps composé; il evprimo : 1" un simple futur; 2" la nécessité do l action ; a" to caractère obligaloïro ou la convonanco do l'action ;
DÉVISSAGE — DEVOLUTION
4" l'intention d'accomplir l'action ; 5» la probabilité de l'action.
-^ Devoir de, avec un verbo à l'infinitif, Avoir l'obligation do : C'est a lui que je dois D't'^re encore de ce moiide. Il Dussé-je, Dusses-tu, Jttit-il, etc. Quand m^mo je, tu, il, etc.; fallût-il que jo, quo tu, qu'il, etc. : Dussiez-vous rn'accuser. DûT-ON en nntr77iurer. DOT le monde s'en scandaliser. L'homme aime mieux ce qui est grand, dût cette grandeur l'écraser, que ce qui est bo7i, dût cette bonté le secourir. (J. Janin.)
— Impersonnellem. : Il doit être doux de pardonner une injure. Il doit y avoir du charme dans la solitude.
Dû, due part. pass. du v. Devoir.
— Dr. Jusqu'à due concurrence. Jusqu'à concurrence de la somme, do la quantité dont il s'agit, il En bonne et due forme. Selon les formes voulues, légales.
— Substantiv. au masc. : Ce qui est dil : Ne demander que .-ïrtn dû.
— Par ext. Devoir, ce à quoi l'on est obligé : Faire le dû de sa charge. J*our le dû de ma conscience.
— Rem. L'accent circonllexe que l'on met sur ce participe pour lo distinguer de l'article contracté, et parce qu'il s'éi'rivait autrefois deu, disparaît au féminin et au pluriel.
Dû est toujours invariable, bien qu'il soit précédé d'un complément direct, lorsqu'il y a un inlinitif de sous-entendu après lui, parce qu'alors le complément appartient à cet infinitif : J'ai pris toutes les précautions que j'ai dû (sousentendu prendre).
— Anton. Indu, ue.
Se devoir, v. pr. Etre dû : Tout l'argent qui se doit à Paris, il Etre obligatoire ou convenable ; Cela se doit : vous ne pouvez vous en dispenser, ii Devoir son action, son application, son affection tout entière : Un roi se doit à tous les hommes qu'il gouverne. (Fén.) ii Devuir à soi-même : Savoir ce que l'on se doit, n Devoir l'un à l'autre : Les citoyens SE doivent réciproquement secours et assistance.
DEVOIR (rad. rferoiV infîn., pris substantiv.) n. m. Ce qui se doit, ce à quoi l'on est obligé par la raison, par la morale, par la loi ou par la bienséanco : S'acquitter de so7i devoir. Remplir, Trahir ses devoirs.
— Par plaisant. Nécessité, chose indispensable : Le premier devoir d'une femme est d'être jolie. (M""* de Gir.)
— Particuliôrfini. Travail, exercice, composition qu'on donne à faire à un écolier : Finir son devoir.
— Par ext., et principalem. au plur.. Hommages, marques, témoignages de civilité, de politesse : Rendre ses devoirs à quelqu'un.
— Association d'ouvriers charpentiers, compagnonnage : Les compagnons du devoir. On comptait trois devoirs pi'incipaux : celui des Loups, celui des Dévorants et celui des Enfants de Soubise.
— Loc. div. Derniers devoirs. Honneurs funèbres, cérémonie des funérailles : Rendre les derniers devoirs à un ami. Il En devoir de. En train de, prêt à : Nous étions à table, plusieurs, joyeux, en devoir de bien faire. (P.-L. Cour.)
Il Faire son devoir. Agir comme on lo doit, s'acquitter de ses obligations, et spécialem. Se conduire vaillamment dans un comoat : Faire son devoir cïi homme de cœur. \\ Etre à son devoir, Etre à son poste, li Rentrer dans le devoir, dans son devoir, Se remettre dans 1 obéissance, dans la subordination dont on s'était écarté; reprendre les bons sentiments que l'on avait perdus, i: Ramciicr, Remettre, Ranger quelqu'un à son devoir, L'obliger à faire ce qu'il doit, le contraindre à la soumission, il Se ranger à son devoir. Faire ce qu'on doit faire, n Croii-e du devoir, de son dcvoirde, Juger nécessaire, obligatoire de. ti // est du devoir de, Le devoir oblige à. n Je lui apprendrai son devoir. Je le contraindrai à faire ce qu'il doit, ou je le châtierai de ne l'avoir pas fait, u 5e mettre en devoir de. Se préparer, commencer à.
— Dr. Devoir parfait. Celui dont l'accomplissement peut être exigé, qui a un droit corrélatif, il Devoir imparfait. Celui dont l'accomplissement ne peut être exigé, qui n'a pas de droit corrélatif, ii Devoirs de loi. Autref-, Ensemble des formalités du nantissement.
— Fauconn. Devoir de l'oiseau, Part de l'oiseau dans la curée du gibier qu'il a pris.
— Féod. Devoir's seigneuriaux. Droits que le vassal devait à son seigneur.
— Relig. Devoir pascal. Obligation, pour les catholiques, de communier dans lo temps pascal.
— Théol. Devoir conjugal. Union charnelle considérée comme obligatoire pour chacun des deux époux à. l'égard de l'autre.
— Syn. Devoir, obligation. L'idée de devoir est plus morale, plus élevée; celle d'o6/ivo/ion est plus personnelle et so rattache davantage aux circonstances qui rendent l'action nécessaire.
— .\nton. Droit.
