DROUET — DROZ
avec distinction toutes les campagnes de l'Empire. Ayant trempé dans le complot orléaniste des frères Lallemand et du général Ijcfebvre-Desnouettes, il fut incarcéré (15 mars 1815). Napoléon lui rendit la liberté, le nomma pair de France, et, au début de la campagne de Belgique, le mit à la tète du 1" corps d'armée. Resté à l'écart de la bataille de Lignv> par suite d'instructions contradictoires, il prit sa revanche à Waterloo, où il fit des prodiges de valeur dans l'attaque de la Haie-Satnte. Condamné à mon au retour des Bourbons, il put s'échappera Munich, où il devint directeur d'une brasserie. Rappelé au ser^'ice après la révolution de 1830, Drouet d'Erlon reçut le commandement de la 11' division militaire à Nantes. En 1834, il fut nommé gouverneur général de l'Algérie, mais se montra inférieur à sa mission. Enfin, en 1843, ses longs services lui valurent le bâton de maréchal do France. Une statue en bronze lui a été élevée à Reims, en 1849.
Drouet (Louis-Francois-Philippe), flûtiste habile, né à Amsterdam en 1792, de parents français, mort à Berne en 1873. Admis au Conservatoire, il obtint bientôt de brillants succès dans toute l'Europe. Il a publié, avec une bonne méthode de flûte, de nombreuses compositions pourson instrument. Dans sa jeunesse, Drouet avait été, en Hollande, secrétaire musical de la reine Hortense; il a revendiqué à ce sujet la paternité de la fameuse romance : Partant pour la Hyrie, publiée sous le nom de cette princesse.
Drodet (Juliette), actrice française, née à Vannes en 1S05, morte à Parisen 1883. Elle n'est connue que par sa longue intimité avec Victor Hugo. Engagée à lOdéon, puis à la Porte-Saint-Martin, pour jouer des rôles secondaires, Victor Hugo la remarqua dans celui de la comtesse Negroni, de Lucrèce Borqia, et, dès lors, elle ne le quitta plus ; elle le suivit en exil à Bruxelles, à Guernesey, à Jersey. M°" Drouet servait de secrétaire à Victor Hugo ; presque tous les manuscrits que celui-ci a légués à la Bibliothèque nationale ont été transcrits par elle.
DrOUIA, ville de la Russie d'Europe (gouv. de Vilna), au conflueut de la Drouika et de la Duna; 5.500 hab.
DROUILLE [drou-ill [Il mil.]) n. f. Dr. féod. Présent que l'on donnait au seigneur en sus des lods et ventes.
DROUILLER {droii-jll-é [It mil,]) n. m. Nom vulgaire de Talisier blanc [sorbus aria).
DROniLIXT {drou-ill-é [H mil.]) n. m. Sorte de filet dormant, monté sur des perches, que les pêcheurs disposent contre le courant d'une rivière ou contre la direction de la marée, pour prendre les petits poissons.
DROUILLETTE (rfrou-i7/-èr [Il mil.]) n. f. Sorte de filet en forme de manet, qui sert à la poche du petit maquereau.
DrOUIN (Nicolas), sculpteur-français, né à Nancy en 1590, mort en 1647. Il étudia son art à Paris. De retour dans sa ville natale, il exécuta les statues placées sur le perron du jardin de la cour de Nancy, le mausolée du cardinal Charles de Lorraine, dans l'église des Cordeliers ; le tombeau de la famille de Bassompierre, dans l'église des Minimes, etc. Drouin connaissait également l'architecture et fit le plan d'une église pour les bénédictins, que le prince Henri de Lorraine projetait de bâtir.
Drouin (René-Hyacinthe), théologien français de l'ordre de Saint-Dominique, né en 1682 à Toulon, mort à Ivrêe iPiémont) en 1742. Neveu du P. Serri et, comme lui, adversaire pfissionné des jésuites dans la question des cérémonies chinoises, il fut obligé, par lettre de cachet, de quitter l'université de Caen, dont il était syndic, et même de sortir de France. Il se rendit à Padoue, puis à Verceil, où il enseigna la théologie; il se retira ensuite à Ivrée.
