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DIALECTIQUEMENT — DIALOGUE

DialioD; a. âcur.

que nous avons indiqué. Elle n'est pour lui qu'un art et ne sert qu'à éprouver le savoir d"autrui. Elle n'est qu'une annexe de la logique, une métliode d'argumentation. Chez les stoïciens et chez les scolastiques du moyen âge, logique et dialectique ne font qu'une môme chose, et, maintenant encore, on les confond le plus souvent.

— Stn. Dialectique, logique. La dialectique est proprement l'art d'exposer des arguments, des preuves, Tart de raisonner extérieurement pour convaincre les autres. La logique est l'art de bien diriger sa raison dans la recherche de la vérité, de raisonner intérieurement. Cependant, quand la logique est considérée comme une branche de la philosophie, c'est l'art de raisonner tout entier, et elle renferme la dialectique comme moyen de communiquer aux autres la vérité qu'on a d'abord découverte par un examen fait selon les règles.

DIALECTIQUEMENT (lék'-ti-ke) adv. Selon les formes, conformément aux règles de la dialectique : Raisonner, Répondre, Argumenter dialectiqoement.

DIALEGTIQUER {lék\ ké) V. a. Mettre sous forme dialectique.

DIALEGMATIQUE {légh', tik' — du gr. dialégein, discourir) adj. Se dit des sciences qui ont pour objet l'étude des signes servant à la transmission des idées, des sentiments, des passions.

DIALI n. m. Bot. Syn. de dialion.

DIALIES 'Jt — du lat. dialis, de Jupiter) n. f. pi. Relig. rom. Sacrifices offerts par le flamme diale.

DIALION ou DIA- LIUM {li-om') n. m.

Genre de légumineuses-césalpiniées , ren fermant un petit nombre d'esjpèces, qui croissent dans les régions tropicales, n On dit aussi diali.

— Encycl. Les dialions sont des arbres à feuilles alternes et imparipennées , à fleurs groupées en grappes axiUaires ou terminales. Les gousses sont employées, en Chine, comme savon, pour

blanchir le linge et doivent cette propriété à la présence d'un principe analogue, sinon identique, à la sapouine.

DIALLAGE {a-laj') n. f. Silicate naturel de chaux, de magnésie et de fer, appartenant au genre pyroxène.

— Diallage métalloïde. Silicate naturel de magnésie. (Syn. de bastite.) ii Diallage verte. Silicate naturel, variété fibreuse d'actinote ou d'amphibole hornblende.

— Encycl. Le poids spécinque de cette espèce varie de 3,2 à 3,34. Sa dureté est égale à 4. La diallage est isomorphe avec le diopside; elle contient de 10 à 14 p. lOO de fer et se présente en masses laminaires avec éclat métalloïde. Cette espèce passe souvent à l'amphibole par décomposition.

DIALLAGIQUE [a-la-Jik') adj. Qui tient de la diallage, ou qui en contient.

DIALLÈLE (g;r. diallêlos, réciproque) n. m. Log. anc. Espèce de pétition de pr incipes, par laquelle on cherche à prouver une chose nécessaire et obscure par une autre qui a les mêmes défauts, puis cette seconde par la première.

— Rhét. Espèce de renversement des mots d'une phrase, comme I dans les suivantes : C'est le plus savant des BICHES et le plus riche des savants. C'est le pâté des rois et le ROI des pâtés.

— Encycl. Les sceptiques de l'antiquité appliquaient le diallèle, dans un sens tout particulier, à la science ellemême qui, selon eux, était impossible et devait toujours tourner dans un cercle. Mais ce terme est entré plus tard dans la langue ordinaire de la logique, et, d'une façon générale, il sert à désigner le paralogisme ou l'on tombe, soit lorsqu'on fait entrer dans une définition le mot même qu'il faut définir ou un mot qui en dérive immédiatement, soit lorsqu'on donne pour preuve d'une proposition une seconde proposition que l'on prouve elle-même par la première. V . CERCLE vicieux.

DIALLOGITE n. f. Miner. V. dialogite.

DIALLOMUS [nniss) n. m. Genre d'arachnides aranéides, famille des clubionidés, tribu des cténinés, comprenant de petites araignées rouges et jaunes, qui vivent dans les forêts du sud de l'Inde. (Le diallomus speciosus, et quatre ou cinq autres espèces habitent Ceylan.)

