DIEU
Niodormeyor. Cet artiste distingué a écrit des messes, des hymnes, des motets, des cantiques et plusieurs ouvrages didactiques qui sont consacrés dans l'enseignement : Répertoire de l'organiste; Manuel du maître de chapelle; Accompagnement pour l'orgue du plain-chant romain de la commission de Beims et de Cambrai; Répertoire des maîtrises et chapelles; etc.
DiETSCH (Rodolphe), philologue allemand d'un grand mérite, né à Mylau, en Saxo, en 1814, mort en 1875 près do Leipzig. Après avoir professé dans diverses villes, il devint dijectour du gymnase et de l'école industrielle do Plauen (1861). C'était un excellent pédagogue. Outre do bonnes éditions do Salluste, de Cornélius Nepos, d'Hérodote ot d'Eutrope, on lui doit un Essai sur Thucydide (isr.ô), et plusieurs livres classiques souvent réédités.
DiETTER (Chrétien-Louis), compositeur allemand, né à Lndwigsbourg en 1757, mort en 182.'. 11 a écrit beaucoup d'opéras-comiques empreints d'une vervo assez remar- (juablo, entre antres : t'Echevin au village, le Feu-Follet, le Becrutement, Laura Hosetii, Belniont et Constance, l'Heureux Mensotige mutuel, les Députés du village, Elison(la, le Ballon aérostatique, etc. Il a publié do nombreux concertos, des sonates, etc.
DiETTERLIN (Wendel), de son vrai nom ^\'endlij>g Gkai'p, architecte, peintre, graveur et orfèvre alsacien, né et mort à Strasbourg (1550-1599). Son Traité d'architi'cture civile (1593) fia troisième édition, la plus complète, est celle de Nuremberg (1598)] et son Traité d'architecture militaire (1608) le rendirent célèbre. 11 peignit sur le plafond du château de Stuttgard la Création du monde et le Juf/enient dernier, A Vienne se trouve sa l'oca/(on de l'apôtre saint Matthieu, ot ses dessins sont à Dresde.
DiETZ ou DiEZ (autref. Theodissa)^ ville d'Allemagne (Prusse [prov. de Hessel), au confluent de l'Aar et de la Lahn ; 4.600 hab. Elle a donné son nom à la branche des Nassau-i?ief:r, qui obtint le stathoudérat de Hollande et occupe encore le trône des Pays-Bas. Pépinière célèbre. Vieux château, servant habituellement de maison de détention. Aux environs, château d'Oranienstein.
DiETZ (Jean-Chrétien), facteur d'instruments de musique et mécanicien allemand, né à Darmstadt en 1778, mort en Hollande en 1849. Il s'est fait connaître par l'invention do plusieurs instruments, tels que le mélodion, dont les sons étaient assez semblables à ceux de l'harmonica; lo claviharpe, qui rendait les sons do la harpe. Enfin, Dietz inventa encore un trochléon, instrument composé d'un archet circulaire agissant sur des tiges métalliques. — Son fils, Chrétikn, facteur d'instruments de musique, né à Emmerich vers 1801, est l'inventeur d'un instrument à archet mécanique qui se jouait avec un clavier et auquel il donna le nom de pobjplectron.
DiETZ (Fédor), peintre allemand, né en 1813 à Neunstetten (gr. -duché de Bade), mort à Gray (Haute-Saône) en 1870. En 1840, il était nommé peintre de la cour de Bade; mais, dès 1841, il vînt se fixer à Munich; enfin, en 1862, il fut professeur à l'Ecole des beaux-arts de Karlsruhe. Parmi les toiles qu'il a exécutées, tant à Carlsruhe qu'à Munich, nous citerons : la Mort de Max Piccolomini ; la Mort de Gustave-Adolphe à Lutzen; le Margrave Louis de Bade vainqueur des Turcs ; le Bégiment des grenadiers de la garde badoise à l'assaut de Montmartre en )8i4; les Habitants de Pforzheim à la bataille de Wimpfen; etc. On lui doit encore : l'Explosion du i^aisseau de ligne danois le Christian VIII (1853) ; une Bévue nocturne, d'après le poème de Zediitz ; la Bataille de Leipzig ; le Passage du Bhin par Blitcher; la Destruction du vieux château de Ueidelbei-g par le général Melac; la Prise de Belgrade par Max Emmanuel; la Beine de Suède Eléonore sur le cercueil de Gustave- Adolphe; etc. La correction du dessin, la vivacité du coloris, le choix et lo développement habiles des sujets sont les qualités de Dietz, qui jomt, en outre, à une grande hardiesse d'imagination une réelle originalité dans l'exécution.
DiETZ-MONNIN (Charles), industriel et homme politinue français, né à Barr (Bas-Rhin) en 1826. Elu député à 1 Assemblée nationale de 1871, il y soutint la pohtjque de Thiers. S'élant présenté aux élections législatives do 1876, dans le IIP arrondissement de Paris, il échoua contre Spuller. En 1878, Dietz-Monnin fut nommé directeur do la section française de l'Exposition universelle. Il a été élu sénateur inamovible on 1882 et fut président do la chambre de commerce do Paris jusqu'en 1887.
Dieu (du lat. deus) n. m. Dans lo sens absolu, Etre suprême, objet du culte des hommes : Died est une sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part. (Pasc.) il Le mot Dieu est souvent accompagné do l'article ou d'un adjectif détorminatif : Le Dieu des armées.