DROUINE fdu bret. drouin. havresac) n. f. Nom que les rhau'lronniers ambulants donnent au havresac contenant leurs outils et qu'ils portent sur le dos.
Drouineau 'Gustave), auteur dramatique et romancier, né à La Rochelle en 1800, mort en 1878. Professeur en province, il se rendit à Paris et débuta par une Epîlre à Casitnir Delaviqne (1823). Il donna au théâtre : Hienzi, tragédie qui eut du succès (1826) ; l'Ecrivain publie, drame également applaudi (1828); l'Espion, drame (ises); Françoise de Rimmi, tragédie (1830). Parmi ses romans, empreints de mysticisme, cituns : Ernest (IS29) ; le Manuscrit vert (1831); Itésiff née {1^33); les Ombrages (1833). On lui doit aus.si : Confessions poétif/ues {1SZ3) et diverses poésies. En 1830, Drouineau avait voulu fonder une religion nouvelle, le néo-chrislianisme. Atteint de folie, il mourut dans une maison d'aliénés, près de La Rochelle.
DROUINEURou DROUINIER (nM — rad. drouine) n. m. Chaudronnier ambulant.
DROUJXNA n. f. Mot russe, dérivé de droug (ami) et qui signilie littéralement réunion d'amis.
— Enxycl. Ce nom, d'abord donné à la garde du corps des grands-ducs moscovites, est officiellement appliqué aux bataillons de la milice, ou opoltchénié, qui représente, en Russie, l'analogue do la landwehr et an landsturm allemands, et qui, levée d'abord en 1806, puis en 1812, pour résister à l'invasion dos Français, puis encore une fois lors de la guerre de Crimée, estdevenue, depuis l'adoption du service obligatoire, une institution permanente. Lo nom de droujina sert encore à désigner certaines formations dan.^ les autres armées :
slave, sorbe et bulgare.
DrOUOT( Antoine. comtej, général ut pair do Franco, né à Nancy en 1774, mort en 1847. Il était fils d'un boulanger, et se cultiva pour ainbi dire lui-mAmo. Souslieutcnant d'artillerie au sortir de l'Ecole d'application do Metz (1703), il combattit à Flouruft f]704),à (lobonlinden (1800), et devint, en 1808, colonel-major do l'artillerie à pied de la garde impériale. Il contribua aux victoires do Wagram et do la Moskova. Général de brigade au début delà campagne do 1813, il fut, pou de tomp.s après, nommé
1/^ / Général comte Drouot,
général de division et aide de camp de l'Empereur. Drouot ht preuve, pendant la retraite de Russie, d'une énergie extraordinaire. Par ailleurs, il avait mérité le surnom do Sage de la Grande Armée. Chef de l'artillerie à Lutzen et à Bautzen, il déploya une énergie et une habileté prodigieuses. A Hanau, il sauva l'armée fannaise en retraite vers le Rhin, en lui ouvrant à coups de canon un passage à travers la masse des 60.000 Bavarois chargés de barrer la route. Drouot suivit l'Empereur à lile d'Elbe, dont il fut gouverneur. A "Waterloo, Drouot combattit avec son intrépidité ordinaire et fut chargé de ramener les débris de la garde derrière la Loire. Le gouvernement de Louis XVIII le fit passer en conseil de guerre, comme complice des événements du 20 mars, mais il fut acquitté. I! se retira alors dans sa ville natale. En 1851, Nancy a élevé à son glorieux enfant une statue, œuvre de David d'Angers.
Droupa, race pastorale et à demi nomade, ignorante et peu civilisée, mais do mœurs patriarcales, qui constitue la plus grande partie de la population rurale du Thibet. Sur les plateaux et dans les vallées du Centre, de l'Est et de l'Ouest, où elle se livre à l'élevage du bétail, elle présente un type uniforme, particulièrement robuste, sensiblement dirt'érent du Mongol.
DROUSSAGE [drou-saf] n. m. Premier cardage de la laine qui se fait avec une carde à main analogue à celle dont les matelassières font usage.
