DULCIA
Diijardia.
Du JON (François) [lat. Junlus], théologien proiest;iiil, im ;i Bourges en 15 15, mort à Loyde on lilii2. P:istiMir à Anvers, puis à Schœnau, il reçut de Henri IV une mission diplomatique en Allemagne. Il termina sa carrière comme professeur do théolugio à Leyde. Ses ouvrages sont nombreux; nous citerons: Uibliurum pars I, id est quinque libri Mosis lat ini recens ex hebrieo facli (Vol^); Pars II, id est libri historici (157G); Pars II f, id est liltri puetici (1579); Pars IV, id est libri prophetici (1^'^^); Méthode des lieux comtnuns de la sainte Ecriture, disposés selun l'ordre des chapitres que Calvin asuividaiisson Jnstîtulii.n (15'J9); Opéra theologica (1G07).
DuKAS. Biogr. V. DucAS.
DUKE (Richard), Irthier anglais, dont la réputation fut très gninde on Argleterro, dans la seconde moitié du xviii" .siècle. Cependant, commo tous les luthiers de ce pays, Duko n'était lui-mémo qu'un imitateur et un copiste, et s'ofi'orçait surtout d'imiter les instruments de Nicolas Aniati et de Stainer.
Duke (Richard), théologien et poète anglais, né vers 1G55, mort en 1711. Après avoir été précepteur du duc do Richmond, il embrassa la carrière ecclésiastique et devint chapelain de la reine Anne. On a de lui, outre un recueil de Set^ions (1714), un poème politi(pio inachevé, intitulé lieview, et un volume de pièces légères.
DuKER (Charles-Gustave, comte de), général suédois, mort en 1732. Il prit une part brillante aux guerres do Charles XII sur le continent. Fait prisonnier à Pultava, relâché peu après, il chassa les Danois de Scanie (1710) et défendit courageusement, mais inutilement, Stralsund. Nommé feld-maréchal peu après la mort du roi, comto et sénateur, il fut un des négociateurs du traité de Stockholm (1720).
DuKER (Charles-André), philologue allemand, né à Unna (Westphalie) en 1670, mort à Meyderic en 1752. Il fut quelque temps professeur au gymnase d'Herborn, puis il accepta une chaire au collège supérieur de La Haye. En 1716, il partagea avec Drakenborch les chaires que Burmann avait réunies autrefois à Utrecht. On vente surtout ses Opuscula varia de latinitate veterum jurisconsultorum, dont la meilleure édition est celle de Leyde (1761). On lui doit une excellente édition de Florus, cumnotis integris Salmasii, Freinshemii, e'c. (1722). Mais son œuvre capitale est son Thucydide, De bello Peloponesiaco libri VII2 cu7n nolis Stephani, Budsoni, Jac. y\'asse, etc. (1744).
DUKES, comté des Etats-Unis (Massachusetts), formé des îles Martha's-Vineyard, Chippiquiddic, Noman's-Land, et du groupe des îles Elisabeth, toutes situées dans l'océan Atlanfique; 4.400 hab., vivant presque uniquement delà pêche. Ch.-l. Edgartoion, dans l'île Martha's-Vineyard.
DUKSTOWN, ville et port de commerce de la Guinée (colonie anglaise), sur l'estuaire du Vieux-Calabar.
DuKHAMÂ. Dans la cosmologie des Djains, Quatrième â^e de V Avasarpini, ou période descendante, et le troisième de VOutsarpinî, ou période transcendante. (Dans le premier cas, il correspond au troisième âge des brahmanes, le Dvapara-youga. C'est le commencement de la période où le mal s'établit dans le monde, où la terre cesse de produire sans l'aide du travail de l'homme et où la dégénérescence générale s'accentue ; dans le second, c'est la fin des temps de misère, la période de bonheur et de prospérité devant s'ouvrir avec l'âge suivant ou Sukhumd-Dukhajjiâ.)
DuKINFIELD, ville d'Angleterre (comté de Chesterl, sur la Tame; 17.400 hab. Cette ville, qui continue sur la rive gauche de la Tame le centre industrieux d'Ashtonunder-Lyne, renferme elle-même d'activés usines, fonderies, filatures de coton, alimentées de combustible par les houillères du voisinage.
DUKLA, ville d'Austro-Hongrio (Galicio), sur la .lasiclka, sous-affluent do la Vistulo par la Wysloka; 4.000 h. Fabriques do draps et de toiles; commerce de vins et de trufi'es. Ch.-l. d un district peuplé do 25.500 hab. Point stratégique, au débouché du col de Dukla, menant do Galicio en Hongrie, à travers les Karpathes.
DuLAG ou Du LacQ (Joseph), officier et écrivain militaire savoision, né à Chamhéry, mort à Alexandrie en 1757. Il se distingua dans l'armée du roi de Sardaii.rno, en Italie, de 1733 à 1748, reçut lo commandement d'Ivréo avec le grade do colonel, puis tomba on disgrâce. Dulac introduisit la science do 1 artillerie en Piémont. On a do lui : Théorie nouvelle sur le mécanisme de l'artillerie (1741) ; Nouveau système d'artillerie sur mer et sur terre (17G3).
Du Lac (le P.), jésuite, éducateur ot prédicateur français, né en 1835. Il fit ses études au collège Stanislas, à Paris, entra, à vingt ans, commo novice, chez les jésuites et s'adonna à l'enseignement. Il fut envoyé d'abord au collège do Vannes, puis à Rome, devint, en 1870, recteur du collège du Mans, et fut nommé, en 1871, recteur do l'école de la rue des Postes (auj. la rue Lhomond), â Paris, destinée surtout à préparer les élèves aux grandes écoles do l'Etat. Grand manieur d'âmes, le P. Du Lac acquit une influence considérable. Après l'expulsion des jésuites, en 1880, il alla prendre àCantorbéry la direction du Saint- Mary's collogo, qu'il conserva une dizaine d'années. Do retour à Paris, il s'occupa d'oeuvres diverses, notamment du syndicat de l'ai^uiUo, dos restaurants pour ouvrières, etc. Pondant le carèmo do 1894, il débuta, commo prédicateur, à Sainte-Clotilde, ot, depuis, il s'est fait entendre dans diverses églises de Paris, où il s'est montré orateur simple, mais élégant. On lui doit un ouvrage intitulé la France (1888).
DULACŒ n. f. Bot. Syn. do moquilki-;.
DulaG, ville de la Malaisîo (Philippines), sur lacôte Est de l'île de Leyto; 10.000 hab. Entrepôt do bois d'ébénistorie ot do construction, riz, café,' cacao, vanille, tabacs, coton, miol et cire.
Du XjAU (Jean-Mario), prélat français, né on 1738 au château ne la Côte, près do Périgueux, mas5:acré à Paris le 2 septembre 1792. D'abord agent général du clergé, il fut nommé arclievéquo d'Arles on 1775. Député du clergé aux états généraux do 1789, il combattit, à l'Assenibléo constituante, laconsiiiutlon civile du clergé. Arrêté après lo lO-Aortt, il fut enfermé, avec plusieurs prélros, dans lo couvent des carmes, rue do Vaugirard.
