‹ Nouveau manuel complet d'aérostation; ou, Guide pour servir à l'histoire et à la pratique des ballons (volume 2)Chapitre 13 sur 68 · EMPLOI DU SEXTANT DANS LES OBSERVATIONS AERIENNES · texte numérisé non relu

EMPLOI DU SEXTANT DANS LES OBSERVATIONS AERIENNES

Nous extrayons d'un excellent mémoire publié en Tan X [ 1 802), par M. Lomet , sur Tutilité des machines aérostatiques appliquées aux opérations topographiques, à la levée des plans et aux reconnaissances militaires , la description d*an aouvel instrument destiné à en faciliter l'usage :

« Les aérostats fournissent à volonté , en présence de Tenlemi , un ou plusieurs points d'observation d'où Ton peut reîoiinaître les positions qu'il occupe , étudier ses mouvements uger de l'ensemble, et apprécier jusqu'aux moindres détails de es manœuvres. On doit présumer que ces machines devien- Iront d'une utilité indispensable à la guerre^ parce qu'elles f ont établi un* moyen extraordinaire, jusqu'à présent in- :onuu, de recueillir des observations qui peuvent déterminer nstantanément le gain des batailles , assurer les dispositions l'une vigoureuse défense, ou tout an moins faire connaître e moment et les issues favorables pour la retraite : et pour ixer plus particulièrement l'attention sur le parti que Ton )eut tirer des aérostats aux armées, il suffit de rappeler ici 'henreux essai que l'on en fit' aux champs de Fleurus.

m Le comité de salut public, et depuis le directoire exécutif ivaient pensé que l'application des aérostats aux reconnais-^ lances militaires de tout genre , devait étrç étu^ipc ' * liquée à l'avance pendant la paix. Ils^çgirsî^^^ ^^ ^^J"^ P^put les employer à a Construction des cartes géographiques 5u du moins au relevé des détails intermédiaires du terraiiî entre les points déterminés géométriquement. Chargé des ex^ périences relative^ à ces diverses applications, je vais rendre compte de leurs principaux résultats.

9 P^ les premières asc^o^ioiis, on eut pour bat de mesurqf

§€ Blfl^Ot DBS ilACHtKfiS AÉROSTÂTlQUks

Wb angles cpie formaient entre eux les rayons yîsaels meo^ dertea d'tin observateur aérien à divers points déterminés 4 f)osition sar la terre. La mobilité inévitable de Taérostat né |)ermettant pas d'employer le grapbomètre à cette opération^ où lai substitua d'abord un récipiangle suspendu comme une bottssole marine , à l'aide duquel on espérait saisir facilement là mesure des angles, et surtout les obtenir immédiatemeit apportés à uo plan horizontal. Cette tentative n'ayant pas téttàsi, il fallut en venir à faire usage du sextant.

• Cet instrament ne laisse rien à désirer tant pour la célirite que pour la facilîté et Ta précision de l'observation ; mais il a rinconvénient » dans le cas^loat il s'agii» de ne donner l'angle que sur un plan incliné à l'horizon, et il ne présente Vailleuys, dans la cottstiruction ordinaire, aueuu moyen de Hftlr ^tn^lque Ccnhpte de cette fnclinaîson.

te e%)taéànt , pour les cartes relatives à la plupiart des re- MtaKiaiSMttCéslùilitliitès, et dans tous les cas où il sùfiS^t d'une esquisse figurée dû terrain sans av^ir égard à de légères altératiOiis«ttr le» distantes, les dl)è0rvMiens^iti^p(«s, ftUts avec i le sexUnt., p4ift^nt«ii£Sfe> 'et^Ute'fouriftiSsetit lé moyen d'opérer £icile«eiit'9iiruae vaste 4teiidoe de ^MiySi, hors des at- ' teintes de l'ennèMÎ. Mais il «'«tt<»st ^àt méme^âks opéiaiion« qui exi^peKt une euotitnée rignifratise , et daue-leiqueHcs ^1 est nécessaire de rapperterlfésangleé ftb'centn d^stattonet an plan 4e rberiaon.

• Voici comâéfit j'ai elienèié à rempKr «es dfvtnte «ondi* tions t

n Les angles nécessaires pour rapporter la p«sitioa de deux objets au ee«tre de 'Staciou et au plan de lliorixon , sont: \^ l'angle compris entre lès myons menés de l'œil de fofaBer^ Tuteur 1 «es peîiitsc; i^ les angles que font chacun de ces rayons ^vec la verticale: Nao» avons vu qu*il était iaipotsiblft à l'observateur aérostatique, de raccorder ces trois angles, ra les prenant Tnn après l'autre; ;nais si leur mesure était iaêlantanëe, la difficulté serait résolue. Elle le serait donc, si l'oo inaginait un instrument qui donnât ces trois angles à la fois

Far une seule observation ; et puisque le sextant donne déjà angle compris entre les rayons , il ne s'agit donc ^ne d'àjooiertil cet instrument les pièces nécessaires pour obtenir es snémetemps les deux autres.

» Soit BAC <«W. 3 , /î<7. 11), îangle que forment les rayons Tisnels ÂB, AC, supposés menés du miroir A du sentant aux y^«|aA«lîûi,A iWtfluultyaliriÉde^M^ jixsi^'éa ^[ttrr&aags

AUX KBCOIIMÂISIANCBS MIUTAIRBS. gj

e Yoh\ti € réfléchie par le miroir A, placé sur TaUclade^ coïo<ide par double réflexion sur le miroir L, au point où l'on y perçoit l'objet R » et que i'un et l'autre soient simultanément perçus par 1 observateur mirante tra vêts la lunette Pp ou lit (voyez la Théorie et t usage du sextant) i® qu« FaDete DAË }mpris entre l'alidade AD et la branche fixe ou la ngne ae îro AE de l'instrument, est toujours égal à Ja moitié dfi Taule BAC dont on cherche la mesure; ao que la ligne JIC, qmt on suppose passer par Taxe d« la lunette et le centre du mi sir L y se dirige toujours vers le point B, et se prend usuellelent pour le côté AB , l'erreur résultant de la petite distance R étant comptée pour rien dans la pratique : de sorte que

l'on ifnagiqa^t un rayon visuel allant du .point H à Tobjet G, s angles BRC et BAC seraient réputés %auz» at se prep* raient indifféremment l'an pour l'autre.

Cela posé , si l'on plaçait une règle daQs la direction RB , le serait censée être danf celle du côté AB ( et si l'on parvelit à placer une seconde règle de manière gue^e mouvement i l'alidade la portât dans la direction BC au même instant le les images des deux objets B et C coïncident au point t , est évident que ces deua règles formeraient entre elles l^ne BRG, et par conséquent l'angle BAC.

