TIQUE
DIGÉNIE ijé-nt) n. f. Hist. nat. Génération qui s'opère par le concours des deux sexes, n On dit plutôt génération
SEXDÉK.
DiGÉNIS Akritas (Basile), héros d'une chanson de gesto byzantim- «jui j)cut être considérée comme la véritable épopée nationale do Byzance, analogue à la Chanson de Holayid ou au Honumcero du Cid, dont elle doit être rapprochée. L'histoire de Digénis Akritas a son point de départ dans les merveilleuses aventures qu'eut, au x* siècle, un membre de la famille des Dukas, le domestique des scholes Pahtherios, dans la région perpétuellement troublée des rives de l'Euphrate. Sur ce fond historique s'est développé un vaste cycle do poèmes épiques, qui s'est répandu dans tout le monde byzantin et jusque dans les sociétés slaves. La première édition de cette épopée a été donnée sur un manuscrit incomplet de Trébizonde, en 1875, par Sathas et Emile Legrand; une autre, faite sur un manuscrit plus ancien et plus complet, a été donnée en 1892 par Legrand (Bibliothèque grecque vulgaire, t. VI).
DIGÉNISME iié-nissm') n. m. Physiol. Syn. de digénie. Il Digémsme pklegmasitoxique. Doctrine qui attribue à l'inflammation et à l'intoxication du sang la cause do toutes les maladies.
DIGÉNITE {je — du préf. di, et du gr. génos, génération) n. f. Mélange naturel de deux sulfures de cuivre, qui sont la chalcosine et la covelline.
DIGEON ijon) n. m. Mar. Remplissage triangulaire en bois, servant à raccorder avec la coque les figures que portent les vaisseaux.
DiGEON (Alexandre-Elisabeth-Michel, vicomte), général français, né à Paris en 1771, mort en 1826. II prit part à toutes les guerres do la Révolution et de l'Empire, et se signala en Espagne, où il devint gouverneur dos provinces de Cordoue et do Jaon, en 18i2. Général do division en 1813, il se rallia, en 1814, au gouvernement de la Restauration, qui l'en récompensa par le titre do " vicomte " et la dignité de « pair de Franco ». En 1823, il fut ministre intérimaire de la guerre et, l'année suivante, chargé du commandement do l'armée française d'occupation en Espagne.
DIGÉRABLE {je) adj. Qui peut se digérer. Il On dit plus souvent digestible.
DIGÉRANT (jé-ran), ANTE adj. Qui digère, qui a la propriété do digérer : Certains esto/7iacs perdent leur faculté digérante.
DIGÈRE {jèr') n. f. Genre d'amarantacées, comprenant dos herbes décombantes, à feuilles alternes, à fleurs hermaphrodites en épis, qui sont originaires de l'Egypte.
DIGÉRER {je — lat. digerere; du préf. di, et de gerere, porter. [Change ^ en é devant une syllabe muette : Je digère. Qu'ils digèrent ; excepté au fut. de l'ind. et au cond. prés. : Je digérerai. Tu digérerais]) v. a. Faire la digestion de : Digkrer péniblement son dîner. || Fam. Estomac qui digérerait du fer. Se dit d'une personne dont la digestion est très active.
— Fig. Etudier avec soin et lenteur, mûrir par la réflexion : Pour bien lire, il faut digérer sa lecture et la cojiverlir en sa propre substajice. (Fén.)
— Supporter, endurer, s'accommoder de, se résigner à: Ne pouvoir digérer une injure.
--Méd. Activer la maturation de: Onguent propre à digérer ny\e inflammation suppurative.
— V. n. Cuire à petit feu : Eaire digérer une substance à une douce chaleur. \\ So macérer, se pénétrer peu à pou d'un liquide : Eaire digérer des herbes dans l'eau.
Se digérer, v. pr. Etre digéré ; Ce qui se mange avec plaisir su: digère ordinaire77tent avec facilité. Il Etre l'agent de sa propre digestion.
— Fig. Etre médité, mûri, n Etre supporté, souffert, cru, admis : Jiécits qui se digèrent difficilement.
DIGÉREUR, EUSE {je) n. Celui, celle qui digère : L'autruclie n'est pas, comme on croit, une digerkuse de clous.
DiGES, comm. do l'Yonno, arr. et Ci 14 kil. d'Auxerre, sur lo ruisseau de Varennes, sous-affluent do l'Yonne; 1.524 liab. Ch. do f. P.-L.-M. Ocrières. Source minérale.
