EXPERIENCES
toment, et demanda avec humeur qu'il ne fût plus question
Napoléon , en d'autres temps, avait applaudi au courage de Coutelle, chef des aéroilicrs u k L l ■ t.i i ces ; il avait apprécia l'importance dont pouvait devenir l'art aérostatique appliqué à l'arme du j-éiiie. Lui-même avait Lui élever des ballons en lijjyple par Coulé, ne dédaignant pas ce moyen de montrer aui Arabes la supériorité des arts de l'Europe sur les
Êrocédés grossiers de l'Egypte vieillie et dégénérée. Napoioo, ici, se laisse niQiiencer par le rapprochement de celte couronne de fête enlevée dans les airs, el qui va se briser sur l'angle du tombeau de Néron, le jour où lui-même, empereur des Français , ceignait sou front du diadème. De ce jour date sa répulsion, sou antipathie pour i'aeroslation. l'Ecole militaire aérostatique de Hendon lui abandonnée , et les dépenses, Us établissements divers faits à ce sujet entièrement perdus; qui sait même s'il ne faut pas trouver dans celte circonstance le motif du mauvais accueil que l'empereur lit, quelque temps après, à Fulluii, quand celui-ci vint au camp de lloulogtie offrir à l'empereur les prémices de l'application de la vapeur à la uavigali»u? De petites causes engendrent souvent de bien grands effets I
Car ne ri n cessa d'être employé par le gouvernement. M"* Blanchard le remplaça dans la confiance dont il avait joui jusqu'alors, et l'ut chargée de toutes les ascensions qui eurent lieu depuis dans les fêles publiques.
Ainsi, le ïo mars têt m, vers su heures du matin, au vingtdeuxième coup de cannn, un billion moulé par M n " Blanchard partait de l'a ris, de l'une des cours intérieures de l'ICcole militaire ; mais après avoir répandu sur sou passage des milliers de bulletins annonçant la naissance d'un prince, l'aéronaute s'arrêta, dans la matinée, prés de Lagny, département de Saône-et-Loire, au village de S%it-Tbiébault, et borna là ion voyage. — Garnerin, dans ses note6, déplore le peu de tuccès et d'apparat d'une eipérience destiuée à célébrer un. tel évàileineut. 11 regrette de n'en avoir pas été chargé, lui qu'on avait vu se transporter par les airs de Paris à Aii-la- Chapelle , de Paris au Mont-Tonnerre, et qui, dans plusieurs de ses ascensions, avait séjourné des nuits entières dans le
Garnuria s'était offert pour cette expérience. Il se proposait de pauer la mer et d'aller annoncer, par sa descente
t. t t EXPÉltlSNCFS
nationales et de militaires de toutes armes, (jarnissait les Loulevarts et les quais, de la porte Saint-Antuine a la barrière Je l'Etoile. Au moment de l'ascension et à travers les applaudissements uni nrui.s furent prodigué», je pus mnne entendre leà cris de joie, joints à l'agiluti.m nm;ses et au cliquetis des aïmes, qui m'ar rivaient encore à plus de cinq cents itdsesd' élévation' comme le bruit confits d'un mouvement qui s'éteint....
Citait pour la diiiônie fois qu'une nacelle aérostatique in'iMéi ait dans l'air jii-di;=siis île Paris. placi! Su itit-Aotoïne était le point de départ. Tout auprès, je remarquai, principalement en montant, le ptrojef âa monument à élever au* victimes de juillet, et non loin de là, l'elephant eolossal dont il a pris la place; à droite, la barrière du Trône, Vîncenne»; Mon imagination frappée relevait la ISastille, ses tours, son affreux donjon , et me faisait assister au réveil du peuple Je Taris, lorsque, le i4 juillet i 7 8y , il avait donné, à cette même place, le gage de ce qu'il s'est montré partout il y a un an. Tels étaient le spectacle et les idées qui se confondaient en ce moment dans ma pensée.
