‹ Nouveau manuel complet d'aérostation, ou Guide pour servir à l'histoire et à la pratique des ballonsChapitre 12 sur 77 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

HAPPOBT FAIT A l'ACADÉMIR nES ScllNCES DE PARIS, SUR. U MiCniME A É ftOSTATI QUE QB UM. MoNIGOLPlEE. — I783.

M d'Ormesson , contrôleur- général , frappé de l'expérience faite à Annonay par MM. de MontgolSer, le 5 juin dernier, en présence de MM. des états particuliers du Vivarais , ena envoyé le procès-verbal a l'Académie. Dans cette expérience, on vit no» sans un graud étunnemeut , un globe creux , de trente^inq pieds de diamètre, bit en toile et enpapier.et pesant 45o livres, parcourir en l'air plus de iîOO toises ea

s'élevant à une hauteur considérable.

Par la lettre qui accompli"-'' 11 ce procès -verbal, M. lecon-

trWwr-Bénéral demandait à i'A'Mdémie sou jngemenl :sur cette

expérience et sur l'espèce de machine qui avait servi a la faire.

1^1 compagnie, pour remplir sexués, uomma MM. Tillet,

A t'ifliofois du «ciine» ni »*»«. 03

Brisjon', Cadet, Lavoisier, Bossut , de Condorcet , Desmareit

ex^rîence^'flTeette mLhiue. 11 était nécessaire, dans une matière aussi nouvelle, que les commissaires fussent éclairés par des expériences qui se fissent sous leurs yeux ; il fut décidé en conséquence que M. de Montgolfier le jeune (qui était arrivé à Paris) ferait eiéculer une machine aérostatique aui frais de l'Académie (i). pour pouvoir non-seulement" répéter l'expérience d'Aimouay, mais encore en faire plusieurs autres. Nous allons reudre compte à la compagnie de ces expériences, ainsi que de la nouvelle machine construire par M. de Montgolfier, et du mémoire qu'il a iu à cette occasion, depuis la rentrée de la Saint-Martin.

Mais comme l'objet dont nons allons entretenir l'Académie, est des plus importants, nous espérons qu'elle voudra bien nous accorder une attention particulière, pour mieui juger de ce que nous allons lui exposer.

Afin de procéder avec plus d'ordre dans ce rapport, non» le partagerons en plusieurs articles : dans le premier, nous dirons un mot de ce que l'on a tenté , ou plutôt proposé dans ce genre, avant l'es péri ence d'Annonay ; nous exposerons ensuite les idées et les tentatives qui ont mené successivement MM. de Montgolfier à la découverte de leur machine aérostatique; nous parlerons après, des expériences que nous avons vues, du moyen qu'ils emploient pour remplir, ou plutôt pour enlever cette machine, et da la cause qui la soutient en l'air; nons passerons ensuite an moyen dont on a fait usage, à la place de celui dont ils se servent pour remplir des globes et des ballons : enfin , nous traiterons, mais tort en abrégé, des différents usages auxquels on peut employer la machine aérostatique.

Le vol îles oiseaux est si étonnant, et la faculté de s'élever et de planer dans les airs, a quelque chose de si admirable et de si propre à élever l'âme, qu'il paraît que de tous les temps les hommes s'en sont occupés. De là, toutes les fables de l'antiquité sur ce sujet ; de là , les efforts qu'ont faits dans différents temps ceux qui se sont cru assez de génie pour parvenir à inventer l'art de voler. 11 serait aussi inutile que dé-

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placé de mppW*M ici ce que les anciens nous en ont dit; ainsi , passant à des teints miuu> t- !<.!;: tu 1 ; , nisij Bous contenterons de dire qu'où regarde en généra) llo);er llacoti , ce génie si fort au-uessus de sou siècle, comme le premier <juï. ait parlé d'une machine pour voler ; c'est dans sou traité de mirabili pntestatc Artti et Satura, etc. Selon ce qu'il nous en dit dans cet ouvrage, cette machine portait un sièje, dans lequel mi homme étant placé, il pouvait, par son action, se donner on mouvement progressif, et voler connue un oiseau. Jioger Bacon n'explique pas comment elle se soutenait dans l'air, ou si cet effet résultait de l'action de l'homme; il assure néanmoins qu'une machine de ce genre avait été faite et essayée avec succès par une antre personne. Cependant , il y a. lout à croire qu'elle n'eiista jamais que dans son imagination, et qu'elle n'eut pas plus de réalité que cette fameuse tète d'aînin qu'on lui a attribuée, et qui répondait, dit-on, aux. questions qu'on lut faisait.

Le P. Laua , longtemps après, ou vers la fin du siècle der- Bier, imagina une machine qui devait aussi se soutenir dans l'air; mais il va plus loin que liacou , car il en indique le moyen. La machine consistait en quatre globes de cuivre, vides d'eir, qoi devaieDt, par l'excès de légèreté résultant <Ie leur capacité , être en état de la faire flotter au milieu de ce Huide; elle était à voiles et à rames. On voit par là qu'il avait sagement pensé à diviser en deux parties l'action employée pour aller dans l'air : l'une, au moyen de laquelle on devait s'y soutenir, l'autre par laquelle on devait s'y mouvoir. Mais plusieurs savants, et entre autres Hooke et Horelli critiquèrent fortement, et avec raison, le moyen Cju'il proposait, insistant l'un et l'autre sur l 'impossibilité de faire des glo- Ites d'une capacité aussi considérable que celle qu'il leur donnait, sans que ces globes ne crevassent par la pression del'atmosphèfe.

