‹ Nouveau manuel complet d'aérostation, ou Guide pour servir à l'histoire et à la pratique des ballonsChapitre 10 sur 77 · IÉCIT DES D1UE PREMIERS VOYAGES 1ÉR1SHI. 4S · texte numérisé non relu

IÉCIT DES D1UE PREMIERS VOYAGES 1ÉR1SHI. 4S

line, plauant sur l'horizon , et étalant la plus belle a monté au moins à trois mille pieds de hauteur, où toujours testée visible ; elle a traversé la Seine aude la barrière de la Coiiiuit'inv ', rt laissant de là entre

■ Les voyageurs satisfaits de cette expérience, et ne voulant pas faire une plus longue course , se sont concertés pour descendre; niais s'a percevant que le vent tes portait sur les maisons de la rue de -Sevra, faubourg Saint-Germain ,|ils ont conservé leur sang-fioul, et augmentant le feu , ils se sont «levés de nouveau, et ont continué leur route en l'air jusqu'à ce qu'ils aient eu dépassé Paris.

• Ils sont descendus alors tranquillement dans la campagne, au-delà du nouveau boulevard, vis-à-vis le moulin de Ooulebarbe, sansavoir éprouvé la plus légère incommodité, ayant encore dans leur galerie les deux tiers de leur approvisionnement ; ils pouvaient donc, s'ils l'eussent désiré , franchir un espace triple de celui qu'ils ont parcouru ; leur route a été de

rtre à cinq milles toises, et le temps qu'ils y ont employé, liogt à vingt-cinq minutes.

■ Cette machine avait soixante-dix pieds de hauteur, quarante-six pieds de diamètre: elle contenait soixante mille pieds cubes , et le poids qu'elle a enlevé était d'environ seiie ù dixseplcents livres.

. Fait au cliâteau de la Muette, à cinq heures du soir. Signé le duc de Potirjnac, le duc de Guines, le comte de Polaslron, le comte de Vuudrcuil, à'Hunuud, Benjamin Franklin, Faujas de Sainl-Fond, Detiste, Leroy, de l'Académie des Scien«s- *

VOYAGE JkÉHIEN DB CHARLES ET ltoncHT.

Les frères Bobert, iiigénieurs-méc^'iciens, et M. Charles , professeur de physique, dont la démonstration facile et la parole élégante avaient obtenu beaucoup de succès dans les cours publics qu'ils faisaient à cette èpoque,s'ctaient unis pour cette expéeience, dès le lendemain du jour où ils avaient fait monter au G ha m p- de-Mars le ballon du tj août.

MM. Robert en avaient posé le programme et les conditions, dans une lettre publiée par les journaux. 1-e succès de la souscription du Champ de-Mars leur était un sûr garant de la réussite de celle qu'ils ouvraient pour un globe d, soie devant parier deux voyage u rs t lesquels s'enlèveraient à baliou perdu et

tenteraient dans l'air de; obsori :itiotis et des expériences dont l'auteur n'était pas nommé, mais suffisamment désigné pour qu'on y reconnût M. Charles. Les ilix mille francs qu'ils demandaient furent immédiatement remplis, et représentés par des billets d'entrée pour les souscripteurs à l'ascension du Lallon , qui devait se faire dans le jardin des Tuileries.

Un mois après, le problème > tait à moitié résolu. Un globe en soie de. près de neuf mètres de diamètre fut en état d'être exposé à la vue dus amateurs, et tout Paris vint le voir, gontlè d'air et étalant la plus belle forme , dans l'une de» salles du château des Tuilerie. I.e id novembre, dans l'aprèsmidi , il était déjà suî-pcml'i à l'entrée delà grande allée du jardin, retenu pardes corda tendues ans arbres ; dès le lendemain 011 commença à le remplir de gaa.

