V. DOKSENUS
DOSSERET (ré) n. m.
Archit. Pilastre ou saillie
<|ui sort, soit do piod-droit B^ A, dotBorot. ù un arc-doubleau, soit do janibago ù une ouverture : f/nc insurmontable force atiarhait mes yeux aux dosskrets ^ncff'*, ermites de pierre qui portaient la religion sur leurs têtes. (Chateaubr.) Il Portion de mur exhaussée au-dossus d'un comble, pour y adosser
A, dosseret; B, scie.
une ou plusieurs cheminées. (On dit aussi dossier.) Il Espace compris entre l'angle intérieur d'une chambre ot l'arête la plus voisin© de la baie d'une fenêtre ou d'une porte.
— Techn. Pièce de fer, portant une rainure dont on renforce lo dos d'une scie, il Chacune des pièces do fer qui soutiennent une limo mince.
DOSSI (les frères), peintres italiens, fondateurs de l'école forraraise, ainsi nommés du bourg do Dosso, où ils étaient né.s. L'aîné, Dosso Dossi, né à Ferrare vers 1479, mort vers 1542, fut un dos artistes distingués do son temps. On cite do lui : Jésus au 7nilieu des docteurs (à Ferrare) ; les Quatre docteurs de l'Eglise {ù. Dresde); la Circoncision (au Louvre); le portrait do l'Arioste ; d'autres morceaux au palais Borghèse, à Rome, et au musée impérial do Vienne. — Lo plus jeune, Jean-Baptiste Dossi, mort en 1546, peignait le paysage d'un© manière rcmar- . quable ; il pratiquait aussi la fresque. Les deux frères ont parfois collaboré. Jean-Baptiste a décoré de sujets mythologiques le palais Borghéso et le palais ducal à Ferrare.
Dossi (Carlo), littérateur italien, né à Casteggio (Piémont) en 1S49. Dès 1866, il fit paraître ses premiers romans : Alberto Pisani ; Noir sur blanc; Portraits humains (1870). On lui doit encore : le Royaume des deux (1S75) ; la Colonie heureuse (1876), qui a été traduite en français; Taches d'encre (1879) ; Avant-hier ^1880) ; etc.
DOSSIER {do-si-é — rad. dos) n. m. Appui fixé à l'arrière d im siège, pour qu'on puisse s'y tenir dans une attitude plus ou moins renversée : Le dossier d'un fauteuil, d'un canapé. Il Fond de voiture, disposé pour le même usa
Dossiers ; I. De chaise; 2. De fauteuil; 3. De lit pour malade.
Il Par anal. Planche qui unit deux des colonnes et soutient le chevet d'un lit. ii Pièce d'étoffe dont celte planche est recouverte, li Eo T. de taillaad-. Sorte de chape composé© de deux pièces de fer coudées, dans laquelle on introduit la queue d'une lime, pour régler la profondeur d'une denture, n Derrière d'une cuvetie pour la descente des eaux.
— Par ext. Partie de la Jiotte qui s'appuio sur le dos do la personne qui la porte.
— Ensemble de pièces écrites se rapportant à un même objet et réunies sous une môme indication : Le dossier d'une procédure. Le dossier d'un condamné, il Réunion do documents : Le dossier complet de la cause calviniste. (Ph. Chasies. ) ii Liasse
formée par ces pièces ou ^•.-
par ces documents.ii Chemise, carton qui les contient.
— Archéol. V. dorsal.
— Constr. Petit mur qui sert d'empattement à une souche do cheminé©.
Il On dit plus ordinairement dosseret. a, dossier.
— tauconn. et blas.
Partie pleine de l'aile de l'oiseau, par opposition à la partie en pointe formée des rémiges.
— Mar. Large planche qui sert de dossier aux officiers, dans un canot, ot les sépare du patron.
DOSSIÈRE {do-si-èr') n. f. Dossier. (Vieux.)
— Arg. Prostituée qui a un souteneur (un dos).
— Armur. Partie du dos d'une cuirasse.
— Techn. Bande de cuir qui passe sur la selle d'un cheval do limon et soutient les brancards.