En 1755 , ou près d'un siècle après, oa imprima à Avignon un livre intitulé : ['Art de naviguer dans Ut airs, amusement physique et géométrique, etc. L'auteur de cet ouvrage, le P. Gallieu parait avoirltien senti en quoi consistait priucipale-

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ment le moyen de surmonter la difficulté d'élever des corpi ereur dans l'air. H remarque judicieusement que ce n'est qu'en augmentant considérablement la capacité de ces corps, qu'on pourra parvenir a les faire flotter dans ce fluide, en le» remplissant d'un air beaucoup plus rare : ses paroles méritent d'être rapportées.

» Plus ce vaisseau (car ici il est question d'une vaste machine aérienne), plus ce vaisseau, dit-il, sera grand, plus la pesanteur en sera absolument plus grande; mais aussi elle en sera moindre, relativement à son énorme volume, comme peuvent le comprendre ceux qui ont quelque <rii\i.<i<r tir <;roinririe, etc. « Il en vient après aux dimensions qu'il veut qu'on donne à ce vaisseau, et elles sont véritablement immenses ; car il veut qu'il soit plus long et plus large que la ville d'Avignon , et qu'il soit haut comme une montagne considérable; il suppose ensuite qu'on le remplisse, en s' élevant assez haut pour cela, d'un air moitié plus léger que celui dans lequel on se propos» de le faire flotter.

Mais nous croyons en avoir dit assez, sans nous étendra davantage, pour faire voir que, comme le titre Je son ouvrage l'annonce, le P. Gallien ne s'est pas occupé sérieusement de cet objet; car il serait difficile de le croire , aux dimensions impraticables, pour ne rien dire de plus, qu'il

des boules de savon, et s'amuser à voir comment elles s'élèvent; mais qu'on n'a pas employé cet ail li d'autres usages de ce genre; au moins tout ce qu'on a dit à. ce sujet semble laisser tant d'incertitudes , que nous n' ivons nu en conclura rien d'assez positif pour nous engager à le ri l l'état de nos connaissances sur t

Tel était l'état de nos connaissances sur cet objet, lorsqi MM. de Montgolfier commencèrent à s'en occuper. Il para) que le point de vue sous lequel ils envisagèrent ce grand problème, d'élever des corps dans l'air, fut celui des nuages, de ces grandes masses d'eau qui, par des causes que nous n'avons pas encore pu déméltr , parviennent à «'élever et à

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flotter dans les airs, à des hauteurs considérables. Occupes de celte idée, ils pensèrent au* moyens d'imiter la nature, en donnant des enveloppes très-légères à des nuages factice», et en contre- balançant la pression d'un air lourd par la réaction ou r élasticité d'un air plus léger. S'étant assurés par une expérience très-simple, qu'une chaleur de 70 degrés du thermomètre suffisait, selon ce qu'ils rapportent, pour raréfier l'air de la moitié, dans un vaisseau fermé, ils en coururent hieiit.it l'espérance de parvenir, parce moyen, à remplir leurs vues. Or, tout annonce que leurs méditations sur ce sujet remontent au-delà du mois d'août de l'année dernière 178a; mais l'expérience intéressante qu'elles leur avaient suggérée, ne fut tentée que vers le milieu de notentbrade cette même année. Ce fut à Avignon que M. de Montgolfier l'aîné la fit pour la première fois; là, il ua vit pat tans une vive joie, ce que l'on concevra sans peine, qu'ira petit parallélipipède creux, de taffetas, qui contenait quarante pieds eu he s ou à-peu-près, ayant été échauffé intérieurement avec du papier, monta rapidement au plafond. Ketourné 4 Annonay peu de temps après, il n'eut rien de plus pressé que de répéter, avec M. son frère, cette ejpérience en plein air, et ils virent avec la même satisfaction ce parallélipipède s'élever, et monter à une hauteur de soixante-dix pieds.

Animés par des essais si heureux, ils firent faire une machine plus considérable, et qui contenait aux environs de six cent cinquante pieds cubes ; cette machine réussit également Lien ; car, par son excès tie légèreté, elle s'éleva avec tant de force, qu'elle rompit les corde* qui la retenaient, et alla tomber sur des coteaux voisins, après être montée à une hauteur de cent* cent cinquante toises.

Pleinement convaincus par ces différentes expériences, de la jnslessi; des conjectures qui les avaient guidés, MM. de Montboîtier résolurent de tenter les effets de cette machine en grand. Ils en firent faire une en conséquence, de trente-cinq pieds de diamètre ; elle pesait quatre cent cinquante livres et en soulevait plus de quatre cents ; c'était précisément celle dont il a été question au commencement de ce rapport, et qui servit après à l'expérience du 5 juin dernier. Ils tentèrent

'-nlever le 3 d'avril ; mais un vent impétueux les en em- ■-uinoins, à l'effort qu'elle fit pour monter, ils reconnn'elU remplirait complètement leur attente, ■it plus favorable, ils essayèrent de

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