‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 706 sur 870 · DIOGÈNE · texte numérisé non relu

DIOGÈNE

DiocléticD (buste du Capitole).

moyennes proportionDcUes entre deux droites données, au moyen d'une courbe qu'on nomma plus tard cissoide.

DIOCLETIEN, ENNE {siin, en) ailj. Qui se rapporte à Diûclétieu ou à son règne : Persécution dioclétiknne.

DIOCLETIEN (Caius Valerius JoviusDiocletianus), empereur romain, né en 245, près de Salonc, en Dalmatie, mort dans cette ville en 313. Fils d"un affranchi, il servit d'abord dans une légion. SacarrièresodessîuesousProbus, puis sous Aurélien, <jui lui donne le consulat. A la mort de Numérien, assassiné par son beau-père Arrius Aper, il était chef des domestiques (cojnes dômes ticortan). Apcr, loin d'être proclamé empereur, fut arrêté par les soldats, qui choisirent Dioclétlen (2S4). Celui-ci attesta le soleil qu'il était étranger au meurtre de Numérien et perça Aper de son épée. Cependant, Carinus, aussi détesté que l'avait été son frère Numérien, régnait à Rome.

Dioclétien envoya contre lui des troupes, qui furent battues. Maïs Carinus fut tué par ses propres soldats. Dioclétien, resté seul maître de l'empire, montra, dans la victoire, une grande modération.

Ayant compris que l'activité d'un seul homme ne suffisait plus à assurer l'ordre dans l'empire, il s'adjoignit comme collègue Masimien, soldat frossier, mais bravo et dèle (486). Dioclétien prit le surnom de Jovien, Maximien celui à'Hercule. Ce dernier se rendit aussitôt en Gaule, pour réprimer la terrible sédition des Bagaudes, paysans révoltés. Là, donnant carrière à la dureté de son caractère, il fit massacrer la légion Thébaine, composée de chrétiens commandés par saint Maurice, parce qu'elle refusait de l'associer à ses sacrifices. Rome ne paraissant plus assez près des frontières, deux nouvelles capitales furent choisies : Milan, d'où l'on surveillait les Alpes, Nicomédie, à proximité de la frontière perse. Quelques années plus tard, Dioclétien créa en outre deux Césars, qui furent comme les lieutenants des Augustes (292). Ce fut la tAtrarcliie, et l'empire fut ainsi divisé : 1" Dioclétien (Auguste) eut la Thrace, l'Egypte, l'Asie, avec Nicomédie pour résidence; Galère, son César , eut l'Illyrie , les possessions du Danube , l'Achaïe, et résida à Sirmium ; %" Maximien (Auguste) eut l'Italie, la Sicile, l'Afrique, avec ^^^îî^

résidence à Mi- /^jt^'- ap- -y> 4i:=^/iA-^-\>

lan; son César, ^ M^^ i A /^ }^V tÀ Constance Chlore, eut la Gaule, l'Espagne, et résida à Trêves.

Ce gouvernement fonctionna en parfaite harmonie, sous la haute influence

de Dioclétien. L'ordre fut rétabli à l'intérieur; à l'extérieur, l'empire fut restauré dans ses frontières. Une paix glorieuse, et qui devait durer quarante ans, fut conclue avec les Perses (297). En 304, les deux Augustes, Maximien et Dioclétien, venaient à Rome célébrer le triomphe le plus brillant et le plus mérité. C'était la dernière fête de ce genre à laquelle Rome dût assister. En 298, fut commencée la construction de toute une série de forteresses aux frontières. Les dernières années du règne de Dioclétien sont obscurcies par Tune des plus violentes persécutions qu'aient subies les chrétiens (303-311).

Dioclétien, âgé de soixante ans, las du pouvoir (305), se retira à Salone, où il vécut comme un sage, en cultivant son jardin. Il mourut en 313.

DiocLlDE d'Abdère, ingénieur grec du iv<^ siècle avant notre ère. Il fut, au dire d'Athénée, l'inventeur de la fameuse machine de guerre connue sous le nom d'hé- Iffpole , que Démétrios Poliorcète employa au siège de Rhodes, et qui fut construite par Epimaque.

DIOCTAÈDRE {du préf. rfi, et du gr. oh'lô, huit, et édra, base, face, adj. Cristall. Dont les faces sont combinées en deux octaèdres différents.

