‹ Nouveau manuel complet d'aérostation; ou, Guide pour servir à l'histoire et à la pratique des ballons (volume 2)Chapitre 7 sur 68 · RAPPORT VAIT · texte numérisé non relu

RAPPORT VAIT

placé de rapporter ici ce 'que les anciens nous en ootdil: ainsi, passant h. des temps moins éloignés, noos nous eon(eii< ferons de dire qu on regarde en générai Roger Bacon , ce génie si fort au-dessus de son siècle, comme le prunier qui ait parlé d*une machine pour voler; c'est dans son traitée mirabili potestate Artis et Natura^ etc. Selon ce qu'il noui ei dit dans cet ouvrage, cette macliine portait un siège , dau lequel un homme étant placé, il pouvait, par son action, « donner un mouvement progressif, .et voter comme nn oiseaD. Roger Bacon n'explique pas comment elle se tomcmiit dani l'air, ou si cet efFet résultait de l'action de lliomnie; ti pm néanmoins qu'une, machine de ce gfnt« avait été faite at a* sayée $ivec succès par une autre personne. Cèntndant, il yi tout à croire qu'elle n'exista jamais que dans son tei«giiiattàB, et qu'elle n'eut pas plus ^e réaKté iifue teèttê faKMiMe (éct d'i^ rain <|u'on lui à attribuée, fct qui fépotidAft, iliuott^ m questions qu'on lui faisait.

Le P. tana , longtemps aprèâ, «i!i yen là fiti dO sièela dernier, imagina une machine qui devait aussi »e «ottte&ir éioi l'air ; mais il vé plus loin que Bàcbn , car il éll indique il moyen. La machine coniiistait en quatre iglobèft de ctrirrd vides d'air, qqi devaient, pai* l'excès de légèreté tëmltattt ib leur capacité , être en état de ia fairie flotter ate milieu éed fluide; elle ^tait  voiles et àrâttiés. On ^ttfiSt {Mlr tè qfl'ii avait sagement pensé à diviser eti détii partie* l'Éttiôil Ut* ployée pour aller danî l'air : Ttané, ku tnoyett dtft liiquetl^oi devait s'y soutenir, l'antre par laquelle Oh' déTkit k*y Inoiivoirt Mais plusieurs savants, et entré au tilss Hoolie et Hbr^/A' (t), critiquèrent fortement, et avec raison, le moyen qct'ilpiopO' sait, insistant l'un et l'atitte $ur llmpossibilité de fai»a des giohes d'une capacité aussi considérable qac Cibitè ^'â felir doBnaît, sans que ces globes ne crevassent ^f là ptéittioti dé l'atmosphère.

En 1755 , ou près d'un' siècle après, on iMptitaiâ è Avigno* nn livre intitulé : XArt de naviguer âans les Mti, tr^nsemen\ -physique et géométrique ^ etc. L'autettr dé cet d«tvra^» léP- Gallien parait avoir bien senti en quoi conèistait principale*

(ij Qnelqnes personDe* çnt prëteDda qae, dans ton Traité tur le voldea oiseW- Borelti parte de oea Maebfoet oemposëe* de Globes vMm d'air, comiite |mpre« à m»» fournir les imwens de Tolar ; mak oe que l'on vient 4« rapporter ffrôur* pielneaMBi le contraire ; c est faale d'avoir In avec assec d'auention «a qu'il dit à M •^i*n diu h dernièrQ proposition de ce Traité, qa'oo a pa en prendre ceUe idée. Ea «Ait, loi* d'<|tablir la possibilité de se ««rvir de pareilles ttacUoes four se aooteiiir «t se va»- Toir dans l'air, il emploie nne grande partie de cette dernière propositio» h jpnMt^ ^n« ce mojea de Toler ne p«n( être t«nté «iT«o aucapp espèce de loocès.