DROUSSE n. f. Carde à main, qui commence le travail du cardage. n On dit aussi droussette.
DROUSSER [droa-sé) V. a. Carder la laine en long. Se drousser, v. pr. Etre droussé.
DROUSSETTE n. f. Techn. V. DBOUSBE.
DROUSSEUR ((/ro»-se«r*), EUSE n. m. Ouvrier qui drousse les laines, ii Ouvrier qui donne le lustre au drap au moyen de l'apprêt. (On dit aussi drosseur.)
Droutz ou Drout (le), rivière de la Russie d'Europe, affluent du Dnieper dans lequel elle se jette, à Rogatchef, après un cours de 270 kilom. environ.
DrOUYN ou DrOVIN DE BeLENDROIT (Daniel), littérateur français, né à Loudun, mort à Paris vers 1610. Il a publié : le Revers de la fortune, traitant de l'instabilité des choses mondaines (1587); le Miroir des rebelles (1592); les Vengeances divines de la transgression des saintes ordonnances de Dieu, poème (1594).
Drouyn de IjHUYS (Edouard), diplomate et minisTe français, né et mort à Paris (1805-1881). Directeur du service commercial au ministère des afi'aires étrangères eu 1842, il se fit élire député par l'opposition libérale dynastique dans l'arrondissement de 3Ïelun. Aussitôt après la proclamation do la République, en 1848, il fut nommé représentant du peuple à la Constituante par le départementde Seine-et-Marne. Il reçut le portefeuille des alTaires étrangères dans le premier ministère que forma le princeprésident aussitôt après son élection, le 20 décembre 1848. Au mois de juin 1849, Drouyn de Lhuys fut remplacé par Alexis de Tocquoville, mais il fut nommé ambassadeur de France à Londres. En 1851, il entra, comme ministre des afi'aires étrangères, dans le cabinet provisoire du 10 janvier. Après le coup d'Etat du 2 décembre, Drouyn de Lhuys fut nommé sénateur, puis vice-président du Sénat. En juillet 1852, il reprenait le portefeuille des affaires étrangères. Ayant essayé d'éviter la guerre de Crimée, il échoua et donna sa démission.
Lorsque l'Empereur envoya au Sénat le message qui reprochait à cette assemblée son inertie, Drouyn de Lhuys, considérant ce message comme un blâme pour les sénateurs , se retira de la haute assemblée. En 1862, Drouyn de Lhuys, cependant, fut nommé do nouveau ministre des affaires étrangères, en remplacement de Thouvenel, pour réagir contre les tendances trop italiennes de son prédécesseur. En 1S66, quand la guerre entre l'Autriche et la Prusse changea la constitution politique de l'Allemagne, Drouyn de Lhuys, s'inspirant du sentiment français, se montra partisan d'une intervention militaire. N'ayant pu faire triompher son opinion, il se retira du ministère. Après la révolution du 4 septembre 1870, il rentra dans la vie privée.
Droux, comm. de la Haute-Vienne, arrond. et à 10 kil. de Bellac, sur un plateau dominant le val de la Somme, affl>uent de la Gartempe ; 1.334 hab. Ch. de f. Orléans.
DrOVETTI (Bernardini, diplomate, archéologue et voyageur italien, né à Livourne en 1775, mort aux environs de Turin en 1852. Il fit la campagne d'Egypte comme lieutenant-colonel et fut nommé par Napoléon consul général dans ce pays, fonctions qu il remplit jusqu'en 1829. Il accompagna Caillaud dans son voyage à l'oasis de Syouah, ht des fouilles à Thèbes et à Memphis, et composa deux collections importantes d'antiquités. Il céda la première au roi de Piémont, la seconde à Charles X. Elle servit de noyau au musée égyptien du Louvre. On a de Drovetti, en collaboration avec Caillaud: Voijage à l'oasis de Si/ijua/i, publié par Jomard (1823).
Droxford, village d'Angleterre (comté de Hamps); 2.100 hab.
