‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 663 sur 870 · V. Tant.ene animls · texte numérisé non relu

V. Tant.ene animls

DÉVOTEMENT adv. Avec dévotion : Se signer dévotement.

— Fig. Avec onction, d'un air pénétré : Chanter dévotement ses propres louanges.

DÉVOTERIE [rî] n. f. Dévotion outrée, affectée, ridicule, mesquine. (Peu usité.)

Devoti (Jean), théologien italien, né à Rome en 1744, mort en 1820. Il fut nommé, â vingt ans, professeur à la Sapience, et y enseigna le droit canon pendant trente ans. Devenu évoque d'Anagni (1789), et plus tard de Carthage (m partibus infidelium), il accompagna Pie VII en France, à l'occasion du sacre de Napoléon I"' (1804). Son principal ouvrage est intitulé : Jnstitutiones canonicx (Leçons de droit canon) [Rome, 1785].

DÉVOTIEUSEMENT [si-cîi) adv. D'une manière dévotiouse.

DÉVOTIEUX isi-eù.), EUSE adj. Rempli de dévotion : Un homme fort dévotieux. ii Inspiré par une dévotion minutieuse : Exercices dévotieux.

— Par ext. Béatement respectueux : Ecouter un orateur avec une dévotieuse adtïiiralîon.

— n. Personne dévotieuse.

— Syn. Dévotieux, dévot. V. dévot.

dévotion {si-on — du lat. devotio, dévouement) n. r. Piété, attachement aux pratiques religieuses : Vraie dévotion. Fausse dévotion. Se jeter dans la dévotion. Faire quelque chose par dévotion. L'étude, épuisant toute l'application de l'âme, dissipe l'esprit, dessèche le cœur, ralentit la dévotion. (Mass.)

— Avoir dévotion à, Avoir confiance, adresser i)lus par-

tiouliôromont sos prières à : Avnm di^ivotion X saint Jacques, A une image (U- la mèrf dt' Difu.w Prc^féror comme pratiiiuo ri'lifj;iouso : Avoir dévotion au chapelet, w chemin lie la crois, il Fig. Etre tout dévoué, entiôromont attîicliù à : Jl ne faut pas âtcr aux i/ratnies âmes leur dkvotion à la (flaire. ( M*"' do Staël. ) il Pratique dévote ; action de s'y livrer : Faire ses dkvotions au tombeau d'un saint.

— Par oxt. Dévouement, disposition à l'aire tout co que vont une personne, tout ce qui peut lui ôtro agréable : On peut aussi avoir de la. dévotion pour son prince. tDesc.)

— Faire ses dévotions. Communier : Cette dame a fait hier sks dévotions, il Pop. Faire ses dévotions à toutes les chapelles. S'arrêter pour boire à tous les cabarets, cliez tous les marchands de vin. ii Fête de dévotion, Jeîine de dévotion, Fôte, Jeûne qu'on observe par pure dévotion, et que rKfflise n'a point commandés, il Ltvi'es de dévotion. Livres traitant des sujets pieux, et qui servent aux exercices do dévotion, il Tableau, fmaf/e de dévotion, Tableau, Image roprt^sentant un sujet pieux, une scène des saintes Korituros, et ayant pour objet d'exciter la drvotion des lidt'les. Il Être à la dévotion de guelgu'un. Lui f'trn rntiérenu'iit dévoué. Il Avoir i/ueli/u'un, quelque chose à sa dévotion. Pouvoir y compter en toutes choses, en avoir l'entière disposition : Le cardinal Mazarin voulut faire d'Emery, peu à peu, un surintendant des finances tout à fait À sa dévotion. (M""" de Motteville.)

— Hist. Voire Dévotion, Titre honorifique que les empereurs du Bas-Empire donnaient à leurs principaux oi'Iiciers.

— Loc. : L'offrande est à dévotion, L'offrande est affaire de dévotion, n'est pas obligatoire; on donne co qu'on veut.

— pRov. : Il n'est dévotion que de jeune prêtre, On na jamais plus d'ardeur que dans les commencements.

— SvN. Dévotion, piété, religion. Le mot dévotion signifie proprement « dévouement » ; il suppose une attention constante à tout faire en vue do Dieu, d'où il résulte que la dévotion paraît surtout au dehors, et cette apparence peut quelquefois être trompeuse et cacher de l'hypocrisie. ha piété est extérieure et intérieure eu même temps; c'est le zèle dans la re^((/(oo. Celle-ci est plus dans le cœur qu'elle ne parait au dehors ; c'est le sentiment vrai do ce qu'on doit à Dieu, et ceux même qui ne remplissent pas tous les devoirs de cette nature sont néanmoins religieux quand ils en ont le sentiment.

Dévotion à la croix (la) [Devocion de la Cruz], drame de Calderon. — Cette pièce, une des plus caractéristiques et des plus fameuses du théâtre espagnol, célèbre le respect dû à la croix et la confiance que sa dévotion peut inspirer. Eusèbo, le principal personnage, possède une âme violente, fougueuse, indomptée. Il marche de crime en crime. Mais il se nomme « Eusèbe de la Croix i> ; enfant, il a été trouvé au pied d'une croix; la croix est gravée sur sa poitrine; il en porte toujours une image dans ses mains. Dès lors, une protection mystérieuse le fait échapper à tous les dangers. Cependant, au milieu de ses forlaits, une crainte lui reste, celle de mourir sans confession. C'est encore la croix qui le délivre miraculeusement de ce péril suprême ; grâce à elle, il trouve un confesseur, reçoit l'absolution avant d'expirer, et son âme est sauvée. L'influence tutélaire de la croix s'exerce do même sur les personnages secondaires.

Une telle conception n'est certes pas conforme au véritable esprit de l'évangile; mais, une fois le sujet admis, il est impossible de ne pas admirer le çénie do Calderon. Un souffle puissant anime son œuvre; 1 intérêt ne languit pas un instant. Tout, jusqu'au cadre où l'action se déroule : montagnes sauvages, palais somptueux, immense monastère, est combiné pour émouvoir et transporter un auditoire ù. la foi ardente.

DÉVOTISME {tissm') n. m. Dévotion exag^éréo; attachemvui â d<' minutieuses pratiques do dévotion.

DÉVOUEMENT (roi(-ma«) ou DÉVOÛME NT [rad. r/f?uo«erl n. m. Acte religieux des anciens par lequel un citoyen s'ofl'rait ou était ofi'ert à une mort certaine pour faire retomber sur sa tète le malheur dont sa patrie était menacée : Le DÉvoDKMENT de Codnis, le DÊvotJKMENT de Décius, sont célèbres dans l'histoire. \\ Action de s'exposer à un grand péril ou à une mort certaine par quelque sentiment généreux : Le dévouement des médecins pendatit une épidémie.

— Par oxt. Abandon aux volontés d'un autre, disposition à le servir en toute occasion : Jtien ne peut égaler le dévouement d'une ynére. it !Se dit souvent par politesse, pour exprimer une simple disposition à obliger : Je vous prie de croire à mon dévouement.