Le ballon plana longtemps sur l'île Saint-Louis et les deux bras de la Seine, qu'il venait de traverser. Je reconnus simultanément le collège de Henri IV, le Panthéon , le Jardin des Plantes; au nord , le Louvre, l'Arc de triomphe de l'Etoilé et leChampde-Mars entièrement désert, mais où se voyaient encore les enceintes tracées qui avaient servi aux courses Je la veille.
Certain alors Ju succès complet de 1 expérience, je serrai la main de tnort compagnon de voyage, et, fier de la mission qui m'était confiée , glorieux de voir les drapeaux tricolores qui ombrageaient ma tête, flotter, pour la première fois, Je-^ puis si longtemps, devant tout un peuple, des cris d'enthousiasme et de liberté m'échappèrent.
Ils vibraient encore dans la concavité inférieure du ballon, lorsque des cris partis de terre attirèrent notre attention. Kous avions déjà dépassé Caris , et nous étions en ce moment
fortes sur Bkître, dont les infortunés habitants nous appellent du geste et de la voix. Eu faisant usage à propos de la soupape et du lest, je m'abaissai au-dessus des cours, dans lesquelles deux ou trois cents prisonniers étaient en ce moment réunis. Ces saints joyeux, lei.es t,w,n prolongés , m attristèrent, nien n'afflige l'homme cmnme la vue de la dégradation de ses semblables, et il suffisait de jeter les yeux ea arrière, pour avoir le triple spectacle de malheur que" m'of-
*e toucher. — On eût dit les premiers anneau» de nette chaîne hideuse qui pari ckupn: armé.? pour le bagne, où elle conduit et coufond tant d'êtres divers, que bien souvent une faute seule, un crime social, a rendus coupables Je demeurai pensif et profondément attristé.
.fêtais resté immobile, mon drapeau dans les mains; j'a n'entendais plus aucune des voix qui saluaient le passage dn ballon. 11 me vint en ce moment la pensée subite du danger qu'il y aurait à m'abaikser jusqu'à la portée des bâliiuents. Ja jetai du sable, et l'aérostat allégé s'éleva d'un mouvement progressif et lent , qui le porta , en dis minutes , à mille toises d'élévation. Le froid et la sensation de plaisir et de bien-être qui se renouvelle à chaque asceusion, me ramenèrent au sentiment Je ma position.
A gauche , la Seine et la Marne , leurs îles et leurs nombreux détours, se développaient au loin, tout resplendissant» delumière. Adroite, on diMiiijpiiiit pi im ipnletuent Versailles, dont les eaux reflétaient aussi le soleil, et me semblaient autant de miroirs couchés à terre.
Le ballon subit ici une déviation légère. Porlé sur Bovrgta-Beine et le parc de Sceaux , je fus bientôt a même de voir le château de Montjean, où je fis, en i&>4, une ascension destinée à des recherches curieuses sur la direction des courants supérieurs de l'air, .le considérais sur le terrain uiéaiB la marche de la flottille que je montai alorsa.ee M. J.-M.Bichard , et qui décrivit une sorte d'ellipse, dans la plaine immense située entre la Seine et la Marne, pour me ramener en définitive, après une heure de séjour dans l'air, à cinq quart* de lieue du point de départ.
Mon attention fut attirée par la tour de ilonllltêiy. Telia était la sérénité de l'air, que, malgré l'éloignement où j'en étais alors, et de la hauteur d'environ sept cents toises, il était possible de juger des restes d'architecture que le temps
régne d'un roi Philippe, l'iuiéi essante Lucienne, fille de Guy, dit le Itouge, et qui lui depuis It'-moin, en i \CiS, de la défaite des Bourguignons. L'envie me prit de l'aborder pour en admirer de plus près la structure et les détails. Je desceudis.
