EMPLOI DES MACHINES AÉROSTATIQUES AUX RECON- NAISSANCES MILITAIRES
Récit du colonel Goutelle sur l'aérostation militaire aux armées de Sambre-et-Meuse et du Rhin :
« Le comité de salut public avait réuni auprès de lui une commission de savants, parmi lesquels On comptait Monge, BerthoUet, Guy ton de Morveau, Fourcroy, Garnot, etc. Guyton proposa de faire servir l'aérostat aux armées, comme moyen d'observation. Gette proposition fut acceptée par le gouvernement , sous la condition de ne pas employer l'acide sulfurique , le soufre étant nécessaire à la fabrication de la poudre ; la commission arrêta alors d'employer la décomposition de l'eau.
M Cette expérience , faite par le célèbre Lavoisîer , et répétée dans nos cabinets, n'avait pu donner qne de faibles résultats; une expérience en grand était nécessaire : il fallait pouvoir extraire douze à quinze mille pieds cubes de gaz dans l'espace de temps le plus court.
» L'expérience réussit ; je retirai cinq à six cents pieds cubes de gaz. Les membres de la commission, qui avaient été témoins de l'opération, furent si satisfaits, que dès le lendemain je reçus l'ordre d'aller en poste àMaubeuge propose^ WOLfénéral ^^pur^an l'emploi d'oa aérostat à son armée.
AUX HBCONNAISSANCtS MIUTAÎRES. 6/
w J'arrivai à Beanmont , couvert de boue, car j'avais été obligé de faire les six lieues de route à franc étrier, par des chemins si mauvais, que les équipages d'artillerie avaient de la boue par dessus les moyeux des roues. Le représentant anquel je devais présenter mon ordre ne comprit d'abord ni ma mission ni l'ordre du comité de salut public, encore moin» un aérostat au milieu d'un camp : il me menaça de me faire fusiller, avant de m'entendre, comme suspect; iJ finit pourtant par se radoucir, et me fit des compliments sur mon dé- Toûment
» L'armée était à Beaumont, six lieues au*delà de Man» benge; Fennemi, à moins d*une lieue de distance, pouvait attaquer à chaque instant. Le général me fit cette observation, qu'il m'engagea à porter au comité. J'arrivai à Paris après avoir passé deux jours et demi et deux nuits à cette expédition.
» La commission sentit alors la nécessité de faire l'expérience entière avec un aérostat propre à élever deux personnes, et le ministre mit à ma disposition le jardin et le petit chàtean de Meudon.
• » Il fallait inventer un fourneau , dans lequel je crus nécessaire de placer sept tuyaux; imaginer des appareils, des cuves transportables aux armées, et une foule de choses nécessaires, que l'expérience, autant que la théorie, devait indiquer.
. » Je proposai aux membres de la commission de m'associer Conté , que je leur avais fait connaître lors de ma première expérience. Conté consentit à venir s'établir avec moi à Meudon , pourvu que j'eusse seul toute la responsabilité, la correspondance avec la commission, et la comptabilité.
» Après quelques mois de travaux , le fourneau construit (en partie par nos mains), les tuyaux mis en place et tons les appareils disposés, l'aérostat fut rempli. J'en donnai avis à la commission ; plusieurs de ses membres vinrent présider à la première expérience d'une ascension au moyen d'un ballon tenu par deux cordes.
» Les commissaires m'engagèrent à me placer dans la nacelle et me donnèrent une suite de signaux à répéter et d'observations à faire. Je me fis élever successivement de toute la longueur des cordes, deux cent soixante>dix toises*, j'étais alors à trois cent cinquante toises environ au-dessus du niveau de la Seine: je distinguais parfaitement, avec une lunette, les sept
Sd KMPLOI DBS MACHINES AEROSTATIQUBS
coudes de la rtvière jusqa'à Menl^n. Rappelé à terre , je reçus des compliments des membres de la commission, auxquels je pe dissimulai paç l'impressiop que pouvait éprouver celui qui^ pour la première fois, se trouverait athsl isolé à une plus ou moins grande dist^ce de la terre , et je leur fis «entir la nécessité d'être toujours deux, c'est-à-dire , une personne avec celle qui est ^ la tête de toutes les opératious.
