‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 67 sur 870 · V. CAISSON · texte numérisé non relu

V. CAISSON

— pROv. et IjOC. prov. :

Sonner la grosse cloche, Mettre en œuvre les moyens extrêmes et décisifs. Il Fondre la cloche, Prendre un parti, une résolution extrême.

Il Etre penaud comme un tondeur de cloches, Etre fort surpris de voir manquer une chose sur laquelle on comptait. ii Qui n'entend qu'une cloche n'entend ou n'a qu'un son, Pour être bon juge dans une atfaire, il faut avoir entendu les deux parties, il On ne peut sonner les cloches et aller à la procession, On ne peut faire plusieurs choses à la fuis, il C'est le sondes cloches, auxquelles on fait dire tout ce qu'on veut, Ce sont des paroles que l'on peut interpréter comme on veut, ou C'est un homme qui dit tantôt dune façon, tantôt dune autre.

— Syn. poétique. Airéùn.

— Encycl. Hist. Les cloches, ou du moins les clochettes, paraisseni avoir été en usage en Chine et dans l'Iode, dès les temps les plus reculés; elles étaient certainement connues des Grecs et des Romains. L'opinion qui en attribue l'iotroduciion dans l'Eglise catholique à saint Paulin de Noie ne repose sur aucun fondement sérieux. Le pape Sabinicn, successeur des saint Grégoire le Grand, fut, dit-on, le premier qui ordonna d'annoncer les ofhces au son des cloches. Ce qui est certain, c'est que des cloches étaient suspendues dans les églises dès le vu' siècle. Charlemagne cloche en fer généralisa l'usage des cloches dans tout baitu (vu* s.). son empire. L'Eglise d'Orient ne l'adopta

3u*au X* siècle. Ce n'est qu'à partir du xiii* siècle qu'on oona aux cloches des dimensions considérables et qu'on songea à les décorer; les cloches les plus ornées datent du XVI* siècle. II est d'usage de faire figtirer sur la cloche les noms de la clocho ellemême, ceux des donateurs, des parrains et des marraines, et enfin ditTérontos in scriptioos souvent tirées de l'Ecriture sainte.

La bénédiction des cloches, vulgairement appelée baptême des rioches, est citée pour la première fois par Alcuin , au \'iii* siècle. Elle consiste on plusieurs ablutions et aspcrsioDS d'eau bé- ci, aile faites sur la clocho et

accompagnées d'onctions avec l'huile des catéchumènes et le saint chrAroo. On récite en m/^me temps des prières spéciales. I.^ cloche est entourée de lumières et paréo de fleurs et de linges précieux. Cette cérémonie est réservée de droit àlévéquc diocésain, qui peut, toutefois, délé-

Cloche à plongeur.

Cloche civile

(Ib7oj.

Cloche

guerses pouvoirs. Ce n'est qu'après avoir été ainsi consacrée que la cloche est hissée dans le clocher ou le bolfroi qui doit la recevoir. L'étroitesso des plus anciens de ces monuments est une preuve que, dans le principe, on ne sonnait pas les cloches à toute vulée : on se contentait do les tinter. La plupart des anciennes cloches ont été détruites. Celles qui étaient dans les églises de Paris, en 1789, furent converties les unes en canons, les autres en sous. Une seule fut conservée : elle appartenait à Saint-Gerniain-l'Auxerrois ; elle fut cédée au théâtre de la Comédie-Française, où elle sonna dans le Charles IX de M.-J. Chénier. Une des plus anciennes ([ui aient été conservées est lo bourdon de la cathédrale de Reims : il date de 1570. Il existe encore des cloches du xv et du xvi* siècle, dans les cathédrales d'Amiens, de Sens et de Chartres.