Linas et Montlhéry sont deux pelites villes qui se touchent, at n'en forment , pour ainsi dire, qu'uue seule, situé* le long
de la colline' et sdr le penchant de la montagne où se trouve
Élevée la tour de Montllléry. Les habitants de be pays n'aper* çurent vraisemblablement pas le ballon , ou s'en montrèrent si peu curieux que, Lien que nous rasâmes le sol au pied de la tour même, quelques-uns se firent à peine remarquer par l'empressement avec lequel ils accoururent vers nous.
Mou séjour diiiis la lu-se région ne fut pss de longue durée. En peu de minutes je regagnai une élévation plus cotisé derable que celle dont j'étais descendu pour venir visiter la tour. Les habitants de la ville d'Arpajon , bien différents dé ceux de Linas, se mirent en mouvement dès que le ballon, en prenant de la hauteur, fut à portée d'être vu. Selon ce que rapporte Dulaale, ce pays se nommait autrefois Châtres. I.e seigneur qui lui donna , à une époque très -reculée., le nom qu'il porte aujourd'hui, aimait] dans ce temps où les seigneurs détroussaient quelqu lus passants sur les routes; à fréquenter aussi les grands chemins pour arrêter les voyageurs et leur demander le nom de la ville qu'ils avaient devant eux. Il récompensait niagniliiiucment ceux qui lui répondaient : Arpajon , et accueillait, au contraire, à grands coups d'étrivières ceux qui avaient le malheur de ne pas employer la dénoini* nation nouvelle, sous laquelle il voulait que son château fût connu. Cet OEdipe du moyen-âge, s'il se fût trouvé en ce mo»
sa question favoïke , et lui i v lu i u"it ùté d« nous dispenser de sou gracieux accueil, car le ballon passa sur Arpajon à une hauteur de quinze cent quatre-vingts toises.
Cette élévation est la plus r.oii'nlcrnble que nous ayons tenue pendant le voyage, qilï n'a été qu'une promenade char-
de descentes et de réascensions. Je n'avais pas d'autre but, dans cette expérience toute d'apparat, et ma nacelle, pavoisée de drapeaux, n'tiiriit garnie d'aucun autre instrument que d'un baromètre et d'un excellent thermomètre ; je ne rendrai donc pas Compte de mes observations, celles faites pendant le voyage se ressemblant à peu de choses près , et n'ayant en pour but que la gouverne île l'aérostat.
Un petit nuage blanc qui s'élevait de la région inférieure nous prit en H. me , et vint n;;iter quelques instants le ballon. Kous perdîmes uiomciUanenieut la vue de la terre, et une sensation de froid tres-prononcée non* surprit. Je pus bientôt après jouir, de cette hauteur, de la vue des campagnes qui se
AÉR0ST1TIQDE9 MMÀRQIUBLM. \>j
développaient sous mes pieds. Les villes, les villages, les bois, les rivières et les roules, se dessinaient avec une netteté admirable. Le soleil éclairait de nouveau la scène, et une vapeur légère qui s'élevait de terre bornait au loin, d'un horizon fantastique et bizarre, l'immense plateau que je pouvais embrasser d'un seul regard. C'était comme nu plan en relief, et l'homme place dans cette position eltraordinaire a besoin de toute sa raison, pour se persuader que ce qu'il a sous les veut soit bien celte même terre, qu'il a quittée peu d'instants auparavant. Souvent, dans mes ascensions, j'ai été frappé delà ressemblance qu'd y a entre une carte bien coloriée , dressée sur une échelle un peu grande, et la vue dont jouit l'aéronaute à douiC ou quinze cents toises d'élévation.
