DE L ATMOSPHERE
DECaOlSSBMENT DE LA TEMPÉRATURE DANS LES SAUTES RÉGIONS OB l'air.
L'air que nous respirons , ce mélange en apparence confus auquel on a donné le nom d'atmosphère, et dans lequel $*«• lèvent et viennent se transformer, se combiner ou se décom« poser les différente» vapeurs qui s'élèvent continaellemen(
OB l'atmosphèrb. 159
de la terre, des mers, des fleuves, de tous les corps organi-* ques, sains ou malades, joue un rôle important dans les phénomènes de la vie. Néanmoins l'homme paraît être insensible aux impressions du fluide atmosphérique , malgré les modifications nombreuses qu'il apporte à son être. Plongé dans Tair dès sa naissance, ses organes sont tellement habitués à sou actici, qu'il n'en ressent point l'inflaence; le raisonnement seul a pu lui faire apercevoir et la pression considérable que l'atmosphère exerce sur les corps, elles phénomènes si divers et si variés que l'air présente. Aussi peut-on remarquer que c'est la partie des sciences qui a été connue le plus tard. Les philosophes anciens ne s'occupèrent que de ce qui frappait vivement leurs sens, et négligèrent presque entièrement l'étude deTair, dont ils connaissaient l'existence, mais qu'ils ne pouvaient saisir. Les cieux, premier et si juste objet de l'admiration des hommes, la terre, les mers attirèrent d'abord leurs regards et devinrent le sujet de leurs premières observations : ce ne fut que beaucoup plus tard, et seulement vers i64o, qu*on découvrit la pesanteur de l'air et ses diverses autres propriétés.
C'est aussi de ce temps que date la naissance, on peut-être la renaissance des arts et des sciences. La découverte de l'Amérique, Tune des principales époques dans les annales du monde, est encore l'événement qui a le plus contribué à tendre et à développer les ressorts de l'esprit humain : la terre s*agrandissant d'un nouvel hémisphère, fut comme le signal qui réveilla le génie de l'homme, et ses conceptions semblèrent s*étendre en même temps que son imagination lui laissa concevoir un monde nouveau au-delà de cet horizon qu'il avait cru jusqu'alors les bornes de la nature.
Galilée et Toricelli, son disciple, posèrent les bases de nos connaissances actuelles sur cet objet intéressant de la philosophie naturelle ; mais ce n'est gnère que dans ces derniers temps que, considéré comme atmosphère, on a bien connu et apprécié l'importance de l'étude de ce fluide , le plus nécessaire et le plus indispensable à notre existence; c'est une route encore tonte^ nouvelle ouverte au physicien hardi et éclairé, qui, au moyen des machines aérostatiques, peut désormais aller au milieu même de l'air, y étudier ses propriétés, ses phénomènes, et palper, pour ainsi dire, la cause de ces effets surprenants, qu'il paraissait si loin de l'intelligence et du pouvoir de l'homme de connaître. Je vais re«
|6o DB L'ATMOSPHiaE.
tracer ici le tabloio de nos conoaissances sur Tatmosplière ea général, si savamment crayonné par le célèbre Fourcroy, Sans son Système des Connaissances chimiques.