DiALLONKADOUGOU, petit Etat, incorporé dans le Soudan français. Localité principale, Tamba.

DIALLYL, préfixe qui, placé devant le nom d'un corps, donne la dénomination d'un composé formé par le corps lui-même, et où deux groupes monovalents sont remplacés par deux groupes allyles. {L'acide diallvlacétique diffère de l'acide acétiriue par la substitution de deux allyles à deux atomes d'hydrogène.)

DIALLYLCARBINOL n. m. Chim. Alcool secondaire, CH(C*H»J*OH, diliérant de l'alcool méthylique par la substitution de deux groupes allyles à. deux atomes d'hydrogènu.

DIALLYLE n. m. Chim. Carbure d'hydrogène ayant pour formule : CH* = CU - CH' - Cil' -CH = CH\ Syn. bial-

LYLB, HEXADIÊNE.

— Encycl. Ce produit a été obtenu pour la première fois par Berthelot et do Luca (l»r.O). Le meilleur procédé do préparation consiste à faire agir un alliage de quatru partie» d'étain et une de sodium sur l'ioduro dallylo à. 110". C'est un liquide mobile et qui présente une odeur éthérée très pénétrante. Il bout à 5y°. Il doit être conservé à l'abri de l'air, pour éviter une oxydation.

Ce composé brûle avec une flamine brillante. Mélangé avec l'acide sulfurique, il s'y dissout avec dégagement do chaleur. L'acide azotique fumant donne, avec le diallyle, un composé nitré liquide.

Le diallyle donne une série de composés qui peuvent se diviser en doux catégories.

La première comprend des composés qui, pour une molécule de diallyle, renferment doux atomes d'éléments

monoatomiques; tels sont: le monoiodhydrate de diallyle C*H'", HI, le monohydrate de dialbjle (C'H"')H*0, etc.

La seconde renferme les composés qui, pour une molécule de diallyle, contiennent quatre atomes délémonts monoatomiques ; tels sont : les tétrabromures de diallyle C'H'-Br', le dichlurhydrate de diallyle C«H'"H'C1', etc.

DIALLYLÈNE n. m. Chim. Hydrocarbure à la fois éthylénique et acétylénique, dérivant du diallyle par deux atomes d'hydrogène en moins.

— Encycl. Le diallylène C'H'

ou CH = C-CH»-CH'~CH = CH'

vient se placer entre le dipropargyle et le diallyle : C«H^ C'H" " C'H'o

dipropargyle. diallylène. diallyle.

Onle prépare entraitantrallylacétoneC*H^-CH'-CO-CH» parle percnlorure de phosphore, et décomposant le chlorure obtenu par la potasse alcoolique. Il bout à 72» et peut fixer directement six atomes de brome.

DIALLYLISOPROPYLCARBINOL n. m. Chim. Alcool tertiaire C"H"0, résultant de la substitution d'un isopropyle et de deux allyles à trois atomes d'hydrogène dans l'alcool méthylique.

DIALLYLMÉTHYLCARBINOL n. m. Chim. Alcool tertiaire C.{C'H'')'.CH'.OH, résultant de la substitution de deux allyles et d'un méthyle à trois atomes d'hydrogène dans l'alcool méthylique.

DIALLYLPROPYLGARBINOL n. m. Chim. Alcool tertiaire C.(C*H'')^C»H'.OH, qui difl'ère de l'alcool méthylique par la substitution de deux allyles et d'un propyle à trois atomes d'hydrogène.

DIALOGIQUE {jik') adj. Qui est écrit en forme de dialogue : Discussion DiALOGigUK.

DIALOGIQUEMENT (ji-ke) adv. En forme de dialogue : Exposer un fait dialogiqoement.

DIALOGISER Ui-~é) v. a. Mettre en forme de dialogue : Dialogiser une aiscussion. (Peu us.)

DIALOGISME (jissm"\ n. m. Littér. Genre du dialogue : Le DiALOGi^MK fleurit clans le roman populaire.

— Rhét. Sorte de dialogue, dans lequel on prête à des interlocuteurs, des paroles que l'on met directement dans leur bouche.

DIALOGISTE (jisst') n. Celui, celle qui écrit des ouvrages en forme de dialogues. (Vieux.)