Dulaure (Jacques-AntoineJ, conventionnel et érudit français, né à Clermont-Ferrand en 1755, mort à Paris en 1835. Député du Puy-de-Dôme à la Convention, il se rangea du côté des girondins. Aussi fut-il décrété d'accusation avec les 74, et obligé de fuir en Suisse. Rappelé le 18 frimaire an III, il s'acquitta avec succès d'une mission dans la Corrèzo ot la Dordogno. Membre du conseil des Cinq-Cents, il s'occupa de l'instruction publique, et renonça à la politiri^uo après le 18-Brumaire. Pourvu d'une placo dans l'admmistration des finances, il se consacra à des études historiques. Ses plus importants ouvrages sont : Histoire abrégée des différents Ciu'fe* (1825) ; Esquisses historiques des principaux événements de la liévolution française (1823-1825); Histoire physique, civile et morale des environs de Paris (1825-1827).
Du Laurens (Henri-Joseph Lauren.s, dit), littérateur français, né â Douai en 1719, mort en 1797, près do Mayenco. Il entra chez les chanoines do la Trinité. Il réunissait toutes les qualités qui font l'écrivain, le polémiste surtout, mais il n'avait aucune de colles qui conviennent à un religieux. Détesté des moines, Du Laurens se fit des ennemis redoutables en attaquant les jésuites. I^orsquo ceux-ci furent chassés do France par arrêt du parlement (17G1), il écrivit une violente satire, qui attaquait la compagnie do Jésus et tous les corps religieux. Effrayé des conséquences que pouvait avoir pour sa liberté ce pamphlet, il s'enfuit en Hollande. C'est dans ce pays qu'il fit imprimer ses autres ouvrages, clandestinement pour la plupart : le Balai, poèmo héroï-comique on dix-huit chants (1761) ; l'Evangile de la raison (1764) ; la Chandelle d'Arras, poème héroï-comique en huit chants (1765); le Compère Mathieu (1766), roman philosophique, qui est resté le plus populaire de ses ouvrages; Je suis pucelle, histoire véritable (1767); l'Arétin moderne (1776); l'Observateur des s/jec^ae/es (1780), journal fourmillant d'anecdotes pleines de sel et d'intérêt.
Du Laurens (André), seigneur dr Ferrières, médecin français, né à Tarascon en 1558, mort à Paris en 1C09. D'abord professeur â l'université de Montpellier, il fut appelé à Paris, où il devint médecin ordinaire de Henri IV, premier médecin de Marie de Médicis, et premier médecin du roi (160G). Tout en restant â Paris, il reçut le titre de n chancelier » de l'université de Montpellier. H fut un des médecins les plus remarquables de son temps. Ses principaux ouvrages sont : Apologia pro Galeno (1593) ; Bistoria anatomica humani corporis (1595); De crisibus (1596) ; De visu ejusque causis et effectibus (1603). Ils ont été publiés en français, en 1646.
Dulaurier ( Jean- Paul- Louis- François- Edouard ) , orientaliste français, né à Toulouse en 1S07, mort à Meûdon en 1881. Il étudia le copte et les hiéroglyphes, puis le malais et le javanais, qu'il professa à l'Ecole des langues orientales (1841). Ensuite, il apprit l'arabe, lo slavon, prolessa l'arménien (1862), et fut élu, en 1864, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Parmi ses nombreux écrits, nous citerons : Examen d'un passage des Stromates de saint Clément d'Alexandrie relatif aux éciHtures égyptiennes {\Sii); Fragynent des relations apocryphes de saint Barthélémy, traduit sur les textes coptes thébains (1835); Institutions marilijnes de l'archipel d'Asie, texte et traduction (1845) ; Examen de quelques points des doctrines hiéroglyphiques de J.-F. Champollion (1847); Becherches sur la chronologie arménienne technique et historique (1839) ; Bécit de la première croisade, extrait de la chronique de Matthieu dEdesse et traduit de l'arménien (1850) ; Histoire, dogmes, traditions et liturgie de l'Eglise arménienne orien- ^rt/e(i859); Histoire universelle de Âçogh'ig de Daron, historien arménien du x* siècle (1883).
DULCAMAHA n. f. Nom spécifique de la douce-amère.
DULCAMARÉTINE n. f. Substance résineuse, qui se produit quand on traite la dulcamarine par l'acide sulfurique. (Elle a pour formule C'*H"0'.)
DULCAMARINE n. f. Glucoside C"H"0'% que l'on obtient en laissant digérer l'extrait aqueux des tiges do douce-amère avec du noir animal en grains bien lavé, jusqu'à ce que toute saveur amère ait disparu. (Le noir animal, dans ces conditions, absorbe le glucoside, quo Ion reprend par l'alcool après un lavage â l'eau chaude; il no reste qu à évaporer la solution alcoolique.)
DULCE (marquis dk Castell-Fi.okit), général espagnol, né vers 1806, mort en 1869. Il joua un rôlo important dans la politique intérieure de l'Espai^no. En 1854, il embrassa lo parti do O'Donnell, lorsque colui-ci, avant pris uno attitude séditieuse, arriva au pouvoir avec Espartero. Promu lieutenant général, Dulco fut nommé gouverneur général do la Catalogne. Tombé en dist^ràco, il fut exilé aux Canaries, en 18G7. De là, i! contribua â préparer la révolution do 1868, qui renversa la reine Isabelle. Nommé, alors, gouverneur do La Havane, il eut ù réprimer l'insurrection qui avait éclaté â Cuba, et il procéda avec tant do dureté qu'il s'attira la haine des populations; le gouvernement de Madrid dut lo rappeler.
DuLCE (Rio), fleuve de la république Argentine, qui sort d'un contrefort dos Andes et finit dans la lagune do l.orongos sous lo nom do Saladillo, après avoir baigné Santiago del Estero. Longueur du cours : 700 kilom.
DuLCE (golfk df.\ baie do Costa-Rica, sur l'océan Parifi(|ue. destinée â dovouir le débouché do toute la partto méridionale du Costa-Rica.
DULCE MELOS n. m. Mus. V. dulcimer.
DULCES MORIENS REMINISCITUR AROOS {En mourant, il revoit en -iouvrnir sa clière Artjos 'Virgile, Enéide, X,782j). Anthor,lo compapnon d'Hercule, l'ami d'Evandre, avait suivi Enéo on Italio. Dans nu combat contro Mézonco, Anthor reçoit un trait destiné au héros troycn. n L'infortuné tombe ot, mourant, il revoit en souvenir sa rbôro Argos, " c'est-ù-dire la patrio, lo foyer paternel. (On fait quelquefois, on latin ou on français, allusion à co suprême regard tourné vers la patrio.)