Pour y parvenir, imaginoos une sorte de £aus^e éqi^erre gide S R Q, située dans ia pian de riustrumeuL et mooile à m aoiBiDett sur vu tourillon fké an point B, à Tintersection BS ligBies ÂR et LB. Faisons l'angle SBQ compris entre ses ranches, égal A Taiigle ERL, et le côté RS Cjgal à la disince A R. Si nous supposons maintenant que l'extrémité S du ^té RS soit r«tenve par un bouton dans une rainure MN, ratiquèe Aur TaUdade, le monvepiept de celïe-ci se comipuniaera à la fausse équerre, de manière qu'on aura toujours ftDgIe LB Q ^gai à l'angle B A C , et conséquenunent le côi;é tl Q \ placara dans la direction demandée.

En e^, le triangle AR3 étant isocèle par construciion , angU extérieur SREssRAS-^ASRs» a RAS.-^BAâ; laia SRQ égalant ERL^ si Ion retrancha V^v^f^ commun l^ht on aura l'angle SREBaLAQssBAC.

Al^chons à présent sous chacune df^^^'^^M^^ ^L et IR, un petit quart de cercle gradué ^ suspendu de telle npiaièCjB qu'il puisse se placer de lui'<^êin.e dans le plan vertical n côte correspondant de Tai^l^ observé ; fixons à chacun dfi e^ oi^rts d^ cfrcte un 4' ^ plomb composé d'une brancj^ft

q8 emploi des IfACBtNti AikWtAtt^HtÈ

rigide mobile sur tourillon , garnie d'nn index à Nonius d'un poids qui le sollicite incessamment de prendre la posit verticale, quelle que soit la situation du sextant ; disposoo: tout enfiu^ de manière que l'on puisse à volonté fixer Fini de chaque fil à plomb , à la division qu'il indique sur limbe par l'efEet de la suspension, et cela au moyen d'une à tente de pression q[ue l'on met en jeu au moment précis l'observation de Tangle principal , dans les pinnules de i flexion. Il est évident que les deux règles et l'index des fit plomb donneront simultanément les trois angles demandés, que l'on n'aura plus qu'à projeter, par le calcul, Tangle B: an plan de l'horizon.

Cet instrument, disposé comme nous venons de le décri a produit dans nos expériences tout l'effet qu'on pouvait attendre. Cette invention , aussi simple qu'elle est henreo: peut devenir très-importante par les applications utiles de elle est susceptible , et l'on a déjà quelque raison de peuque c'est de son perfectionnement ou de la composition quelque instrument analogue, que dépendra désormais la p sibilité d'exécuter des opérations trigonométriques trè exactes , par le secours des machines aérostatiques , et mal^ leur continuelle mobilité.

Ce n'était pas asse« d'avoir trouvé le moyen de lappcii les angles au plan horizontal : il restait encore à trouver d de rapportera un centre commun d'observations tous les s gles observés pendant les ascensions en un même lien. Pc y parvenir, il fallait, en quelque sorte, tenir registre de la tuation de l'aérostat au moment précis de la mesure de chac de ces angles. On y a réussi en laissant tomber de TaérosU en cet instant, un petit jajon plombé, gflnii d'un fichet de ft Ce jalon descendait rapidement à terre, s'y implantait, et y nu quait un point correspondant au sommet de l'angle mesiu u était ensuite fiicile de comparer la position de ce point celle d'un point pris pour centre commun d'obsenratioD, d'en déduire les <»}rrections à faire. On doit observer cepa dant que ce jfalon, abandonné à lui-même, reçoit, au mome de sa chute,'uil mouvement composé qui participe de ceux l'aérostat, et qu'il a-« dévie en conséquence de la verticil' mais il n'en résulte qu'ur»e erreur peu sensible dans ta pratiqv

Le calcul et les procédés ordinaires de la géométrie descri tive fournissent , au surplus, toîjs les moyens de tirer parti ces diverses observations, etd'éii exprimer les résultats sur pjpier^ tant pour les appliquer à la câZifttmetioA dos cuU

'AVX mCOMNAISSÂNCtt lOUTAIRlS. gg

qae pour en tirer la connaissance des hauteurs comparées du Xiivellement : nous n'entrerons ici dans aucun détail à ce sujet. L'observateur chargé de faire ces premières expériences, s'est bientôt aperçu que l'embarras involontaire que lui causait la nouveauté de sa situation , lorsqu'il se trouvait isolé et suspendu à sept ou huit cents mètres de hauteur , avait une influence considérable , tant sur la fidélité de robservation ,

âue sur le temps nécessaire pour la recueillir. Toute l'exactitude épend, en effet, de l'assurance et de la prestesse de l'observa teur ; et l'on ne pent se dissimuler qu'il n'en résulte un grand inconvénient, puisque cette difficulté d'opérer laisse une assez grande latitude aux erreurs qu'il est possible de commettre.- On est forcé de conclure de cette dernière observation » i^ qu'il est indispensable d'avoir acquis une grande habitude de ces sortes d'opérations pour parvenir à les exécuter avec précision; 2* que les procédés que l'on vient de décrire, sont pi as satisfaisants pour la théorie, qu'ils ne seraient d'un usage sûr dans les applications qui demandent une rigoureuse exactitude ; et que s'il est des circonstances où rien ne pourrait suppléer à leur emploi dans la construction de certaines cartes figurées , il convient au moins de ne jamais les substituer aux nioyens d'observations fixes et plus assurées dont on pourra disposer.

Mais on ne peut trop répéter^ en même temps ,« que les aérostats fournissent le moyen de donner le plus haut degré d'intérêt à l'expression du figuré du terrain dans les cartes de toute espèce, et que leur usage est du plus grand secours pour la formation des plans dont le tracé peut être suffisamment déterminé par une simple imitation à vue. L'observateur aérien, en découvrant une vaste étendue de pays, s'habitue à considérer en grand l'organisation générale des aspérités delà terre, et même les variétés de détail, ainsi que le ton de couleur, qui semblent caractériser diversement chaque portion de territoire. Si Ton cultive avec fruit ce nouveau moyen d'observation, il est indubitable qu'il amènera une amélioration sensible dans l'art de dessiner les plans. Mais pour profiter des avantages qu'il procure, ils est nécessaire que ceux qui se destinent à ce genre de travail , joignent à de profondes connaissances en géométrie, lAie grande facilité dans l'art de dessiner le paysage Puissent-ils être convaincus de l'importance de cette vérité, et se persuader qu'aucune espèce de plan ne peut avoir de perfection idéale ou relative pour les

usageê civils &Bl fbiKMbes, qn*aiUaDt qu'on y trouve wéanîm à Texnctitude rigonrens« des projeetioos, ans fidélité d*ezpressioD capable d'inspirer à fi«*ui qui les regarde, tontes i«s dispositions qn'H aurait p« conoevoir à l'aspect du terraia.