Le ballon semblait rester stationnais et sans aucun mon-
quarts d'henre au zénith de leur ville, comme une perle brillante suspendue au ciel. Cependant il marchait; et je me
la route d'Orléans , où je ne désespérais pas d'arriver avant
de bourgs répandus çà et là , je distinguai Etampts , dont la forme allongée, terminée eu pointe du côlé de Paris, avec Etrcchy , qui eu est comme une fraction détachée , semblait former, par rapport à moi, uu énorme point d'eiclamation (!) placé sur mou passage, et qui se détachait en couleur sombre dans les c;nii|i.-.i;;iies il inpii'n di s environs. Cette idée singulière me plut. Je me rappelai le i,7ik7ici- jauni, et la lune comme un point sur un i, de M. Alfred de Musset. Je ris en moi-même, et me mis à rechercher sur la terre des ressemblances nouvelles, absolument comme lorsqu'eu d'autres jours je me complaisais au.si a mettre mon imagination en jra pour trouver des paysages, des figures ou des rocher», dans les formes si vaner* de- h.i.i, --, an roe'nes de la i:uit.
L'esprit Ja l'.icronauie vnvai;eiut djns l'air est constamment tendu par le spectacle dont il jouit, et 1rs sensa-
tions nouvelles et inattendues doot il se trouve astailli. Son imagination , à l'aise pour ainsi dire dans ce séjour de féerie, le rend ou ne peut plus impressionnable, et l'houime physique, .i.i us lu couis d'un voyage aci iro , a toujours a lutter contre l'homme moral qui s'épure eu pensées gigantesques, merveilleuses, qui lui fout oublier à tous moments qu'il n'est suspendu dans l'espace que par un fil.
C'est ainsi qu'on rayon de soleil réfracté par la vapeurbrnmeuse amoncelée à l'horizon , vint soudainement me frapper de stupeur et d'admiratinu. l'Ii.n^ê dans une conleuiplatiou profonde, et laissant aui vents le soin dp conduire l'aérostat, mes idées prirent naturellement !e caractère de grandeur qui leur était donné par la nature du spectacle qui s'offrait alors à mes regards. I.'iiN'e de h divinité sV.f'l rit a ma peusée ; et bientôt , jetant un coup-d'œil sur moi-même, je fus tenté de me demander ce que ne pourraient un jour l'audace et le génie de l'homme réunis , lorsque je me vis, Faible créature, dont la moindre piqflre peut détruire le fragile édifice, à une hauteur et dans un élément an sein duquel je n'étais point appelé à vivre ; suspendu dans les airs comme par enchantement, moi qui étais condamné a. ramper sur la terre sans pouvoir jamais m'en éloigner....
Il était sii heures; et le froid se prononçai! de plus en plus depuis quelques initants. T.'.i;;italinn dt-s drupeaux me fit juger d'un changement de position. L'ne forte condensation de
trique, et les objets terril tirs ~niil.ilait.jit [rrandir et se détacher mieux du sol : je descendais. !l m'eût été finale de de-
des cordages et autr es objets dont j^urais pu m e débarrasser
prendre terre moinciiliimiinjut et faire acte de présence à Klampes, au-dessus duquel le ballon planait alors directement.
J'étais d'ailleurs cnrieui de voir de près la Tour de Gnitel, autre monument de l'ancienne France, qui se voit encore debout , mais entièrement ruinô , sur une t'iiliuencc, adroite en venant de Paris. C'est de ce lien que voulut partir, dans le siècle dernier , le chanoine Dnsfort/rs . qui tenta de s'élever dans l'air avec des ailes de son invention ; moyen dangereux, borné dans ses résultais, et dont on ne saurait attendre de grands services. Les ballons ouvrent un champ bien plus vaste aux combinaisons de la future aéronautique.