DroyLSDEN, ville d'Angleterre (comté de Lancastre), sur le canal do Rochdalo ; 13.000 hab. Fabrique de produits chimiques, do cotonnades, teintureries et impressions. C'est une annexe de la commune do Manchester.
Droyn ou Drouyn (Jehan), littérateur français, né à Amiens, mort après 1507. Il a laissé plusieurs ouvraç:os bizarres, recherchés des bibliophiles, notamment : la A'cf des folles, ouvrage très rare, écrit en prose mêlée de vers ; l'Histoire des trois Marie (15U), sorte de roman rempli de contes ridicules.
Drouyn de Lhuys.
Jean-Gustave Droysen.
Droyn (Gabriel), médecin français du xvi* siècle, autour du Royal Sirop de pojntnes, antidote des passions mélancoliques (1615), ouvrage curieux, fort recherché des bibliophiles, dans lequel il attaque avec beaucoup d'érudition, mais sans ordre et sans méthode, les préjugés populaires, les erreurs de l'astrologie, etc.
DrOYSEN (Jean-Gustave), philologue, historien et hommo politiijue allemand, né à Treptow (Poméranie) en 1808, mort à Berlin en 1884. 11 était, on 1835, professeur d'histoire moderne à l'université de Kiel. où il prit une part active à la politique des duchés, tant par des discours que par des articles de journaux et des livres :
Histoire de la politique danoise d'après les documents officiels (1850). Aussi fut-il envoyé, en 1848, au parlement de Francfort, où il se rangea dans le parti modéré. II passa ensuite aux universitésd'Iéna et de Berlin. Il donna d'abord des traductions d'£'sc/fy/e (Berlin, 1832), d'Ar(sioyj/iane (Berlin, 1836-1838); une dissertation sur Phripiichos, Eschyle et la trilogie (\Si\). Puis il se tourna entièrement vers les études historiques. Ses prii>cipaux ouvrages sont : Geschichle Alexanders des Grossen (1833); Geschichte des Bellenismus (1836-1843; trad. franc, par Bouché-Leclercq [1883-1885]), œuvre de tout premier ordre, où l'on trouve, jointe à une solide érudition, une large conception de la philosophie de l'histoire : Vorlesungen itber das Zeitalter dcr Ereiheitskriet/e (1846) ; Leben des Feldmarschalls Grafen York von Wartenburg (185i); Geschichte der preussischen Politik (1855-1885); Abhandlungen zurneuern Geschichte (1876); Grundzùge der Historik {18GS).— Son fils, Gu.stave Droysen, né à Berlin en 1838, est aussi connu comme historien ; il a été nommé professeur à l'université de Halle en 1872. Il a publié des travaux sur l'histoire du xvi" et du xvii" siècle; Gustave- Adolphe (1869 et 1878).
Droz (Pierre-Jacquet), mécanicien suisse, né à La Chaux-de-Fonds en 1721, mort à Bienne (canton de Berne) en 1790. Après avoir simplement examiné le travail d'une de ses sœurs, ouvrière en horlogerie, il parvint à fabriquer les diverses pièces d'une horloge; il y ajouta même un nouveau mécanisme à musique, imitant le tintement des cloches et le jeu de la flûte. Ses recherches lui firent découvrir un pendule composé de deux métaux se dilatant inégalement, de façon à neutraliser les effets de la chaleur et du froid. Au moment de sa mort, il s'occupait de la fabrication d'une nouvelle horloge astronomique.
Droz (Henri-Louis-Jacquet), fils du précédent, né à La Chaux-de-Fonds (Suisse) en 1752, mort à Naples en 1791. Fort habile mécanicien, comme son père, il construisit un automate représentant une jeune fille jouant du clavecin, suivant des yeux la musique, faisant courir ses doigts sur les touches et, quand le morceau était achevé, se levant et saluant l'auditoire. Le plus célèbre échantillon de son génie inventif est une paire de mains artificielles, (ju'il exécuta pour le jeune La Reynière, qui avait perdu ses deux mains dans une partie de chasse.