DIGESTA {jè-sta — mot lat. qui signif. choses digérées) n. m. jd. Méd. Aliments digérés, par opposition aux aliments ingérés : Les ingesta et les digksta.
DIGESTE {jèssf — \at.digestus. di^é^é^ n. m. Dr. rom. Réunion en un corps de doctrine de tragments d'écrits de jurisconsultes.
— Encycl. Lo mot digeste a servi do titre aux ouvrages do plusieurs jurisconsultes romains. Lo digeste le plus célènro est celui de Justinien. La constitution Deo auctore, du 15 décembre 530, prescrivit au quiestor sacri palatii Tribonien de constituer une commission chargée do faire un choix d'extraits de jurisconsultes pour en composer un corps complet do droit. C'était faire pour le jus ce quo le Code, paru en 529, avait fait pour les leges. Tribonien choisit seize collaborateurs. Ce travail fut terminé en trois ans, et l'ouvrage rendu exécutoire le 30 décembre 533, sous le titre do Digesla sivo Pandecfa juris {de -ràv Hiyo]t.rii, [omnia amplcctor]). Cet énorme répertoire est partagé en cinquante livres et sept parties. Ces livres sont divisés en litres munis do rubriques, ('haquo titre comprend un certain nomliro do lois ou fra^^nients numérotés, que les glossateurs ont, plus tard, subdivisés en paragraphes. Chaque fragment porte en tète lo nom de l'auteur et le
Digcstfiir lie B<!'moat et litard.
titre do l'ouvrago duquel il est tiré. Le Digeste contient dos extraits do treiito-nouf jurisconsultes. (Jos iraf^iuonts, par la position ([u'ils occupoiit dans lo Ùtijcsto, par lour séparation do ce (|ui les procédait ou les suivait et lotir réunion à dos frafj;nioiUs d'autres ouvrages, présentent souvent, dans co recueil, uu sous autre quo celui ([u'ils avaient dans les livres originaux. Les textes lurent même souvent altiSrôs, afin d'ôtro mis d'accord avec lo nouveau droit. Le Diijestc n'ost pas une simple compilation doctrinale; Justiuion a voulu uu'il fftt une véritable œuvre législative, dont les divers éléments auraient force do loi.
Le texte du Diijestc nous a été conserve par un manuscrit du vi" ou du vil" siècle, écrit par des copistes grecs, au'on appollo la Florentine, parce qu'il est ù Flurenco opuis l'année 1406. Nous possédons aussi un certain nombre do copies des xi" et xii* siCicles, (^ui ont formé lo texte commun dos glossatours nommé la Vulgate, divisé par oux eu trois parties : Digestum l'etus, infortiation, novam. La meilleure édition du i>i(?es(e est celle do Mommsen (Borliu, 1800-1870).
On donne le nom do Digeste ant^justinien à des fragments juridiques, datant de 320 d'après Mommson ; ou no sait s'ils font partie d'un recueil proprement otriciel.
DIGESTE (y(}-5ff' —du lat. digestus, digéré) n. m. Pharm. Pruiluit d'une digestion, c'est-à-dire do la macération dunt? substance médicinale dans uu liquide approprié et soumis à uuo température élevée.
DIGESTEUR, TRICE {jcss — du lat. diqerere, supin digestum, digérer) adj. Qui sort à digérer : ù'apparril uuîksteur peut être considéré comme un moulin garni de ses blutoirs. (lirill.-Sav.)
DIGESTEUR {Jèss — môme étymol. qu'à l'art, précéd.) n. m. Cliitn. Appareil servant à extraire les parties solubles de certains corps.
— Techn. Vase métallique très épais, formé hermétiquement, dans lequel on peut élever à une très haute température les liquides dans lesquels on met certaines substances à djgéror. {Le premier dos digesteurs est la marmite do Papin.)
— Enctcl. Chim. Parmi les digeste urs employés, celui de Payen peut épuiser à froid, à l'aide d'un dissolvant volatil, eau, alcool, éthor, etc., servant de véhicule, les substances contenant certains principes solubles dans le véhicule.