DIALOG2TE ou DIALLOGITE {jit') n. f. Carbonate naturel de mangauèse. Syn. rhodocrosite.

— Encycl. La dialogue, dont la formule est MnCO', le poids spécifique 3,3 à 3,6 et la dureté 3,5 à 4,5, est isomorphe avec la calcite. Sa couleur est rose, son éclat vitreux. Cette espèce est infusible et soluble â froid dans l'acide chlorhydrique.

DIALOGUE {logli' — du gr. dia, avec, et logos, discours) n. m. Conversation entre deux ou plusieurs personnes. Il Ouvrage en forme de dialogue, ouvrage dans lequel on introduit des personnages qui conversent entre eux : Il faut de l'opposition et du jeu dans un dialogde; autrement, c'est un DIALOGUE où il n'y a qu'une personne qui par le. {F ontea.) ii Dans une œuvre littéraire, Paroles échangées entre les personnages.

— Fam. Cet nomine n'aime point le dialogue. Se dit d'un bavard, qui parle perpétuellement et ne laisse pas aux autres le temps de parlera leur tour.

— Mus. Composition dans laquelle deux ou plusieurs voix, deux ou plusieurs instruments se répondent, jouant ou chantant alternativement.

— Encycl. Littér. La forme du dialogue est, en littérature, la plus frapjiante et la plus commode pour mettre en lutte des idées et des sentiments opposés. On la trouve dans l'Ancien Testament. Les Grecs l'employèrent ; le premier, toutefois, qui la mit en usa^e d'une manière systématique est, selon les uns, Zenon d Elée ; selon d'autres, Ale.xamène de Téos. Platon, cependant, les efl'aça tellement, dans SOS dialogues philosophiques, qu'il est regardé comme le créateur de ce genre littéraire. Chez les Grecs, nous citerons encore Lucien, si spirituel, si caustique. Chez les Romains, Cicéron imita Platon dans les Tusculanes, dans les dialogues De la nature des dieux et De l'orateur. Dans ceux qui ont pour titres De la vieillesse. De l'amitié, il chercha moins l'élévation du style que la douceur, la simplicité et le sentiment. Tacite écrivit avec abondance son Dialogue siir les orateurs. Dans le latin moderne, il faut surtout citer les ingénieux Colloguia d'Erasme. Les Français, chez qui le génie de la conversation est si développé, réussirent sans peine dans ce genre. Pascal en fit usage dans une partie de ses Provinciales ; de même Fénelon et Fontenelle dans leurs Dialogues desvwrts ; Fénelon encore dans ses Dialogues sur l'éloquence ; Montesquieu avec son Dialogue de Sylla et d'Eucrate; Voltaire cultiva aussi le dialogue en vers et en prose. L'abbé Galiani sut, dans ses Dialogues sur le commerce des grains, mettre du style, de l'agrément, de la grâce, dans un sujet qui semble comporter si peu ces qualités. Renan a examiné dans ses Dialogues philosophiques des q^uestions de haute métaphysique, comme lavaient fait jadis des philosophes tels que Leibniz et Berkeley. La grande difficulté de ce genre d'ouvrage est de donner un caractère individuel et vivant à chaque interlocuteur, et de ne pas laisser dégénérer le dialogue en une suite de dissertations et de monologues.

— Anton. Monologue, soliloque.

Dialogues de Plaiou. Les dialogues authentiques de Platon sont an nombre do vingt-huit : VJon, VAlcibiade 1, l'Hippias I, VHippias 11, le Lysis, le Charmide, le Lâchés, le Ménon, le Protfigoras, VÈutgph'on, l'Apologie de Sacrale, le Criton, le Gorgias, VEuthyilème. le Crati/le, le Théétètc, le Sopfiiste, le Politigne. le Pannénide, le Phèdre, io Ménéxène, le Ranquet, le Phédon, le Philébe, la République, le Timée, le Crifias et les Lois. Quant auv autres dialogues qu'on lui attribue sous les titres de : Alcibtade Jl, Théagés, les Amants, Hipparque, Minos, Critophon, Crixia, il parait démontré qu'ils sont apocryphes. — h'Ion traite do la poésie; le premier Hippias, de la beauté; le second Hippias, des maximes débitées par les sophistes ; le Lysis, do 1 amitié ; le Charmide, de la sagesse ; le Lâchés, du courage; le premier Alcibiade, des passions; le Ménon et le Protagoras, âe l'enseignement de la vertu; VEutyphron, de la sainteté. L'Apologie de Sacrale nous moutre ce philosophe se défendant, non point pour sauver sa vie, mais pour ne montrer aux Athuuicuâ tel qu'il avait toujours

