‹ Nouveau manuel complet d'aérostation; ou, Guide pour servir à l'histoire et à la pratique des ballons (volume 2)Chapitre 14 sur 68 · LES BALLONS DANS LES FÊTES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

LES BALLONS DANS LES FÊTES PUBLIQUES

EPISOOS.

Le Ballon du Couronnement.

(16 décembre 1804.)

Le peuple de Paris a religieusement conservé le souvenir des grandes fêtes de la révolution , du consultât et de l'empire. A certaine époque à Paris où on a manqué de pain, on n*a jamais manqué de fêtes. Aubin, Charoy, les artificiers actuels de la ville et du gouvernement, sont des pygmées i côté de leurs devanciers ; et les feux d'artifice qu'ils nous donnent sont véritablement des feux delà Saint-Jean, si on les compare à ceux des Ruggieri. Il est vrai qu'on mettait à la disposition de ceux*ci 100,000 fr. au lieu de i5,ooo qu'on donne à leurs successeurs. Si tout n'est pas là, si l'argent ne faisait pas le seul mérite des feux d'artifice d'alors, il faut tout au moins convenir qu'il devait contribuer uu{peu à leur éclat.

Les ballons ont joué un grand rôle dans ces fêtes. La période révolutionnaire a été pour eux une magnifique époque.

Inventé, ou plutôt trouvé par Montgolfier en 1783, l'art aérostatique, après s'être produit avec éclat dans le monde scientifique , avait été mis à contribution par le comité de défense, appelé, en 1793, à sauver la patrie. Les quatorze armées de la république , se levant alors comme un seul homme

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(t ccraraBt anx frontières envahies,, n^ savaient paf encore ç^ qa'eiles renfermaient d*énergie.et de force;. elles ne savaient pas que , pen de mois après , elles envahiraient à leur tour l^ ^ritoire des armées coalisées ; elles ne savaient pas qu aveq l*aide du génie d'un homme, alors inconnu, elles occuperaient l'Europe, et donneraient un moment à U France Tétendue, ta grandeur, la puissance de la Rome ancienne.

Sous le directoire et dans les premiers jours de reropire^ l'aéronaute André-Jacques Garnerin a beaucoup occupé le

fmblic. Ses expériences nombreuses, hardies, eurent souvent e plus grand écjat, Un moment même il sembla vouloir s'occuper de recherches utiles : l'astronome Delalande, son protecteur et son ami, le poussait dans cette voie, qu'il a bientôt abandonnée pour ne plus s'occuper que d'expériences spéculatives et de ballons de fête. Il gagna de Cette manîèfe beaucoup d'argent; mais la question aérostatique, sous son rapport large et fécond, an point de» vue d'une application utile , lui doit pen. C'était cependant un homme dévoué , ardent, auquel h manquait des connaissances essentielles sans doute , mais qui bieii dirigé aurait pu néantnoins , en raison de son courage et de sa haute intelligence , rendre de grands services à l'art.

Jacques Garnerin avait assisté et même pris une part active aux premières phases révolutionnaires. Sa vie entière fut une conséquence des premiers principes, des premières impressions qu'il reçut pour ainsi dire en naissant. Son seul mérite lui fit çne fortune et un nom. Il aurait pu aspirer à occuper un rang élevé , s'il avait su ou voulu flatter le pouvoir; mais il conserva toute sa vie des pensées de liberté et d'indépendance peu propres au métier de courtisan.

J. Garnerin est l'inventeur breveté du parachute , nous pos« sédons l'original du ridicule brevet de cinq ans qu'il s'est fait délivrer pour cette magnifique expérience, en. 1797. L'inven« tiondu parachute et son audacieuse application suffiraient seules à la gloire d'un homme.

. Garnerin avait joué un rôle brillant comme aéronante sous le directoire , le consulat et l'empire. Nous sommes en possession de sa correspondance officielle avec les diverses autorités d'alors et avec la commune de Paris. Citons ici quelquesunes de ces pièces : nous copions.

àBROSTlTIQVES BBMARQUIBLKS. II7 .

Département de la Seine.

m Parii , 9 Tendéniaire u Ttil d« la R^publlqw françaine , unti et indiTiiible.

« L*adioinistration centrale da département, au citoyen Garnerin^ physicien, rue Dominique, près celle du Bac. » Citoyen ,

» Nous avons reçu vôtre lettre du 4e jour complémentaire anyiij par laquelle vous nous demandez acte de la déclaration y contenue, qu'ayant formé le dessein d'entreprendre iu« cessamment un vpyage aérien de long cours , dont Tobjet' principal est de faire des découvertes dans l'atmosphère, pour parvenir à établir la théorie de ses courants, ainsi que de faire des expériences et des observations utiles aux sciences , vous vous proposez de vous rendre, immédiatement à la suite de ce yoyage aérien, dans les états du roi de Prusse , si les vents TOUS dirigent au nord ou à lest de la France, ou dans ceux du roi d'Espagne , s*ils vous conduisent vers le midi.