DULGIA LINQUIMUS ARVA ( Nous abandonnons nos chères cujnpagncs), hémisiicho do Virgile [ Eglogue I". V. 3). — Après la bataitlo do Philippes, Auguste avait donné pour récompense à sos soldats les iHens dos vaincus. Lo petit domaine du père do Virgile fut enveloppé dans re partage, mais le poèlo fut plus tard rétabli dans Sun patrimoine. (La première Eylvyud est un chuut do
DULCIAN — DULOiNG
reconnaissance et de remerciement à Auf^tiste.) Tandis que Tityre — qui représente Virgile — jouit en paix do son bonheur, qu'il doit à Auguste, son compagnon Mélibée, dépouillé do son patrimoine, déplore l'exil auquel il est condamné et regrette ses chères campagnes.
DULCIAN n. m. Mus. V. dolcian. il Nom duu ancien jeu d'orgue.
DULCIDinS, évêquo de Salamanque au ix* siècle. Il fut député, en S83, par le roi de Castille. Alphonse III, auprès d'un chef arabe nommé Abub-Alith. On lui attribue une C/ironi7»e. écrite eu latin, qui contient un résumé de l'histoire des Romains, des Goths, des Espagnols et des Sarrasins.
DULCIFÈRE (si — du lat. dulcis, doux, et ferre, porter) adj. Qui porte la douceur avec soi, qui la produit.
DULCiriANT [si-fi-an), ANTE [rad. dulcifier} adj. Qui adoucit : Petit ctijstère ddlcifiant. (Molière.)
DULCIFICATION (si, ka-si-on) n. f. Chim. Action de dulcider; résultat de cette action.
— Métall. Premier affinage que l'on fait subir au plomb, avant de le soumettre au patiinsonage. V. ce mot.
DULCIFIER {si — du lat. dulcis, doux, et facere, faire. Prend deux i de suite aux deux prem. pers. pi. de l'imp. de rind. et du subj. prés. : Nous dulcifîioiis. Que vous dulcifiiez) V. a. Adoucir, rendre doux, corriger l'amertumo ou l'acidité de : On dulcifie les acides minéraux au moyen de l'alcool. \\ Fig. Par plaisant. : J'en veux dulcikier mon amoureiuT souci. (Scarr.)
— Métall. Soumettre le plomb à un premier affinage, dans un four à réverbère.
Se dulcifîer, v. pr. Etre dulcifie, devenir doux : Le yin aigri peut se dolcifier, mais ne retrouve pas ses qualités premières.
DULCIGNO, ville du Monténégro, sur la baie du Drin (mer Adriatique), près de l'embouchure de la Boïana ; 2.000 hab.. Albanais et Serbes. Assez bon port naturel, qui remplaça, au xvm* siècle, le port comblé de Dulcigno- Yecchio {Ùlcinium), remontant aux Romains, mais est, aujourd'hui, lui-même ensablé par les alluvions combinées du Drin et de la Boïana. Sous la domination turque, qui no prit fin qu'après le traité de Berlin, Dulcigno, abrite par sa forte citadelle, fut longtemps un repaire de pirates.
La cession au Monténégro de la place de Dulcigno, décidée par les puissances signataires du traité de Berlin, souleva, de la part du Sultan, les atermoiements familiers à la politique ottomane. Devant cette attitude, une démonstration navale collective fut résolue, sur l'initiative du cabinet anglais (août 1880). Pendant que les escadres combinées de la Ru.ssie, de la France, de l'Italie et do l'Angleterre, sous le commandement de l'amiral Seymour, mouillaient devant la ville, un ultimatum, adressé à la Porte, amenait celle-ci à livrer Dulcigno, le 26 novembre.
DULCIMER (si-mèr) n. m. Instrument de musique. (C'est le nom anglais du tympanon. Le dulcimer avait d'ordinaire une étendue d*e trois octaves, mais ne comprenait que les inter\-alles diatoniques. On lui donnait parfois le nom de dulce melos.)
DULCIN, hérésiarque italien, né à Novare, brûlé vif en 1308. Il adopta les doctrines de Ségarel, prêcha la communauté des biens et la promiscuité des sexes, et prétendit qu'à la loi de ri"'ueur et de justice apportée par Moïse et à la loi de sage^ie donnée au monde par Jésus- Christ devait succéder une loi d'amour et de charité, la loi du Saint-Esprit; cette loi devait commencer avec Dulcin, chargé de la prêcher aux hommes. Dulcin fut condamné à la peine du feu, ainsi que sa femme Marguerite, par un tribunal ecclésiastique.
DULCINE (sin') n. f. Substance sucrée, solide et soluble dans l'eau, d'un goût plus agréable et moins toxique que la saccharine, obtenue par la réaction du cyanate do potasse sur le chlorhydrate de phénétidine. (On l'emploie à la dose de oe^so par litre de liquide à édulcorer.)
Dulcinée (si-né), dame des pensées de don Quichotte.
— n. f Par antonomase et plaisamm. Amante, maîtresse : Envoyer un bouquet à sa dulcinée. V. Don Quichotte.
DULCINISTE {si-nisst') n. f. Sectateur des doctrines de Dulcin : La secte des dulcinistes. n Adjectiv. : Les hérétiques nuLciNisTES. L'hérésie dulciniste.
— Encycl. Les dulcinistes croyaient que, le règne du Saint-Esprit ayant commencé en 1300, celui de Jésus- Christ avait cessé à la même époque. Le pape et l'Eglise étaient donc, désormais, sans autorité. Pratiquant la communauté des biens et de toutes choses, les dulcinistes se livraient à des débauches scandaleuses. La mort de Dulcin dispersa ses partisans, sans détruire la secte, qui subsista à Mérindol et ù. Cabrières, et finit par s'unir aux vaudois.
DULCIS (Catherin), philologue savoisien, né à Cruseilles en 15.10. mort vers ItîlO. Il passa la plus grande partie de sa vie à ■voyager, apprit presque toutes les langues de l'Europe et (levint professeur à Cassel. Il composa des comédies, des dialogues, et publia, entre autres ouvrages : institutiones lingux ilalîcie (1593), et Schola italica{\&Qî>).
DULCITAMINE n. f. Chim. V. DDr.CITE.
DULCITANE n. f. Chim. V. dulcite.
DULCITE isit' — du lat. dulcis, doux) n. f. Matière sucrée, isomère do la mannite, que l'on a retirée du melampyrum nemorosum. Il On dit aussi dijlcose.
— E.NCYCL. La dulrAle, C'H*(OH)*.(CH'OHl', se dissout bien dans l'eau, difficilement dans l'alcool ; elle cristallise en prismes rhomboédriqucs obliques; elle n'a aucun pouvoir rotatoire; les alcalis bouillants ne l'altèrent pas; les acides so comportent avec elle comme avec la mannite.
Eo présence du mycoderma aceti, la dulcito ne fermente pas, tandis que la mannite se transforme particUcmont CD lévulose.