Droz (Jean-Pierre), graveur en médailles suisse, parent des précédents, né à La Chaux-de-Fonds en 1746, mort à Pans en 1823. Il fut élève de Duvivior. Repoussé d'abord par la France, il avait porté en Angleterre ses procédés. A son retour, le Directoire le nomma directeur de la Monnaie et des médailles, poste qu'il conserva jusqu'en 1814. Il avait trouvé le moyen de multiplier la gravure en taille-douce, et, en 1792, il avait fourni quatorze mille planches d'assignats de 25 livres. Sous la direction de Vivant-Denon, et avec l'aide de Jeuffroy, de l'Institut, Droz forma un très grand nombre do graveurs en médailles. On a de lui, outre plusieurs types de monnaies et des médailles remarciuables, les grandes médailles de la Banque de France, \a Paix de Schœnlrunn, les portraits de Louis XVI, du général Bonaparte.
Droz (François-Nicolas-Eugène), magistrat et éruuit, né à Pontarlier en 1753, mort à Saint-Claude (Jura) en
1805, conseiller au parlement de Besançon, auteur d'une Histoire de la ville de Pontarlier, d'un Essai sur les bourgeoisies, etc.
Droz (François-Xavicr-Joseph), moraliste et historien français, né à Besançon en 1773, mort à Paris en 1850. Il essaya, sans succès, d'écrire pour le théâtre. Engagé dans le 12" bataillon des volontaires du Doubs. il fut élu capitaine. Obligé par l'état de sa santé d'abandonner la carrière militaire, il obtint une chaire d'éloquence à l'écolo centrale de Besançon. En 1801, il publie : Lois relatives aux progrés de l'industrie ou Obsenmtions sur les maîti'ises, les privilèges et les prohibitions, puis, en 1802, un discours Sur le droit politique.
A ce moment, il se rend à Paris et écrit un roman fade, imité de Florian et do Gessner : Lina ou les Enfants du ministre Albert (1804). En
1806, YEssai sur l'art d'être heweux attira l'attention sur lui. Dès lors, il s'affranchit de la philosophie des sensualistes, concourt avec Villemain, en 1811. pour VEloge de Montaigne. Son Etude sur le beau dans les arts (1815) eut quelquo rotontissemont. La Philosophie morale ou Des différents systèmes sur la science de la vie (1823) lui ouvrit les portes de l'Académie française (182-1). h' Application de la morale à la philosophie (1825), la Notice sur Michel de L'Hospital et l'Economie politique ou Principes de la science des richesses (1829) mirent le sceau à sa réputation.
Gustave Droz.
Cependant, son ouvrage le plus important no parut que longtemps apn>s; c'est V Histoire du rèfjne de Louia A \7 pendant les années où l'on pouvait prévoir et dirif/er lu Jh-vulution française {\%iSi' l'Ut). Los derniers travaux do Droz sont : Pensées sur le christianisme et Aveux d'un chrétien, doux opuscidos diidiés à hU^ AUVo. Ils maruuent lo tormo do l'ôvulutioii do sa pensôo qui, partie de Cabanis et dos sensuulistes, aboutit à uuo pliilosophio 6cloctiquo, incertaine et timide.
Droz (Jules-Antoine), sculpteur français, fils de Jean- Pierro Droz, né ot mort à Paris (1807-1872). Elùvo de Cartellier ot de Uognault, ses principales œuvres sont ; le Génie du mal (chàtoau de Compiôgne), l'Ange du viarti/re (église Saint- iSnlpico à l^aris), statues do l'Hiver et do l'Été, au palais du Luxembourg, et quelques sculptures pour la façade du nouveau Louvre.
Droz (Antoine-Gujiaue), litltSrateur français, né et mort à Paris (1S32-1S95), tils du précédent. Il s'adonna d'abord à la pointure, et exposa des tableaux de 1S57 à 1865. Il so montra, dans la " Vie parisienne », conteur exquis, observateur plein de finesse, à l'analyse pêuotranto.