DIOCTONAL, ALE, AUX adj. Cristall. Dont les faces déterminent deux octaèdres de forme ditférente.

DIOCTRIA n. f. Genre d'insectes diptères brachycères tanystomes, famille des asilidés, tribu des dasypogôninés, comprenant des formes à antennes assez long^ues dressées sur une saillie, à abdomen allongé et grêle, à pattes velues en dedans. (Les rfiocïrm sont de fortes mouches carnassières, dont on connaît une vingtaine d'espèces, propres à l'Europe.)

DIOCTYL. Chim. Préfixe qui, placé devant un nom, forme le nom d'un composé qui n'est autre que le corpslui-mômeoù deux groupes uciylcs ont remplacé deux groupes monoatomiques.

DIOCTYLACÉTATE {sé) D. m. Soi dérivant de l'acide dioctylacétique,

DIOCTYLACÉTIQUE (sé-tik') adj. So dit d'un acide (C*ïr-)*CU-CO'H, homologue de l'acide acétique, dont il diffère par la substitution de deux acétyles ù. deux atomes d'hydrogène. Syn. i.so8tkariquk.

DIOCTYLGARfiINOL n. m. Compo-sé (C«H'')'CH(On), résultant de l'hydrogénation de la dioctylcotonc. Syn.

NONAnKCANOI,.

DIOCTYLCÉTONE {sé} n.f. Acétone (C'IP j'CO, obtenue en chautîant l'acide nonylique avec l'anhydride phosphorique. Syn. nonylone.

Monnaie de Dioclétien.

Dioctria (gr. 3 foie).

DIOCTYLE n. m. Hydrocarbure paraflinique formé de deux ootyles. Syn. de hexadécank.

— E.NcvcL. Les dioctyles C"H" peuvent être extrêmement nombreux. Le dioctyle normal CH^(CH*)'*-CH* fond ù 1-1", bout vers 279».

DiODATI (Jean), théologien protestant suisse, d'origine italienne, né à Genève en 1576, mort en 1649. En collaboration avec Le Clerc, il écrivit une préface à la confession de foi de Cyrille Lucar, patriarche de l'Eglise grecque de Constantinople, qui était le correspondant des chefs de la Réforme, et s'efforçait de greffer sur la communion grecque les idées luthériennes et même calvinistes. En 1645, Diodati abandonna le professorat. Il a publié un certain nombre d'ouvrages, dont des traductions en italien ou en français de livres de la Bible.

DiODATI (Domenico), archéologue italien, né à Naples en 1736, mort en 1801. Il s'est surtout fait connaître par un livre intitulé De Christo grœce logiiente ecrercitatio (1767), dans lequel il prétend que le grec était la langue naturelle de Jésus-Christ et do ses apôtres. Citons encore de lui ; Illustrazioni délie monele nominale iielle Jiostre constituzioni (1788), et un Traité sur le prêt à intérêt (1796).

DIODE (du gr. diodéia, passage) n. m.

Bot. Nom donné aux spores de passage que produit, chez les floridces, les mousses, les cryptogames vasculaires, l'organisme asexué provenant de la germination de l'œuf.

DIODESME ou DIODESMA [dèss] n. m.

Genre d'insectes coléoptères clavicornes, famille des colydîidés, tribu des orthocérinés, comprenant une petite espèce courte, grise, qui vit dans les souches do hêtre. (Un diodesma à élytres striés et crénelés, habite l'Europe centrale et méridionale.)

DIODIE ou DIODIA n. f. Genre de plantes, de la famille des rubiacées, dont l'espèce type croît dans l'Amérique centrale.

DIODON n. m. Ornith. Faucon à bec bidenté.

— Ichtyol. Genre de poissons plectognathes gymnodontes, famille des tétrodontidés. comprenant des formes arrondies, couvertes d'épines érectiles, dont on cunnait une vingtaine d'espèces habitant les mers chaudes du globe.

— Mamm. Sorte de cétacé, dit aussi deux-

DKNTS.

— Enctcl. Ichtyol.

Les diodo7is, vulgairement appelés orbes épi- Diodon.

ncux ou hérissons de

mer, sont de taille médiocre ; ils sont caractérisés par leurs mâchoires armées d'une plaque osseuse qui forme un véritable bec tranchant. Se nourrissant de mollusques et de coraux, ils ne sont pas comestibles, et leur chair est souvent toxique. Comme tous les tétrodontidés. les diodons peuvent se gonfler à volonté en remplissant d'air leur œsophage muni d'une poche. Le diodon histryx, fauve ou roux taché de brun, atteint jusqu'à 50 centimètres; il est commun sous les tropiques.