• On connaît sous le nom d atmosphère, dit Fourcroy, la masse tout entière de l'air qui ceiot de toutes parts le globe terrestre, qui se meut avec lui, qni le touche dans tous ses points, se relève sur ses hauteurs, s'enfonce dans stB cavités, balaie sans cesse la surface de ses eanz^ et au sein duquel tous les êtres détachés de la masse du globe plongent, se meuvent, ou sont emportés. Cest un vaste océan composé de tout ce qui peut être volatilisé de la terre, de tout ce qui peut se réduire ^ vapeurs au degré de température et de pressions variées qu'il éprouve , contenant une foule de matières minérales, végétales et animales , qui représente une sorte de chaos, et qtti| considéré sous ce point de vue, doit offrir des variations continuelles et presqhe indéterminables, quoique l'analyse chi« mique soit parvenue à reconnaître les termes constants de sa composition , parce qne les matières diverses qui peuvent y être suspendues ne sont vraiment qu'accidentelles par rapport à sa nature intime qu'elles ne changent jamais. . » On ne sait pas avec précision jusqu à quelle hanteiur s'éïève l'air atmosphérique, ou quelle est l'étendue réelle de l'at* mosphère ; mais on sait que ses différentes couches sont d'autant plus denses et d'autant plus comprimées qu'elles sont plus voisines du plobe, et que leur variété, à une grande élévation, est limitée par la température plus froide des régions supérieures. On sait encore que c*est dans les réeions élevées que naissent les météores lumineux et inflammables; que l'atmosphère est traversée en tous sens par la lumière; plus difficilement par le calorique dont elle est faible con- • ducteur; qu'elle arrête aussi le fluide électrique; que les nuages supérieurs sont plus fortement électrisés que les inférieurs; que la foudre consiste dans un partage subit du fluide électrique entre les nuages inférieurs et le globe terrestre; et que cest en s* élevant a différentes hauteurs de l'atmosphère, par l'effet des machines aérostatiques, que les physiciens pourront mieux connaître les causes et les effets des météores. »
Cette atmosphère, dont à l'aide des aérostats seuls l'homme pouvait faire la conquête ; cette atmosphère , réceptacle de tontes les émanations, récipient immense de tous les gai, de tous let miasmes dégagés du globe terrestre; ce théâtre
DE l'atmosphère.' i6c
de tant de merreitles, est enfin ouvert à nos efforts et accessible à notre faiblesse. C'est dans le gaz hydrogène que l'homme a trouvé le puissant mobile dont il se sert si in«i génieusement , disons mieux, si audacieusement pour aller au-delà des nuages étudier la nature de la foudre, la voir se former, sillonner l'étendue , et, après l'avoir une première fois asservie à sa puissance , aller tenter de nouveaux moyens d'éluder son courroux, et de la faire servir peat*étre à ses propres besoins.
Soit qu'on s'élève dans l'air à l'aide de la machine aérostatique, soit qu'on rampe sur le sol, et qu'on parvienne parles montagnes à une certaine élévation dans l'atmosphère, on s'aperçoit toujours que la température est constamment décroissante, eu toutes saisons, et dans tous les lieux du globe. On a cherché à établir la loi Je ce décroisseraent, mais le nombre des expériences, la certitude des observations déjà faites, n'ont pas offert jusqu'ici d'éléments suffisants.
Toutefois,' les travaux de De Saussure et ceux de M. de Humboldt ont éclairé la question. Les récentes observations de MM. Ch. Marlins et Bravais ; de Peltier et de quelques autres savants , permettent d'établir des données générales que les notes fournies par les aéronautes viennent compléter.
En considérant cette question de la température de l'air dans son acception générale, et en mettant à part les cir« constances accessoires résultant de la direction des vents et de la nature ou de la configuration du terrain, on peut admettre, comme donnée générale, que l'abaissement de la température de l'air à mesure qu'on pénètre dans les couches supérieures, est égale à un degré centigrade pour deux cents mètres d'élévation ; mais cette règle, s'il était possible de rétablir, subirait de notables changements dans les parties élevées de l'atmosphère; et selon les beaux et récents travaux de M. Biot, la quantité dont il faudrait s'élever dans l'air, pour obtenir un décroissement de un degré, diminuerait proportionnellement à la densité de Tair à la station correspondante.
De Saussure , avec ce sentiment d'appréciation large et fécond que la nature lui avait donné, avait, dès 1775, lors de ses premiers voyages sur les glaciers de la Suisse et dans les Alpes de Savoie , rapproché ce double phénomène du décroissement de la température de l'air dans les hautes régions, et les causes de la limite perpétuelle des neiges dans les deux
t6^ D9 «.'ÀTMospHiRs;
hémisphères. II en avait concla que dans ratmo8phèrè| à une hauteur d'environ dix mille màtres, la température et les saisons devaient être égales^ sous toutes les latitudes et k ^■tes les époque de Tannée.
L'aérostation est venue depuis; Fhomroe a pu parcourir fse^t fois, mille fois les champs de Tatmosphère, et du gr^nj piombre d'observations déjÀ faites, il est en effet résulté , ce gui sera d*uu bénéfice immense pour la futare aéronautique, que dans Taii^^ à une hauteur de huit h neuf mille mètres , sous tous les climats, dans toutes les SfisonSi fa température 4e l'air est sensiblement la même.