Ses articles furent réunis en volumes, sous le titre de :
Monsieur , madame et bébé (1866) ; Entre nous{\mi) ; le Cahier bleu de 3/"" CiV^oi (1868). Droz collabora ensuite à la » Revue des Deux Mondes h, et publia : Autour d'une source (1869) ; un Paquet de lettres (1870); Babolain (1872); les Etangs (1875); itne Femme gênante (1875); Tristesses et sourires (1884) ; l'Enfant (1885).
Droz (Numa), homme d'Etat et publiciste suisse, né à La Cliaux-do-Fonds en 1844, mort à Berne en 1899. D'abord apprenti graveur, il devint instituteur, puis professeur à Neuchàtel. En 1864, il entra à la rédaction du « National suisse h. Il fut nommé membre du grand conseil neuchâteloison 1869, du conseil d'Etat en 1871, et, en 1872, du conseil des Etats, qu'il présida en 1875. Il fut ensuite conseiller fédéral, puis président de la Confédération en 1881 et en 18S7. 11 a dirigé les départements de l'intérieur, du commerce et des aliaires étrangères. C'est en cette qualité qu'il a tenu tête à Bismarck, en I8S9, au sujet de l'affaire Wohlgemuth. Droz a été nommé, en 1892, directeur du Bureau de l'union internationale des chemins de fer. Il a publié, notamment : Histoire d'un proscrit de i793 ; le Passage des Alliés en iSI3; Manuel d'instruction civique (1884J.
DRU, DRUEadj. Epais, touffu, serré ; Une herbe drue. Il Fort, vigoureux : Des moineaux, des enfants drus comme père et mère, il Une fille drue. Bonne à marier, ii Fam. Gaillard, vif, gai, décidé : Vous voilà bien dru aujourd'hui.
— Adverbialem. Dune manière serrée; en grande quantité : Pluie qui tombe dru. Arhrrs plantés dru. Blés qui poussent dru. ii A coups redoublés, précipités : Frapper fort et dru. Il Jaser, Caqueter dru, Parler beaucoup et vite.
DRUDE ou DRUTE n. f. Etre fantastique féminin, qui, d'après les croyances populaires de l'Allemagne méridionale, de la Bavière, du Tyrol et de l'Autriche, se plaît à tourmenter les hommes et les animaux domestiques.
DRUE {dru) n. f. Dans certaines parties de la France, Variété d'alouette des champs, l'alouette huppée, ii JNom vulgaire du proyer.
Druelle, comm. de l^Aveyron, arrond. et à 5 kilom. de Rodez, sur le causse du Comtal, non loin de l'Avoyron ; 1.424 hab.
Druent, bourg d'Italie (Piémont [prov. de Turin]), sur un altlucnt do la Stura; 2.G00 hab.
Druey (Henri), homme d'Etat et publiciste suisse, né à Faoug (Vaudj en 1799, mort à Borne en 1855. En 1828, il entra au grand conseil de son canton et, en 18;i0, fut nommé conseiller d'Etat. Chef du parti radical dans le canton do Vaud, il en fut élu représentant ù la diète fédérale (1841). Druey, d'abord opposé à l'idée de cliasser les jésuites, so prononça ensuite pour l'expulsion à main arméo. Lo grand conseil de Vaud, qui n'avait pas voulu entrer dans cette voie, fut renversé (1845). Druey devint chef du nouveau gouvernement; il favorisa la propagande des doctrines socialisios. Dans la lutto du Sonaoround, il contribua beaucoup à arracher la déclaration do guerre aux cantons de la majorité. La lutto terminée, Druey eut une part importante à l'élaboration du pacte fédéra! do 1848. Il devint membre du conseil fédéral, puis président do la Confédération pour Tannée isr^o.
Druffel (Auguslo m:), historien allemand, né à Coblentz en 1841, mort ù Munich on 1891. Privat-docent, ensuite professeur à l'université do Munich, il a écrit dos ouvrages estimés : Contributions à l'histoire de l'Empire de i5S6à /55?(1873); l'Empereur Charles-Quint et laCurieromainei\%n-\^'i\); Ignace de Loyola à la curie romaiHe(l879); le Moine augustin d'Alsace Jean Hoffmcister (1879); etc.