Les ressources qu'ils offrent à l'aéronaute, toutefois, sont excessivement dornées aujourd'hui par la petitesse des machines actuellement employées. J'en fis bientôt l'eipériance. Uaus mti fréquentes aiennsious et descentes, j'avais perdu
Ai; KO STATIQUES REMARQUABLE». |ggj beaucoup de gai, cefburfle léj;er à qui le globe qui me portait devait sa brillante eL trop %pbém ère existence. Forcé, pour accélérer ta drsrer.ie. d'ouvrir de nouveau \* ..nupape, malgré I anicindr.s«.mtiu dvj.i luei. u.aiijue ilu Lall.io, /« j.t.n sur ce qui mYnlourait un rrgird J'uryatU et d.- s uiéfaeiloa. -- Je vous ijnitte , routrc:^ aériennes , pour Ij possession desquelles 1 lioimoe a tant ilr fuit tonné de stérilet vu- .1 , je vous quille mais bientôt, demain, si telle est ma volonté, forcé par la puissance irrésistible .lo.it s'est armé le géoie .le Mtmlyulficr, vous prêterez .le nouveau voire niob.le appui 3 won ebar si léfjer.
A mesure que le ImIIou baî-^aït , je voyait augmenter le nombre des personnes oui le suivaient. Je n'étais plut qu i ont faillie- di-lan. r de Ij terre. Le courant d'a.r eutraîiiait l'aérostat avec tînt df lenteur, qu'une foula de paysans, de femmes, de jeunes filles et d'entants le suivaient sans peine. L'a près midi étiit superbe; le soleil, encore très'olevé sur l'horizon, dardait sas rayon» et répandait ses Ilots de lanière sur les belles contrées au-dessus desquelles je planait. Aussi loin que ma vue pouvait porler, j'apercevais les habitants des campagnes quittant précipitamment leurs instruments aratoires, et accourant en élevant les bras comme pour m'iuviter à les attendre. J'avais devant moi les fertiles coteaux de l'Orléanais , et au loin, snr la droite , d'immenses plaines Sablonneuses Terminées par des montagnes, colorées de diverses teintes, suivant leurs difiurciils aspects. C'est dans uue position comme celle-ci, c'est au milieu d'un tel spectacle que Sterne, ou le sentimental Vcrnes, de Genève, nous eussent tracé le tableau le plus pur de l'être pensant. ■ Heureux villageois! se seraient-ils écriés , qui courez en folâtrant au-devaut de ce globe léger qui fuit devant vous , vous goûtez le bouheur le plus pur, celui du plaisir innocent, que ne peut troubler aucun souvenir amer; vous admire/, sans connaître, vous jouissez sans inquiétude de vos sensations, et plus sages que nous, vous n'en détruisez pas la douceur, en vous efforçant d'en rechercher la cause! ■
Le ballon avait touché terre dans un champ déjà moissonné. Le choc le fit, comme de coutume, se relever a. une centaine de pieds environ, et il bondit ainsi quelques iustauts avant de s'arrêter définitivement. Une fois 6sé à terre, il fut aussitôt entouré. C'élait un bourdonnement, un bruit des exclamations, a ne pas s'entendre. Cent questions m'armaient
i3o kip£niENCE5
àla fois. D'où venei-vous? Jiesteï ici! Avez- vous vu le roi ? et mille autres propos aussi naifs, 3 obtins enfin un moment de
leur pays. — Nous étions à Meinil-Gîrnult , département de Seine-et-Oise, une lieue et demie au-delà d'EUmpei, que ma préoccupation ni 'avait fait dépasser.
Au nombre des habitants qui avaient ardompagné le ballon depuis la ville jusqu'à la ile'.cenie, il en était un bien aVisé, qui, an lieu de courir à travers ehamps comme les autres, avait trouve plus agréable de suivi e en vuiture et par les cbemios ordinaires ; sa précaution nous fut utile. La nacelle que nous n'abandonnâmes pas fut Siée à la voiture, et, le ballon toujours flottant il an s l'air avec ses dra peaux , ne us fûmes remorqués da la sorte, et au pas, jusqu'à la ville où nous fi me* une entrée tout-à fait solennelle. Je doute que jamais triomphateurs anciens ou modernes aient été fêtés plus miraculeusement que ne le fut notre apparition aux portes d'Ktampes.