Concilions éé (eut of qui pFccède, que l'art aérostatique rétnrît des propriété» aussi précieuses qu'iueontestables pour les opéraiioDS topographiqnes et les reconnaissanees milii. taîres; qoe san pepfoctioanement peut loi aequérir d«s propriétés nouvelles inappréciables ) et quMi sel^it é^lement impoHtique de négliger l*usage de ces Bsaohiaes,«tt de ne pas appeler sur elles les luraièves de la méditi(iiMi e« de ^zp^ rience. Noos tevmineroiis ce fBéqiobe par «sa réiesien r^a^* tive à leur emplei aailitaire. Les eoBeniis ne mànqneretit pas d*opP®^' * Vmdurtrie cr^atrica dèefran^^ une ladua^ie dimitatioii : ils auront anssi laan aérostats ft lem» eompagOfes'dViérestiers. L'influence de cette iqnovatifni^à la eii<^ est de nature à se développer »vec rapidité , f t biealèt &ie ne favorisera aucmi peuple exel«siveiatn4. Mais «Iofs l^rt des raaekines aérosiatiqves aiir* enoore aeqnis ua plusi haut degié d^ntérét, pulsqa'é ëette époque II sa*a devaaa an éléinent de plus dans la main d?s hommes pe«» substituer les effeu de ^nie et de l^adaslsie' aaz dévastations îoeoiisidéré^ de la force; et cette observation doit intéresser à leur perfeatieiitteraenl tpu&lef amis dé f humanité. »

çsj^rm VII,

£XPÉliaNe£9 A]ÉRe9TimQUES IlEMARQt7ABLK8| fAtTS ÇVfilBtrXJ AN]^C1)0T]^§^.

Volcî la pièce originale Imprimée et répandaé ^n France. à profusion , dans leS derniers mois de Tannée 1783. L'erempfaire que nons avons eu entre les mains est d'une assea laide impression, sur papier commun. Oet avertisiement est sur format in-4* de qnati« pages.

Nous copions :

Vtok»IPMStlfBSt.

« Avertissement au peuple sur renlèvement des ballons on globes en l'air. Celui dont il est question a été enlevé à Paris le dit jour, a; août 1783, â 5 heures du soir, aU ChamoKle-Mars,

» On a fait une découverte dont le gouvernement juge conva^ venable de donner connaissance, afin de prévenir les terreurs

Prostatiques remarquables. ioi

qu'elle pourrait occasioner parmi le peuple. En calculant la différence de pesantear encre Tair appelé inflammable et Tair de notre atmosphère , on a trouvé qu'un ballon rempli de cet air inflammable devait s'élever de lui-même vers le ciel pour ne s'arrêter qu au moment où les deux airs seraient en équilibre; ce qui ne peut être qu*àune très-grande hauteur. La première expérience a été faite à Annonay , en Vivarais, par les sieurs Montgolfier, inventeurs. Un globe de toile et de papier, de cent cinq pieds de circonférence , rempli d'air inflammable, s*est élevé de lui-même à une hauteur qu'on n'a pu calculer. La même expérience vient d'être renouvelée à Paris (le 27 août à 5 heures du soir), en présence d'un nombre infini de personnes. Un globe de taffetas enduit de gomme élastique , de trente-six pieds de tour, s'est élevé du Champde-Mars jusque dans les nues , où on Ta perdu de vue : il a été dirigé par le vent vers le nord-est, .et on ne peut prévoir à quelle distance il sera porté (i). On se propose de répéter cette expérience avec des globes beaucoup plus gros. Chacun de ceux qui découvriront dans le ciel de pareils globes, qui présentent l'aspect de la lune obscurcie , doit donc être prévenu que, loin d'être un phénomène effrayant, ce n'est qu'une machine toujours composée de taffetas ou de toile légère recouverte de papier, qui ne peut causer aucun mal , et dont il est à présumer qu'on fera quelques jours des applications utiles aux besoins de la société.

La sphère aérostatique, ou globe volant, d'environ douze pieds de diamètre, pesant vingt-cinq à trente livres, abandonnée aux vents dans le Champ-de-Mars le 27 août 1783, à 5 heures du soir, par un temps pluvieux, est construite de taffetas gommé , bien clos à sa surface , de manière que l'air extérieur n'y pénètre pas. Il est rempli d'air inflammable, vapeur provenant d'une dissolution de limaille de fer avec l'huile vitriolique. En s'élevant, il a décrit une courbe parabolique dirigée du sud an nord et s'est enlevé très-prompte* ment dans les airs à perte de vue, et il est tombé à Gonnesse ]e même jour, à six heures.

Lu etapprouvé, ce 3 septembre 1783. I^e SAtTYicNT. Vu l'approbation, permis d'imprimer;

Le -3 septembre 1783. Lbnoir.

(1) On • ni ^epoit ^'U tfuit wnM iroU-qnarti d'hinra oprè* k Gobomw^ k ê ll«a«l de Pirk.

101 EXPéRIENCBS

BBLAHM 00 VQ1A0B 4B«lBff QB PlLASTBB PI BO^iBl Bt PmOSnV ^▼EO la M0IIT60LF|iRB LA MaEIB ANt01N|IBTTE^ A VBBBâlIAU»

LB 2i3 JUIN 17S4.

Onsteva ttl , f^i dû Suède^ était aWi^ à la eaoff da F«ii|Bca^ spot la nom de coaite da Ha^> on loi fit 1^ honnaïus dé oatta ma^nifiqoa axpérienca. Noas ayoas praaiû ias détails à^ cette coursa aérostatique , la plus longaa qui ait été fai^a a^ae on ballon à fan x les Toiai. Il est à olttervev aoisî qaa Pilastca de Rozier <tt Broust sont montés à nne hantaur de qaati^ mille mètms.

Cest Pilastre de Rqzier ^ni parle :

« lA Mq^itgolfièr^ f'éïev^Jt t^ès-l<^ntemc^t c^ ^^co^v^if oq^ diagonale , ép offrait qp spectacle tpu^ à h fois ^e{^|f( ^ majes^peux; comme un Tajssean qui s'est psécmité d^ ç^^ntie^ dans les e^^m, cette étomiante ms^chine sa |]|alaaç2iit superbe* if^ept daos l'aif qui semblait rarrachef de la |naiq ^^ho^mmes. Ces mouvemeqts irréguliers intimidèfe^t^p instant ^^fs partit^ des spectateur qui, craignant qu'une cl^utç proclu|iqe ne ^û^ leur vie eq danger, s'éloignèrent à grands pas.. Après ^voir ;)llumé mon fourneau, je saluai les spectateurs, qui meréppudirent de la manière la plus flatteuse; j'^us le temps (l'çnser-. ▼er sur quelques visages un mélange d'intérêt , d'inquiétude et 4^ joie.

» En caqUnvâ^nt ainsi notre marche ascensiQ^nel|e« je m*ap^rçus q^ ui^ courapt d'air supérieur opposé au nôtre lissait pçnçher la MqntgqlBère; voulant éviter le f^pu, j'eqgage^i M, -Propst|i marpher liMJt à dix miputes hprizontalement; pi|^ ^^^^ , meptant \^ chaleur, nops noi^ é^evâipes; |e volume d^ Pbj^t^ diminuait çeosiblçfpent et noi^s ipettaft çn é|^t d'appréciet assez çT^acten^çnt i^pfre élpigppmçpt; alorij la |lifon^g<;1ftèrii fu( distingué^ de la capitale et d^ fnvirqps. ï/'él^vatfon ^ laqpelle np^s étiops déjà px^^nus» faisaj^ çroiç» fm pla| grand nombre que nous planions sur IflPf té(e.