Cette remarque s'applique égalemeUt à la force et à ta régularité des vents. A cette même hauteur les mouvements irréguliers et tumultueux de l'atmosphère ont cessé ; on y jouit d'une sorte de calme et d'équilibre, et la masse de l'air, à part de larges courants, sortes de vents alises encore peu connus, semble être mue d'un mouvement unique, celui de trans* Jation générale d'Occident en Orient.
Nous emprunterons à la Météréologie de Kaemti^ un tableau dans lequel M. Bravais a déduit des observations de quelques aéronantes, quelle avait été pour chacun d'eux, à différentes stations, la loi de décroissement de la température «le l'air. Nous y avons joint, dans une dernière colonne, l'indication du point du départ des observateurs, et par conséquent le pbiut du sol correspondant à l'observation.
Décroissements de tempèraiui-e observés dans des voyages aérostatiques.
OBSfiRVATBDHS.
L^aite^sapérieure
deia
coQohe d'air explorée.
Gay-LassRC. . .
Zeane et Xmagiiis. .
Graham et Beaufroy .
Sacharoff.
Clajton(i voyages).
ta. m.
Liea du départ
des aéroBautes.
( France.
Angleterre.
Bussie.
Amériqae da Mord.
ooisravcTioli tr mocpuisao^ tu muons» iH^ CHAPITRE XI.
OON97RUCTIOII ET BSUPLUSAGB lœS BALLONi« *—
naODDCTlON DU OAZ HTDROOÈNE.
On peut construire des ballons de toutes fonnes, nurls fii- Mge en aérostjttion simple est 4e se senrir de MIods fjMriqnesou ateisinant eette fdrme.
11 est eertain que la forme rmide présente on foule d'araotages réanis. Sous le moindre volame» et a?ec le moins de surface , elle a a de capacité plus grande que tonte antre figure ne pourrait le donner. La condition de stabilité n'est pas moindre ; et ce motif doit être tout puissant aux yeux de i'aéronaute praticien.
Pendant bien longtemps le taffetas Terni a été la seule étoffe employée à la construction des ballons. La baudruche, en raison de sa légèreté, de son imperméabilité, a quelquefois été préférée. Le ballon dans lequel j'ai fait mon expérience du 29 juillet iS3i , éuit construit avec cette matière; il était formé de vin^^t mille bandnches environ, jnxta-posées au nombre de trois, pour la partie inférieure du globe, et de quatre pour le pôle supérieur, pans ces dernières années on en a eoustruit plasîeursen étuffe caoutchoutée, àla façon des mackintosch; enfia, le grand ballon que j'ai lancé au Champde-Mars le 21 mai 1848, pour la fête de la Coneorde, était en sole, préparée avec la gutta-percha, cette substance sin« gulière qui promet de venir en aide plus tard à la grande aérostation , en raison de l'imperméabilité absolue dont elle jouit en certain état, et de sa propriété si précieuse d'être» à froid , absolument inattaquable auic acides et aux gaz.
Ce ballon est le premier et le seul jusqu'à présent qui ait été construit avec la gutta-percha.
La soie cuite, le taffetas de Lyon; le satin croisé et dans iSfirtains cas le double florence préparé au vernis avec le soin convenable (i), sont encore le genre d'étoffe qu'on doit préférer, quand on veut unir la durée et la solidité. Le mètre superficiel d'une étoffe de ce genre, bien conditionnée» revient de dix à quinze francs.
f r) Toyei, pour ce cfiif MSMrfie t«i ternlfl, te JCimm/ tht Vtriamwt, Dormir* «M. , ÙèV&tcgehpMtt-Rorei,
il 64 coNSTRirûnok et remplissage
Le filet qui recouvre un ballon doit être en corde de chan« vre d'une grande solidité. La soupape, placée au pôle sapérieur de la machine^ doit être résistante, forte et solide. Il en est de même de la naceite , habituellement construite en osier : il ne faut pas rechercher l'économie du poids sur ces divers engins, dont la solidité importe à la sûreté de laéronaate.