DÉVOUER (du préf. dé, et do vouer. — Prend un tréma sur 1'/ aux deux prt^m. pers. du pi. do l'imp. do l'ind. et du suljj. prés. : Nous dévouions. Que vous dévoinez)y. a. Vouer, consacrer, destiner par vœu ou autrement : Dévouku ses enfants au service de la patrie. |i Livrer au trépas pour lo salut commun :

Un loup quelfiue peu cl<*rc prouva par sa harangue

Qu'il fallait dévouer ce niaudit animal.

Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout le nial-

La Fontaine.

— Par oxt. Livrer en proie : Dévouer quelqu'un à la haine, à l'exécration publique.

~ Dévouer sa tète, Exposer sa vie à do grands dangers. Dévoué, ée part. pass. du v. Dévouer.

— Je suis votre dévoué sei'viteur et substantivem. Votre dévoué. Votre tout dévoué, Formules do politesse par lesquelles OQ termine souvent les lettres.

— Anton. Acharné, haineux, hostile, ennemi juré.

Se dévouer, v. i)r. 8« consacror i)ar un vhmi : Se dévouer au .service de Dieu. \\ S'oxposor à un grand péril, à une mort certaine, poussé par quelque sontiniont généreux : Se dévol'[:r pour le salut de sa patrie. Il Sacriflor sos propres intérêts à ceux d'antrui.

— Se dévouer à, Se livrer, s'appliquer, se donner tout entier à : Se dévouer au proqrès des arts, il Servir avec dévouement : Qui se dévoue à nous nous dévoue à lui. (A. d'Houdetot.)

— SvN. Dévouer, consacrer, dédier. V. coN.SAcni:u.

DÉVOULOIR (du préf. priv. dé, et de vouloir) v. n. Cesser do vouluir ce qu'on voulait. (Vieux.)

DÉVOYER (t'oi-//cî — du préf. nriv. dé.oi do voie. Change y on i dnvaiit un e muet : Je dévote. Il dévoiera ; et prend un i ajucs T// au doux prom. pers. pi. do l'imp. do 1 incl. et du îiubj. prés. : Nous dévoxjions. Que vous dévoyiez) v. a. Dé-

in.

DEVOTISME

DEWLET

dévoyés.

tourner, faire sortir do sa voie, do son chemin : Cerf qui tente un dernier effort jumr dévoyer la meute.

— Pig. Détourner de sa direction, donner un autre cours ù. : les passions fortes ne se laissent pas dévoyer aussi aisément que les autres. (J.-J. Houss.) Il Paire sortir do la voie du bien

ou du vrai : L'exemple suffit pour devoyek un Jeune homme.

— Archit. Déranger de la ligne verticale :

Dkvoykr u/i tuyau de cheminée, de descente.

— Mar. Dévoyer vu vaisseau, Détourni r sos couples, de manière qu'ils ne soieiil plus parallèles au couide de levée.

— Pathol. Détourner do leur cours naturel :

Dévoyer les humeurs, ii Donner la diarrhée, lo dévoiomeat à : Soui'e7it les fruits devoii;nt les enfants.

— V. n. S'écarter de la voie droite : L'intérêt nous fait dévoyer de la raison et du devoir.

— Pathol. Avoir le dévoiemcnt : Enfant qui dévoie depuis quelques jours.

Dévoyé, ée part. pass. Mis hors do sa route, du bon cliemin : Voyageur dévoy^é.

— Fig. Détourner de la voie du bien ou du vrai ; détourné en général : Esprit dévoy'é. Spinoza avait donné cet exemple d'un grand esprit dû\'o\é par l'absolu. (Proudh.)

— Mar. Couples dévoyés. Couples qui ne sont pas parallèles au couple de levée.

— Constr. Tuyau dévoyé. Tuyau dérangé de la ligne verticale.

— Pathol. Qui a le dévoiement : Destin soupa fort sobrement, et il/"* de La Rappinière tant qu'elle en fat dévoyée. (Scarron.)

— Substantiv. Personne dérangée, sortie do la droite voie : Priez pour L'Eglise, pour ses défenseurs et pour les dévoyés. (Boss.)

Se dévoyer, v. pr. S'égarer, sortir du bon chemin. {Peu usité.)

— Fig. Sortir de la bonne voie.

— Constr. S'écarter de la ligne verticale : Un tuyau qui SE dévoie.

DevRIENT (Louis), comédien allemand, né et mort à Berlin (17S4-1832), descendait d'une famille française. Il débuta à Géra en 1804, joua dans diverses villes et fut engagé, en 1815, au grand théâtre de Berlin, où il parut dans les Brigands de Schiller. Il devint l'idole du public, et resta attaché à cette scène jusqu'à sa mort, causée par une vie de désordres et l'abus des spiritueux. C'était un artiste génial, le plus original et le plus puissant qu'ait produit l'Allemagne. Il excellait dans les tragédies de Schiller et de Shakspeare. — Son neveu, Philippe-Edouard Devrient, né à Berlin en 1801, mort àCarlsmhe en 1877, fut un excellent baryton d'opéra. — Le frère de ce dernier, Gustave-Emile, né à Berlin en 1S03, mort à Dresde en 1872, fut un artiste dramatique remarquable. — Othon, fils de Philippe-Edouard, né à Berlin en 1838, fut acteur, régisseur et directeur de théâtre. On lui doit : les tragédies Deux Bois (1867), Tiberius Gracchus ^1871) et la pièce populaire l'Empereur Barberousse (1871).

DevriÈS (Rosa), dame Van Os, cantatrice néerlandaise, née à Deventer en 1828. Sa voix superbo la fit distinguer, et de choriste elle s'éleva à l'emploi de première chanteuse dramatique. Après La Haye, elle se produisit à Lyon et à Toulouse; on Amérique, à Londres, à Turin, à Alilan, à Naples, à Barcelone, en Allemagne, et revint en Hollande. Sa .voix admirable et étendue était servie par un talent d'une rare puissance dramatiijuo. — Sa tille aînée, Jeanne, cantatrice dramatique, née en 1850, se lit entendre avec succès au Théâtre-Lyrique de Paris et au théâtre de la Monnaie à Bruxelles. — Sa seconde lille, FiDÈs, cantatrice dramatique, née à la Nouvelle-Orléans en 1852, débuta au Théâtre-Lyrique, en 1868, dans le Val d'Andorre. Elle se fit apidaudir au théâtre do la Monnaie, à Bruxelles, et revint à Paris. Après une brillante tournée en Europe, elle rentra à l'Opéra, en 1885, et créa lo rôle de Chimèno dans le Cid do Massenet. En 1887, elle jouaencore d'une façon superbe lo rôle d'Eisa dans l'unique représentation de Lohcngrin qui fut donnée à l'Eden-Thôâtro et dit un adieu définitif â la scène.

