RAPPORT VAIT
présents k ces expériences, et auxquels nous nous reprocberions de ne pas rendre ce témoignage devant l'Académie. La machine faite, on se prépara à l'enlever; mais cette opération demandant quelques préliminaires et des préparatifs, il est né» cessaire d'en donner une idée.
Cette machine ne se développe et ne s*élève qu'au moyes des substances qu'on brûle an -dessous, ou dans son intérieur; il faut, enconséqnence, qu'elle soit établie sur une espèce d'estrade , élevée de plusieurs pieds au-dessus du terrain, et qui ait au milieu une grande ouverture. Au centre de cette ouverture et en bas, est placé un grand réchaud de fer, à claire- voie, dont on verra l'usage dans un moment. Pour fe« ciliter le développement de la machine, elle est soutenue par son milieu ou par son sommet, au moyen d'une corde qui va passer sur les poulies de deux grands mâts, qni sont places des deux côtés de l'estrade, et à l'opposite l'un de l'autre. Par là, en tirant cette corde, on soulève tonte la machine; et à mesure que l'on fait du feu avec de la paille et d'autres com* bustibles dans le réchaud dont nous venons de parler, elle se développe , se gonfle, et enfin s'enlève et part, comme nous le dirons dans la suite.
La machine et tout cet appareil étant prêts, le vendredi n septembre, on l'essaya devant nous; et malgré l'action des hommes employés à la retenir, elle se développa d'une ma* nière qui surprit tout les spectateurs, et enleva nn poids de quatre cents livres ou environ ; mais le vent qui survint et la pluie qui tomba ensuite en abondance pendant toute la journée, ayant détruit entièrement cette machine, par l'actioa de l'humidité sur le papier et sur la toile dont elle était formée, il fallut en refaire une antre. Ce contre-temps était d'autant plus fâcheux, que le roi, qui avait ordonné que l'expérience s'en fit devant lui à Versailles, en avait fixé le jour au vendredi suivant, 19 du même mois.
Cependant M. de Montgolfier ne fut point découragé par cet accident; animé d'un nouveau zèle, il fit exécuter en quatre jours nn sphéroïde en toiie de fil et coton, peinte en détrempe sur les deux côtés; ce sphéroïde avait quarante-un pieds da diamètre, sur cinquante-sept de hauteur, et contenait trentesept mille cinq cents pieds cubes, ou à peu près; il pesait aux environs de huit cents livres.
On en fit l'essai le jeudi 18; mais an moment où il était fouteou par son point Je plus élevé, et qu'on ne faisait que
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de le gonfler, il forvint un coup de v«nt qui le déchira près d« cet endroit. Pressé par le temps, on ne fit que nouer fortement avec use corde la^artie déchirée ; et profitant d'un mo« ment de calme» on enleva de nouveau la machine, en brûlant ciuqnante livres de|>aiUe uniquement : nous la vîmes alors se soutenir en l'air fort majestueusement pendant cinq ou si^ minutes. Assurés de son effet par cette simple expérience , n^us n'eûmes pas le moindre doute sur son succès le lendemain à Versailles.
Un appareil semblable à celui dont nous avons donné unf idée, était établi au milieu de la grande cour du château, on de U cour des ministres, avf c la machine aérostatique étendue sur l'estrade. Tout étant préparé et disposé convenablement, QU en fit l'ezpéiiencer à un signal donné en présence dn roi^ de la reine et de toute |a cour, et avec tout le succès que nous avions prévu la veille. L^t on vit en moins de dix minutes, et en brûlant seulement quatre-vingts livres de paille et sept ou hnit livres de lainage, la machine m soulever, se développer d'une manière qui frappa d'étonnement tousles spectateurs, et partir, et monter ensuite à une hauteur de plus de deux cent 4]uarante toises, quoique chargée de deux cents livres de poidf étrangers. Après avoir parcouru un espace considérable, ellf alb tomber à une distance de di^-sept cents toises, ou à peu près, ÔH point d'où elle était piirtie, éunt restée en l'air environ dix minutes. Il ^êt nécessaire d'observer que cette machine descendit si doucement, qu'elle ne fit que ployer des branches d'arbres , sur lesquelles elle tomba, et que des animaax qn'op y avait suspendus, n'eurent pas le moindre m^l. La hauteur oà nous avons dit qu'elle s'était élevée, a été détemipée uniquevient par estime. MM. le Gentil et Jeaurat» q[ui Tout ol^servée séparément, ont fixé depuis la hauteur, l'un à deux cent quatre-vingts toises au>dessus du second étae^ de robaervatoire , l'antre à deux cent qnatre-vinet-treizç au-dessus du rez-de-chaussée ; mais il est certain qu'elle serait restée plus longtemps eu l'air, et aurait été beaucoup plus loin, sans la déchirure de la veille, qui était très-considérable. En effet, cette déchirure s'étant rouverte, laissa sortir une partie des vapeurs échauffées de l'intérieur de la machine; et ces vapeurs, jointes à celles qui s'échappèrent dans deux ou trois balancements qu'elle essuya» diminuèrent beaucoup de la force qu'elle avait pour se soutenir.