DRUGE {druf — do l'anc. v. druger, devenir dru) n. f. Abondance, multitude, ii Provision. (Vieux.)
— Ilortic. Pousse oxcossivo dos pois.
— Prov. : Se plaindre de druge, So plaindre hors de propos; so plaindre, comme on dit, que la mariée est trop uellc.
Drugeac, comm. du Cantal, arrond. ot à 9 kilom. de Mauriac, non loin do la Sienne, sous-aftluent de la Dordogno par l'Auzo; 1.239 hab. Ch. de f. Orléans.
DRUGEON {jon) n. m. Extrémité do la druge ou pousse dos pois.
DRUGEONNCMENT [jo-nc-man) n. m. Action do pousser des i(!Jotons.
DRUIUAL, ALE, AUX adj. Qui est propre aux druides.
DRUIDE fdu laL. druida, d'orig. celiiquo) n. m. Nom des anciens prêtre.s ^,'aulois ttt bretons : Éea dkuioics étaient tout-puissants dans les (iautcs.
— Kig. Savant pédant ot solcnnol : Un vieux dbuidh empesé. (Grcsset.)
— Enctcl. Relig. et hist. Les druides, qui présidaient chez les Celtes aux choses du culte, avaient été les propag^iteurs d'une doctrine religieuse et philosophiquo à Ui|uello ils durent la domination politique. Le tfrnidismo no doit pas Ctre confondu avec la religion des Coites. C'était une philosophie, originaire de la Grande-Bretagne, dont l'ensemble nous est inconnu, pour cotte raison, surtout, que les druides contiaiont tout à la mémoire. Les druides enseignaient que les hommes descendaient du dieu de la mort. Disputer, et quo Us monde devait finir par l'eau et le feu ; ils croyaient à l'immortalité do l'âme ot à un autre monde ; leur doctrine diffère do la métempsycose. Les druides prohibaient les temples bâtis et les représentations liguréos dos dieux. Les dolmens, menhirs et cromlechs, étaicTit bien antérieurs au druidisme. Cette doctrine était ossentiollomontspiritualisto. Los druides avaient dos idées que nous no connaissons pas au sujet des astres et de leur mouvement, et au sujet de la grandeur du monde et de la terre.
Les druides ne se bornaient pas à ces doctrines métaphysiques, théologiques et cosmogoniques; ils étaient, en outre, astrologues, devins, sorciers, médecins. Ils durent à ces pratiijues, qui frappaient lo vulgaire, une grande influence, et furent, pour ce motif, exempts du service militaire. Ils prirent mémo les fonctions de prêtres et do juges. Les cérémonies de cultes qui existaient avant lo druidisme s'accomplirent par leurs mains. C'est ainsi que les druides présidèrent à la cueillntte du gui de chêne, cérémonie symbolique dans laquelle on doit voir une manifestation du cufte des plantes que l'on rencontre partout. Les druides conservaient la pratique des sacrifices humains, qui avait dii exister avant eux.
On s'adressait aux druides pour trancher les différends des particuliers et des Etats. Leur juridiction était gracieuse, mais sanctionnée par une sorte d'excommunication, qui consistait à interdire les sacrtlices et, par suite, à mettre hors la loi. Les druides reconnaissaient l'autorité d'un grand prêtre nommé à vie. L'élection se faisait en un liou situé sur le territoire des Carnutes (entre Chartres et Orléans), qui passait pour être le centre de la Gaule. Les druides ne formaient pas une caste fermée ; ils se recrutaient par libre cooptation, surtout parmi la noblesse. On les divisait en trois classes : les druides proprement dits, les eubages, devins et sacrificateurs, et les bardes, poètes et historiographes. Il n'existait pas de druidesses. comme on l'a cru fongtemps.
Les druides perdirent leur influence vers l'époque de l'empire romain. Tibère et Claude s'attaquèrent à leurs pratiques superstitieuses et interdirent les sacrifices humains. Mais, si le druidisme disparut, ce fut moins par suite des persécutions que comme conséquence de la transformation sociale ot intellectuelle de la Gaule. Los druides se maintinrent plus longtemps en Bretagne et les bardes subsisteront, durant le moyen âge, dans le pays de Galles. En Irlande, les druides firent opposition au christianisme, et les bardes furent réduits à un rôle infime.