— Dans le système panthéiste. Etre mâle ou femelle, d'une nature svipérieuro à celle do l'homme ot à celle des esprits ou génies, et généralement chargé de qiiolquo attribution particulière dans le gouvernement do l'univers ; Les DiKUX du ciel, de la terre, des enfers. Le diko du vin. Les DiKUx champêtres, il Exclamation : Dieux ! Gramls DIEUX ! Jurer ses grands niKOx !
— Par ext. Personne d'un© naturo supérieure, d'un caractère ou d'un esprit très élevé, d'un pouvoir très grand ot très étendu : On a souvent appelil les rois les niKUX de la terre, il i'orsonno vénérée, admirée avec enthousiasme; personne adorée, tendrement chérie : (Juand l'homme est malade, le médecin est un Dit:u pour lui.
Il Objet aucjuel on sacrifie tout, que l'on aime uniquement : Se faire un dieu de son argent, de son vetitre.
— Loc. div. : De Dieu. Dans lo langage biblique, Très grand, très considérable : Montagne nu Dieu. Courage dk Dieu. — Dans lo langage familier. Précieux, aimé : Cent beaux écus de Dieu. It lies dieux. Dans lo langage des anciens, ot aujourd'hui on stylo poétique ou familier. Délicieux, excellent : Plaisir des dieux. Festin des dieux.
Il Main de Dieu. Bras de Dieu, Puissance; aido ou colère divine : Appuyez-vous sur le bras de Dieu. Il Doigt de Dieu, Intervention do Dieu dans los événements du monde.
Il Homme de Dieu, Ilommo consacré ù Dieu, prêtre, religieux ; homme très pieux, saint hommo. n Homme du bon Dieu, ilommo simple, doux et crédule, il A Dieu, Ancionno locution qui est devenue lomot adiku.1i CoHime(mrfi>u, Très bien; beaucoup, en b(»nne part: Chanter comme i^n diki". Etre contint comme I'N dieu, il En dieu. Comme un dieu. Avec munificence ou magnanimité: Agir, Parler, Punir, f'ardonner kn uiku. — Au point do vue spirituol, dans la lungagû des couvents surtout : iVotrc révérende mère bn
Dieu. Nos chères sœuis en Dieu. — Dans un état de profond mysticisme, on peusant beaucoup à Dieu : Etre tout EN Dieu. Ne viv7-e çu'en Dieu, ii Demi-dieu, Nom que les païens donnaient aux êtres nés d'un dieu et d'une mortelle, ou d'un hommo ot d'une déesse. — Fig. Homme, héros supérieur au reste des hommes -.Les grands ne se croiraient pas des demi-dieux si les petits ne les adoraient pas. (Boil.)
H Bon Dieu, Nom populaire que l'on donne à Dieu, parce que l'Eglise met la bonté souveraine au nombre de ses attributs : Aimer le bon Dieu, ii Nom que l'on donne vulgairement à l'eucharistie : Becevoir le bon Dieu. Porter le BON Dieu à un malade. \\ On lui donnerait le bon Dieu sans confession. (Se dit d'une personne moins pieuse ou moins innocente qu'elle ne paraît.) il Grâce ou Grâces à Pieu, Par la grâce de Dieu, Dieu merci. Dieu soit loué. Dieu en soit loué. So disent pour reconnaître qu'on tient une chose de la bonté do Dieu, ou seulement pour exprimer la satisfaction que l'on éprouve de quelque chose. (On disait autrefois Dieu grâce.) h Par la grâce de Dieu, Formule employée par les souverains et les évoques pour affirmer que leur puissance leur vient de Dieu : Napoléon, par la. grâce de Dieu et la volonté nationale, empereur des Fy-ançnis. Il Dieu me damne. Dieu m'emporte, Sortes de formules imprécatives. il Aw nom de Dieu, Pour Dieu, Expressions dont on se sert pour rendre une prière plus pressante.
11 Pour l'amour de Dieu, Dans lo but de plaire à Dieu : Faire l'aumône pour l'amour de Dieu. — Sans intérêt, gratis : Les riclics seuls peuvent travailler pour l'amour de Dieu, h Comrne pour l'amour de Dieu, De mauvaise grâce, ou avec lésinerie : Faire une chose comme pour l'amour de Dieu, il Travailler à la grâce de Dieu. Pop. Travailler sans goût, à contre-coeur, ii .S"t7 plaît à Dieu, Avec l'aide de Dieu, Dieu aidant, Si rien ne s'y oppose, si les circonstances le permettent, il Etre devant Dieu, Etre mort.
II Promettre, Jurer ses grands dieux. Faire de grandes protestations, de grands serments, ii Dieu sait. Se dit : 1» pour donner plus de force à une affirmation : Dieu sait si l'on se donne du mal pour vous satisfaire: 2" pour renforcer une négation : Dieu sait si je l'ai fait, si j'en ai eu seulement la pensée; Z° pour marquer l'incertitude d'une chose : Dieu sait ce qui ch arrivera, n Sur mott dieu. Devant Dieu, Dieu m'est témoin. Pieu m'en est témoin, Dieu, le sait, Expressions en usage dans les serments ou les affirmations solennelles, il Dieu sait tout. Se dit pour exprimer que l'avenir est inconnu, et qu'il adviendra selon la volonté do Dieu, il Dieu le veuille! Plaise à Pieu! Plut à Dieu ! Dieu vous entende ! Expressions dont on se sert pour exprimer le désir ou le regret que l'on a d'une chose.