Nous n'avons rieui dire, ou tout au moins nous nous étendrons pen sur les Montgolfières , ou ballons à feu , grands on petits, leur nsage présenunt des inconvénients , des dangers qui croissent avec l'inexpérience et le dé&ut de savoir de ceux qui les emploient. Les malheurs survenus en aérostation sont dus en grande partie À l'emploi du fea, et les Gouvernements de l'Europe ont tous pris des mesures qui tendent à en restreindre ou à en supprimer l'expérimentation publique, quand elle n'a pour objet que d'offrir un aliment à la spéculation.
Dans l'origine des ballons, on croyait à l'existence d'un gaz particulier remplissant les ballons à fea, et qu'on avait nommé le gaz Montgolfier. Bientôt on reconnut que l'ascensioB de ces machines ' était due à la seule dilatation de l'air, et ou constata que par une température extérieure de i5 degrés, l'air échauffé à l'intérieur à 60 degrés centigrades augmente son volume d'un tiers, en d'autres termes perd environ un tiers de son poids ; qu'ainsi un mètre cube d'air chaud pèse un kilogramme environ, au Heu de treize cents grammes, poids de l'air extérieur.
Un ballon est un corps sans âme. Ce qui le vivifie et l'anime, c'est le gaz dont il doit être rempli
Indépendamment de l'air chaud servant à l'élévation des Montgolfières, le gaz hydrogène est l'agent employé pour l'exaltation des machines aérostatiqnes. Tous les corps de la nature, presque sans exception, contiennent du gaz hydrogène, et peuvent en fournir à la distillation, ou par leur décomposition. Mais l'eau, formée, on le sait, de un volume d'oxygène et de deux volumes d'hydrogène , ou bien eA poids , de :
88,90. . - Oxygène.
ii>io Hydrogène.
Sur 100 — , est celui de tous les corps auxquels on s'a«* dresse ordinairement pour l'obtenir.
DBS BALtons. l6$
Qaelle facilité, quelle sécurité, ea effet, offre cette opéra* tien si simple !
Un litre d'eaa pesant un kilogramme , contient en nombres ronds, neuf cents grammes d'oxygène et loo grammes d'hydrogène ; soit, un mètre cube de ce gaz. La décobaposition de Tean est opérée, en aérostation, par l'intermédiaire d'un métal, fer ou zinc, et de l'acide sulfarique, qu'on fabrique maintenant en France si abondamment et à si bas prix» L'opération est oelle-ci : en met dans on tonneau, Be l'eau ; Du fer;
vous y versez de Tacide sulfurîqne s ~ à ce moment la température s'élève considérablement dans le vase, par suite di| mélange intime de l'acide et de l'eau ; à cette température le fer s'oxyde aux dépens de l'eau, qui se décompose en ses deu3f parties constituantes, dont Tune ,i'ox>'^èn«, après s*éire unie au fer, se combine encore avec le métal pour former du protoralfate de fer, qui reste en dissolution- dans la liqueur; et l'autre , V hydrogène désagrégé de l'oxygène avec lequel étaul sini il constituait l'eau, se dégage, et renrei^nt sa n«|un et les propriétés qui lui appartiennent, s'élève librement dauf l'air 09 dans \p réservpir oii il voua convient de le recueillit*
On évalue, en chipie générale, à 3 kilogrammes de fer ef à 5 kilogrammes d'acide sulfurique, la quantité de matières nécessaires pour obtenir la décomposition complète d'un litre d'eau, et p^r conséquent la production libre d'un ipètrç cube de gaz hydrogène ; il faut en outre opérer dans un grand excédant d'eau, car il faut que (e sulfate de fer formaut le résidu de l'opération, puisse y demeurer suspendu.
En pratique, il faut faire fléchir la théorie, et faciliter par de nombreux contacts la dissolution des matières employées | la question de temps est beaucoup pour l'aéronante, qui se trouve exposé, pendant toute la durée de l'opération, aux intempéries de l'air, aux coups de vents, aux chanaements de température, avec la voile immense qu'il est chargé Je déployef et de fiire monter dans le ciel.
