DÉVOLUY — DÉVOTION
Sous l'ancienne législation, quand il ne se trouvait aucun parent de la ligne à laquelle appartenait un bien, il s'opérait une dévolution au proiit de l'héritier des acquêts, c'est-à-drre que le droit de le recueillir revenait au plus proche. Le mot de dévolution désignait aussi la charge qui, après la mort d'un des conjoints, et dans le cas où il existait des enfants, affectait les biens du survivant de telle sorte (|u'il était obligé de les réserver aux enfants issus de ce mariage, à l'exclusion de ceux qui pouvaient naître d'un mariage subséquent.
Dévolution (guerre dk). A la mort de Philippe IV. roi d'Espagne (iGGâ), Louis XIV éleva des prétentions sur le Brabant au nom de sa femme Marie-Thérèse, en vertu du droit de dévolution. Marie-Thérèse était issue du premier mariage de Philippe IV, et Charles II du second.
Le nouveau roi d'Espagne, Charles II, objecta que les droits de Louis XIV n'étaient pas valables; mais Louis XIV, sans attendre la fin des négociations, entra en Flandre à la tète de son armée, que commandait Turenne (1G67). Charleroi. Tournai, Douai, Oudenarde, Furnes, Courtrai. Lille, tombèrent en quelques semaines au pouvoir des Français. L'année suivante, Condé Ht en quinze jours la conquête de la Franche-Comté, qui appartenait à l'Espagne. Elfrayéo de la rapidité do ces victoires, la Hollande, rompant avec la France, conclut avec l'Angleterre et la Suède la Triple Alliance de La Haye, et Louis XIV, n'osant atfronter la lutte dans des conditions aussi différentes, signa le traité d"Aix-le-Chapelle (1668). Presque toutes les villes conquises en Flandre par les Français leur restèrent, mais la Franche-Comté fut restituée à l'Espagne.
DÉVOLUY, ancien petit pays de France, compris dans le département actuel des Hautes-Alpes.
DÉVOLUY, massif du Dauphiné, dans les départements des Hautes-Alpes et de l'Isère, avec double écoulement vers l'Isère par le Prac au N., vers la Durance au S. Culmen : l'Obiou, 2. "93 mètres. Montagnes de calcaire, do craie, ravagées et croulantes, mais en voie de reboisement ; choiirwis ou avens engloutissant les eaux ; superbes fonts Gillardes versant 2.500 litres par seconde à la Souloise, afUneut du Drac.
DevON, fleuve côtier d'Ecosse, né dans les collines d'Ochill (comté de Perth), se jetant, après un cours do 48 kilomètres, dans le golfe de Forth. un peu en amont d'Alloa. Rives pittoresques; belle chute à l'endroit appelé le Crochet de Devon (Crook of Devon).
DevON ou DevonSHIRE, comté de l'Angleterre, dans la presqu'île du Sud-Ouest, entre le canal de Bristol et la Manche. Superf. : 6.500 kilom. carr. ; 632.000 hab. Ce comté est en général montagneux, et la plus grande partie de sa surface est occupée par lo vaste plateau stérile de Dartmoor, couvert exclusivement de bruyères et de marais. A côté, la vallée d'Exeter forme avec cette région un remarquable contraste par sa beauté et sa fertilité, qui la
F lacent au premier rang des districts les plus favorisés de Angleterre. Douceur remarquable du climat dans la partie méridionale du comté. On extrait en abondance, dans le Devon, létain et le cuivre, la pierre à bâtir, l'ardoise, la terre à porcelaine. La race de bœufs qui en est originaire jouit d'une célébrité presque universelle. Industrie médiocrement développée, malgré l'importance de l'exploitation minière. — Le chef-lieu du comte de Devon est Exeter.
DEVON n. m. Bœuf du Devonshire, constituant une race anglaise spéciale : Un devon.
— Adjectiv. : Un bœuf devon.
— Encycl. Le devon, variété de la race bovine dénommée « irlandaise »
par André Sanson (animaux bretons, races d'Avr, de Kerry), habite en Angleterre les comtés de Devon, deDorset,deSommerset. Comme dans les autres variétés do la race, la taille est
f)etite, le squeette Hn, le corps un peu grêle, la tête allongée, avec des cornes longues et effilées. La robe est rouge vif. Les muqueuses du mufle et des paupières, les cornes sont orangées. La variété de Devon se compose principalement de bœufs, dont la viande est savoureuse.
Devon, comté maritime de la Tasmanie. Ch.-l. Deloraine.
Devon septentrional, terre arctique de l'Amérique du Nord, dans les iles Parry, au N.-O. de la baie do Baffin.