Il Plût aux dieux ! Se dit de même, soit quand on fait
Sarler dos païens, soit dans le style poétique, n Dieu garde^ *ieu préserve, A Pieu ïic plaise. Expressions dont on se sert pour exprimer combien on est éloigné de faire quelque chose, ou combien l'on redoute un événement, n Dieu vous garde. Se disait autrefois en forme de salutation. (On écrivait aussi Dieu vous gard' et Dieu gard'.) il Ainsi Dieu me soit en aide! Ainsi Pieu m'aide! Se disaient autrefois pour implorer l'assistance divine, afin d'être fidèle à une promesse solennelle ou à un serment que l'on venait de faire, n Dieu me pardonne. S'emploie pour s'excuser de quelque chose qu on a fait ou qu'on allait faire. — S'emploie aussi pour exprimer la surprise, l'indignation, n Pieu vous consei've. Dieu vous co7iduise. Formules de souhaits que l'on adresse à quelqu'un que l'on quitte ou qui s'en va. Il Pieu vous bénisse, ÎHeit vous assiste. Pieu vous contente, Dieu vous soit en aide. Souhaits que l'on adresse à une personne qui éternue, et dont on fait remonter l'usage â l'an 590, parce que beaucoup de personnes moururent alors, dit-on, d'une épidémie dont l'éternuement était le prodrome. (On emploie également une de ces formules afin d'adoucir son refus, quand on ne veut ou ne peut faire l'aumône.) il Dieu vous le rende. Se dit à quelqu'un pour lo remercier d'un présent qu'il nous a fait, il Dieu merci. Dieu soit loué. Heureusement, il Dieu merci et vous. Pieu merci et à vous. Anciennes locutions pour exprimer la reconnaissance d'un service, il Ne craindre ni Dieu ni diable. Ne connaître aucune règle, aucune loi. n'être arrêté par rien dans l'accomplissement de ses désirs coupables. — No redouter aucun obstacle, être d'un caractère déterminé, prêt à tout braver, il Ne relever que de Dieu et de son père^ No reconnaître que Dieu pour maître et ne compter que sur sa force et son courage, n Entre Dieu et soi. Secrètement. w Aller comme it plaît à Dieu ou Dieu sait comme. Etre laissé à l'abandon. Comment vont les affaires ? Comme il plai't a Dieu, Dieu sait comme, h Venir de Pieu, de la grâce de Dieu, Arriver par un heureux hasard, non comme une conséquence dos soins et du travail, ii // semble que LHeti lui en doive de reste. Se dit d'un© personne qui s'acquitte de ses devoirs avec nonchalance, it Dieu bat ses matelas. Pop. Il neige. (Peu usité.) (Enfin, lo mot Pieu s'emploie, soit seul, soit accompagné d'autres expressions, dans une foule de phrases exclamatives et do jurons : Pieu de Pieu, Pieu vivant. Jour de Dieu, etc.]
— Adjectiv. Qui est un dieu ou passe pour être un dieu : Tout était dieu, excepté Dieu lui-mévie.
— Arg. H n'y a pas de bon Dieu (sous-ontcndu • qui puisse m'en empêcher »), Je ferai cola quand mémo. Il Manger le bon Dieu. Etre dévot.
— Hist. Paix ot Trêve de Dieu, Paix quo le clergé, pendant le moyen ftge, imposaaux seigneurs féodaux, ù certaines époques liétermiiiées. V. paix.
— Jard. Nom vulgaire sous lequel les jardiniers et arboriculteurs désignent lo ficus retigiosa, qu'ils appellent oncoro arbre de Dieu.
— Théol. Dieu-homme, Dieu fait homme. hamme-Dieu. (ils de Dieu, Jésus-Christ. Il Mère de Dieu, Nom donné par l'Eglise à Mario, mèro de Jésus.
— Prov. : La voix du peuple est la voix de Dieu ( ro.r populi. V0.C Dei). La vérité est dans l'opinion publique, ii Ce quo femme veut. Dieu le veut, truand une femme veut uno chose, elle réussit presque toujours, il Chacun pour soi. Dieu pour tous, Chacun défend sos intérêts, sons la protection de Dieu, qui veille sur tous les hommes, ii L'homme propose et Dieu dispose , Souvent les entroprisos do riiomme ont une issue dlfi'éronto do celle qu'il aticndait. — I';(|uivunt A L'homme s'agite et Dieu le mène, ii II y a un dieu pour \ea Ivrognes, Il est rare «u'uu hommo ivre subisse les fâcheux accidents qui semnleraieut devoir êlro les suites niiturolles de son état, n Servir Dieu, c'est régner, Maîtriser ses passions, c'est régner sur .soi-im'ino comme un princo règne sur sos sujets. ii DIou donne lo froid selon le drap, Dieu proportionne los poinos ou los malheurs qu'il nous ouvoio aux moyous quo nous avons
DIËÙ
pour y résister. — Ou dit dans ce même seos : A br^ebis tondue DiiiU mesure le vent. Il La sagesse du monde est folie devant Dieu, Dieu juge les choses autremeut que nous. li Qui donne aux pauvres prête à Dieu (v. donner), Qui du sien donne, Dieu lui redonne, Dieu récompense ceux qui font raumône. il Là où Dieu veut, il pleut, Rien ne se fait que par la volonté de Dieu.