— Admio. Les canons des anciens conciles interdisaient d'employer les cloches à des usages profanes. Toutefois, il a toujours été admis qu'on pouvait s'en servir pour annoncer les incendies, les invasions ou les grandes catastrophes. (V. TOCSIN.) La loi du 5 avril 18S4 et larrèté ministériel du U juillet 1885, tout en reconnaissant aux cloches une destination éminemment religieuse, ont cependant stipulé que les préfets et les maires avaient lo droit d'en requérir la sonnerie pour les cas de nécessité publique, le passage officiel du président de la République, la veille et lo jour de la fête Nationale et desfêtes locales.

— Archéol. Au moyen âge et plus lard, on donna le nom de cloches à nombre d'objets, notamment de vaisselle soit (|u'il s'agisse de couvre -plats, soit de vaisseaux pour la cuisine. Comme pièce de vêtement, lo mot" cloche u s'entendait dan s divers sens. La cloche des xiv" et xv« siècb^s était un grajid et long surtout, fourré ou non suivant la saison, et qui descendait droit jusqu'aux pieds ; elle était munie de capuchon et de manches, et fendue suivant les modes, devant, derrière ou sur le côté, rattachée par des boutons. Les dames portaient alors la cloche pour monter à cheval; il y avait des cloches à deux capuchons mobiles, atin qu'on en pût changer suivant le temps. Dans le costume ecclésiastique, la clocho subsista jusqu'au xvir siècle. Au xvi= siècle, on donna parfois ce nom aux vêtements à la rcître, qui avaient la forme d'une cloche et qui rentraient dans la catégorie des capots. Au xvii* siècle, on appelait « cloche » une cape que les femmes de Paris portaient, et qui était une sorte de capeline ou de mante couvrant la tête et ne dépassant pas la ceinture.

— Technol. Le métal le plus communément employé pour la fonte des cloches est le bronze. (V. ce mot). Il est possible de faire varier la tonalité des cloclies en modifiant les proportions des métaux constituant l'alliage. On fait, cependant, usage de l'acier fondu, mais ce dernier métal, trop dur ou trop mou, présente de tels inconvénients que son emploi est assez limité. La fonte d une cloche com-

ftrond trois opérations successives : le tracé, cccréstaiique 0 moulage, la coulée dans le moule du métal (1350). en fusion. Le tracé consiste à déienniner la forme et les proportions de la cloche. Le moulage s'exécute dans la fusse mémo où doit avoir lieu la coulée. Il consiste dans rétablissement du moule et de la fausse cloche ou noyau, séparés l'un de l'autre par une certaine épaisseur de terre. Le moule étant achevé, on le sèche au moyen d'un feu allumé sous le noyau. Les diverses pièces constituant le moule sont alors démontées en enlevant d'abord la chape, puis l'épaisseur de terre placée entre cette chape et le noyau. Cela fait, on ragri'e la chape et la surface du noyau. On place ensuite sur la chape le moule des anses et le bassin de coulée; on garnit le fond du noyau d'un bouchon de terre dans lequel est scellé l'anneau qui doit porter le battant. Enfin, on enterre le moule bien desséché, puis on procède à la coulée.

Une cloche achevée se compose de parties qui ont des noms spéciaux. En commençant par la partie inférieure, on rencontre d'abord la patte, partie la plus mince de l'instrument. Vient ensuite la panse, dont l'épaisseur est plus grande et (|ui reçoit les chocs du battant. Los saussures constituent la partie moyenne do la cloche : elles sont séparées de la panse par la gorge ; et enfin, surmontant le tout, lo ceii'ean, sorte de calotte sphérique. qui porte à l'intérieur l'anneau du battant. Les anses de la cloche occupent la partie supérieure et extérieure du cerveau ; elles sont prises dans le moi/^071, au moyen duquel la cloche est suspendue. Le battant est en fer forgé ; son poids atteint le vingtième de celui de la cloche. La tige va en se renforçant verslo bas et se termine par une niasse en forme de poire. La liaison du battant et de la cloche s'opère au moyen de liens en cuir ou bragers; ils passent dans l'œil du battant et l'anneau de la clocho.