Sous l'influence de la clialcnr. la dulrite peut perdre une molécule d'eau et donner la dulcilane, que l'on isole en la dissolvant dans l'alcool; d'ailleurs, la dulcitano peut se préparer à partir do la dulcito par tous les procédés nui pcrmratcnt d obtenir la mannitane do la mannite. En somme, la dulcite iliffèro de la mannite par sa forme cristalline, par son point de fusion situé à 18'^» et non à 165", et par Ka propriéu^ de donner do l'acido muciquo lorsqu'on l'oxyde. L'isomério do la mannite et do la dulcito se conti-
nue dans les dérivés de ces deux corps. La duicite a été reproduite artificiellement par Bouchardaten hydrogénant par lamalgamo do sodium une solution aqueuse do sucre de lait interverti. On sature par l'acide sulfurique la soude qui se produit, et, après cristallisation du sulfate de soude, on ajoute de l'alcool ; on fait cristalliser la dulcite par évaporation. L'eau mère contient aussi de la mannite. La dulcito ainsi obtenue fond à is?" et cristallise comme la dulcite naturelle. En traitant les éthers bromhydriques et chlorhydriques de la dulcite par l'ammoniaque alcoolique, on obtient une base C*H"AzO% la dulcita/nine.
DULCO ou DUCLOS, nommé aussi DoUX DE GlAVES (lat. Claveus). alchimiste français, né dans le Nivernais vers 1530. Il étudia la jurisprudence, fut avocat, puis lieutenant général du présidial à Nevers, et commença, vers l'âge de vingt-cinq ans, à s'adonner à l'étude de l'alchimie. On a de lui plusieurs ouvrages, remarquables surtout en ce qu'ils furent les premiers qui sortirent des presses du premier établissement typographique créé à Nevers. Nous citerons de lui : Apologia argyropoeiœ et chrysopoeix (1590), où il prend la défense de l'alchimie ; De recta et vera ratione prxgignendi lapidis philosophici (1592), trad. en français par Salomon ; l)e triplici prxparatione auri et argenli (1592), irad. par le même.
DULCOSE n. f. Chim. Syn. de dulcite.
DULES [lèss] n. m. Nom scientifique du poisson vulgairement appelé doule. V. ce mot.
DULICHIA {ki) n. f. Genre do crustacés amphipodes, type de la famille des
Dulichia (g
ulichiidés, comprenant des petites formes allongées, minces, à antennes longues, avec de" grands sacs à œufs situés sous les troisième et quatrième anneaux. (Les dttlichia sont des crevettes propres aux mers boréales. Telles sont la dulichia hirticornis, des régions polaires, la dulichia porrecta, d'Angleterre, etc.)
DULICHIE {kl) n. f. Genre de plantes, de la famille des cypéracées, tribu des cypérées, qui habite l'Amérique du Nord.
DULICHIIDÉS {ki~i) n. m. pi. Famille de crustacés amphipodes crevettines, comprenant le genre dulichia. — Ua
DULKHIIDÉ.
DULIE (/? — dugr. rfoH^em, servitude) n. f. Il Théol. Culte de dulie. Culte que l'on rend aux anges et aux saints : Le progrés du culte de dulie [ou d'hyperdulie] rendu à la Vierge mère est arrivé à son apogée. (L. Jourdan.)
— En'cycl. L'Eglise, qui réserve le culte de latrie, c'està-dire d'adoration à Dieu seul, offre aux saints le culte de dulie, c'est-à-dire le culte qui convient à des serviteurs, à des créatures. Ce culte comprend l'invocation des saints et les honneurs divers qui leur sont rendus.
Le concile de Trente expose ainsi la doctrine catholique sur l'invocation des saints : » Les saints qui régnent avec Jésus-Christ offrent à Dieu leurs prières pour les hommes ; il est bon et utile de les invoquer d'une manière suppliante et de recourir à leur aide et à leur secours pour obtenir de Dieu ses bienfaits, par son fils Notre- Seigneur Jésus-Christ qui seul est notre sauveur et notre rédempteur. » (Sess. XXV.) Fidèle à ces principes, l'Eglise maintient avec soin, dans les formules liturgiques qu'elle emploie, la distinction entre les prières faites à Dieu et celles qu'elle adresse aux saints. A Dieu elle dit : Ayez pitié de nous, écoutez-tious ; elle dit aux saints : Priez pour nous, intercédez pour nous.
Les honneurs rendus aux saints sont : 1" l'office célébré le jour de leur fête ; 2° la mention qui est faite d'eux au sacrifice de la messe ; 3" les hommages extérieurs, dont on entoure leurs images, comme les saints, les encensements...; 4*" les prédications, qui célèbrent leurs vertus et les recommandent à l'imitation des fidèles ; 5° l'usage de donner leurs noms aux nouveaux baptisés et de les choisir pour patrons des fidèles, des églises, des associations, des villes, des Etats, etc.
Le culte rendu à la sainte Vierge est le culte de dulie. Par suite du rang supérieur que Marie occupe parmi les saints, on le nomme quelquefois hyperdulie.
DULIENS {li-in) n. m. pi. Sectaires ariens du iv" siècle, qui prétendaient que le Verbe était non pas le Fils, mais le serf du Père. — Un dulien.
DULIN ou D'UliN (Pierre), peintre, né et mort à Paris (ir.G9-174S'l. Elève de Bon Boullongne, il obtint le grand prix de Rome en 1696, devint membre de l'Académie de peinture en 1707, et fut nommé professeur adjoint en 1726. Parmi ses tableaux, nous rappellerons : Laomédon puni par Apollon et par Neptune, son morceau de réception, au musée du Louvre ; les Miracles de Notre-Seigneur ; Saint Claude ressuscitant h« enfant mort; etc.
Du Lis ou Du Lys, nom porté par la famille de Jeanne d'Arc, en vertu, dit-on, de lettres royales de 1430, dont on n'a pu citer le texte.
— BiBLiOGR. : Vallet de Viriville, Nouvelles recherches sur la famille et sur le 7tom de Jeanne d'Arc (Paris, l>" ï) ; K. de Boutciller et G. de Braux, la Famille de Jeanne d'Arc (Paris, 1878) ; les mêmes, N^ouvelles recherches sur la famille de Jeanne rf'Arc (Paris, 1879) ; Boucher de Molandon, la Famille de Jeanne d'Arc (Orléans, 1879).
Du Lis (Charles), jurisconsulte et historien français, né à Paris vers 1560, mort vers 1632. II descendait d'un des frèresde Jeanne d'Arc, soi-disant anobli parCharles VII sous le nom de " d'Arc du Lis n. Ses travaux littéraires, assez nombreux et devenus rarissimes, sont inspirés, partie j)ar le souci do sa noble origine, partie par ses fonctions judiciaires (substitut du procureur général du parlement do Paris, puis avocat général à la cour des aides) ; De l'extraction et parenté de la Pucelle d'Orléans; Discoin's sommaire, tant du nom et (k's armes, que de la nais.ia?ice et parenté de la Pucelle d'Orléans et de ses frères (1612) ; Traité .sommaire de l'origine et progrès des offices d'élus (1613); Traité sommaire du nom et des armes de la Pucelle et de ses frères (1628); CtC.
