A L'ACADÉMIE DES SCIENCES DB FARM
nouveau de la faire partir ; cependant les gens qui les aidaient, étonnés de la force avec laquelle elle (irait les cordes, les ayant lâchées brusquement, elfe monta si rapidement eu l'air, qu'elle leur échappa, et alla tomber a un quart de lieue de là,
r plus de A'w minutes. Enfin, le S juin, ils tirent cette expérience, comme nous l'avons dit, en présence de MM. les étala particuliers du Vivarais et de toute la ville d'Annonay , et avec le succès dont l'Académie a été informée par le procès-verl>al dont nous avons parlé.
îs d'exposer en détail les idées de MM. de Mont-
golfier, et la suite de léurs différents essais : nous nous y tommes crus obligés, 1° pour faire voire la manière dont ifs s conduits i leur découverte, et qu'elle n'est point un
effet du hasard ; z° pour montrer que lorsque la r est venue ici, cette découverte était complète, quant à l'effet en général ; 3* enfin, que ce n'était pas, comme quelques gens peu instruits l'ont dit, de ces idées qui ont besoin d'être réalisées par l'expérience ; mais que l'aérostat était véritablement inventé, et que toute une ville avait été témoin de ses effets.
Au reste, les preuves de tout ce que nous venons de rapporter, résultent des lettres que M. de Monlgolfier le jeune a écrites à l'un de nous, M. Desmarets, et dont plusieurs sont meule de l'année dernière 1 jdi ; nous les mettons sous les yeui de l'Académie.
es
présents à ces expériences, et auxquels nous nous reprocherions Je ne pis rendre ce lèinui.;iui|;e devant l'Académie. La machine faite, on se prépara à l'enlever; mais cette opéra tiort demandant quelques préliminaires et des préparatifs, il est nécessaire d'en donner une idée.
Cette machine ne se développe et ne s'élève qu'au moyen des substances qu'on brûle au-dessous, ou dans son intérieur; il faut, en conséquence, qu'elle soit établie sur une espèce d'estrade , élevée de plusieurs pieds au-dessus du terrain, et qui ait au milieu une grande ouverture. Au centre de cette ouverture et en bas, est placé un grand réchaud de fer, à claire-voie, dont on verra l'usage dans un moment. Pour faciliter le développement de la macbine, elle est soutenue par son milieu ou par son icmmet, au moyen d'une corde qui va passer sur les poulies de deux grands mâts, qui sont placé* de» deux côtés de l'estrade, et à l'opposite l'un de l'autre. Par là, en tirant cette corde, on soulève toute la macliine; et
liustibles dans le rt'<;li:inJ dont nous venons de parler, elle se développe, se yonlle, et enfin s'enlève et part, comme nous le dirons dans la suite.
La macbine et tout cet appareil étant prêts, le vendredi 1*
de l'humidité sur lé papier et sur la toile dont elle était formée, il fallut en refaire une autre. Ce contre-temps était d'autant plus f.icbeux, que le roi, qui avait ordonné que l'expérience «'en fit devant lui à Versailles, en avait fixé le jour au vendredi suivant, ir) du mt-nie rouis.
Cependant M. fie Monl;;"lfiiT ne l'ut point décou ragé par cet accident; animé [('un nouveau î.éle, il tit eséouter eu quatre jours un sphéroïde eu toi!e de fil et coton, peinte en détrempa sur les deux côtes ; ce sphéruMe avait quarante-un pieds da diamè'.re, sur rimpiantes'pf i!e bailleur, et contenait trentesept mille uinq cents pieds cubes, ou à peu prés; il pesait aux «nvirons de finit cent! livres.
On en fit l'essai le jeudi r8; mais au moment où il était soutenu par son point le plus élevé, et qu'on ne fallait que
A l'académie des sciences de paris. 6g de le gonfler, il survint un coup de vent qui le déchira ptèa de cet endroit. Pressé par le temps, on ne fit que nouer fortement avec une corde la partie déchirée; et profitant d'un moment de calme, on enleva de nouveau la machine, en brûlant cinquante livres de paille uniquement : nous la vîmes alurs se soutenir en l'air fort majestueusement pendant cinq ou six minutes. Assurés de son effet par cette simple expérience^ nous n'eûmes pas le moindre doute sur son succès le lendemain à Versailles.
Un appareil semblable à celui dont nous avons donné une idée, était établi au milieu de la grande cour du château, ou de la cour des ministres, avec la machine aérostatique étendue sur l'estrade. Tout étant préparé et disposé convenablement, ou en fit l'expérience, à un signal donné en présence du roi, de b reine et de toute la cour, et avec tout le succès que nous avions prévu la veille. LJ, on vit en moins de dix minutes, et en brûlant seulement quatre-vingts livres de paille et sept on huit livres de lainage, la machine se soulever, se développer d'une manière qui frappa d'étonnement tousles spectateurs, et partir, et monter ensuite à une hauteur de plus de deux cent quarante toises, quoique chargée de deux centslivres de poids étrangers. Après avoir parcouru un espace considérable, elt* alla tomber à nne dinance de dit -sep! cents toises, ou à peu près, du point d'où elle était partie, étant restée en l'air environ dix minutes. Il est nécessaire d'observer que cette machine descendit si doucement, qu'elle ne fit que ployer des branches d'arbres , sur lesquelles elle tomba, et que des animaux qu'on y avait suspendus, n'eurent pas le moindre mat.
La hauteur où nous avons dit qu'elle s'était élevée, a été déterminée uniquement par estime. MM. le Gentil et Jeaurat,
ri l'ont observée séparément, ont fixé depuis ta. hauteur, l'on deux cent quatre-vingts loises au-dessus du second étage 4e l'Observatoire, l'antre à deux cent quatre-vingt-ireiie au-dessus du rez-de-chaussée -, mais il est certain qu'elle serait restée plus longtemps eu l'air, et aurait été beaucoup plus loin, sails la déchirure de la veille, qui était frès -considérable. En effet, cette déchirure s'élant rouverte, laissa sortir une partie des vapeurs échauffées de l'intérieur de la machine; et ces vapeurs, jointes à celtes qui s'échappèrent dans deux ou trois balancements qu'elle essuya, diminuèrent beaucoup de la force qu'elle avait pour se soutenir.
Nous devons ajouter, pour l'honneur des sciences, que j«-