DOSSONVILLE (Jean-Baptiste), agent do polie© politique, né à Auneau, près Je Chartres, en 1753, mort à Paris en 1833. Officier do paix on 1791, puis chargé do la surveillance des Tuileries, il accepta de Louis XVI uno mission secrète on Angleterre. Après lo 10 août, il réussit à justifier sa conduite, et se mit, pendant la Terreur, au service du Comité do sûreté générale, dont il mérita la confiance. En 1796, il arrêta Babeuf. Il fut enveloppé dans la proscription du IS fructidor et déporté ù la Guvano; mais il s'évada, fut arrêté en Allemagne et enferma dans la citadelle d'OImutz, d'où il sortit en ISOI, à la suite du traité de Lunévillo. Fouché le chargea de la police secrète auprès des transfuges de l'émigration. Accusé do n'avoir pas annoncé la présence do Pichogru A Paris, il fut mis en surveillance ù Molun. L'un des premiers, dans cette ville, il arbora la cocarde blanche, on 1811, La mémo année, il fut nommé commissaire de police dans l'Ile Saint- Louis, mais perdit co poste à la révolution do 1830.
DOSSOYAGE {do-soi'yaf) n. m. Action de dossoycr. u On
dit aussi KDOSSAGE.
DOSSOYER ((/û-ioi*-y<5 — rad. dos; change l'yen ï devant un c muot : Je dossoic; Qu'il dossoic. Prend un i après l'y aux deux preni. pcrs. pi. do l'imp. do l'ind. et du prés, du sub.: Aous dossoyions; Que vous dossoyics) v. a. En parlant des peaux, Les purger de l'eau do chaux qu'elles contiennent on les raclant avec lo dos du fer ù écharnor, du côté do la chair. ii On dit aussi iîdosskr.
DoST-MOHAMMED, émir doKaboul, né en 1793, mort en 186;t. Il est resté célèbre par ses démêlés avec los Anglais des Indes, dontla politique consistait A mettre la main sur l'Afghanistan. U fut détrùné et fait prisonnier par les Anglais et remplacé par Soudjah (^isio). Cependant, tandis qu'il était captif, son fils, Akhar, ourdissait uno conspiration qui éclata au mois do novembre 1841, et qui coûta la vie ù un grand nombre d'officiers anglais. lios Anglais négocièrent avec Akbar ; ils furent trahis par lui ot durent opérer une retrait© désastreuse. Los Anglais on tirèrent vengeance (1842). Kaboul tomba en leur pouvoir et, salisi'aiis de cet avantage, ils remirent en liltiM'té Dosi- Mohammed. Celui-ci, redevenu émir de Kaboul, chercha ù s'agrandir aux di^nens do ta Perso, et conclut avec
DOSTOÏEVSKY — DOTO
l'An-'leterre un traité d'alliance offensive et défensive fl855). Eq 1862, les Persans ayant pris les armes contre l'Afghanistan, lo vieux Dost- Mohammed marcha contre eux avec l'aide des Anglais. Il prit Hérat en mai 1863, mais il mourut bientôt après.
DoSTOtEVSKY (Fédor-Mikhaïlovitch), romancier russe, né à Moscou en 1S21, mort à Saint-Pétersbourg en 1881. Après avoir fait ses études à l'école du génie de Saint- Pétersboura (1837-1843). Dostoïevsky passa une année dans l'armée et s'e consacra définitivement aux lettres. Son premier voman. Pauvres gens (1845), eut un très grand succès. Il écrivit ensuite les JSiiits blaiiches. Vers cette époque, il se mêla à l'agitation démocratique de la jeunesse russe, qui avait pour but l'émancipation du pavsan et la liberté de conscience. En 1849, il fut arrêté et condamné à être fusillé. Mais cette condamnation fut commuée en quatre ans de travaux forcés en Sibérie. Les deux malheurs do sa vie, l'épilepsie et le séjour dans les bagnes, ont eu une pernicieuse influence sur son activité littéraire.
Son talent devint trop maladif. Les tendances démocratiques de sa jeunesse se transformèrent en un mysticisme extrême. En 1859, Dostoïevsky revint à Saint- Pétersbourg, et commen<;a une vie nouvelle : il devint patriote, orthodoxe, combattit le nihilisme, fonda une école slavophile, préconisant pour la Russie un développement tout à fait ditférent de celui de la civilisation européenne; il préconisa l'idée de la régénération du monde par la religion chrétienne. Le bagne a inspiré à Dostoïevsky la célèbre Maison des morts (1863) et Crime et châtiment ^1865). Il publia plus tard ffumiliés et ofensés; l'Idiot {1808); l'Éternel Mari {IB60) et Bessy (1870). En 1876-1881, il publia son Journal d'un écrivain, dont le succès fut immense. Un mois avant sa mort, à l'inauguration du monument élevé au poète Pouschkine à Moscou, Dostoïevsky prononça un discours qui amena l'union du parti slavophile.