Allus. littér. : Dieu, c'est le mal, Aphorisme de
P.-J. Prouihon qui, dans la pensée de l'autour, était la formule d'une doctrine métaphysique, qu'il désigne sous le nom d' antithéisme et qu'il distingue expressément de l'athéisme.
Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer, Vers fameux de Voltaire dans son Epître à l'auteur du livre des Trois i7nposteurs. Voltaire ressentait une tendre prédilection pour ce vers, a Je suis rarement content de mes vers, écrit-il à Saurin, le 10 septembre 1770, mais j'avoue que jai une tendresse do père pour celui-là. » On rappelle souvent le vers du poôte, mais presque toujours d'une manière plaisante et en remplaçant le mot Dieu par un autre, li Les dieux s'en vont. V. aller. Il Sera-t-il dieu, table ou cuvette? V. cdvktte.
Des dieux que nous sei-vons connais la différence.
(VoLTAiRt, Atzire.) V. DIFFÉRENCE. , , ,. .
Enctcl. Deux questions remplissent la thôodicee :
celle de l'existence de Dieu et celle do ses attributs. Nous allons résumer l'une et l'autre, en renvoyant, jiour les opinions athôistiques, aux mots où sont exposés les systèmes philosophiques qui les professent.
I. Existence de Died. — Les arguments divers dont se sont servis les penseurs de toutes les époques pour édifier la démonstration do l'existence de Dieu ont été puisés à quatre sources : la raison, la conscience, l'histoire et le monde. C'est pourquoi on les répartit ordinairement en quatre groupes : les preuves métaphysiques, morales, historiques etphi/siques. Cette classitication est généralement préférée par les écrivains français à la classification en preuves cosmologique, téléologique et ontologique, imaginée par Kant et adoptée en Allemagne.
l" Preuves métaphysiques. Les prouves métaphysiques sont tirées de l'analyse des idées qui coustituent la raison.
D'après Platon, il y a dans la pensée humaine un mouvement ascendant, dont Dieu est le terme. Notre esprit traverse d'abord la sphère du sensible; il monte ensuite dans celle de ïintelUyible, d'où il s'élève jusqu'à la contemplation de l'u7iiversel, c'est-à-dire des idées. Les idées sont les types éternels par qui existent les choses passa-
fèrcs. Elles forment entre elles un monde à part, une iérarchie au sommet de laquelle brille le Bien absolu, c'est-à-dire Dieu. — Saint Augustin a reproduit l'argumentation platonicienne en lui donnant plus do précision. «L'homme n'aimo rien, dit-il, que ce qui est bon.» Mais les choses étant inégalement bonnes, pour que nous puissions les juger, il faut que nous portions imprimée dans notre âme 1 idée d'un bien en soi, règle invariable des différences que nous apercevons dans les êtres dérivés. Le bien en soi, le bien absolu, c'est Dieu. — Descartes a appliqué cette argumentation à l'idée de l'être parfait, en insistant sur le fait d'expérience interne qui en est l'origine. 0 Je sais, dit-il, que je suis, mais q^ui suis-je? un être qui doute, c'est-à-dire un être imparlait. Or je ne puis considérer mon imperfection sans concevoir l'être infiniment parfait. Et cette idée ne peut me venir ni de moimême, puisque je suis imparfait, ni du monde extérieur, qui est plus imparfait encore. Il faut donc qu'elle me soit donnée par l'être parfait lui-même. » Après des raisonnements analogues, Fénelon conclut : <« 11 y a un soleil des esprits, qui les éclaire beaucoup mieux que le soleil visible n'éclaire les corps. » [Existence de Dieu, 2" p.)
2° Preuves morales. On appelle de ce nom les preuves que fournissent les données de la conscience. Voici comment elles sont présentées : Le fait caractéristique de la vie morale, c'est la responsabilité, c'est-à-dire: d'une part, la liberté, qui fait le mérite ou le démérite de l'agent ; de l'autre, le devoir, règle qui s'impose par sa propre autorité et sans conteste. La présence dans les consciences humaines de cette loi universelle, invariable, nécessaire, implique évidemment l'existence d'un législateur absolu et d'un juge éternel, devant qui tous les êtres moraux sont responsables.
3' Preuve historique. Cette preuve, que Cicéron a longuement développée dans son livre De la nature des dieux, repose sur le consentement universel des peuples; elle se résume ainsi : Touchant la foi à l'existence de Dieu, il y a, entre les peuples divers, un accord unanime qui fait de l'humanité comme une seule famille. La foi religieuse est antérieure à toute civilisation : les voyageurs ne découvrent pas une seule peuplade sans y reconnaître au moins un culte grossier; l'histoire, aussi haut qu'elle remonte, aussi bas qu'elle descende, voit partout Dieu associé généralement aux joies comme aux larmes de Thumanité. Cette croyance, quelles que soient les erreurs qui l'aient obscurcie, loin de favoriser en elle-même les passions, les a souvent combattues : elle no peut donc avoir d'autre origine que les principes gravés par Dieu lui-mémo dans l'esorit humain.