DévRIGHI ou DiVRIGMI, ville de l'Anatolio orientale (Asie turque), non loin do l'Euphrate supérieur, â 105 kil. S.-E. do Sivas. Elle est située, â 1.030 mètres d'altitude, dans une vallée quo' dominent des montagnes élevées. Sa population est do 5.G00 habitants, parmi lesquels un millier d'Arméniens. Mosquée du temps dos Soldjoukidos (beau porche), aujourd'hui grenier public. Dôvrighi apassé longtemps pour avoir été construite sur romplacoment de l'ancienne Nicopolis.

DÉVRILLAGE (vri-llaf ~ rad. dévriller) n. m. Filât. Opération subie par les fils de laino destinés ù obtenir le retors nécessaire â la fabrication de la bonneterie.

— Encycl. Lo dévrillage consiste à faire disparaître les vrilles dos fils soumis â celte opération. Il existe divers procédés do dévrillage. Dans lo premier procodé, on plonge rapiilement les bobines dans l'eau. Cette immersion tend, par lo gonllemont qu'elle donne au fil, â l'allonger en faisant reprendre aux brins une direction rectiligno et en détruisant les vrilles. Co procédé, très simpl^^i no suffit pas toujours. On a alors recours ù l'action de la vapeur d'eau sur les bobines, qui sont placées les unes au-dessus dos autres, mais sans so toucher, dans un récipient en tôle galvanisée, oH la vapeur est introduite par jets réguliers. L'opération dure vingt heures environ. Il no reste plus qu'à faire sécher les bobines do laino et â les dévider.

DÉVRILLER (// mil. — du préf. priv. dé. et do vrille) v. a. Filat. Soiiiiirttro des bobines do laino vrillée à l'opération du di-vnllage. ,, ,. , , ,

— Pécli. Détordre la cordo maUrosso d une ligne do fond qui est vrillée.

DÉVULGARISER (du préf. priv. dé, et do vulffaristr) v. a. Dépouiller do son caractère vulgaire : Dévuloauisek ujie expression.

Se dévulè<i'*iser, v. pr. Perdre lo caractère vulgaire.

Bewalque (Gilles-Joseph-Gustave), géologue belge, né à Siavotut en 1820. Il fut professeur do minéralogie, de géologie et do paléontologie â l'univorsité do Liège. Outra des études insérées dans des périodiques, il a publié des travaux se rattachant surtout ù la géologie de son pays.

DEWALQUITE (kif — de Dewalque, n. pr.) n. f. Silicoarsénio vauadate hydraté naturel d'alumine el do manganèse.

Dewar (James), physicien et chimiste anglais, né en 1842. Ce savant s'est' fait connaître par des travaux remarquables, publiés pour la plupart dans les " Proceedings i> de la Société royale. Los principaux ont eu pour oljjots : les produits d'oxydations do la picolino, la transformation de la chinolino en aniline, les constantes physiques do l'hydrogène, la chaleur spécifique du charbon à haute température, les actions physiulogiqucs do la lumière, les recherches spectroscopiques et la liquéfaction de l'oxygène et de riiydrogène. Ce savant s'est surtout occupé de l'étude des très basses températures nue l'on peut atteindre par rébuUitiou de l'air liquide et même de l'hydrogène liquide.

DéWAS. Gcogr. V. DÉVAS.

De Wert (Jacques), musicien belge, mort à Mantoue

en 1594. Il tut attaché d'abord au service du duc de Ferrare, et passa ensuite à celui de Marguerite Farnèse-Gonzague, duchesse de Mantoue. Il ne publia pas moins do dix recueils de madrigaux et de motets.

D'EWES (sir Simonds), archéologue et historien anglais, né à Coxden (comté de Dorset) on 1602, mort en 1650. En 1640, il représenta le bourg de Sudbury au Long parlement, dont il fut expulsé par Crom^vell pour s'être opposé aux mesures extrêmes contre Charles I'>^ Son principal ouvrage, publié après sa mort, a pour titre : Journals of queen Elisabeth's parlia7nents {\GS2).

Dewes ou Du GuEZ (Gilles), grammairien français, mort â Londres en 1535. Il se rendit en Angleterre, où il donna des leçons do français à Marie, fille de Henri VIII. On a de lui : an Introductorie for to lerne, to rede, to pronounce and to speake frenche trewly (vers 1532), ouvrage fort curieux sur la langue française, qui a été réédité par Génin, à la suite de l Eclaircissement de la langue française, de J. Palsgrave (1852).

Dewey (George), amiral américain, né à Montpellier (Vermont) en 1837. Elève de l'Académie navale, il était midshipman en 1858, et piit part comme lieutenant ù l'attaque des forts de la Nouvelle-Orléans par la flotte fédérale dans la guerre de Sécession en 1862. Commodore en 1896, il reçut, lors de la guerre hispano-américaine, le commandement en chef de l'escadre des mers d'Asie, destinée à opérer contre les Philippines. En 1898. il détruisit la flotte espagnole à Cavité, près de Manille, puis l'arsenal de cette dernière place, qui fut obligée de capituler, ce qui marquait la nn de la domination espagnole aux Philippines. Ses succès soulevèrent un enthousiasme immense aux Etats-Unis, où la population lui fit, à son retour, des ovations triomphales. Promu contre-amiral au lendemain de la victoire de Manille, il fut fait amiral, on 1899. DEWEYE [vé-t) n. f. Bot. Ombellifère du genre arracacia. DEWEYUTE (vé-i) n. f. Silicate hydraté magnésien et ferreux do Middelfield (Massachusetts). Variété de serpentine.

DewEZ (Louis-Dieudonnô-Joseph), historien belge, nô à Namur on 1760, mort à Bruxelles en 1838. Il fut professeur au collège de Nivelles, sous-préfet do l'arrondissement de Saint-Hubert durant l'occupation française, inspecteur des athénées et collèges sous le gouvernement des Pays-Bas. Il a écrit de nombreux ouvrages sur l'histoire de sa patrie : Histoire générale de la Belgique {\SOZ- 1807) ; Histoire partictdière des provinces belges sous le gouvernement des ducs et comtes (1815); etc.

DewINTER (Jean-Guillaume), général et marin hollandais, né au Texel en 1750, mort à Paris en 1812. Il prit part à la révolte de 1787 contre lo stathouder, et fut obligé do so réfugier en France, où il s'engagea dans l'armée de terre. Il fit les campagnes do 1792 et 1793 sous Dumouriez et Picheçru, devint général do brigade et, en 17'.>5. rentra avec les Français dans son pays, où il fut nommé viceamiral do la flotte réunie au Toxcl. Plus tard, lo roi do Hollande, Louis Bonaparte, lui confia le commandement on chef dos armées, avec le titre do maréchal.

Dewlet ( GiiéraY I"). souverain ou kan tartaro de Crimée, i)otit-fils de Mengli Ghéraï, mort en 1574. II monta sur le trône en 1551, après la déposition do Safa Ghéraï ; il déclara la guerre au tsar Ivan wassilievitch, (]ui venait do s'emparer do Kaiian, d'Astrakan et do la plus grande partie du Kiptchak. Quelque tomns après, il refusa à Sigismond, roi do Pologne, de s'allier avec lui contre la Hussie ; sur l'ordre du sultan do Coustautinoplcil dut, cependant, envoyer un corps de CO.OOO hommes à l'armée turque ; ces troupes furent écrasées (1509). Deux ans plus tard, Dowlet envahit la Kussio ù la tète d'une armée, mais il fut battu par lo général russe Michel Worotinski.