• Arrivés dans les nuages, la terre disparut entièrement ^ fios yeux; un brouillard épais semblait nous envelopper, puis un espace plus clair nous rendait la lun^iéré; de aoifveaiuC nuages, ou plujàt des amas de nfige, s'amoncelaifn| rapidement sous nos pieds , nous étions environnés de toutes parts ; nne partie tombait perpcBdicaUinflMnâ snr li^i be|cids cxtésienra de notre galerie qui en retenait nue assez grande quantité ;

AÊROmTiQVtS RIMÂAQUÂBLK9. to3

le autre se fondait eu pluie sur Versailles et sur Pgris ; U iromètre était descendu de neuf degrés ^ et le thermomètre i seize. Curieux de connaître la plus grande élévation à Is^m lelle notre machine pouvait atteindre, nous résolûmes de^ >rter au plus haut de^ré la violence des flammes, en souler int notre brasier j, et soutenant nos fei^ots sur la poii)te dm DS fourches.

» 1?ftrvenus aux plus hautes de ces montagnes glacées, et n^ ouvant plus rien entreprendre , nous errâmes quelque tempf ir ce théâtre plus que sauvage; théâtre que des hommes oyaient pour fà première fois. Isolés , et séparés de la nature ntièref nous n apercevions sous nos pas que ces énormes lasses de neige qui, réfléchissant la lumière du soleil , éclataient infiniment l'espace que nous occupions ; nous restâmes iuit minutes sur ces monts escarpés, à onze mille sept cent rente-deux pieds de terre, dans une température de unq degrés au-dessus de la glace, ne pouvant plus juger de la vitesse le notre marche , puisque nous avions perdu tout objet de oœparaison.

M Cette situation agréable sans doute pour un peintre habile^ >romettait peu de connaissances à acquérir au physicien , ce |ui nous détermina, dix- huit minutes après notre départ , à redescendre au-dessous des nuages pour retrouver la terre. %. peine étions-nous softis fie cette espèce d'abîme , que la icène la plus riante succéda à ta plus ennuyeuse. Les campagnes nous parurent dans leur plus grande magnificence. Toué était si éclatant que nous crûmes que le soleil avait dissipe l'orage; et, comme si on eût tiré le rideau qui cachait la nature, nous découvrîmes aussitôt mille objets divers répandus sur un espace dont fiot|fe oeil pouvait à peine mesurer Tétendue. L'horizon seulement était chargé de quelques nuage^ qui paraissaient touclier la terre. Les uns étaient diaphanes, d'autres réfléchissaient la lumière sous mille formes différentes: tous en général étaient privés de cette teinte brune qui porte 4 la mélancolie. Nous passâmes dans une mipute de l'hiver aii printemps; nous vîmes ce terrain incommensurable couvert de villes et de villages, qui , en se confondant^ pe ressemblaient plus qq'à de peaux châteaux isolés et entourés de jardins. Les rivières qui démultipliaient et serpentaient de toutes Firts, n'étaient plus que de très-petits ruisseaux destinés ^ ornement de ces palais; les plus vastes forêts devenaient des charmilles ou de simples vergers ; en un mot , les prés et les

tioi HZPÉ&IENCES

champs n'ayaient qne Fensemble des verdares et des gazons . qui embellissent nos parterres. Ce merveilleux tableau, qu'aucun peintre ne peut rendre, nous rappelait ces métamorphoses miraculeuses de fées ; avec cette différeace que nous Toyions en grand ce que l'imagination la plus féconde n'avait pu créer qu'en petit , et que nous jouissions de la réalité de ce qu*avait enfantQ le mensonge ; c'est dans cette charmante position que lame s'élève, que les pensées s'exaltent et se succèdent avec la plus grande rapidité. Voyageant à cette hauteur, notre foyer n'exigeait plus de grands soins , et nous pouvions 'facilement nous promener dans la galerie. Moa ardent coopérateur changea plusieurs fois de poste; nous étions aussi tranquilles sur notre balcon que sur la terrasse d'une maison, jouissant de tous les tableaux qui se renouvelaient continuellement, sans nous faire éprouver de ces étour* dissements qni effrayent une infinité de personnes.

» L'action que j'avais portée dans mes travaux ayant cassé ma fourche, j'allai au magasin m'armer de nouveau. Nous nous rencontrâmes avec M. Proust, mais.la Montgolfière étant très-bien lestée, ne s'inclina que d'une manière presqu insensible, d'où nous conclûmes qu'il fallait attribuer à la mauvaise construction ou à la frayeur des voyageurs, les accidents annoncés avec tant de pompe dans quelques journaux. Les \'ents, quoique très-considérables, emportaient notre bâtiment sans nous faire éprouver le plus léger roulis^ nous n'apercevions notre marche que par la vitesse avec laquelle les villages fuyaient sous nos pieds; en sorte qu'il semblait, à la tranquillité avec laquelle nous voguions , que nous étions entraînés parle mouvement diurne; plusieurs fois nous cherchâmes à nous approcher de la terre, jusqu'à distinguer les acclamations qu'on nous adressait et auxquelles il nous eût été facile de répondre à l'aide d'un porte^voix ; en un mot, tout nous amusait. La simplicité de nos manœuvres nous permettait de parcourir des lignes horizontales et obliques, de monter, descendre , remonter et redescendre encore et aussi «ouvent que nous le jugions nécessaire.

m Parvenus enfin à Luzarche, nous nous déterminâmes d'y mettre pied à terre : déjà le peuple témoignait la satisfaction la plus vive ; la foule augmentait ; une partie tendait les bns pour ralentir notre chute , tandis que les animaux de toute espèce s'enfuyaient épouvantés, comme s'ils eussent pris notw Montgolfière pour un animal vôrace. Mais appréciant bientôt

léROSTATlQUlS KEMÂRQUAB1.1S. loS

par la vitesse de qotre iniarche qqç dqus serions pprti^ Slir \s^ maisons, i^ous ranipâin^s notre foyer; sautant alors ^vep I4 plus grande légèreté par-dessps les édifices, nous écbappâipe;f à ces premiers hôtes, cjui restèrent interdits. î^our&uivaqf enq suite notfe route, nous tléqouy rimes pe(t^ forêt immense q^^ conduit à Cpn^piègne. Connaissant p^u la topographie de ç», canton*, pe voyant dan? 1 eloigqppie^^ aucune pl^cp favorable à potre de^çe^te , et craignapt d'ailleurs que no^ provision^ De cessassent ^vant 4'?voir (r^v^fsé les bois, je prfi^ qu'il serai( pt^s f^QP ç)e piçttr^ pi^d à terre dans le dernier çarrpfoipp distant df treize Ijeue^ de Versailles , qii« de s*cxp<Mcjr ^ ^r<^ ininçr ^ette é:ipérîeqce pfir Ten^brâscweni de U forf^

