TERS A M. FAUJAS DE SAINT-FOND
SUR tB PEBM1B& VOTAGB FAIT BANS LBS AIRS,
Le voilà donc trouvé ce secret étonnant
Qu'on chercha tant de fois, et toujours vainement.
Ce secret de planer dans le vaste atmosphère !
Si le premier mortel qui franchit l'onde amère»
Insensible à Teffroi, renformait dans son sein
Un cœur de diamant rempli d*un triple airain.
Quelle intrépide audace avez- vous donc dans l'âme.
Tous qui franchissez l'air sur des ailes de flan^n çMt -
Qui bravez à la fois ces éléments fougueux j
Qui, domptant l'un par l'antre, enchaînes tous les dmXS
Qui , portés les premiers au séjour des orages^ ^ .
^▼es Tolé JoDfftenps an-deMos des muiçes?
Ètn, t'AiROSTATlOir. '9*
Jen'ezagèra rîen. VtArUnàei, de Rosier, Disciples généreux qa'à formés Montgolfier, Rendez-nous familier cet art qui vient de naître; De tous les éléments que l'homme enfin soit maître. Tous les arts aujourd hni doivent vous célébrer; Le pinceau sur la toile en lair doit vous montrer. Tout cœur né pour sentir votre noble courage , Doit demander au bronze, au marbre ,' votre image. Qu'entre vous Montgolfier par les Muses placé. Vous montre quel chemin son audace a tracé.
C'est lui qui vous ouvrit cette route effrayante; Sur un brasier ardent il a posé sa tente :
Dominant en vainqueur l'élément le plus fier. Sa voix commande an fen 4e la porter dans Tair. Le feu brille, elle part, et s'élançant de terre Flotte majestueuse an sein de l'atmosphère.
£n la suivant de l'œil dans son vol étonnant, En la voyant passer ce mobile élément.
En voyant ce brasier, ce feu qui le couronne. J'ai cru , je Tavouerai , j*ai cru voir de mes yeux La tente du Dieu Mars et l'autel de Bellone, Que d'Eole soumis les fils impétueux A l'aspect de la paix reportaient dans les cicax. Le génie irrité ne connaît point d'obstacle.
O vous , à qui déjà tons nos cœurs sont offerts, .Jeune enfsmt dont les yeux à peine encore ouverts. Sans pouvoir le comprendre, ont vu ce grand spectacle, Qn'un siècle moins instruit eût pris pour un miracle. Fils de cent Souverains , que les arts vous soient chersl Aimez-les : quelque jour ils feront votre gloire. Et des Rois, vos aïeux,- ceux que vante l'histoire. Ont tous aimé les arts, ils les ont protégés. Surtout par vos regards qu'ils soient encouragés. L'œil des Rois doit chercher le Savant et le Sage. Le mérite est timide et quelquefois sauvage; Il ne sait pas prier : il craint de s'avilir. Et souvent on l'a vu préférer de périr.
Ce Louis qui fonda la ville où vous naquîtes. Qui de l'autorité recula les limites.
Qui joignit les deux mers, qui réforma nos loi9« Qui fit fleurir sous lui tous les arts à la fois, JJ|ai déroba Molière aiu coups de l'hypocrite ,
'iq6 POEnCS DITBRSES
Dans son humble foyer redierdiait le rnëiitt : Il prévint par SfBftdons le inp4«st9 ^a^^^l- Qa an mioisU» à sa fHMTte aMendaH v^ioqnmt^ La main <pii dirigeant anjo^^4'll^i. yo^ç enffi^ A conduit MontgolÂftr prèsi de votre b^rçe^^ Et fait \oi» à vos ytnx C9 spec^aplç i^ouvc^^i, Ce prodige étonnant d'^n^ftÇÇ ?^ dç^c^pnçç.
Des artsd^ns fotr« 60^ii.ir veiit UnppiRfJ? l'^W^ Celui *ei, eomnw vqh%» vifnt depc^drç i)4i^§a^;î Vous étesda m^SM 4ge. ft v^uf P^^rrf?^ HVift^Ci Si vous le psotefOft fi|'n«e|«aiA tn^l^frf:.^ Le voir 4tMidrA tncora 9ê wm^^ Iwi^Miff « Annoncer votris ifbim fit ^9^ f^^Kfi PQVMF Anz RoU ^in pMvr f i^Ptt R^om qu'H» |WU4l ailllViiK« (kroM Ml I ^
Non, ce n'esf point Icare, osant quhter |a tér^é.
Ce n'c5t poiut d'Archimèd^ un enftnt iEém^ratre'^
Dont laudacB çfffiiyani^ et f inutile effori
Franchit un court espace a laictç d*^n ressort.
C'est b nature ipêine â ré tu de asservie.