4« Preuves physiques. On donne ce nom aux arguments sur lesquels s'appuient les philosophes pour montrer en Dieu la cause do l'ordre et do ïexistence du monde.
— I . Ordre du monde. C'est la preuve dite des causes finales ou, comme s'exprime Kant, la preuve téléoloyique. De toutes, c'est la plus ancienne et aussi la plus populaire. Socralo l'emploie dans les Mémorables de Xénopnon. Cicéron, Plutarquo, saint Augustin ont reproduit la même démonstration, à laquelle Fénelon a consacré des pages célèbres. Dans le Traité de l'existence de Dieu (1" partie), il fait ressortir « l'art qui éclate dans toute la nature » et qui révèle « un dessein suivi, un enchaînement n do moyens appropriés à une fin. Un tel ordre pourrait-il être le résultat d'une combinaison fortuite d'atomes? — Non, certainement, répond-il, car qui croira, par exemple, quo V Iliade d'Homère, moins belle assurément et moins compliquée que la machine du monde, puisse être produite par 1 assemblage fortuit do caractères de l'alphabet jetés en l'air au hasard? Un édifice aussi parfait suppose un archilecto divin. — Col argument était l'argument préféré de Newton. « Il est absurde, dit-il dans ses Principes de philosophie naturelU:, de supposer que la nécessité préside à l'univerii, car une nécessité aveugle étant partout la même en tout temps ot en tout lioa, la variété des choses ne saurait en
provenir ; et par conséquent l'univers, avec l'ordre de ses parties approprié à la variété des temps et des lieux, n'a pu tirer son origine que d'un être primitif ayant des idées et une volonté. » " La nature a des idées », disait à son tour Cl. Bernard; ces idées sont celles de Dieu. C'est ce que Voltaire avait exprimé dans deux vers restés populaires :
L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer Que cette horîjge existe et n'ait pas d'horloger.
A ceux qui objectent les imperfections du monde, lesquelles semblent indignes d'un ouvrier divin , on a répondu ; Tout ce qui n'est pas Dieu ne peut avoir qu'une perfection bornée; la créature serait le créateur s'il ne lui manquait non. D'ailleurs, dans tout ouvrage, il faut juger des par- 'ies par rapport à l'ensemble; toute autre vue est courte et trompeuse. Mais qui sommes-nous pour juger l'ensemlile, le tout de l'univers? Les défeuseurs modernes de l'argument téléologique ajoutent : Beaucoup de choses relevées à différentes époques comme des imperfections dans la nature ne passaient pour telles que par suite de l'ignorance de ceux qui s'en scandalisaient; chaque progrès accompli dans le domaine des sciences nous dévoile des merveilles nouvelles et fait tomber une objection.
— 2. Existence du monde. Outre la preuve tirée de l'existence du mouvement, lequel suppose un premier moteur qu'aucun autre no meut, l'existence du monde luinicme donne lieu à l'argument que voici. Tous les êtres qui composent le monde procèdent d'êtres précédents qui leur ont donné l'existence. Quo l'on remonte aussi haut quo l'on voudra dans l'espace ou dans le temps, il n'est aucun être dont on ne puisse demander quelle est sa (;ause. Or cette question ne peut se répéter à l'infini. Il faut nécessairement arriver à un principe indépendant du monde, qui donne l'existence à tous et ne la reçoive de personne. Cet argument, reproduit universellement par les philosophes spiritualistes, a reçu du P. Gerdil et du mathématicien Cauchy cette forme saisissante et originale : l'ensemlilo des êtres qui ont actuellement et qui ont eu, à un moment quelconque, l'existence, peut être représenté par un nombre que l'intelligence est impuissante à calculer, mais dont la raison conçoit la possibilité. Or un nombre ne saurait être à la fois concret ot indéfini. C'est un théorème de Galilée ; tout nombre concret a pour point de départ une unité. Il faut donc que le nombre des êtres passés et présents commence paruno unité. Cette unité, c est Dieu.
Or, remarque Leibniz, la cause première de toutes choses doit être nécessaire, absolue et parfaite. « Dieu, dit-il, est la première raison des choses, car celles qui sont bornées, comme celles quo nous connaissons, n'ont rien en elles qui rendent leur existence nécessaire. Il faut donc chercher la raison de l'existence du monde, qui est l'assemblage entier des choses contingentes, dans la substance qui porte la raison de son existence avec elle, laquelle par conséquent est nécessaire et éternelle. » [Essais de théodicée.)
Telles sont les principales preuves que les philosophes donnent de l'existence de Dieu. En les exposant, beaucoup d'entre eux font remarquer qu'un lien étroit les unit les unes aux autres. Elles s'appellent, disent-ils, et se fortifient mutuellement. Au fond, la certitude do l'existence do Dieu n'est pas seulement le fruit de tel ou tel raisonnement ; elle naît de la raison entière, ou mieux de toutes les facultés de l'homme; c'est l'âme elle-même, l'âme tout entière qui, de toutes ses voix, appelle Dieu.
II. Attributs de Dieu. — La raison humaine ne saurait avoir de la suprême perfection une science adéquate. Mais il ne s'ensuit pas, pour cela, qu'elle n'en puisse rien connaître. « Il m'est impossible d'embrasser une montagne, disait Descartes, mais je puis la toucher. »
La philosophie spiritualiste distingue en Dieu des attributs métaphysiques et des attributs moraux. Voici, brièvement, quels sont les principaux et sur quelles raisons elle on établit l'existence et la nécessité, /o Attributs métaphysiques.