Dostoïevsky s'est fait dans le geore sombre une place à part. Ses obsèques furent célébrées avec une pompe inusitée pour un simple écrivain. Un décret conféra une pension de 5.000 roubles à sa veuve et ordonna que ses quatre enfants seraient élevés aux frais du Trésor.
Dos TORRES, comm. d'Espagne fAndalousie [prov. de Cordoue]), sur le plateau des Pedroches (sierra Morena) ; 4.460 hab. Minoterie, moulins à huile.
DOT [dot' — du lat. dos, dotis, môme sens) n. f. Biens que possède une femme au moment de son mariage, et plus particulièrement ceux dont le mari prend l'administration, quoique la conjointe en conserve la propriété : Telle femme, avec une riche dot, apporte des dispositions à la consommer, (La Bruy.) !i Se dit aussi, abusivem., de ce qu'on donne à un fils, il Par anal. Bien qu'apporte une religieuse au couvent dans lequel elle fait ses vœux.
— Fig. Qualité physique ou morale dont est douée une personne qui se marie : C'est une triste dot que l'amour, quand il est seul. {A. Karr.)
— Fam. Epouser une dot, Epouser quelqu'un à cause de sa dot. Il Etre aiyioureus d'une dot, Courtiser une personne pour avoir sa dot. ii El}'e une dot, Avoir une dot, apporter une dot en se mariant :
... En sommp. on ne sait ni qui vit ni qui meurt, Et, si vous nV/es pas une dot, serviteur !
E. AUOIER.
— Alltîs. LiTTÉR. : Sans dot! Exclamation d'Harpagon dans l'Avare, de Molière. Harpagon veut marier sa lille au vieux seigneur Anselme, qui consent à la prendre sans dot. Elise se refuse à cette union disproportionnée. Au milieu de leur discussion, entre Valère, qui aime la jeune Elise et qui en est aimé, Harpagon, qui ignore ce sentiment réciproque, prend Valère pour juge. Celui-ci, tout en a^ant l'air de l'approuver, soulève de nombreuses objections; mais Harpagon réplique sans cesse par ces deux mots uniques : Sans dot!... La répétition même de l'exclamation la rend d'un comique achevé.
— Encycl. Hist. Chez les peuples pasteurs, la dot consiste en troupeaux ; chez ceux d'une civilisation plus avancée figurent l'or, l'argent, les bijoux. Homère fait mention des dots que recevaient les jeunes filles. A Athènes, comme dans lo reste do la Grèce, la dot était en usage.
A Rome, tant que les mœurs furent simples et les fortunes peu considérables, les dots furent modestes. Plus tard, elles furent souvent d'un chiffre très élevé.
En Orient, en Chine et dans toute l'Afrique, non seuloment le père n'a pas de dot à donner, mais il en reeoit une.
Sous le droit féodal, la nécessité do conserver l'intégrité du fief diminua lo chiffre des dots; mais, lorsque le liof tombait aux mains de la femme, il devenait pour elle une dot con.sidérable. Lo suzerain imposait alors une alliance à la femme. C'est la période des duts territoriales et d<;s unions politiques. C'est ainsi qu'Anne de Bretagne apporta la Bretagne à la France. En revanche, lorsque Louis VII répudia Eléonore. celle-ci porta la Guyenne, qui avait été sa dot, à Henri II, roi d'Angleterre. Ce sont les femmes qui, au xvi« siècle, avaient fait si puissante la mai.son d'Autriche. Après la féodalité, les princes ne cessèrent pas do surveiller les mariages des grandes héritières.