f li^ ysç§ies qui faii^aiçnt ressqrtf ^o^s Bptrfl g^Uliç re% 4irenf f^t^ç descende ^i 4ouce , qucj mon coçipagnoo mi^ dç^ ipandi^ $i nqu^ ^rfivipqs bipptôt à terre. 4e m'empargu da i)otre pavillqi^, PWÎ? je TqulHS spryir fl'éPRVer à }lif ^l^o^$ti nou^ clpoa^T^ssâmes iiqtrp vaUseau 4pS CQ|p^)p8til^les qui pétaient ; Rqs h?ibU?. BQ? instrqpaewts , tout f^t mis tm sûreté,

f Vi».gt mi^iuïes fpr^ç ^o^re desçe^tq,Uvent, jiinsi qiii) jp Tavais aqpopqè à ^. (^ ^pnJrôlpHr-générjil , e^ prpstînçu 4e \a rçioe çt de M- le cpmçp d^ Haga», aouffl^ fortein^n^ su» \^ haut de la Montgol|îèfflf qpj^ dan? spii repyersçment, pu-* traîna la galerie et le réchaud qui y adhérait ; la âamme s'échappant alors par la giiU« oe ce fourneau, se porta sur quelques cordages de la galerie ; les toiles en étaient trëséf oienées , nous cherchâmes k les séparer par une section ^ malheurensement nous restâmes seuls pendant plus d'une de« mi-faeure , travaillant ardemment avec nn très-mauvais couteau; le temps était précieux, je craignais que le fiett , «n sa propageant, n'occasionât un embrasement général; mon instnibient ne satisfaisant point à mon impatience, je le rejetai; déchirant alors la laine, je t'écartai des flammes; mais parvenu aox cordages qui retenaient notre galerie, l'usage di| couteau me devint indispensable ; je le cherchai inutilement ; )e temps s^écoulait, le feu avait gagné les Cordages, et bientôt la galerie ; sa sqbstance çtait très-^xnnbnstible , il n'y avait plus un instant à perdre , il fellait sauver les pièces essentielles, la calotte et le cylindre étaient neufs; nous séparâmes aussitôt ces deux parties, la curiosité fit accourir deux hommes, dont j'animai l'ardeur par l'espoir d'une récompense; résolu de sacrifier le cône de la Montgolfière , qui avait beaucoup servi aux expériences de Versailles et dé la Muette, tions transportâmes aa loin Its objets garantis,

ko6 SZPiRiBNCK»

» Les seigneurs des environs arrivaient de tontes parts; la peuple s'approchait en foule ^ je distribuai la partie du cône pour arrêter le désordre et satisfieiire les désirs. M. de Combe* maie, qui ne tarda pas à contenir la foule , s'empressa dû ma seconder; à sa voix tout le monde obéit, et on conduisît la Montgolfière dans un château voisin; plusieurs personnes nous offrirent leur maison; nous montâmes à cheval pour nous rendre chez M. de Bieuville, accompagné de M. le président Mole et de M. de Nantouillet. S. A. S. Mgr. le prince de Coudé, ayant jugé, d'après le vent, que nous serions portés dans ses domaines , avait ordonné de placer à midi nn obser* Tateur sur les combles du château ; dès qu'il eut aperça fa Montgolfière, il nous expédia quatre piqueurs, qui noua cherchèrent dans la forêt ; le prince voulut bien aussi monter en voiture, ainsi que Mgr. le duc d'Enguien et Mlle de Condé. Le premier des piqueurs que nous rencontrâmes ni'ayant fait part des dispositions favorables cle S. A. S., je priai M. de Bieuville de nous permettre d'accepter cette marque de bienveillance; <^e jeune militaire se prêta à nos désirs avec toute l'honnêteté possible; il porta même la complaisance jusqu'à nous acccompagner au rendez-vous de chasse, appelé la Table. Le prince n'y étant point encore arrivé , j*osai me faire conduire au château de Chantilly, «r

Zambbccari.

Déjà plusieurs fois, avant l'expérience du ai septembre i8ia, à Bologne, dans laquelle il trouva la mort (i), Zambeccari avait, par trop de zèle et un dévouement trop aveugle à la science, compromis sa santé et sa vie.

^ Son ascension, des 7 et 8 octobre 1804 est pleine de péripéties auxquelles on se demande comment les forces d'un homme ont pu suffire. Et ici, nous ne parlons pas seulement de la force physique , mais bien plutôt de la puissance morale; de ce stoïcisme , de cette puissance de l'âme qui est le partage des grands cœurs et dont le comte François Zambeccari était doué à un degré éminent.

Voici comment, vers la fin de l'année i8o4, s'exprimait Zambeccari, racontant lui-même les détails de cette expérience :

« J'ai servi autrefois dans la marine. En 1787, je fus pris

(*} Yoyei U Glupitr« GMr* «1 Matkwn^

A^AOSTATIQUES RfeMAllQVABLES. 10/

par les Turcs et je languis, jusqu'en 1790, au bagne de Cons* tantinople. Dans cet asile du jnalheur et de l'oisiveté, je mé« ditai profondément sur l'art aérostatique , et je conçus dèslors ma nouvelle théorie que je fis imprimer, et que je mis ea pratique à Londres pour la première fois. A mon retour dans mon pays, je soumis mon ouvrage à l'examen de nos deux meilleurs mathématiciens, Saladini et Canterzani. Ils le jugè« rent digne d'être appuyé par le Gouvernement, duauel j'ob« tins une avance de 8000 livres (de Milan). Je confectionnai une machine telle que je l'avais conçue, et je fixai mon ascension au 4 septembre. Des obstacles et des difficultés de toute espèce m'avaient épuisé, et je voyais s'évanouir mes espérances. Malgré cela, je me reposais sur quelques amis, et le 3 septem* bre, à minuit, je fis transporter ma machine dans le lien des« tiné pour l'ascension. J'étais resté chez moi pour prendre un peu de repos qui m'était bien nécessaire, et mon frère s'était chargé de m'avertir quand tout serait prêt ; mais je ne pus dormir, et vers six heures du matin, personne n'étant venu m'appeler, l'impatience me poussa hors de la maison. Rien n'était prêt; les choses n'étaient faites qu'à moitié; on avait prodigué inutilement la plus grande partie de Tacide yitrio- Hqne. L'humidité de la nuit, et la vive ardeur du soleil qui s*était montré le matin, avaient fait uu tel effet sur le vernis, que le filet s'était fortement collé après le ballon. Il me fallut employer trois jours à le détacher, et malgré toutes les précautions imaginables, il ne fut pas possible d'en venir à bout sans faire des milliers de trous fit sans déchirer le globe de tous les côtés. Je ne vous dirai pas ce que j'éprouvai de peines et d'humiliations, en me voyant ainsi exposé à la risée de mes ennemis et au mécontentement vivement manifesté d*ane foule innombrable de spectateurs,

