‹ Nouveau manuel complet d'aérostation, ou Guide pour servir à l'histoire et à la pratique des ballonsChapitre 9 sur 77 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

KÉC1T BES DBOX PREMIERS YOTiGES AERIENS.

Ici, nous auront peu a dire; nous voulons seulement rapprocher, et laisser parler pour ainsi dire elles-mêmes, les pièces officielles concernant ce premier et double épisode de la conquête des airs, le voyage aérien de Pilastre de Hosier et du marquis d'Arlandes, au château de la Muette, près Paris, le 21 novembre 178^ ; et celui de Charles et Robert, am Tuileries, le 1" décembre suivant.

La relation du voyage de Pilastre de Rosier et du marquis d'Arlandes est simple, un peo cavalière même. Celle de Charles est pleine de science. 1/expression en est forte, élevée; on suit son auteur dans les airs, on assiste avec lui au grand spectacle dont il a été le témoin. Ce récit du premier voyage aérien, marqué du cachet de la vérité et de l'exactitude , est l'une des plus belles pajjes qui aient été écrites sur ce sujet. Ceux qui ont suivi Charles dans la carrière l'ont eu pour modèle el pour maître; lui, au contraire était le premier qui eût éprouva les sensations qu'il a si bien exprimées, et le premi* il en a rendu compte- Le publiciste Linguet, avant de raconter, dans ses Annales politique* du xviii 0 siècle ( Londres , 1 ; 84 ), l'expérience de Charles et Robert, s'exprime en «s termes:

" S'il existait du premier voyage de Christophe-Colomb Un journal de la main de cet intrépide navigateur, avec quel respect il serait conservé; avec quelle confiance il serait cité; comme on aimerait à le suivre dans le compte ingénu qu'il rendrait de ses pensées, de ses espérances, de ses Craintes, des murmures de ses équipages, de ses tentations pour les calmer, et enfin, sa joie au 11 1 uni cri t qui, dégageant sa parole et justifiant son audace, le déclara le créateur, en quelque sorte, d'un nouveau monde. Tous ces détails nous ont été transmis, mais par des mains en-aubères : quelque intéressants qu'ils soient encore, ou ne peut se dissimuler que cette circonstance leur fait perdre quelque chose de leur prix. »

Mais la navigation aérienne, et Linguet le fait observer, n'aura pas ce désavantage. Le marquis d'Arlandes et Charles ont rendu compte de ces jj ri: riiii'j res et ineffables "émotions d'une première ascension; et la presse nous a conservé el ttansmis ces récits.

4* sscit nu dbds pMk»M totàgw aérien».

inninn dï i'iustre of. Rosier et du MAIQCU b'«périence de la Afuefte a été faite avec cette même

décrite, et qui avait servi a ui essais faits dans le fauboure St.-Àntûine chez M. Réveillon. Le 20 novembre on s'était disposé pour faire l'ascension, mais le vent et la pluie furent tels qu'on jugea ne pouvoir pas se risquer hors du port, ca jour-là , avec le premier navire aérien.

Le lendemain 11 , on s'occupait des préparatifs du. départ, quand de gros nuages blancs parurent flattants par lambeaux dans diverses partiesde l'homon; un l'entassez forts'étaitélevé, mais comme il ne régnait que par intervalles, l'eipérience fut résolue. Malheureusement, on voulut taire une épreuve préparatoire, afin de bien s'assurer de la puissance de la machine , et celte épreuve faillit tout compromettre , le ballon, déjà gonflé était retenu par îles cordes; le vent d'une part, la force d'ascension de l'autre, puis la résistance ries cordes, le tourmentèrent si fuit, qu'il ne tarda pas à se déchirer, eC à s'abattre ensuite sur la terre, où il aurait été infailliblement brûlé si l'on n'était promptement venu à fgn secours. On parvint à le ramener sur l'estrade; en peu de minutes il fut entièrement dégonflé.