— Dr. rom. La dot est l'ensemble des biens que la femme apporte au mari pour l'aider à subvenir aux charges du mariage. Au cas de mariage avec m«nu«, la dot n'était Déccssaire que si la femme était alieni juris; à la disparition de la manu», l'usage de la dot se généralisa. La dot flo constituait par datio] c'est-à-dire par un acte translatif de propriété, par dictio (v. dictio dotis), ou par promtsêio, c'est-â-diro par stipulation. Le mari devenait propriétaire de la dot et exerçait, seul et en son nom, toutes les actions relatives aux biens dotaux. Sous Auguste, la loi Jalia de fundo dotnli déci'la que lo mari no pourrait aliéner ïes immeubles dotaux sans lo consent^'ment de .sa femme. Plus tard, il lui fut interdit d'hvpotbé(|^UL'r, mémo aven ce consentement. Justinien défendit aussi toute aliénation do la dot, mémo la femme y consentant. A l'origine, la dot
n'était pas restituable, à la dissolution du mariage. A l'époque classique, lo constituant en stipulait souvent la restitution {dos receptitia); elle était aussi devenue restituable au cas de divorce ou de prédécès du mari. Justinien a généralisé l'obligation de restituer la dot. Il a aussi donné à la femme une hypothèque privilégiée sur les biens du mari.
— Dr. anc. Le régime dotal du droit romain continua à être observé dans les pays de droit écrit. Les biens non compris dans la dot étaient appelés paraphernaux ; la femme en avait la jouissance, l'administration et la libre disposition. Le mari avait l'administration et la jouissance des biens dotaux; le droit de propriété du mari, quoique maintenu, avait presque disparu en pratique. La dot était toujours inaliénable, sauf depuis 1664 dans le ressort du parlement de Paris. Le régime dotal s'était répandu aussi en Normandie.
— Dr. act. L'article 1540 du Code civil définit la dot : Il Le bien que la femme apporte au mari pour supporter les charges du mariage. " Cette notion s'adapte à tous les régimes; car, sous chacun d'eux, il peut y avoir un apport do la femme au mari, pour l'aider à subvenir aux charges de la vie commune. Ce qui distingue le régime dotal, ce sont les garanties qui assurent la conservation et la restitution de la dot.
I^e régime dotal préserve le patrimoine de la femme, mais il sépare trop les intérêts des époux, et il offre cet inconvénient de placer la dot hors du commerce.
Le Code civil ne l'a admis que comme un régime exceptionnel et facultatif. Il faut, pour y être soumis, une déclaration expresse. C'est le moins dotal, peut-on dire, de tous les régimes. Il n'y a de soumis aux charges de la vie commune que la partie de l'apport de la femme qu'elle s'est, en termes exprès, constitué en dot (C. civ., art. 1541), et, en général, les biens donnés par des tiers par le contrat de mariage. Les autres biens de la femme sont paraphernaux : elle en a l'administration et la jouissance. Le mari a l'administration et la jouissance de la dot. Il a seul le droit d'en poursuivre les débiteurs et détenteurs (art. 1549). Les immeubles constitués en dot ne peuvent être aliénés ou hypothéqués pendant le mariage, ni par le mari, ni par la femme, ni par les deux conjointement (art. 1554). Il existe, cependant, quelques exceptions (art. 1555 et suiv.). Les immeubles dotaux sont également imprescriptibles. En ce qui concerne la dot mobilière, la jurisprudence admet que la dot mobilière est aliénable vis-à-vis du mari, inaliénable visà-vis de la femme. Ainsi, la femme ne pourrait renoncer à l'hypothèque légale qui garantit sa dot.
La dot est restituable à la dissolution du mariage: immédiatement s'il s'agit d'immeubles, après un an, relativement à la dot en argent (art. 1564-1565). La femme survivante ou ses héritiers ont droit à l'intérêt de la dot, du jour de la dissolution du mariage. La femme a le droit, en outre, de so faire fournir des^vétements do deuil par la succession du mari, et elle a droit à l'habitation dans la maison conjugale durant un an.
— Admin. milit. Les officiers et assimilés, quel que fût leur grade, ne pouvaient autrefois obtenir l'autorisation de se marier qu en justifiant de l'apport, par leur future, d'une dot représentant un revenu non viager d'au moins 1.200 francs. Depuis 1888, cette obligation n'existe plus pour ceux dont la solde atteint 5.000 francs. Do plus, c^uand la future est fille d'un officier membre de la Légion d honneur et le futur officier supérieur ou capitaine, le mariage peut être autorisé par lo ministre, même s'il n'y a pas apport de la dot réglementairement exigible.