» Je fas donc obligé de remettre mon expérience au 5 oc« tobre ; mais mes finances étaient épuisées ; je n'avais aucun moyen de faire face à cette nouvelle dépense, et pas un ami ne vint à mon secours. Enfin ^ le gouvernement eut la bonté de m'^oEorder , à valoir sur mes revenus ^ une somme de mille écus, dont le remboursement fut rigoureusement exigé de ma famille daus le moment même où l'on me faisait, à Venise, l'amputation des doigts de la main gauche. Cependant, j'av94ll pris no engagement envers, le public, et je ne pouvais retarder îe 8||)eetacle annoncé plu^ de temps que n'«n exigeaient les f épraUons de mon ballon. Mais il plut si fort les 5 et 6 oc«i

!108 EXPEMBÏrCBS

tobre, qu'il était indispensable de demander an nouveau délai. Enfin lé 7, le temps patat s'élever un peu, qdoique tontes les probabilités fîissent contraires ; l'Ig^norance , le fanatisme, fne forcèrent d'effectuer mon ascension, quoique tons les principes que j'avais établis moi-même dussent me foire augnrer tin résultat peu fiivorable. Les préparatifs exigeaient an nioins douze heures, et comme il ine fut impossible de les commencer avant une heure après midi, la nuit survint lorsqne j'étais à })eine à moitié , et je me vis prêt d'étré encore frustré des fruits que j'attendais de mon expérience. Je n'avais qde dnq jeunes gens pour m'aider ; huit antres dhë j'avais instruits et i^ui m'avaient promis leur assistance, s'etaieilt laissés séduire et m'avaient manqué de parole. Cela, joint au mauvais temps, ftit cause que la force ascendante dtt bàlldi) n'au^tnentàit pas len proportion de ta Consomniatlon dés matières employées fl le templih Alors mèn âoke ^'obscurcit, je regardai mes nuit tuille écUS comme perdus, et ils le soHt réellement! il ne me testa pllii & perdre qtie l'honneur. Ëtténné de Fatigué, n'ayant rrén pris dé toUte li Journée, le fiel snir les lèvres et le désespbhr dans l'âme, je m'enlevai à minuit, sani autre espoir que la persuasion où j'étais qde mon globe qui avait beaucoup souffert dans ces différents transports ne pourrait me porter bien loin. Andréotl et Grassetti m'accompagnaient; d'abord, je voulus planer en me tenant à Fanbre jusqu'à ce iqu'il fît jour, mais je remart^uai bientôt une tendance vers la ehnte , que j'attribuai à due évaporatlon d'âir inflammable, toccasionê sans doute par tés déchirenients dii filet dont j'ai i^arlé pins bant , et qni prtjbàblement n'avaiei)t pas été bien réparés. Dès-lors , je me âàttai de descendre ^ani danger non loin de Pologne. Nous noiks élevâmes lentetbent, et planâmes très-longtemps sur la ville; niais soudain nous montâmes avec une rapidité inconcevable, tet on vent fort du sudiOuest IBOUS porta en un instant hors de la vue des spectateurs.

• La lampe qai était destinée à augmenter la force ascendante nous devint inutile. Nous ne pouvions observer l'état du baromètre qu'à la faible lueur d'une lanterne , et trèsimparfaitement. Le froid insupportable qni régnait dans la région élevée où nous nous trouvions, l'épuisement où m'avait mis le défant de nourriture depuis plus de vingt-qnatre henres, le chagrin qui accablait mon âme, tout cela réuni m'occasiona «ne défaillance totale, et je tombai sur le bas de la galerie 4aiM lUfiaspèoBde «dmineil setnMablB à ta tnort. Il an arriva

alitant à mon compagnon Grassetti, Andrioli fut la ^eul qui resta éveiHé et bien portant ; sans doute parce qu'il Uvait l'estomac bien garni et qu'il avait bu du rbum en abondance. A la vérité il souffrait aussi beaucoup du froid, qui était excessif» et fit pendant longtemps de vains efforts ponr me réveiller. Enfin, il réussit à me remettre sur les pieds, mais nos idées étaient confuses ; je lui demandai , comme si je fusse sorti d'un rêve : Qu'y a-t-il de nouveau? ou allons* nous ? quelle heure est-il?d'où vient le vent?

» Il était deux heures. La boussole était à bas, par consé* quent elle nous devenait inutile; la bougie qui était dans notre lanterne ne pouvait brûler dans un air aussi rarifié, sa lumière s'affaiblissait de plus en plus, et 6nit par s'éteindre. Nousdescei^i. dîmes lentement à travers une couche épaisse de nuages blanchâtres; et lorsque nous fûmes au-dessens, Ândréoii entendit un bruit sourd et presque imperceptible, qu'il reconnut bientôt pour être le mugissement des vagues dans le lointain. H m'an^ Doaça aussitôt avec effroi cette nouvelle. J'écoutai^et ne tardai pas à me convaincre qu'il avait dit la vérité. Il était ind.Vspen» sable d'avoir de la lumière pour examiner, par l'état du baro* Al être, à quelle hauteur nous nous trouvions , et |)our prendre dOS mesures en conséquence, A force de secouer Grassêtti, nous parvînmes à le réveiller un peu. Andréoii brisa cinq mèches phosphorîqup^ sans qu'une seiiie prît feu. Cependant nous réussîmes, avec infiniment de peine et à l'aide du briquet, à rallume^ la lanterne. Il était trois heures du matin. Le bruit des 'vagues qui se brisaient Tune contre l'autre , se faisait entendre de plus en plus, etje reconnus bientôt la surface de lamer Tiolemment agitée. Je me saisis bien vite d'un gros sac de lest; mais au moment où j'allais le jeter, la galerie s'enfonçait déjà» et nous nous trouvâmes tons dans l'eau. Dans le premier mo» ment d'effroi, nous jetâmes loin de nous tout ce qui pouvait alléger la machine; notre lest, tous les instruments, une partie de nos vêtements , notre argent , et jusqu'aux rames » ■ dont une s'était brisée non loin de Bologne. Comme, malgré tout cela, la machine ne s'élevait pas, nous jetâmes aussi notre lampe à la mer; après avoir arraché, coupé tout ce qui nous parut ne pas être d'une indispensable nécessité, le globe, ainsi allégé, remonta tout d'un coup , mais avec une telle ra* pidité , et à une si prodigieuse élévation ,' que nous avions de la peine à nous entendre, même en criant; je me trouvai mal^ et il me prit un vomissement considérable* Grassetti saigna ch^ jlérostation^ igi

