‹ Nouveau manuel complet d'aérostation; ou, Guide pour servir à l'histoire et à la pratique des ballons (volume 2)Chapitre 27 sur 68 · GLOIRE ET MALHEUR · texte numérisé non relu

GLOIRE ET MALHEUR

la recherche d'une miDce économie dans les frais de Texpérience, aurait été cependant la cause première d'un événement qui aurait probablement retardé, pour longtemps encore , le progrès et la solution de la question. — Heureusement il ne devait pas en être ainsi.

• Tant que la physique, comme l'a dit Vicq*d*Âzir, secrétaire perpétuel de l'ancienne Académie, en prononçant devant elle, quelques années a près l'invention des ballons, Téloge de fiergmann , savant physicien et minéralogiste suédois; tant que la physique oisive et querelleuse n'a Consisté qu*en disputes frivoles sur les qualités et les éléments imaginaires des CQips , on Tétu^i^it saj^s danger comine sans firuil. Mai* depuis

3ue,4<^gagée d^ ce^ liens, elle est devenut expéciiiientale ; epuis qua la vie du chimiste a été nuenacêief par des expiosioBS qui sont l'effet inattendu de ses mélanges; depuis qu-aB fitta-

Î[uaBt , qu'en ébranlant la foudre , l'homme a pu 1 attirer s»r ui-même; depuis qu'inquiet, curiens» H a bravé la fuwemr de^^flots , les glaces du nord et les chaleurs du midi pmis dér couvrir d'antres peuples, d*Autras climats , un autre ardre de .hi^n^ fit dç maux ; en^n , depuis qu'enji'éleVani dans les airs , il a réalisé l'andacç çt hs malheurs que depuis taat de siècles )a fable copiptait pajrmi ses mensonges, Û a Jpiaa. £il]a q«a cette science eût aussi des victimes immoles i soq culte; il a ^allu qn'elle jeût des martyrs auxquels nous devoof souvent <}e l'admiration et toujours de la reconnaissance, n

S'il est noble et beau à l'ingénieur de s'exposer en de&cea» dapt dans les profondeurs des giines; si )'on doit honorer le dévouement du chimiste daf?s son laboratoire , de l'fiéronante s'élevant dans les hauteurs de l'atmosphère , il est cepepdai^t de justes bornes à imposera ceç sentiment générei^xjet fa»9torité, protectrice dp la société comme d^ la vie des citoy^m; a dû intervenir, ^ 'diverses épeques» pour cause de sûreté pj|blique dans res ascension; annoncées paf de^ hofpo^e^ >PfiV '

Sérimentés» ignorant pour la plupart les principes, la théorie 'un art qui devient dangereux dans la 'pratiqua dès qi^'pn s^écarte des sentiers battus.

Bittorff, Olivariy ont péri victimes de leur imprudence, mais ce ne sont pas les seuls qui aient offert l'effrayant spectacle de ces ex]5ériences dans des ballons à feu.

Un journal de Paris, Le Constitutionnel ^ du 28 septembre 1848, annonçait tout à la fois, dans ses faits divers, nn incendie astfez considérabU oocasioné à Monthier-4ei>-Maux-

^8€ GLOIRS ET MALHEUR.

ï'aits (Vendée) par un ballon à feu, et la chnte d'an jeuie aéronaute, M. Godard, dans la mer à Boulogne, après s'être imprudemment élevé du bord de la plage dans une Montgolfière^ . îors des fêtes données à cette époque dans cette ville. C'était sa quatrième ascension. L'aonée précédente il avait tenti une première expérience à Lille. Son ballon en simple papier, chauffé par de la paille enaammée, était lourdement retombé sur uii toil après s'être élevé à quarante mètres environ, mais s'é^i]! beureusemeiit accroché aux tuiles, il fat sauvé par une lucame.