Le digesteur éptiiseur de Bernent et Etard comprend trois parties : A est uu cylindre aplati à doubles parois ; dans lo cylindre intérieur se trouve un panier en tôle perforée, contenant les matières à traiter :
ce panier plonge dans le dissolvant; entre les deux parois du cylindre A, et appliqué sur lo cylindre intérieur, se trouve un serpentin qui sert soitàconienserles dissolvants lorsqu'on distillera, soit à chauflfer l'eau qui le baigne, lorsqu'on voudra sécher les matières après épuisement ; les niveaux n li indiquent, l'un la hauteur do l'eau dans l'espace annulaire, 1 autre la hauteur du dissolvant. Lo dissolvant chargé de matières extractives passe dans le vase B à l'aide du tube r ; un serpentin à vapeur le chautTe, et les vapeurs, après avoir passé par le tube m et le serpentin dont nous avons parlé, arrivent eu C.
DIGESTIBILITÉ {jèss) n. f. Aptitude à être digéré : La DiGE.sTiBiLiTu des aliments est très variable.
— Encycl. Zootechn. La digestihilité d'uno substance alimentaire varie dans des proportions très sensibles suivant son état physique (crue, cuite, hachée, etc.), car, selon cet état, elle est plus ou moins aisément attaquée par les sucs digestifs. Mais cctto digestihilité paraît, en outre, dépendante do la composition chimique.
On nomme digestihilité absolue d'un aliment; colle qui est sous l'influence de son état physique et coefficient de digestibilité absolue, la proportion coutésunalo de l'alimont susceptible d'être digérée. Lo coefficient do digestibilité absolue est très élevé pour les racines et les tubercules. Celui des aliments concentrés (tourteaux, farines) est de plus failjle valeur; de plus faible valeur encore, et d'autant plus faible que les tissus en sont moins jeunes et moins tendres, celui dos fourrages tlbreiix : herbes de prairie, luzerne, sainfoin, trùflo, etc. Enfin, le coofticient do digestibilité absolue de la paillo ost très faiblo.
DIGESTIBLE {jcss — lat. digestibilis ; do digcstus, digéré) adj. Qui peut étro digéré ; Aliment très digkstiule.
DIGESTIF (jé-stif), IVE adj. Anat. Qui sort à la digestion : Organes dicïiîsth-'s. Appareil digestif. Facidtés uiGESTivKS. L'homme est le seul, panni les êtres vivants, gui abuse de ses organes digkstiks. (Alibert.)
-^ Organe digestif. Appareil digestif supposé simple, comme il l'est dans les animaux les plus inférieurs.
— 'J'ube digestif. Canal digestif. Portion tabulaire musculo-mombraiieuso de l'appareil digestif.
— Sucs digestifs, Nom doinié aux liijuidos que les glandes annexes do l'appareil digestif déversent normalement dans lo tube digestif.
— Môd. Qui facilite la digestion : Poudre niOKSTiVR. Pastilles DiGi-iSTivKS. Le sel est niciKSTiK. n Qui facilite la suppuration des plaies : Onguent, Topique digkstif.
— Physiol. Fourtion digestive. Acte digestif.W. digkstion.
— Anton. Indigeste, lourd, pesant.
— n. m. Substance qui facilite la digestion : L'eau de Seltz est un digkstif.
— Pharm. Uoméde servant à faciliter la suppuration.
— Enoycl. Anat. Appareil digestif. L'appareil digestif ost l'ensomble dos organes (|ni, dans la série uniinale, concourent à l'accomplissomont do la digestion. 11 se compose du tube digestif et do divers organes qui on sont les annexes.
IjO tube digestif n'existe pas chez les animaux infôrJeiirs; chez les polypes, il ost réduit à. une» simph» poche (|ui communif|uo avec l'extérieur par une ouverture destinée à l'entréo ot à la sortie des aliments. L'appareil digestif se forme en tube ù partir des écliinodcnnes, si bien qu'on peut décrire uno bourbe, ou organe d'entréo doa ahmouis, et uu anus, ou orifico do sortïo. Do la boucho
à l'anus, lo tube digestif varie do forme; il se ronfle en certains endroits, dimiuuo à d'autres. On décrira ces difrérentns transformations aux
noms qui leur /tV '*^S)^^i'\
sont donnés ot 'u \]
à l'histoire dos SW' ^
d i If é r en tes classes d'animaux.
