‹ Nouveau manuel complet d'aérostation, ou Guide pour servir à l'histoire et à la pratique des ballonsChapitre 19 sur 77 · EMPLOI DIS MACHINES AÉROSTAT IQUÉ · texte numérisé non relu

EMPLOI DIS MACHINES AÉROSTAT IQUÉ

coudes de la rivière jusqu'à Menlan. Bappelé à terre , je reçus des compliments des membres de la commission, auxquels je oe dissimulai pas l'impression que pouvait éprouver celui qui, pour la première Fois, se trouverait ainsi isole* à une plus ou moins grande distance de la terre , et je leur fis sentir la nécessité d'être toujours deul, c'est-à-dire , on* personne avec celle qui est à la tête de toutes les opérations.

• C'est à tort qu'ort a indiqué, dans plusieurs gravures, plus de deux cordes pour retenir le ballon : continuellement balancé, une troisième corde eût été tantôt trop longue . tantôt trop courte, suivant le mouvement imprimé an ballon, par conséquent inutile. Une corde pour faire passer des avis n'eût été qu'embarrassante. J'avais dans ma nacelle de petits sacs remplis de sable et portant une flamme : j'y plaçait la note ou lettre que je voulais faire passer, el je jetais le sao (fiq. 15 B, Pi. 6), après avoir averti par un signe convenu, li tombait au-dessous de la nacelle. <■■■■' m*--

» Peu de jours après, le comité du gouvernement m'adressa le brevet de capitaine commandant les aérostlers dans l'arme de l'artillerie, attaché à letat-major général; s i.r>>

■ Je reçus en même temps l'ordre d'organiser une compagnie de trente hommes, y compris le capitaine , un lieutenant* un sous-lieutenant, un sergent-major Faisant fonctions d'officier payeur, des sous-officiers, et de me rendre à Maubeuga dans le plus bref délai.

■ Le huitième jour, je partis avec ntl officier, après avoir dirigé sur Maubeuge le petit nombre de soldats que j'avais pu réunir. ,; M'WMt

■ Arrivé à Maubeuge, mon premier soin fut de cherchée un emplacement, de construire mou fourneau, défaire les provisions de combustible, et de tout disposer en attendant l'arrivée de l'arëostat et des appareils qui avaient servi à ma première expérience de Meudon. ....j-.i.rf*'

»' Les différents corps de l'armée Me savaient de quel œil regarder des soldats qui n'étaient pas encore sur l'état militaire , et dont le service ne leur était pas connu. Le général qui commandait à Maubeuge ordonna une sortie contre les Autrichiens, retranchas à une portée de canon de la place. Je lui demandai à être employé avec ma petite troupe dans celte attaque. Deux des miens forent grièvement blessés ; la sou s- lieu tenant recul une balle morte dans la poitrine. Nous rentrâmes dans la place au rang des sdldals de l'arme*.

4TTX RECONNAISSANCES MILITAIRE 3;

'» Peu de jours après , mes équipages étant arrivés, je pus mettre le feu à mon fourneau , et l'aérostat fut rempli dans moins de cinquante heures , alors, deux et souvent trois fois par jour, je m'Élevais, par ordre du général commandant, avec un officier de l'état-major, pour examiner les travaux do l'ennemi, ses positions et ses forces.

■ Chaque jour nous trouvions des différences sensibles, soit dans les travanx que l'ennemi avait faits pendant la nuit, soit dans ses forces apparentes. Le cinquième jour, une pièce de dis -sept, embusquée dans un ravin à demi-portée do canon, tira sur le ballon aussitôt qu'il fut aperçu au-dessus des remparts : le boulet passa par dessus ; un second coup fut bientôt préparé; je voyais charger et mettre le feu à la pièce, leboulet cette fois passa si près, que je crus l'aérostat percé. Au troisième coup, le boulet passa dessous. Tous traversaient la ville et allaient tomber an milieu du camp retranché. (J'avais avec moi unaérostier qui avait longtemps servi d'observateur à la tour, et que j'avais enrôlé dans ma compagnie.) Lorsque j'eus donné la signal de nous ramener à terre, ma troupe mit une telle activité pour m'y faire arriver, que la pièce ne

plus en position.

.. Occupé pendant vingt jours à des travaux continuels , do jour et de nuit, ainsi qu'à des observations, rien n'était disposé pour entrer en campagne, pour conduire une voile tendue da vingt-sept pieds et un globe aussi fragile , pour sortir d'une place forte, traverser les fossés , passer par dessus les remparts et les portes , lorsque je reçus à midi l'ordre de me porter le lendemain sur tharleroi, éloigné de douze lieues, par les détours que je serais obligé de faire pour éviter les villages, dont les rues étaient trop étroites.

» L'expérience m'avait appris ce qu'il me fallait de force et d'adresse pour résister au vent ou pour se mettre en garde contre ses atteintes imprévues : j'employai la nuit à disposer vingt cordes autour de l'équateur du filet, que je rendis solides par des attaches très- rapprochées {Jig, Irj), et des coulants; chaque aéroslier devait porter sa corde, la fixer et la détacher au premier signal; la nacelle se suspendait et se détachait de la même manière : nous pûmes sortir de la place et passer assez près des vedettes ennemies à la pointe du

' « Je voyageais avec lé ballon à une élévation tell*, que la

pnt tirer que deux coups. Le li

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cavalerie et les équipages militaire» pouvaient passer Mtts la nacelle ; les aérostiers qui tenaient les corde» marchai eût sur les deux bords de 11 roule.