An moi% de juillet de cette même année 184B , M. Godard avait fait successivement deux ascensions au Chatel, à Paris, avec une Montgolfière construite cette fois en teiie de coton. Le premier jour, après s'être élevé à une médiocre bauteur, il en avait été quitte pour une descente rapide dans un cbamp «arrière Javelle ; et la semaine suivante à sa seconde ex» périence, cinq minutes après son départ des Champs-Elysées, il tomba en pleine Seine ^ nn peu au-dessous du Pont->de- Orenelle. Entièrement submergé et embarrassé dans les cor- ^Uges de sa nacelle, l'aéronaute n'a dû son salut qu'à la présence des pêcheurs stationnant babituellement en ce lieo, etqui ont pn se porter rapidement à son secours : il se noyait. C'est avec ce même appareil à fen, sans doute réparé depuis, que M. Godard avait tenté à Boulogne sa quatrième ascen- «ion.

l/art aérostatique a rendu déjà de grands services à la science. H a été appliqué utilement à la guerre ; il est destiné à devenir bientôt peut-être le point de départ, la base assurée de transports réguliers par air. L'aéronautique, dans sa grande et pure acception , ne saurait accepter la solidarité de ces expériences dangereuses, qui n'ont, en quelque sorte, rien de commun avec l'aérostation que le nom.

La macbine dont se sert M. Godard, est une Montgolfiènt et l'usage de ces instruments a déjà été proscrit à une èpoqus très-rapprochée de celle de l'invention de la machine aérostatique, à cause des graves inconvénients que présente leui usage.

Cet aéronante, il est vrai , ne s'élève pas avec du fen. Il esl de l'école d'un nommé Kirsch, un Bavarois, que nous avons vu il y a quelques années à Paris, et qui, pour éluder les ordres du gouvernement, qui proscrivent d'une manière absolue ^ en

GLOIAB ET MALHBUm. 187

France, Tosage des Montgolfière^ (i)> avait trouTé ringénieax luoyen de rendre encore plus dangereux, s'il est possible ^ remploi de ces sortes de machines.

Kirsch, comme M. GodardN, se servait d'une Montgolfière ^ c'est-à-dire d*une grande enveloppe de toile on de papier, sous laquelle on raréfie l'air au moyen du feu. Cela fait, c'est-à-dire après avoir combustion né au-dessous de sa machine une certaine quantité de paille et d'antres matières ; notre aéronaute allemand, comme le fait aujourd'hui M. Go^ dard , retirait brusquement son appareil de dessus le feu, sus^ pendait rapidement sa gondole au ballon ; et si celui*ci était rempli d'air suffisamment échauffé, il s'élevait, sans emporter de feu. Il restait , de cette manière, quelques minutes à peine dans l'atmosphère, p^is redescendait plus rapidement encoiiB qu'il n'était monté , car l'air du ballon ne tardait pa»à se refroidir , à se condenser au contact de l'air froid ; le ballon diminuait de volume, changeait de forme *, on voyait la vaste enveloppe s'allonger xlémesurément, flotter incertaine, puis se précipiter inévitablement , fatalement, quel que soit le llea au-dessus duquel le vent l'avait portée.

Comme les frais de l'élévation d'une Montgolfière à la façon de Kirsch sont de 30 à 3o francs à peine, quand ceux d'une ascension ordinaire sont 4^ la à i,ôoo. francs, on a vu de ces physiciens ambulants monter avec leur ballon dans nos villes, du milieu d'un carrefour ou de la place publique., sans rétribution, autre que celle toute bénévole que le public accordait, en mettant quelques menues pièces de monnaie dans l'esca^ celle de la femme du pauvre aéronaute, faisant le tour de la société , quand son mari était parvenu à se mettre en l'air, sans avoir vu son ballon brûler sur place, ou sans avoir accroché quelque toit des édifices environnants ? <

Non, ce n est pas là de l'aérostation ; c'est bien plutôt un exercice , et un dangereux exercice d'acrobate ; et il est bon, dans rintérét d'une question pleine d'avenir, et nécessairement appelée un jour à remplir de grandes destinées , que le public qui voit toujours dans tout cela. un ballon et un aéronaute , ne confonde pas le métier avec Tart.

fi) 1784-1785, Ordres et Inttrnctioos du contrôleur-général. 1818, CircaUir* 4» ' miaUtèro de l'Intérieur, relative aux a«cea«ioiu aéroctatlqaei.

a 88 MOTS SUE LBS MOMTGOLniR.

NOTIE 9UR tES MOIfTOOLFiZR.

Vn intMt bien aatnrél «Rattache, ajuste titre, à la mémoire •des homme» qu'un grand eonragre, de grandes vertQrpobli-

rts ou privées, ont recommandé à Testime^ à la considération lenrs concitoyens. On aime aussi à connaître l'histoire de «eiiz ^'nne grande déconverte a rendus tout d'un coup cé- -Mbret ! leiir gloire est celle de leur siècle.