A l'aCAAÉMU BBS SCIBNCBS DK PABI8. 61

ment le moyen de sarmonter la difficulté d'élever des corpe creux dans Tair. Il remarque judicieusement que ce n'est qa'en> augmentant considérablement la capacité de cf s corps, qu'on ponrra parvenir à les faire flotter dans ce fluide, en les remplissant d'un air beaucoup pluA rare : ses paroles méritent d'être rapportées*.

m Plus ce vaisseau (car ici il est question d'une vaste machine aérienne), plus ce vaisseau^ dit-il, sera grande plus la pesanteur en sera tibsolument plus grande; mais aussi elle en sera moin» dre, relatitfement à son énorme iMylume, comme peuvent le com» prendre ceux qui ont quelque teinture de géométrie, etc. » H en Tient après aux dimensions qu'il vent qu'on donne à ce vaisseau , et elles sont véritablement immenses ; car il veut qu'il soit plus long et plus large que la ville d'Avignon , et qu'il soit haut comme une montagne considérable; il suppose en* suite qu'on le remplisse, en s'élevant assez haut pour cela, d'un air moitié plus léger que celui dans lequel on se propose de le faire flotter. .

Mais nous croyons en avoir dit assez, sans nous étendre davantage, pour faire voir que , comme le titre Je son ouvrage l'annonce, le P. Gallien ne s'est pas occupé sérieusement de cet objet; car il serait difficile de le croiie, aux dimensions impraticables, pour ne rien dire de plus, qu'il donne à tonte sa machine. Cependant « on ne peut s'empéchsr de reconnaître qu'il avait bien jugé des moyens de vaincre une partie des difficultés de faire flotter des corps creui dans l'air, à la manière dont il insiste sur la nécessité d'aug* menter prodigieusement leur capacité.

Si nous passons à une époque plus récente, ou à celle de la découverte des nouveaux airs , et eoire autres , de l'air inflammable , 'il parait bien qu'on s'en est servi pour remplir des boules de savon, et s'amuser à voir comment elles s'éiè* vent, mais qu'on n'a pas employé cet a^ i à d'autres usages de ce genre; au moins tout ce qu'on a dit à ce sujet senibU laisser tant d'incertitudes, que nous n'avons pu en conclure rien d'assez positif pour nous engager aie rapporter ici.

Tel était l'état de nos connaissances sur cet objet, lorsq» MM. de Montgolfier commencèrent à s'en occuper. Il parât que le point de vue sous lequel ils envisagèrent ce grand problème, d'élever des corps dans l'air, fut celui des nuages, de ces grandes masses d^eau qui, par des causes que nou« n'avons pas encore pu démêler ; parviennent à s'élever et à

^6 àAVlKHiT nknr

Sotter dans les aiM, â dès hauimm ^muiàénMmi, OoMfëi e cette idëe, îh ^lisèi«nt aux no^«iu d'aniber la nart»», en donnant des entelopfpés très-Iéçèrts à éH unagn îat^ tices , et en contre-baladçaiic U pretsion d'«a or lo«nl par la réaction on l'élasticité d'on «ir }pkû9 lé^. 8'écaot «asai^ par une expérience très-simple, qu'une chaleur dba 70 àè^ré» du thermomètre sufifisait, seloiict qu'ils fafppottiBt,.^ter raréfier l'air de la moitié, dans uu v«isscaa fctné» <b et conçurent bientôt l'espérance de parrenir, par tm aaoyva , à remplir leurs vues. Or, tout annonoa qm lears Bédkatioiii sur ce sujet remontent ftn-delà da rnqiê d'août dia i%Miët dernière 1781; mais l'expérience intértssMta qv'diBft heùt avaient suggérée, ne fut tentée que ^wrs le milieii dt hoi^qb* bre de cette même année. Ce fat à Avignon qne if. de Mont*goltler l'aîné la fit ponr la première fois; là, il né vit pat Sans une vive joie, ce que Ton concevra fi;aas peine^ qn'un petit paratlélipipède creux, de taffeus, oui eoutanait qwurante pieds cubes ou à-peu-près, ayant été échauffé ilieéri«M«BieM avec du papier, monta rapidement au plafond. Retonraé à Annonay peu de temps après , il n'ent rien de plas pressé que dé répéter, avec M. son frère, eette expérience en plein air, et ils virent avec la même satislaction ce patallèlipipède s'élever, et monter à une hautenr de soixante-dix pleda.