» C'est ^ ^Qit qu'on a indiqué, dans plusieurs gravures» plus de deux cordes pour retenir le ballon : continùellemepl balancé^ uqe troisième cpr^e eût i\è tantôt trop longue , tantôt trop cQurt/s, suivant le mouvement lipprimé an |>aIlob, par conséquent inutile. Upiç corde pour faire passer des avis n'eût été (ju'embarrassante. J'avais dans ma nàç,elle de petite sacs remplis de «able et porUn^ une flamme : j'y plaçais la note ou lettre que je voulais faire passer, et je jetais le $ac 0*9' *^ ®» ^''6)» aprèç »vpir averti par un signe convjsnu. Il tombait ^U-desçous de la naçalle.
I» Peu de jouf9 après ^ le comité dp ffoiivememept bAdressa le brevet de capitaine commandant les aérost|ers dapi l'acme de l'artillerie, attaché à Fétat-major général.
• Je ^eçus en même tepips l'ordre d'organiser une coinpa« guie de trente hommes, y compris le capitaine , un llebtenànt^ un fous-lienteuant, un sergent-major faisant fonctions d'officier payeur, des sousH>fîBciers, et de me rendre à Manbengo djips le plus bref délai.
• Le huitième jour, Repartis ^vee un officier, après «voir dirigé sur Maubeuge le petit nombre de soldats que j'avais pu réunir. ^
m Arrivé à Afaubeuge, mon premier soin fut de cliercfatf un emplacement , de construire ipon fourneau , de faire les provision? de combustible, et de tout disposer en attendant Urrivée de l'aréostat jet de? appareils qui avaient servi à ma première expérience de Meudpn.
• Les dififérepts corps de l'armée ne savaient de quel œil regarder des soldats qui n'étaient pas encore sur l'état militaire , eidont le service ne leur était pas connu. Le général qui commandait à l^faqbeuge ordonna une sortie contre les Autrichiens, retranchés à une portée de canon de la place. Je lui demandai à être employé avec ma petite troupe dans cette attaque. Deu^ des miens furent grièvement blessés ; la sous-lieatenanf reçut un^ balle morte dans la poitrine. Non* rentrâmes dans la place au rang des soldats de l'armés.
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■ Peu de jours après , mes équipages étant arrives, je pus mettre le feu à mon fourneau, et l'aérostat fut rempli dans moins de cinquante heures , alors, deux et souvent trois fois l^r jonr, je m'élevais, par ordre du général commandant, avec un officier de Tétat-major, pour examiner les travaux de Tcganemi, ses positions et ses forces.
• ». Chaque jour nous trouvions des différences sensibles, eoit dans les travaux que l'ennemi avait faits pendant la nuit, soit dans ses forces apparentes. Le cinquième jour, une pièce de dix'sept^ embusquée dans un ravin à demi*portée de eanon y tira sur le ballon aussitôt qu'il fut aperçu au-dessus des remparts : le boulet passa par dessus ; un second coup fut bientôt préparé; je voyais charger et mettre le feu à la pièce , le boulet cette fois passa si près, que je crus l'aérostat percé. Au troisième coup^ le boulet passa dessous. Tous traversaient la ville et allaient tomber au milieu du camp retranché. (J'avais avec moi un aérostier qui avait longtemps servi d'observateur à la tour, et que j'avais enrôlé dans ma comj^agnie. ) Lorsque l'eus donné le signal de nous ramener à terre, ma troupe mit une telle activité pour m'y faire arriver, que la pièce ne put tirer que deux coups. Le lendemain matin la pièce n'était plus en position.