Dewlet (Ghéraï II), kan de Crimée, mort on 1724. Son père abdiqua en sa faveur en 1099; mais, en 1702, les Tartaros déposèrent Ghéraï II et rendirent la couronne & à son père. Dewlet ne remonta sur le trône ([u'en 1709, après la déposition de son frère Kaplau Obérai. Battu par les Russes au commencement de son second règne, il poussa le sultan â embrasser le parti de Charles Xll contre Pierre le Grand : le tsar fut vaincu par les Turcs et les Tartaros. à Ilorsieti sur lo Pruth : malgré les avis du kan do Crimée, la paix fut signée. Dewlet reçut l'ordre de reconduire lo roi de Suèdo dans ses Etats, mais celui-ci s'y opposa avec une telle opiniâtreté que le kan dut faire le sièg« de sa maison avec 14.000 Tartaros ; le sultan désavoua Dewh't et lo déposa (1713), bien que celui-ci n'eût fait qu'obéir. En 1710, il remonta sur lo trône, mais il fut do iiuuveau déposé, au bout do très peu do temps.

Dewlet (GiiKn\ï III), kan de Crimée, mort vers 1780. Il succéda, en 1709, â son oncle Kérim Ghéraï, mais son incapacité était telle qu'il fut déposé en 1770 ; on 1771, les Hussos imposèrent â la Porto Sahib Ghéraï comme kan ; mais, soutenu on secret par le divan, Dewlet souleva les Tartaros et s'empara du trône (1775). Chaliia GhéraV, frère do Sahib. attaqua Dewlet qui, battu eu 1770 dans la

DEWORA

DEZA

presqu'île de Taman et assailli par les Russes, s'enfuît ù Coostantmople, abandonnant le trône à Chahin (1777).

DewORA (Victor-Joseph), théologien catholique allemand, né à Hadamar en 1774, mort en 1S37. D'abord pasteur du faubourg Saint-Maihias à Trêves, il établit une école déjeunes instituteurs dans sa propre maison, devint plus tard conseiller ecclésiastique de l'évêque de Trêves, et enfin directeur de l'école normale prussienne de la régence de Trêves. On a de lui : Introduction à Varithm»^tique (1817-1835) ; la Force de la religion (1821) ; le Pouvoir de la conscience (1824-1833); ainsi que plusieurs ouvrages pédagogiques. Son Livre élémentaire de lectwe a eu un nombre considérable d'éditions.

Dewsburt, ville d'Angleterre (comté d'York) [West- Riding], sur la Calder, affluent de 1 Aire; 30.000 Iiab. Fabriques de couvertures de laine, de flanelles et de tapis. Au village de Kirkleer, tombe (à en croire la tradition) de Robin Hood.

DevyNNOGK, comm. de la Grande-Bretagne (pays de Galles [^comté de Brecknock]!, sur l'Usk, qui se jette dans l'estuaire de la Severn ; 9.300 hab.

DEXAMÈNE (dé-ksa) ou DEXAMENE {dé-ksa'7né-né) [et non Dexamine] n. f. Genre do crustacés amphipodes crevettines, famille des garamaridés, tribu des atylinés, comprenant de petites formes des mers d'Europe, caractérisées par l'absence de palpes mandîbulaires, par les maxillipèdes ayant leur bord armé d'une plaque épineuse. Citons la aexainene spinosaf com-

Dexamëne {gr. 3 fois]

Dexie (gr. 2 fois).

mune dans l'Atlantique; d'autres, comme la dexamene Flindersi, habitent les grands fonds.

DexamÈNE, roi d'Oleous, père de Déjanire. Hercule, après l'avoir délivré du centaure Eurytiou, épousa sa flUe Mnésimaque.

DEXIADÉS {dé'ksi) n. m. pi. Famille d'insectes diptères brachycères, caractérisés par un corps épais ou cylindrique, la face carénée au milieu, l'épistome saillant, les antennes courtes à style piumeux, et les yeux séparés dans les deux sexes. (Les genres principaux des dexiadés, comptant des représentants sur tout le glcbe, sont : prosena, zeuxia, dînera, dcxia, scotiptera, rutilia, gymnostyla, omalogaster.) — Un dexiadé.

DEXIE {dé'ksi) ou DEXIA {dé-ksi) n. f. Genre d'insectes diptères, type de la famille des dexiadés, comprenant des formes cylindriques, à trompe courte et membraneuse, à longues patt>s.

— Enctcl. Les dexies sont des mouches do taille moyenne, ordinairement rousses et grisâtres, dont on connaît une trentaine d'espèces, réparties sur le globe.

La dexia rustica, fauve et jaune, variée de brun, est commune en France.

Dexippe (Publius Herennius Dexippus), historien grec du m" siècle après J.-C. Il vivait à Athènes, où il remplit les plus hautes charges. Il y fut archonte éponyme: en 269, il fut élu stratège, et combattit vaillamnïent l'invasion des Hernies. Ses trois principaux ouvrages étaient : une histoire de la Macédoine et de la Grèce après Alexandre, en quatre livres; une Histoire des guerres de Rome contre les Gotks {Scjfthica), depuis Dêce jusqu'à Aurèlien: une Cfironique universelle, allant jusqu'à lavènement de Claude le Gothique. Dexippe a été souvent pillé par les historiens byzantms.

Dexippe, médecin grec du IV" siècle, établi à Cos, auteur d'un livre sur la Médecine et de deux livres sur le Pronfjstic.

Dexippe, philosophe grec du iv» siècle do notre ère. D était disciple de Jamblique. On a do lui un commentaire sur les Catégories d'Aristote, lequel a été traduit en latin sous le titre de : Quxstionum in cateqorias libri très, interprète J. Bernardo Feliciano (1549). C'est un dialogue en trois livres, dans lequel Dexippe donne avec beaucoup de clarté et de précision des réponses à diverses objections soulevées par son interlocuteur.

DexithÉE. Myth. gr. Femme de Minos. — Fille de Phorbas, épouse d'Enée et graud'mère de Romulus.

DEXTANS (mot lat. — contract. de desextans [un sextans de moins que l'as]) n. m. Petite monnaie romaine, qui valait les dix douzièmes de l'as, ou unité.

DextER (Flavius Lucius), annaliste espagnol du iv« siècle de notce ère. Fils de saint Pacien, il était parent de l'historien Orose et ami du poète Prudence. Il devint préfet du prétoire, puis gouverneur de Tolède. Il avait composé une chronique. On a publié de lui sous le titre de : Fragmentum Chronici F.-L. Dextrx (1619), un texte qui paraît avoir été fabriqué par le jésuite Jérôme de Higuera.