Aprôsla j ^ bouche so trouvent lo pharynx, l'œso- y' v^ 11\ \(l9optiflg«
phago, puis l'estomac. L'in- Fbie
tostin, divisé Vésicule
en intestin ^'""'^ ~J~~T]ia^^^MBO^ 1 1 ' p«n^,*a> f^rèlo et gros ^^^^ÊSlÊri-JÊ \ I —estomac
intestin, fait Colon r^ ^^^^^
suite à l'estO- «««ndant VVMËtâÊMfflH ^■"--fV'"'^
mac et so ter- 'n^" /NsGffï^Hrr~^~- « '^'°"
mine à lanus. Cœcum 'KTTm^fÇS^ÊWi l Côlon
Chez cor- ApoendiM / it^f %HlBSrT\ dtsccnddnt
ou Uecuiii
tains animaux, ^^
les ruminants, i * \ \M '' f l Rectun
la c omp l i ca- If^
tion augmente encore, et on Appareil de la digestion, chez l'homme, distingue quatre parties à l'estomac : la panse, le bonnet, le feuillet ot \a.caillelle. Chez les oiseaux, l'œsophage communique avec le jabot; le ventricule succenturié lui succède, et enfin, le 'jésier.
Le tube digestif reçoit des sucs qui l'aident à accomplir la digestion et qui sont élaborés par les glandes sa- Uvaircs, le foie, le pancréas, etc.
. — Hyg. Pouvoir digestif ou Action digestive au point de vue alimentaire. L'action des sucs digestifs s'exerce sur presque toutes les substances introduites dans les voies digestives, mais cette action est plus ou moins rapide. Tantôt la substance est réfractaire à l'action des sucs : elle ost indigeste; tantôt elle subit la transformation qui doit la rendre assimilable : elle est digestive.
Les aliments les plus digestifs so classent dans l'ordre suivant : bouillon, lait, œuf cru, viande, pain, féculents, légumes verts, etc.; mais il ne faut pas confondre la digestibilité avec la nutritivité : le bouillon, qui de tous les aliments est le plus digestif, est peut-être le moins nutritif.
Une infinité de circonstances font varier l'exercice de la fonction digestive, môme en dehors des cas pathologiques.
Le mode de préparation des aliments a une grande influence, et l'on peut indiquer, comme ordre de digestibilité pour les préparations culinaires, le suivant : grillage, rôtissage, hachis et cuisson à l'étuvée, cuisson dans l'eau, cuisson au four, salaison. L'âge des animaux intervient aussi ; la chair des jeunes est plus digestive, mais moins nourrissante; le temps qui s'est écoulé depuis la mort, la manière dont l'animal a été tué sont encore des facteurs de la digestibilité. Les viandes fraîches, peu grasses, sont les meilleures à ce point de vue.
Pour les végétaux, on doit considérer surtout l'état do fraîcheur et de conservation.
— Pharm. Le mol r/Zfl'e.îïi/' est employé substantivement, en pharmacie, pour désigner une préparation onguentairo composée do :
Térébenthine 2
Jaune d'œuf 1
Huile d'olive Q. S.
C'est le digestif simple ou digestivnm. En le mélangeant à parties égales avec du styrax liquide, on obtient lo digestif animé. Le digestif opiacé so prépare avec s parties de digestif simple et 1 do laudanum; lo digestif mercuriel, avec parties égales de digestif simple et d'onguent mercuriol. (On employait ces onguents dans le pansement dos plaies.) — On faisait aussi des pastilles, dos poudres, des vins digestifs, mais ces préparations sont aujourd'hui très pou employées.
DIGESTION (jé-sti-on — lat. digeslio, môme sons) n. f. I*;!alioraiion, coction des aliments dans l'estomac et dans les intestins, qui prépare leur assimilation; faculté do digérer : Avoir la digi-:stion laborieuse. Le poisson est, en général, d'une digkshon facile.
— Fig. Action d'élaborer, do s'approprier, d'arriver à posséder : La lecture yt'est qu'une mastication; la réflexion, c'est la DiGi'.sTioN. il Action d'ondurer, de supporter : L'esprit enjoué fait passer bien des choses d'une rude et cruelle digestion. (J. Janin.)
— Fam. Visite de digestion, Visite qu'il est d'usage do faire quelques jours après qu'on a dîné chez q^uelqu'un.
— Biol. Digestion intracellulaire, Dissolution do matières alimentaires i l'intérieur d'une cellule vivante.
— Méd. Maturation d'une humeur ou d'une tumeur.
— Pharm. Macération dans un liquide maintenu à uno température élevée : Mettre des os en digestion pour obtenir de la gélatine.
— Anton. Apepsie.
— Encycl. Physiol. La digestion, qui a pour but final l'assimilation, comprend les actes qui s'accomplissent depuis l'ingestion des aliments jusqu'à, leur passage dans le sang ot le chyle.
Les phénomènes de la digestion sont des actes mécaniques ot chimiques.