L'apport dotal peut être constitué de façon quelconque, l'autorité militaire étant seule juge des justifications présentées. Mais la déclaration d apport doit être faite par acte notarié, d'après une formule \\y.èQ par la note officielle du 14 avril 1875. La dot peut être constituée par des donateurs et non par la future elle-même ; mais celle-ci et ses assistants doivent affirmer sur l'honneur que les valeurs affectées à la constitution do la dot n'ont pas été empruntées. La valeur attribuée aux effets, bijoux, etc., composant le trousseau de la future, no peut entrer en ligne de compte pour parfaire latiot exigée.
Les sous-ot'ficiers rengagés ou commissionnés qui désirent se marier doivent justifier de l'apport, par leur future, d'un capital de 5.000 francs au moins, ou d'une rente non viagère de 250 francs. Il en est de même pour les employés militaires qui n'ont pas rang d'officier.
Quant aux sous-officiers élèves des écoles militaires ou autres hommes de troupe appelés à devenir officiers ou assimilés, ils doivent justifier du même apport dotal que les officiers, et dans les mêmes conditions.
Dot (la), opéra-comique en trois actes, paroles do Desfontaines, musique de Dalayrac, représenté à la Comédie- Italienne, le 21 novembre 1785. — Deux jeunes paysans qui s'aimaient avaient su intéresser leur seigneur à leur sort. Celui-ci a résolu de les unir, et il charge Colette de remettre au bailli de sa terre un billet par lequel il donne à celui-ci l'ordre de la marier avec son amoureux Colin. Par suite d'un quiproquo, le bailli veut marier une vieille commère avec Colin ; d'où une série de scènes amusantes. La partition de Dalayrac est l'une des meilleures de ce compositeur, qui en à tant écrit do charmantes.
Dot de Suzette (la), roman de Fiévée (1802). — Une grande danio. M"" de Senneterre, au temps de sou opulence, marie et dote une jeune paysanne, Suzette, pour empêcher son fils, {jui l'aime, do faire des sottises. Survient la Révolution ; la grande dame ruinée est fort heureuse de trouver la femme d'un riche parvenu, (|ui demande une dame de compagnie. On devine que c'est Suzette, dont le mari a changé de nom en devenant riche, et qui accueille à bras ouverts son ancienne protectrice. Sur ce canevas, Fiévée a brodé un petit roman a^jréable.
De ce roman, Dejaure a tiré un livret d'opéra-comiquo en un acte, sur lequel Boieldieu a écrit une partition plomo de grâce. L'ieuvre fut représentée au théâtre Favart (Opéra- Comique) lo 6 septomhro 1798.
DOTAL, ALE, AUX (du lat. dotalis, môme sens) adj. Qui est relatif h la dot, qui constitue la dot: Les revenus dotaux. Les biens dotaux.
— Dr. ftéfiime dotal. Régime sous lequel les conjoints conservent la propriété de tous leurs Iiiens, quoique le mari ait l'administration des biens qui forment la dot de la fciimie.
DOTATAIRE {ter') n. et adj. So dit do la personne qui reçoit une dot. (Peu usité.)
DOTATION {si-on) n. f. Action de doter, de constituer un revenu en faveur d'une personne, d'une collectivité, d'un établissement, ii Fonds constituant la dotation, ii Revenu assigné à une reine, à une princesse du sang devenue veuve, h Par ext. Revenu assigné à un prince du sang. Il Traitement assigné à certains personnages, n Dotation de la couronne, Revenus et immeubles mis a la disposition du souverain. (V. la partie encycl.) il Nom donné autrefois aux majorais. V. ce mot.
— Fig. Ce qui appartient, ce qui est attribué à quelqu'un ou à qu'elque chose : Le génie est, avec la conscience, laplus belle dotation de I'hu7na7ii(é. {hacord.)
— Encycl. Fin. et admin. Sous le nom de dotations on a désigne autrefois, en France : P les récompenses accordées, sous Napoléon 1", sur lo domaine extraordinaire à certains fonctionnaires , pour services militaires ou civils. (Elles atteignaient, en 1814, près de 33 millions de francs. La Restauration les réduisit, mais elle fut amenée à en rétablir une partie en allouant des pensions aux dotataircs dépossédés par le congrès de Vienne de leurs dotations en pays étrangers); 2'» le traitement viager des sénateurs du s<-'Cond Empire.