DEXTÉRITÉ [dèk'-sté — lat. dexteritas; de dexter, droit) n. f. Adresse de la main ou des autres organes : L'habitude des mêmes mouvements donne de la dkxtkrité. (Droz.)

— Fig. Adresse d'esprit : Conduire une intrigue avec beaucoup d*' dkxtkriti^.

— Stn, Dextérité, adresse, art, entregent, habileté, industrie, savoir-laire. V. aorksse.

— Anton. Gaucberla, maladresse.

DEXTIL n. m. Astrol. V. wxii..

DEXTRANE {dék'-stran) n. m. Substance gélatineuse, oui se dépose en amas sphériques pendant la inacératiun du jus dj betterave et qui semble empêcher la cristallisation du sucre. (Le dextrane parait être l'anhydride do la glucose.) Syn. viscose, gomme dk fermentation.

DEXTRE idèk'-ntr ~\:ii. dexter; m/^me sens) adj. Droit, situé à droite. (Vieux mot, usité encore dans le blason.)

— MûlI. Se dit des coquilles univalves dont les spires •ont toaroées â Jroito. do celles dont le bord terminal est

situé à droite de l'animal, ot de Celles dont le sommet est iucliné à droite.

— n. f. Main droite ; côté droit, côté de la main droite : Jésus est assis à la dbxtre de Dieu.. (Vieux mot, encore usité dans le blason.)

— Wétrol. Ancienne mesure linéaire, naguère encore usitée dans le midi de la France, ei particulièrement dans le déparlement de l'Hérault, où elle équivalait à 4'», 48.

DEXTREMENT {dèk'-stre ■ ment, avec dextérité.

rad. dcxti'e) adv. Adroite-

DEXTRINE {dëk'-strin' — du lat. dextra, main droite, la dextrine déviant à droite le plan de polarisation de la lumière) n. f. Chim. Substance goinmeuse, extraite de l'amidon.

— Enctcl. La dextrine commerciale est un mélange de diverses dextrines, contenant en outre, selon le mode de préparation : de l'amidon, de l'amidon soluble et du glucose. On la prépare, soit en attaquant la lécule par l'acide nitrique très étendu, en portant progressivement la température à llO" (Payen), soit en traitant l'amidon à 90" par l'acide sulfurique étendu, soit par la chaleur sèche à 160" sur l'amidon (amidon grillé — leiocome ou fécule grillée^, enfin, par l'action de la diastase, ferment soluble contenu dans l'orge germé, sur les matières amylacées à 70". La dextrine se présente sous forme d'une gomme amorphe , liygro-

Fabri m n »]< 1 i d. iliiii pir le giiliage

scopiquo, très solubfo dans l'eau; les solutions comparables aux solutions de gomme arabique en diffèrent par

Préparation de la dextrine par la diastase : A, . chaudière contenant le maltmoulu et chauffée par la vapeur; — B, lUtre recevant le liquide de la chaudière A; — C. réservoir recevant le liquide du fllire B ; — D, chaudière de concea-

tration dans lag quelle on obtient

le sirop de dextrine. (Un Serpentin animé d'un mouvement de rotation et dans lequel circule un courant de \apeur ngite lu licjuiôe, dont un ventilateur active l'évaporatioQ.)

leur réaction sur l'acétate de plomb, la dextrine ne précipitant pas. Le pouvoir rotatoire est d'environ + 138".

— Usages. Succédané de la gomme arabique, la dextrine sert d'épaississant et d'apprêt en teinturerie; en chirurgie, on emploie, pour immobiliser certaines fractures, des bandes imbibées du mélange suivant : dextrine lOO parties, alcool camphré 60, eau 40. Par dessiccation, le bandage devient très résistant, le lavage à l'eau tiède permet de l'enlever.

DEXTRINES (dèk'-strin' — même étymol. qu'à l'art, précéd.) n. f. pi. On désigne sous le nom de dfxtrines les produits d'hydratation de l'amidon, caractérisés par une grande réststanco à l'action de la diastase, ne réduisant pas la liqueur de Fehling et se transformant en sucre par l'action prolongée des acides ou de la diastase. Leur formule générale est celle d'un hydrate de carbone (C»H'"0*}».

— Encycl. Les dextrines, toutes incristallisables, sont différentes selon le procédé d'hydratation ; elles sont plus ou moins solubles dans l'eau ; le pouvoir rotatoire, toujours droit, varie, ainsi que les colorations données par l'iode. Par l'action ménagée du malt à diverses températures sur l'amidon, plusieurs dextrines ont été reconnues, parmi lesquelles : Vamylo-dextrine ou amidon soluble, premier terme de la transformation de l'amidon, peu soluble dans l'eau et coloré en bleu par l'iode, les éri/thro-dextrines , solubles dans l'eau, colorées en rouge pourpre par l'iode, les achroo-dextrines, très solubles, ne colorant pas par l'iode. La dextrine commerciale est principalement composée d'érythro-dextrines.

DEXTRINE, ÉE [dèk'-stri] adj. Enduit de dextrine : Bandage DKXTKINË.

DEXTRINIQUE {dèk''Stri-mk') adj. Chim. Qui appartient à la dextrine ; Catalyse dextrini^ue.

DEXTROCHÈRE ou DESTROCHÈRE [di'k' ou dè-stro-kèr') [mot mal forgé ; du lat. dexter, droit, et du gr. khéir, main] n. m. Blas. Figure héraldique qui est un bras droit, représenté nu, vêtu ou armé, tenant une arme ou toute autre pièce.

— Enctcx. Le dcxtrochère est toujours mouvant du flanc sénostre de l'ccu, tandis que le sénestrochère, qui est un bras gauche, est mouvant à l'opposé. Quand le dextrochère est vêtu, il est dit paré. Cette pièce héraldique s'est aussi employée en cimier. Comme enseigne, il fut adopté par la corporation officielle des maîtres d'armes, qui le gardèrent jusqu'à la Révolution. Le dextrochère armé de l'épêe, du badclairo ou de la haclie, indique le pouvoir temporel ot la judicature; comme tel, il apparaît dans les armoiries du connétable ou do certaines villes à franchises,

DEXTROGYRE (di;k'-stro-jir' — du lat. dexter, droit, ot gyrus, lourj adj. Physiq. Qui dévie à droite le plan do polarisation : Substaitces dextrogybes.

DEXTROHIQUE adj. Chim. V. OLUCONlQtm.

dextrocheie d'arpent tenant une fleur de lis du même-

DEJttnoMMAftlOtJÊ (dèk'-stro, rik' — du lat. dextra, droite, et de pimarîque) adj. Se dit d'un acide dextrogyre, dû à une trausformuLiun moléculaire de l'acide pimanque.

DEXTRORACÉMATE (dék'-stro, sé) n. m. Chim. Sel de l'acide dextroracémujue ou tartrique droit, ii Ce sel est aussi connu sous les noms de dextbotartrate, de tartrate droit et de tartrate ordinaire.