DuLK (Frédéric-Philippe), chimiste allemand, né à ScUirwindt (Prusso) on 1788, mort on iSSi. Il abandonna
l'étude de la jurisprudence pour celle de la pharmacie; succéda, en 1SI5, à son frère, pharmacien à Kœiiigsberg. Agrégé à la faculté des sciences de la même ville (1825), il fut nommé professeur titulaire. Membre du parti libéral, il devint, en 1847, représentant de la ville de Kœnigsberg, et fut du nombre dos députés qui demandèrent une constitution. On a de lui : Manuel de chimie (1833-1834) ; Tables synoptiqjies du poids des atomes (1839) ; une traduction de la Pharmacopéea Borussica (1846-1848), et de nombreux articles.
DuLK (Frédéric-Albert-Benno), poète et écrivain allemand, fils du précédent, né à Kœnigsberg en 1819, mort à Stuttgard en 1884. Ses idées avancées le forcèrent, pendant de longues années, à voyager à l'étranger. Auteur dramatique, il est surtout connu par Saynson (1859); Jésus le Christ (1865); Conrad // (18G7) ; Mllla (1875), drames d'un st^'le brillant, et par diverses comédies. Comme philo-' sophe, ii est un adversaire décidé des doctrines chrétiennes. Ses principaux ouvrages sont : la Mort de la conscience et l'Immortalité (1863) ; Homme ou animal (1872) ; la Voix de l'humanité et la Doctrine chrétienne (1875) ; Que penser de l'Eglise chrétienne ?; Sources et histoire du christianisme (1877) ; etc.
DùtKEN, ville d'Allemagne (Prusse [prov. du Rhin, résid. de DusseldorfJ), à la source de la Nette ; 8.530 hab. 'ilature de coton et de chanvre, tissage de toiles, de soieries et de velours.
DuLLAERT (Heymann), peintre hollandais, né à Rotterdam en I63tï, mort en 1(;84. Il était fils d'un marchand de tableaux et reçut les leçons de Rembrandt, dont il parvint à imiter la manière avec une perfection qui déroutait les plus habiles connaisseurs. Parmi ses tableaux, on cite particulièrement un Ermite à genoux et un Dieu Mars. On a en outre de lui, en hollandais, un recueil de poésies, des pièces de théâtre, une traduction de la Jérusalem délivrée du Tasse, etc.
DuLLER (F-^douard), littérateur autrichien, né à Vienne en 1809, mort à Wiesbaden en 1853. Il fit représenter en 1828 un drame : Maître Pèlerin, dont le succès le détermina à abandonner la jurisprudence pour les lettres. Ses opinions hardies l'obligèrent à quitter Vienne : il se rendit à Munich, où il écrivit ses Ballades. A Trêves, à Francfort, à Darmstadt, où il vécut ensuite, il collabora à différents journaux. A Mayence, en 1851, il devint prédicateur du parti des catholiques allemands. Poète, romancier, liistorien, Duller a défendu, dans ses ouvrages, les idées libérales et humanitaires ; les principaux sont : Chants de vengeance {IS29); Ballades (1831), poésies; François de Sickingen, drame (1833); Couronnes et chaînes (1835); Loyola (1836) ; le Prince de l'amour (1842), romans ; parmi ses travaux historiques : Histoire du peuple allejnand (Ï840) ; Histoire des jésuites (1840) ; Histoire de l'indépendance des Pays-Bas (1841) ; Histoire patriotique (1852).
DÙLMEN, ville d'Allemagne (Prusse [prov. de Westpbalie. présid. de Munster^i ; 4.900 hab. Fonderies, forges, fabrique de toiles, château ducal. — La seigneurie de Diilmen appartient au duc de Croy.
Dulmen (la Nonne de), surnom populaire ordinairement donné à Anne-Catherine Emmerich, née à Flansk, dans le diocèse de Munster, en 1774, morte en 1824. Religieuse augustine au couvent de Dulmen, elle se retira après la suppression de son couvent, sous la Révolution française, cnez une pauvre veuve, où elle termina sa vie. Ses visions sur la passion de Jésus-Cbrist ont été écrites, d'après ses récits, par Clément Brentano. Ses longues extases furent célèbres. Une enquête médicale, faite en 1814, constata la réalité des stigmates qu'elle portait au front, aux mains et aux côtés.
DuLOIR, voyageur français du xvii* siècle, qui visita successivement, entre 1039 et 1641, la plupart des pays situés sur les bords de la Méditerranée orientale. Il a publié une relation de ses Vojjages (Paris, 1654), qui a été traduite en italien.
DuLON (Rodolphe), théologien allemand, né à Stendahl (Prusse) en 1807, mort à New- York en 1870. Il avait été directeur d'école et pasteur lorsque, ayant fait de l'opposition au ministre prussien Eichhorn, il fut traduit devant le consistoire de Magdebourg et suspendu de ses fonctions, malgré deux défenses: la X^aletir des écrits symboliques dans VEglise réformée (1847), et le Combat pour la parole de Dieu (1847). La révolution de 1848 annula cette sentence. Tout en remplissant à Brème les fonctions pastorales, il y fonda, en 1850, des journaux démocratiques, et fut frappé de suspension en 1851 par la faculté de théologie protestante de Heidelberg. En 1853, il passa en Amérique. On a encore de lui : De la lutte pour la liberté des peuples (1849-1850), et Le jour est venu (1852).
DuLONG (Pierre-Louis), physicien et chimiste français, né à Rouen en 1785, mort à Paris en 1838. Il entra à l'Ecole polytechnique à l'âge de seize ans, mais n'accepta, en sortant, aucun service public ; il voulait embrasser la carrière médicale. Elève de Berthollet, puis de Thénard, il se signala bientôt par sa découverte du chlorure d'azote, dans la préparation duquel il jierdit un œil et deux doigts (1812); par celle de l'acide liypophosphoreux, etc. Il refit, en 1820, en collaboration avec Berzélius, l'analyse de l'eau; son procédé consistait à faire passer un courant d'hydrogène bien sec sur de l'oxyde de cuivre chauffé au rouge et à recueillir la vapeur d'eau dans un récipient contenant de l'acide sulfurique concentre. C'est principalement comme physicien que Dulong s'est acquis une renommée impérissable. La théorie do la chaleur a été le but constant de toutes ses études, à partir de 1818. II écrivit à cette époque, avec Petit, son fameux mémoire sur les lois du refroidissement, qui fut couronné i)ar i'Acadômio des sciences et (pli est resté un modèle. L'Académie ayant été invitée
Dulong.
par lo fîouvernomont, on 1825, à fournir los donnéos sciontirtcjuos nécessaires pour la rodaction do la loi sur les macliinos ù vapour, Dulong lut di'-signi^, avcit Ara^o, pour
ftroct^dor aux oxpi^rioncos ot faire lo rapport doniandô par 0 ministre. Ce tut à ootto occasion quo Dulong imagina lo calhétomdtre, et lo tliormomôtre à poids.