1. Unité. II ne peut y avoir deux êtres infiniment parfaits. Les raisons qui nous convainquent qu'il y en a un ne nous prouvent pas qu'il y en ait plus d'un. Deux, d'ailleurs, ne feraient pas plus qu'un. Le vrai infini épuise tout l'être et ne laisse rien pour la multiplication. Enfin, la conception de deux êtres parfaits implique contradiction : ces deux prétendus infinis seraient la borne l'uu de l'autre et no seraient donc pas infinis; de plus, chacun d'eux serait moins qu'un seul qui n'aurait point d'égal. V., pour les systèmes opposés, dualisme, polythéisme.
2. Simplicité. « Les compositions, dit Fénolon, sont des assemblages do bornes. » L'être parfait ne peut avoir ni parties, ni divisious. <■ Tout ce qui est plus d'un est infiniment moins qu'un." Par conséquent, toutes les perfections de Dieu n'en font qu'une ; si nous les multiplions, c'est par la faiblesse de notre esprit. Nous supposons en Dieu des distinctions qui n'existent quo dans nos pensées.
3. Immutabilité. Celui qui est par soi ne peut changer, parce qu'il a toujours la même raison d'être, qui est son essence. Celui qui est infiniment parfait ne peut rien acquérir, puisqu'il possède tout; rien perdre, puisqu'il no peut déchoir. Il est essentiellement immuable, car il est toujours égal à lui-même, ne pouvant jamais avoir ni plus, ni moins.
4. h'éternité est la conséquence de l'immutabilité. Le temps est la mesure du changement. Il n'y a pas do temps en Dieu, parce qu'il n'a pas de succession. Il n'y a en lui ni passé, ni avenir, mais un seul présent qui embrasse tout son être dans sa simplicité immuable.
5. Immensité. Il ne saurait exister pour l'être parfait aucune distinction de liou. Il n'est point ici, il n'est point là. Dire qu'il remplit tout, c'est s'accommoder à l'insuffisance do la parole humaine. Dieu est l'êtro par excellence, ou, mieux encore, il est.
i'" Attributs moraux.
1. Inintelligence étant ce qu'il y a do plus noble dans le monde. Dieu est certaincmout intelligent. Mais les procédés do l'inteUigence humaine, à qui ses limites mêmes les imposent, no peuvent convenir à l'intelligence divine; comme l'être divin persiste au lieu do s'écouler, comme Diou possède dans un même acte la plénitude do son être, tout ce qui le constitue est également présent. Il ne peut donc ni se souvenir, ni abstraire, ni généraliser, ni raisonner. Etant la vérité, il a conscience do la vérité par uno vue simple cl inliuic.
2. La science. Dieu connaît tout : il se connaît lui-même d'une connaissance adéquate. 11 connaît tous les possi-
bles. Il connaît ses œuvres, dont il renferme on lui-même le plan éternel.
Dieu connaît même par avance les actions libres des hommes ; il a ce que nous appelons la prescience. Mais, en réalité, ce mot est impropre, car la connaissance n'est pas en Dieu une prévision. Le présent, le passé et l'avenir sont des relations qui existent entre les êtres successifs, mais non pour Dieu, qui saisit tout d'un seul et même regard. V. AKBITRE [libre).
3 . La sagesse , c'est - à - dire l'art d'approprier les moyens à leur lin, frappe d'autant plus en Dieu que ses œuvres sont mieux connues. La sagesse divine se manifeste par deux caractères qui lui sont propres ; la grandeur dos fins et la simplicité des moyens.
4. La toute-puissance est un attribut divin qui découle de la notion de la cause première. L'être nécessaire et parlait, qui est l'origine de tout, possède évidemment une puissance qui na pas de limites. Il peut réaliser tous les possibles, sans qu'on ait besoin d'excepter l'absurde, puisque l'absurde est impossible, irréalisable par essence.
5. La liberté ne saurait manquer à Dieu, puisqu'elle est une qualité ou, comme on dit en théodicée, uno perfection. Mais, dès qu'il faut définir la liberté divine, la difficulté commence. Il ne peut être question ici de choix entre io bien ou le mal, ou même de délibération, d'hésitation ou de réflexion. Dieu fait éternellement le bien sans être soumis à aucune condition. Mais, entre plusieurs possibles, comment se détermine le choix de Dieu? Est-il astreint à choisir le plus parfait? V. le mot optimisme.
6. La personnalité de Dieu est absolue et parfaite. Fichte avait objecté que Dieu ne peut être personnel, parce qu'il n'est pas limité et que l'essence de la personnalité, c'est la limitation du moi par le non-moi. Les spiritualistes lui répondent que la limite est la marque de l'imperfection dans les personnes contingentes, mais non lo propre de la personnalité. Etre personnel, c'est pouvoir s'affirmer à soi-même, se poser comme la cause consciente (le ses propres actes. Or, qu'y a-t-il de plus divin? Dieu se dit à lui-même, en exprimant la personnalité à son plus haut degré : n Je suis celui qui suis. » Pour l'opinion contraire, v. panthéisme. En ce qui regarde la doctrine chrétienne des trois personnes divines, v. Trinité.