• La nacelle portait les deux cordes d'ascension. Une grand» toile qui servait aussi a contenir !e ballon sur terre pendant la nuit {fig. 11), poar abattre le ballon lorsque le vent était trop fort; des piquets, des musses et des pioches avec les sacs et lés signaux. Le ballon pouvait enlever cinq cents livres; mais le plus faible excès de légèreté suffisait pour s'élever dans le calme : alors je partais dans ma nacelle des saca de sable de dix et vingt livrel, dont je diminuais le nombre) suivant la force du vent, ou queja vidais si des coups da vent ne surprenaient. A Maubeuge, un coup de vent imprévu met portait sur la pointe d'un clocher ; un sac de vingt livres qu« je jetai brusquement me fit relever.

. Après avoir fait une reconnaissance en route, nous arrivâmes devant Charleroi au soleil couchant. J'eus le temps, avant la fin du jour, de reconnaître la place avec nu officier général. Le lendemain je lis une seconde reconnaisauce dans la plaine de Jnmet ; et le jour suivant l'aérostat fut en observation avec un officier général et moi, pendant sept à huit

■ A trois heures de l'après-midi ( l'attaque avait commencé à trois heures et demie du matin), le général Jourdan me donna l'ordre de m'elever et d'observer un point sur lequel il me fit donner une note, l'embui ijue j'nlm-i iais, avec un officier de ma couipii;;m<; (If jii'iicrjl n'avait point d'ofScler d'elal-nijjur dis[!imiMfl), un lul:iillon, qu'on faisait porter sur un autre point par le chemin le plus court, passa sous mes cordes : j'entendis plusieurs voii qui répétaient avec humeur qn'ou les faisait battre en retraite; je distinguai parfaitement la voix île l'un d'eux , qui leur dit : « si nous battions en retraite, le ballon ne serait pas là. •

• Plusieurs officier* autrichiens qui étaient à la bataille d« Fleurus m'ont assuré , lorsqu'ils étaient eu France, qu'il a été

nous suivîmes 1

ions près des hauteurs de Naraur, lorsqu'un coup ! nous n'avions pu prévoir, porta le ballon sur un fendit dans sa partie supérieure; dans un '

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■ Je ne balançai pas pour retourner à Maubenge , dont nous étions éloignas Je douze lieues ; nous y arrivâmes le lendemain matin. Un nouveau ballon , que j'avais demandé, n'était pas arrivé ; je crus devoir [prendre la poste pour en hâter l'expédition : aussitôt que je l'eus reçu , je fis toutes les dispositions pour le remplir.

• Après plusieurs reconnaissances auprÈs des officier* généraux qui commandaient différents corps d'armée, nous passâmes la Meuseen bateau, pour nous diriger sur Bruxelles. Cm nouvel incident nous attendait à la porle de cette grande

,nu.

■ Un coup de vent porta le ballon sur un éclat de bois qui le coupa dans sa partie inférieure; il se perdit une petite quantité de gai. J'entrai dans le parc, où je formai, avec une simple ficéllé, une grande enceinte qui fut respectée par la multitude de curieui de toutes les classes. Bientôt l'accident fut réparé, et je rejoignis l'armée le quatrième jour.

- Arrivé àUorcetle, près d'Aix-la-Chapelle , un séjour de quelques moisme permit d'y faire un nouvel établissement. Je l'avais à peine terminé, que je reçus l'ordre de me rendre ■ l'aris pour y former une seciinJe compagnie : je fus chargé de la conduire a l'armée du Rhin, où les reconnaissancs eurent le même succès.

" Les généranr autrichiens et les officiers de leur armée ne cessaient pas d'admirer cette manière de les observer, qu'ils appelaient aussi savante que hardie. J'en ai reçu les témoignages les plus honorables toutes les fois que je tne suis trouvé avec eux : - Il n'y a que les Français capables d'imaginer et d'exécuter une pareille entreprise - , m'ont-ils répété, lorsque je leur ai dil qu'ils pouvaient en taire autant.

■ Jerecus l'ordrede faire une reconnaissance sur Mayeuce; je me postai entre nos lignes et la place, à une demi-portée de canon : le vent était fort ; et pour lui opposer plus de résistance , je montai seul avec plus de deux cents livres d'excès de légèreté. J'étais à plus de cent cinquante toises d'élévation , lorsque trois bourrasques successives me rabattirent à terre, avec une si grande furce, que plusieurs des barreaux qui soutenaient le fond de la nacelle furent brisés. Chaque fois le ballun s'élevait avec une telle vitesse que soixantequatre personnes, treille-deux i chaque corde, étaient entraînées à une grande distance. Si les cordes avaient été fixées k des grappins, ainsi qu'où me l'avait proposé, il n'y a pas de

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doute qu'elles n'eussent

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