Dulong fut maître do confôrencos ù. l'i'icolo normale en 18;u>, profossscur do cliimio à la faculté dos sciences en 1832, secrétaire perpétuel do l'Académie dos sciences, enfin directeur des études ù. l'Eculo polytecliniquo. Ses mémoiros se trouvent épars dans les » Annales de cliimio et de physique ", dans le "Journal de l'Kcole polyteolinicpie » ot dans divers recueils scientifiques.
DULONGIE {ji — do Dulong, savant franc.) n. f. Genre d'arliustfs, do la famille des saxifragacéos-cscalloniéos, qui habite !a Colombie.
Du LORENS (Jacques), poète français, né à Châteaunenf-en-Tliimorais en i:>s;f, mort en l(;r>s. Avocat au parlement do Paris et au présidial de Chartres, il devint, en 1613, et resta jusqu'à sa mort, président au bailliage do Chàteauneuf. 11 a publié : les Satires du sieur Du Lorcns, divisées en deux livres (1624), recueil do vingt-cinq pièces satiriques assez bien tournées, et Sati7'es de M. Du Lorens, président de Chàteauneuf (1646).
DuLOT, poète français de la première moitié du XVII' siècle. Il passe pour l'inventeur des bouts-rimès, ou, du moins, il les mita la mode. Très fort en ce genre de poésie, si l'on en croit Ménage, Dulot composa, sur rc sujet et sous le titre de Dulot l'aincu ou la Défaite drs bouls-7Ùmés, un poème ingénieux en quatre chants. 11 a été réimprimé dans lo tome IV de la Nouvelle Encyclopédie poétique (1630).
DULUS (luss) n. m. Genre d'oiseaux passereaux dentirostres, famille des viréonidés, type d'une tribu dite des dulinés, comprenant des formes à bec nu à la base, assez robuste, arqué. (L'espèce type du genre est le tangara dominicain des vieux auteurs [dulus dojnviîcus], de Saint- Domingue.)
DULUTH, ville des Etats-Unis (Minnesota), à la corne occidentale du lac Supérieur; 33.000 hab. Elle est dans une merveilleuse situation, au point initial de la navigation sur le bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent, et à la tète de ligne du North-Pacific-Railway. Elle embarque les grains des riches régions de céréales avoisinantes, à destination du Canada, et elle centralise, à destination des pays du Pacifique, les produits des forêts canadiennes et des pêcheries des lacs.
DuLWICH, ancien village d'Angleterre (comté do Surrey), compris dans l'agglomération londonienne ; 27.000 h. Important collège, fondé en 1619 par l'acteur Edward Alleyn, pour l'éducation et l'entretien gratuit d'écoliers pauvres, et dont la bibliothèque renferme les exemplaires des plus vieilles pièces de théâtre anglaises, et une excellente collection de tableaux.
DULZAINA {zé) n. m. Instrument de musique à vent et à trous, longtemps populaire en Espagne, où 1 on croit qu'il fut introduit par les Maures, à l'époque de la conquête. 'C'était une sorte de hautbois, généralement en cerisier et açonné au tour d'une seule pièce, qui était percé de huit trous sur le devant et d'un seul sur le côté opposé.)
DUMAGUETE, ville de l'archipel des Philippines (archipel des Visayas), sur la côte sud-est de Negros, au milieu d'une région essentiellement forestière. La principale ressource est le commerce des bois d'ébénisterie et des gommes; 13.700 hab. do race tagale.
DUMAIGE (Etienne-Henri), statuaire français, né à Paris on 1S30, mort à Saint-Gilles-sur-Vie (Vendée) en 1888. Elève de Jean B'euchère et de Dûment, il débuta au Salon do 1862 par un greupe en plâtre, l'Age d'or. Citons encore : Hctour des champs, groupe en marbre (1872); Molière, statuette en terre cuite (1873); François Jiabelais (1880), statue en marbre, destinée à la ville de Tours ; Camille Desmoulins, statue en plâtre (1882); Thiers, esquisse en plâtre, statue do Bemjer, pour l'Hôtel de ville de Paris (1883); Patrie, groupe en bronze (1886).
DuMAINE (Louis-François P[-;rson, dit), acteur français, né a Lieusaint (Seine-et-Marne) en 1831, mort â Paris en 1893. Employé, puis secrétaire d'Alexandre Dumas, il entra au théâtre, joua en province, puis revint à Paris, où il obtint son premier succès â l'Ambigu, dans la Case de l'oncle Tom (1852). Plein do verve et d'entrain, Dumaino devint un des acteurs les plus populaires du boulevard, créa un grand nombre de drames à l'Ambigu, à la Porte-Saint-Marlin, à la Gaîté, et fut, tout en continuant à jouer, directeur do la Gaîté ( 186.')-i868 ) ot de l'Ambigu (1869-1870). Il continua â figurer à l'Odéon et sur les grands théâtres do dramo ]iarisieiis jusqu'en 1891. Parmi les pièces où il fut lo plus applaudi, nous citerons : Jean La Ponte, Patrie, les Pirates de la Savane, etc.
DUMALAG, ville do l'archipel des Philippines (île do Capiz) : 7.r>oo hab. Culture de canne à sucre ; sucreries.
DUMALINE n. f. Matière isolante, nui remplace lo caoutchouc ei ;i pour base la gomme copal. (On l'emploie pour la garniture do tuyaux, la fabrication do clapets de I)ompes, ri-solenient des conducteurs électriques, etc.)
DUMANET, type ridicule de troupier, popularisé par les caricatures. (Il ap])araît pour la première fois dans un vaudeville des frères ('ogniard, joue on 1831 : la Cocarde tricolore. Dans cette pièce, Dumanet est un jeune soldat, un blou, à qui l'on fait croire les bourdes les plus invraisemblables.)
DuMANGAS, ville de l'archipel des Philippines fîlo do l*anay), et port fluvial sur la rivo gauche du fieuve Jalaur; 8.000 hab. Marché assez important do produits tro^dcaux. spérialf ment riz, cacao, cannes â sucre, tabac et tabrii'aiion du toiles renommées potir leur finesse.
DUMANIANT (Antoine-Jean Bodrlain, dit), comédien et autour dramatique français, né â Clorniont-I''errand on 1752. mort en 1828. II fut successivement avocat, acteur et «lirecteur do la Porto-Saint-Martin, puis do divers théâtros do province. On lui doit un grand noml)ro de comédies on jiroso, pleines de verve et do gaieté, appartenant au genre dit » imbroglio ». (iuerre ouverte on /{use contre r».sr(nH6), celle de ses pièces qui a ou la plus grande vogue, a été représentée sur tous les théâtres do l-'rance, ot tra<luite dans la plupart des langues de l'iùirope.
DUMANJUG ou DUMANJOC, bourg de l'archipel des
Pliiiiiqiuii's (lie Cébu), sur la Oaie de Dumanjug ; 9.720 hab. Ct-ntru runiinercial.