Et qui prête aujourd'liui seif ailes au Génii).
Je ne h br#ve potut, j'obéîs à sa voîx.
Et if suis dans Ita airs ses immuable^ lois.
G^ fllaïie (jui s'éTève^ et ^i perce la nué.
jbe ^pinpiTa a e^ airs nous bu%Te retendue.'
I^t^qi^ime de qui l'mstinct est de tout hasarder *
Dont la sott é$t de vaiucrri tfde tout possédei^'i^
Lui qui dompt^ les ïner^, quS miprisiint l'cNraffèl
Mit nu frein à ta foudrâ et dirjpfeâ sa l'aSf >
Que peut- il craitïdre encore? ceBoi dés aëïnillt»
Dans 5qn vol à>ou char aftérefà Içs vents ^
Et des inaritf aplanis l'impuissante barrièrié
Ne rarréten pi as dan^ sa uoble çarrièreJ
D'un nouvel ofcéan. Argonautes nouveaux,
Dç Coloml), et dé Goox (i), svirpasse^' les travaux^
Suivez ce Montgolfier, qui/ d une maiq çertaiqe ^
(i) SUcanicleii anglaU, antettr d'an» madiine arec hqaelte il Ml fnj*^ à i dMr au fond d* la «»r } Il f a paiooiic^ «nritM» BtUa loiaas. '
êJJK L'AiROSTATlOli. 1^7
A de la pesanteur enfin brisé la chaîne.
Partez, volez, cherchez, dans les plaines d'amry
Un air moins variable, un horizon plus pnr;
Glissez d'un vol léger sur les terres australes»
Jouez-vous au milieu des flammes boréales;
Ces champs de Tatmosphère autrefois interdits.
Ouverts par vos efforts, vont nous être soumis;
Agrandissez Tenceinte à nos aïeux prescrite.
Et du globe atteignez la dernière limite.
Les peuples éperdus vous prendront pour des dieux :
Imitez-les en tout, soyez justes comme eux.
Par la rapidité rapprochez les distances;
Répandez les bienliits plus que les connaissances \
Des sauvages humains adoucissez les mœurs :
Vous les avez instruits^ vous les rendrez meilleurt.
C'est l'espoir qui me luit: c'eèt votre destinée '^
Que j annonce en ce jour, à l'Europe étonnée.
J'anticipe les temps, je lis dans l'avenir.
Je prédis les succès dont vous allez jouir.
Vous, timides esprits, pour qui tout est prodige. Vous, détracteurs jaloux, que tout succès afflige. Frémissez, mais voyez ce que l'art peut tenter. Concevez ce qu'un jour il peut exécuter.
M*allez pas -à mes vœux alléguer l'impossible; Au travail qui s'obstine, il n'est rien d'invincible. Cook marche au fond des mers, Montgolfier vole aux deux : Ouvrez^moi les enfers, j'en éteindrai les feux.
Vous, Charles, vous, Robert, de qui les mains habîlea Trouvent les éléments, et les métaux dociles. Pour un plus grand objet déployez vos talents. A ce navire heureux, plus léger que les vents. Hâtez -vous d ajouter ou la rame^ ou la voile. Que d'un art tout nouveau le secret se dévoile; Craignez que quelque Anglais, hardi navigateur, De cette invention ne nous vole l'hounenr.
Plus d'un de nous a ravi , par sa longue constance. Des secrets découverts, et négligés en France. Ce peuple, qui «'est dit le souverain des mers. Va bientôt tout tenter po^r être Roi des airs. I9'allez pas dans votre art lui céder la victoire. Servez votre parie, et sauvez votre gloire.
GuOJUf PK LA BaSIWUWI}
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Moiil0olfi«9 ^ofr Ffinrape ontlàift «Ne sauQttt «tsecréRéBài»
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Quand i^sdi d« «a wimma clMfc|)t i te qtff i«|f .
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Toï, dç gai liet BCiqrtds sans aiU et tea» ^^éiiia» Sur la teq-tredcùr éieutè ont reçu PÎnMtiiîf , ' ' Meréure en ton 6onrteinr'c^ véM serônl tMelft Que iXgypb opalebte eé ^ Créiè àvti eéàt >illii Ne ▼anteut pliià lears' champ» en pttxKj^ Ibrtâé ^ Un prodige noà^eaa Us a toitt effaeés." ' ' •
De Tupi^eBi e^tiçtc d«AIl9^ ^9^4^,^9(1^^ Aux loi^ de UnAtftf^^pojiçi u% %^\ ^^ Des éléments ei^c'OD», f9)(4w:isKi^^ ^ 9m^P t Elle enchftIlUi à m gré isar (otrç^^^laïf^^ :
simpift QttKCiigQ cki di«M» ji l'homme ^^ 9^ l^^tf ni?