DEXTRORACÉMIQUE [dèk'-stro, sé-mik) adj. Chim. Se dit d'une mouirication de l'acido tartrique qui jouit de la jiropriété de dévier vers la droite le plan de polarisation de la lumière, n Cet acide est aussi connu sous les noms

de ACIDE DEXTR0TARTR1QUE, ACIDE TARTRIQUE DROIT, ACIDE TARTRIQUE ORDINAIRE. V. TARTRIQUE (acidc).

DEXTRORSUM {dèk'-stror-som' — rhot lat. qui signifie vers la droite) adj. invar, et adv. De gauche à droite.

— Encycl. Le mot dextrorsnm dé.-signe l'un des deux sens d'enroulement eu spirale, en pariant des plantes volubiles, des bobines d'induction, des soléooîdes, etc. C'est lo sens tel qu'un observateur placé suivant l'axe de la spirale voit les brins ascendants sur la moitié de la spirale tournée vers lui, s'enrouler de gauche à droite. D '^ G

Les pas de vis ordinaires des bo- f^-" bines, les fils des bobines d'induction, :'^"-' sont enroulés dextrorsum. Lorsqu'on regarde par un bout une bobine dextrorsum, un mobile qui suivrait le fil à partir de cette extrémité serait vu marchant dans le sens des aiguilles d'une montre. (Le sens contraire est dit senestrorsum.)

DEXTROSE n. f. Chim. V. glucose.

DEXTROTARTRATE n. m. Chim.

Syn. de dextkorackmate.

DEXTROTARTRIQUE adj .

Syn. do dextkorack.mique.

Chim.

Sens de l'enroulement dextrorsum.

DEXTROVOLUBILE [dèk'-stro — de dextre, ot volubtle) adj. En T. de bot,, Volubile à droite, qui s enroule de gauche à droite : Le liseron, le haricot, le volubilis sont dextrovoldbiles.

DEY {dé — du mot turc dai, oncle, qui s'emploie comme terme de respect) n. m. Terme par lequel on désignait lo chef du gouvernement, dans les Etats barbaresques, au temps de la domination turque.

— Encycl. Le sultan de Constantinople avait, après la victoire des frères Barberousse, concentré le pouvoir entre les mains d'un beylarbeg (ou bcy des beys), installé à Alger et commandant aux pachas d'Alger, Tunis et Tripoli. Mais, dès la fin du xvi" siècle, le beylarbey fait place à des pachas triennaux, dont l'influence sur la milice des janissaires et la turbulente corporation des reis fut à peu près nulle. Alger devient, alors, la proie des discordes civiles et, en même temps, la course prend un développement qui rend la mer Méditerranée intenable aux marins des nations européennes. Après des émeutes sans nombre, les reis parvinrent à enlever l'autorité aux aghas des janissaires et donnèrent le pouvoir à l'un d'eux qui porta le titre de det/. Quant aux pachas, représentant le sultan, ils demeurèrent, comme par le passé, oubliés et sans aucune influence dans la marche des affaires.

Les deys d'Alger, nommés à vie, gouvernèrent avec l'aide d'un conseil privé. Ils restreignirent les pouvoirs de la milice et firent administrer par des beys les trois provinces d'Oran, Titery et Constantine. Si l'autorité du dey était absolue, elle était, cependant, bien souvent menacée par la turbulente troupe des janissaires. Poussés par le besoin d'argent, ils laisseront la piraterie se développer de plus en plus et seront souvent en guerre avec les nations européennes. Ce n'est pas ici le lieu de raconter l'histoire des deys. Un grand nombre eurent un règne éphémère. Le dernier fut Hussein (1818-1830), détrôné par la France. V. Alger.

En Tunisie, le système de gouvernement et d'administration installé par les Turcs subit des modifications analogues. En 1590, la milice et la population voulurent un chef de leur choix et de cette révolution sortit également un dey.

De liS90 à 1705, trente deys occupent le pouvoir. A peine quelques-uns d'entre eux méritent d'être mentionnés. Othman-dey (1593-iGiO) fut le créateur des fonctions de bey et de koptan. Youssef, son gendre (1610-1637), embellit Tunis de nombreux monuments. Les deys de Tuni.s cessèrent vile d'avoir cette autorité réelle que conservèrent les deys d'Alger jusqu'en 1 830. Presque tous périrent de mort violente. Devenus de misérables fantoches entre les mains des beys, ils se trouvèrent bientôt dans la situation dos rois fainéants vis-à-vis des maires du palais. Dès 1686, à la suite d'une invasion des Algériens, les deys, contrairement aux usages antérieurs, furent soumis aux beys, élus et déposés par eux, au gré de leur fantaisie. Ils disparurent effectivement, lors de la révolution de 1705, Désormais, le titre do « dey » ne fut porté que par des fonctionnaires honoraires; il n'eut plus aucune valeur politique.

DEYAMITTINEfrf*/-)'-n-n»'-//;r) n. f. Alcaloïde cristallisé m petites tables hexagonales, qui accompagne la buxine dans l'écorce du cissaynpelos pareira.

DEYCIER {dé-si-é) n. m. Fabricant de dés. Syn. de décier.

Deyeux (Nicolas), chimiste, né et mort à Paris (1711-

1837). Il fut pharmacien de Napoléon, professeur à l'Ecole de médecine do Paris et membre de l'Académie des sciences. Ses principaux écrits sont : Précis d'expériences et d'observations sur les différentes espèces de lait (1800), et Considérations chimiques et médicales sur le sang des ictériqurs (1804).

Deynze ou BeinzE (autrof. Donza), ville de Belgique (prov. do la Flandre orientale), arrond. admin. eljudic. de Gand, sur la Lys; 4.591 hab. Distillerie de genièvre, dentelles, tissus. Un canal, long de 51 kilomètres, part do ce point pour aboutir à la mer du Nord.

DeyrançON, comm. des Deux-Sèvros, arrond. ot ù 15 kilom. do Niort, à la source d'un sous-affluent de la Sèvre Niortaise par le Mignon ; 916 hab.

Deza (DiegoV théologien espagnol, né àToro. dans le royauiiio de Léon, en 1444, mort on 1522. Ayant pris l'habit

dos dominicains, il fut succossivomont professeur do tli(5olo^io à Saluman(|uo, précoptoup do l'infant Joan ot eonfossoui* dos souvorains d'Kspagno Ferdinand et Isabelln, évôquo do Zaniora, do Salamanquo, do Paloncia ot do Jaon, arcliovt^qno do Sôvillo ot ontiii do Tolùdo. Sos Œuvres, i^mbliéos ;\ Madrid on 1570, rout'ermeut un grand nombre d ouvrages do tliôologio.

Deza (rodro), cardinal espagnol, né en 1520 à. Sôvillo, mort à Homoon IGOO, Klôvodo l'univorsitô de Salamanquo, il fut archidiacre <io Calatrava ot conseiller do l'Inquisition. Philippe II In nomma pri5sident de Grenade. 11 ol)tint le chapeau do cardinal on 1578, et se lixa à Home en ir.SO.

