‹ Nouveau manuel complet d'aérostation; ou, Guide pour servir à l'histoire et à la pratique des ballons (volume 2)Chapitre 41 sur 68 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

ÉLBCTRO-SUBTRACTECR.

Ii*électro-snbtractear est, sans contredit. Tune des applications les pins élevées de l'art aérostatique. C'est an nouvel et paissant instrument, d'une utilité incontestable, et dont la création remonte à l'année i836, sans qu'il nous ait été possible, jusqu'à présent, de le voir adopter 'et mettre en œuvre.

Nous croyons l'avoir dit déjà : pour l'aéronaute toat s'agrandit, tout devient immense. Pourrait-il eu être autrement quand l'homme fend l'air, plane dans l'espace, et voit les nuages ramper humblement à ses pieds?

C'est dans le cours de mes ascensions aérostatiqnes que je me sois occupé des idées, déjà préconçaes, qui m'ont conduit à l'électro-subtracteur. Montgolfier, l'abbé Bertholon et beaucoup d'autres avaient, dès l'origine, pensé à soutirer le fluide électrique des nuages à l'aide de ballons armés de pointes. Pour réaliser cette grande œuvre, il fallait un instrument spécial et pratique r je l'ai imaginé.

Le paratonnerre, dans le degré d'utilité dont il est aujourd'hui, ne peut que préserver de la foudre, dans certaines circonstances, le bâtiment sur lequel il est placé comme un égide. En voyant la petitesse relative de ces instruments, leur éloignementdu lieu où se passent les grands phénomènes électriques, je me suis demandé si ces pointes, esclaves sur le bâti* ment où elles sont enchaînées , et qui semblent à peine égratigner l'atmosphère et l'orage en passant, étaient suffisantes pour préserver d'une manière efficace le sol et nos habitations de ces chutes d'eau subites, de ces grêles dévastatrices, de ces trombes homicides ; effets dus à des phénomènes électrique» aujourd'hui bien connus, et que nous pourrons maintenant, ar^ mes comme nous le sommes du double instrument dû au génia de Francklin et de Montgolfier, combattre efficacement.

En créant l'électro-subtracteur, j'ai voulu faire pour la pointe de Francklin, ce que Michel- Auge avait fait en plaçant sur St-Pierre de Rome, l'admirable coupole du monument d'Agrippa: la porter dans l'air. Là, sa puissance, sa sphère d'acti* vite, comme on dit, ne sont plus bornées à quelques mètres de distance seulement. Le fléau de la grêle et les incendies occa* lioné» par la feu da ciel disparaissent. £a organisant, aa

élSCTRO-StTBTRACTSini. aSp

nom da goaveniement, un vaste système d'assnrances sur toute la surface du sol de la France, l'homme ne vient plus seulement réparer timidement le dommage quand il existe ; il le prévient : d'assureur, il se fait protecteur. Il s*empare hardi» ment du rôle de la Providence.

Mes premières communications à TAcadémie des Sciences de Paris sur cet objet, remontent à l'année 1 839. Elles sont datées de Genève, où je me trouvais alors. De retour à Paris, je me suis empressé de voir M. Ârago ; j'ai présenté en outre, dans la séance de l'Académie du a 5 mars i844» un second mémoire sur le même objet. EnBn, le 1 7 juin suivant, j'ai déposé l'une des pointes modèles de mon instrument, sur le bureau de l'Académie, et une note relative à des expériences que je me proposais alors de faire avec le ballon de cuivre. En i846, à l'occasion de remarques faites dans une précédente séance par -M. Arago sur les moyens par lesquels on peut espérer préserver de la grêle des cantons si souvent ravagés par ce fléau, j'ai dû, de nouveau, rappeler à l'Académie VElectro-subtrac' leur et mes travaux précédents sur la matière.

L'une des conférences du cercle agricole, rue de Banne, dans l'hiver de 1846 (lundi 6 avril), avait été consacrée à l'examen de l'histoire et des principes du nouvel instrument; déjà, le jeudi 11 mai i845, j'en avais fait l'objet d'une leçon publique à l'Athénée Royal de Paris.

L'instrument, comme on le voit fig. 2, PI. 7, consiste principalement en un cylindre étroit et long, garni de poiàtes métalliques et terminé par deux formes coniques. Rempli de gaz hydrogène, il s'élève dans l'air à mille ou quinze cents u.ètrès, quelquefois plus; il est retenu captif par une ou plusieurs cordes semi-métalliques, établissant, à la façon des paratonnerres, la communition libre et non interrompue du fluide électrique entre l'asmosphère et la terre. Au moyen d'un système articulé et libre de suspension, la machine pivote librement sur son axe, et peut subir tous les mouvements que pourraient lui imprimer les différents états de l'air.

Elle tourne à tous vents, comme le ferait une immense girouette; ainsi que le cerf-volant de l'enfant, par le fait de son inclinaison calculée, elle résiste et tend à s'élever sous l'effort du vent. Enfin un lest mobile complète l'état libre et indépendant de cette machine au sein de l'atmosphère.

^ OOMVBCnOH DB$ MACBUIES AEHOSTATI^insS.

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