» Nous vous en donnons acte, et nous désirons qu'aucun obstacle ne vous empêche de vous rendre au terme de votre voyage. Cependant, si par l'effet des vents contraires vaut étiez forcé de prendre terre dans les Etats de puissances en« nemies de la France, nous aimons à croire que vous recevrei de leur part les secours et la protection que le général Boonaparte a prodigués en Egypte à un naturaliste anglais qui voyageait dans ces contrées pour y faire des découvertes utiles; car les hommes qui cultivent les sciences et les arts travaillent pour le bonheur de toutes les nations et doivent en attendre des marques d'une protection spéciale.

» Nous vous ferons observer, cependant , qu'en vous autorisant à vous livrer à cette expérience , nous n'avons pour objet que le progrès des sciences; que vous ne pouvez, de votre côté, vous proposer d'autre but, et que les éclatants succès que vous avez obtenus dans vos précédents voyage» aériens et dans les expériences de vos descentes en parachute, dont vous avez le premier donné l'exemple, ne doivent pas vous faire oublier la prudence qui doit , dans tous lea cas, faire la règle de votre conduite.

» Soyez persuadé, citoyen , que nos vœux vonS accorapa* gneront dans votre entreprise.

» Salut et fraternité.

» LSCOUTEUIZ, Â. SAU9AT, SaBATIBR, »

tift IXPKKinCBS

Dans une antre circonstance , le ministre de Tinténear lui écrit :

* Ubei-té , égalité,

m Pwb, flt froetidorta Titidà h répiiilifva fnoçaJM , mjia et indiTUble*

■ Vons m*offrez, citoyen , de concourir par v»» expériences aéiDStatiques à l'embellissement de la fête du i*** vendénoiaire prochain.

» J'accepte vos offres , mais ces expériences devront se borner aux suivantes : i® Deux ballons précurseurs pour indiqueiL la direction du vent; 2° un ballon doré qui réflécbica les rayons du soleil et qui paraîtra sous la forme d'une crosse étoile ; 30 votre ascension et votre descente en paracbute.

» Pour ces trois expériences, vous recevrez, tant pour les frais que pour vos honoraires» la somme de quinze mille francs.

9 Si ma proposition vous conviient, je vous autorise à préparer dès ce moment tout ce qui doit assurer le succès âe ces expériences.

• U vcos flriue» L. BbRKPimw «

Le i4 juillet i8oi|, Gimerln fit à Paris, dans Tune des grandes fêtes publiques, si fréq^ientes alors, une très-belle expérience pour laquelle il reçut du'gouvernement une somme de trente jniile francs, hs ballon dont il se servit eu cette occ;^ sion était de grande dimension^ et les circonstances favorables de son départ lui permirent d'emmener avec lui dans sa nacelle trois compagnons de voyage. C'étaient : Mme Garoerin, MM. fieauvaia et NoUin. Après, avoir plané dans l'air nue g^rande partie du jour, Gamerin vers le soir prit terre et di» posa sur le sol Nollin et Mme Garnerin ; puis il continua le "voyage avec Beauvais. Dans la relation de cette course aérostatique , l'une des plus gracieuses et des plus étendues qui aient été faites , Gamerin raconte d'nne manière toute charmante sa pérégrinations dans l'atmosphère au sein de laquelle il papillonnait , rasant fréquemment le sol et s*^ arrêtant quelquefois pour donner des nouvelles de Paris et faire signer ç4 et U par les autorités des procès-verbaux de son passage. Les deux aéronautes s'arrêtèrent définitivenient, daus l'après-midi du lendemain de leur départ de Paris, à l'extrémité dn département du nord près la frontière» après avoir

▲ÈROSTAIIQfOEB ftBMiaiQOlBLES. «|^

parcouru aérieBsement les ^lëpartemenu de la Seine , de Seine-et-Marne, delà Marne, au-dessus duquel Us a raient loQglemps flotté , et où ils s'étaient vus obstiuëment retenus f>ar usealme plat ; celai de l'Aisne , le coaiin des Ardennes et jenfin le département dn Nord. C'est au sujet de cette eipé* ^ience que l'astronome Delalamde écrivait à Gamerin, de cette petite écriture à nulle autre pareille , une de ces petites lettre» 4QPt JBKxaa possédons hcmFeuseiBffnt un certain nerabre » danà laquelle il lui dit :

• aattMiOor.