Taureau dcv
Devon (Henri CouRTENAY, comio de),
dExKTEB. V. EXBTER.
marquis
Devon (Charles Blount, comte dk), lord Montjoy, homme de guerre et iiomme d'Etat anglais, né en 1563, mort à Londres en 1606. Sa faveur auprès de la reine Elisabeth lui attira un duel avec lo comte d'Essex. Après la mort de celui-ci, Devon fut placé à la tète de 1 armée d'Irlande (1599). Vainqueur do l'insurrection, il fut créé « comte de Devon » et maître do l'artillorio. Il fut chargé de négociations avec l'Espagne.
DÉVONIEN, ENNE {ni-in, èji') adj. Géol. Se dit do certains terrains dont lo type so trouve dans le comté do Dovou, en Angleterre, 'et principalement de la période
féologique pondant laquelle se sont formés les torraios évonions ou « système dévouion o.
— n. m. : Le dévonien.
— Encycl. Le système dévonien succède immédiatement au système silurien; ses assises .sont recouvertes par le système carbonifère. Il est caractérisé par le développement prodigieux des poissons qui appartiennent presque tous à la classe des ganoides (crossoptérygiens, squales, etc.). Les trilobitos .s'étoigncnt progressivement. Parmi les mollusques, les brachiopodos sont extrêmement nombreux [spirifer. rlujnckoneWi, athyris, stringocephalus , etc.) Les céphalopodes, et on particulier les
Êoniatites, so développent. Les polypiers, les hydrocoralaires ot les criuuïdes sont très abondants. Enlin, les der-
nières couches du système montrent des reptiles aquatiques et quehjues insectes ailés.
Los continents se dessinent avec précision au cours de la période dévonienne ; mais les climats ne se manifestent pas encore.
La flore terrestre produit des types qui se rapprochent de la flore carbonifère : lycopodiacées, lepidodendvon, calamites, foufjères, etc.
Le système dévonien comprend trois divisions, que de Lapparent a subdivisées chacune en deux étages qui sont, de bas en haut : gédinnien (de Gédinnc [Ardenues]) ; coblentzien (do la graùwacke de Coblentz); cifèlien (de l'Eifel); ffivétien (du calcaire de Gîvet); frasnicn (du calcaire de Frasne), et famennien (des schistes de Famenne). Les deiLx premiers étages, souvent schisteux, sont très riches en spirifer. Dans le troisième, caractérisé par les calceola et le quatrième, par les stringocephalus, on remarque surtout de puissantes assises calcaires. Les cinquième et sixième étages irhynchonella], où les formations sont constituées surtout par des schistes et des psammites.
Le terrain dévonien est très richement représenté dans la vallée de la Meuse ; en Allemagne, dans la province Rhénane et le Nassau; en Grande-Bretagne, dans le Devonshire et l'Ecosse; en France, dans le Cotentin et la Bretagne, et en lambeaux dans presque toutes les autres parties.
DÉVONITE Ule Devon, nom géogr.) n. f. Phosphate liydraté naturel d'alumine; nom donné par ThomMiu à la wavellite.
DevonpORT, ancien faubourg de Plymouth (Angleterre [comté de Devon]), ot qui est aujourd'hui réuni à cette cité maritime. Place forte, beau port ; 54.735 hab. Ville bien bâtie, aux trottoirs pavés d'un marbre qu'on trouve dans les environs. On y admire les trois chapelles épiscopales, de magnitiquos docks avec de vastes magasins pour l'approvisionnement de la marine, et d'immenses réservoirs d'eau douce; la poudrière, l'arsenal, Ihôtel de ville.