7. La providence est l'attribut, ou plutôt l'ensemble des attributs par lesquels Dieu gouverne le monde moral, c'est-à-dire la sainteté, la justice, la boîité et l'amour. V. Providence.
— BiBLiOGK. : En dehors des ouvrages dont l'analyse va suivre, il convient de citer : La Luzerne, Dissertation sur l'existence et les attributs de Dieu (Lyon, 1856); Bouchitté, Histoire des preuves de l'existence de Dieu, dans les " Mémoires de l'Académie des sciences morales et politiques >> (année 1841); Chastanù, l'Idée de Dieu dans la philosophie spiritualiste (Paris, 1882); Franck, l'Idée de Dieu dan^ ses rapports avec la science (Paris, 1891); Fauvety, Démonstration scientifique de l'existence de Dieu (Nantes, 1894).
— Symbol. La doctrine chrétienne de la Trinité, c'està-dire d'un seul Dieu en trois personnes distinctes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, a été religieusement observée par les artistes :
Dieu le Père. C'est toujours au centre que l'on met Dieu lo Créateur, qui fait asseoir à sa droite Jésus, Dieu le Fils, lequel a raclieté le monde. Auprès d'eux on place la Vierge, comme étant la première des créatures humaines. Puis viennent les anges, les séraphins, ensuite les apôtres, les martyrs, les confesseurs, les vierges, ces dernières occupant la partie extérieure de la circonférence. Tel est l'ordre observé, à quelques exceptions près. La matérialisation de Dieu répugnait aux premiers chrétiens.
Aussi, dans les premiers siècles de l'Eglise et même plus près do nous. Dieu lo Père ne fut généralement figure que d'une manière symbolique. Au portail nord de la cathédrale de Paris, qui remonte, on le sait, au XIII" siècle, on ne voit que la main do Dieu le Père; probablement, l'artiste a voulu, en cela, être fidèle aux idées du christianisme primitif, qui désignaient la puissance do Dieu dans les Ecritures par lo mot manus (la main par excellence).
La main divine affecte sur les monuments trois caractères différents : 1° elle est ou bénissante, ou ouverte de deux ou do trois doigts (selon que la bénédiction est grecque ou latine); 2" elle est donatrice {et alors elle laisse tomber de ses doigts des rayons); 3" elle est donatrice et
Main divine.
sculptée sur le portail
de la cathédrale de Ferrare
(xn» s.).
Dieu le Père, d'après Schnorr [Bible populaire).
rayonnante tout à la fois. On la voit aussi posée sur un nimbe, ot ce nimbe est parfois divisé par des croisillons. Le nimbe est toujours absent, dans les sujets représentés sur les catacombes, sur les sarcophages et sur les plus vieilles mosaïques. Sur quelques mosaïques, le commencement du bras so voit on même temps que la main. Sur tous les sujets qui retracent l'histoire do Diou le Fils, c'est-àdire depuis sa naissance jusqu'à sa résurrection, la main do Dieu lo Père le dirige.
A partir du xiii" siècle, les artistes commencent à donner à Dieu uno figure humaine; seulement, on lui attribue les traits do Dieu lo Fils. C'est sous ces traits que, sur l'un dos chapiteaux de Notre-Dame-du-1'ort, à Clermont, il est représenté assénant des coups do poing à Adam; que, dans un manuscrit do la Bibliothèquo nationale, il
chasse Adam et Evo à coups do flèches; que, dans un psautier do la ni6nio biblioth^(|uo, il apparaît tenant on niaiu un arc, dos Ilùchus, uno plt|UO, uu i-iaivi».
Franchissons doux cents ans : à Sainto-Madoloino do Troyos, OU voit un vitrail du xvi» siAclo, qui représonto Diou faisant sortir Kvo do la côto d'Adam. Lo Pèro ost habillé en papo ot porto uno tiaro cordée do trois couronnes royales comme coUo du pontifo romain. Di^sormais, Diou lo Pôro sera roprésontô avec une figure qui ira so porl'octionnaut do plus en idus. Il n'a pas fallu moins do sept cents ans pour quo, do la main divine, considérée comme symbole do Diou le l'ère, on arrive ù. lui donner d'abord une fi}j;nro, ontin un corps.
A partir du xii" siècle, la fit^nro du Pôro est à peu près idontiquo à collo du Fils; cllo s'en distinguo ordinairement on ce quo lo Pore tient la boule du monde, tandis quo lo tils supporte la croix.
Dieu le Fils. V. Cukist. — Saint-Esprit. V. Saint-Esprit.
Dieu (DÉMONSTRATION DK L'EXISTENCE ET DES ATTRI- BUTS de), par Samuel Clarko. — Cet ouvrage, publie à Londres en 1705 et souvent traduit on français, se compose do seize sermons sur la religion naturelle. L'autour a pour but. principal do réfuter Hobbos et Spinoza. S'appuyant. sur les démonsl.ralions do Newton, Clarke prouve quo la matière n'ost pas étornoUo ot que le mouvement no lui apjiartiont pas en propre. Il établit ensuite trois principes : r il y a un être éternel; 2" l'être éternel ost personnel et immuable; 3» il existe par lui-même. De ces principes découle l'obligation do se soumettre à la loi morale. Cotte loi est l'expression des règles immuables qui gouvernent l'intoUigence même do Dieu. La nécessité de recompenses et de châtiments amène le philosophe à proclamer l'immortalité des âmes et leur jugement par Diou. Entin, l'inenicacité de la loi naturelle, prouvée par l'histoire, lui montre la nécessité d'une Révélation.