» Occupé pendant vingt jours à des travaux continuels , de jonr et de nuit, ainsi qu'à des observations, rien n'était disposé pour entrer en campagne, pour conduire une voile tendue de vingt-'Sept pieds et un globe aussi fragile , pour sortir d'une place forte, traverser les fossés, passer par dessus les remparts et les portes , lorsque je reçus à midi l'ordre de me porterie lendemain sur Gharleroi, éloigné de douze lieues, par les détours que je serais obligé de faire pour éviter les villages, dont les rues étaient trop étroites.
» L'expérience m'avait appris ce qu'il me fallait de force et d'adresse pour résister au vent ou pour se mettre en garde contre ses atteintes imprévues : j'employai la nuit à disposer vingt cordes autour de Téquateur du filet, que je rendis solides par des attaches très-rapprochées (Jig. 16), et des coulants; chaque aérostier devait porter sa corde, la fixer et la détacher au premier signal ; la nacelle se suspendait et sa détachait de la même manière : nous pûmes sortir de la place et passer assez près des vedettes ennemies à la pointe du jour.
• Je voyageais avec le ballon à une élévatioa telle ^ que la
^ BMPi^ DCA icAeiniTts àhiùifntn^iim
catâlérie èi les ëmiipaets mifitâire» pouvsient pattcfr M» Itf nacelle : les aérostlers qui tenaient lé^ cordes iriiarehafeat ntf les dent bords ^e fa pote.
m Là nacellie portait les deux cordes d-ascètisioii, iin«^]i^ tollé qui servait aussi à contenir le ballon Sàr tèrire péadiiiit la nuit [fi$. 17). pour abattre le ballon lorsque l« vmS était trpp fôrt; des piquets, des masses et déï |>iqclMs avec tes iacs et les H^naux. Le ballon pouvait enlever dnq oeàt» hvres: mais le plUs faible excès de lé^Tèrelé suf&nit pëÂir tfé^ lever aàhs le calme : çjors je portais dans tu» nàcell* ées 6Êt% de sable àfi dix et vingt Kyres, dont je dlmniwAls te no«fev# suivant 1^ forcé ^u vent, 9tl que je vidais si des coupé èé vviA m^ surprenaient. A MaubeiJge, un coup de ^ént ivipvéWii tmm pqrtait sur la pointe d*un clocher ; un ^ae de vingt tâvres qa* je jetai brusquement me fit relever;
» Ajprès ayoir fait une reconnaissance en route , nous arri^ vâmes devant CbaHeroi au soleil couchant; #Vu% le lémpt^ avant la fin du jour, de reconnaître la plàee avec ua olfide^ lénerqil. Lç leudemajn je fis nnç secondé reconnafsanea dasa la plaine de Jumet ; et te jour suivant raérostat fut en obseï^ vation avec uti officier général et moi; pendant 8«pt à huit heures.
ip A trois heures de l'après-midi (Vatt^que avait eonmeacé à trois heures et demie du matin f, le général Jour^an xeiq donna Tordre de m'èlever et d^bbserver ïin point sur lequel i| me fit donner une note. Pendant 'que j'observais, avéé Un éf* ficler de ma compagnie (le général n'avait point d^f&eiér d^état-mdjor disponible), un ba^illon, qu'on faisait porter sa# ûp autre point par le chemin 1^ plus Court, passa sous liie^ cordes : j'êntenois plusieurs voix qui répétaient avec bomeoif an*on les faisait j^attré eu retraite ; je d^Mngnai parfaitemant fa, voix de Tun d'eux, qui leur dit : « si nous battiooi eo tetraile. }e ballon né serait p';|S là. »
» fnusièurs officiers aumchiens qui étaient à la batafila éê Fleurus m'ont a^sor^, forsqû'ils étaient en France, qn*rl a ëtl tiré sur nous plusieurs conps de' carabine. Après 'quelque^ autres reconiiaîssancef , noo^ spivîmes les mouvements ûi Farmée.