Les actes mécaniques sont : la préhension des aliments, la mastication, la déi/lutition. Puis les aliments sont brassés par l'estomac on un mouvement circulaire qui, partant du cardia, leur fait parcourir le grand cul-do-sac, la crando courbure, pour revenir par la petite courbure. Dans Fintestin, les aliments progressent par suite dos contractions péristaltiques. Enfin, les résidus alimentaires sont expulsés au dehors par la défécation.
Les phénomènes cnimi(|ues do la digestion varient avec les sucs digestifs agissant sur lo bol alimoutairo.
La salive, oulro qu'elle favorise la déglutition, dissout les parties solubles dos aliments ainsi quo certaines substances ulbuminoïdes, mais surtout transforme l'amidon et la substance glycogèno en glycoso.
Lo suc gastrlifur transforme les matières albuminnïdes nt azoté(^s en pepttmrs, corps facilement soiublos. Il est sans action sur les tissus élastiques, cornés, et la colluloso (sauf chei les ruminants). Par son acide chlorhydriquo.
DIGESTE — DIGGES
il dissont les carbonates ot les phosphates. Il n'agit pas sur los graisses.
Le suc pancréatique agit sur les albuminoïdes, en donnant dos poptones do la leucino, de la tyrosine, etc. ; sur les féculents, on los transformant en glycoso; sur los graisses, en les émulsionnant ot les saponifiant.
Lo suc entérique a pou d'action, saut sur les féculents qu'il saccharifie. La bUe émulsionne los graisses, s'opposo aux fermentations intestinales.
Di(/estion artificielle. La chimie de la digestion a été étudiée artificiellement; c'est-à-dire quo les aliments ont été mis en contact avec du suc gastrique, pancréatique, de la bile, obtenus d'animaux vivants par des fistules. La digestion artitîciollo ne dili'ère pas do la digestion naturelle et a permis d'étudier les ditférenis phénomènes chimiques do la digestion.
-~ Pliysiol. végét. Les phénomènes de digestion végétale consistent essentiellement à rendre assimilable l'aliment do la plante. Certains organes sécrètent un liquide capable de dissoudre les particules solides et de los rendre absorbablos : la racine attaque le calcaire; les organes actifs des plantes carnivores digèrent le corps des insectes captures. Mais, lo plus souvent, c'est à l'intérieur même du corps de la plante et aux dépens des matériaux mis en réserve par elle quo s'exercent ses facultés digestives ; ces matériaux (amidon, corps gras, inuline, saccharose) sont attaqués par des diastases, qui les transforment en produits assimilables.
A l'intérieur do la graine on germination, on dit quo la digestion est intei-ne lorsque la diasiase est produite par la cellule môme qui contient la matière de réserve (graines exalbuminées ou graines albuminées à réserve oléagineuse); elle est externe lorsque la diastase est produite par une cellule difiTérente do celle qui contient la réserve (graines albuminées à réserve amylacée).
— Biol. Digestion intracellulaire. Un certain nombre d'animaux et de végétaux inférieurs se nourrissent uniquement par osmose (digestion extracellulaire). Beaucoup d'êtres unicellulaires sont capables d'englober dans leur propre substance des corps solides alimentaires [digestion intracellulaire). Dans certains cas {gromie, rhizopodes réticulés), le corps alimentaire baigne dans le protoplasma de l'animal qui l'a ingéré et s'y dissout. Dans d'autres cas (amibe, rkizopodes lobés, infusoires ciliés), le corps alimentaire est englobé on même temps qu'une goutte d'eau, et la goutte forme une vacuole au sein du protoplasma; cette vacuole so remplit en peu de temps d'un suc acide qui dissout les aliments albuminoïdes, modifie les féculents. Les liquides résultant de cette digestion intracellulaire passent ensuite dans le protoplasma et servent à sa nutrition.
— Pharm. L'opération quo les pharmaciens et les fabricants de produits chimiques nomment digestion consiste i laisser les corps baigner dans un liquide maintenu à une température généralement supérieure à celle de l'atmosphère, et qui change avec la nature du corps ot celle du liquide. Ce dernier, séparé des matières solides, après la digestion, se nomme digestujn ou digeste. Si le liquide dans lequel on fait digérer la substance est volatil, on opère dans des appareils distillatoiros qui ramènent dans le digesteur lo liquide provenant de la condensation des vapeurs.