Nous devons ajoater, pour l'honneur des sciences* que ja«-
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mais expérience ne se fit avec autant d'éclat et «ntant de pompe, et n'eat d'aussi illustres spectateurs, ni eu plus grand nombre. H est important même de rapporter ici qu'avant l'expérience, le roi daii^na se rendre dans le lieu où la machine aérostatique était établie, et qu'il prit la peine de passer sous l'estrade, dans l'endroit où était le réchaud , pour voir les préparatifs, et se faire expliquer par M. de Montgolfier les moyens qu'on allait employer pour développer cette grande masse, si informe pour lé moment, et la faire élever et monter dans les airs; la reine et la famille royale suivirent l'exemple de sa majesté.
Après des expériences aussi multipliées, il n'était pins possible de douter des effets de l'Aérostat de MM. de Montgolfier; mais il était important de connaître plus particulièrement la ^nature de leur procédés pour faire élever cette machine, et de constater surtout si , avec un aérostat d'une capacité suffisante, on pourrait enlever des hommes, et à quel point ils pourraient le gouverner, en observant cependant de le retenir jusqu'à un certain degré par de<i cordes, afin de ne rien hasarder dans ces premières expériences. M. de Montgolfier fit faire, pour remplir cet objet, un nouvel aérostat, plus grand encore que celui de l'expérience de Versailles, ayant quarantecinq pieds de diamètre, et soixante-dix pieds de haut : il était composé, en quelque façon, de trois parties : d'un cylindre, qui en faisait le corps du milieu, d'une portion de cône placée au-dessus, et d'une autre partie conique, dans une situation renversée^ qui était au-dessous; le petit diamètre de cette portion ,de cône était de quatorze pieds. A cette partie était adapté un cylindre en toile, autour duquel M. de Montgolfier fit attacher extérieurement une galerie d'osier, de deux pieds et demi de large, avec des appuis de trois pieds de haut ; il y avait en outre au milieu du vide formé par cette galerie, une espèce de panier de fil-de-fer, formant un réchaud, pour y brûler de la paille, ou tout autre combustible, lorsque la machine serait en l'air. En cet état, l'aérostat pesait aux environs de quatorze à quinze cents livres. Nous ne parlerons pas de quelques expériences préliminaires; nous passerons tout de suite à celle qui fut faite en notre présence le i5 d'octobre.
M. Pilastre de Rosier , qui le premier a proposé de monter dans la machine aérostatique abandonnée à elle-même, et qui en a fait publiquement la demande à l'Académie, le 3o du mois d'août, pour l'expérience qui devait s'en faire
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i Vei^sailles les jours suivants; enfin, quia montré tant d'activité et de courage dans toutes les expériences qu'on en a faites depuis; M. Pilastre de Bosiermouta ce jour-là dans la galerie du nouvel Aérostat; on 1 enleva à une hauteur d« cent pieds, ou aux environs, la machine étant retenue à cette élévation par des cordes. Il nous parut entièrement le maître de monter ou de descendre, selon la quantité plus on moins grande de feu qu'il entretenait dans le panier on le réchand de fer dont nous avons parlé ; mais Texpérience du dimanche suivant démontra d'une manière encore plus sensible, comment, par ce moyen, on pouvait régler les mouvements de l'Aérostat pour s'élever ou s'abaisser. M. Pilastre s'y éUnt placé , on mit un contre-poids dans un panier d'osier attaché à Topposite, parce qu'on avait supprimé une partie de la galerie, à cause de sa pesanteur. La machine s'éleva promptement à la hauteur que permettait la longueur des cordes. Aprèe y être restée quelque temps, on la vit redescendre, parla cessation du feu. Ayant été poussée par le vent sur les arbres d'un jardin voisin, on s'empressa de dégager les cordages qui la retenaient, et M. Pilastre ayant renouvelé en même temps le feu, il la fit relever promptement, et on la ramena avec la plus grade facilité dans le jardin de M. Réveillon. Encouragés par des effets si propres à rassurer contre les dangers qu'on pouvait courir dans l'Aérostat ainsi élevé eu l'air, M. Giroud de Villette et M., le marquis d'Arlandes y montèrent successivement. Il est nécessaire de faire observer que, dans ces expériences, la machine fut élevée à troie cent vingt-quatre pieds, c'est-à-dire, près de la moitié plus haut que les tours de Notre-Dame , et que M. Pilastre de Rosier, par son activité et par son adresse à bien ménager le feu, la faisait monter, descendre, raser la terre, remonter encore; enfin, lui donnait tous les divers mouvements de ce genre qu'il désirait.