On augmente donc la proportion des matières employées » a6n de multiplier les surfaces, et on peut, en pratique, s'en rapporter à la formule suivante :
Eu exprimaut eo mètres cubes le volume quel qu'il soit de la capacité du ballon e remplir de ^ax hydrogène, ce volumi
l66 ooirsTBUcnoii st kemplissagb
qae nous appelerons V, sert à détermioer de la manière siii- Tante le poids des matières à employer:
V X 5 = 1« poids du fer en kilogrammes ;
V X ^ ^= le poids de l'acide salfuriqae en kilog.
V X 35 s= le poids de l'eaa en kilogrammes.
Ces quantités évaluées en volume général , et divisées par le nombre de tonneaux qu'on veut employer à Topération, donnent pour chacun d'eux la répartition des matières qu'ils doivent contenir. Voyez, PL lh,Jig. 53, la disposition générale de l'appareil ordinairement employé an remplissage des ballons.
Si nous appliquons la règle ci-dessus à un ImIIou de 8 mètres par exemple, nous aurons le résultat suivant :
Capacité cubique d'un ballon de 8 mètres : 270 mètres ; d'où, matières à employer pour le gonfler d'hydrogène , en poids,
Eau 6750 k.
Fer. ' . ^35o
Acide. i35o
I.e réddn de l'opéntion consiste en snlkte de fer. Pour la recueillir, il ne reste qu'à faire évaporer la liqnenr dans des TBses en fer ou en plomb. Comme il y a souvent nn excès d'acide, il fiaudra ajouter du fer pour qne la saturation soit complété.
A l'Ecole aérostatique de Meudon , et anx armées pour le service des ballons militaires , ou décomposait l'eau de toutes pièces an moyen du fer incandescent. L'unique appareil pour cette opération « plus simple encore que la précédente, quoi* que très-savante, consistait en tubes dans lesquels on renfeAnait les copeaux de fer provenant do travail des tourneurs en métaux , et vulgairement appelés tournure de fer. Les tubes euxmêmes étaient en fonte de fer, enclavés dans un fourneau en briques et maçonnerie. L'ensemble de cet appareil, comme on peut le voir aux planches 9 et 10, a beaucoup d'analogie avec les fourneaux et les cornues dans lesquels on distille aojour* d'hui le charbon de terre pour en extraire le gaz hydrogène propre à Tèobirage. Une usine à gaz d'éclairage serait fiacilement transformée en une fabrique de gaz hydrogène pur, puisqu'il n'y aurait pour cela qu'à substituer do fer et de j'ean dans les cornues, au charbon de terre qu'on y place ordinairement. On aurait pour résidu « au lien de coke, du protoxyd« de fer.
iJËâ A ALLONS. 167
La théorie de cette opération dontie les quantités de matières à employer pour opérer avec sécurité. Elle exige la connaissance des nombres proportionnels , l'une des plus utiles découvertes de la science.
La chimie approfondissant de plus en plus nos connaissances de la nature intime des corps, a formulé des règles qui établissent) ou plutôt font connaître, les relations et les rapports des corps les uns avec les autres dans leurs diverses combinaisons. La théorie des nombres proportionnels indiquant les capacités très-différentes des corps pour l'ozygèitfe, a servi à déterminer le choix de la matière qui offrait les meilleures conditions pour opérer la décomposition de l'èau.
Le nombre proportionnel d'un corps est la quantité de ce • corps qui s'unit à 100 d'oxygène pour former le protoxyde de ce même corps. .
Par exemple :
Or • : . . a486
Mercure a38o
Plomb 1294
Zinc 4o3
Fer 340
sont les nombres proportionnels de chacun de ces corps, c'està-dire la quantité de ce métal nécessaire pour l'absorptioa de 100 d'oxygène.
Evidemment , c'est le fer, dont l'abondance et le bon marché rendent la manipulation facile, qui méritait la préfé« rence. Le fer incandescent absorbe, on le voit, environ ua quart de son propre poids d'oxygène. Le protoxyde de fer renferme donc :
Oxygène 100 -\-fer 339 ss= protoxyde de fer.
Mille litres ou mille kilogrammes d'eau fourniront par leur décomposition sur le fer incandescent, mille mètres cubes environ de gaz hydrogène pur. Le résidu de cette opération, qui exigera l'emploi de 3ooo kilogrammes de fer environ, consistera en protoxyde de fer, dont l'emploi se trouvera facile-» jBent dans les arts.