DUMANOIR ou Du Manoir, famille de violonistes français, ijui obtinriMii, au x\'ir' siècle, imo renommée burlesque, comme m rois dos violons ".Le plus connu est : Guillaume Dumanoir, né en 1615. Il fut attaché â la musique du cabinet du rui, et, en lor.y, obtint la chargo do « roi des violons « , établie en 1331 et confirmée par une ordonnance do 1407. Les rois dos violons prétendaient obliger tous les musiciens, même les organistes, à se faim recevoir maîtres de danse et à leur payer tribut. De là do nombreux procès, toujours jugés en faveur des musiciens. Guillaume Dumanoir voulut affirmer cette prétention, dans un écrit intitulé : le Mariage de la musii^ie avec la danse (1G64), sans réussir plus que ses devanciers.
Dumanoir ou Du Manoir (Philippe-François Pi.NKL), auicur dramatique français, né à la Guadeloupe en isod, mort à Pau on 1865. Il abandonna l'étude du droit pour lo théâtre, écrivit de petites pièces avec Mallian, puis seul, ou eu collaboration avec Scribe, Bayard, Dennery, Clairville, Mélesville, etc., composa des vaudevilles, des comédies, des drames, dont le nombre s'élève â près de deux cents. C'était surtout un vaudevilliste au talent soigné et littéraire. Parmi ses œuvres, nous citerons : la Maîtresse de langues (1838); les Premières Armes de Richelieu (1839); le Cabaret de Lustucru (1839); Indiana et Charlemagne (1840); le Marquis de Lètorières{\^W); la Chevalière d'Eon; Brelan de troupiers (1843); Don César de Bazan (1844); la Case de l'oncle Tom (1853); l'Ecole des agneaux (1855) ; les Femmes terribles (1858); les Invalides du mariage (1862); la Maison sans enfants (1863); etc.
Dumanoir Le Pelley (Pierre- Etienne -René- Marie, comte), vice-amiral, né à Granville en 1770, mort à Paris en 1829. Il fit la campagne d'Egypte , reçut, bientôt après, le grade de contre-amiral, laissa écraser Linois au combat d'Algésiras, eut, le 20 août 1804, le commandement de la flotte de Toulon, qui devait jouer le principal rôle dans la descente en Angleterre; mais, jugé incapable de remplir une telle mission, il fut remplacé par Villeneuve. On l'accusa d'inaction, à la défaite de Trafalgar. Au combat du cap Villano, toute son escadre fut prise, lui-même fut blessé. II se distingua, en 181 1, à la tête de la marine de Dantzig, pendant le siège de cette place, et tomba blessé entre les mains des Russes; il revint en France en 1814. Son dévouement aux Bourbons le fît élever au rang de vice-amiral (i820).
Dumanway, paroisse d'Irlande (prov. de Munster [comté de Cork]); 2.000 hab.
Dumarao, localité de l'archipel des Philippines (île de Capiz); 7.000 hab.
DuMARESQ. Biogr. V. Armand-Dumare.sq.
DuMAREST (Rambert), graveur de médailles, né à Saint-Etienne (Loire) en 1750, mort en I8O6. D'abord simple ouvrier de la manufacture d'armes de sa ville natale, il se rît bientôt remarquer comme ciseleur, fut emmené à Birmingham par Boulton, revint en France après 1789, et remporta le prix pour les médailles de J.-J. Bousseau et de Brutus. Les autres ouvrages qu'il fit ensuite le placèrent au premier rang des artistes et le firent entrer à l'Institut, en 1803. On cite surtout de lui : deux médailles de Poussin ; celle du Conservatoire de musique représentant Apollon, d'après Lemot ; la médaille des memores de l'Institut, Minerve; les jetons de présence de l'Ecole do médecine, à l'effigie à'Esculape; enfin, une médaille conimémorative de la Paix d'Amiens.
Du Marsais (César Chesneau, sieur), grammairien français, né à Marseille en 1676, mort à Paris en 1756. Il fut d'abord oratorien. II se rendit à Paris, étudia le droit et fut reçu avocat en 1704. A la suite de déboires domestiques, il fut précepteur dans diverses grandes familles pour lesquelles il composa sa Nouvelle tnétliode pour apprendre la langue latine (1722); après quoi, il ouvrit une mstitution à Paris, au faubourg Saint-Victor. Il échoua, ot se trouvait réduit à l'état le plus précaire, quand Diderot ot d'Alembert lui confièrent la rédaction des articles de grammaire do leur Encyclopédie. Cependant, on le trouve, en 1756, âgé de quatre-vingts ans et chargé d'infirmités, dans lo plus triste dénuement. Il reçut une pension du comte de Lauraguais.
Son Traité des tropes (1730) est resté classique. Sa Nouvelle méthode pour apprendre la langue latine a donné lieu a beaucoup d'objections. Les questions de (p-ammaîrc, traitées dans les sept premiers volumes do V Encyclopédie, sont le titre le plus réel du grammairien. Ce ne fut qu'après sa mort qu'on publia sa Logique ou Réflexions sur les opérations de l'esprit. Dans son Exposition de la doctHnc gullicane par rapport aux prétentions de la cour de Borne, il se montre un jurisconsulte do premier ordre. Il a composé aussi une Réponse à la réfutation du livre des oracles de Foiitenellc par le P. Baltus.
Dumas (Louis), littérateur et musicographe français, né à Ninies en 1670, mort près de Paris en 1744. Il étudia la jurisprudence, les sciences exactes, la philosophie, dont lo P. Malebranche lui inspira le goût, les arts, et particulièrement la musique. On lui doit l'invention du bureau typographique, ingénieuse imitation des procédés de l'imprimerie pour la composition, qui a pour objet d'apprendre aux enfants la lecture, l'écriture et la grammaire. Nous citerons parmi ses écrits : l'Art de composer toutes sor'tcs de musique sans être obligé de connaître 7ii le ton ni le 7node {nil); ta Bibliothèque des enfants ou les Premiers Eléments des lettres [x'JdZ); l'Art de la 7nusiqtie enseigné et pratiqué par la méthode du bureau typographique (1753).
Dumas (Guillaume-Mathieu, comte), général, homme politique l't historien français, né â Montpellier en 1753. mort à Paris en 1837. Entré dans l'armée on 1773, il fit la campagne d'Amérique commo aide de camp de Kochambeau. Aide do camp de La Fayette ou 1789. Mathieu Dumas fut un des commis.saires chargés do ramener Louis XVI à Paris, après son arrestation à Varennes. Il fut promu maréchal de camp et élu député de Seine-et-Oise â la Législative. Après lo lO-Août. il riuitta la Franco pour n'y rentrer qu'après le 9-Thermidor. Proscrit de nouveau après io l8-Fructidor. il revint «au 18-Brumairo. Bonaparte le chargea d'organiser, ù Dijon, l'armée de réserve qui devait faire la seconde campagne d'Italie. Nommé con.soiller d'Etat et général do division en I805, Mathieu Dumas as-
DULONGIE — DUMAS
sista à la bataille d'Austerlitz; il fut ministre de la guerre du roi Joseph à Naples, puis à. Madrid, et revint pour combattre â Wagram et â Essiing; prit part â la campagne do Kiissio, se rallia aux Bourbons on 1814, revint à Napoléon pendant les Cont-Jours, et fut, dés lors, tenu â l'écart par la .srct)nde Restauration. En 1828, il fut élu député de Paris et prit une part active à la révolution do 1830. Louis-Philippe l't'dcva â la pairie. Mathieu Drimas est l'auteur d'un Essai Instorique sur les campagnes de i799 à iSf-i (181G-1826) et d'une traduction d(! VUisloirc de la gaei-re de la Péninsule de iSin a fSii par l'Anglais Napior.