Des expériences de cette nature, et que nous avons cru par là devoir exposer en détail , étaient bien propres à convaincre de la possibilité d'employer sans danger cette machine à transporter des hommes, surtout quand on se rappelle comment, dans l'expérience de Versailles, la machine tomba doucement, quoique d'une hauteur déplus de deux cents toises. Aussi, M. de Montgolfier, qui nous paraît n'avoir procédé dans tout ce qu'il a entrepris à ce sujet, qu'éicl4iré p?ir h iiiéoviOf 9t appuyé par la pratic^ufit no fut^ii
plus îiicertaia sur la possibilité de transformer son Aérostat ^n nn. véritable char aérien ; mais il faUatt qu'on ea fit l'eipériènce pour consacrer à jamais cette découverte; et cette expérience a été faite le a i du mois dernier.
Ce fut dans les jardins de la Muette, devant monseigneur le dauphin, accompagné de toute sa cour, et environaé dTnne foule de spectateurs : le temps étant des plas favorable, on vit partir, vers une heure trois quarts, l'Aérostat de M. de Montgolfier , monté par M. le marquis d'Arlandes et par M. Pilastre de Bosier; ils s'élevèrent, selon l'observation de M. l'abbé Rochon, à une hauteur de pins de trois cent soixante-sept toises , et à pen-prés àcette hantenr, traversèrent la Seine, passèrent sur la partie du sud-onesC de cette ville, et allèrent descendre près du chemin de Fontailieblean, après avoir parcouru un espace de près de quatre mille loises, et être restés en l'air pendant plus de dix-sept Diinntes.lls s'élevaient ou s'abarssaieut, selon qu'ils excitaient ou ralentissaient le feu; et par cet unique moyen, ils évitèrent, si ce^a peut se dire', dans une pareille navigation , les écneils qui leur parurent à craindre, et allèrent descendre doucement où ils voulurent arriver. Mais il serait inutile de pousser plas foin ce détail , l'Académie ayant entendu de la bouche même de M. le marquis d'Arlandes, le récit de ce voyage', qui sera à jamais célèbre chez la postérité , comme le premier que les hommes aient osé entreprendre à travers les airs.
Pour ne point interrompre le récit de ces différentes eîpériences, nous avons remis à ce moment à parler plus ea détail de ce qui concerne la manière dont MM. de Montgolfier s'y prennent pour enlever leur aérostat.
On a vu qu'ils font brûler dans unréchand à claire'*voie, de la paille et des matières animales; et qu'il s'ensuit de cette tombustion et de la chaleur qui s'excite en conséquence dans l'intérieur de la machine, quelle se développe, s'enlève, et monte dans l'air. Il est naturel de demander ce qui se passe dans cette combustion , et si c'est par l'effet de gaz plus légers que l'air atmosphérique, dont elle occasionne le dégagement, que l'aérostat parvient ainsi à s'élever.