Cette opération délicate de la production en grand de l'hydrogène par la décomposition de l'eau, n'a été faite qu'à !'£•« cole de Meudon, et aux armées de Sarobre-et-Meuse et du Rhin, par les compagnies d'aérostiers nûlltairçs chargés de la taiH'^
I^ CONSTRUGflON BT REMPLISSAGE
lioeuTre et du service des ballons affectés aax reconnaissances militaires.
Nous donnons dans les plancheis 9 et 10 la vue, en plan, coupe et élévation, de I'uq de ces fourneaux construits à la hâte avec de la brique fabriquée et cuite sur place. Ou installait dans ces fourneaux volauts , les cornues ou cylindres 6n fonte, remplisde tournure de fer, transportés par les éqni' fBges militaires. On chauffait au bois ou au charbon , selon les localités, et en i s on 1 5 heures , souvent moins, ou remplissait le ballon placé sous une tente à quelmie distance du fourneau. Nous possédons un dessin original, reproduisait naïvement et textuellement la vue de Tune de ces installations ^pides, faites en pleine campagne, en avant ou au milieu des fignes de l'armée, que ces opérations chimiques, ces raanceuvres si nouvelles pour la plupart des soldats, intéressaient vi« vement; ce dessin, pris au moment même de l'opération, est de M. Veron-Bellecourt, mort tou( récemment à Paris, peintre habile et qui , bien jeune encore , avait fait partie ëe la première compagnie des aérostiers.
C'était ici de la Chimie appliquée, s'il en fut jamais. Le laboratoire était pn camp» l'amphithéâtre une villa assiégée ou un champ de bataille; quatre- vingt mille spectateurs ont sonvent assisté à ces leçons en plein air; -^ et comme cela ^esC vtt devant Charleroy, par exemple, le professeur de physique ne se taisait point snppléer : c'était 6uylon-Morveaa« accompagnant le commandant des aérostiers dans la nacelle dtt ballon, et payant de sa personne conune savant itlnstie et éomme représentant du peuple.
Plancha 9. Les figures 92, 23, 24, 25> 26 représentent:
A, le plan général du fourneau. On voit en FF les cendriers des q«iatra bouches à feu destinées an chauffage des neuf cornues. DD indiquent le passage delafomée, après son passage dans les carneaûx. 6 et H marquent Texti^mité saU« knte des cinq cornues du premier rang.
B, élévation du fourneau, vue par le fond.
G, vue en élévation de l'un des côtés du fourneau.
6 H, coupe transversale du fourneau. L'une des cornues, toupée en deux, laisse voir la tournure de fer dont elle est remplie.
Planche 10, fig. 27. Elle représente la Tue d'ansembla de Vopération.
P sont les carnnes des deut rangs.
t>B» BÂLLdNS. I^
O, les tabès en fer qai conduimiit le gaz à la sortie des cornues.
G, le réservoir qui, au moyen d'un double syphon , introduit l'eau dans les cornues.
E, la cnye à ean faisant les fonctions de réfrigérant
F, le robinet servant à rè^lariser l'introdoctiou da ga£ dans le ballon.
G, le tnyau flexibla on appendice conduisant 1b gaz mi ballon.
Procédé mathématique propre à déterminer la coupe des fuseaux dun globe aérostatique.
Un autant anglaîa, Tibériui Cavalh, qui écrivait dès 1785 snr l'art aéMstatîqne» m indiqué ont formule logarithinique pour lidhrr le patron des flaseanz d'un ballon. Go même procédé à été, depms, dottné de neiatetfa par un profeMenor an collège da Vigan, M. Argellies, qui a écrit k l'usage des jennes geils un petit traité en quelques pages sur l'art de constmire et faire élever des ballons, dans les divértissemenfs et jent dû collège. lAalhenrensement,M. ArgelKes appliquait son travail et âes instructions aux- seules Montgolfières, on ballons kfûn.ii n'avait pas réflécbi que les jeunes gens à qui il s'adressait^ pouvaient , en lançant leurs ballons , lancer autant de bràlots snr les niaisons.voisines^ ou les campagne» environnantes. Il ignorait sans doute que ce jtn a été sévèrement interdit par le gouvernement, justement prévenu contre les inconvénients que Mésentece divertissement dangerenx. Hoos donneiotts plus loin une instruction toute spéciale pour rétablissement et rexpérimtfntaition de ces petites maebnies, en ayant aoin de fions renfermer dans le condKtîona les plus simples et les plus eAvM,tontàlalùfis.