Cloches de Comeville (les), opérette en trois actes, paroles de Clairville et Charles Gabet, musique de Ro- Dert Planquetto {Folies-Dramatiques, 1877). Cet ouvrage est l'un do ceux qui ont obtenu, en ce genre, lo succès lo plus considérable et le plus prolongé. Il doit ce succès surtout aux qualités d'un livret très amusant, fort habilement fait et qui, en dépit de ses invraisemblances, a séduit la foule. Quant à la musique, facile à retenir, avec un certain cachet de vulgarité, elle ne manque pas d'une sorte d'entrain juvénile. Plusieurs airs de la pariilion sont devenus populaires.

CLOCHEMAN, CLOCLEMAN, CLOCQUEMAN [ke-man) [i. m. Mot. sans doute fiamand, désignant l'homme qui sonnait les cloches. (On donnait le nom de clo> heteur slu crieur qui agitait la clochette des trépassés. Mais le mot de clocheman subsista pendant lo moyen âge.) tl II servait aussi à désigner lo mouton ou lo béTicr du troupeau qui portait la sonnette et servait de guide au troupeau. (Dans la Crie, on l'appelait lo sonnaillier.)

CLOCHBMENT {man) n. m. Action do boiter : Un clocfiKMKNT douloureux.

— A signifié Action de sonner une ou plusieurs cloches. CLOCHE-PIED (pi-**) n. m. Jeu d'enfant qui consiste à

aller le plus vite et le plus loin possible sur un seul pied.

— A Cloche-pied, lo^-. adv. Sur un seul pied.

— Kn T. de manuf., Organsin qui n'a que trois brins do

u — ot

soie, dont deux sont d'abord moulinés ensemble; après quoi, on mouline le troisième avec les deux autres réunis. CLOCHER [ché) n. m. Tour, charpente ou autre construction élevée au-dessus ou dans le voisinage d'une église, pour loger les cloches : La cloche engendra te clocher. (L. VeuilTot.)

— Par ext. Cloche : Les clochers sont lu grande voix de la famille catholique. { Descuret. ) Paroisse , commune, pays natal : Beaucoup d'hommes meurent sans avoir perdu feitr CLOCHER rft,' vue. (Cbaicaubr.) n Querelles, liivalités de clocher. Disputes, compétitions d'un intérêt tout local.

— MoU. Coquille du genre des vis. n Clocher chinois, Nom vulgaire tlo la cérite obélisque.

— Mus. Clocher harmonique. Sorte d'instrument inventé en Calabre vers la fin du dernier siècle, et qui consistait on un buffet contenant divers instruments dont on jouait à l'aide d'un clavier.

— ■ Sport. Course au clorher, Cour-^e à cheval, à travers prairies, rivières, haies et fossés, vers un but qu'il s'agit d'atteindre, il Se dit, daus le langage courant, pour désigner des rivalités quelconques qui portent à braver tous les dangers.

— Prov. et Loc. rnov. : Tirer du clo'her, Employer la dernière ressource qui reste, ii II n'a jamais vu que son clocher. Se dit d'un homme inexpérimecté, qui ne tonnait pas le monde, u Se battre avec les pierres du clocher. So dit d'un homme qui se slti contre si's adversaires de l'objet même du litige, n II laut placer le clocher au milieu de la paroisse, Il faut placer a la purtêe do cliacun ce qui est unie à tout le monde, ii Un curé n'a besoin d'autre titre que de son clocher pour réclamer ses dîmes, La chose dont il s'agit est de droit commun ; elle n'a besoin d'être appuyée d'aucun titre.

— Allus. hist. : Aigle volant de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame. Ces niuts terminent la proclamation qu'adresba Napoléon à l'armée, à son retour do l'île d'Elbe, en débarquant au golfe Juan. Ces paroles, restées célèbres, se rappellent (|uelquefois pour présager la certitude et la rapidité d'un succès.