Nous pensons qu'il serait fort difficile, pour ne pas dire impos* Sible, de bien statuer sur la nature et le nombre des différents gaz bu vapeurs qui se développent dans cette combustion ; mais ce oui prouve qae cet effet tient uniquement à la raréfaction dé l'dr ifltériett^ de la machine » bceasionée p«r la ehaleor
À L^ACADEAtlë bu SCIÉNCSS DE PARU. 7$
<^Qon y excite, c'est qu'à l'instant où^ par la dimitlution da cette chaleur, la raréfaction diminue aussi , l'aérostat des-% cend, ou n'est plus soutenu à la même hauteur, et qu'ai:^ contraire, au moment où on la ranime, il repionte. Ce qui confirme encore cette explication, c'est que MM. de Montgol-^ fier sont obligés de tenir leur aérostat ouvert par en bas. Eu, effet, qu'arrive-t-il parla? Dans l'instant où, en excitant la feu , on augmente la chaleur dans cette machin^ , une partie plus ou moins considérable de l'air qui y est contenu, est obligée de sortir par l'ouverture d'en bas. Or, si on suppose^ par exemple, cette chaleur suffisante pour raréfier l'air de moitié, voilà dans un moment le poids de la machine, on plutôt de l'air qu'elle renferme , diminué dans cette propor^ tion ; et ^i ce volume se trouve dans un grand rapport avec l'enveloppe, cette cause suffit pour soutenir la machine ea l'air, et même pour la porter à une grande bauteur. De plus, si l'on supposait que la combustion des différentes substances que MM. deMontgolfier brûlent dans leur aérostat, le remplis» sentd'nn ou de plusieurs fluides d'une pesanteur spécifique, telle qu'avec le corps de cette machine ils formassent un tout pln^ léger que l'air atmosphérique, dans une proportion quelconque il serait certainement nécessaire, dans cette supposition, de la fermer, ou du moins d'en rétrécir considérablement l'ouverture* pour prévenir l'introduction de l'air atmosphérique, qui sans cela se glisserait et s'introduirait le long des parois intérieures de cette machine. U paraît donc bien prouvé par ces diffé-« rentes considérations, que c'^st, comme nous l'avons dit, à la raréfaction de l'air d*»^ 1 intérieur de l'aérostat, occasionée par le feu qu'on *j fait, qu'il faut attribuer la cause de soi^ élévation 6;^^^^ l'air, etc.
l^bus désirions pouvoir nous en assurer expérimentalement ou trouver quelque moyen de déterminer la pesanteur spécifia que de l'air, ou des fluides aériformes contenus dans lamacbine^ Par un hasard heureux, l'expérience qu'on fit le 17 octobre» nous en fournit l'occasion ; ce jour-là elle resta stationnaire à. une petite hauteur, d'où il était facile de conclure qu'elle était de la même pesanteur spécifique que Tair de l'atmos-* phère. Elle pesait alors dix-sept cents livres, y compris le poids de la galerie et de la personne qui était dedans. Or comme cette machine contenait soixante mille pieds eubes d'air, et que ce jour- là le poids d'un pied cube d'air était de 1 once 3 gros ao grains, il en résulte <^u^ U poids de l'aiç, J.érostathn, ' «
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qu'elle d^pljsiçait 9 était de cinq mille deu;^ cetitqnatre-Tm({|J, lix litres ; d'où déduisant dix-sept cents livres pour le poi4' total dé la inachiue , on a pour celui de l'air, ou des ain ^'elfe renfermait, trois mille huit cent cinquante-six livres, é^est-li-dire à-peu-pires les deux tiers du poids de l'air atmo^ «pllériâue. Ainsi , dans cette expérience , Tair de la machi]il| était'raréfié d'un tiers ou aux environs, et dans les autres, oai trouve encore à-peu-près le fnéme résultat, excepté cependant ! I[ae, com'm'e la machine tendait à s'élever, l'air devait y éttt | en péU plus iraréfié. Quant à la chaleur intérieure de l'aérostat, propre à dilater l'air d'un tiers, il serait difficile de It déterminer avec précision ; cependant il y a tout lien de croire ^elte ne différait pas beaucoup de celle de l'eau bouillante: ', car, sîiiVatit la règle de M. de Laïc sur la dilaUtiou de l'air, i selon Tes différents degrés du thermomètre , il paraît qu'uaa | «liatebr dé sôixante-'onze degrés nn tiers suffit pour dilate! ' V&lr d'ahe troisième partie. Or, comme celui de l'aérostat s'est dilaté à-p'eti-près de cette quantité, la chaleur de riu^érieur dte eétte machiné n'a pas dû s'éloi|;ner beaucoup» comme nooi -vètadofs de le dire, de celle de l'eau bouillante.