■ Nous étions près des hauteurs de Namur, lorsqu'un coup de vent , que ncius n'avions pu prévoir, porta le balloil sur xA arbre qui le fendit dans sa partie supérieure: dans un iDstaat ilfiitvidé. ^ '
4JBm hmo ÊfMmmu Mii«Ai»Mt Si
m |9 lie ^49991 ps» pottr retPHTAfir à M»aliMI0f i dfiVt nous étions éloignés de douze lieues; nous y arrivâmes jf \p^ demain matin, pn nouv^an ^llon, que j'^vk^ demanda, n'était paa.frrivé j jç crus devoir prendre U ppstff po^tr çp Mter Ve]fpf dation : aussitôt qu|i je Yeùs jç<m , je fis toutes f^ç 4ifr ppsiUons pouf le f^^ipli|r.
r AP^^ plwsipuFS rûcopn^jssfiicfs 9^prà9 des pfpciqrs g^ fîé?^?'4f l]Hi cotqqanaf^eiif ^^ffér^nt^ €orj[>s d*arm^e, uq)|| passâpfsk.l|çus^çi»b^teaqf pqqr »Q«s ^ingp^ç sur $ni^qllçs, f'n ï)PWy<4 i?<^ent i^if^ aftçijdnjt À !» pprJe ^e çe^ç 8r»|»44 ville.
» ^ifL coup de vent porta le ballon sur u^ éclat de bois qui le coupa dans sa partie inférieures il se perdit une petite quantité de gaz. J'entrai ^ans le parc^ où je formai, ave4 une simple ficellcj une grande enceinte qui fut respectée pa^ la multitude de «furieux de toutes les classes. Bientôt radcident fut réparé, et je rejoignis Varmée le quatrième jour.
M Arrivé àBorcet^e, près d'Aix-la-Chapelle , un séjour d^ quelques moisme permit dy faire un nouvel établissement. Sa Pavais à peine terminé, que je reçus l'ordre de me rendre à Paris pour y former une seconde compagnie : je fus chargé de la conduire à Parmée du Rhin , oii 'lei recodnalssancs eurent le même succès.
» L€s généraux autrichiens et les officiers de leur armée ne cessaient pas d*admirer cette manière de les observer'^ qu'ils appelaient aussi savante que hardie. J'en ai reçu lei témoignages les plus honorables toutes les fois que je me suis trouvé avec eux : « Il n^y a que les Français capable» d'imaginer et d'exécuter une pareille entreprise » , m'ont-ilf répète, lorsque je leur ai dit qu'ils pouvaient «n taire autant.
» Je reçus l'ordre de faireune reconnaissance sur Mayence; je me postai entre nos lignes et la place, à une demi-porté# de canon : le vent était fort; et pour lui opposer plus de ré^ sistance, je montai seul avec plus de deux cents livres d'excès de légèreté. J'étais à plus dé cent cinquante toises d'éléva^ tion , lorsque trois bourrasques successives me rabattirent à terre, avec une si grande force, que plusieurs des barreaut qui soutenaient le fond de la nacelle turent brisés. Chaque ^is le ballon s'élevait avec une tellf vitesse que soixantequatre personnes, trente-deux i chaque corde, étaient entraînées à une grande distance. Si les cordes avaient été fixées à 4es grappÏBt» ainsi q\i'oa ne l'avait proposé, il n'y. a pas de
g^ BUPLOt IMBS HfAGHIH» ABaMrATIQVU
doate qif elles if cassent été cassées oa qat le filet n'eiit été ranpa.
» L'ennemi ne tira, point. Cinq généraux sortirent de la place, en élevant des moachoirs blancs sor lear chapeau ; nos généraux, que j'en prévins, allèrent au-devant deux. Lorsqu'ils se Âirent rencontrés, le général , qui commande la plac» dit au général français : « Monsieur le général, je vous demande en grâce de faire descendre ce brave officier; le vent va le Êdre périr ; il ne faut pas qu'il soit victime d'an accident étranger à la guerre : c'est moi qui ai fait tirer sur loi à Maubeuge. »
w Le vent se calma nn peu ; alors je pus compter à la voe ample les pièces de canon sur les remparts ainsi que toutes les personnes qui marchaient dans les rues et sur les places.
