‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 803 sur 870 · DRAP DOR — DRAPEAU · texte numérisé non relu

DRAP DOR — DRAPEAU

draps. Se coucher, se meure au lit. ii Ironiq. Etre dans de f>eaux draps, Ktre, se mettre dans une position très fâcheuse. , , ^ ,.

— Loc. prov. : La lisière est pire que le drap. Se dit pour exprimer que les habitants des frontières dune province à laquelle on attribue certains défauts sont encore pires que ceux de Tintérieur du pays, il // veut avoir le drap et l'argent. Se dit d'un homme'qui ne paye pas une chose qu'il a achetée ou qui retient une chose qu'il a vendue (locution tirée d'un épisode deV Avocat Patelin), ii Le plus riche n'emporte qu'un drap eti mourant. Il faut quitter tous ses biens en mouraot. Il Au bout de l'aune faut le drap. Il y a une fin à tout.

— Encycl. Manuf. La fabrication du draj) (v. tissagr) exilée un certain nombre d'opérations successives, dont les dei^ principales sont la filature de la laine et son tissage. Les autres opérations subséquentes du tissage sont : l'epincetage, qui a pour objet de faire disparaître du drap brut les nœuds qu'a faits le tisserand en rassemblant les lils brisés de la chaîne ou de la trame. Cette opération s'exécute à la main, au moyen de Vépmce, sorte de pince à pointes fines. Vient ensuite le dégraissage du drap, qui lui-même se subdivise en trois manipulations secondaires ; le déyoryeage, débarrassant le tissu des matières introduites pour obtenir le dégraissage; Vèpoutiage,secQnà épincetage; le foulage, qui donne au drap du corps et de la résistance ; le rentrayage. qui 3i pour objet de réparer à la main les défauts on les avaries du drap ; le ramage, à l'aide duquel on sèche les draps tout en exerçant sur eux une tension en tous sens ; le garnissage, qui a pour but de ramener à la surface du tissu," et couchés uniformément dans le même sens, les duvets de laine ; le tondage, opération qui alterne avec les garnissages successifs, afin de donner aux filaments duveteux une longueur égale ; le brossage, qui s'exécute mécaniquement, et qui régularise l'opération du tondage.

Il faut encore faire subir au drap le pressage à chaud, afin d'aplatir et de coucher le duvet, tout en lui donnant un aspect lisse et brillant. Immédiatement après le pressage, on procède au décatissage qui ramollit le drap et lui fait perdre une partie de son brillant, inconvénient auquel on remédie par le pressage à froid. Entin, le plus souvent, on soumet le drap ainsi pressé à l'opération de Végrateronnage ou de l'épaillage afin do faire disparaître de l'étoffe les graterons ou pailles qui sont restés dans sa texture. Il ne reste plus, dès lors, qu'à plier et empiler le drap, qui est devenu marchand.

— Drap de plumes. On nomme ainsi une sorte de drap fabriqué au moyen de barbes de plumes filées et tissées. Ces draps sont 'teints ou conservent la couleur naturelle des plumes, qui produit alors une sorte de chiné; ils ont l'aspect extérieur du feutre.

— Drap de liège. On fabrique, en Angleterre, un drap spécial dont la trame est constituée par de minces fils de liège, découpés dans cette écorce à l'aide de machines spéciales; la chaîne est un fil de laine ou de toute autre matière textile. Ce drap a la propriété de rendre insubmersibles les personnes qui en sont vêtues.

— Drap de tourbe. On fabrique encore du drap avec de la tourbe. Ce combustible contient, en effet, des fibres végétales absolument rouies, et débarrassées de toute matière incrustante par une fermentation spéciale pendant leur long contact sous l'eau.

— Archéol. On donnait, anciennement, le nom de drap à toutes sortes de tissus, quelles que fussent leur nature et leur composition, à l'exception des toiles, mousselines et autres étones de texture légère. Ceux qui étaient tout soie, et ordinairement polychromes, rentraient dans la catégorie des holosericea byzantins qui, comme les draps brochés d'or et d'argent, sont d'origine indienne et furent copiés en Italie, notamment à Lucques. Les velours rentraient alors dans la catégorie des draps. Le drap d'or, à partir du xiv siècle, est couramment désigné sous le nom de drap impérial; on disait aussi drap d'or de Damas, etc.; ils se confondaient avec les brocards.

Quant aux draps de laine, leur origine flamande et frisonne est très ancienne. Les principaux centres de production des draps de laine, au moyen âge. étaient : Saint-Lô, Louviers, Rouen, l'Angleterre et les Flandres; Bruxelles et Malines, Beauvais, Londres, Lille. L'industrie du drap ne se développa que lentement en France.