9 Vous savez , mon cber ami , combien je m'iutéresse à vos succès; je n'apprends rien de votre voyage dans les journaux^ . 11 faut que je vous eu demande des nouvelles. Coipbieu étiezvous ? Pourquoi n'eu étais-je pas? Oà étes-vous descendu? Mille tendresses à l'héroiue. $alut et tendre affection.

• f iAULHDl. »

GanaeriiLs'fldF^sà au mnfistre pour obtenir un témetçnage I 4e satisfaction ^^r ses compagnons. On lui «épondtt inm^

diatement< I « Vous demandç^y citoyen, que jje récompense le convage des trois personnes qui vous ont accompagné dans votno voyage aérien du 1 4 juillet dernier. J'adbére avec plai^r à cette demande» et je vous annonce que j'ai accordé à titre de grAtifîcatjon une somme de six cepu francs à Mme Garnerin, et une paire de pistolets de la maau6ictuiie de Versailles à chacun des cûteyeus NoUin et Mauvais*

•• #e irons saine. » CHAMAt. •

iiudieniBoliaparte,' Yancien président du conseil des Gio^' Cents , avait , on le voit , cédé son portefienille à l'illustre chimiste Cbaptal.

Vient enfin le ballon eu couronnement. Un épisode bizarre de cette curieuse eipérience va nous révéler l'esprit de fatalisme dont était entaché le caractère de Napoléop. L'homme du destin croyait à la destinée de f homme, il ne se fiait qu'à son éloile ; et du faite de sa grandeur, le nouvel élu , sacré empereur et roi par un pape, voyait un présage de malheur dans une cîpconstance fortaîte, insignifiante pour tout autM .q[ue pow lui^ de l'ei périence^ottt tious alhms bouter Flil9^

toire, — «l'histoire, car ici tout est T^ridiqne. î^dud écriTOil& pièces en main.

A cette époque du mois de décembre i8o4, les formes ré** volutionnaires dont nous avons vu quelques exemples dans la correspondance précédente , disparaissent tout-à-fait. Plus de salut et fraternité, plus de république une et indivisible^ — Son Excellence M. de Champagny, alors ministre de l'iatérieur , écrit à Monsieur Gamerin, aérostier des fêtes publiques.

» Je vous envoie. Monsieur , une copie du programme des réiouissances qui doivent avoir lieu à Toccasion du couron* nement de Sa Majesté l'Empereur. Je compte sur le zèle et l'activité dont vous avez déjà fait preuve en diverses occasions, pour la prompte exécution des travaux qu'exigent les préparatifs de ces réjouissances , en ce qui vous concerne.

» On a mis sous mes yeux Taperçu que vous avez donna des frais qu'occasionera la partie des travaux confiés a vos soins. J'espère que vous pourrez économiser sur ces frais; mais Tintention formelle du gouvernement est qu'ils ne dépassent point la somme de vingt-trois mille cinq oeots £rancs, à laquelle ils sont portés dans votre devis. Ghampaosit. »

Il s'agissait d'un ballon perdu ^ comme on disait alors , c'est* à-dire d'une machine aérostatique s'élevant seule et voya* géant sans guide au gré des vents. Ce ballon devait s'élever le soir au milieu du feu d'artifice, et emporter dans les airi une couronne impériale, illuminée en verres de couleur.

La fête donnée par la ville de Paris à leurs Majestés Impé« riales et Royales était un peu partout, aux Champs-Elysées, à la barrière du Trône, sur la place de l'Hôtel-de-Ville ; ^-^ir la rivière, dont toute la partie comprise entre l'ile St.-Loiiis et le pont Notre-Dame était occupée par l'un de ces feux d'artifice de cent mille francs dont nous pariions au commencement de cet article. Celui-ci représentait le Passage du mont Saint' Bernard. Garnerin et son ballon s'étaient installés dans la Cité, sur la place du Parvis-Notre-Dame, devant le portail de l'église. A ooze heures du soir, le 16 décembre 1804, au moment où le bouquet du feu d'artifice faisait éclater dans l'air ses cent mille étoiles, Garnerin abandonnait aux vents sa colossale machine. On voyait s'élever lentement, avec majesté, une couronne éclairée par trois mille verres de couleur; •*- c'était un magnifique spectacle ^ mais qui se joutait alon

kmonàn^aau mbiirqviblss. tsr

da ^icjpate ^u'allMt faire cm bailon, de le roate qu'il pren. drait^ et de la sensation que produirait cette expérience!

Cependant le ballon chetBinait par les airs. Le lendemain EDatin, à la poiute du jour, les babitans de "Rome virent poindre à l'horizon un globe radieux qui s'avançait et semblait venir descendre sur la viUe. L'émotion fut grande. Il plana bientôt au-dessus de U eoupole de Saint-Pierre et du V^atican, reufs l'un et f autre du descendant de saint Pierre; pais il Rabaissa , toncba le sol ponr se relever, baissa encore, Gaarqua par des débris son passage dans la caarpagne de Rome, et vînt s'abtmer enfin dans lei eaux dn lac Bracciano.