DIODONCÉPHALE [sé — du préf. di, et du gr. odoits. ontus, dont, et kèphalè, tête) adj. Tératol. Qui a deux rangées paralUdos do dents : Monstre diodoncéphale.

— n. m. Monstre qui a deux rangées de dents.

DIODONTE n. m. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, famille des ténébrionidés, comprenant des formes courtes, arrondies et rugueuses, voisines des erodius, dont elles ont le port et les mœurs. {Les diodon tes sont de petite taille et habitent les régions arides du Sénégal et du Cap ; on en connaît quatre espèces.)

SlODORE de Sinope, poète comique grec (iv" s. av. J.-C). Il appartenait â la comédie moyenne. Nous connaissons les titres et quelques fragments de ses pièces : la Joueuse de flûte, les Panégyristes, l'Héritière.

DiODORE le Périégète, historien grec, qui vivait vers la fin du iv* siècle avant notre ère. II habita Athènes et fut l'ami du rhéteur Anaximène. Il nous reste des fragments de deux doses ouvrages sur les Dèmes de l'Attique et sur les Mo7iU7iïents. Ces ouvrages, fort importants pour la topographie de l'Attique, ont été souvent mis à contribution par les lexicographes byzantins.

DlODORE d^Aspendos, philosophe grec, qui vécut au m'' siècle av. J.-C. Il était disciple du pythagoricien Arésas et essaya d'introduire le costume cynique dans les babitudes de la vie pythagoricienne.

DlODORE Cronos, philosophe grec, un des grands dialecticiens de l'école de Mégare, nô à lasos (Carie), mort vers 296 avant J.-C. C'est à tort qu'on lui a attribué les sophismes connus dans l'histoire deVécole de Mégare, sous les titres du Voilé et du Cornu, et qui appartiennent à Eubolide. Sa dialectique s'est exercée sur 1 idée du possible et sur les conditions de légitimité du jugement conditionnel. Il niait la possibilité du mouvement, avec les éléates. et professait sur la question de la nature des choses un atomisme renouvelé de Déniocrito.

DlODORE de Tyr, philosophe grec, qui vivait vers 110 av. J.-C. Il devint, après son maître Critolaos, chef do l'école péripatéticienne d'Athènes. Il n'a laissé aucun ouvrage. Il semble avoir été assez indépendant. En morale, il s'éloignait d'Aristote et so rapprochait d'Epicure, iMi ajoutant à la vertu, comme condition de la félicité, l'absence de douleur.

DlODORE de Sicile, historien grec de la fin du i" siècle av. J.-C, contemporain de César et d'Auguste. II était né à Agyrion, en Sicile. Il tit de longs voyages en Euro))o et en Asie, séjourna longtenii)s à Rome, et travailla pendant trente ans à une ïiihliothèque historique, dont nous possédons des fragments considérables. C'est une histoire universollo, qui s'étendait depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'an 60 avant Jésus-Christ. Diodoroest un historien <-onsciencieux, qui a utilisé les recherches do tous ses prédécesseurs grecs et romains ; c'est un écrivain inégal, mais assez clair. Malgré son extraordinaire crédulité, et son manque do sens critique, il fournit do nombreux et précieux renseignements.

DlODORE de Sardes, poète grec du i" siècle avant notre ère. Nous possédons de lui quelques épigrammes.

DlODORE (saint), martyr, mort vers 257. Il faisait partie d'une assemblée de chrétiens, que les païens surprireut dans la catacombe dos saiuts Crysanthe et Darie, près de Rome. L'entrée du souterrain fut murée par ordre de l'empereur Valérien , et les chrétiens périrent étoufl'és. Leurs restes furent retrouvés et transportés à Rome, en 886, sous le pape Etienne yi. — Fête le 25 octobre.

DlODORE d^Antioche, évoque de Tarse et écrivain ecclésiastique, qui mourut vers 390. Moine, puis archimandrite d'un couvent d'Antioche, il soutint le patriarche Mélétius, persécuté par l'empereur Valons. Elu évoque do Tarse en 378, il assista, en 381, au premier concile de Constantinople. Diodore avait composé beaucoup d'ouvrages estimés des anciens; le texte grec est perdu : il en existe des traductions en langue syriaque.