— Enxycl. Divers monuments prouvent que les architectes chrétiens bâtissaient déjà des clochers au vii= siècle. Les cloches dont on faisait usage à cette époque n'étaient pas. d'ailleurs, d'un volume assez considérable pour exiger l'érection de clochers bien vastes : on les suspendait d'ordinaire dans do petites tourelles élevées à côté des églises ou au-dessus des combles, ou dans des arcatures ménagées au sommet des pignons. Dôt le ix* siècle, la forme quadrangulaire prévalut. La plupart des clochers élevés à Rome, à celte époque et pendant les siècles suivants, sont des constructions carrées, divisées eu uombreux étages par d'étroites corniches : des fenêtres en arcade sont pratiquées à chacun de ces étages.

L'usage dos clochers paraît s'être répandu en Orient plus tard qu'en Occident. Les premiers clochers byzantins furent probaolement cylindriques, comme ceux de l'Italie: maïs, bientôt aussi, la forme quadrangulaire prévalut en Orient, avec cette différence que l'étage supérieur resta parfois circulaire et fut couronné d'une voûlo hémisphérique.

Les plus anciens clochers construits en France présenteiit des dispositions analogues. Le clocher de l'église de Saint-Front, de Périgueux, qui date des premières années du XI" siècle, se compose de deux étages carrés en retraite 1 un au-dessus do 1 autre, et surmontés d'une calotte conique, portée par une colonnade circulaire ; mais, à la même époque et dans la même contrée , on construisit des clochers d'une forme assez différente, dont le clocher de l'église abbatiale de Brantôme, près de Périgueux, peut-être regardé comme le tyjte le plus remarquable. Tels sont le cloclur de la cathédrale de Limoges et celui de la cathédrale du Puy en Velay, bâtis dans la seconile moitié du ix* siècle. Leurs étages carrés forment des retraites successives, dont la plus élevée ]>orte de fond sur quatre piles isolées au rez-de-chaussée. Les clochers n'étaient pas seulement destinés à loger des cloches : ils servaient surtout â signaler de loin l'église et à marquer la puissance des chaiiitres, des abbayes ou des communes.

Bientôt, on ne se contenta pas d'un seul clocher; les églises en eurent deux, trots, cinq, sept et jusqu'à neuf. D'ailleurs, dès le XI" siècle, les clochers des églises cathédrales servaient souvent de beffroi pour les villes.

A partir du xi" siècle, toutes les églises sont pourvues de clochers; mais toutes n'offrent pas les mêmes dispositions quant â la forme et à la place affectées à ces constructions. Dans le principe, les architectes romans n'élevèrent le plus souvent qu'un seul clocher sur la face occidentale des églises : tantôt à l'un des angles ou devant la porte et en saillie, do manière à former un porche, tantôt sur la porto ellemême et au même plan ([uo la façade, pour former un vestibule intérieur. Quand l'art roman fut complètement développé, d'immenses tours carrées s élevèrent â chacun des angles do la taçade. Souvent, un grand porche saillant fut établi entre les bases de ces tours, comme à l'église abbatiale do Jumièges; mais, plus fréquemment encore, les clochers furent bâtis au même plan que le porche et furent percés à leur base do portes latérales. Les constructeurs romans imaginèrent, enfin, d'élever des clochers sur lo milieu de la croisée, au point d'intersection des transepts et de la nef, et ce fut à ces tours centrales qu'ils donnèrent les développements les plus considérables. Ces clochers centraux, tantôt carrés, tantôt octogones, se remarquent dansun grand nombre d'églises de l'ouest dolaFrance.La

Clocher de Poisby.

Normandie est lo pays des clochers gigantesques sur croisée d église. Dans les autres provinces, dèslo xiir siècle le lourd cloclior on pierre sur croisée est remplacé par dos flécllos en charpente recouvertes do plomb.