La digestion diffère de la macération et de la décoction par la température à laquelle les solides et les liquides mélangés sont maintenus en contact. Depuis quelques années, on se sert, dans l'industrie, de chaudières formées de toutes parts, dans lestjuelles les mélanges sont portés à des températures élevées. Ces appareils ont reçu los noms de cttaudicres autoclaves, digcsteui's de Papin, digesteurs à soupapes, etc.
La digestion est usitée pour la préparation deshnilesmédiciuales ot d'autres médicaments auxquels los corps gras servent de véhicule. Les parfumeurs s'en servent pour fabriquer un grand nombre d'extraits de fleurs odoriférantes.
— Art vétér. La digestion, en général, se fait chez les animaux comme chez l'homme ; elle en difi'ère seulement par les appareils dans lesquels elle s'opère. L'appareil digestif du porc est celui qui se rapproche lo plus do celui de l'homme; il n'y a môme pas do différences bien marquées. Celui du cheval est simple, comme lo précédent ; mais, comme chez tous les horbivoros, l'intestin est beaucoup jdus long, et certaines do ses parties, comme le ciecumet le côlon, beaucoup plus volumineuses ; il lo fallait, les principes nutritifs étant ydus disséminés et on moins grande (luantité dans les végétaux dont se nourrit lo cheval que dans les aliments variés dont so nourrit lo porc, qui est omnivore.
Le chion a los organes digestifs simples comme lo porc, et sa digestion est analogue.
Chez lo bœuf, l'estomac ost très complexe et immense. Chez la chèvre ot lo mouton, l'appareil digestif est constitué comme chez lo bœuf, et ces animaux à quadruple estomac sont appelés « ruminants u. V. uuminant.
Los oiseaux ont l'estomac presque aussi comploxo que les ruminants, et, cependant, ils no ruminent pas et ils n'ont \nxs do dents. V. oishau.
DIGGER [di-gheur — niotangl. qui signifie fouilleur) n. m. Nom, en Australie, des travailleurs qui suivent les prospecteurs, cherchant ipiolques pépites d'or oubliées dans dos terrains déjà lavés avec soin par ces derniers.
DiGGES (Léonard), mathématicien anglais, né dans lo comté de Kout, mort vers 1571. Ou a do lui : Tectonicum enseignant ctt peu de temps le mesurage exact et le calcul expéditif de toutes sortes de terrains, places publiques, arbres, pierres, clochers, etc. (1556); Pantomctria. traité de géométrie pratique (ISUl), ot Prognostication perpétuelle ou Choix de régies pour déterminer le temps au moyen du soleil, de la lune et des étoiles (1555).
DiGGES (Thomas), mort en 1595, flls du précédent, inspecteur des contrôles dos troupes anglaises envoyées par Elisabeth au secours dos Pays-Bas. î>igges écrivit aussi plusieurs ouvrages sur les sciences; lo plus important a été suscité, en 1572. par l'apparition d'une éioilo duos la constellation do Cassiopée. son titre est: ALv seu ScalM mathematicv (l57a). et il a pour objet principal la déloruiination dos parallaxes.
DiGOES (sir Dudloy), homme politique et magistrat anglais, né en 15SLI, mort en Ui39. Il étudia le droit, fut amhassadeur en Kussio en lOlS, devint meiiibro du parlement en itJSl . so rangea parmi les adversaires do Buckingham, fut, pour co motif, emprisonné à plusieurs
DIGH — DIGNITAIRE
reprises, et soutint, en toute circonstance, les droits de la nation. En 1636, il fut nommé maître des rôles, fonctions qu'il exerça jusqu'à sa mort. On a de lui : Défense du commerce (16l5); Discours sur les droits et les pinvilèyes du sujet (1628). — Son fils, Dudi^y Digges, aé en 1613, mort en 1643. Royaliste ardent, il défendit le roi Charles I" par de nombreux écrits, dont un très populaire : Illégitimité de la rébellion des sujets contre leur souverai/i (1643).
DiGH OU DiG, ou Deeg, ville de l'Inde anglaise, dans la principauté tributaire de Bhartpour (nord-ouest de l'Inde); 20.000 hab. On cite son palais, une merveille du xvii* siècle. Digti joua un rôle militaire important dans les guerres du commencement du xix' siècle.
DIGITAIRE n. f. Bot. Syn. de panic et de cynodon.
DIGITAL, ALE, AUX {ji — lat. digitalis ; de diyilus, doigt) adj. Qui appartient aux doigts : Artèj^es digitales. Veines DiGiTALtis. Nerfs digitaux.