L'appareil pour la production de l'hydrogène se développait dans le premier gr.-md b.issin situé devant la terrasse du ' château . Cet app.-ireil éi.iil disposé à très-peu près comme on les dispose encore aujourd'hui , et se composait de vingt ou trente tonneaux avec des tuyaux de fer-blauc ou de plomb pour le passage du gai, et d'une grande cuir: placée au milieu, 1 dans laquelle le gai était rafraîchi et lavé. Un dernier tube

Cette première production de près de trois cents mètres

de fer, d'eau et d'acide qu'il fallait mélanger, étaient impo- , santés, l! y eut quelques erreurs dans la manipulation, et le tube principal s'était t trouvé trop petit, il retarda d'abord ('opération, et occasions des pertes de gai; enfin l'imprudette' d'un ouvrier faillit tout compromettre. Dans ïa nuit, un lampion ay/'«t «te place trop près de lun des tonneau* producteurs , le . f - u s'y communiqua et il y rut une explosion terrible : lieureuseineni 1 appareil et le ballon lui-même ne furent pas détruits : un K>umet ferma à temps avait empêché que l'incendie devint généra'!.

Il fallut remettre l'expérience du 38 novembre au lundi 1" décembre. On travailla avec ardeur pendant soixante-dix heures consécutives; enfin le ballon cessa d'être comprimé par son filet ; il se tendit sur tous les points , et le succès de l'expérience ne fut plus douteux.

la journée du i* r décembre 17R3 fut extrêmement balle. Le temps, d'abord couvert de brouillards, s'éclaira complètement ver» midi. Le veut souillait de l'est, mais d'une manière

RÉcfT BES BEtlï PREMIERS VOYAGES AÉSIEKS. Si 1

à peine sensible; le baromètre était à vingt-huit pouce» quatre lignes tin quart, et le thermomètre marquait quatre degré* (Réaumur) au-dessus du terme de la congélation.

Plus de la moitié des habitants de l'aris assistaient à l'expérience. Le chiffre des spectateurs a généralement été Évalué à quatre cent mille. A midi, les corps académiques et les souscripteurs qui avaient payé quatre fouis prirent place dans une enceinte particulière construite pour eux antuur du bassin. Le reste du jardin fut bientôt occupé par les simples soos-

:' cripteurs à 3 francs le billet ; l'assemhlée était aussi brillants que nombreuse. A l'extérieur, on voyait les fenêtres, les bal-

j cons et les combles de tontes les maisons voisines, garnis d* monde; les quais qui font face aux Tuileries des deux côtés de Ja rivière, le l'ont-Royal, la place Louis XV, étaient converti d'une foule immense.

Une garde nombreuse environnait la superbe machine,

Leglolje, déjà prêt à partir, se balançait mollement dan» I- l'air. 11 était de tatfetas dont Los fuseaux étaient alternativement inunes et rouges. Le char placé au-dessous était bleu et or; i! était suspendu par un filet qui embrassait le globe

environ vingt pieds'dit ballon.'

Des pièces d'artillerie étaient en évidence sur la principale H terrasse), et un grand pavillon arboré sur la coupole du pa- - lais des Tuilerios devait servir de signal aux savants chargé» de faire des observations exactes et d'appliquer le calcul à cet le brillante expérience.

Enfin , le bruit du canon qui retentit d'intervalle en intervalle annonce les premières manœuvres ; tout est préparé pour le voyage ; la nacelle est lestée, on la charge îles approvisionnements nécessaires; tout se pèse, tout se calcule.

Do petit ballon en soie, de deux mètres de diamètre, fut lancé pour indiquer la direction du veut; comme il était peint en vert et qu'il réfléchissait les rayons du soleil, onlput le suivre des yeoi pendant plus de dix minutes. Il ressemblait alors à une émeraude. Au moment du départ de ce ballon, Charles s'était approché de M. Montgolfier et l'avait prié de lancer ce précurseur dans les airs, en tranchant le iil qui le

Le canon se fait entendre de nouveau. A plusieurs reprise* «n brûle de fortes amorces de poudre et l'on met en évidence

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