Alors on put savoir ce qu'annonçait ce messager céleste. Oti c tira de l'eau, et l'inscription suivante, tracée en lettres d'oï iur sa vaste circonférence, fut imprimée, publiée, lue par oute lltalle : « Paris, iS frimaire an xiii, couronnement de 'empereur Napoléon par S. S. Pie Vlî. »

Si ie vent çoûffla ce jour-là daus la direction de l'Italie, Te la^ard seul en fut cause, et l'expérience n'eut au fond de rejjarquable que la longueur du trajet parcouru parle ballon, ît la célérité avec laquelle il s'était accompli.

Il y avait néanmoins quelque cbose de providentiel da%e ce ballon porté miraculeusement de Paris à Rome, et Y'si- ;aut en ui^ jour les ^eux capitales du monde, alors que le pape était à Paris, alors que l'empereur s'occupait d^à de poser sûr sa tête la couronne d'Italie.

Une oireonstantefortÎDciifféreQteen eUe-méme, d'ûtleurs, vint cependunt dooner«.«!a yeux 4« Napoléon, uoe baute importance, une t9uroi^e ^itique, le croir«it*on ? «a voyage do ce ballon perdu.

Le ballon, en rasant la terre, avait rencontré dans les environs de Borne le tombeau de Néron, Il s'y était aecrocbé, et pendant quelques minutes on put croire qu'il avait terminé sa course; mais bientôt, poussé par le vent, il levait continué ta route , laissant toutefois à l'un des angles dn vieux monument une partie delà couronne. Les journaux italiens, qui n'étaient pas soumis à une censure aussi rigoureuse qne les feuilles françaises, racontèrent innocemment la chose;. certains y ajoutèrent, néanmoins, des réflexions malicieuses, désobligeantes pour I'Empereu a. Enfin, cela vint aux oreilles du maître; on alla fufqn'à en parler ua jour devant lui à l'un de ses levers, p^'^poléon ténaoigna béatement ton çiéconteo*

4èroitfltion, I \

tement, et dananda avec hnineiir qa'it ne fiât ptns question du balloa de Garnenn.

Napoléon» eo d'autres temps, avait applaudi au coorage de Coutelle, chef de» aérostiers militaires; il avait apprécié l'importanoe dont pouvait devenir Tart aérostatique appliqué à 1 arme du géaie. Lui-même avait fait élever des ballons eu Egypte par Goûté, ne dédaignant pas ce moyen de montrer aux Arabes la supériorité des arts de l'Europe sur la procédés grossiers de l'Egypte vieillie et dégénérée. Napoléon , ici , se laisse influencer par le rapprochement de cette couronne de féie enlevée dans les airs , et qui va se briser sur l'angle du tombeau de Néron, le jour où lui-même, empereur des Français , ceignait son front du diadème. De ce jour date sa répulsion, son antipathie pour l'aérostatioa. l'Ecole militaire aêrostatiq[ue de Meudon fut abandonnée , et Ici dépenses , les éublissements divers faits à ce sujet enUèrement perdus; qui sait même s'il ne faut pas trouver dam cette circonstance le motif du mauvais accueil que l'empereur fit, quelque temps après, à Fulton, quand celui-ci riot ma camp de Boulogne offrir à l'empereur les prémices de l'application de la vapeur à la navigation? De petites causes engendrent souvent de bien grands effets!

Gamerin cessa d'être employé par le gonvemement. li*" Blaneliard le remplaça dans la confiance dont il avait joui jusqu'alors, et fut chargée de toutes les ascensions qui eurent lieu depuis dans les fêtes publiques.

Ainsi, le ao mars i8i i, vers six heures du matin, au vingtdeuxième coup de canon , un ballon monté par M"* Blanchard partait de Paris, de l'une des cours intérieures de l'Ëcoie militaire ; mais après avoir répandu sur son passage des milliers de bulletins annonçant la naisBince d'un prince, l'aéronaute s'arrêU, dans la matinée, près de Lagny, département de Saône-et-Loire, an village de Saint-Tbiébault, et borna là son voyage. — Gamerin, dans ses notes, déplore le peu de succès et d'apparat d'une expérience destinée à célébrer un tel événement. Il regrette de n'en avoir pas été chargé, loi qu'on avait vu se transporter par les airs de Paris à Aix-la- Chapelle , de Paris ao Mont-Tonnerre, et qui, dans plusienis de ses ascensions, avait séjourné des nuits entières Ha»^ [« sein des nuages.

Gamerin s'était offert pour cette expérience. Il se propo. ^ de poster la mer et d'aller annoncer, par sa JesceDlf

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