Devonshire (comtes et ducs de), grande famille anglaise, dont lo nom patronymique est Cavendish., et dont les principaux membres, ayant porté ces litres, sont : William Cavendish, membre de la Chambre des communes pourNewpûrt( 1588), créé " baron Cavendish d'Hardwicke » en 1605, puis « comte de Devonshire »(i6i8);— William, tils de ce dernier, né en 1591, mort en 1628, représenlant de Derby au Parlement (1621-1626), membre de la Chambre des lords (1626), qui succéda à son père, à cette date, comme i< comte de Devonshire ». [Sa femme, Christiana, fut l'âme du parti royaliste]; — William, fils aîné du précédent, né en 1617, mort en 1684, chef du parti royaliste, qui fut obligé de quitter l'Angleterre à la cliutède Charles I". [Il se soumit au Parlement en 1645. Savant et érudit, il fit partie de la Société de royale à ses débuts]; — William, tils du précédent, né en 1640, mort en 1707. [Il entra dans la marine ot combattit Ruyteren 1665, puis fut chargé d'une ambassade en France (16G9). Membre du Parlement depuis 1661, il y était le chef du Country parti/, et il combattit avec ardeur la politique du duc d'York. Il fut membre du cabinet Shaftesbury de 1679 à 1680. Un des principaux partisans de Guillaume d'Orange, à l'avènement duquel il contribua plus que personne, il devint, en 1689, grand intondant de la maison royale, et reçut, en 1694, les titres de « duc de Devonshire » et de « marquis d'Hartington »]; —William, petit-tils du précèdent, né en 1720, mort en 1764, quatrième duc de Devonshire. [II fut membre de la Chambre des communes, puis do la Chambre des lords, devint lord-trésorier d'Irlande en 1755, premier lord de la Trésorerie et premier ministre en 1756, et enfin, grand chambellan (1757-1762)] ; —William, cinquième duc de Devonshire, né en 1748, mort en 1811, lequel fut un esprit fort médiocre, mais eut le talent d'épouser successivement deux femmes extrêmement remarquables, qui jetèrent du lustre sur la maison. (V. Spenckr [Georgina] et Hervet [Elisabeth]) ; — William George Spencer, sixième duc de Devonshire, né à Paris en 1790, mort en 1858. [Il représenta l'Angleterre au couronnement do Nicolas de Russie (1826), avec un faste remarqué. Il fut grand chambellan (1828-1834). Comme il mourut célibataire, le titre de «> duc de Devonshire )) passa à son cousin William Cavendish, comte de Burlington]; — Spencer Compton Cavendish, huitième duc do Devonshire, né en 1833. [Il a dirigé, dans divers cabinets, le département de la guerre et celui des postes, et a été chef secrétaire pour l'Irlande, de 1871 à 1874.]
DÉVORANT (ran), ANTE adj. Qui dévore, qui mange avec avidité : Stiuterelles dévorantes, il Qui consomme ou excite à consommer beaucoup de nourriture : Faim
DEVORANTE.
— Poétiq. Qui détruit avec rapidité : La flamme dévorante. Le temps, dans sa marche dévorante. ii Qui ronge les organes vitaux; qui détruit la santé: Air, Climat DEVORANT. Sentir dans ses entrailles un feu dévorant. approuver une fièvre dévorantk. Il Qui consume, qui use les facultés ; fiévreux, extrêmement actif : Soucis dévorants. Zèle dévorant. Il Extrêmement avide : Des intérêts dévorants. (Balz.)
— Blas. S'est dit quelquefois du poisson représenté la gueule ouverte comme pour dévorer. (Peu us.)
— Substantiv. Fam. Personne dont la faim est extraordinaire, ou qui mange avec gloutonnerie : Un dévorant.
DÉVORANT (/-an ~ rad. devoir) n. m. Ouvrier charpentier; compagnon du devoir, || On dit mieux, mais plus rarement, devoirant.
— Encycl. V. compagnonnage.
DÉVORATEUR, TRICE adj. Qui dévore : Animal dévoratedr; et avec un complément: Le croup est un fléau DÉVORATEUR d'cnfants.
— Cylindre dèDomtcnr, Cylindre qui, dans les féculeries, sert à réduire eu pulpe" les tubercules.
— n. Personne on objet qui dévore : Le temps est un impituija/jle dévorateur.
DÉVORATION (si-07t) n. f. Action de dévorer. (Peu us.) Il On ;( dit aussi dévoremcnt.
DÉVOREMENT {man) n. m. Action de dévorer. (Vieux.1 DÉVORER (du préf. dé, ot du lat. vorare, dévorer) v. a. Manger on déchi/Snt avec les dents : La Fable dit que Saturne dévorait ses enfants, n Ronger; détruire en mangeant : Les chenilles dévorent les ft-uilles des arbres.
— Par anal. Avaler goulûment, manger avec avidité : DÉVORER son dîner. \\ 8'emploio souvent absolum. : Cet homme ne mange pas, il dévore.
— Fam. Tourmenter de ses piqûres : Les moustiques, les mouches, les puces, devorbnt à l'envi le voyageur.
— Poétiq. Boire, pomper, absorber :
La terre qui noua porte, insensible matrone, Ne 3e fatigue poîat à dévorer nos pleiiru,
A. Barbier.
— Par ext. Ronger, user progressivement : Les acides DÉVORENT les mëluux. Les fleuves dévorent leurs bords.
Il Consumer, détruire, anéantir : Les flammes ont dévoré des chefs-d'œuvre, u Faire maiçrir, altérer la santé do : L'air trop vif de la montagne et de la mer dévore les faibles.
— Tourmenter, inquiéter, en parlant d'une souffrance, d'un besoin, d'une passion : La faiyn, la soif, la fièvre, la jalousie nous dévorent.