C'était là un contre-temps fâcheux-, les aéronautes et MM. de MoiitgolGer ne se décoiir;ii;érriit point, maison put juger en cette circonstance combien est ingrate et cruelle la foule des indifférents. Au moment où le ballon fut ouvert par le vent, plusieurs des spectateurs invités à l'eipérience s'empressèrent de repartir pour Paris, afin d'y annoncer que la machine était détruite.

D'un autre côté, il est juste d'en faire la remarque, tout ce qu'il y avait de distingué par, le rang et par les connaissances dans l'assemblée, prit un vif interet à i-i t accident. On répara les déchirures, et de grand i:s d.uti^ offrirent même de mettre la main à IWte.

Au bout d'une heure tout fut t-a état. La machine, gonflée en huit minutes , offrit le spectacle le pins imposant. Kl le fut lestée avec les appris. isionneiiiiiiits de paille iièVrssairrs pour entretenir le feu pendant la route, et le marquis d'Arlandes d'un coté, Pilastre de ISosier de l'autre, prirent leurs poste» avec un courage et un empressement sans égal [Pl. l,Jiy.

IlÉCIT DBS DÏOX PRIMIEM VOT*CES lÉlURII. $î

Le ballon après avoir quitté la terre et dépassé sans danger les arbres, continua de s'élever d'une manière assez tranquille pour qu'on pût en considérer facilement la marche. Arrivés à «ne certaine hauteur, on vit les voyageurs saluer les spectateurs demeurés silencieux, et qui se sentaient frappés tout à la fois d'admiration , d'intérêt et de crainte.

Bientôt on ne put plus distinguer les hommes , et la machine elle-même ne paraissait que de la grandeur d'un lustre- Elle longea le cours de la Seine jusqu'à la barrière de Passy, puis traversa la rivière et s'engagea su-dessus de Paris, mais à une tell* hauteur, qu'on pat la voir de tous les points à la fois, et dn sein des rues les plus étroites.

Les tours de Noire-Dîme se trouvaient couvertes d'observateurs et de curieux ; ils purent remarquer que la machine passant entre le soleil et le point qui correspondait à l'une de ces tours, y produisit une éclipse d'un nouveau genre.

Le ballon s'élevant ou Rabaissant plus ou moins, en raison de la manœuvre des voyageurs aéri-.'r;.-, passa entre l'Hôtel des Invalides et l'Ecole militaire, et après avoir plané sur la rue du Bac , aux environs Je l'élise des Missions étrangères, elle

■vers le sud et les porta dans la plaine, au delà du mur d'enceinte, entrela barrière d'Enleret la Wrièred'italie. M. H'Atlandes trouvant alors que l'expérience *Wtt complète , et pensant qu'il était inutile d'aller plus loin dans 00 premier essai, cria à son compagnon : Pied ci term! et ayant cessé île faire du feu , la machine s'a bai na et se reposa sur la Butte -aux- Cailles, entre le Moulin des Merveilles et le Moulin vieux. U ballon se déprima pr-sifa entièrement en louchant Ut terre; d'Arlandes sortit tout aussitôt de la gâterie, mais comme Pilastre de Ilosier était à l'avant dn la machine et par conséquent sous le vent , il demeura un moment comme enseveli sous les toiles qui se renversèrent de son côté. Etait-ce là uu sinistre augure? — que I avenir devait sitôt et si cruellement réaliser 1

La machine fut mise eu ordre en moins de dix minutes, chargée sur une voiture et reportée au Fanbourg-Saint-

Antoine.

Pilastre de Hosier, pour être plus à t'nise dans la galerie de l'aérostat, avait peu. tardé, un fgis dans l'air , à se débarrasser

44 RIÎC1T DES DRUX FUMIERS 10TAGEJ ALfuETtS.

d'une partie de ses vêtements. Ils se trouvèrent égarés au milieu de la foute empresse qui surgit de toutes parts au moment de la descente. Cette circonstance l'obligea à se rendre directement chez lui. Le marquis d'Arlaudea revint au château «le la Muette, où déjà des amis l'avaient précédé. On était rassuré, par les courriers expédiés de toutes parts, sur son Sompte et sur celui de son intrépide compagnon ; mais ce fut avec une profonde émotion, des pleurs, de la joie, que l'illustre assemblée revit l'homme qui venait de séjouruer le premier dans le vague de l'air , et J'y franchir par uu moyen merveilleux un espace considérable.