— Milit, On se sert, pour la confection des effets militaires, de trois sortes de draps, dits : de soldat, de sonsof/tcier et de sous-officier rengagé, qui diffèrent par la finesse de leur trame, finesse exprimée officiellement par le nombre d'ains contenus dans la largeur réglementaire de 119 centimètres, mesurée entre lisières. Le drap est d'autant plus fin que le nombre des ains est plus considérable. Les draps employés sont de 19, 21, 23 et 27 ains; car, outre les trois catégories ci-dessus indiquées, il faut encore distinguer les draps dits d'uniforme, qui servent à confectionner le corps même des effets, et ceux dits de distinction, employés pour les passepoils, numéros et attributs divers. Ces derniers sont toujours plus fins que les premiers. Tous les draps, tant d'uniforme que de distinction, des soldats et des sous-officiers, sont des draps lisses, tandis que ceux d'uniforme des sous-officiers rengagés sont des draps croisés.

DRAP D'OR (Camp du). V. Camp du drap d'or.

DRAPADE (on provcnç. drapado) n. f. Sorte do serge un peu lâche et tirée à poil, dont on faisait autrefois des doublures, ii On l'appelait aussi soMMif:RE.

DRAPAGE (pif) n. m. Action do draper, ii Apprôt dcstiué à former uo duvet à la surface des plantes artïlicielles.

DRAPANT ipan) n. m. Celui qui fabrique les draps de laine, ii Planche sur laquelle le papetier met les feuilles de papier, k mesure qu'il les lève do dessus les feutres. n Drajiant de la chaudière, Planche placée au bord do la chaadiÈro, et sur laquelle on glrsso la forme remplie do pâto.

— Adjecliv. Drapier drapant. Fabricant de draps, par opposition il Marcltand drapier, celui qui vend des draps.

DRAPARNALDIE (dî) n. f. Genre d'algues vertes fllamcnteuics, qui habitent les eaux douces.

DRAPARNALDIÉES n. f. pi. Famille d'alguos chlorospo- Tf'.iis, qui ne renferme que des algues d'eau douce, d un vert gai, d'une structuro délicate. — Une draparnal-

DRAPARNALDINE n. f. Bot. Syn. de batrachosperme.

Draparnaud {Jacques-Philippe-Raymond), naturaliste français, né à Montpellier en 1772, mort en 1805. Il devint professeur d'histoire naturelle à l'Ecole de médecine de sa ville natale, et fut conservateur du musée. Ses principaux écrits sont : Discours sur la vie et les fonctions vitales (1801); Histoire naturelie des mollusques terrestres et fluvîatiles de la France (1805).

DRAPEAU {po — rad. drap) n. m. A signifié Haillon, vieux morceau d'étoffe grossière, n Etendard, bannière, pièce d'étoffe qu'on attache à une sorte de lance, de manière qu'elle puisse se déployer et flotter pour servir à donner un signal, à indiquer un point de ralliement, à distinguer la nation qui l'arbore : On distingue dans un DRAPKAD trois parties : la hampe, la cravate et l'étamine. Le drapeau est l'emblème de la patrie. Il Enseigne des anciennes compagnies; emploi de celui qui la portait, ii Décoration représentant de petits drapeaux découpés en drap do couleur, particulièrement bleu, jaune ou noir, que l'on donne aux sergents d'infanterie de la milice anglaise, qui la portent cousue sur les manches, ii Enseigne d'infanterie (par opposition à étendard, enseigne de cavalerie).

— Signe métaphorique de ralliement; parti politique ou autre : Toujours le drapeau de la liberté a servi à abriter le despotisme. (Proudh.) ii Personne qui symbolise un parti : L'tre le drapeau d'un parti.

— Drapeau blanc fleurdelisé, Drapeau de la monarchie française, i! Drapeau tricolore (bleu, blanc, rouge), Drapeau de la nation française, ii Drapeau rouge. Emblème révolutionnaire, n Drapeau blanc. Drapeau qui, en temps de guerre, indique qu'on veut parlementer ou capituler. Il Drapeau noir. Drapeau qu'on plaçait sur les hôpitaux d'une ville assiégée pour prévenir l'ennemi de ne pas diriger son tir do ce côté.

— Ch. de f. Drapeau-signal , Drapeau blanc, vert ou rouge, avec lequel, pendant le jour, les gardes-voies, les aiguilleurs, les cantonniers, les gardiens des passages à niveau font des signaux auxquels le mécanicien est tenu d'obéir.

— Chir. Bandage qui sert à maintenir certains appareils sur le nez.