Los clochers oontigus au.\ façades ou construits sur elles oflrent plus do variété encore (pie les clochers centraux. Us servaient, à l'origine, do délenso, et durent être, naturellement, élevés devant la porto de l'église ou au-dessus Pendant la période ogivalo et dés le milieu du xif siècle, ces sortes de constructions prennent et deviennent un des plus beaux ornements des églises ; au lieu de s'élever sur les porches, elles prennent place aux angles des fai.-ades, et, au heu d'un seul clocher, on en bâtit deux le plus souvent. Nous citerons : le clocher de l'église du village de Neslos (Oise); le clocher de Tracy-le-'Val (Oise) ; le clocher de l'église abbatiale do la Trinité de Vendôme ; les clochers do la cathédrale de Bayeux et ceux de l'église de la Trinité de Caon, et surtout le vieux clocher de la cathédrale de Chartres, construit vers le milieu du xii" siècle. Arrivons au xm" siècle. Les clochers de cette période sont portés à une éhvation extraordinaire (clocher sud de la cathédrale do Senlis). Dès le commencement du XIII» siècle, il s'était formé, en Bourgogne, une école gothique qui marchait de pair avec celles de rilo-de-France et de la Champagne.

Malheureusement pour l'art, la Bourgogne ne possède qu'un très petit nombre de clochers du xiii" siècle. Les églises de l'ordre de Citeaux n'admettaient dans leurs édifices sacrés, pour placer les cloches, que les dispositions rigoureusement nécessaires. L ordre de Gluny, fort opposé au rigorisme de Citeaux, éleva plusieurs clochers remarquables, parmi lesquels nous citerons ceux de l'église de Saint-Père, dépendant du monastère de Vézelay (I240). ■ ,,,

A partir du milieu dû xm" siècle, on ne trouve plus guère de clochers isolés. Les tours tiennent aux façades des églises, et ne deviennent réellement clochers qu'audessus du niveau des collatéraux et des murs des nefs Amsi sont disposés déjà les deux clochers do la faoade de la cathédrale do Paris (1825 à 1235). Ces clocliors qu en appelle communément tours de Notre-Dame, n'ont été élevés que jusqu'à la base des flèches en pierre qui devaient les couronner. La disposition du plan carré des tours jusqu'à la base de la pyramide de couronnement, au commencement du xiii" siècle, appartient exclusivement à rile-de-France. Dans les autres provinces, le plan octogone pour les parties supérieures des beffrois avait prévalu comme dans la cathédrale de Laon.

Les constructeurs gothiques atteignirent, dans les deux clochers de la cathédrale de Reims (I260I et de l'église Saint-Nicaiso, dans la même ville, la dernière limite à laquelle lart de l'architecture pouvait arriver avant de tomber dans l'exagération et la recherche ; mais la passion de la légèreté apparente des constructions et le désir d'élever des édifices surprenants entraînèrent bientôt les architectes dans la voie la plus fausse. Ce fut principalement dans les p-'ovinces de l'Est, voisines de l'Allemagne, que l'abus se fit sentir. Le clocher de la cathédrale de Strasbourg, commencé en J277,

Clocher

de Saiiit-Nicaise,

k Reims.

Clorher de La Lande-de- Libourne (Gironde).

achevé sur les dessins drossés au xiv siècle par Jean do bteinbach, est le résumé lo plus extraordinaire do l'abus du principe gothK|ue.

Les clochers élevés pendant le xiv et le xv< siècle conservent la forme et les dispositions adoptées par les architectes de la hn du siècle précédent, et n'en diffèrent que par 1 excès de la légèreté ■ d'ailleurs, en France, les désastres politiques du xiv et du xv» siècle ne permirent pas d'élever des constructions dispendieuses. Beaucoup do clochers même, qui avaient été commencés au xiii" siècle, ne furent termines qu'à la fin du xv" siècle et au commencoment du xvi". Il faut aller on Allemagne, en Angleterre, dans les Pays-Bas, on Suisse, pour trouver de grands clochers gothiques de cotto période : un des plus beaux est celui de la cathédrale de Fribourg.

Les clochers aigus, les tours pyramidales, qui s'apnropriaient si heureusement au style gothique, ne pouvaient convenir aux constructions du stylo classique : les architectes de la Renaissance les remplacèrent par dos dômes ot des campaniles. Depuis quelques années, nous voyons s'îîlevor do nombreux clochers romans et gothiques ; mais ces pastiches, on général, sont loin d être satisfaisants.