Le nom dé Mantoolfibr > qne f invention de la madiine •éro^tatique a placé, eâ 1783 , an rang des plus illustres, est de pure èrigine feançaise. Il vient de deux mots celtiques, monif montagne; fier, maître : mattro, propriétaire de la «OBtagne; 901 est tine de ces liaisons parasftes, comme il tafen rencotatre beaneonp dans "la langue celtique.

Lee MoiitgolBer sont originaires de la petite vflle d'Ambert, •n Aavergne ; on voyait encore , vers lé milien du siècle der- •ftier, sur le pendiadt d'une colline qui domine la ville, les ruines d'une très-ancienne résidence'de la £amille Montgolfier , laifoelle parait avoir donné on pris son nom an pays qu^elle liai»tait. On trouve en effet, dans la grande carte de France, de Cassini, feuille 5 s, au nord>est d'Âmbert, le Mont-Golfier, et au-dessous le Cros du Montgolfier.

Les plus anciennes papeteries de France ont été établies d^abord à Thiers et à Ambert ; la province d*Àuvergne est le 'berceau de la papeterie française. L'invention du papier remonte à une époque élot^ée. H e^stairdéjà sous St.-Louis , en Orient, près de Damas ; un grand nombre de fabriques de fiapier, qui fournissaient alors le monde entier. Les lettres de St.-Louis à JoinviUe en font mention. Ces papiers anciens étaient fabriqués avec du coton, et portaient le nom de Oxrta- Bamascena.

Les premiers papiers de Francr parurent à Ambert. Il existe dans les archives de la province d'Auvergne, des actes qui parlent d'une papeterie créée en Auvergne, en i368. Les habitants d'Ambert , et partieulièrement l'un d'eux , Montgolfier (le maître de la montagne), peuvent revendiquer la gloire d'avoir introduit la fabrication du papier en France, au retour de la sixième et dernière croisade , où un grand nombre d'Auvergnats» comme lattestent les historiens, avaient

^ÛTl 80E LBI MOMTOOLFlSa* l8p

ëté faits prisonniers de guerre, après avoir vaillamment com^ battu. Pendant la durée de leur longue captivité, ils avaient pu être employés dans les fabriques de Damas, et en profiter, pour y étudier les secrets de la fabrication du papier. Cabri- <»tiou qui était alors parfaitement inconnue en Europe. Toujours est- il quà cette époque surgirent en Auvergne les prenuères fabriques de papiers , dans lesquelles on ne tarda pas à substituer, dans la confection du papier, le vieux lioga et les chiffons de toutes natures, à l'usage du coton neuf qui était exclusivement employé dans les papeteries d'Orient.

On voit, dans les annales de la ville d'Ândsert, que^èS i44o, un Montgolfier éuit Bauge. Bauge ou Beile, on Bel répondait à la qualification de maire ou adminisûrateur de la ville.

La grande consommation du papier était alors pour Técri* ture. L'invention des cartes à jouer,. sous Charles VI , en augmenta la consommation. Michel Montaigne parle de Thiers, où il passa à son retour d'Italie , et du trafic de papier et de la fabrication des cartes qui s'y fait : « U y a auUnt de foçons à cela , dit-il , qu'à une autre bonne besogne ; les cartes ne se vendent qu'un sou les communes, et les fines deux. » Plus tard, quand rimi3rimerie , ce triomphe de la pensée écrite, fut découverte, les papeteries d'Auvergne trouvèrent un nouvel aliment à la consommation de leurs produits, et elles devinrent florissantes.

En i533, quand Luther et Calvin vinrent à prêcher et k dogmatiser, un grand nombre d'Auvergnats, et entre autres Montgolfier, embrassèrent avec ardeur la réforme. Le Montgolfier de cette époque se montra l'un des protestante les plus zélés. U fit venir à ses frais, de Genève, des ministres du Saint- Evangile, pour prêcher les nouvelles doctrines. Son zèle lui valut des poursuites rigoureuses, des cruautés furent exercées contre lui et sa famille. Après les massacres de la Saint- Barthélémy, en 157a, ses biens furent pillés, confisqués , ses papeteries détruites. Il fut obligé de fuir.