On personnage, plus illustre cent Ibis que la foule de princes et de seigneurs alors rassemblée à la Muette, Benjamin Francklin , qui s'occupait alors en France des intérêts de sa République, était présent. Il semblait que cet homme vénérable fut député par le nouveau monde , pour assister à la frise de possession de l'air. Consulté plus tard sur l'utilité dont pouvaient être les machines aérostatiques, l'autenr de (a Science du bonhomme Richard, dont on ne saurait certes suspecter la sagesse, répondit avec raison : c'ssr l'enfant qui

TIENT DE ,\ AlTElli.

RELATION DU MARQUIS d'A»LAKOES.

• Nous sommes partis à une heure cinquante-quatre minutes. La situation de la machine était telle, que M. Pilastre de Rosier était à l'ouest et moi à l'est. L'air de vent était à peu près nord-ouest. La machine, dit le public, s'est élevée avec majesté; mais il me semble que peu de personnes se sont aperçues qu'au moment où elle a dépassé les charmilles, elle a fait un demi-tour sur elle-même. Par ce changement, M. Pilastre s'est trouvé en avant de notre direction, et moi, par conséquent, en arrière. Je crois qu'il est à remarquer que, de ce moment, jusqu'à celui où nous sommes arrivés, uous avons conservé 1a même position par rapport à la ligue que uous avons parcourue.

■ J'étais surpris du silence et du peu de mouvement que noire départ avait occasionés sur les spectateurs; je crus qu'étonnés, et peut-être effrayés de ce nouveau spectacle, ils

je m'aperçus alors d'un grand mouvement dans la jardin

de la Mutile. 11 n'a, semble que tous Je* spectateurs qui étaient

xéciT du divx pnsMinis voTinEi abribus. 45 <paM dans cette enceinte, se réunissaient en une seule masse, et que, par un mouvement involoutaire , elle se portait, pour nous suivre, vers le mur, qu elle semLlait regarder comme le seul obstacle qui nous séparait.

- C'est dans ce moment que M. Pilastre me dit : V oui ne faites rien, et nous ne montons guère. Pardon, lui répondis- je Je mis une botte de paille, je remuai un peu le feu,

et je me retournai bien vite; mais je rje pus retrouver la Muette. Etonné, je jetai un regard sur le cours de la rivière , je l.i ssiii de l'uni ; enfin j'.i perçois le cou Huent du I Oise. \ 01U donc Confions ; et nommant les autres principaux coudes de la rivière par le nom des lieux le* plus voisins, je dis : Poissy, Saint-Germain, Suint-Denis, Sèvres, donc je suis encore à Passy, ou a Chaillot.

» En effet, je regardai par l'intérieur de la macliine.et j'aperças sous moi la Visitation de Chaillot. M. Pilastre me dit dans ce moment : Voilà Ut rivière, et nous baissons, Mb Lien, mon cher ami, du Jeu! et nous travaillâmes. Mais.au lieu de traverser la rivière, comme semblait l'indiquer notre direction, qui nons portait sur les invalides, nous longeâmes l'Ile des Cygnes, rentrâmes sur le principal lit de la rivière, et nous la remontâmes jusqu'au-dessus de la barrière de la Conférence. Je dis à mon brave compagnon : Voilà une rivièrt qui est bien difficile à traverser. —Je le crois bien, me répoudit-il , vous ne faites rien. — C'est que je ne suis pas si fort que vous, et que nous sommes bien. Je remuai le réchaud , je saisis avec une foorehe ma botte de paille, qui sans doute trop serrée prenait difficilement. Je la levai, et la secouai au milieu de la flamme. L'instant d'après, je me sentis comme soulevé par-dessous les aisselles, et je dis à mon cher compagnon : Pour cette fois, nous montons. — Oui, nous montons", me répondit-il, sorti de l'intérieur, sans doute pour faire quelques observations.