— Qui a la forme d'un doigt, ii Itnpressions digitales, Légères dépressions de la faco interne des os du crâne.
Il Cavité digitale, Diverticule en doigt de gant du ventricule latéral, qui pénètre dans le lobe postérieur du cerveau. Il Appendices digitaux. Sortes de renflements, en forme de doigt de gant, que présente la tunique séreuse du gros intestin. Syn. appendicks épiploïgues.
DIGITAL {ji) n. m. Champignon en forme de doigt. (PI. Des DIGITAUX.) Il Digital blanc. Nom vulgaire de\a.clavaria pistillaris.
DIGITALATE [ji] n. m. Sel dérivantde l'acide digitalique.
DIGITALE iji — du lat. digitus, doigt) n. f. Bot. Genre de plantes, de la famille des scrofularinées.
— Ichtyol. Nom vulgaire des jeunes saumons.
— Zooph. Nom spécitique dune vorticelle. Il Grosse pointe d oursin fossile, qui ressemble à un dé à coudre.
— Encycl. Bot. Les digitales ont une corolle tubnleuse à deux lèvres très courtes et obtuses: leur fruit est une capsule septicide, dont les deux valves s'écartent en laissant au milieu les placentas couverts de graines à albumen charnu ; leurs feuilles sont alternes simples et sans stipules. On en distingue environ dix-huit espèces, la plupart européennes. La plus connue est la digitale pourprée (digitalis purpurea), dite gant de Notre-Dame, doigt de la Vierge, qantelée, doigtier, etc., à cause àe la forme de sa corolle, pourpre extérieurement, rose pâle à l'intérieur , avec des taches noirâtres. C'est une plante bisannuelle ou vivace, pouvant atteindre 1 mètre de haut, qu'on cultive souvent dans les jardins pour l'ornement, à cause de ses longues grappes, terminales et unilatérales, de belles fleurs pourprées, et qui habite naturellement les terrains siliceux de l'Europe, jusqu'au 62° de latitude N. Elle contient un
firincipe actif, amer et toxique, a digitaline. Citons encore : la digitale jaune [digitalis httea), originaire des Alpes; la digitale Touillée {digitalis ferruginea) ; la digitalis lanata, à fleurs poilues, originaire de Hongrie.
— Art vétér. La digitale est rarement employée dans la médecine des animaux, chez qui les maladies de cœur sont rares.
Comme puissant diurétique, on s'est bien trouvé, dans des cas de rhumatismes aouloureux du chien, torticolis rhumatismal, de l'emploi de la digitaline d'HomoUe et Quevenne, à la dose de 2 à 3 milligrammes par jour.
DIGITALE, ÉE (ji) adj. Qui ressemble à une digitale.
DIGITALÉATE {ji) n. m. Sel dérivant de l'acide digitaléifjue.
DIGITALÉINE n. f. Chim. V. DIGITALINE.
DIGITALÉIQUE {ji, lé-ik') adj. Se dit d'un acide extrait des feuilles de digitale, cristallisant en aiguilles vertes peu solubles dans l'eau, très solubles dans l'alcool.
DIGITALIFORME (ji — du lat. digitus, doigt, et de forme) adj. Qui a la forme d'un doigt.
DIGITALINE [ji] n. f. Chim. Nom générique sous lequel on désigne plusieurs composés actifs, extraits de la digitale pourprée.
— Zool. Genre d'infusoires.
— Enctci.. Chim. Certains principes extraits de la digitale sont utilisés en thérapcutifiue sous le nom de digitaline. Ce sont, d'après les travaux de Schmiedeberg, Kiliani et Arnaud : l" la digitaline cristallisée ou digitoxine, physiologiquement très active, se présentant en une masse incolore do fines aiguilles fusibles à 240». (Très amère, elle est insoluble dans^'eau, soluble dans l'alcool; de constitution chimique indéterminée, on lui attribue la formule C"H"0'); 2" une série do glucosides, parmi lesquels : la digitaline amorphe, soluble dans l'eau, presque insoluble dans le chloroforme, dédoublablo en un sucre réducteur et en une résine, la digitalirésine; la digitaléine, très soluble dans l'eau et l'alcool (ces deux glucosides ont un pouvoir toxiouo beaucoup plus faible que celui de la digitaline cristallisée) ; la digitonine, sans action physiologique bien déterminée, très abondante dans la digitale, et cristallisée ; elle est soluble dans l'eau, et les acides la dédoublent en doux sucres, la dextrose et la galactose, et en un composé cristallin, la digitofjénine, qui, oxydée, donne naissanco aux acides digitique, digitogénique et oœydigitogénique.