Montgolfier se réfugia avec sa famille et quelques débris de sa fortune , dans les montagnes du Lyonnais. Il y éleva peu à peu de nouvelles fabriques de papier. Vers la, fin du XVII» siècle , il existait à Vidalon, près Annonay, an pied des montagnes du Vivarais , un riche propriétaire de moulins à blé, nommé Antoine Schelle. 11 avait deux filles. Jean Montgolfier, fabricant de papier à Saint-Didier-sur-Beaujeu , les demanda en mariage pour ses deui fils , Midiel et Raymond,

Cette double union foi célébrée en janvier 1693. Les moulins k W* aoi avaient été ncansfiormés en fabriques de papier, devinrent, plus taid , entre les roains des frères Montgolfier, des établissemenU importante, décorés du titre de manufecturep royales. Par fuite de ces mariages, la plus grande parfae de la famille Montgolfier vint se fixer à Annonay.

Raymond Montgolfier, l'un des deux frères mené, en janvier i6qî, à l'une des filles du meunier Antoine Schelle, donna le jour à une très-nombrense famille, et entre autres mkhakU à un fils qui i«çut le nom de Pibbeb Mohtgolfibr : celai-ci fut le père des inventeurs de la maobioe aérostatique. Il fit fin» lui-même un très-grand pas à l'indiisUie du papier, •! en«écompenscde»e»sernces,îlAv«itdéjàrè€udu roi Louis XVI pinsiean marques de distinction, qu*nd U l^rsibnte découverte de ses fils vint mettre ie comble à sa fldoire. KUe lu valut le témoignage d'intérêt le pbm estimé, et le pluaboDorpUe alors : des Lettres de MoUesse!

CeM de PierM liontgolfier, doiU Boissy d'Anglas, dans son poèm« intitulé : le Ruisseau dAmuanay, a dit :

• I* ^îw rwnirouiiè . et M» cbwwix Mtnchîf « S*«iiibeUtneat «oeor da lanrioTf ds tes flb.

l4t*v»fNifeiiMs éow^è^ jwr U fi(» Louis XW du ncm^ au sieur F^rr^ 4f <W^o//^r. — Véc«mbn 178Î.

f l^nis, par la grâce de pieu toi de France et de Navarre , â|ouf présents et à venir, salut:

. Les machines aérostatiques inventées par les deux frëre% les' sieurs Etienne-Jacques et Joseph-Michel MoNTcoLFiEa, Ipnt devenues si célèbres, l'expérience qui en a été faite deyipt nous, le 19 septembre dernier, par le dit sîeur Etienn» J^cquef Montgolfier. et celles qui l'ont suivie, ont eu un te! succès, que nous ne doutons point que cette invention ne fassi iâne époque mémorable dans l'histoire de la physique , nou espérons même qu'elle fournira de nouveaux moyens d'accroître les forces de Thomme^ ott du moins d'étendre ses con naissances. Persuadé que l'un de nos principaux devoirs es ^'encourager les personnes qui cultivent les sciences, et d( faire éprouver les effets de notre bienfaisance à ceux qui pat yiennent à les enrichir par d'heureuses découvertes, nou avons cru que celle-ci devait plus particulièrement fixer notr attention sur les deux physiciens éclairés qui partagent li gloire d'en être les auteurs. Nous avons appris que le sieu