Aujourd'hui, le mot >■ dotation » a une signification budgétaire précise. Il sert à désigner le traitement du président de la République, à l'exclusion de ses frais de maison et de voyage. La dotatioyi du Parlement a reçu le nom de it dépenses administratives du Sénat (ou de la Chambre), indemnités des sénateurs (ou des députés) ".
En France, les décrets des 26 mai-K"" juin 1791 réglèrent, pour la première fois, la question de la dotation en décidant, après avoir indiqué les immeubles dont le roi aurait la jouissance, qu'il serait pavé annuellement et par douzièmes, I' par le Trésor publie, une somme de 25 millions pour la dépense du roi et de sa maison ». Supprimée par décret du 10 août 1792, la dotation reparut avec l'Empire (s.-c. du 28 floréal an XII), avec le même chiffre de 25 millions de francs, qui furent également alloués à Louis XVIII et à Charles X. La loi de 1832 ramena à 12 millions la dotation de Louis-Philippe, mais en lui attribuant la jouissance d'un domaine dont le revenu était suj'érieur, en allouant au prince royal une dotation personnelle de 1 million de francs, qui devait être portée à 2 millions en cas de mai'iage. La fixation de cette dotation, discutée pied à pied ]^ar le roi, critiquée amèrement par des hommes comme Tbouvenel, Dupont de l'Eure, Cormenin, ne contribua pas peu à jeter sur la monarchie de Juillet le discrédit qu'ont prolongé les revendications des princes d'Orléans, au lendemain de la guerre de 1870.
Réduite à 600.000 francs par le gouvernement de 1848, la dotation du président fut portée, à la demande de Napoléon Bonaparte, à 2.160.000 francs. Lo sénafus-consulte du 12 décembre 1852 ramena la dotation de l'Empereur à 25 millions de francs, chiffre que les revenus de la dotation immobilière portaient, en réahté, à 30 millions. En vertu du décret du 6 septembre 1S70, tous les biens, meubles et immeubles, désignés sous le nom de biens de la liste civile — c'est la terminologie anglaise consacrée par la Constitution de 1791 — firent retour au domaine de l'Etat.
La dotation du président de la République est, comme en 1848, de soo.ooo francs, auxquels il y a lieu d'ajouter 300.000 francs pour frais de voyage, représentation, etc., et 300.000 francs pour frais de maison.
Voici les dotations des principaux chefs d'Etats : Allemagne, 11.700.000 francs; Autriche-Hongrie, 23.325.800; Espagne, 9.500.000; Grande-Bretagne, 10.208.000, auxquels il faut ajouter 4.301 .200 francs de pensions viagères aux membres de la famille royale; Belgique, 4 millions de francs ; Grèce, 1.325.000 ; Italie, 15.050.000 ; Japon, 16 millions de francs; Portugal. 2.600.000; Suède, 6.500.000; Suisse, 15.000 ; Danemark, 2.400.000 ; Etats-Unis, 125.000 fr. Deux Etats n'ont pas de dotation ^xée par un budget ; la Russie, qui tire du domaine de la couronne un revenu annuel évalué à 80 millions do francs environ, et la Turquie, pour laquelle toute évaluation est impossible.
DOTEL {tel) n. m. Nom que les indigènes sénégalais donnent à une moule comestible, qu'ils pèchent sur le littoral.
DOTER (du lat. dotare, même sens) v- a. Donner une dot à : Doter une fille, une religieuse, w Faire une dotation en faveur de : Doter une association, il Pourvoir, gratifier d'un avantage quelconque : Parmenticr a doté ÏEurope du plus précieux des tubercules.
Se doter, v. pr. Se procurer une dot ou certains avantages qui en tiennent lieu : La jeunesse, en acquérant des taïen/s, se dote elle-même. (Franklin.)
DOTERELLE {rèV) n. f. Nom donné, dans certaines contrées, à un oiseau de passage, le jduvier guignard.
DOTHIDEA (dé) n. m. Genre do champignons pyrénomycètes, de la famille des dothidéacées, caractérisé par ses périthèces sans parois différenciées, plongés dans un stroma arrondi ou allongé, noir, par ses asques contenant quatre ou huit cellules allongées ou ovoïdes, bicellulaires, olivacées ou jaune noirâtre.