DCZALLIER D'ArgENVILLE (Antoine-Joseph), écrivain et naturaliste, né et mort ù. Paris (1680-1765). Il était l'ami du chancelier d'Aguossoau. Il devint, en 1733, maître des comptes do Paris, puis conseiller du roi. Ses principaux ouvrages sont : Traité sur la théorie et la pratique du jardinât/ e (I70y) ; Abrégé de la. vie de quelques peintres célèbres (1715).

DÉZÈDE ou Dezaides, compositeur français, né vers 1740, mort en 17'.t2. On ue sait où, ni do qui il est né. Luimêmo ignorait son nom, et celui sous lequel il s'est fait connaître est simplement composé des deux lettres D. /., qu'il inscrivit sur sos partitions. Dézôdo fut un artiste doué a"une habileté technique supérieure à celle de presque tous les artistes de son temps. Il brilla surtout au théâtre dans le genre pastoral, et la grâce naïve des mélodies qu'il plaçait bur les lèvres de sos paysans le fit surnommer rOrphée des champs. Ses jolies et tendres pastorales : l'Erreur d'un niotncnt {inz), les Trois fei'miei'S {1111), Biaise et Babet (1783), Alt'xis et Justine (1785), obtinrent des succès mérités. Ses autres ouvrages sont : Julie (1772); le Stratagème découvert (1773); Fatmé ou le Langage des fleurs (1777); Zulima (1778); le Porteur de chaise (1778); Cécile (1780) ; A trompeuvy trompeur et demi (1780) ; Péronne sauvée {\1^Z)\ A Icinâor {\19,1)\ Auguste et Théodore ou les Deux pages (I78y}; les Trois noces (1790); Ferdinand on la Suite des Deux pages (1790) ; Paulin et Clairette ou les Deux espiègles (1792) ; la Fêle de la cinquantaine (posthume, Ï796) ; Fin contre fin, petit ouvrage joué seulement en société. — La fille de cet artiste, Florink Dèzède, dont la mère est inconnue, a écrit la musique d'un opéra-comique en un acte : Lucctte et Lucas, représenté à la Comédie-Italienne en 1781. Elle était alors âgée de quinze ans.

Dezeimeris (Jean-Eugène), médecin français, né à Villefranche-de-Longchapt (Dordogne) en 1799, mort en 1851. Il s'est consacré tout entier à l'histoire de la médecine, a laissé d'importants mémoires sur les doctrines hippocratiques, de nombreux articles dans le Dictionnaire en 30 vol., et surtout : Dictionnaire historique de la médecine ancienne et rnodcrnc (1838-1839).

Dezeimeris (Reinhold), érudît français, fils du précédent, né à Paris en 1835. Conservateur de la bibliothèque de Bordeaux jusqu'en 1890, il fut nommé, en 1878, correspondant do l'Académie des inscriptions. Outre une très bonne édition des Fssais de Montaigne (1873) et autres éditions d'auteurs, on lui doit un grand nombre d'écrits, de mémoires, etc. Nous citerons de lui : De la renaissance des lettres à Bordeaux au xvi' siècle (1864) ; Recherche sur la recension posthume du texte des Essais de Montaigne (1866) ; Leçons nouvelles et remarques sur le texte de divers auteurs {i SI 6-ISS&) ; etc.

Dezobry (Charles-Louis), érudit français, né à Saint- Denis (Seine) en 1798, mort à Paris en 1871. Il débuta par un ouvrage inspiré par le Jeune Anacharsis de Barthélémy : Home au siècle d'Auguste ou Voyage d'un Gaulois à Home à l'époque du règne d'Auguste et pendant une partie de celui de Tibère (18351, qui eut un juste succès et qu'il améliora dans une nouvelle édition illustrée (1846-1847). Vers 1835, il fonda' à Paris, avec Magdeleine, une librairie classique, pour laquelle il composa plusieurs ouvrages dont les principaux sont : Dictionnaire de biographie et d'histoire (1857) ; Dictionnaire des lettres, des beaux-arts, sciences inorales et politiques (1862), qui furent souvent réédités; puis le Dictionnaire de l'art épistolaire (1865).

DezOTEUX (François), médecin français, no à Boulogne-sur-Mer en 1724, mort à Versailles en 1803. Zélé partisan de l'inoculation do la variole, il fit paraître un écrit intitulé ; Pièces Justificatives concernant l'inoculation (1765). Il obtint do Louis XVI la création, dans le régiment du roi, d'une écolo do chirurgie, à la tôto de laquelle il fut placé ot qui a formé des praticiens distingués.

DEZOTEUX. Biogr. V. CORMATIN.

Dgra-LHA, dieu do la guerre dos Thibétains, divinité d'origitio iiMUîrtaine. Ce que l'on sait de plus précis sur lui, c'est qu'il commando Varméo divine et que, d'après la croyance [lopulairo, les grands dieux eux-mêmes Tadoront.

DhafÂR, villo ancienne de l'Arabie, capitale des Himyaritcs, jilacéo par les uns jirès de Sanâ, par les autres dans le voisinage du cap Mirbât, à El-Belid.

Dhafer-BI-AMR-ALLAH (Ismaîl-Abou-Mansour El), 9" calife d« la dynastie des Eatimitos d'Egypte ou des 01)aïdites du Magrrb, né et mort au Caire (1132-11541. II succéda à son pôro Kl-IIaliz-li-din-AUah on 1149, et laissa le gouvornemont do l'IOgypto aux mains do son vizîr et dos généraux. Son rôgno accentua encore la décadence do la dynastie fatimito ; les Siciliens firent plusieurs expéditions sur los côtos do i'Kgypto, saccageront plusiours villes du Delta, ot, eu 1153, los croisés s'emparèrent d'Askalou, l'un dos principaux ports do Syrie. Lo califo, livré à sos débauches, no lit rien pour arrêter los progrès dos envahisseurs, ot il fut assassiné par le vizir Abbas, dont lo lils avait été la victime do sos coupables plaisirs.

DhAHER, choik do Svrio , né vers 1085 en Arabie, mort près do Saint-Jean u'Acro on 1775. Son père, Onuir, lui laissa comme héritage la villo do Safad et, pou do temps après, il s'empara de Tibt'riadc ; le pacha de Damas chercha â la lui enlever on 1742, mais il mourut avant d"y ètro parvenu. En 1749, Dhahor s'empara do Saint-Joaîi d'Acre, (It alliance avec les Motazallistes et les tribus du désort, ot prit le titro do cheik d'Akka, do Nazareth, Tibériado, et do touto la Galiléo. Lo sultan dos Turcs, crai-

f:nant do pordro la Syrie, lui opposa Osman, pacha do )amas, et sos doux fils, qui furent battus par Ali, (ils do Dhaher (1760), L'annéo suivante, il s'allia avec Ali-boy l'un dos principaux chefs des mamoluks du Caire, ot leur

armées réunies failliront s'emparer do touto la Syrio. La

fnito < '

ttqui>

fnito ot la mort d'Ali porteront un coup funeste à la polidu rhoik syrien ; battu par Mohammod-boy, il fut

iiLu il iiii ruiip ijo fusil on cherchant à s'in-happor.