DlODORE, jurisconsulte byzantin du v" siècle. Il fit partie de la commission nommée, en 435, par Théodose II pour hâter l'œuvre commencée, en 429, de la rédaction du Code théodosien. 11 était magister scriniorum et avait rang de comte.

DiODOTE, orateur athénien, qui a attaché son nom à l'un des épisodes de la guerre du Péloponèse. En 427 avant notre ère, l'ile de Lesbos rompit son alliance avec Athènes et demanda du secours aux Spartiates. Peu de temps après, une armée athénienne s'empara de Mitylène, capitale de l'île. Le peujile athénien, dans un premier élan do colère, rendit un décret de mort contre tous les Mityléniens. Une galère partit sur-le-champ pour porter ce décret à l'amiral Pachès. gui devait le faire exécuter. Mais Diodote parvint à faire rapporter le décret. Une seconde galère fut expédiée, et parvint à empêcher le massacre.

DiODOTE I" ou ThÉODOTE, roi de Bactriano vers le milieu du m" siècle avant notre ère. Il était gouverneur de cette contrée pour le roi de Syrie, lorsque, vers 256, il se déclara indépendant, et fonda une monarchie qui dura environ cent cinquante ans. — Diodote H, roi de Bactriane, fils du précédent, auquel il succéda vers 240 av. J.-C, fit alliance avec Tiridate, roi des Parthes, et contribua à la défaite du roi de Syrie, Seleucos Callinicos.

DICECETE {é-sét' — du gr. dia, sur, et oikia, maison) n. m. Antiq. gr. Intendant, économe, trésorier, ii intendant du trésor, dans les monarchies grecques d'Orient, ii Gouverneur de province.

DICECIE {ê'sl — rad. dioique) n. f. Etat d'une plante dioïque. il Classe de Linné, renfermant les plantes phanérogames dioïques. Ex. : saule, dattier.

— Encycl. La diœcie rend absolument nécessaire la fécondation croisée; la difficulté que présente ce mode particulier est compensée généralement par la profusion du pollen que fournissent les pieds mâles.

DIOGDOÈDRE (du préf. di, et du gr. ogdoos, huitième, et édra, base, face} n. m. Cristal formé de deux pyramides à bases carrées, dont les faces sont symétriquement inclinées sur la base.

DIOGDOÉDRIE [drî) n. f. Caractère d'un diogdoèdre.

DIOGDOÉDRIQUE {drik') adj. Qui a le caractère dos diogdoèdres : Cnstaux diogdoédriqdks.

DlOGÈNE d*Apollonie, né à Apollonie, en Crète, au commencement du v« siècle avant Jésus-Christ, disciple d'Anaximène. C'est un de ces premiers philosophes qui cherchèrent une explication rationnelle de toutes choses en dehors de la religion de la cité. Cette explication, l'écolo ionienne, dont il était, la cherchait dans l'un ou l'autre des " éléments " (eau, air, feu), et Diogène pensait la trouver dans l'air. Sa doctrine peut être justement qualifiée, non de matérialisme, mais de panthéisme naturaliste; car, pour lui, malgré la diversité de ses manifestations ou de ses dons, ce principe unique est intinî, éternel, immense, tout-puissant, tout connaissant, ayant disposé tout avec une beauté parfaite. Diogène d'ApoUonie avait écrit un livre ; De la nature, titre fréquent alors; nous ne le connaissons que par des citations qu'en ont faites Aristoto, Simplicius, Diogène Laërte.

Diogène de Sinope ou le Cynique, né à Sinope, sur le Pont-Euxin, vers 413 av. J.-C, phuosopho célèbre par son tonneau (devenu son unique logis), par sa besace et son bâton, par son écuclle, qu'il jeta comme superflue àl'aspect d'un enfant qui buvait dans le creux de sa main; par cette lanterne avec laquelle il cherchait un homme en plein midi; par sa réfutation péremptoire de Zenon, que l'on trouvera exposée plus loin ; par sa réponse à Alexandre le Grand : « Ce que je veux de toi '? Que tu t'ôtes de mou soleil ! »

Diogène, sectateur d'Antisthène, était l'ennemi des philosophes s p é c ul a t i f s .