DOTHIDÉACÉES {se) n. f. pi. Famille de champignons de l'ordre des pyrénomycètes, dont le type est le genre duthidca. (Les parois des périthèces ne se distinguent pas do la substance du stroma. Les spores, au nombre de quatre ou huit par asque, sont généralement incolores, quelquefois noirâtres.) — Une dothidéacéi-:.
DOTHIDELLE {dèV) n. m. Genre de champignons, voisin du genre dotlndca , t'I s'en distinguant par ses spores incolores.
DOTHIÉNENTÉRÏE n. f. Pathol. Syn. de fièvre typHOïiJii. V. ce mot.
DOTILLA (dimin. du gr. Dolo, n. mythol.) n. m. Genre do crustacés décapodes brachyui-es calométopes, comprenant de petits crabes voisins des myctires, à carapace presque carrée, souvent striée en dessus, et à pattes longues et plates. (Les dutilla habitent les mers les plus diverses.)
DO-TING n. f. Pierre sonore, qui remplace la cloche dans certains monastères thibétains.
DOTIS. Géogr. V. ToTis.
DoTO. Myth. gr. Nymphe do la mer.
DOTO (du gr. Dôtô, n. d'une Néréide) n. f. Genre de mollusques, type de la famille des dotoidés. comprenant des formes allongées, à dos muni de papilles reiiliées, à pied arrondi en avant. (Les (pielques espèces de doto habitent les mers d'Europe ; dans le sons-genre dotilla sont réparties colles qui sont propres à la mer dos Sargasses.)
DOTOÏDÉS n. m. pi. Famille de mollusques gastéropodes opjbtiioljrauches dorinatobrunchos, groupe des gyninobranches, qui ronfermo les Ronros doto, cécinelle, îjclW'ut'ot héromorphe. (Tous les dotoïdés sont dos animaux niarius, rosscmblani à dos limaces.)— Un dotoïdk.
DOTRENGE (TlK^odoro), jurisconsulte et homme politique boitte, u6 et mort ;ï Hruxelles (nci-lSltfi). Il prit part à la révolution do nsu contre l'Autriche, fut ua dos principaux rédacteurs dos lois fondamentales des Pays-ïîas en 1815, siégea aux états généraux jusqu'en 1828, et devint, à celte épuiiuo, conseiller d'Etat.
DOTRIACONTANE n. m. Composé C"!!", obtenu en traitant iiodure de cétyle par lo sodium en présence de benzène ou d'éther. Syn. ruDiXYLE.
DOTTIGNIES, ville de Belgique (prov. de la Flandre occid.), arr. admin. et judic. do Courtrai, sur un affluent do l'Escaut; -1.065 hab. Fabriques de chocolat, manufacture de tabacs, brasseries.
DOTZAUER i Just - Jean - Frédéric ), violoncelliste allemand, né à Hteselrieth en 1783, mort à Dresde en 1860, élève de Kriegek, puis de Bernard Romberg. Compositeur habile, virtuose remarquable, Dotzauer a écrit un certain nombre de morceaux de musique instrumentale et un opéra, Graziosa, représenté à Dresde en 1841. — Son rils aine, Just-Bernard-Frédéric Dotzauer, né à Leipzig en isos, mort à Hambourg en 1874, se fit une réputation comme pianiste et publia quelques compositions pour son instrument. — Son second fils, Charles- Louis Dotzauer, né à Dresde en ISll, fut élève de son père pour le violoncelle et se fit applaudir dans les concerts. II a publié aussi plusieurs compositions pour son instrument.
DOTZINGER fJost), architecte allemand, originaire de Worms. mort après 1472. Il fut, de 1452 à 1472, l'architecte de la cathédrale de Strasbourg, dont il sculpta le beau baptistère, en 1453. Il fut le principal organisateur des grandes associations d'architectes et de maçons allemands qu'on appela loges {hutten). Dans la première assemblée de ces loges, convoquée en 1459 à Ratisbonne, Dotzinger fut nommé grand maître de cette association, et il fut décidé qu'à l'avenir on choisirait toujours pour grand maitro l'architecte de la cathédrale de Strasbourg.
D'OÙ. Linguist. V. otr.
DOUAB. Géogr. V. DoAB.
DOUADIC, comm. do l'Indre, arr. et à 9 kil, du Blanc, sur le Suin, dans la Brenne; 1.109 hab. Pierres à bâtir.