Animés par des essais si heureux, ils firent faire uaa enchine plus cotisidérabte, et qui contenait aux enviroas- de six cent cinquante pieds cubes : cette machine réussit «gaiement bien ; car, par son excès de légèreté, elle s'éleva avee tant de force, qu'elle rompit les cordes qui la retenaient, et alla tonaber sur des coteaux voisins, après être montée à «ne banieiir de cent à cent cinquante toises.

Pleinement convaincus par ces différentes eapérieaeeB^ de la justesse des conjectures qui les avaient guidé», MM. de Mont* golHer résolurent de'tenteir les effets de cette maehine ea grand, lis en firent faire une en conséquence, de treote-ciaq pieds de diamètre; elle pesait quatre cent cinquante livres et en soulevait ptos de quatre cents ; c'était précisément celle dont i\ a été question an commencement de ce rapport, et qui servit après à Inexpérience du 5 juin dernier. Ils tentèrent de l'enlever le 3 d'avril ; mais un vent impétueux les en e«n> pécha : néanmoins, à l'effort qu'elle fit pour monter, ils reeon« nurent facilement qu'elle remplirait complètement lear attente. Le aS^d'avril/le temps étant plus favorablo, ils essayèrent de

A L'iCADl^MIlt MS MHUCIS DI PAAU. ^

iwivMn d« kfriiw |Nirlir ; cependant les gcw qui ]«• aidaitot, étonnés da la fçms avec laquelle elle tirait les cordes, les lyant lâqbies brasquement, elle monta si rapidement en l'air, )tt*elle ienrécbappa, et alla tombera un quart de lieue de là, iprès s'être élevée à une hauteur de plus de deux cents toises^ »t être restée en Tair plus de dix minutes. Eofio, le 5 juin, ils firent cette expérience, comme nous l'avons dit, en présence le MM. les états particuliers du Vivarais et de toute la ville l'Aononay» et avec le succès dont l'Académie a été informéa par le procèa*verbaI dont nous avons parlé.

Nous venons d'exposer en détail les idées^de MM. de MontfolfieiBy et la suite de leurs différents essais : nous nous y iommescma obligés, i<> peur £iire voire la manière dont ils mt été eon^aits à le^ur découverte, et qu elle n'est point un sffetdtt hasard ; 2^ pour montrer qne lorsque la nouvelle en »t venue ici, cette découverte éuit complète, quant à Teffet » général ; 3' enfin-, que ce n'était pas» comme quelques gens MU instruits Tout dit, de ces idées qui ont besoin d'être séalisées par Texpériepce^ mais que VJérostat était véritableaent inventé, et que tonte une ville avait été témoin de ses ffets.

Au re^te^ les preuves de tout ce qne nous venons de rap* K>rter, résultent 4lf^ let^tres que M. deMontgoifier le jeune « «rites à l'un de nous, M. D^smarets, et dont plusieurs sont aéme del'année dernière ij%i ; nousies mettoASsous les yeux le l'Académie.

Mais il laui en venir aux expériences dont nous avons été émoins.

^ Pour mieox -remptir-l'objet de l'Académie, M. de Uontgolfier it construire «se macliine aérostatique, exactement de la oéme manière q«e celle d'Annonay; c'est<^-dire, en toile et m papier, mais dont la capacité était pins du double, contenant quarante-cinq mille pieds pubes, et pesant neuf cents livres, il n'était pas aisé de trouver les facilité^ nécessaires pour faire exécuter une aussi ^fraude machine; il l'était encore uoins d'avoir un emplacement convenajjle pour l'enlever, Bt pour y faire toutes les expériences qn'oo voudrait tenter; M. de Montgolfier rencontra tr^ut ceJa chez M. Réveillon, son ami, qui 3 yn« manufacture de papiers peints, au faubourg Saint-Antoine. Il y trouva plas encore, car il trouva dans cet ami une activité, on «èle et une intelligence, pour faire exécuter tout ce <^iï désirait, qui ont frappé tous ceux qui étaient

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