CHAPITRE XXn
EXPJUUSNCE DO 37 SEPTEMBRE iHf 9 ^ BHlTXBttAi*
Vers k fin de 1-année 1 846,tine Société génénde de nam^» lion aérienne M ^mait en Bflgk{«ie.. Son programme était formidable. De gros banquiers, disait*on, parmi lesquels se trouvait M. Couteaux, nls d'un ancien fabricant français de toiles gommées» patronaient Tceuvre, ou tout au moins leurs noms placés à la suite d'un acte de société passé devant notaire, ma foi ! imprUaé avec le plus grand luxe et répanda à profusion, semblaient donner à cette entreprise l'importance qu'elle méritait, d'ailleurs, d'obtenir. Son capital, selon le^ prospectus, était de deux millions de francs.
Le fondateur de cette société était M. le docteur Yan Qecke, inventeur d'uu procédé véritablement ingénieux, pouvant procurer à volonté, sans l'emploi de lest ui de la soupape* î'ascenùon ou la descente d'un ballon, mis pcéalablemeot à terre ou dans l'air^ à l'état d'équilibre.
M. Jobard , le directeur du musée de l'industrie de Bruxelles , dont chacun connaît l'esprit émi««i>£, av«it Assisté HHX
^ BXPERIEN<ft A BBU^LlBé;
expériences démonstratives du docteur Van-Hecké, et il avait accordé sa protection au novateur hardi, qui promettait de réaliser enfin, ou tout au moins de faire faire un pas à la navigation aérienne. C'est par lui, et à la suite du rapport de rinstitnt de France sur le système de M. Van-Hecke, que je fus mis en rapport avec ce dernier.
Appelé à Bruxelles pour concourir aux travaux prélimînattes, et pour diriger l'ascension dans laquelle devaient se faire les essais en grand , je fus accueilli avec distinction par les principaux actionnaires-fondateurs de cette entreprise, MM. Félix de Contreras, secrétaire de l'Université ; Bouillet, employé supérieur des chemins de fer ; Huens, courtier d'affaires; L. Engels, négociant ; Gossey, trésorier de la société nationale de Belgique et d'autres encore, hommes très-honorables, mais qui me parurent tout d'abord ne s'être pas bien rendu compte des difficultés à vaincre pour atteindre au but qu'ils se proposaient. Leur plus grand tort , cependant , a été de compter obstinément sur les capitalistes français et anglais, pour réaliser les deux millions annoncés. En définitive , à part une très-belle expérience faite par le docteur Van-Hecke et moi, à Bruxelles, le 27 septembre 1847» qui s'est terminée pour le docteur, dont le cœur a légèrement failli dans cette première ascension , à Charleroy ; mais que j'ai poursuivie jusqu'à la frontière de France, à travers tout le territoire belge, cette société, dont j'ai été nommé pour quinze ans, et dont je suis encore, in partibtis, l'ingénieur et le secrétaire général , a été obligée, faute .d'argent, de suspendre ses opérations.
ICÀDSMIE DES SCiENCES DE PARIS.
^Rapport SUT un Mémoire de M. le docteur Van Hecke^ ayard pour titre : Nouveau système de locomotion aérienne. ÇommUfires, MM. Poncelet, Seguier, Babinet, rapporiâur.
m L'Académie nous a chargés, MM. Poncelet, Seguier et moi,, de lui faire un rapport sur un Mémoire de M. le docteur Van Hecke, de Bruxelles, intitulé : Nouveau système de loùomotion aérienne. Dans un sujet qui a si souvent occupé l'activité de l'asprît humain , tant pour la théorie que pour la pratique , notre Happort a dA se borner à vous faire connalue las résulUU des expériences que l'auteur a mises sons lei veux de la Commission.
^PERlENCfi A DRUXELXEfl, ^6^
» Le docteur Van Ilccke renonce formellement à I*idée de prendre un point d'appui sur l'air pour se mouvoir en sens contraire.du vent : son système consiste, comme celui de Meusuier^i à chercher à diverses hauteurs des courants favorables à la direction qu'il veut suivre; mais son procédé diffère de celui de Aleusnier, qui voulait comprimer ou dilater l'air dans une ca* ^ pacité intérieure au ballon. La questioa que s'est proposée M. Van Hecke se réduit donc à trouver un moyen facile de monter et de descendre verticalement sans employer, comme on le fait ordinairement, une perte de lest ou une perte de ÇSLZ, l'une et l'autre évidemment irréparables.
» M. Van Hecke a cherché, dans un motenr*artiBcîel, une force capable d'élever ou de déprimer l'aérostat à volonté, e( il s'est adressé naturellement à l'un de ces moteurs qui, teU que les ailes du mfoulin à vent, l'hélice, les turbines, etc., transforment, sans réaction latérale, un mouvement rotatoird en mouvement rectiligne, suivant l'axe, ou réciproquement. Un appareil analogue, à ailes gauches, a été mis sous les yeux de votre Commission , et , par sa réaction sur l'air, a produit facilement une force ascensionnelle ou descensionnelle de 2 à 3 kilogrammes, ce quij avec les quatre moteurs pareils que M. Van Hecke adapte à sa nacelle, constituerait une force d'environ 10 à 12 kilogrammes. Ajoutons que cet effet, loin d*étre exagéré, a été obtenu, sans grand effort, avee des ailes à peu près carrées, dont la dimension était seulement d'un demi-mètre de côté; ainsi, rien n'empêche d'admettre qu'avec une puissance suffisante, on pourrait arriver -A se pro* curer, par ce procédé , 5o, €0 ou même 100 kilogrammes dû lest ascendant ou descendant.
» L'estimation de la pression d*un courant d'air d'une vi-> tesse donnée , sur une surface d'une étendue et d'une inclinaison connues , pouvait sans doute , approximativement, eon«duiie par le calcul à l'effet de l'appareil de M. Van Hecke ; mais l'Académie sait trop combien les aperçus mécaniques les plus probables ont besoin de confirmation pratique, pour ne pas juger indispensable que ses commissaires aient été témoins de l'action du moteur de M. Van Hecke.
• Il reste à savoir si la force obtenue sera, dans tons les cas, suffisante pour faire monter ou descendre l'aérostat. Or, dans un ballon ordinaire, c'est l'action des rayons solaires qui détennine les plus subites vari.ilions de lêijèreté S|'écifif{ue. Notre aéronaute expérimeaté, M. Dupuis-Delcourt, u'esiime pas Aérostation, «3
que l'action du soleil puisse dépasser lo à 12 kilogratunés, et encore dans un espace de temps assez long. Ainsi > le moteur de M. Van Hecke serait suffisant dans ce cas extrême* et d'aillenrs, le procédé d'ascension et de descente facile de l'auteur, en permettant de faire osciller le ballon de haut en bas et de bas en haut, renouvellerait le contact de l'enveloppe avec l'air ambiant, et préviendrait, en grande partie, l'effet de réchauffement direct produit par les rayons solaires.