Mercure apx arts préside, fit le iparbre respiro ^ Instruit par Àpôlbn; aux doux sons de sa lyi^; Amphiôn ^tit seul une va^te cité :
Un mortel plus bardf rapporté sttr la terre La flamme qu'il dérobé â^ séjour du tonnerre; Mais dés dieux tant d'audace 9 kssé la bonté.
Des riguMcs dtt destin dépJowW* vk^i«fi % Proipéthéa enchaîné» poor expier son criq^ç a Doit subir à jaaaiaia un 4uppUc9 effr%yan(.
D*i|n fiétooe Yautour l«s serves décbira^ntes » Arrachent chaque jour ses entrailles f49)9^(c%» Qui reqaissent encor pour un nouveau tqqriiMiil.
Le fils d'Alcide eqfîn termina sa misère; Et rAmériqné a yvi, dans ce siècle prospère.
De Tamant de Pandore un rival pins heurétix :
tmi L'AiaOtTATIOli. -IM
?9 »• vT.T ?^ >'-.r -vff
jàmi de JapUejÇ» il saif d*an bra^ nabile , Diriger le tbànftire , & 8e$ oi'drei| docile , Et rtfmpre des tyrans fes projets dançerenx.
NeptuDç G€i|HiPfl«pt, d« «PU empire ii9|D<s8gi
Environnant pj^U ft l>PJrB4^t «« pRii^««C9« Sur la ter^e 'w^\\\ le* morteU 4ispcMR«m; Maie bientôt ^essfiyant à auitter lerivi^ge.
L'homme pTas téàleniire osa braver l*ora|zè* Sur des cheties noueux qqe ses main* ont xi^niét.'
La ranyï ««MiffiRCl liUf)BWmrf9dt«i|lil«»
i>ninllf ImU» «ppid dfl s» l^av^iKf Weteiii
JoMt tout à 1% f«i| «t Am flotH f 1 4<s YMiH : A aon navire epfin il attache des Tpiles, Et diriléiTn&'sa route an seuf c6ur$ dér ^ilft. Son art a rapprocha fient peuple^ diffiS^nts.
Ain^ VhfVBmi >l4 f<H 4^ VffoX. f» ^\ ¥P9Ù» • Sur la terre, «| vs^ Vonde ^eA4^t #fiq ei9{M«k ^ Dans sa course ft»s«iFv|t VmH e( X^^\\% ^I4a)j9p|. L'aigle pouvait encore, par une prompte fuite, Dans les plaiç^^ 4f^ V^iç éviter sa po^^suit^ , Et planer sur'sa tête au sein dû. firmaméiit.
Par Minerve enhardi , l'audacieux Dédale , Sar des ailes , dit-on , a fcs|nçti^ l'jn^f Y^M^ Qui séparait les Gr^ des. Çt^t^ ^ ^^^9*% Mais en vain à le suivre H f^AlW^H^f^rç»
Ce fils infortuné que sa je^ue^e ^gf tf) , Sent fuir ses ailes , tomb^ , %\ p|f |t ^p^ \e| ^|s.
Mercure, 6 Montgolfier! t'-a réservé la gloire D'éterniser Paris , ton siècle et ta mémoire', ' Par les premiers essais d'un art audaeteux.
Ta voyais que la flammé, îct bas exilée. Faisait sans cesse effort vers sa source sëitrée; Ta l'enfermes , la mit, qt yol^ ^^p^ )^ fii99;i-
Qnel mortel plus hardi que le fier argonaute , Osera le premier, sans voilés , sans pilote , Sur un char tout de feu s'élancer dans les airs ? C'est toi , brave Pilastre ; et notre âme surprisa Admire en firérnissant cette noble entreprise , Qui fraye une autre route au despote des i
^00 POESUi BIVIROS
D'AïUndes est avec lui :»ce couple téméraire S'élère , et sons ses pieds voit fuir au loin la terre, Dont les fils à ses yeux sont déjà disparas.
Cet abandon, ce calme, an séjour de l'orage « tin moment étonna leur superbe courage ; Leur audace en «ccroit et s'irrite encore plus.
Sur les ailes des vents il ont quitté la plaine. Et d'un vol redoublé, laissant au loin la Seine , Ils planent sur Paris , sur ses dômes ailiers ; Us descendent enfin pour remplir notre attente. Trouvant partout le port, qnau fort de la tourment» Désirent vainement les pâles nautonniers.
Mais quel spectacle encore est offert k ma vue I Dans le palais des rois une foule éperdue.
Applaudit, suit de l'œil deux dédales nouveaux (i). L'homme ainsi méprisant les cris de l'ignorance^ Sur la nature entière étendant sa puissance.
Devancera dans l'air les rapides oiseaux.