été dans ses actes et dans ses croyances ; le Gorgias nous enseigne quel est le citoyen le plus propre à gouverner l'Etat: la République traite de la cité idéale et les Lois de l'application de ces principes à la réalité; l Euthudème sert'orce de renverser la sophistique par le ridicule; le Cratyle s'occupe des noms et des signes de nos pensées ; le Théétète fait résider la science, non dans les sensations, mais dans le raisonnement sur les sensations ; le Sophiste iait la guerre aux faux savants; le Politique définit la ruyauté et détermine les limites dans lesquelles le pouvoir royal doit être renfermé ; le Par-ménide montre l'unité dans l'essence des êtres, et la multiplicité dans les accidents ; le Phèdre roule sur la beauté et l'amour, et expose les grandes théories de Platon, celle des idées, celle de la réminiscence, etc. ; le Banquet examine l'origine et les différentes espèces do l'amour; le Philébe met en opposition l'intelligence et le plaisir; le Timée présente une véritable encyclopédie.des sciences mathématiques, physiques, naturelles et médicales dans l'antiquité ; le C'riïjas décrit la fameuse Atlantide ; enfin \e Ménéxène o\iV Oraison funèbre fournit quelques renseignements précieux sur les rapports des Athéniens avec les Lacédémoniens et les Perses.

Dialogue des orateurs, titre traduit du latin : Dialogus de oratoribus ou De causis corruptse eloquentis. Cet ouvrage est aujourd'hui ordinairement attribué à Tacite. — Le dialogue s'ouvre par un long parallèle entre l'éloquence et la poésie. Le fougueux Aper soutient la supériorité de la première, surtout par des raisons d'intérêt et de vanité. Maternus défend la poésie en termes brillants et poétiques. Cette discussion est interrompue par l'arrivée de Mossala, dont une parole amène Aper à critiquer l'élo-

3uouce des anciens, à laquelle il préfère celle des moernes, pleine d'esprit et de traits. Messala n'a pas de peine à réfuter cette boutade. Si les formes de l'éloquence changent suivant les temps, il n'eu est pas moins vrai que l'époque de Cicéron l'emporte sur les temps postérieurs. Les causes de cette décadence sont la légèreté des jeunes gens, tout occupés de spectacles et de chevaux, la négligence des parents, l'ignorance des maitres, le chang'ement des mœurs privées et publiques. Attachés à quelque maitre de l'éloquence, les orateurs anciens apprenaient leur art au forum et au tribunal, non chez le rhéteur comme aujourd'hui. Maternus prend ensuite la parole et montre comment, par ses désordres mêmes, l'ancien régime était plus favorable à l'éloquence que la paix impériale.

Dialogues des dieux, ouvrage de Lucien (n" s. de notre ère). Le recueil comprend vmgt-six dialogues. — L'auteur y met en scène les principaux dieux de l'Olympe, saus compter quelques divinités seondaîres et des héros. Avec sa verve impitoyable, Lucien met en relief toutes les absurdités du polythéisme. H prête aux dieux toutes les faiblesses et les ridicules des hommes. C'est un véritable pamphlet contre la rehgion populaire. — Aux vingt-six Dialogues des dieux il faut joindre les quinze Dialogues marins, qui mettent en scène les dieux do la mer.

Dialogues des morts, ouvrage de Lucien (ii' s. de notre ère). — Le recueil comprend trente dialogues où figurent des personnages de toute condition : dieux des enfers, héros, rois légendaires, personnages historiques, et philosophes. Ce sont de vraies scènes de coméaie. L'auteur y montre la vanité de toutes les grandeurs et de tous les orgueils, anéantis par la mort. 11 esquisse de curieux tableaux de mœurs, qu'anime le mépris de toutes les gloires, la satire des prétendues conquêtes de la civilisation. Le genre a fait fortune. Les Dialogues des ynorts de Lucien ont été souvent imités, notamment par Fénelon et Fontenelle; mais aucune des imitations n'approche de l'original, chef-d'œuvre de verve satirique et de grâce.