Cette méthode a potir base la définition des diverses parties de la eiveottlerance des cercles de la sphère, Is dixième^ vingtième, trentième, etc., aux endroits où ces bases correspo»deat^ quand le ballon est parfaitement dévelefpé.
Ces bases théoriques étant définiies, if siittt et les maltipKchr par le nombre de mètres formant le dianrèCre du ballon à eonstraire, pour avoir le modèle du fasean, modèle propre à la construction dn ballon projeté.
Nous donnons ci-après les chiffres d'une formule propre k la construction d'un ballon, grand ou petit. Douze distances sont indiquées. Gomme il s'agit d'un demi-fnseau, ainsi qtn t^érostâtion, ï %
1^0 CONSTRUCTION ET ilE»h>LmÀOB bÉS BALLONS^
dans la méthode plus généralement suivie que nous indiquons ci 'après, la périphérie du fuseau entier est réellement indiquée par vingt-quatre points. Supposons un ballon de huit mètres de diamètre , par exemple : la longueur du fuseau sera de douze mètres. Le tracé de ce fuseau sera donc indiqué de o,5o cent.» en o,5o cent.» et à cette distance la ligne courbe sera suffisamment pure pour donner à l'oeil Taspect d'une forme sphérique absolue.
Formule,
Premier point
Septième point 0,107311
Deuxième —
Huitième — 0,115982
Troisième —
Neuvième — 0,121673
Quatrième —
Dixième — 0.126280
Onzième — 0,129261
Douzième — 0,131700
Evidemment, la valeur des bases on chiffres» dans la formule d-dessns, est celle-ci :
Premier point, o mètre, o dédm., a millimètres, y 6% millionièmes de mètre.
Second point, o mètre, o dédm., 4 niill. 877 millionièmes de mètre, et ainsi de suite.
Procédé généralement employé pour couper les fuseaux <fun ballon.
lO Soit décrit le demi>cercle A B G du diamètre du ballon proposé, fig. 9, Pi. 3.
a^ Elever du centre D nne perpendiculaire D B ;
3^ Diviser chacun des arcs A B et B G en six parties égales, etparces points de divisions, tirer des parallèles au diamètre;
4** Gonstmire nne figure auxiliaire , fig. 10, dont la longueur est égale au développement des six parties comprise dans l'arc G B ;
5^ A chacune des six divisions de cette même figure auxiliaire, tracer des parallèles i, a, 3, 4> 5, 6, sur lesquelles le dimensions du fuseau seront rapportées de la manière suivante
6*^ On partage l'arc A i,Jig» 3, en deux parties égales, e du point de partage on tire le rayon 1 D ; ensuite tous les ra yons des parallèles 6 5, H 4» 13, K a, L i, seront portés di point D comme centre, poiur décrire tous les arcs de réduc lion 5, 4) 3, a, &.
y^ On g^endra k mesure de chacun de ces fiic$ de rédac
GLOÎRB IT malheur: 1?^
tlon que l'on apportera par ordre sur la figure autiliaire; c'est-à-dire, que l'arc 5 sera porté sur la parallèle 6 pour avoir les deux points du fuseau sur cette parallèle ; l'arc 4 porté sur la parallèle 4> et ainsi de suite ; ce qui détermine les six points de chaque côté de la ligne qui servent à tracer le fuseau.
On pourra prendre un patron en papier ou en carton sur cette dimension , et il servira de modèle pour couper l'étoffe destinée à la confection du ballon.
Pour former l'appendice du globe, et donner en même temps plus de grâce au ballon, on a l'habitude de le terminer en poire ou en cône élégamment écbanoré. Ici le caprice ou le goût du constructeur peut seul servir de règle. On obtient l'effet désiré en laissant au bas du fuseau , au lieu de le terminer en pointe, une largeur qui varie en raison du nombre même de ces fuseaux.