— Coût. Linge servant à emmailloter un enfant : Faire sécher les drapeaux d'un enfant.

— Coût. anc. Drapeaux de beffroi. Drapeaux employés par les veilleurs de tours et de beffrois, pour indiquer aux habitants d'une ville les mouvements, l'importance et l'espèce des troupes qu'ils aperçoivent dans la campagne. Il Drapeau d'ordoimance, Sorte de drapeau régimentaire, qui avait quelque analogie avec les drapeaux de couleur qui ont été, sous le régime de la Restauration, les drapeaux de l'infanterie française de ligne, ii Drapeau colonelle ou de la colonelle, Sorte de drapeau régimentaire, ainsi appelé par opposition aux drapeaux d'ordonnance. Il Drapeaux au camp, Drapeaux d'infanterie de ligne fichés en terre en avant du centre du bataillon, et qui tracent le front de bandière entre les files de tentes et les faisceaux.

— Méd. Maladie de l'œil, appelée aussi ptérigyon.

— Pop. Planter un drapeau, Consommer à crédit et ne pas payer (comme si l'on avait réellement planté uu drapeau sur la maison pour ne plus passer auprès).

— Techn. Linge dont on se sert pour essuyer les parties de la couverture d'un livre sur lesquelles on a mis de l'or, u Petit morceau de drap que l'ouvrier batteur d'or tient entre ses doigts, pour y faire passer le battu.

Il Débris de toile, dont on se sert pour fabriquer du papier.

— Typogr. Signe indicatif servant à rappeler qu'on aura une intercalation à faire à un endroit donné : Prière au compositeur de mettre ici un drapeau. (Vx.)

— Loc. div. : Sous les drapeaux. En activité de service, au régiment, au corps, u Drapeaux d'un régiment, Drapeau et enseignes des diverses compagnies d'un régiment, n Garde du drapeau, Escorte d'honneur chargée de garder le drapeau. II L'honneur du drapeau, L'honneur de l'armée. |i Se ranger. Passer, So'vir, Combattre sous les drapeaux de quelqu'un. Servir dans ses troupes ou embrasser son parti.

Il Déserter son drapeau, le drapeau de quelqu'un. Abandonner son propre parti, le parti de quelqu'un, il Mettre son drapeau dans sa poche, Dissimuler ses opinions, n Planter, Lever son drapeau. Se mettre en avant, faire sa profession de foi hautement.

— Au drapeau, Batterie ou sonnerie exécutée pour rendre les honneurs au drapeau quand un régiment le

80= d Tambour "T — -fr ^ 0 m m

W rr

Clairon

rHFLrrr

ti4=

DC

-fcn-^

riH-

-fn*-

ii-tf-

t±=tt

mains entre autres, y attachaient une idée religieuse. Le terme de drapeau n'apparaît guère en France avant le XVI' siècle ; encore doit-on ajouter que, jusqu'au xviii" les drapeaux do l'infanterie étaient officiellement dénommés enseignes et ceux de la cavalerie. Étendards.

Les bandes qui furent, d'après leur importance, comme les embrvonsdes compagnies et des régiments, marchaient suivant leur origine, sous des bannières diverses, qui ne lurent l'objet d'une réglementation que vers le xv» siècle. Dans ces temps éloignés, toutes les enseignes ne jouissaient d'un certain prestige qu'aux yeux seuls des troupes qui les portaient. Pour en trouver une qui ait eu une signification plus large et quasi nationale, il faut remonter à la bannière du roi de France, qu'elle fût constituée soit par la cliape de saint Martin, véritable relique destinée à protéger le monarque, soit par l'oriflamme, bannière de l'abbaye de Saint-Denis, à laquelle s'attachait également la croyance d'un pouvoir surnaturel. Postérieurement, le roi de France porta sur ses enseignes la croix rouge, qui était peut-être celle do Pierre l'Ermite et des croisés, tandis que l'Angleterre arborait la croix blanche. Mais ces signes furent intervertis à l'époque do la guerre de Cent ans : les Bourguignons, alliés des Anglais, prirent la croix rouge de Saint-André ; les Armagnacs, représentant le parti national français, la croix blanche. Cette dernière fut adoptée par Charles "VU, qui traversa d'une croix blanche l'ancienne bannière des ducs de France, d'azur au semis de fleurs de lis d'or. Ce grand étendard royal fut celui des francs-archers de Charles VII et il se retrouve chez les gardes françaises de Louis XV, le premier régiment de France. Cette croix blanche devint, au xviii* siècle, comme la marque française, quelle que fût du reste la couleur du champ du drapeau, qui variait avec les provinces qui fournissaient le contingent ou donnaient le nom au régiment. Le champ du drapeau de Picardie était rouge ; celui de Champagne, vert ; ceux de Piémont et de Navarre, feuille-morte; etc.