Dialogues des courtisanes, ouvrage de Lucien (n* s. de notre ère). Le recueil se compose de quinze dialogues. — Lucien met en scène les courtisanes de son temps, soit entre elles, soit avec leurs mères ou leurs amants. Souvent la conversation prend les allures d'une petite comédie. Elles introduisent le lecteur dans le monde des hétaïres, le demi-monde grec.

Dialogues d'Ulrich de Hutten, publiés en latin et en allemand, de 1513 à 1520. Ce sont des pami)lets acerbes soit politiques, soit religieux; ces derniers dirigés contre la papauté ou la cour de Rome. — L'un des premiers est le Julius, dialogue facétieux entre Jules II, qui vient de mourir (1513) et saint Pierre, qui refuse d'ouvrir au pape défunt les portes du paradis. Arminius est un dialogue patriotique en l'honneur du vainqueur de Varus ; Phalarismus est dirigé contre le duc de Wurtemberg, iiui avait fait assassiner un frère de Hutten ; la Triade, la. Bulle, les Brigands (Prïedones) sont do vives attaques contre les mœurs de la cour pontificale.

Dialogues du nouveau langage français italianisé (lrs Deux), satire en prose par H. Estienne, publiée en 1578. — Elle fut dirigée contre la manie qu'avaient les courtisans d'italianiser la langue française. C'est un pamphlet multiple, à la fois littéraire et politique, une mine inépuisable de traits plaisants, d'érudition, de détails curieux sur les mœurs, les toilettes et les danses à la mode. Là revivent toute la société bigarrée du xvr siècle, la cour des Valois et des Médicis, que le protestant H. Estienne n'aimait pas. Tous les ridicules des partisans fanatiques des mœurs italiennes se trouvent réunis dans la personne de Philausone, l'ami des Italiens. Certaines parties du livre sont chargées d'anecdotes assez lestes, qui attirèrent les foudres du consistoire de Genève. Le grand mérite d'H. Estienne, dans cet ouvrage, est d'avoir travaille à l'épuration de la langue française, et par la préparé l'avôncment du classicisme.

Dialogues des morts, de Fénelon (ni2-i7l8-l730). Cot ouvrage a été composé pour l'éducation du duc de lioiirgogne. dont Fénelon était le précepteur. — Philosophie, morale, art militaire, littérature, peinture, sculpture, politique, tout est effleuré dans ces dialogues. Fénelon est un des premiers littérateurs qui se soient intéressés à la critique d'art. Nous voyons converser entre eux Confucius et Socrate, Socrate et Alcibiade. Platon et Aristoto, Coriolan et Camille, Alexandre et Clitus, Annibal et Fabius. Horace et Virgile, Parrhasius et Poussin, Louis XI et la cardinal La Balue, le connétable de Bourbon et Bayard. Ces dialogues ont été écrits rapidement, et ils s'en ressentent quelquefois. On y trouve des anachronismes ou des affirmations contraires à l'histoire. Leurs plans sont, en général, peu variés et peu dramatiques. Mais la morale

qu'ils dévoloppont convenait ù un enfant et à un prince : ello est simpio et élevée.

Dialogues entre Hylas et Philonoiis, dont h- but est de démont7'er c/airenœnt : \" la rtUiUté et la pcrfcctinn de l'entendement fitimairi ; 2" la nature incorporelle dr l'âme; 3" la providence itnmédiate de la Divinité contre les sceptiques et les athées, et d'ouvrir une méthode pour l'endre les sciences plus aisées, plus utiles et jilus aoré()é.es, par George Berkeley, évflquo do Cloyiio iI)uliHii, 1713). On en doit la. traduction française, à ràlil)é du Gua (Amsterdam, 1750). — L'auteur y développe avec un art séduisant son immatérialisme.

Dialogue de Sylla etd'Eucrate, par Montesquieu.

— Cet opuscule, ([ui fut lu par l'auteur au club do l'Kiitresol, en 1715, et imprimé pour la jiremiéro fols en 1718 ù. la suite de Grandeur et décadence des Bownins, expli(|ue, selon les vues de Montesquieu, la conduite politique do Syila. Sylla y donne les causes de son abdication. Montesquieu grandit la lîcruro de Sylla eu lui prêtant des pensées politiques profon^lesctun dédain superbe dos Romains qu'il ne veut plus dominer dés qu'il los a vus prêts à être esclaves. Mais, malgré lui, il a donné l'exemple aux usurpateurs à venir, et il craint déjà César. Cet opuscule est un chef-d'œuvre de pénétration, de style ferme et concis.