Les digitalines commerciales contiennent les précédentes espèces chimiques en proportions variables ; par la nature complexe du mélange, les fraudes sont difficiles à déceler; les principales digitalines employées sont :
I. La, digitaline française amorphe, prAp^rée ea 18M par Homollo et Quiîvenne, en épuisant les feuilles de digitale
Far l'eau ; poudre blanche, très amère, pou soluble dans eau, très soluble dans l'alcool, c'est uo mélange de digitoxine ot de digitogénine ;
Digitale pourprée.
IL La digitaline française cristallisée de Nativelle (1868), extraite des résidus de l'épuisement aqueux du végétal, épuisés cette fois par l'alcool; c'est de la digitoxine presque pure; sous cette forme, la digitaline est la plus active: 20 kilogrammes de feuilles sèches en fournissent de 2 à 3 grammes;
IIL La digitaline allemande de Merck, préparée en extrayant les glucosides de la digitale par l'eau. Elle est peu active : elle contient jusqu'à 60 pour 100 de digitonine mélangée de digitaléine : c'est une poudre amorphe, soluble dans l'eau, presque insoluble dans le chloroforme. Le codex frani;ais n'admet que les digitaUnes solubles dans le chloroforme.
La digitaline est un toxique violent, qui arrôle les mouvements du cœur ; c'est un poison musculaire occasionnant rapidement la mort, par suite de perturbations nerveuses et respiratoires; on ne doit l'administrer que par doses infimes, dixièmes de milligrammes, et pendant quelques jours seulement. On l'utilise avec succès dans les troubles cardiaques, la pneumonie, l'asthme nerveux et comme diurétique contre l'hydropisie.
DIGITALIQUE (,;/. li/c') adj. Se dit d'un acide extrait des feuillos de digitale, et se présentant sous forme d'aiguilles solubles dans l'eau.
DIGITALIRÉSINE n. f. Chim. V. DIGITALINE.
DIGITALISATION (ji. si-on) n. f. Action d'introduire dans l'organisme de la digitale.
DIGITALISER [ji) V. a. Introduire de la digitale dans l'urganisiue.
DIGITALOSMINE {ji, smiii') n. f. Chim. Principe odorant de la digitale pourprée et de la digitale jaune.
DIGITATION {ji, si-on ~ du lat. digitus, doigt) n. f. Anat. Division des muscles on forme de doigts, il Marque analogue à l'impression laissée par des doigts.
— Bot. Découpure des feuilles digitées.
DIGITÉ, ÉE {ji) adj. En T. d'hist. nat., Qui est en prolongements divergents ou parallèles rappelant les doigts de la main : Feuille digitéiî. Coquille digitée. Certains insectes ont l'extrémité des tibias digitêk.
DIGITIFÈRE {ji ~ du lat. digitus, doigt, et ferre, porter) adj. Qui porte un doigt, (^ui est terminé par un doigt.
DIGITIFOLIÉ, ÉE {ji — du lat. ditjitus, doigt, ot foliuni, feuille) adj. En T. de bot., Se dit des plantes dont les feuilles sont digitées.
DIGITIFORME {ji — du lat. digitus, doigt, et de forme) adj. En T. d'hist. nat., Qui a la forme d'un doigt.
DIGITIGRADE (./( — du lat. digitus. doigt, et gradi, marcher) adj. Qui marche sur ses orteils sans poser à terre la plante des pieds. (Se dit en parlant des mammifères) : Les chats sont digitigrades, tandis que les ours sont plan- TiGRADiis. Il En tant que division des carnassiers, le terme digitigrades, pris substantivement, a été supprimé.
DIGITINE {ji) n. f. Chim. Corps neutre non azoté, sans action physiologique, contenu à l'état de traces dans la digitale.
DIGITINERVE {ji, nèrv' — du lat. digitus, doigt, et nervus, nerf) adj. Se dit dos feuilles qui ont les nervures disposées comme les doigts de la main : Les feuilles du pifitane so7it digitinebves. [i On dit aussi digitinervè, ée.
DIGITATE (,/(■) n. m. Sel dérivant do l'acide digitiquo.
DIGITIPENNÉ, ÉE {ji, pèn — do digité, et penné) adj. Se dit des feuilles digitées, dont chaque pétiole principal est terminé par des pétioles secondaires qui portent les folioles, comme dans les mimosas. Il On dit aussi digiti-