Zenon d'Elée s efforçait de prouver par les arguments les plus subtils l'impossibilité du mouvement : Diogène se présentait à lui et marchait. On sait aussi qu'il embarrassa plus d'une fois Platon lui-même. Celui-ci avait défini l'honmie : " un animal à deux pieds, sans plumes. " Diogène Un jeta, en présence de ses auditeurs, un coq plumé, en s'écriant ; » Voilà l'homme do Platon » !

Ennemi des métaphysiciens, il était aussi l'ennemi de la religion de son pays et de ceux qui la représentaient; il excluait mémo l'idée d'un Dieu, comme incertaine et inutile. Il so montra aussi l'adversaire des distinctions entre les cités, des préjugés, des artifices, en un mot de tout ce que l'homme avait ajouté ot ajoutait à la jmro nature. Il mordait qui lui déplaisait et aifectait do tout se permettre publiquement, disant que t'o qui n'est pas mal en soi doit pouvoir so faire dans la rue comme dans la maison. Toutefois, s'il était l'otinemi de l'art et du luxe, il n'était point l'cnnonii du travail; et, s'il bravait toutes les opinions, il l)ravait aussi la fatigue, le froid, le chaud, les privations. Devenu esclave, après avoir été pris et vendu à Corinthe par

Diogène daus son tonneau, d'après une peinture antique.

(les pirates, il dédaigna do so faire racheter, et il éleva, dit-un, fortement les deux tils do son maître Xéiiiado qui, do son côté, l'estima, l'aima et linaloment ralîVanchit, Sou caractôro était un bizarre mélan^'e do Ilnosso et de ^grossièreté, de bon sons et d'al)snrde révolte, do simplii-'itô et d'orgueil, d'austérité souvent affectée d'abandon complot aux instincts do la nature animale.

~ Iconogr. Los busios antiques de Diogôno qui sont parvenus jusqu'à nous (musées du Vatican, du CapUûle, du Louvre) n'ont pas co caractère do vulgarité ot de rudosso quo la plupart dos artistes modernes se sont plu a doiuier à sa physionomie. Winekelmanu a publié un bas-relief antique on marbre do la villaAlbani.qui roprôsonte l'entrevuo de Diogône et d'Alexandre. La scène a été figurée par P. Puget. (V. Alexan- DRR.) On cito encore : Dioçfène cherchant un homme (Louvro), peinture attribuée par les uns à Rubens et par d'autres ù-Iordaens; une pointure autlioiitiipie de ce dernier (Dresde), qui nous monlio lo philosoplie entièrement nu, ayant ù la main sa lanterne et cherchant un hommo on plein marché; un tableau de Jean Steen sur le même sujet; une ligure à mi-corps de Diogrnc tenant $a Umlerne, par Ribora (Dresde) ; un Diogihie avec sa lanterne (Dresde), par Adrien Van dor Werff. Abraham bloomaort a peint Diogèno montrant à sos disciples un coq plumé, et leur disant : M Voilà l'homme de Platon !

[Munich]. Le Diogène jetant son écuelh . tableau du Poussin, est au musée du Louvre. Le philosophe cynique s'e^I arrêté pour boire à une source. Il tenait à la main une écuelle, mais il l'a jetée en voyant un jeune paysan qui s'est accroupi pour boire dans le creux de sa main. Joaurat a également au Louvro un Dicgène brisant son i-cucUe. Des toiles de Salvator Kosa (à l'Ermitage), Karcl Dujardin (à Dresde) représentent le même sujet.

Diogène (Antonios), romancier grec, de l'époque alexandrine. Il avait composé : les Choses incroyables qu on voit au delà de Thulé, roman en vingt-quatre livres, où des descriptions géographiques, exactes ou do fantaisie, encadraient une idylle et un récit d'aventures. Ce roman est perdu, mais Photios nous en a conservé une analyse et des fragments.

Diogène de Babylone, philosophe stoïcien, né à Séloucie, près de Babylone. Il vivait au ir siècle avant notre ère. Il se rendit à Athènes, où il étudia la pliilosophie sous Chrysippe et Zenon de Tarse; les Athéniens l'envoyèrent, avec Critolaos et Carnéade, en ambassade à Rome, au sujet de la ville d'Orope. Pendant son séjour dans cette ville, Diogène enseigna, avec succès, la dialectique.