CLOCHER v. n Tinter se faire entendre, on parlant d unocluche : \mla l unuHua qui ci^orlm'. (Q. Sand.) flnus 1

- v. a. Mettre sous cloche : Clochkk des melons. CLOCHER (du lat. claudicare, boiter) v. n. Boiter en

marchant : Clocher du pied droit. Syn uoitek

- Prosod. N'avoir pas la mesure voulue : TVraoHi'cLociiP.

- l'ig. Ltro défectueux, aller de travers : Aou, ,ie roulons ptns rien i/u, CLot-iin dans hs qens que nous cmnimmns

-- 1 Rov et Loc. rnov. : Il no faut pas clocher devant les boiteux, Il ne laiil non faire devant les gens qui puisse li'iir rapfi.'Ier un drhM naturel ou un souvenir fichoux il Clocher do doux côtés, Servir deux maîtres.

Clocheterie (l'iorre-llonoré CiunKAii de La) marin Iraiiçais, no à Uochefort eu 1730, tué aux Antilles à

Clocher do Frolusy (Céle-d'Or).

bord do VAréthuse en 1782. (Il est connu peur sa belle conduito au combat do la Belle Poule, on 1778.)

CLOCHETEUR irad. clochette) u. m. Ancien employé qui marcliait à la tête des convois funèbres, muni d'une petite elochotto qu'il faisait tinter par intervalles, il On disait aussi clocheteur ues trépasses. 'V. clochette.

CLOCHETON (dimin. do clocher) n. m. Petit clocher ou ornement pyramidal, en forme de clocher.

— Enctcl. Les clochetons sont de petites tourelles, plus ou moins ornées, placées surtout aux angles des grands murs. Ils ne doivent pas être confondus avec les pinacles, petites pyramides plus élevées, plus sveltes, plus découpées, qui furent une décoration très caractéristique de l'époque ogivalo. Les clochetons furent excessivement rares dans la période romane et ne paraissent pas avoir été employés avant le xi" siècle. Ceux que l'on construisit à cette époque étaient ordinairement circulaires ou carrés. Au xii' siècle, les clochetons, devenus très nombreux, prennent des formes plus sveltes et sont couronnés d'ordinaire par une flèche à quatre ou à huit pans. Ils gagnent encore en élégance, au XIV» siècle, et se rapprochent du pinacle par leur forme et les détails de leur décoration. Au xv» siècle, enfin, les clochetons, véritables diminutifs des clochers, prennent souvent la forme octogonale ; leurs faces sont décorées d'ornements en applica- Clocheton, tion, et leurs arêtes se couvrent de crochets, de fleurons et de panaches. A la même époque, les boiseries et les grilles en fer, disposées dans fintérieur des eghses, présentent fréquemment des clochetons sculptés, ciselés et découpés avec une extrême délicatesse. La Renaissance substitua aux clochetons de petites lanternes décorées de colonnettes et coiffées d'une coupole.

CLOCHETTE {chef) n. f. Petite cloche : La clochette de la messe. Les clochettes des troupeaux.

— Archit. Nom donné à des ornements de forme conique, qui se trouvent au-dessous des triglyphes, dans l'ordre dorique. lOn les appelle aussi goutte"s.) n Ornement quelconque d'architecture, affectant la forme d'une clochette.

— Bot. Nom vulgaire des fleurs monopétales dont la corolle a la forme d'une petite cloche, n Clochette des bois, taux narcisse, ll Clochette des blés ou des champs, Nom vulgaire du liseron des champs, n Clochette d'hiver. Nom vulgaire du perce-neige, il Clochette des murs. Campanule à feuilles rondes.

— Mus. Jeu de clochettes ou simplement Clochettes, Nom d un instrument à clavier, dans lequel les touches mettent en mouvement des marteaux qui frappent sur des timbres, il Carillon diatonique, employé quelquefois dans les orchestres.