— Fig, Epuiser, ruiner, absorber : L'impôt dévore le nlus clair de ce que l'on gagne, il Dissiper avec prodigalité : Dévorer sa fortune, n Retenir avec effort, ne pas laisser paraître : Dévorerîcs larmes, sa douleur, it Souffrir, supporter en silence, sans se plaindre : Dévorer un affront, une injure. Il Mal employer,gaspilIer; jouir en hâte et avec imprévoyance de : Plaisirs, Amis qui vous dévorent votre temps.
Il Hâter de ses vœux, attendre avec impatience : Dévorer les minutes, l'avenir, n Lire avec avidité : Dévorer un roman. Il Ecouter avec complaisance, accepter avec bonheur : On écoute avidement, on dévore la calomnie. (Lamenn.)
11 Dévorer des yeux, Regarder, contempler avec une cu^'iosité ou une passion avidci. \\ Dévorer l'espace. Courir avec une extrême rapidité, n Terre gui dévore ses habitants, Pays dont les habitants meurent en très grand nombre. Se dévorer, v. pr. Etre dévoré, mangé par les animaux.
Il Etre dissipé, absorbé, consumé, n Se détruire soi-même, causer sa propre perte, ii Se livrer à l'inquiétude, au tourment. Il Se manger mutuellement :ie*Aroc/ie/5 SE DÉVORENT les uns les autres.
— Fam. 5e dévorer, Se gratter avec une sorte de rage. DEVOREUR, EUSE n. Celui, celle qui dévore : Un grand
DÉVOREUR de viandes.
— Fam. Dévoreur, Dévoreuse de livres. Personne qui lit avec avidité.
Devosge (François), dessinateur français, né à Gray en 1732, mort en 1811. Il étudia sous Guillaume Coustou et Deshayes, et fonda, en 1765, à Dijon, une école do dessin à laquelle ses sacrifices personnels donnèrent un prompt développement. Plus tard, les états de Bourgogne la dotèrent largement, et le prince de Condé, gouverneur de la province, la prit sous sa protection. De 1770 à 1792, cette école put envoyer à Rome, annuellement, deux élèves qu'elle entretenait à ses frais. Désorganisée un instant, elle fixa de nouveau l'attention du gouvernement, qui la classa parmi les écoles spéciales. — Son tils, Anatole Devosge, né et mort à Dijon (17^0-1850), élève de David, a peint des sujets bibliques ou classiques dans le style de son maître, et a été professeur à l'Ecole do Dijon.
DÉVOT (l'o), OTE [lat. devotus, dévoué, consacré] adj. Pieux, attaché scrupuleusement aux pratiques religieuses : Quoi! vous êtes dévot et vous vous emportez. (Mol.) Il II n'y a rien que je souhaitasse plus fortement que d'être DÉVOTE. (M""* de Sév.) n (^ui affecte le zèle pour les pratiques religieuses : C'est trop contre un mari d'être coquette et dévote; tme femme devrait opter. (La Bruy.) Il Qui marque la dévotion ; qui est inspiré par elle : Air dévot. Ton DEVOT. Vie dévote. Il Qui excite, qui porte à la dévotion : Rien n'est plus agréable et plus devot que cette église souterraine. (Chateaubr.)
— Etre dévot à, Avoir une dévotion particulière pour : Vous n'ÈTES point dévot À la Vierge. {M'"" de Sév.) ji Rendre à quelqu'un ou à quelque chose une espèce de culte ; Etre dévot X l'argent.
— Votre dévot fils. Formule employée par les souverains catholiques, lorsqu'ils écrivent au pape.
— n. Personne dévote ; et souvent en mauvaise part pour Faux dévot, surtout dans la dernière partie du xvii* siècle : Ihi DEVOT est celui qui, sous un roi athée, serait athée. (La Bruy.) Les dévots fâchent le monde, et les gens pieux l'édifient.
— Par ext. Personne dévouée à quelqu'un ou à quelque chose : Toute personne en place s'entoure de ses dévots.
— Dévot de place, Faux dévot, hypocrite qui ment à sa conscience comme un charlatan à son auditoire.
— Syn. Dévot, dévotieux. Ces deux mots diffèrent d'abord en ce que le dernier ne s'emploie plus que très rarement. De plus, l'homme dévotieux a une dévotion plus tendre,
filus minitieuse que l'homme dévot. Pris en mauvaise part, a même différence subsiste encore : le dévot affecte la dévotion dans ses pratiques principales, le dévotieux dans ses pratiques de détail.
— Allus. littér. :
Tant de fifl entre-t-il dans l'ûme des dévots!