Une autre circonstance influa sur la genèse du drapeau français. Au xvi' siècle, le drapeau blanc était l'insigne du colonel, c'est-à-dire d'un chef nommé par le roi et

Au drapeau (batterie et sonnerie).

reçoit, quand on va le chercher pour une prise d'armes, quand il arrive devant lo front des troupes, quand on le reconduit au domicile du chef de corjis, (piand. dans une bataille, on veut rallier les hommes autour du drapeau en péril, etc.

— EscYCL. Tous les peuples anciens firent usage d'ensoig-ncs comme signes do ralliomont; beaucoup, les Ro-

Drapeaux : 1. Royal (Charles VIT-; 2. Royal i Louis X!V) ; 3. De

gardes françaises;'*. De l'Sa ; 5. De la ai""» demi-brigade; 6. De

la Restauration.

participant de son autorité. Plus tard, le colonel général de l'infanterie eut, dans chaque bande ou régiment, une compagnie dénommée la colonnelle, composée de soldats d'élite, qui portait l'enseigne blanche. Chaque régiment avait donc au moins deux drapeaux : celui du colonel, celui du régiment. Comme le premier, de couleur blanche, désignait des soldats délite et souvent avait été donné pour quelque action d'éclat, il jouissait d'une grande faveur et il se généralisa. En 1638, tous les régiments possédaient le drapeau blanc, et, comme le roi était devenu colonel général de toutes les troupes, le drapeau blanc était devenu le drapeau de l'état-major général, le drapeau du roi. Chargé de l'écusson de France, il était l'enseigne de la maison du roi et des troupes spéciales qui en faisaient partie. L'existence simultanée du drapeau blanc et du drapeau à la croix blanche, sans compter les différents guidons des compagnies, tous plus ou moins chargés d'ornements et cravatés suivant la fantaisie des chefs, indiquaient dans l'armée une série de corporations que le drapeau blanc du roi reliait dans une idée commune.

Tel était encore l'état des choses au moment où éclata la Révolution de 1789. La garde civique, en prenant le nom de garde nationale, adopta la cocarde tricolore, dont elle mit aussi les couleurs dans son drapeau (rouge et bleu, couleurs de la ville de Paris, et blanc, couleur de la monarchie).C'est cette cocarde môme que Lafayette fit accepter à la garde nationale, en prononçant lo mot resté célèbre : " prenez-la; voilà une cocarde qui fera le toiu" du monde. »

Le drapeau des armées de la République se composait d'un fond blanc sur lequel le bleu et le rouge étaient disposés do façon différente, suivant les demi -brigades. Mais tous portèrent pour emblème le faisceau surmonté d'un bonnet tricolore. Les drapeaux distribués par Napoléon I"^ à l'armée, en 1804., étaient à losange central blanc, entourés de quatre triangles alternativement bleus et rouges. Les drapeaux donnés à l'armée, après la campagne de 1812, furent, propablement tous, à trois bandes verticales, dans la disposition qu'elles ont encore aujourd'hui. Mais, pendant le premier Empire même, certains corps eurent des drapeaux ou étendards de couleurs différentes, tel l'étendard des chasseurs do la garde qui était tout en soie verte, avec broderies or et argent.

Le gou\ ernemcnt de la Restauration rétablit le drapeau blanc portant les armes de France. Mais avec la variété chère à l'ancien régime, le premier bataillon porta seul ce drapeau royal; le deuxième bataillon avait uu drapeau blanc et cramoisi, le troisième un drapeau blanc et vert. En 1830, le roi Louis-Philippe rétablit pour toute l'armée les trois couleurs, qui furent surmontées du coq gaulois; les drapeaux portaient les mots : Honneur et Patrie.

En 1848. le drapeau tricolore fut maintenu ; il porta pour devise : Liberté, Egalité, Frateniilé, Unité, encadrant les lettres R F et le nom du régiment.

Le second Empire rétablit le drapeau du premier.

Lo tlrapoau comporte, outre la hampe ot ViHamine ou étoll'o llottanto, une crarmCc, sorte do nœud t"orniô[iur doux liandos do .soie ot altaclk'* ;\ l'oxtrtiui i 10 supériouro do la liarnpo.

Los d r a- I)oaux actut'ls do l'armi-o l'rauçaiso no r 0 ni o n t e II t HU'A l'anuL^o ISSO, époq

Page 1