Pierre Môntj^fiel*, leur pèi'é, était issu d'une fàthf^e âAciéttns hoAorablè, et qa*àyattt reçu dé ses parents a oè papeterie sitaée à Annonày dans le Vivarais, il l'a rendue par ses soins et ton intelligence l'une des plus considérables du royaume, àë Sotte qu'elle occupe seule trois cents personnes et qu^elle ren* ferme dans son enceinte neuf des cuves ou ateliers, dont uil > Sieuf compose te plus grand nombre des papeteries ordinaires. i Nous sommes également informé que le dit sleuf Pletrtf t Montgolfier à fait dans Sa fabriqué les ^etniers essafs dé ^i piers vétins, et qaen 17S0, les Etats de Languedoc dést<rf |i rftnt fâriré nti étabtissettient dé cylindtes^ lùacbineé et procédé* p de fabrication bollandaise, le choisirent pour tùi en oonfiet' il l'exécution, et qu'il a si bien répondu à lenrs irikés, qtiè ptu^ 1(1 sieurs antres fabrictncs se Sont empressés de Se Ctftâotmtlt à té ii modèle. Ces circonstauees persorinilléft au sieur Pierre Mont* nolflef «iffi ei e w t ponr le placer dent là elhise de ee«K des propriétaires de fçrâidet niMMfacfaree qni^ par leur aèle, leur isf activité et leurs talents, peuveM espérer die reeevoir Iagc4e« la plu» flatteuse et la plus disfeiB^oée ^pie aeus puissions a«» corder, celle d'être élevé aux droits et préro^tives de la Noblesse; mais ce qui nous détermine surtout à nous empresser d'en faire jouir le dit sieur Pierre Montgolfier, c'est que ce ^ sera tout à la fois récompenser dignement et hi travaux du père et la belle découverte des niachiùes Aérostatiqnes, entièrement due aut connaissances ef anx réchércbés de ses déut 1^ fils. Â ces causes, de nôtre ^râcé spéciale, pleine puissance et , antorfté royale, nous avons anhôbli, et pat ées présenreif si- ^^ gnées de notre main, annobKsSons le dit siéur Pierre ]|t</nt-» o^'^^goTfter, et du titre d*écuyer, l'avons décoré et décorons; vt>ui'^'-lons et nous plaît, qu'il soit censé et réputé comme nous, le' ÏM^censom et réputons Noble, tant eu fug^emeàt, que deboi^, eu» j ut semble ses enfants, postérité et descendants nkâles et femelles^ c^^és et à naître en légitime mariage ; que comme tels ils puisle^sent prendre en tous lieux et en tous actes la qualité d'écuyer, ;iiS parvenir à tous les degrés de chevalerie et autres dignités, tî- 0^'res et qualités réservés à notre noblesse; qu'ils soient inscrits uM(>Bu catalogue des nobles, et qu'ils jouissent de tous les droits, ;, i^^privilèges et prérogatives qui leur sont réservés. qui? « Donné à Versailles, âu mois de décembre^ l'an dé grd\(ë f^, ''r7 83, et de notre règne le dixième. Signé Louis,

i(^^] m (^t plus bas) Par le Roi.

^'^'f • « Le Baron de Breteuil. -;

ht neOT Antoine Marie dHoxier de Sérigny ^ chevalier jogé (d'armes de la noblesse de France, chevalier Grand'-Groiz honoraire de l'Ordre Royal des saints Maurice et Lazare de Sardaigne, en vertu desdites lettres-patentes, par les ordres de S. M. 9 et conformément à l'arrêt du conseil du 9 de mars 1706, régla ainsi qu'il suit, par son arrêté du 7 janvier 1784, inscrit au Registre des annoblissements, les armes concédées à la famille Montgolfier :

m Un écn d'argent à une montagne de sinople, mouvante dn côté droit, au pied de laquelle est une mer d'aznr> aussi mouvante de la pointe de l'écu, et en chef, un globe aérostatique de gueule > ailé de même : le ditécu timbré d'un casque di profil orné de ses lambrequins d'argent, d'azur, de gueules et siuople. » Au bat de ces armoiries figure l'exergue : Sic itur ad astra,

A Annonay, è la place même où s'est élevé le premier ballon )ancé'par MM. de Montgolfier, aa coin delà place des Cordeliers et de la rue Montgolfier, vis-à-vis le collège» on voit oa obélisque en marbre «t en pierre, portant cette inscription :

AUX DEUX FRÈRES MoNTGOLFIER LEURS CONCITOYENS RECONNAISSANTS.

Cet obélisque avait été voté dès 1783, parles membres des anciens Etats de la province du Vivarais, présents à Texpérience du 5 juin. Il ne fut cependant inauguré que le i6prai« nal an 'IX (18* anniversaire du 5 juin 1783). Nous rapporterons comme pièce historique, le procès-verbal dressé, U jour même de cette cérémonie^ par le préfet de l'Ardèche :

« Cejonrd'hui 16 prairial an ix de la Répubique francise, nous Charies-Ambroise Caffarelli, préfet du département de l'Ardèche, nous trouvant en tournée à Annonay, accompagné du citoyen Larivoire-La-Tourrette, sons- préfet da premier arrondissement;

» Les citoyens de cette commune nous ont manifesté lean Tœux, de voir s'élever sur sa base la pyramide en marbre que les citoyens d'Annonay ont fait exécuter en mémoire de la découverte faite par les deux frères Montgolfier, de l'art de par* courir les airs, et dont la première expérience fut faite à An< nonay en présence des ci-devant Etats du Vivarais, le 5 juin 1783 (vieux style), monument qui ne put être achevé qu'e» Tan 1791, tt que les circonstances ne permirent pas de mettra tn pUm; qa« les résultats déjà connnsnde cette ëtomuati