Dhaher-BILLAH, 35" califo de la première dynastie abbassido, no eu 1173, mort on 1220. Non père, Ef-Nasirli-din-Allaii, l'avait fait onformor durant son règne, ot on

10 tira do prison pour lo faire monter sur lo trono. Ce princo gouverna sagement ses Etats, mais no fit rien pour prévenir les désastres au milieu desquels allait s'elVoudrer lo califat, et il ne mit pas Bagdad on état de résister aux Mongols do Gengis-Khan. Il laissa le trôno à sou fils El-Mostaiiscr-Billali.

DhAHER-LI-IZAZ-DIN-ALLAH ( Ali-Abou'-l - Hasan), calife do la dynastie fatimite d'Egypte, fils d'El-Hakemlii-amr-Allah,'ué en 1005, mort au Caire eu 1037. Ce princo lit périr los assassins de son père et fit quelques conquêtes en Syrie ; il périt assassiné et eut pour successeur son fils El-Mostanser-Billali-Abou-Témim-Maad.

Dhahhak ou ZoHAK, Zahhak, nom d'uu roi de Perso do ladycastic des Pishdadiens, appelé dans l'Avesta Azhi-Dahaka, « lo serpent Dahaka », et en pelilvi Azh- Dahak ; les .\rabos out vu dans Daha/c un nom tiré do la racine dahaka » rire », et en ont fait Azh-Dahhak « le Serpent rieur », étymologie aussi impossible que colle qui consiste à voir dans Dahak les deux mots persans dah ak

11 qui a commis dix crimes ». Co prince, qui n'est autre chose que la personnification de la race arabe, laquelle dès l'époque grecque, attaquait la Perso par l'Occident, habitait, d'après la légende, àBabylone [Baxcri), daus le palais do la Grue {Kulengdiz). Il succéda à Djoms hid, le roi glorieux par excellence do la légende iranienne, et fut vaincu au bout de mille ans par Féridoun, le Thraêtaona de l'Avesta, qui l'enchaîna sur la cime du Demavend; les phénomènes volcaniques dont cette montagne est le siège ne sont que les manifestations de la colère de Dhahhak. Sa légende se retrouve dans le Livre des rois [Shah- Name/i) do Firdousi, mais fortement evhémerisée.

Dhairs, tribu indigène de l'intérieur de l'Inde, cantonnée principalement dans les montagnes situées au N. du Deccan. — Un Dhaik.

— E.scYCL. Les Dhairs vivent dans h-s forêts, se nourrissant de gibier et mangent jusqu'à la chair des bêtes morics.

Quelques-uns descendent dans los village-, des cultivateurs de la plaine pour y exercer les fonctions de tchaokidar (garde champêtre) ; mais ils sont généralement tenus à l'écart et obligés de vivre en l'arias, hors des murs.

DHAK n. m. Gros tambour do l'Indo, '^*'^-

qui se joue avec deux baguettes et qu'où bat du côté droit seulement.

DhalboUM, principauté de l'Inde anglaise, district de Singlibuum, dans le Tchota-N'agpour ; 117.000 hab.

DhAMTARI, ville de l'Inde anglaise (Central Provinces [prov. de Tchattishgar] ), sur le fleuve Maharadi; 6,000 hab. Commerce important de gommes laques. Ch.-l. d un sous-district peuplé de 228.000 hab.

DHANDIAM [di-am') n. m. Cordon brahmanique, signe distinctif des brahmes de l'Inde.

— P^NCYCL. Ce cordon se compose de trois petites ficelles formées chacune de neuf fils, et se porte en bandoulière, de l'épaule gauche à la hanche droite. Il est fait do coton, qui doit être cueilli et travaillé par des personnes do la caste brahmanique. L'investiture du cordon brahmanique se fait à l'âge de cinq à neuf ans : oUe donne lieu à des fêtes solennelles. Cet acte est le plus imposant et le plus solennel do la vie d'un brahmane. Los djains, los parsis et d'autres encore ont adopté l'investiture religieuse par lo cordon.

Dhar ou Dharanougour , principauté et ville de l'Inde, tributaires de l'empire anglais. La principauté est située dans l'ancienne province do Malva (présiu. de Madras) ; sa superficie est do 4..^06 kilora. carr.; sa population, do 169.475 hab. Commerce do l'opium. La capitale, Dhar, non loin des sources du Tcharaboul, est une ville très ancienne et déchue ; elle no compte guère plus de 15.000 hab. Ses rajahs descendent d'uue des plus illustres familles mahraltcs.

Dharampour, principauté do l'Indo anglaise. Goudjorat, "4.000 liai). Ch.-l. Dharampour.

DhaRANGAM ou DharangAON, ville do l'Indo anglaise ([«résid. do Bombay [Dekkaii]); 13.000 hab.

DhÂRANÎ n. f. Se dit des formules magiques (prières, invocations, incantations, ou oxorcismes) qui passent pour avoir une action irrésistible sur la volonté des dieux,

MoudrAs (accompnfrn.int loa dhArnnls) : 1. Du sabre; 2. Du trlduiit ; 3. Do la sonnette ; 4, Do la coritnie ; t>, Du lotus ; 6. D'oCfrande ; 7. Du fou ; 8. Du Nirvûna.

mettre on fuite les démons, procurer toutes sortes do biens, il On los appello aussi mantras.

— Encycl. Les dhiirnnîs sont habituellement des invocations, ou fragments d'invocations empruntés aux Yédas, aux livres tântriques, â ceux du bouddliismo mystique, ou do simples litanies dos noms d'un diou. La récitation dos dhârauis ost accompagnée d'uu gosto cabalistique dos mains appelé moudra « sceau ».

DmarvaR, ville do rindo anglaise (présid. do Bombay) ; 32.KIX) h;il). C'est un des principaux marchés do coton do rinde; elle exporto du coton, du riz, des hois ot dos céréales. — Lo district H une suporficio do 11.922 kilom. corr. : uno population do 1.051.300 habitants, ot produit surtout du coton.

DEZA — DHYANl-BOUDDHA

Dhavalaghiri ou Dhaulagiri, ou Dhaoula-

GHIRI, I un des massifs los plus élevés des monts Himalaya, au nord do l'Indo, au contre du Népaul. Son altitude ost do 8.181 mètres. C'est le quatrième sommet do l'Himalaya (après lo Gaourisankar : 8.845 m., le Kintchindjinga : 8.586 m., et lo Sihsour : 8.468 m.). Les glaciers de ce massif, dont lo nom signifie littérah^mont ^ mont Blanc » , alimentent lo Gandak, qui appartient au bassin du Gange.

DHAW n.m. Embarcation arabe de l'océan Indien, portant à l'avant uno sorte d'éperon en queue do requin et dont les œuvres mortes sont lattées.

DheLLI. Géogr.

Page 1