IHais il ffàui en revenir au moyen que MM. de Moatgolfiei 1 eispldlent |ioUr enlever leur aérostat : on ne peut disconve- 1 nir ^u'it ne soit fort simple, peu dispendieux, et fort expéditif, pt4^ue, dans Téxpérieuce de Veisailles, parla combnstioa de t^uatre- vingts livres de paille et de sept à huit livres de laîna|;e,oii en a enlevé, en moins de dix minutes» un aéros* tat oontenattt aa-delà de trente, sept mille pieds cubes» et peaant éept à huit cents livres , indétwndamm^nt de deux cents livres de poids étrangers dont il était chargé : il semble en Cfmséffnence que ce soient ces avantages qui ont déterminé MM. de Montgolfier à employer ce moyen de prôférenci; à tous les antres. En effet, selon ce que M. de Montgolfier le lenne expose dans le mémoire qu'il a lu à l'Académie, depub lu rentrée, cdtnme nouk favons dit, il n'y a point de fluide 4'Bde pesanteur spébifi^ue beaucoup plus légère que Tair at- Siosphérique, auxquels lui et son frère niaient pensé : ainsi, Veau réduite en vapeur , l'air inflammable et d^autres fluides prodwjts par la combustion, ont été successivement l'objet de knr atteqtion ; mais Tembarras d'employer les uns, les dépenses qa'aaraient entraînées tes autres, et particulièrement fair inflaiiimab\e, les ont empêchés de s'en servir, se proposant particulièrement de rendre leur opération aussi simple qui ^a cdâteBse^ et il u'est pas étonnant qu'éloignés des secoun
A l'àCADÉMIB des tClCNCIS DE PlRis. 7S
\ des ressottrces de la capitale, les difficultés d'employçf d« lir inflammable ne se soient multipliées à leurs yeux» et Qf s aient encore confirmés dans l'usage d'u^i moyen aussi f«* le que celui qu'ils avaient imaginé. Mais, sans nous étendjTf avantage sur oe sujet, nous nous bornerons à faire pbr srver comme un feit certain» qu'au moment où \s^ nouvelle df expérience d*Ânnonay arriva ici, les physiciens çt les pb^ listes, instruits de la théorie des nouveaux airs, indiquèrent 'une foix générale l'air inflammable comme très-proprç à fai^p L fonction de celui que MM. de Montgolfier avaient employj^ oarenleverlenr aérostat, et sur lequel ils ne sWpliqnaient pas. Au reste , on a vu avec quel succès MM. Charles et Rooei^ en sont servis dans l'expérience faite au Champ-de-Mars le 7 du mois d'août dernier, et comment ils l'ont employé tout îcemmeot d'une manière encore plus frappante, dads Texsrience mémorable da premier de ce mois. Tout Paris les a vus portés dans un char soutenu par ui^ lobe de vingt-six pieds de diamètre» et rempli d'air inflamable, a'élever du milieu du basûn des Tuileries , et monti^ Lccessivement à une hauteur de plus 4e trois cents toiseé* B là poussés par uo vent de sud-est, ils ont parcouru eusuit^ travers les airs, un espaee de plus de neuf lieues avant ^e escendre; et M. Charlet resté ftenl dans le char après ca ^yag^t animé par un nouveau courage, s'est élevé jusque lie hauteur de près de dix-sept cents toises, et a montré auf bysiciens comment on pouvait aller jusque dans les nuages^ tttdier les causes des météores.
On demandera sans doute lequel du moyeu de MM. de lontgolfier on de celui qu'ont employé MM. Charles et Boert,est préférable peur soutenir en l'air les aérostats ; mais y aurait véritablement de la témérité à prononcer sur cette aestion , dans nn moment où cette découverte est encore st ouvelle , qu'on n*a pas fait la millième partie des recherchée a'on pourra faire pour la perfectionner. MM. delMontgolfie^ itrevotent déjà beaucoup de moyens de simplifier leur opéition, et ils en ont indiqué plusieurs : d'dn autre càté, ni sait les découvertes qu'on pourra faire pour obtenir d^ kir inflammable en bien plus grande quantité, ou beaucoup las facilement qu'on ne l'a eu jusqu'ÎQi par les moyens cou* us? Qai sait si l'on ne trouvera pas quelque pouvean fluide lus léger encore que cet air inflammable? On a regardé lônç» eraps l'esprit-de-vin comme la plus légère de toutes les h* moi$, et pnsniie on a découvert l'éther, qui Test encore' da-,