J)4 EMPLOI DES MACHINES AEROSTATIQUE
pérer dans le plus grand silence. La correspondance se faisait du ballon avec les chefs demeurés à (erre , au moyeu de signaux attachés à la balustrade de la nacelle. Ces signaux consistaient en morceaux d'étoffes, de formes et de couleurs différentes-, c'était une sorte de téléf-raphie qui avait été imaginée par Conté., directeur de l'école aérostatique de Meudon, et dont la connaissance faisait partie 'le renseignement que recevaient à Meudon les élèves aérosti ers. Ces différents signaux servaient à indiquer les manœuvres pour avancer, descendre , se porter à droite , à gauche. Le commandant reste sur le terrein, par exemple, recevait-il du général l'ordre de battre en retraite, ou d'abaisser la machine? les observateurs aériens étaient prévenus au moyen de signaux éteudus à terre(Pi. 6,
£i(rail d'un rapport de FOUUCROT à la Conv. natioiiule (1795).
. Une des découvertes qui étonne le plas par ses effets , et qui frappe le plus l'imagination par la place qu'elle fait occuper à l'homme, en l'élevant sur l'aile des vents, h machine aérostatique, qui n'a valu à son inventeur qu'une décoration devenue ridicule depuis vos lois , mais dont la source est tonjours respectable à vos yeux , est devenue pour votre comité un nouvel instrument de guerre dontles ennemis ont reconnu, toute la supériorité et toute l'influence sur les victoires.
» La convention n'apprendra pas avec indifférence que plusieurs savants ont consacré dix mois de leurs veilles pour perfectionner l'art de l'aérostation , et pour le rendre facile à exercer dans les camps , dans les places , et sur le théâtre même de la guerre ; leurs recherches ont fourni un nouveau moyen de produire , a peu de frais et avec des matières qu'on trouve partout, le fluide léger qui distend les bail un s, en quantité suffisante pour les plus volumineux des aérostats.
» La prévoyance a été jusqu'au point d'employer les talents les plus distingués en mécaniques, les connaissances les plus étendues dans l'art des tissus , pour faire fabriquer à Lyon une étoffe de soie inconnue jusqu'ici, et qui réunit pour les machines aérostatiques les conditions de légèreté et de solidité qu'on n'aurait pas osé espérer. Plusieurs compagnies d'aérosliers ont été formées, des manœuvres nouvelles pour la service régulier de ces nouveaux instruments de guerre ont été imaginées, et la République possède en ce moment une nouvelle institution que déjà 34 ascensions ont forcé nos
AUX KECONNAISSANCES MILITAIRES. C)5 ennemis d'admirer, sans qu'ils aient encore pu l'imiter. Le comité s'occupe sans relâche des mesures nécessaires pour multiplier ces instruments précurseurs du la victoire, et bientôt lotîtes nos armées auront leurs tentes, leurs après , et leurs compagnies aérostaliques , comme leur pure d'artillerie. Les ateliers où l'on fabrique ces machines sont dans lit plus grande activité; déjeunes citoyens pris dans l'Ecrite de Mars sont instruits aux mani.Livrts nécessaires pour diriger l'aéroslation militaire , et tout sera hientot disposé pour faire connaîtra aux ennemis du midi comme à ceux du nord quelle force la liberté tire du génie et des arts français. >
EMPLOI BU SBXTAKT DANS LES OBSERVATIONS A lîftlENNE 5.
Nous extrayons d'un excellent mémoire publié en l'au X ( i Soi), par M. Lomet , sur l'utilité des machines aérostaliques appliquées auï opérations topographiques, à la levée des plans et aux reconnaissances niiïiiaires, la description d'un nouvel instrument destiné à en faciliter l'usage :
• Les aérostats fournissent à volonté, en présence de l'ennemi , un ou plusieurs points d'observation d'où l'on peut reconnaître les positions q[u'il occupe , étudier ses mouvements, juger de l'ensemble, et apprécier jusqu'aux moindres détails de ses manœuvres. Ou doit présumer que ces machines deviendront d'uue utilité indispensable à la guerre, parce qu'ailes y ont établi un moyen extraordinaire, jusqu'à présent inconnu, de recueillir des observations qui peuvent déterminer instantanément le gain des batailles , assurer les dispositions d'une' vigoureuse défense, on tout au moins faire connaîtra le moment et les issues favorables pour la retraite : et pour filer plus particulièrement l'attention sur le parti que l'on peut tirer des aérostats aux armées, il suffit de rappeler ici l'heureux essai que l'on eu fit aux champs de Fleurus.
■ Le comité de salut public, et depuis le directoire exécutif avaient pensé qoe l'application des aérostats aux reconnaissances militaires de tout genre, devait àtr e étudiée et pratiquée à l'avance pendant la paix. Ils désiraient «u outre qu'on pût les employer à la construction des cartes géographiques, on du moins au relevé des deuils intermédiaires du terrain, entre les points déterminés géométriquement. Chargé des expériences relatives à ces diverses applications, je vais rendre, compte de leurs principaux résultats.
■ Dès les premières asiensions, on eut pour but ds mesure»