FOI8IB9 mviASES stm lVeao^tatioii. 193

«UMAfÉM'è i{«i «wHîttiva |*oà^ béafMoiip aa g*» ik la lia«« Mië de F)Mnnb> et fceoi qoê i'on peut en àiteodi^ «i|cbré4 9«iit d'MM «etie Importanoe, <pw les cituyvnt d'Anaonay 4ai* tm élrt {alont d« mir tar pied at^ éionuinMi de é9 geard» ^ anm aa léiftoi(|fliag« aiitheB[|iqiie de leatr amaar poor las aUB et àê leaftestitetf fx^ir lès firèfes Moiit|;olfieri

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• «ajftéri'ilili ménie iS |)r^ialt «orfespotldàift au 5 jaié. • iiê pvncèa^f èrbâl clnidtate êttsalta ^uë 1« ptcuttèra piaffM en wtmmàéttî a été posé^ «tt tD«tlead*ail hametNe eaneaan du peuple atiboàra de téuâ tes poiuu da dépÉn^temënti at «as •rif tmé Mè rS^dléi dé : Y kè là Rtrpfebliqiie t

(ittAMRÉ XlV.

poim» mvMSêts ma l'ibrdstatioh.

Dfl» hanMa|;«» ao yW9^ îles lapnmipta i da» boaquets^ ont dté adressés en France, et dans toute les parties du monde, a l'inventeur de la ma^iHè aéfo'stKti^iM, tant fSiVHlfeii iiérodfantas; puis, lof» ûe H eatastrèpbe d» PilMti% de Rbsiar et du jeune Romali»^ )è 7 Juin tj785, âi B4iilog«a*auft4^terv 4e poétiques plaiMéi, dëé «pitipheSi Hé «devantes élé^», 4nt célébré la gloiH» et lé ttMfthéttr de ces premfWi aérateutes»

Plus tard} le llléàtre «'est emparé dé ea stijet; A Partes les ascensiof» ikyetuf lies de Gameriut 1^ disènssioiM survenues entra Bi«iiel(ard et ranrbrtol&e f^ekUtnde, donnèrent liVu ik diverses pièce» llégèi'ès , jouées «a tMâtre du VaadeviHe et sur IfsimilMAte'. hé âéÉ ptitté à M. Delalatidéi pa<r Blanchard, et Tascensietf ^Ifs €rrtei?(^àâeiabte lif t(( julHet 1 799, dàua laquelle les magn^ttëfr f r^ts«#ftënttéafi)li»M par sa tésuiper m» une expérience toute simple, qui se termina aux portes

f 9^ POÉSIES tvtÈhàiê

mémesde Paris, dànt le parc de St-Clond , fat didnsonné isai une charmante pièce intitulëe Gilles aéronauie, ou C Amérique tCest pas loin. En i8f i , l'expérience de madame Blanchanl poar la naissance du roi de Borne occasiona de nouveaux ven, de nouvelles cliansons, dans lesquels l'aéronaute divinisée Rait vepcésentée comme un messager céleste chargé d'annoncer am inonde la venue du fils du destin. L'année suivante, les fâcheux essais de direction de balJon et de vol aérien de M. Del^en» le malencontreux Icare allemand, excitèrent la verve da antenrs français, et une avalanche de satires et de pièces de théâtre signalèrent à tort le vol à tire dcàles comme l'une des plus pauvres conceptions de l'époque. On s'est longtemps souvenu à Paris du rol-awvent, ou le Pâtissier dAsmèrts, joué avec tant de verve et de folle gaîté par Potier et Brunet an théâtre des Panoramas.

Noua extrayons des papiers publics du temps» et de quelques fecueils, notamment de ÏAlmanack des Mttses, certaines de ces poésies, ou sérieuses, nobles, ou curieuses, singulières etméma simplement bouffonnes. Elles offrent un tableau de l'enthou*aiasme général qui éclata à la vue de ces premières mar*»'"— aériennes avec lesquelles on croyait, tout d'abord, pouvoir escalader le dei : l'épigramme vient bientôt. Partout on y trouve la trace de cet esprit français que Beaumarchais, si français lui-même, a peint d'un seul trait quand il a dit spi<rituellement quelque part : « Tout finit par des chansons. •

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