Dialogues, do Wieland, publiés en trois séries : 1» Dialogues dans l'Elysée (,1780); 2" iVouveaiuT dialogues des dieux (1791); 3" Dialof/ues entre quatre yeux (1799).

— Wieland fit do ces dialogues l'expression d'idées historiques, politiques, philosophiques. Du ciel Wieland passe à la terre ; il examine et jusiilie avec beaucoup de verve Faustino, Livie, Julie, fille d'Auguste et Aspasie. Dans la dernière série il passe aux événements modernes. On l'y voit juger sévèrement les républicains jurant une haine éternollo à la royauté. A ces dialogues se rattache par la forme une autre œuvre de Wieland, parue en 1769 : lo Manuscrit de Diogène de Sinope ou Socrate en délire, destinée à expliquer le sens véritable du cynisme, doctrine prise souvent à contresens. Diogène y apparaît comme voulant simplement dire franchement toutes choses.

Dialogues sur Téloquence de la chaire, par Fé-

nolon. V. Eloqden'ce de la chairk {Dialogues sur l').

Dialogues philosophiques, par Ernest Renan ( 1 876).

— Les trois principaux interlocuteurs de ces dialogues sont Philalèthe, Théophraste et Théoctiste. Dans une réunion d'amis, ils exposent, sur le grand ensemble des choses, ce que l'auteur appelle des certitudes, des probabilités et des rêves. Chacun de ces mots est lo titre d'un dialogue. Les deux certitudes que croit voir Philalèthe, c'est d'abord

aue nous ne trouvons nulle part trace de l'intervention 'une volonté supérieure à celle de l'homme, et ensuite qu'il y a dans le monde une finalité à laquelle la plupart des êtres obéissent obscurément et qui se traduit, chez l'homme par le sentiment du devoir. Théophraste superpose ses probabilités à ces certitudes. Ses probabiltés, les voici : Nous travaillons pour un Dieu, comme l'abeille, qui sans le savoir, fait son miel pour l'homme ; c'est-à-dire que nous travaillons à faire ce Dieu, qui n'existera que lorsque l'univers, dans une humanité supérieure, sera parvenu à la pleine conscience. Le philosophe rêve enfin en Théoctiste ce que sera cette humanité. Les individus ne sont rien, et il importe peu de savoir ce qu'ils deviennent, pourvu que l'ensemble arrive à la perfection. Une société bien entendue doit tenir sa masse à l'état de terreau pour la production des hommes d'élite; ceux-ci seront comme des dieux, et la science mettra entre leurs mains de formidables moyens de domination.

DIALOGUER {ghé) v. a. Mettre en dialogue : Dialogukr une scène.

— v. n. Converser, parler alternativement, en dialogue : Les personnages de Molière DiALOGtJENT aeec beaucoup de naturel, il Faire parler des personnages eu dialogue : Alexandre Dumas dialogue avec vet-ve.

— Mus. Faire que plusieurs voix, plusieurs instruments se répondent, chantent ou jouent alternativement.

Se dialoguei*, v. pr. Etre mis en dialogue : Ouvrage gui peut se dialoguer.

DIALOGUEUR igheur') n. m. Interlocuteur, daus un dialogue. Il Auteur de dialogues.

DIALOSE n. f. Substance gélatiniforme, extraite du dialion.

DIALTHÉE (du gr. dia, avec, et althaia, guimauve) n. m. Sorte d'onguent, confectionné avec la partie mucilagineu-so do la racine de guimauve.

DIALURAMIDE n. f. Chim. Corps que l'on produit en mélangeant dn lalloxantine et du chlorure d'ammonium.

Syn. du UKAMILE.

DIALURATE n. m. Chim. Sel dérivant de l'acide dialurique.

DIALURIQUE {rik') adi. Chim. So dit d'un acido que l'on obtient on réduisant l'alloxano. Syn. tartrontlurek.