Dumas (René-François), président du tribunal révolu tiumiuirc, frère du précédent, né à Lons-le-Saunier en 1757, décapité en 1794. Il était homme de loi avant la Révolution, dont il embrassa les principes avec une extrême ferveur. Nommé vice-président, jmis président du tribunal révolutionnaire, sur la désignation de Robespierre lui-même, il devint, pour ainsi dire, le chef du parti quo celui-ci s'était ménagé en dehors de la Convention. Dumas essaya, au 9-Thermidor, d'organiser la résis- ^tance contre la Convention, mais en vain. Mis hors la loi et arrêté, il fut conduit à la mort sans jugement.
Dumas (Charles-Louis), médecin français, né à Lyon en 1765, mort à Montpellier en 1813. Docteur à Montpellier en 1785, il fut médecm do l'Iiôtcl-Dieu de Lyon pendant le siège de cette vdle, entra dans l'armée, puis la quitta pour venir professer l'anatomie et la physiologie à la faculté de Montpellier, dont il devint recteur. Il a laissé un grand nombre de discours, éloges, mémoires, et d'importants ouvrages, parmi lesquels il faut citer : Essai sur la vie (Montpellier, 1785), dans lequel il combat les doctrines vitalistes ; Doctrine générale des maladies chroniques, etc. (Montpellier, 1S12).
Dumas (Alexandre Davt de La Pailleterik), général français, né en 1762 à Jérémie (Saint-Domingue), mort à Villers-Cotterets en ISOG. Fils naturel d'un riche colon, le marquis de La Pailleterie, il s'engagea, en 1776, dans les dragons de la reine, sous le nom de Dumas. Il entra, au début de la campagne de 1792, dans un corps franc, et ne tarda pas à se faire remarquer par son audace, autant que par sa haute taille et sa force herculéenne. Général de brigade le 30 juillet 1793, général de division le 30 septembre suivant, il reçut le commandement de l'armée des Pyrénées-Orientales. En 1797, il alla servir en Italie sous Bonaparte, et battit Wurmser sous les murs de Mantoue. Envoyé, quelque temps après, dans le Tyrol, il combattit à Brixen, où il défendit seul un pont contre un gros de cavalerie, ce qui lui valut le surnom de Horatius Coclès du Tyrol. En 1798, il prit part à la campagne d'Egvpte. Tenu à l'écart par le Premier Consul à cause de sa fidélité républicaine, le général Dumas mourut dans une honorable pauvreté. Il était le père du célèbre romancier Alexandre Dumas.
Dumas (Alexandre Davt de La Paillethrie), romancier et auteur dramatique, fils du général de ce nom, né à Villers-Cotterets en 1803, mort à Puys en 1870. Laissé sans fortune, il fut clerc de notaire ; puis, par la protection du général F03', commis à 1.200 francs du secrétariat du duc d'Orléans. Bon calligraphe, mais ignorant, il s'appliqua à l'étude, surtout de l'histoire do France, sa future source d'inspiration. Sa vocation dramatique lui fut révélée par des acteurs anglais jouant shakspeare. Après avoir collaboré à deux vaudevilles : la Chasse et l'Amour (1825), la Noce et l'Ente7-rement (1826), il devient le plus fécond des dramaturges romantiques, composant : Christine (1827), jouée en 1830, après Henri lll et sa voiir (1829), le plus grand succès romantique avant Hei'nani; Antony {\S3l): Napoléon Bonaparte, Charles VII chez ses g7-atids vassaux, Bicha rd Darlingto/i (1831): Teresa, la Tour de Nesle (1832), fantastique résurrection du moyen âge, cause d'un procès fameux avec Gaillardet et J. Janin; Aïiffé/e (1833); Catherine Howai'd(\m) ; Don Juan de Mara7m, Kean (1836) ; Caligula (1837) ; PnulJones (1838); l'Alchimiste, Made7noiselle de Belle- Iste (1839) ; Lo7'C7\zi7\o (1842); l'Orcstie, eu vers (1856). D'autres drames furent tirés do ses romans : les IVois inousquclaires{lM\); une Fille du Béqrnt (1840): la Reine .Uargnt {is\^) ; le Chevalier de Maison-Bouge (1847) ; Monte-Cristo (1848); la Jeunesse des mousquetaires, le Chevalier d' //a rmental{lM'J): la Dame de Monsoreau i,ls60) ;etc. Ses moillem'es comédies furent : w» Mariage sous Louis XV (IS4I) ; Halifax (1842) : les Donoiselles de Sainl-Cyr (1843) ; /(( Jcutiesse de Louis A7V'(l856), jouée en 1SG4 ; le VctTOU de la Beinc (1856); etc.
De 1830 à 1832, il fait do la politique libérale, puis se réconcilie avec lo roi, et est même décoré. Après une atteinte do choléra (1832), il dut voyager et en profita pour écrire ses Imp7-essiuiis de voyage (en Suisse) [1833], nientôt suivies d'autres sur lo Rhin, l'Italie, l'Espascno, la Russie, l'Algérie, la Tunisie, etc. Ces récits, pleins do verve, développèrent son art de narrateur, et, après quelques nouvelles réunies dans les Souvetùrs d'Antotiy{iS35) et la Salle d'annçs (1838), il écrivit ses nombreux romans : le Capitaitic Paul {l'>^3S) : Acte, smv'ido Monseigneur Gaston dePnébus{lS'i9): John Davis, le Capitaine Patnphilc (1840); Asinnio (1844) ; /(.■ Chevalier d'Ha7'mental, sa première collaboration avec Maquot (1849); Sylvandiro (1841); les IVois mousquetaires (1844), continués par : Vingt mts après (\S\:*), et le Vico7nte de Braqelonne (1848); le Co7nte de Monte Crïsto (1844); une Fille du Jtégcnt, la Beine Margot (1845h la (iue7'rc des fammes, le Chevalier de Maisnn-Bouge. la Datne de Mo)tsorcau (1846), avec sa suite: les Quai-ante-Cinq (1848); le Bâta7'd de Mnuléou (1846); Mémoires d'un tnédecin [Joseph Balsat7}Q] (1848). suivis do Ange Pitou (18531, et la Comtesse de Charnu (I85r0 ; ta Femtue au collier de velours (1851); Olqtnpe de Clèvrs, Isnuc Laquedem (l85î) ; Cathc7-inc Blum, les Mohieans de Paris (1854); les Compa-
Alâ:c. Dumas pôro.