DlOGÈNEd'Athènes,sculpteurgrec,auquel sont attribués les cariatides et le fronton du Panthéon d'Agrippa, exécutés vingt-cinq ans avant notre ère.

Diogène Laërce ou de Laërte, philosophe et historien {j;roc, né à Laérte, en Ciiicie, probablement dans la première moitié du iii' siècle do notre ère. Il est l'auteur d'un ouvrage intitulé : Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, en dix livres. Dans son X" livre, l'auteur parle avec complaisance des épicuriens, ce qui a fait supposer qu'il était lui-même épicurien. L'ouvrage était dédié à une dame platonicienne, sans doute Arria, l'amie du médecin Galion. C'est une compilation sans critique et assez confuse, où les bio^aphies ot les anecdotes se suivent un peu au hasard. Mais Diogène Laorce avait entre les mains une foule d'ouvrages qui sont aujourd'hui perdus; il cito des fragments dos philosophes, même des documents authentiques, comme le testament et les lettres d'Epicuro : il nous apprend beaucoup de détails biographiques. Aussi son livre, malgré le peu de valeur littéraire, est-il infiniment précieux pour l'étude des écoles philosophiques groc- Ques. Diogène Laërce parle souvent d'un recueil ae poésies diverses qu'il avait composé.

Diogène (Romain), empereur d'Orient. V. Romain IV.

DIOGÈNE ijrn') ou DI0GENE3 [ghé-nèss] [n. propre gr., parce (pie ces crustacés traînent avec eux la coquille où ils logent lourabomon , comme Diogène roulait son tonneau] n. m.

(ienre de crustacés décapodes macroures, famille dos paguridés, tribu des -jy -sù.^m «w? •■ pagurinés, comprenant des W ^M -^^ ! -

pagures ayant une épine (^ ^A, ytf^ j

mobile entre los yeux, ot \. M. J?^*w- ^ dont la livrée est terne; ils babiient surtout les mers chaudes. (On connaît quol-

<|uns espèces de diogônes, ^.i ,^^ ^ „..,t.).

dont la plus répandue se t» v» /

trouve, depuis la Manche jusqu'au Gabon, sur los rivages sablonneux; co diogôno ost blanc jaunâtre ot rose clair.)

DiogÉNIEN, grammairien grec, né à Iléracléo (ii* s. de notre ère). Il avait composé d'assez nombreux ouvrages : dos Chronica; un traité Sur les fleuves, les tuarais, les sources et les montagnes ; iino Anthologie d'6\>icratt^moH; un abrégé du Lexique do Pamphile on cinq volumes; un Lerif/ue on cinq livres, qui a été mis à contribution par Hosyehios ot autres; enlin, un recueil do Proi'crôe*, dont nous possédons un abrégé.

DIOOÉNIQUE {J('-n>k') adj. Qui conviendrait À Diogène

le Cynique : Cynisme diogkniquk.

DIOGÉNISER (;V) v.n. Rendre cyniquo commo Diogôno : Les ynœurs actuelles tendent it niOGKNiSicn tout le jnondc.

— v. n. Faire le cyniquo, se conduire avec un sansfaçon cyniquo : // est des gens qui mettent leur gloire à nroni^;NisKi\. li Vivre dans un état do dénuement volonlairo : DiOfiKNrsKii avec une incroi/able fierti'.\

Se Cliogéniser, v, pr. Devenir cyniquo.

DIOGÉNISME {Jt!-niss7n') n. m. Cynisme comparable à

celui de Diogcnn.

DIOGGOT ou DIOGOT(.'/o — du russ. dii'got, môme sens) n. m. Ihulo que le bouleau fournit quand ou distille son éc^orce, et qui donne son odeur particulière au cuir de Russie. Il On dit aussi dkgdt.

DIOÏQUE {O'ik' — du gr. dia, séparément, et oikos, demeure) 11. m. .Se dit d'uno ospèc^o vi'^L'étalo chnz Ia(^uolle

Type diola.

Diogene j tant ussrn

les fleurs mâles ot les iîeurs femelles, ou, d'uno manière plus générale, les organes mâles et les organes femelles sont portés par des pieds différents.

DIOÏQUES [o-ik' — mémo étymol. qu'à l'art, précéd.) n. m. pi. Moll. Se dit des céphalopodes à sexes distincts. — Un nioïQUE.