Dieu (Traité de l'existicnce et des attributs de), par Fénelon. — La première partie parut du vivant de l'auteur, on 1712 ; la seconde ne fut publiée qu'après sa mort, en 171S. C'est, d'après le témoignage du chevalier de Ramsay, lo préambule d'un grand traité sur la vérité de la relig:ion chrétienne, dont Fénelon ne composa que l'introduction. Dès le début, l'écrivain annonce qu'il va exposer les preuves de l'existence do Dieu, tirées du spectacle de la nature et de la connaissance do l'homme. Les deux premiers chapitres renferment le tableau des merveilles quo présente la nature, sans oublier l'âme humaine avec ses facultés, surtout la raison. Le troisième chapitre contient l'exposition et la réfutation du système des épicuriens. La seconde partie est consacrée aux preuves métaphysiques de l'existence de Dieu ot à l'étude de ses attributs. Fénelon use du doute méthodique de Descartes pour établir la certitude de sa propre pensée et de sa propre existence; il démontre que Dieu existe, par l'imperfection de l'être humain, par 1 idée que nous avons de l'iniini, réfute le spinosisme et donne une nouvelle prouve de l'existence de Dieu, tirée de la nature des idées. La fin de l'ouvrage est consacrée à l'exposé des attributs de Dieu. Dans cet ouvrage, Fénelon unit l'éclat des descriptions à la subtilité de la dialectique.
pieu {Traité de la connaissance de dieu et de soimême), par Bossuet. — Cet ouvrage fait partie des travaux que Bossuet avait entrepris pour l'éducation du grand Dauphin, fils de Louis XIV. Imprimé pour la première fois en 1722, il fut d'abord attribué à Fénelon; une édition, publiée en 1741, fit connaître le véritable auteur. Ce traité commence par uno description de l'homme. L'homme est une âme se servant de son corps. L'âme est sensitive et intellectuelle. Sensitive, elle éprouve en présence des objets extérieurs des sensations, parmi lesquelles il faut remarquer le plaisir et la douleur. De la réunion des sensations et de 1 imagination qui les reproduit naissent dans l'âme les pafisions. I! y a deux sortes d'opérations intellectuelles : celles de l'entendement et colles do la volonté. L'entendement sert à discerner le vrai du faux. Il est aidé par la mémoire. Ses trois opérations sont : concevoir, juger et raisonner. « Vouloir est une action par laquelle nous poursuivons le bien et fuyons le mal. » Nous sommes déterminés à vouloir lo bien en général, mais nous avons la liberté de notre choix à l'égard dos biens particuliers. Le bon usage do la liberté, quand il se tourne en habitude, s'appelle vertu; et lo mauvais usage, quand il so tourne en habitude, s'appelle vice. Quoique nous donnions différents noms aux facultés, en réalité, elles sont l'âme considérée dans SCS diverses opérations. Bossuet décrit ensuite le corps humain ot montre uno connaissance remarquable do l'anatomie et do la physiologie, qu'il devait aux leçons du savant Duvornoy. Après avoir parlé du miracle pcrpi-tHcl de l'union do l'âme et du corps, Bossuet arrive enfin â Diou. Il démontre quo la parfaite harmonie qui existe entre lo corps et l'âme n'a pu ^iro établie quo par uno causo intelligente, qui ost hors do nous. Cotte cause est étoriielle, parfaite, immuablo ot nécessaire. Hossuet termine on exposant les dill'érontos opinions des philosophes sur l'âmo des bétos.
Dieux (De i.a nature des), ouvrago philosophique do Cicéron. — César venait d'êtro assassiné. Romo était troublée par la rivalité d'Antoine ot d'Octave. Cicéron, retiré ù la campagne, cherchait dans l'étudo une diversion â ses inquiétudes patriotiques. Il dédie son ouvrage à Mrutus, et y met en .scène C. Velloius, Lucilius, Halbus et C. Cotta. Chacun des interlocuteurs expose une des opinions quo les philosophes les plus célèbres ont soutenues sur la nature des riieux. Velloius oxpli(iuo lo système d'Epicuro, Cotta lo réfute et prouve l'existence d'urio causo première, intelligonto : il insiste sur lo consentement de tous les peuples. Tel ost lo premier livre. Le second renferme l'exposition dos dofnrinos stoïciennes, que Cicéron met sur les lèvres do Bulbus. Dans lo troisième livre, Cotta, qui paraît parler au nom de l'auteur, reprend la narolo ot so fait l'intorprèto dos doctrines do l'Académie. Puis il met on regard dos opinions des philosophes los antiques traditions roligieuses do Home ; il déclare préférer aux théories de Zenon ot do Chrysippo les croyances dos grands pontifes T. Coruncacius, 1*. Scipion, P. Scévola. En traçant lo tableau des circonstances dans lesquelles il a composé son ouvrage, Cicéron ne cache pas ses angoisses. Elles n'élaiont quo trop fondées : il fut tué l'année suivante.
Dieux (la (îiiEiiRE des), noèmo do Pamy (1799). — Au point do vue du fond, do 1 objet ot des conséquences, 0 no fioèmo est le plus monstruoiix et lo plus révoltant qu'aient produit limpiélé, la corruption et rimmurulilé %