LA NAVIGATION AÉRIENNE
! prophète intrépide Qui fut emporté dans les airs.
S'éleva sur nn char rapide Entouré de feux et d'éclairs.
Ainsi la fable ingénieuse Nous peint la foule impérieuse Des dieux > maîtres des éléments.
Qui des flancs caverneux du monde.
Vont, dans leur course vagabonde.
Planer sur les ailes des vents.
Terre ! as-tu reproduit la race De ces titans, rivaux des dieux, Dout la folle et superbe audace Voulut escalader les Cieux?
■Sous l'énorme poids des montagnes Ont-ils fait gémir les campagnes Pour franchir de nouveau les airs?
(i) OmiIm ft Aabtrt au TaOwkfc
SUR l'a^rostation.
On, joaets d'^n destin bizarre.
Vont-ils , sur l^s traces d'icaf e .
Chercher leur tombeau dans les mers.
Hardis Montgolfiers ; la tiatnre Vous montre un art plus assuré:
Vous percez sa retraite obscure « Son secret n'est plus ignoré.
L'élément qui presse 1^ terre , Qui roule en ses flancs le tonnerre £t circule dans tous les corps, Cède son immense carrière.
Et n*oppqse plus de jb^rrière A vos impétueux effor^.
Cet air épuré de sa.masse.
Dans un^ fpbèreçmprisonné^ En cherchant un t>fu9 U|)ré espaéfî^ Vous transporté au ciel ètontié,' ' Conquérante flu célestes empire^ * Aux clameurs cTun peuple en délit* .
Vous montez ai) séjour des dieux ; Et vers ces demeures auçusteè,' Vous paraissez, atla^ robustes,' Soulever un inonde ^ nos yeuj^.
La terreni) Tivreste, IVHm*} Agitent tons qof cœiir; tn^ij^lan^i Biais la gloire <jui voni efpbr^ft.
Soutient vos rapides élans',''" nonsl^ge
Vous allez braver)^ ^age^ ^ En vain contre vous r^volfés^ Et vous voyez d*un^^il paisible La fondre , aux mortels si terribti^, Qui gronde ^t roule ^ vos çôt^s/
Des régions de l%tmesphère, Avec quels ravissants tr^p$port|| Vous voye^ sous vos pieds la terre Etalant ses pompeu^r trésors ; Les forêts, les vastes campagne!, La chatne immense des montagnes »
*03l PoésiBS mTBUSBl^
lies cités, les hameaux ëpars , Les fleuves, les mers blanchissantes^ Dont les surfaces Tacillantes Etinceilent à vos regards?
Dans ta route majestueuse , Dieu des jours, superbe flambeau.
Suspens ta course impétueuse ; Pour toi ce spectacle est nouveau.
Vois ces rivaux de l'aigle altière , Vers la source de ta lumière»
D'un essor hardi s'élancer ; Et comblant leur sublime audace , Dans l'immensité de l'espace, ^armi les astres .se placer.
C'est donc en vain que Prométhé« Fut déchiré par le vautour.
Si sa race au ciel remontée Devait le surpasser un jour!
La flamme par ses mains ravie.
Transmit à l'homme avec la vie , La soif brûlante du savoir :
Il crée , il invente , il dispose.
Et sur tout l'univers il ose ' Mesurer son vaste pouvoir.
La nature en vain fugitive.
Vent échapper à son regard ; Il la poursuit et la captive Sous l'effort patient de l'art.
Sa force naît de sa faiblesse; Par l'obstacle irrité sans cesse, - Le génie en a plus d'ardeur ; Bientôt la nature succombe , Elle cède, et son voile tombe Aux yeux ravis de sou vainqueur.
Ainsi des fanges de la terre L'homme s'élève au rang des dieux»
Et rend le monde tributaire De son génie audacieux.
Quelle sublime jouissance
Du sentiment de sa {)uissance
Naît dans son esprit exalté !
Lorsque la gloire le couronne.
Echangerait-il pour un trône
Son délire et sa volupté ? ,
Lève ta tête enorgueillie , France, applaudis à tes enfants; Jamais la Grèce et Iltalie N'ont vu les arts si triomphants.
Oh ! si du sein de leurs ténèbres pouvaient sortir ces morts célèbres, De lenrs temps visibles flambeanx.
Jaloux de ces hantes merveilles.
Oubliant leurs savantes veilles, Us rentreraient dans leurs tombeaux.
Fameux élèves d'Uranie, Reprenez l'essor, hâtez^vons; *
Conduits sur le char du génie « .
Planez sur vos rivaux jaloux :
Allez k la puissance humaine Préparer un nouveau domaine ; Affrontez d'illustres hasards; Domptez le feu , les airs et l'onde.
Et jusqu'aux limites du monde Portez le triomphe des arts.
VAbbè HoLLim.