IIP KXfrSSiBKCEft

fXG^ : nous avUns tou$ deuy la rfi&piratiott eoarte et la poi« frlne apprçs$ée. Comme nous étioos trempés jusqu'aux os, an IDomeut où la machine D0usav<jkit transportés dans ces hautes régions, le froid oous saisit rapidement^ et nous fûmes couverts en un instant 4'uoe couche de glace. Je n'ai pu me cendre cqmpte de la raison pour laquelle la lune , qui était dans son dernier quartier, $e trouva en ligue parallèle avec 4[L0u$, «t nouf pajTut ronge comme da sang. Après avoir parcouru pendant une demi-heure ces régions immenses, et 9Voir été porté$ k une hauteur incamatensurahle , la machine recommença à descendre lentement, et nous retombâmes ea<- (Ore une fois daus la oier, il était environ quatre heiures da .matin. Je ne puis déterminer précisément à quelle distance de Ja terre ferwe $e Qt no^re chute, la nuit était trop obscure, k jner trop hoi»l^$e> et nousHuémes dans une situation d'esprit qui nous rendait incapable^ de faire des observations. Ce devait être dans le milieu de la mer Adriatique, c'est-à-dire i j jP«uprè« dans la dir£etâon de Rimini. Qnoiqua notre drate se fût Eûte doaoBnient , k galerie s'était tjnfoncée ; nous avions la moit^ du cor|»s daus l'eau , et souvent nous étions entière- .ment couverts ps^r les vagues. Le ballon s'étant relâché de pins de moitié , p&r suite de tomes ces variations et de ces évène* i ments, il donpalt pfije auvent, qui pouvait s*y engouffrer comme dans une voUe, en.«orte que nous fûmes ainsi traînés etballpttés pendant pi usi«urB heures, au gré des Hots agités. An point du jour» nous nous orientâmes , et nous nous trouvâmes | vis-à-vis de Pesaro, à quatre milles environ de la côte. Nous ' .DQUS flattions d'y a))Qrderheureusenpent, lorsqu'un vent de .terrç noQS ;repou5sa avec violence vers la pleine mer. Il était Ifrand jpuTyCtnous ne voyions autour de nous que l'eau, le ' ciel et une mort inévitable. A la vérité, notre bon ne étoile nous envoya bien quelques bàtimeuts; mais du plus loin qu'ils apercevaient cette machine ^ottaute et qui brillait sur Teaa, ils étaient saisis d'épouvante, et faisaient force de vdile pour s'éloigner de nous, Nou3 n'avions donc plus d'autre espoir que d'aborder sur les côtes de la Dalmatie, qui étaient bien loin vis-à-vis c|e nous, £(élas ! cette espérance était très-faible, et nous aurions été indubitablement englouttis par les vagues , si le ciel, qui vouait notre délivrance, n'eût dirigé vers nous un navigateur, qi)!, plus instruit sans doute que ceux qui nous avaient fui , reco^unnt potre machine pour un ballon , et nous envoya bi«a vite sa flhilAttp«. &» matelots noa$ jetècenc

AÊROSTATMiOtt ]lllCâRQUABI.B8? tH

a gros cable, que non» attachâmes à la gaTeriC, «t SU ifloyétt Liquel on nous hissa, exténués el mottranu. Le ballon , ainsi légé , ne tarda pas à s'élever encore dans les airs, malgré lus les efforts des mariiûers qui ToitUieat l'attirer & eux. 1 chaloupe était fortement secouée ; le danger deveaait trèsaminent, et les matelots se hâtèrent de couper la corde. Âustôt le globe remonta avec une rapidité incroyable et se srdit dans les nuages où il disparut tout*à>fâiit à notre mé, était huit heures du matin quand nous arrivâines à bor^ u vaisseau. Grassetli était comme mort, à peiné donnait-if icore quelques signes de vie. Il avait les mains mutilées ; h^ oid , la faim et ces angoisses horribles m'arvatent totalement 3uisé. Le brave marin qui commandait eer navhre fit tout ce' ni dépendit de lui pour nous restaurer. Il notis coriduhlt eureusement au port de Ferrada , d'oà l'on utm transporta Pola , où uons fûmes, accueilli» de la manière la ^uê affiec<^ leuse et où on habile chirurgien fit rampiitatioii âé iaéi

MgtS. •

Kotzebue, ee littérateor alleknaiMl en sAriioa dé Ift Ruifie. ; que l'ÂUemagqe punit parla main de Sand, a consaiïre aielques pages à Zambeccari , dans son- livre intitulé : Souvé^ irs dun voyage en Livonie, à Borné, étc, Nons hti dtofis em-* runté une partie du récit précédent. ■ Je ne quittéliui pai ologne> dit Kotz^bne, sans parler de Tintrépide et îtigè* ieux Zambeccari. Déjà , lors de mon premier séjoiit- dtltis cette lUe, j avais vivement désiré le connsdkre; mais les suites' fd^ estes de sa malheureuse» ascension le retenaient snr soii Ki e douleur. Maintenant il est rétabli^ et j'ai pu satisfaire ttioil ésir. C'est an homme dont la pbysionoinie annonce bien ce u'il a fait depuis longtemps. Ses regards sont des pensée!. H

eu la bonté de me raconter lui-même, et dans les moindres îrconstances, son voyage aérien, à jamais mémorable t j'ai tt i lampe de son invention au moyen de laquelle il peut des<^ eodre et s'élever à volonté. Il est ineontèstable que dès qtiè aéronaute aura réussi à se placer^ à une certaine élévation^ B équilibre avec l'air environnant, il lui soffira de la pltii égère force pour donner à sa machine une direction hoirie ontale , et Zambeccari a suffisamment pronté , ad commeneeaent de sa première ascension, ^oé sa théorie est bien fondée. )es témoins oculaires m'ont assuré que deux fois il «vflH établi a direction v^s des tours qu'il avait indiqnées , pouf retenir sfisiiite ai» poiot 4n départ, rit ^a (nhatfM M$ « «fcH Mtt

^11 kZPBRIBlICU

pirole moyemiftiit une très-petite dépense de force. Jai appris avec inSniment d'intérêt qu'il possède une jeune femme et des enfants chéris. Que l'on se figure l'effroi, le désespoir de ces infortunés lorsque, dans une expérience précédente, son corn* pagnon Andréoli l'ayant quitté, ils virent cet époux et père s'élever à perte de vue, et disparaître au-delà des nuages dans une machine enflammée , et couvert lui-même du feu qui s'attachait à ses vêtements! Son génie inventif a trouvé le moyen d'empêcher qu'un semblable malheur se renouvelât. Dans le cas où un pareil accident lui arriverait, il a imaginé nn mécanisme fort simple , au moyen duquel la lampe conserve son équilibre, et l'esprit* de-vin brûlant ne peut plus se répandre, quand même le ballon serait lancé contre des arbres on tout antre corps solide.

Je lui ai demandé, ajoute Rotzebue, quel moment lui avait para le plus affreux dans ses deux voyages. Il me répondit que c'était celui où il s'était trouvé dans l'eau jusqu'il la poitrine, lorsque les vagues s'entrechoquant au-dessus de sa tète, il avait été obligé de se boucher les oreilles, et de fermer la lioache et les yeux ; lorsqa'ensuite la nacelle s'enfonçant toujours de plus en plus, et la mort lui semblant inéviuble, il avait aperçu un petit bâtiment qui cinglait de leur côté; mais qui, effrayé k l'aspect du ballon, s éuit éloigné à force de voiles et l'avait replongé, par sa fuite, dans une angoisse épouvantable, mille fois plus cmelle que le trépas. Eji effet, il eut longtemps la mort devant les yeux, mais il n'éprouva rien d'aussi déchirant que l'instant où s'évanouit sa plus cbère espérance.