— BiBLioGR. : d'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique (Paris, 1889); Gaidoz, dans 1' » Encyclopédie des sciences religieuses», au mot Gaulois ; Ferdinand Lot, les Celtes (» Revue encyclopédique n, 1893).
DRUIDE n. f. Genre d'insectes hyménoptères, famille des tenthrédes, dont l'espèce type habite l'Angleterro.
DRUIDESSE {dèss"j n. f. Prêtresse supposée de l'ordre des druides, qui passait pour magicienne et prophôtesse.
DRUIDIQUE (dik') adj. Qui a rapport aux druides, à la religion des druides : Autel druidicjdh. Notre Gaule compacte, DRUiDiQUK, fut longtemps hérissée et impénétrable.
DRUIDISME {dissm') n. m. Culte druidique : tes Bomains anéantirent le druidisme.
— E.N'CYCL. V. DRUIDE.
Druillat, comm. de l'Ain, arr. et à 18 kil. do Bourg, au bord do la côtièro orientale de la Dombos, non loin du confluent do l'Ain ot du Suran ; 1.040 hab. Ancien manoir do templiers.
Drulhe, comm. de l'Avoyron, arrond. ot à 18 kilom. do N'illetranche, non loin du Touzau, une des sources do la Diège Avoyronnaise; 1.031 hab.
Drulingen, ch.-l. de cant. d'Alsace-Lorraîno (Basse- Alsace [cercle de Savernej), surriscb; 515 hab. Agriculture.
— Lo canton a 198,038 kil. carr., 30 comm. et I4.0iy hab.
DRUM {drum') ou DRUMMER {dru-mér') n. m. Nom vulgaire dos poissons sciéuoïdes du gonro pogonias ou tambour.
DrumACHOSE, comm. d'Irlande (prov. d'Ulster [comté de Londonderry,), sur lalioe, près du lac Koyle ; 5.200 hab. Pierre à bâtir "et pierre à chaux.
DrumanN (Guillaume-Charles-Auguste), historien ot phllolo^nH' allemand, néàDannstodtenl780, mortùKœnigs- Ijorg on IStil. 11 fut précepteur, professeur au Pxdagogium do Halle (1810), privat-docent à l'université do cotte ville (1812) et enfin (1817) professeur d'histoire et de littérature ancienne à colle do Kœnigsberg, où il enseignait encore à l'époque dosa mort. Drumann a produit une œuvre vraiment remarquable ; Histoire de Home dans son passage de la république à la monarchie ou Pompée, César, Cicéron et leurs contemporains (1834-1844). Parmi ses autres ouvrages, il faut mentionner : Histoire de la décadence des Etats grecs (1815); Esquisse d'une histoire de la civilisation (1847); Histoire de Itoniface Vill (1852); Ouvriers et communistes dans l'antiquité grecque et ï'ow^mc* (18G0).
Drumballyroney, comm. d'Irlande (prov. d'Ulster
froiiiié de DownJ), sur lo Bann; 4.580 hab.
DrumBO, comm. d'Irlande (prov. d'Ulster [comté de Downjl, sur lo Lagan ; 7.700 hab. Cromlech dit » Anneau du t^éant n {Gcanl's iting).
Drumcannon, comm. d'Irlande (prov. do Munster 'coiuté do Waterlord)), sur la baio Tramoro; 3.600 hab.
Drumcliff, comm. d'Irlando (prov. do Connaught I comté de Sligo]), sur la baie de //rumcli/f; 6.000 hab.
— Prov. do Munster (comté de Claro) ; 8.500 hab. Drumcree, comm. d'Irlande (prov. d'Ulster [comté
d'Arin;iKb||, sur la rivière Down; 12.300 hab. (avec Portadown). 'l'oilos.
DRÛMENT adv. D'une manière drue, sorréo, frôquonto. (luus. ; ou dit UKU on ce sons.)