> Généralement, les soldats ennemis, qui tous voyaient on observateur plonger sur eux et prendre des notes , étaient persuadés qu'ils ne pouvaient pas faire un mouvement sans être remarqués. Nos soldats étaient de la même opinion, et trouvaient dans les observateurs un genre de bravoure uoo- Tean qui excitait leur admiration et leur confiance. Dans nos marches, toujours pénibles, la surveillance continuelle ne permettant pas à aucun aérostier de quitter la corde qui retenait le ballon, il nous est arrivé de trouver sur notre passage des rafiraîchissements préparés pour nous ; souvent aussi des soldats des troupes légères nous apportaient du vin.
» Nous étions campés sur les bords du Rhin devant Manheim^ lorsque le général qui nous commandait m'envoya en parlementaire sur l'antre rive. Aussitôt que les officiers autrichiens eurent appris qne je commandais l'aérostat, je fus accablé de questions et de compliments ; un officier, qui avait passé le fleuve avec moi, observa que si mes cordes cassaient, je pourrais être exposé en tombant dans le camp en* noni. ■ Monsieur l'ingénieur aérien, répondit nu officier supérieur, les Autrichiens savent honorer les talents et la bravoure ; vous seriez traité avec distinction. C'est moi qni vous ai aperçu et signalé le preoiier, pendant la bataille de Fleurus, an prince Cobonrg, dont je suis laide-de^camp.
> Je lui observai qu'on ne devait pas, suivant l'osa^, m'interdire l'entrée de la place, puisque, enm'élevant sor l'antre rive, je plongeais sur la ville.
« lie général qui commandait envoya le l*"dfflwin F^nti»*
isation dç me feire voir la plqce, 91 notre génënil consentii| L m'y laisser entrer.
» ^i le balancement qu'op éprouve, et ({ni est plus pi| noiiîs grand , suivant la force du vent, est souvent un oïw ;tacle lorsqu'on est obligé de se servir de lunette ( e^cept^ lans le» très-grands vents, je m*éuis accoutumé i ni*en serir ), je dois fairç observer que le plus souvent on distingua L la vue simple les différents mouvements des corps dinfan^ ;erie, de cavalerie, d'artillerie et leurs parcs : i^Maubeuge, levant Mayence çt Manheim, je pouvais compter les pièce% le canon 4ans les çedouteç et s^x les rempa^t^, 4 U vm impie.
> C($ çf^x cause une imp^essioi) k laquelle on ^ be^în 4i 'accoutumer, c'est le brait que fait le i>allon lorsqi^'iJL e4t omprimé par les coups de vent répétés; il s'y forme une eon» aviié plut ou moins gcandc» suWant la fovct du vent. Loft* |ue le coup <j|jÇ vfn| a passé, le» t>^Ion reprend sa forwf^ V^r élasticité dq gaz quittait copaprimé, i^veçune \e\\p ^ite^siii ue le bruit ou, coup de Sçuet du taffetas se fait entendre à un<| rande distance; ce qui ferait cra^indi^e. s% rupturç s'il n éta^ as cqut^nif paK le fîle|. t)ii reste , ce^ accideiit ne m'eçt j^lai^ ^n^W^t qnpique je me sois souvent servi 4V^ pA\çm ont le t^ffe^^ avait perdu presque toutç sa fo^ce.
m Pendant que j'étais à^ çen| cinquante, toise^ a*^l(éy^tîqi| our un^ icMOnuaiçsancç sur les bords du |lbi^> un iris^on pouvantisible me força , pour la première fois » de in'^fsewç ans ma nacelle; il fui, suivi d'uuç (^vre yîoleqte qui mû lit aux portes du tombeau ^ l^rs^nkental , oik j'avais fait a4 tablissement. Mon lieufenant pri^ le ^omms^ndement de qi^ Duapaguie et pas^a le fl^in : df ps \^ première nuit so^ balloi| it criblé de chevrotines et m^ hor^ de ^ervicç.