Quel homme, après des résultats aussi affligeants , ne se sentirait pas dégoûté de tentcr|de nouvelles expériences? Eh bien, Zambeccari, brûlant de l'amour des sciences, a le courage de projeter nn troisième voyage ; ses désirs, ses souhaits tendent à se voir en état de réaliser ses desseins téméraires. Il n'est point mu par un vil intérêt: cette belle âme est étrangère à lacapidité. Il se pbint avec amertume de ses compatriotes qui n'ont rien fait pour lui ; n'étant point en état lui-même de faire les frais nécessaires à la réalisation de ses projets , il a l'intention de s'adresser au roi de Prusse ou à l'empereur de Russie; les i^cadémies de Berlin ou de Pétersbourg pourraient l'appeler et lui procurer les moyens de satisfaire son unique ambition. Puissent ses vœux être exaucés I dit, en terminant «es ligues, Kotsebue; • Puis^ ie ^ord prouver, ea cette occa-

▲ÉR08T1TI9M» MMMQVABLIS. t\S

mi ^ nie Snè fiait éc)(yré èm |^âét€s plue ln^otLHûîÈs et s fruits plus agréables, il sait réchauffer et nourrir les lents et le génie! •

Il y a prèA d'un demi-siècla qoe l'écnvain d'esprit , d'Ame, ' cœur pettt*étre, dèvena depuis la triste victime des haines des dissentiments politiques, s'exprimait atusi généreusemt. Son vœn nat point été exaacé.

'trait du Rapport publié par M. PiLnm sur texpérkncè aérostatique faite par M. Di7PVi»-DBLC0VRY, à Airis, h IS

iuin 1842.

On a vu ailleurs les détaib de cette ascension , dans le eosrt laquelle fe me suis trouvé asphyxié par Toxyde de carie contenu «i grande quantité dans le gaz qui m'avait été mi.

VL. Peltièr, savant modeste, dont les sciences ont à regrette/ perte encore récente, avait entrepris de grands travaut sur nétéorologie , et j'avéis en le bonheur d'dTotr avec lui flques relations, hélas, trop tôt interrompcMS. Mon asoen- 1 du 1 8 juin i84a > qui devait être suivie de plusieura au<' ( , auxquelles il aurait pris part , lui a fourni roooariea dtf port ci-après :

Dans les circonstances défavorables qui ont aoèompagné e ascension, les conséquences qu'on en peut tirer sont ap« ximatives ; cependant, coomie il en ressort denx laits inté* ants pour la météorologie j nou« ne devons pas les pnsser ! silence. L'erreur qui peut être commise ditfs Tostiftiatioil

hauteurs a une importance faisienifiantè â»M anoieienee traite de phénomènes d'une mobilité exiréiDd.

Avant 'de perdre connaissaUce, M. DupnisDelcourt avàfé rit trois observations sur soii registre. Eii les comparant re elles et avec celles que nous nous fimes nous-tnémes a ■e , il en résulte que la première a été prise à 67 1 mètrei iiauteur, la seconde à 885 mètrei, et la trolsièttie à tb3t Tes. Au moment du départ, la température, prèâdasol, t de a 3* centigrades. Les trois observations àë Y»ètOi\àtLiè donné 17*, i8* et 19® centigrtides. Ainâl , du point de déî t jusqu'à 671 métrés ) la température a baissé dé 6°, pttU t s'est relevée de a*» entre 67 1 et fo3i mètres. Cet accrcfîssc*- Qitdetei^Ffttiiff»ii'ett|»asiiBt^ e«VéleYailtdâD»J4«in^^

il4 ZXpéuSNCKS

sphère, et noDS dirons tout-à-l'heure comment nont inteipiétons ce fait.

» On sait qu'en reprenant et complétant les obserratioas de Saussure et d'Ermann, nous avons démontré que ie globe terrestre est un corps chargé d'une puissante tension d*éleo> tricitè résineuse, et que l'espace déleste ne possédant pas cette teosion an même degré , joue le rôle d'un corps char^ d'é- ' lectricitê vitrée. Sous l'influence de cette opposition électrique du sol et de l'espace, la vapeur qui s'élève chaque jour de la surface des eaux est résineuse comme le globe. Mais aussitôt qu'elle est interposée dans l'atmosphère entre la terre et l'espace céleste, elle subit l'influence du globe comme celle d'un corps chargé d'électricité résineuse. En conséquence, U partie inférieure des vapeurs devient vitrée, et la partie sapérieure devient plus résineuse. L'observation , l'expérience et les lois des influences électriques démontrent ce résultat, et l'ascension de M. Dupois-Delconrt est venue le confirmer de nouveau.

> En observant à la surface du sol , pendant le voyage aérien, l'électromètre nous a donné 5<> d'électricité vitrée, tandis que ni la première , ni la seconde observation de l'aéronaale n'en saisirent aucnn signe: la troisième observation seule constate b^ d'électricité résineuse.

» Les instruments électroscopiques ne marquant que des difFérences, nous concluons de leur silence, dans les denx premières stations, que l'aéronaute était au milieu d'une masse de vapeurs vitrées agissant également dans tous les sens , et ne pouvant rien sur des instruments , qui n'obéisseit qu'aux différences d'actions. La troisième station ayant donné un signe de 5<* d'électricité résineuse, nous en tirons également cette conséquence que l'aéronaute avait dépassé la masse de vapeurs vitrées ioférieuses, et qu'il était alors sur les confins d'une masse de vapeurs résineuses; en un mot, il venait Je traverser un nuage transparent chargé d'électricité vitrée, et il était entré dans un nuage transparent résineux.

a Arrivé au milieu des vapeurs résineuses , l'élévation àx thermomètre n'a plus rien qui puisse surprendre. Depuis longtemps , en effet , nous avons constaté que la con Jensatioa des vapeurs résineuses élève bieu plus la température qM celle des vapeurs vitrées, et cette cause de l'augmentation de U température est d'autant moins dooteHse iâ, qu'il régnait

AEIlOtTlTI^UCS REMAIIQUABLIS. Il5

VU grand calme et que les vapetirs commençaient ft se condenser , comme les plaies ultérieures l'ont démontré.

• Ainsi, de cette expérience, toate incomplète qu'elle est, il ressort ces deux faits : i^ L'aéronaute a traversé d*abord une nue transparente vitrée , puis il est arrivé dans nue nue transparente résineuse ; a^ la teiApérature s'est élevée de ao entre 705 et io5i mètres, élévations que nous attribuons à la condensation des vapeurs résineuses supérieures qui abandonnent plus de calorique latent que les vapeurs vitrées au moment de leur condensation, comme nous le démontrerons dans notre travail sur les oscillations barométriques. »

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