Douai (lat. Duacum), ch.-l. d'arr. du dép. du Nord, à 33 kil. de Lille, sur la Scarpe; 31.3"J7 hab. {Douaisiens, ennes.) Ch. de f. Nord. Cour d'appel, cour d'assises, conseil de prud'hommes, bourse de commerce, école normale. Cette ville était une forte place de guerre, déclassée parles décrets de 1889 et de 1891. Douai fut, jusqu'en 18S9, le chef-lieu d'une académio universitaire , aujourd'hui transférée à Lille. Musée d'art et d'antiquités, jardin botanique, fabrique d'amidons, chantier de construction do bateaux, fabriques d'instruments agricoles, raffineries, brasseries, briqueteries, chapelleries, huileries, verreries. Le port de Douai, sur la Scarpe canalisée, est le centre d'un important trafic de blé et de houille.
Eglise Saint-Pierre (xviii* s.) ; êgliso Notre-Dame {xii* et xvi" s.) ; église Saint-Jacques {xviii« s.) ; la porte Notre-Dame (1453), hôtel de ville (XV* s.), palais de justice (xviii' s.), maisons des xvi», xvii" et xviii^ siècles. Patrie de Calonno, de J. Bologne, de Martin (du Nord), de M"* Desbordes-Valmore, du peintre Jean Eellegambo, etc. — - L'arrrondissement a 6 cant-, 66 comm. et 137.445 hab. ; le canton Nord, 6 comm. et 25.288 hab.; le canton Ouest, 11 comm. et 32.845 hab.; le canton Sud, 12 comm. et 25.014 hab.
— Histoire. L'origine de Douai semble remonter à l'opo-
Sue de la domination romaine. Au vu" siècle, le territoire 0 Douai appartenait à Erchinoald, maire du palais sous Clovis II. Douai, ville frontière, appartint, dans la suiio, tantôt à la France, tantôt à l'Espagne. Elle fut assiégée plusieurs fois. Vauban on avait fait une place de guerre de premier ordre. Douai so distingua par sa résistance aux armées alliées en 1710; prise après deux mois de siège, elle fut reconquise par Villars en 1712. Lo traité d'Utrecht donna définitivfiuetit Douai à la France.
DoUAtCHS ou DOWIGHES, tribu mauresque, vivant sur la rive droite du Sénégal, en face do Bakel. Ils descendent de Berbères, qui so sont (croisés avec des nègres. Asservis d'abord par les Trarzas et les Braknas. ils ont réussi à s'atTranchir. Los Douaïchs so livrent à l'agriculture et à la chasse ; ils exploitent dos mines de sel gemmo et ont un goût marqué pour le commerce. Ils font surtout lo trafic de gomme, debeurro, do moutons et de chevaux, et étendent leurs relations jusqu'au Maroc. Leur religion est l'islamisme. — Un, Une Douaïch ou Dowiciie.
DOUAIR [rr') n. m. Se dit quelquefois pour douar.
douaire (t)r' — du lat. pop. dotarium, m/^mo sons; dérivé do don, dot^ n. m. Dr. anc. Biens que le mari assignait à sa femme pour on jouir, si elle lui survivait, n Douaire des enfants, Biens formant lo douaire do la femme et passaut do droit aux enfants à la mort des parents, ii Douaire sans retour, Douaire qui no faisait pas retour) à la succession du mari, il Deini-doimire ou Mi-douairc, IVnsion alimentaire servie ù. la ftrmme du vivant do son mari. Il Douaire préfix ou conventionnel. Douaire stipulé par les conveutions matrimoniales. Il Douaire coutunuer. Douaire lixé par la coutume et consistant dans la moitié des biens possédés par lo mari.
— I'Incycl. Dr. anc. Lo douaire avait pour objet d'assuror l'existonco de la veuve en lui attribuant viagèremont l'usufruit d'une partie des biens du mari.
Lo douaire entraînait pour la veuve les obligations et les charges inhérentes, on général, A l'usufruit. T(mii,ofois, les coutumes y avaient apporté do notables allégements. A l'origine, les biens frappés du douaire pamis- «ont avoir été dévolus i la fomme on touto propriété.
Lo douaire était [iris uiuquumcnt sur los propres du mari, possédés au momoat au martago ou acquis depuis.