— Encycl. Archéol. Suivant ses dimensions, \a. clochette est un instrument d'appel portatif, un élément de harnachement pour les chevaux, un accessoire de costume. Les clochettes liturgiques sont de diverses sortes ; ce sont essentiellement de petites cloches que les servants tiennent à la main pour avertir les fidèles. Il v en eut d'or, d'argent, rehaussées d'émaux, etc. Mais, au moyen âge, on entendait aussi par « clochettes • de petites cloches suspendues dans un clocher. Les crieurs de corps, agents indispensables des funérailles, portaient chacun leur clochette. La nuit qui précédait la Toussaint, la Noël et antres grandes fêtes, ils parcouraient les rues Clochette liturgique en agitant la clochette des trépassés, et, (^Poi"» romane;, de temps en temps, criaient à voix haute : . Réveillezvous, gens qui dormez. - Priez Dieu pour les trépassés. — Pensez à mort, pensez à mort! d

On se servit aussi, mais guère avant le xv.» siècle, do cochettes d intérieur, pour appeler les domestiques. Les clochettes attachées aux vêtements étaient, naturellement de petites dimensions ; elles furent surtout en usago au XIV» siècle. Celles du harnais des chevaux, plus grandes s employaient surtout dans les joutes ot les tournois. A 9,^??^?"^ ('-*)• opéra-comique en trois actes, paroles de Ihéaulon, musique de Herold, représenté à TOpéra- Loiniquo le 18 octobre 1817. C'est une véritable féerie qui a pour sujet un conte des Mille et une tiuits, Aladin ou la Lampe merreilleuse. Seulement, ici, Aladin s'appelle Azolin, et la lampe magique est remplacée par une cloc hotte. La musi(|ue de cet ouvrage est charmante, vivo, élégante, spirituelle, orchestrée avec habileté On v rc-marquo, outre l'air délicieux do la clochette : Me voilà, me voilai devenu aussitôt célèbre, l'e-xcellent finale du premier acte, et, au deuxième, un duo plein do grâce.

CLOCTER v. a. Donner aux pierres meulières destinées à la lahrication des moules de moulin les dimensions qu elles doivent avoir.

CLOCTEUR n. m. Tailleur de pierres meulières.

CLODÉINE n. f. Liqueur spéciale qui fait prise rapidement avec le sable on la pierre broyée, et dont on se sort pour rendre hermétique 1 obturation dos trous do mine.

Clodia on Claudia, sœur du fameux démagogue Clodins. Lettrée, intelligente, d'un esprit hardi, elle se lassa de la vie do m.atrone et ouvrit toute grande sa mai.son aux poetos, aux orateurs, aux artistes, sans souci de ro|)inion Mais ses mœurs n'étaient pas moins émancipées que son esprit. Apulée nous apprend que la Lesbie de Catulle n'est autre (juo Clodia. Si les passions do Clodia étaient violentes elles duraient peu. Elle abandonna le poète, qui chanta (abord sa tristesse en beaux vers, puis aocahhi l'inlldèlo dépigrammes cruelles. Parmi les ieunes.dégantsqui la fréquentaient, olle distingua Cœlius, (Ils d'un cheval ier de Poiizzoles. Mais celui-ci no lui fut point lldèlo. Pour se venger elle 1 accusa do plusieurs crimes, notamment d'avoir tenté do I empoisonner. Cicéron prononça pour Cœlius un do ses plaidoyers les pins spirituels, ot son client l'ut acquitté.

Clodia (lkx), loi perlée par le tribun P. Clodius, on 58 av. ,I.-C., et abolissant lobnumialion, c'est-à-dire le droit pour un magistrat de notifier l'observation do signes fâcheux entrninant l'interdiction de certains actes garantis par les ausiiicos. (Cotte loi fut, d'ailleurs, mal ohservéo.) CloDION, dit le Chevelu, ohef d'une iribn frnnnuo qui, parti do Uiapanjum dans lo nord de la Gaule, s'onipira |

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