. Dans cet instant j'entendis , vers le haut de la machine, un bruit qui me fit craindre qu'elle n'eût crevé : je regardai, et je ne vis rien. Comme j'avais les yeux fixés au haut de la machine, j'éprouvai une secousse, et c'était alors la seule que j'eusse ressentie. La direction du mouvement était du haut eu bas; je dis alors : — Que faites-vous? Est-ce nue vous danseï? — Je ne bouye pas. — Tant mieux, dis-je ; c'est enfin un nouveau couranf qui, j'espère, nous sortira de la rivière. En effet, je me tourne pour voir OÙ non» étions, et je me trouvai entre

46 llicir DU DEUX PRBHIERS VOYAGES ABRI IMS.

{ Ecole militaire et tes Invalides, que Dons avions déjà dépassés d'environ quatre cents toises. M. Pilastre me dit en même temps ; Nous sommes en plaine. — Oui, lui dis-je, noua cheminons. — Travaillons, me dit-il, travaillons.

y J'entendis uu nouveau bruit dans la machine , que je crus produit par la rupture d'une corde. Ce nouvel avertissement me fit examiner avec attention l' intérieur de notre habitation. Je vis cjue la partie qui était tournée vers le sud , était remplie de trous ronds , dont plusieurs étaient considérables. Je dis alors : U faut descendre. — Pourquoi? — Jfegardec, dis-je. En même temps je pris mon éponge; j'éteignis aisément le peu de feu qui minait quelques-uns des troua rjue je pus atteindre! mais m'étant aperçu qu'eu appuyant, pour essayer si le bas de la toile tenait bien au cercle qui l'entourait, elle s'en détachait très-facilement, je répétai a mon compagnon : Il faut descendre. Il refiarda sous lui, et me dit ;

— Nous sommet sur Paris. — !f importe, lui dis-je. Mais, voyant : n'y a-t-il aucun danger pour vous; éles-uous bien tenu?

— Oui.

- J'examinai de mon coté , et j'apercns qu'il n'y aTait rien à craindre. Je fis plus ; je frappai Je mou éponge les cordes principales qui étaient à ma portée. Toutes résistèrent; il n'y eut que deux ficelles qui partirent. Je dis alors : Nous pouvons traverser Paris.

• Pendant cette opération, nous noos étions sensiblement approchés des toits ; nous faisons du feu, et nous nous relevons avec la plus grande facilité. Je regarde sous moi, et je découvre parfaitement les Missions étrangères. Il me semblait que nous nous dirigions vers les tours de .Saint-Su/pice, que je pouvais apercevoir par l'étendue du diamètre de notre ouverture. En nous relevant, un courant d'air nous fit quitter cette direction , pour nous porter vers le sud. Je vis sur ma gauche une espèce de bois, que je crus élre le Luxembourg ; nous traversons le boulevard, et je m'écrie pour le coup, pied

• Nous cessons le feu; l'intrépide Pilastre, qui ne perd point la tétc, et qui était en avant de notre direction, jugeant que nous donnions dans les moulins qui sont entre le petit Gentilly et le boulevard, m'avertit. Je jette une botte de paille, en la secouant pour l'enflammer plus vivement; nous nous relevous, et uu nouveau courant nous porte un peu Sur la

fjauche.,Le brave tle Rosier me <?ie encore; Gare les moulins!.

r.f'ciï DM MM PRIMIMS V0T10IS A^Rintl. 4;

mais mon coup-d'œi! fixé par le diamètre de l'ouvertnre, me faisant juger plus sûrement de noire direction, je vis que nous ne pouvions pas les rencontrer, et je lui dis , Arrivons, L'instant d'après je n'aperçus que je passais sur l'eau. Je crus que c'était encore la rivière ; mais arrivé à terre, j'ai reconnu que c clan l'étang qui fait aller les machines de la maoutaclore do toile* peintes de MM. Bremer et compagnie,

• Sous nous sommes poses sur la Ruiir-<iux~t'ailles , mire le moulin del MtrveUleiel le Mnuloi-f ieur, environ a cfnqnaote toises de l'an et l'autre. Au n, orne ni uii nous éiiont près du terre, je oie soulevai sur la galerie en y i . ...t les deux

l'aider à" se" débarrasser de l'amas 'de* toile' \ui Te" couvrait ; mais avant d'avoir tourne la machine , je l'aperçus sortant de dessous en chemise, attendu qu'avant de destendre il avait quitté sa redingote, et l'avait mise dans son panier.