— Kncvcl. L'acide dialuriguc, C'M'Az'O', est le produit final de l'action des agents réducteurs sur l'alloxane. Il -so forme lorsque l'hydrogène sulfuré passe à travers une -solution aqueuse d'alloxane jusqu'à cessation de toute action, ou encore conjointement à d'autres produits, par l'action du cyanure d'ammonium ou do potassium sur l'alloxano étendue d'eau. Enfin, on le prépare on dissolvant du dialurate d'ammonium dans do l'acido hypochlorique chaud. L'acide dialuriquo cristallise par refroidissement. Quant au dialurato d'ammonium, on peut l'obtenir do plusieurs façons : en particulier, en traitant uno solution d'alloxane par lo zinc et l'acido chlorhydriquo ; on sépare par décantation l'alloxantino précipitée et on ajoute à la solution un poids do carbonate d'ammonium suffisant pour dissoudre de nouveau l'hydrate do zinc précipité.

L'acido dialuriquo so présente sous la formo d'aiguilles incolores, semblables à colles do l'alloxantino; elles rou-

f[issont fortement la teinture do tournesol ot sont peu soubles dans l'eau. Les dialuratos sont inaltérables à l'air. Lo dialurato d'ammonium cristallise on aiguilles soyeuses, qui deviennent roses lorsqu'elles sont séchéos à la température ordinaire, et d'un rouge do sang à la température do 100" centigrades, car elles so converlîssont alors en purpurato d'ammonium, leur solution réduit les sels d'argent. L'acido dialuriquo, chautTÔ avec un azotile alcalin ot de l'acido acétiquo, uouno do l'allantoïno. Il produit uno boUe coloratloD blouo avoc lo porchlorure do for et l'ammO'

Dialyseur.

niaquo. On obtient un isomère de cet acide, l'acide isodiahirique en ajoutant de l'eau bromée à do l'acide isobarbituriipte, en suspension dans l'eau.

DIALY (du gr. dialuein, séparer) n. f. Indique la séparation des pièces d'un môme verticillo lierai.

DIALYCARPELLE (pèl' — de diniij, ot carpelle) adj. Se dit d un pistil à carpelles séparés.

DIALYDESME (de dialy, et du gr. desmos, lion) adj. So dit d'un organe dont les faisceaux libéro-lignoux sont séparés.

DIALYPÉTALE (de dialy, et pétale) adj. Se dit d'une cotolle à pétales séparés.

DIALYPETALUM [pé-ta-lom') adj. n. m. Genre d'herbes, de la famille des campanulacées-lobéliécs, à fleurs jaunes et qui est originaire de Madagascar.

DIALYSABLE adj. Chim. Qui peut être dialyse.

DIALYSE (du gr. dialusis, dissolution) n. f. Pathol. Difficulté de mouvoir los membres.

— Chir. Solution de continuité.

— Chim. Purification de certaines substances au moyen du dialvseur.

— Rnétor. Construction dans laquelle on interrompt l'ordre du discours en interposant une sentence, il Omission de quelques conjonctions dans la phrase, et surtout de la conjonction et.

— Chim. La dialyse est un procédé de séparation ou d'analyse chimique, fondé sur la propriété que possèdent certaines substances {rristalloides) de traverser facilement des membranes poreuses, tandis que d'autres sulistances {colloïdes) sont retenues par ces membranes. Graham a été le promoteur de cette méthode. Les colloïdes comprennent les matières albuminoïdes, la silice gélatineuse, l'alumine, lo peroxyde de fer soluble, connu on pharmacie sous le nom do fer dialyse, les ferrocyanures de fer et de cuivre, le tartrate ferrico-potassiquo, etc. Les sels solubles et faiblement cristallisables constituent les cristalloïdes.

L'appareil nommé dialyseur se compose d'une boîte cylindrique de parchemin végétal, ouverte par le haut et plongeant dans un vase plein d'eau.

On peut appliquer la dialyse à la séparation des substances de principes immédiats combinées dans les végétaux, à la séparation des sucres et des gommes, au dosage de l'urée contenue dans l'urine, à la recherche des poisons solubles. tels que l'acide arsénieux, la strychnine, la digitaline, à la purification du tanin, de la dextrine et en général de toutes les substances colloïdes.

La dialyse peut encore servir à séparer les cristalloïdes d'inégale difl'usibilité et à préparer certains alcaloïdes.

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