Une circonstance que j'appris bientôt ajoutait à l'enthousiasme, et était pour beaucoup dans le mouvement général qui se faisait remarquer dans la ville. La même nouvelle d'une victoire des Polonais qui avait circulé le matin à Paris, à la revue du roi, venait d'arriver à Étampei peu d'heures avant le ballon; et, par suite de la sympathie que la Pologne trouve pour sa gloire et son indépendance dans lesecrurs français, il n'était pas un habitant qui n'éprouvât le besoin de manifester tout haut la joïe qu'il en ressentait : aussi les cris de France et Pologne se mélèrent-ils bien souvent autour de nous. . ■
Étampes, administré paternellement, n'est point peut être te qu'on appellerait une ville riclie. Il n'y a point de grandes manufactures ni de gros établis-f m.?tils en aucun genre. Hais le sol y est fertile; sa position gûn^rapljiijue est heureuse; ehacunyest propriétaire plus ou iimius important; et chaque habitant posjrrtr l'industrie qui le fait exister, et qui fonde ou entretient le bien-titre de la famille : aussi n'y voit-on que des gens heureux, sans ambition, et d'un esprit pour la plupart éclairé, chacun relativement à sa position. Les principes de la révolution de i83o y ont été franchement admis et généralement adoptes. Il devait eu être ainsi d'une ville qui a compté parmi ses magistrats, Hriu y Simmti.enii, mort en i 791, victime de sa fidélité Si ses devoirs, et de son amour pour les
lois, qu'il ne voulut pas laisser violer au nom même de la
A £ El 0 STATIQUES HtMlUQUAItM. ,3, Le ballon, tenu par des cordes et accompagne' d'une foule immense, fut conduit de rue eu rue jusqu'auprès de [a J>/nce Notre-Dame. Hep eu plusieurs en J mit* il av ai l fallu le laisser selever très-haut, en raison des diili.-n! té; qu'un éprouvait à lui faire franchir de, saillies de maisons et d™ édifices «levés, ici il fallut s'arrêter lout-à-fait, à cause du jour quiibaissait "b"- d -'lê S " r qU ''' ïal "" lk K " à pénélrer plus avant dani l^a bienveillance de l'accueil qui nous était fait, le charme que je trouvais en mon particulier à obliger tant de braves gens, qui demandaient qu'on lit élever de nouveau le ballon nous détermina à rrster à Étampe», où s'est bornée notre course aétostatiqne. i.e temps était superbe, l'air d'un calme absolu; la lune était po.ntcncore sur l'IiuriAm, mais le ciel entièrement eioile, et le peu de lumière que donnait un reste decrépuscule, snllisi leii ! ,i la inano-uvre .Nous nous livrâmes a aes ascensions a nallc-a rapns-, .jm |in,|uti : ;èreot fort avant dans la soirée, au G rand contentement d'une partie delà population aecourM sur les liens pour être témoin de ce spectacle inattendu. M. Devin-Chevalier, maire, a bien voulu, par un double protes-verbal, rendre compte de ces faits. Ut seraient attestés, au besoin, par tous les habitants d'Klam'pcs qui conserveront longtemps le souvenir du ballon de juillet.
D n P UT5 • DeLC OnflT.
J'ai essayé, dans la carte aéro-graplmpe ci-joiuta, de donner une idée plus précise .pie ne le tait un simple récit, de la marche d'un ballon dans l'air. La partie inférieure delà carte est un plan, sur une éelielle assez étendue, des environs de Paris, du coté où je fus porté parle vent, le aç. juillet 1 83 1. La partie supérieure représente, sur une échelle conventionnelle de ï,oou toises, l'espace qu'a parcouru le ballon dans l'a t ni o sphère.
Les lignes verticales qui descendent des points indiqués dans la Relation du voyage, sur la partie inférieure, donnent la correspondance de la coupe du terrain, avec la tracé touoerapbique. (Voir la PL VIII, fy.