Diois (lat. Diensis pagus), ancien pays de France [prov. du Dauphiné], dans la vallée de la Drôme ; capit. Die. Le premier comte du Diois fut Guillaume, (ils de Boson, roi de Provence (ix» s.). A la mort d'Hyscard, qui avait pris part à la première croisade, le comté échut aux évoques de Die, mais leur fut disputé par les comtes do Valentinois. Charles VI acheta le Diois, en 1 iO-i. Il fait aujourd'hui partie du département de la Drôme.

DiOLAS ou YoLAS, population des Rivières du Sud (.Sénégarabie), composée de nègres fortement constitués, qui, par la saillie de leurs pommettes, leur prognathisme, l'épaisseur de leurs lèvres, so rattachent incontestablement aux Mandingues. — Un, Il ne Diola ou Yola.

— Encycl. Maigre leur air farouche, les Diolas sont d'humeur pacifique et so livrent volontiers à l'agriculture et au commerce. — On donne aussi le nom do diolus à des colporteurs nègres qui parcourent la Sénégambie et lo Niger, et appartiennent, pour la plupart, à la race mandin guo.

DiOMA ou DlM, rivière do la Russie d'Europe {gouv. d'Orenbourg). affluent gauche do la Biolaïa, et qui se jette dans cette rivière, un peu on amont d'Oufa, après un cours do 375 kilomètres.

DiOMÈDE (CHAMPS np:). Géogr. anc. Nom donné A une plaine d'Apulie, située lo long d« l'Autidus, aux environs do Cannos. (On appelait lies de Diomède un groupe d'ilos do l'Adriatique, près do la côte d'Apulie.)

Diomède. Myth. gr. Fille de Pborbas, roi do Losbos. Elle fut enlevée par Achille, dont ollo devint l'esclave et la maîtresse.

Diomède. Myth. gr. Roi des Bistonos do Thrace. Il était bis d'Ares et de Cyrèno. Il avait dos chevaux farouches qui jetaient le feu par la bouche. Il les nourrissait de chair humaine et leur donnait à dévorer tous les étrangers qui tombaient entre ses mains. Hôraklôs lo vainauit et lo lit dévorer lui-môme par sos propres chevaux. (La scène ost souvent représentée sur les vases peints.)

Diomède dévoré par ses chevaux, tableau de Gustave Moreau (Salon do 1805). Ilérakiès a vaincu lo roi des Bistonos et l'a jeté en j>âture à ses chevaux anthro pojdiages; assis sur lo chaperon d'un mur, enveloppé de sa peau do lion, sa massue près de lui, il contemple, impassible, le coupable puni par le supplice qu'il infligeait aux autres. Les cliovaux furieux so sont rués sur leur maître ot le déchirent. Lebrun a peint un Diomède dévoré par sfs chevaux, gravé par Lafltto.

Diomède, un dos principaux héros do l'Iliade ot du cvcle troyen. Il était fils no Tydéo ot do Dôipylo, flile d Adrasto. Originaire d'Etolio, il fut un des princes'd'.\rgos. Il vongea son grand-père Œnous , nui avait été chassé d'Kiolio i>ar les fils a'Agrios, fut 1 un dos prétendants d'ilélèno, et prit jiart à la guerre de 'l'rnio, où il accomplit une foulo d'exploits, gràco à la protection d'Athénè. Avec Ulysse, il va chercher Achille à Skyros, ot, plus tard, Philoctôte à Lomnos. Avec Ulysse encore, il pénétre dans Troio et dérol)e le palladium. Il lutto contre Hector et Enéo, blesse Aphrodite, s'emparodes chevaux do Rhœsos, défond lo corps d'Achillo. Il est un des héros qui s'onformont dans le cheval lio bois. Puis, il prend part au sac de Troie. Après la victoire îles Achéens, il revient à Arpos, où le poursuit le ressentiment d'Aphrodite. La trahison ot les embûches de sa femme Egialéo lo forcent A so réfugier dans un temple. 11 so décide A quitter son pays et va on Lybie, en Ibério. Il so i\xo enfin dans l'Italio méridionale, oi"! il épouse lOrippe, flilo de Dauiuis, roi d'Apulie. Suivant une tr;idition, il aurait été tué par Daunus. Il passait pour lo fondateur do plusieurs villes grecques

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