— Encycl. Philos, Le mot devoir est à peu prés synonyme do loi morale. Pris au singulier et dans son sens le plus général, il signifie uno règle imposée ù la volonté. Quand on parle dos devoir.^, on parle, au contraire, dos applications particulières île cette loi.
Pris dans son sens lo plus général, le devoir apparaît d'abord comme obligatoire. Il est en outre absolu, c'est-àdire qu'il est indépendant : il consiste on un impératif catégorique. Il n'admet pas do motif intéressé : « Le devoir, dit Kant, c'est la nécessité d'obéir à la loi, par respect pour la loi. " Enfin, il est universel ; en d'autres termes, on ne saurait concevoir uno loi morale sans être convaincu qu'elle doit s'appliquer à tous les hommes; que chaque homme, dans les mêmes circonstances, doit également la reconnaître; Kant en a donné la formule suivante : » Agis toujours de telle sorte que tu puisses vouloir que la règle do ton action devienne une loi universelle, n
On les divise souvent en devoirs envers nous-mêmes, devoirs envers nos semblables, devoirs envers Dieu. On s'etforco aussi, parfois, do les faire tons entrer dans l'une ou l'autre de ces catégories. En tout cas, les devoirs envers la famille et envers la patrie entrent dans la seconde. Les devoirs envers les animaux sont, de l'avis do la plupart des moralistes, un aspect soil dos devoirs envers nous-mêmes. soil des devoirs envers Dieu, soit dos doux sortes do devoirs. Los devoirs envers nos semblables so divisent on devoirs de charité et devoirs do justice : les seconds sont seuls socialement exigibles.
Un autre problème grave est celui des conflits do devoirs. Pour la solution do ces conflits, Paul Janet propose les doux rèt,'le9 ci-après : l" dans une classe de mêmes devoirs, so décider en raison do l'importance do leurs objets. et (oujours pour les pbis excellent» : par oxoni|ile. prélérer
l'honneur à la vie; 2" entre plusieurs classes de devoirs se décider pour ceux qui s'appliquent à des groupes plus nombreux : par exemple, no pas nésitor entre sou propre bien et celui de sa famille.
— Mœurs et coût. Compagnons du devoir. V. compa-
(îNONNAGE.
— Allus. littér. :
Quand on a tout perdu, quand on n'a plus li'cBpoir, La vie est un oppiobre, et la mort un devoir.
Vers de Voltaire, daus Mérope, qui sont devenus un proverbe. V. PERDRE.
Devoirs (Traité dks) ou Traité des offices [en lat. De officiis], ouvrage de Cicéron. — Cicéron le destinait à son fils, dont la vie crapuleuse l'affligeait. En outre, il avait dessein de tracer devant la postérité le modèle de l'honnête homme, citoyen d'une grande république, dévoué à sa patrie, amoureux de la gloire, tel que pouvait le concevoir un Romain formé à l'école de Zenon. Il s'inspira surtout de l'ouvrage de Panœtius sur le devoir et aussi, mais ilans de bien moindres proportions, d'un livre de Posidoniiis. La morale qu'il développa dans son traité est celle du stoïcisme, mais adoucie déjà par Pametius et accommodée par Cicéron aux conditions de la vie romaine. L'ouvrage est divisé en trois livres : lo premier a pour sujet l'honnête, le second l'utile, le troisième la cornparaison de l'honnête et de l'utile. L'essentiel du traité est contenu dans le premier livre, où Cicéron étudie les quatre vertus fondamentales : la prudence, la justice, le courage et la tempérance. — Sous le titre Des devoirs des prêtres, saint Ambroise a écrit, vers 390, une adaptation chrétienne du De officiis de Cicéron. Même division en trois livres, mémo distribution des matières avec les mêmes titres. D'une manière générale, saint Ambroise s'approprie de l'œuvre de son devancier tout ce qui pouvait cadrer avec son propre christianisme ; pour le reste, il modifie, refond, transforme les idées du moraliste romain.
Devoirs des hommes (Des), petit traité de morale, par Silvio Pellico (1831). — Dans ce livre, l'auteur a entrepris d'enseigner la science de la vie, les devoirs du citoyen. A part les chapitres sur le célibat et le mariage, dans lesquels il émet des théories contestables, la morale de ce petit livre, écrit par demandes et par réponses comme un catéchisme, est excellente.
DÉVOIRANT [ran) n. m. En T. de charp.. Nom que les cliarpentiers donnent à l'ouvrier reçu compagnon du devoir. Il Us disent également dévorant, dans le même sens.
DÉVOIS {voi — du préf. priv. dé, et de voie) n. m. Action de dévoyer, de s'écarter du chemin, de l'ornière : te DÉVOIS d'une charrette.
DÉVOLE {du préf. priv. dé, et de vole) n. f. Jeux. Action de manquer la vole au jeu de cartes.
— Fig. Etre en dévole, Etre en perte dans une affaire oii l'on comptait faire des profits.
DÉVOLER (rad. dévole) v. n. Jeux. Manquer ou perdre la vole au jeu de cartes.
— Fig. Faire des pertes dans une affaire de laquelle on attendait des bénéfices.
DÉVOLU, UE (du lat. devolvere, supin devolutum, qui signifie proprem. Rouler d'un endroit à un autre, de l'un à l'autre, attribuer) adj. Qui a passé d'une personne à une autre, q^ui est échu par droit : Succession dévolue à l'Etat. Il Acquis, réservé : Panni les avantages dévolus aux gens secs et blonds, il conservait cette taille encore juvénile qui sauve aux hommes aussi bien qu'aux femmes les apparences de la vieillesse. (Ba!z.) ii Destiné à, condamné à : Mes jours au deuil sont dévolus.