■ Nous étions seuls, et pas assez forts pour renverser la galerie, et retirer la paille qui était enflammée. Il s'agissait d'empêcher qu'elle ne mit le feu à la machine. Nous crûmes alors que le seul moyen d'éviter cet inconvénient était de déchirer la toile. M. Pilastre prit un côté, moi l'autre, et en tirant violemment nous découvrîmes le foyer, lia moment qu'il fut délivré de la toile qui empêchait la communication de l'air, la paille s'enflamma avec force. En secouant un des paniers, nous jetons le feu sur celui qni avait transporté mon compagnon ; la paille qui y restait prend feu ; le peuple accourt, se saisit de la redingotte de M. Pilastre, et se la partage. La garde survient; avec son aide , en dii minutes notre machine fut en sûreté , et une heure après elle élait chez H. Keveillon, ou M. Montgolfier l'avait fait construire.

■ La première personne de marque que j'aie vue à notre arrivée, est M. le comte de Laval ; bientôt après, les courriers de M. le duc et de madame la duchesse de Polignac vinrent pour s'informer de nos nouvelles.

• Je souffrais de voir M. de Rosier en chemise ; et craignant que sa santé n'en fut altérée, car nous nous étions Irèséehauftés en pliant la machine, j'exigeai de lui qu'il se retirât dans la première maison; le sergent de garde l'y eti

48 RÉCIT DES BMS PREMIER* VOTACES AÉRUMï,

corta pour lui donner la facilité de percer la foule. H rencontra sur son chemin monseigneur le duc de Chartres, qui

eu l'honneur de causer avec lui un moment avant noire départ; enfin il nous arriva des voitures ; il se faisait tard ; M. Pilastre n'ayant qu'une mauvaise redingolte qu'on lui avait prêtée, ne voulut point venir à la Muette. Je partit seul , quoiqu'avec le plus grand regret de quitter mon brave compagnon. •

Voici le procès-verbal officiel de cette expérience, dressé " u de la Muette, au moment du retour de M. le mat-

» Aujourd'hui ai novembre 1783.au château de la Muette, on a procédé à une expérience de la machine aérostatique de M- de Montgottter.

■ Le ciel étant couvert de nuages dans plusieurs parties, clair dans d'autres, le vent nord-ouest.

> A midi huit minutes, on a tire une boite qui a servi de signal pour annoncer qu'on commençait à remplir la machine. En huit minutes, malgré le vent , elle n été développée dan* tous les points et prête à partir, M. le marquis d'Arlaudes et M. Pilastre de Rosier étant dans la galerie.

■ La première intention était de faire enlever la machine et de la retenir avec des cordes, pour la mettre à l'épreuve, étudier les poids exacts qu'elle pouvait porter, et voir si tout était convenablement disposé pour l'expérience importante

.. Mjis la Machine poussée par le vent, loin de s'élever verticalement , s'est dirigée sur une des allées du jardin, et le» Cordes qui la retenaient , agissant avec trop de force, eut occ.isioué plusieurs déchirures, dont une de plus de six piâdf d« longueur. La machine, ramenée sur l'estrade , a été réjaiie en . moins de Ueux heures.

• Ayaot été rempliede nouveau, elle est partie à uni Lettre cinquante-quatre minutes, portant Isa mêmes personnes; on l'a vu s'élever de la manière la jjus Majestueuse ; et lo.q utile a été parvenue à environ deux cents soixante-dix pied* de hauteur, les intrépides voyageurs, baissant leurs chapeaux, ont salué les spectateurs. Ou n'a pu s'empêcher d'éprouvée ■lors un sentiment mélo de crainte et d'admiration.

■ Bientôt les navigateurs airiens oui été perdus de vue; mais

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