» Celui que conduisait le capitaine L'Homond, çm|DitAd4i|$ I première compagnie, que plusieurs bcgnbes et noulets ^'aaient pu démonter devant Erbenbreistein • fut égalemeifl ercé de plusieurs bailles près de Francfort* Cette compagnie jit prisonnière de guerre à Wurtzbourg , en Ffançoni^ , e( it ensni^ partie de lexpèdition d'Egypte.
» FotiTcé de prendre un congé, j'étais k peine çn conval^? ence, lorsque je rentrai è^ Paris. Je fus élevé, en arriv4|4tf a grade de chef de bataillon , e( je repris 1^ suitf 4^ mçf ravaux à Meudon. «
Toutcf le9 n^^ççuyr^l du eqrpf dçf ^érqçtim «Içvawpj |*»t
^4 «MPLOl DU MACBINSS AéROSTÂTlQirES
pérer dans le plas grand silence. La correspondance se faisait du ballon avec les chefe demeurés à terre , au moyen de signaux attachés à la balustrade de la nacelle. Ces signaux consistaient en morceaux d'étoffes, de formes et de couleurs différentes; c'était une sorte de télégraphie qui avait été imaginée par Conté , directeur de l'école aérostatiqu^ de Meudon, et dont la connaissance faisait partie de l'enseignement que recevaient à Meudon les élèves aérostiers. Ces différents signaux servaient à indiquer les manœuvres pour avancer, descendre , se porter à droite , à gauche. Le commandant resté sur le terrein, par exemple, recevait-il du général l'ordre de battre en retraite , ou d'abaisser la machine? les observateurs aériens étaient prévenus au moyen de signaux étendus à terre (P/. 6,
Extrait dun rapport de Fourcrot à la Conv. nationale (1795).
« Une des découvertes qui étonne le plus par ses effets , et qui frappe le plus l'imagination par la place qu'elle fait occuper à l'homme, en l'élevant sur l'aile des vents, la machine aérostatique, qui n'a valu à son inventeur qu'une décoration devenue ridicule depuis vos lois , mais dont la source est toujours respectable à vos yeux , est devenue pour votre comité nn nouvel instrument de guerre dont les ennemis ont reconnu toute la supériorité et toute l'influence sur les victoires.
» La convention n'apprendra pas avec indifférence que plusieurs savants ont consacré dix mois de leurs veilles pour perfectionner l'art de l'aérostation , et pour le rendre facile à exercer dans les camps , dans les places , et sur le théâtre même de la guerre ; leurs recherches ont fourni un nouveau moyen de produire, à peu de frais et avec des matières qu ou trouve partout, le fluide léger qui distend les ballons, en quantité suffisante pour les plus volumineux des aérostats.
» La prévoyance a été jusqu'au point d'employer les talents les plus distingués en mécaniques , les connaissances les plus étendues dans l'art des tissus , pour faire fabriquer à Lyon une étoffe de soie inconnue jusqu'ici, et qui réunit ponr les machines aérostatiques les conditions de légèreté et de solidité qu'on n'aurait pas osé espérer. Plusieurs compagnies d'aérostiers ont été formées, des manœuvres nouvelles pour le service régulier de ces nouveaux instruments de guerre ont été imaginées, et la République possède en ce moment une Bonvelle institution que déjà 34 ascensions ont forcé nos
AtX kECONNAISSANCES MILITAIRES. qS
«nnemis d'admirer, sans qu'ils aient encore pu l*imiter. Le comité s'occupe sans relâche des mesures nécessaires pour multiplier ces instruments précurseurs de la victoire, et bientôt toutes nos armées auront leurs tentes, leurs agrès, et leurs compagnies aérostatiques , comme leur parc d'artillerie. Le» ateliers où L'on fabrique ces machines sont dans la plus grande activité; de jeunes citoyens pris dans l'Ecole de Mars sont instruits aux manœuvres nécessaires pour diriger l'aérostatioa militaire , et tout sera bientôt disposé pour faire connaître aux ennemis du midi comme à ceux du nord quelle force la liberté tire du génie et des arts français. *